Votre panier est actuellement vide !
Catégorie : Environnement
8’6 rend compte de l’état de nos rivières, mouvements pour la préservation des rivières, analyse de notre ecosystème halieutique à préserver.

Le comportement alimentaire truites et des ombres de la haute Loue : une approche isotopique
Sur le principe bien connu de “vous êtes ce que vous mangez”, la science parvient à savoir quel a été le régime alimentaire des animaux, et donc des poissons durant leur vie, en étudiant leur signature isotopique, c’est-à-dire leur signature carbone. Une étude a été menée sur la haute Loue par l’Université de Savoie-Mont-Blanc, la Fédération de pêche du Doubs et le laboratoire Scimabio Interface afin d’en savoir plus sur la compétition alimentaire entre truites et ombres par exemple, sur les types d’habitats qui ont la préférence des poissons lorsqu’ils s’alimentent, et bouscule au passage quelques idées reçues qui animent parfois de façon houleuse les assemblées générales d’AAPPMA.
Les isotopes stables du carbone (13C) et de l’azote (15N) informent de la composition chimique des tissus des organismes aquatiques et peuvent varier en fonction de leur habitat, de leur état physiologique, mais surtout en fonction de leur nourriture. Un consommateur va tendre à présenter des com- positions isotopiques proches de celles de ses proies. Et si deux poissons consomment des proies ayant diverses signatures isotopiques, ceux-ci auront, eux aussi, des compositions isotopiques variées mettant en évidence des différences de régimes alimentaires. Cette propriété fait des isotopes stables des marqueurs très utilisés pour connaître les caractéristiques alimentaires des poissons, se distinguant des analyses de contenus stomacaux par la prise en compte à long terme du comportement alimentaire (il faut le temps que les tissus “s’imprègnent” de la valeur isotopique des proies suite au renouvellement des tissus ou à la croissance de l’individu) et par la possibilité de gracier les individus étudiés (environ 1mg de nageoire ou d’écaille suffit pour réaliser une analyse isotopique).
La biologie et l’écologie de la truite fario et de l’ombre commun ont été très largement décrites au cours du 20e siècle. Leurs habitudes alimentaires ont fait l’objet de nombreuses descriptions mais la comparaison de leurs comportements alimentaires dans un même écosystème est plus rare (l’ombre commun étant présent dans peu de cours d’eau relativement à la truite fario).

Deux ans sans changer de leurre
En ces temps de lutte contre l’hyper consommation, de dépôt de bilan carbone et de retour aux choses simples, l’emploi d’un seul leurre pendant toute une saison de pêche au bar mériterait une invitation à dîner à la table du capitaine Watson. Élémentaire.
D’accord il y a eu, il y a encore le confinement. D’accord on a assez peu pêché. Mais je songeai l’autre jour en rangeant mon matériel de pêche en mer que je n’avais pas changé de leurre depuis 2018. Il y avait toujours, accroché à l’anneau de la canne avec laquelle je pêche le bar, le même Xorus Asturie que m’avait recommandé mon camarade Arnaud de Wildenberg à Belle-Île. Bon, il est vrai que je ne recherche le plus souvent les bars que dans l’écume des cailloux, au leurre de surface qui est pour moi la plus excitante des pêches au carnassier (remarque valable pour le brochet, la perche ou le black bass en eau douce).
Mais de là à utiliser le même spécimen, de la même taille (110 mm) et de la même couleur tout au long d’une bonne quinzaine de parties de pêche dans les parages de Locquirec et de la baie de Morlaix, il n’y a qu’un pas que je ne me croyais pas capable de franchir. Disons le tout net, le mérite en revient d’abord à l’Asturie précité, dans sa version Ghost Iwashi. Si je l’ai conservé de séance en séance, ne le remplaçant même pas par un de ses jumeaux d’une autre robe, c’est tout simplement parce que c’est la première fois qu’un leurre m’évite à ce point la bredouille. Quelle que soit la mer, agitée, plate, houleuse, avec ou sans clapot, l’Asturie a toujours répondu présent, finissant par me déclencher une attaque là où, dans d’autres circonstances, j’aurais pris le parti d’un Shad, d’un Jig ou d’une lourde ondulante pour m’en aller voir au fond, au risque de séduire une vieille, si les bars y étaient.
Attention, je n’ai rien contre le fait de chercher fortune à tous les étages de la couche d’eau. C’est même ce que font les vrais preneurs de poisson. Mais, quand j’ai le choix, je préfère tenter une bonne vieille attaque en surface après un élégant parcours en “walking the dog”, une de ces attaques qui vous permettent de vérifier que vous n’êtes pas cardiaque. Nous vivons une époque où l’on commence à se dire qu’il faut vider les placards :

Nouvelles mortalités sur la Loue !
Comme si la situation sanitaire actuelle n’était pas suffisamment anxiogène, les nouvelles de la Loue (Doubs) ne sont pas bonnes. Des truites atteintes par le parasite Saprolegnia parasitica sont de nouveaux visibles (voir la vidéo), notamment à l’embouchure de la Bonneille à Ornans. Il faut savoir que cet endroit, situé juste au dessus d’un seuil concentre les poissons qui ne parviