Votre panier est actuellement vide !
Catégorie : Environnement
8’6 rend compte de l’état de nos rivières, mouvements pour la préservation des rivières, analyse de notre ecosystème halieutique à préserver.

L’interdiction de la pêche sur la basse Dranse fait des vagues !
La pêche est désormais interdite sur la basse Dranse (Rhônes-Alpes) du pont de la voie ferrée jusqu’au lac Léman, soit 2,4 km. A cela s’ajoute une autre zone interdite en amont immédiat du pont de chemin de fer et qui cours jusqu’au pont de Vongy (route d’Evian), où la pêche est interdite pour cause de passe à poissons. L’AAPPMA du Chablais-Genevois a pris cette décision radicale le 31 janvier 2015 en AG extraordinaire. Sur ce parcours rendu célèbre ces dernières années par des captures de grosses truites lacustres qui remontent du lac Léman, l’AAPPMA estime que les truites lacustres sont trop souvent tuées en dépit d’un quota journalier stricte, mais très critiqué par les pêcheurs locaux. Il semble que cette mesure d’interdiction vise clairement les pêcheurs au toc, notamment au cadre, dont les vidéos des prises exceptionnelles font de gros scores sur les réseaux sociaux et les chaines de vidéos. Selon l’AAPPMA, la basse Dranse était en proie à une prédation incompatible avec les besoins d’une espèce dont les stocks ne sont pas infinis (moins de 250 truites lacustres adultes remontent généralement la Dranse). Ces poissons exceptionnels, dont certains mesurent plus du mètre méritent en effet plus de respect, à la fois des pêcheurs locaux et des touristes. Les pêcheurs qui se sentent visés par ce règlement ont rapidement créé l’Amicale des pêcheurs des Dranse, une association qui dénonce le bien fondé de cette décision et la façon dont elle a été prise. Elle demande aussi à inscrire une partie du parcours en no-kill. A suivre…

Les Barrages de la Sélune à l’heure de la votation populaire !
A l’image du barrage de Poutès-Monistrol sur l’Allier dont il a fallu plus de quarante années de combat pour voir enfin un présumé bout du tunnel (projet en cours de rabaissement du barrage), le cas de la Sélune (Manche) semble lui aussi en proie a de nombreux rebondissements puisque les deux barrages qui entravent son cours ont dans un premier temps été voués au démantèlement (sous NKM), avant que Ségolène Royal ne revienne sur cette décision à l’automne dernier en prétextant la transition énergétique. Selon un communiqué reçu des Amis de la Sélune et que nous publions ci-dessous, une lueur d’espoir subsiste pour qu’un jour, enfin, la Sélune puisse de nouveau s’ouvrir sur son avenir. La rumeur précise toutefois que ce sera au peuple de se prononcer… Une méthode certes démocratique mais indigne d’un ministre qui s’assoie sur les obligations légales de la directive cadre sur l’eau, du plan national anguille, de la Trame Verte et Bleue ou encore de la continuité écologique.
“Aux dires du député de la Manche Guénhaël Huet, la Ministre de l’Ecologie a suggéré l’organisation d’un référendum pour que la population locale se prononce sur l’avenir des barrages de la Sélune. Le collectif des Amis de la Sélune se félicite de ce bon sens démocratique et demande également dans ce cas à Madame Royal de suggérer l’organisation de référendums pour le projet d’aéroport de Notre-Dame des Landes, le projet touristique de Roybon, ou encore le projet de champ d’éoliennes offshore du Tréport, et plus généralement pour tous les projets avec des enjeux environnementaux, en substituant à la représentation parlementaire la vindicte populaire. Le référendum décisionnel local, créé par la révision constitutionnelle du 28 mars 2003 et récemment mis au goût du jour par François Hollande lors des tensions à Sivens en 2014, est un référendum décidé par l’assemblée délibérante d’une collectivité territoriale afin de soumettre à ses administrés un projet relevant de ses compétences. C’est en soi un progrès démocratique évident quand il s’agit en effet d’un projet d’intérêt local… ce qui n’est pas le cas du projet d’arasement des barrages de la Sélune, l’un des objectifs phares en France de la Directive européenne Cadre sur l’Eau, et de différents plans nationaux engageant l’action et la crédibilité de l’Etat français :
– Plan National Anguille 2009 et ses engagements sur 1555 ouvrages prioritaires, dont ceux de la Sélune, pour répondre au règlement européen anguille imposant des mesures sur la continuité,
– Plan national de restauration de la continuité écologique 2009 avec ses objectifs chiffrés et ses liens avec le Grenelle de l’Environnement et la Trame Verte et Bleue, – Stratégie Nationale Poissons Migrateurs 2010,
– Plan français 2013-2018 de mise en oeuvre des recommandations de l’OCSAN en matière de protection, de gestion et de mise en valeur du saumon atlantique et de son habitat, avec ses engagements sur la continuité écologique…
Si ces engagements ne sont pas forcément connus par la population locale, ils ne peuvent cependant être ignorés par la Ministre et le député local ! Il en est de même de la décision de justice du 26 octobre 2010 avec mise en demeure d’assurer la continuité écologique au 31 décembre 2013 qui engage aujourd’hui l’Etat. L’ironie de l’histoire veut pourtant qu’on se trouve aujourd’hui dans l’hypothèse d’un référendum local, suggéré d’après Monsieur Huet par la Ministre, donc un référendum d’initiative nationale qui ne dit pas son nom, et pour cause : un tel référendum d’initiative nationale n’existe pas dans les textes. Mais suivons jusqu’au bout la logique démagogique de Monsieur Huet. 1 Organisation de Conservation du Saumon de l’Atlantique Nord Ce référendum sur l’avenir des barrages de la Sélune remettrait en cause à l’évidence tous les principes démocratiques et ne résoudrait en rien les problèmes liés à ces barrages. D’abord parce qu’il n’est pas difficile d’imaginer qu’un tel référendum mobiliserait d’abord les opposants à l’arasement. Ensuite parce que dans l’hypothèse d’une organisation de ce référendum par la Communauté de communes Avranches – Mont-Saint-Michel présidée par Monsieur Huet, serait nécessaire en amont un important travail d’information objective et d’éducation pour expliquer aux citoyens tous les enjeux du projet… devoir auquel a manqué jusque là la Communauté de communes pour un problème pourtant posé depuis déjà de longues années. Enfin parce qu’une issue favorable au maintien des barrages ne règlerait en rien la question de leur avenir. Désormais sans concession, qui gérerait ces barrages ? Qui les entretiendrait pour éviter qu’ils ne deviennent trop dangereux ? Qui s’occuperait de leur vidange, et avec quelles précautions pour éviter une nouvelle catastrophe écologique avec une pollution de la Baie du Mont-Saint-Michel comme en 1993 ? Et finalement qui paierait ? Monsieur Huet ? Les Amis du Barrage ? Mais allons vraiment au bout de la logique. Les Amis de la Sélune n’ont pas de position sur le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes ou de champ éolien offshore au Tréport, pas plus que sur le projet de barrage de Sivens ou de Center Parcs à Roybon dans l’Isère. Mais pourquoi Monsieur Huet, si inspiré pour la Sélune, n’utilise-t-il pas son mandat de parlementaire pour demander partout des référendums locaux ? Soyons directs : pour en finir avec l’hypocrisie de Guénhaël Huet, les Amis de la Sélune suggèrent à ce dernier de mettre fin aux débats parlementaires en cours sur le projet de Loi sur la biodiversité dont il devrait demander à la Ministre de l’Ecologie, qu’il semble si bien connaître, de signer l’avis de décès tout de suite. L’intérêt général de conservation de la biodiversité va en effet la plupart du temps à l’encontre des intérêts particuliers et court-termistes des parties prenantes locales. Pourquoi donc légiférer sur la biodiversité ? Faisons ainsi économiser des heures de débat à nos parlementaires sur cette Loi. Et tant qu’à remettre aux citoyens de notre pays la décision finale comme panacée à toutes les polémiques sur des projets d’aménagement les concernant, fussent-ils d’intérêt général et rendus incontournables par des directives européennes ou d’autres engagements internationaux de la France, demandons aussi aux députés comme Guénhaël Huet qui oublient leur fonction de représentation nationale de quitter le Parlement pour laisser leurs électeurs choisir à leur place. ”
Jean-Paul Doron, Union Régionale des Fédérations de Bretagne – Basse Normandie – Pays de la Loire pour la Pêche et la Protection du milieu aquatique / Mouvement « bérets bleus de l’eau ».
Roberto Epple, European Rivers Network / SOS Loire Vivante. Christian Allain, Manche Nature.
http://www.selunelibre.org

Avis favorable de l’enquête publique pour le rabaissement du barrage de Poutès sur l’Allier
Véritable verrou qui a empêché les saumons de l’Allier d’accéder aux plus belles zones de frayères depuis plus d’un demi siècle, le barrage de Poutès-Monistrol est devenu tristement célèbre, en totale contradiction avec les couteux efforts entrepris pour le retour du grand migrateur. Après un nombre incalculable de réunions, de fausses bonnes nouvelles et de découragement, le projet d’abaissement du barrage de Poutès sur l’Allier avance bien. Il ne s’agit donc pas de suppression, mais d’un abaissement significatif, qui, par un système d’échelle à poissons, devra permettre le franchissement par les poissons migrateurs. L’enquête publique pour le renouvellement de la concession a émis un avis favorable. La seconde enquête publique pour les travaux est prévue pour fin 2015. Et les travaux devraient pouvoir commencer fin 2016.
Illustration ©EDF.

LE GAVE SE REBIFFE
Divine surprise : le mythique gave d’Oloron revoit monter les saumons. Problème : ils sont bien plus petits que ceux de la grande époque. Pierre Affre qui y a pris son premier en 1967, explique pourquoi.
Plus de 300 saumons bagués et déclarés l’année dernière sur le gave d’Oloron, certainement plus de 400 poissons déclarés cette année au 1er juin et les meilleures semaines de pêche sont sans doute encore à venir. Gageons que fin juillet, il y aura surement plus de 500 saumons déclarés par les pêcheurs récréatifs. Les pêcheurs estuariens aux filets dérivants, eux, ne sont pas en reste : plus de 1300 saumons déclarés à la capitainerie de Bayonne l’année dernière et cette année, motus et bouche cousue sur leurs captures. [Tout au plus sait-on, que les cours pour le saumon sauvage de l’Adour, à la criée de Saint Jean de Luz, qui étaient de 120 le kilo, à l’ouverture au mois de mars, se sont écroulés autour de 30 ces dernières semaines…]. Il faudrait certainement remonter à plus de trente ou quarante années en arrière, pour avoir connaissance d’aussi belles remontées de saumons sur le gave d’Oloron. Et effectivement, à la mi-juin de l’année dernière, trois coups de fil de mes amis saumonniers basques ou béarnais, Dominique, Jean-François et Benat m’avaient tenu le même discours : Tu devrais descendre, cela fait plus de vingt ans qu’on n’a paspris autant de saumons sur le gave… et la plupart à la mouche… Bigre !
Quand dans le même temps les remontées en Ecosse ou en Norvège s’écroulent, que se passe-t-il donc en Navarre ? Un autre ami, Claude Coupé, dernier vainqueur du “championnat du monde” de Navarrenx en 2012, me confirme qu’il s’est pris depuis le mois d’avril certainement plus de 250 poissons et que ça continue… Alors que j’avais “abandonné” cette rivière depuis une bonne quinzaine d’années, voilà l’occasion me dis-je, de retrouver les copains autour d’une bonne garbure, et accessoirement de faire nager quelques “poils de blaireau” dans les pools, de la Crampe, du Bac et du couloir d’Orin. J’affûte mon matériel, j’investis dans une paire de waders en goretex, je réserve mon billet de train jusqu’à Bayonne mais… Patatras, dans la nuit du 3 au 4 juillet, des orages terribles et à répétition tantôt sur le Béarn, tantôt sur le Pays Basque, font monter les eaux huit mètres au dessus du niveau d’étiage à Ustaritz sur la Nive, et à plus de quatre mètres sur le gave d’Oloron. Ponts emportés, routes détruites au Pays Basque, vaches et tracteurs entrainés jusque dans le port de Bayonne… Au moins pendant ces crues, me dit Dominique, les filets ne pêcheront pas à l’estuaire… Un coup d’oeil sur les prévisions météo pour la semaine suivante, m’indique que les dépressions et les orages vont continuer de se succéder, mais plus au nord et à l’est en direction du massif central, puis de la Franche Comté. Répit donc sur le Pays Basque et le Béarn, ce que me confirme Dominique : le gave baisse très vite et en fin de semaine, les niveaux devraient être un peu forts mais “correcs” pour le grand week-end du 14 juillet… Cela tombe bien, je n’ai rien de prévu, mais les trains sont cette fois complets ! Un coup de fil à mon ami beauceron Claude Coupé : Oui, je descends sur le gave jeudi. Si tu veux, je te prends à la gare de Chartres à 9 h 12, on se relaiera sur l’autoroute et vers 16/17 h on devrait être chez Patrick Ballesta à l’hôtel des saumoniers de Saint Martin d’Autevielle… Le 10 juillet, en fin d’après midi, je retrouve un gave encore un peu fort certes, mais dont les

La lente migration des travaux de EDF sur le Rhin
Le 17 juin 2015, une vingtaine de représentants d’ONG d’Allemagne, de Suisse et de France ont bloqué symboliquement l’entrée du siège d’EDF à Mulhouse par un barrage. Ils dénonçaient la lenteur de EDF pour la planification des travaux sur les barrages
de Rhinau, Marckholsheim et Vogelgrun sur le Rhin et exigent qu’une feuille de route précise soit présentée à la prochaine
Commission Internationale de Protection du Rhin (CIPR), le 2 juillet à Vienne, pour le retour du saumon jusqu’à Bâle en 2020.
www.salmoncomeback.orgPhoto : ©wwf Suisse

Transport d’agents pathogènes par le matériel : à nous d’agir !
Si vous pêchez en Nouvelle-Zélande, en Islande où en Norvège, vous n’avez pas le choix. Si vous voulez obtenir un permis de pêche, vous devez apporter la preuve que votre matériel de pêche a bien été désinfecté. En France, les pêcheurs responsables et les fabricants de matériel de pêche doivent prendre les devants pour limiter les risques de propagation d’agents pathogènes d’un cours d’eau à l’autre, car dans notre beau pays, les obligations sont rarement… obligatoires !
Nos cours d’eau hébergent une biodiversité formidable que nous avons bien du mal à préserver face aux pollutions domestiques, agricoles et industrielles souvent réunies. La prolifération d’espèces invasives végétales et animales observées depuis des années, a aussi des conséquences dramatiques pour les milieux aquatiques ; les agents infectieux dont certains sont transmis par les espèces animales nouvellement introduites contribuent, eux aussi, au déclin d’une partie de la biodiversité. Leurs modes de dissémination sont souvent connus et multiples. Le rôle d’une transmission humaine passive par portage doit être pris très au sérieux, même si cela reste difficile à évaluer. Le pêcheur, comme toute personne impliquée dans des activités liées aux cours d’eau est susceptible d’être un vecteur potentiel de transmission, à son propre insu, par l’intermédiaire de son équipement. Le principe de précaution devrait s’appliquer en fonction de sites dit « sensibles » en mettant en place des protocoles d’hygiène adaptés. Nous devons nous poser la question de savoir quand et comment prévenir tout risque de propagation d’espèces invasives, mais également d’agents infectieux, dans les milieux aquatiques encore préservés, lors de la pratique de notre activité. La possibilité de pêcher aux quatre coins du monde ou tout simplement de prendre sa voiture pour prospecter un même cours d’eau, peut favoriser le transport d’agents pathogènes ou d’espèces dans un laps de temps très court.
Les espèces invasives…
Les espèces invasives sont les plus faciles a identifier. Leur vitesse de propagation très élevée, laisse suggérer des modes de dissémination multiples et parfois un transport par du matériel. Un des exemples le plus connu et le plus visible d’introduction de végétaux est sans doute représenté par la prolifération d’algues Didymosphenia geminata communément appelées Didymo. Depuis les années 1980, cette diatomée d’eau douce mesurant une centaine de micromètres fait parler d’elle sur plusieurs continents : on constate sa présence en Amérique du Nord, en Europe (Finlande, Hongrie, Irlande, Islande, Norvège…) et surtout dans l’ile du Sud de la Nouvelle-Zélande où elle a été déclarée officiellement organisme indésirable. En Colombie Britannique il a été démontré que l’apparition de l’algue Didymo coïncidait avec l’entrée sur le marché des semelles de feutres collées sur les bottes des cuissardes utilisées par les pêcheurs. Ces algues microscopiques peuvent survivre jusqu’à 30 jours dans les semelles de feutre mouillées et être ainsi transportées de cours d’eau en cours d’eau. Imaginez des

Le Fonds pour la conservation des Rivières Sauvages mérite encore plus de soutien !
Depuis sa naissance, en 2010, le projet Rivières Sauvages fait son chemin. Depuis peu, un label Site Rivières Sauvages a vu le jour. Il vise à la conservation et à la valorisation de cours d’eau qui ne présentent pas d’atteintes physiques majeures (barrages, recalibrages, extractions de granulats, etc.) et sont donc aussi rares que précieux, tant dans notre pays qu’en Europe. Ces rivières ne représenteraient qu’environ 5% du réseau hydrographique. Il est donc urgent de les protéger. La force de se réseau est d’impliquer les acteurs locaux, afin de mettre en place un état de veille bien plus efficace que la plupart des mesures officielles de protection, car il faut bien se rendre à l’évidence, défendre l’environnement revient de plus en plus aux associations et aux fondations et en d’autres termes au peuple. En 2011 et 2012, une grille robuste de critères techniques et scientifiques a été élaborée par une commission appuyée par le conseil scientifique du projet regroupant des chercheurs et praticiens venus de divers structures et territoires. La grille composée de neuf thématiques et quarante-cinq critères permet de mesurer la naturalité du cours d’eau entier ou d’une partie minimale de 10 km de longueur. Elle mesure aussi l’engagement, la bonne gouvernance des acteurs locaux et les risques liés à la fréquentation d’un milieu naturel fragile. Cette grille a été testée sur quatre sites pilotes par les scientifiques et les gestionnaires : le Chéran en Savoie et Haute-Savoie, le Léguer en Bretagne, la Valserine dans l’Ain et le Jura et la Vis dans le Gard et l’Hérault rejoints ensuite par le Fangu et le Travu en Corse. Cette grille constitue le socle technique du label. En lien avec Afnor Certification a été élaboré un référentiel pour le label Site Rivières Sauvages, permettant de préciser d’une part le processus de labellisation et d’autre part de reconnaître à la fois la qualité naturelle exceptionnelle de la rivière concernée et de garantir l’engagement des acteurs locaux. Avec l’appui de l’Ecole Centrale de Paris, un travail a été conduit parallèlement sur l’aspect sauvage d’un cours d’eau, comme facteur de développement local durable, prenant en compte les services écosystémiques. Cela est au moins aussi intéressants que la construction d’une énième centrale hydroélectrique…
Comment faire labelliser sa rivière ?
Pour obtenir le label, le candidat doit déposer un dossier de candidature, via un site Internet dédié. Afnor Certification procède ensuite à l’audit et si celui-ci est favorable, décerne le label, après avis d’un comité de labellisation. Le label permet au pétitionnaire de valoriser l’image de son territoire et les actions qu’il y a engagées. Il en accroît l’attractivité pour un tourisme “extensif”, peut intéresser des financeurs publics et privés au programme d’actions. Le label crée une dynamique entre acteurs locaux : élus, riverains, agriculteurs, pêcheurs, pour des démarches de valorisation du capital rivière local. Le label est accompagné d’un règlement d’usage permettant aux acteurs publics impliqués (mairies, intercommunalités, Conseils généraux…) d’associer le logo Site Rivières Sauvages à leurs activités, avec une grille tarifaire adaptée. Par son soutien financier, le Fonds Humus pour la biodiversité a permis le démarrage du projet initié par le WWF et European Rivers Network (ERN) France. Puis rapidement, les institutions comme le Ministère de l’Écologie (MEDDE) et l’ONEMA ont apporté leur soutien. La construction du label, l’établissement de son référentiel ont été financés grâce au soutien de l’agence de l’eau Rhône Méditerranée et Corse, des régions Rhône-Alpes et Bretagne et de fonds privés. La coopération avec les institutions se développe au travers d’un accord-cadre signé en 2014, pour deux ans, entre le MEDDE, l’ONEMA, les six agences de l’eau et ERN France. Il prévoit « de conjuguer les efforts de tous les partenaires pour initier, concevoir et conduire un programme ambitieux et cohérent permettant la mise en place effective du projet Rivières Sauvages notamment au travers d’un label et d’un véritable réseau de rivières sauvages ». C’est un signal fort de reconnaissance de la part de l’État et de ses établissements pour le travail des associations. Si des entreprises de toutes tailles apportent leur soutien au projet Rivières Sauvages depuis l’origine, en 2013, un premier partenariat privé majeur et pluriannuel est signé avec l’entreprise WattValue, société de services visant à promouvoir l’énergie renouvelable certifiée. Pour soutenir Rivière Sauvages ou se renseigner pour une labellisation : ERN/Projet Rivières sauvages, 8 rue Crozatier – 43000 Le Puy-en-Velay. Tél. : 04 71 05 57 88. www.rivieres-sauvages.fr
Ciron, la vallée aux 66 barrages !
Affluent en rive gauche de la Garonne, le Ciron a une valeur écologique exceptionnelle (classé Natura 2000,) et c’est un axe migratoire majeur pour les poissons. Mais son cours (ainsi que certains affluents) est actuellement fragmenté par 66 barrages, dont la plupart sont hors service. Ces barrages ont profondément modifié l’écoulement de l’eau et le transport des sédiments, provoquant une réduction de la mobi- lité des poissons, donc une raréfaction des espèces migratrices notamment. Afin de restaurer la continuité éco- logique, objectif majeur sur cette rivière, des travaux de réouverture d’ouvrages ont commencé et donnent des ré- sultats spectaculaires.
Mais de nouveaux projets de microcentrales hydroélectriques sont actuellement à l’étude. Ils auraient des répercussions très négatives sur le Ciron d’un point de vue écologique, mais également économique. En effet, en rai- son de sa faible pente et de son débit d’étiage limité, le Ciron présente un potentiel de production énergétique dérisoire (0,0012% de la production française actuelle). L’association Landes Environnement Attitude est favorable aux énergies renouvelables dans le cadre d’une transition basée également sur la sobriété et l’efficacité énergétique. Mais il n’est pas souhaitable d’installer des microcentrales hydroélectriques sur tous les cours d’eau pour un apport énergétique négligeable au prix d’impacts importants sur la biodiversité et la continuité écologique des cours d’eau. L’association LEA soutient la pétition de la Fédération dé- partementale de pêche de la Gironde qui demande que les décisions administratives soient en cohérence avec la protection de l’environnement et qu’aucune nouvelle microcentrale hydroélectrique ne soit autorisée sur le Ciron afin de préserver la rivière dans l’intérêt général de tous.
Une pétition est en ligne contre les projets de micro-centrales : http://www.petitions24.net/non_aux_barrages_hydro-elec- triques_qui_impactent_la_riviere_ciron

Le scandale du barrage des Plats sur la Semène
Décidément, la protection de l’environnement est une grosse farce dans notre pays. Après l’affaire Sivens, l’annulation de l’arasement de deux barrages sur la Sélune par Ségolène Royal, les élus locaux du département de la Loire ont reconstruit un barrage “en douce” et en oubliant la passe à poissons pourtant obligatoire…
Le dernier rapport Planète Vivante du WWF indique une chute moyenne des espèces animales d’eau douce de 76 % en 40 ans au niveau mondial. Alors que l’Etat français vient de créer une Agence française de la biodiversité, alors que l’on sait que l’érosion des espèces animales et végétales est un enjeu aussi important que celui qui consiste à réduire les émissions de carbone, certains projets nationaux vont à l’encontre des engagements du gouvernement qui visent à préserver la biodiversité, favoriser la continuité écologique, passer à une transition énergétique sans reculer de cinquante ans dans la protection de l’environnement.
C’est pourtant ce qui se passe dans de nombreux cas. A croire que le marketing mensonger à sa place même au ministère de l’Environnement. Après l’annulation de l’arasement de deux barrages sur la Sélune par Ségolène Royal (ça avait été accordé par NKM), après l’affaire Sivens, voici celle du barrage des Plats sur la Semène dans le département de la Loire. La Semène est un affluent direct de la Loire.
Construit en 1958, le barrage des Plats avait pour but de fournir de l’eau potable pour la croissance de Firminy et de son aire métropolitaine. Le barrage avait été fortement surdimensionné, les urbanistes prévoyant à l’époque 100 000 habitants en 2000. Or Firminy compte aujourd’hui seulement 25 000 habitants. De plus, le barrage n’a pas fonctionné durant six années, ce qui a permis de montrer que la question de l’approvisionnement en eau potable pouvait être assurée différemment, à partir d’autres réseaux. Pourtant le syndicat des barrages, regroupant seulement quatre communes du territoire, a décidé sans débat public, sans études sérieuses des alternatives, de dépenser, en cette période de crise, six millions d’euros d’argent public pour le reconstruire. Le Collectif Loire Amont, qui lutte pour une Loire sauvage, en phase avec les recommandations du ministère de l’écologie, dénonce un fonctionnement économique local “à l’ancienne”. “Les élus du Syndicat des Barrages de la Semène, pressés par le député de la circonscription, Dino Cineri – hélas soutenu par l’Etat local – ont ainsi dis- crètement achevé la reconstruction du grand barrage des Plats, sur la Semène”, déplore le collectif. L’ouvrage le plus inutile de France a été érigé sur ce qui devait être au départ un réservoir biologique inscrit dans le SDAGE Loire Bretagne (Schéma directeur d’aménagement et de gestion des eaux). Désormais, la continuité écologique et la biodiversité s’arrêtent au pied du barrage… D’autant que les élus locaux ont carrément oublié de faire équiper le barrage d’une passe à poissons pourtant obligatoire. Pour le barrage des Plats, cela aurait fait grimper la facture de deux millions d’Euros. En France on est d’accord pour préserver l’environnement, mais il faut que cela soit gratuit. En visite sur la Sélune (Manche), Ségolène Royal disait à propos de l’arasement des barrages de Vézins et de La Roche Qui Boit, “ 50 millions, ça fait cher pour faire remonter des poissons ! ”. Et 2 millions, c’est toujours cher, et moins ce serait encore trop cher… L’exemple des crues récentes du Gave de Pau nous montre qu’au petit jeu des économies de bouts de chandelle, la facture post crues dépasse les 400 millions d’Euros, claqués uniquement pour réparer les dégâts sans faire en sorte que le torrent puisse être en mesure de mieux vivre avec ses crues.
Une table ronde acceptée par le Ministère de l’écologie ?
Après la procédure d’infraction ouverte par l’Union Européenne pour « non respect de la législation européenne » contre la France le 26 novembre dernier à la suite du drame de Sivens, cette nouvelle demande d’explication sur une surprenante pratique publique de gestion de la ressource en eau fait désordre, dans la « République exemplaire » voulue par François Hollande. L’exemplarité, c’est faire vivre cette « écologie citoyenne » qu’il a appelé de ses voeux lors de la dernière conférence environ- nementale, le 27 novembre dernier.
Mais en réalité, la protection de l’environnement en France se limite aux beaux discours et aux actions bénévoles comme Natura 2000, où l’on doit sau- ver le monde avec une pelle et un seau. Ainsi, dans mon village, nous sommes une dizaine de bénévoles à tenter de faire en sorte que la forêt n’engloutisse pas une pelouse sèche de 10 hectares ou vivent encore quelques rares espèces d’orchidées sauvages. On sait que la fragmentation des habitats est la cause première de la perte de la biodiversité. Il en est de même avec les cours d’eau, dont les barrages segmentent en petits tronçons des écosystèmes complexes dont chaque atteinte à systémati- quement des répercutions, plus tard, plus loin.
Vous pouvez signer en ligne la pétition “non au barrage des Plats, oui aux alternatives” www.loireamontvivante.fr

Rétablissement de la libre circulation piscicole : intérêt et limites…
L’intérêt croissant pour la continuité écologique des cours d’eau et les problèmes posés par les nombreux seuils et barrages conduisent à la construction de nombreux dispositifs de franchissement piscicole. Cependant, aussi performante quelle puisse être, cette technologie a des limites et ne peut pas réduire tous les impacts des seuils. Dans ce sens, la mise en place de dispositifs de franchissement doit être évaluée en fonction de leur intérêt biologique et des gains attendus et, plus largement, les problématiques de continuité piscicole doivent être replacées au regard des autres altérations présentes.
Cohérence écologique, corridors, continuum, trames, connectivité : ces termes et concepts environnementaux récents reflètent l’enthousiasme actuel des gestionnaires pour la continuité écologique. Apparues progressivement au cours de la dernière décennie, ces notions proviennent de l’intégration de l’écologie du paysage et de la biogéographie dans les stratégies d’évaluation environnementale et d’aménagement du territoire. Parallèlement, le constat des dérèglements climatiques a renforcé l’idée de raisonner en terme de maillages et de fonctionnalité des écosystèmes à très large échelle. En ce qui concerne les milieux aquatiques, ces notions de continuum et la nécessité de considérer l’écosystème et son fonctionnement sur l’ensemble de son bassin versant ne sont pas nouvelles. Mais c’est la directive cadre européenne sur l’eau qui en 2000 définit cette notion de continuité écologique et parle ainsi de libre circulation piscicole et de transport des sédiments. Supprimer les seuils : un voeux pieux ! Aujourd’hui, la réglementation et les politiques de l’eau conduisent les propriétaires ou gestionnaires d’ouvrages à mettre en place des actions permettant de retrouver des conditions de continuité favorables, devant le constat du nombre impressionnant de seuils et de barrages implantés dans le lit des rivières : entre 50’000 et 60’000 au dernier recensement effectué par l’Onema. Dans l’absolu, ce contexte est très intéressant puisque c’est une opportunité très favorable pour restaurer les cours d’eau. En effet, le dérasement d’un ouvrage transversal, c’est-à-dire son démantèlement, permet de supprimer définitivement l’ensemble de ses impacts, notamment ceux relatifs à l’ennoiement des habitats originels et au piégeage des sédiments par la retenue, ainsi que ceux liés au blocage des poissons migrateurs.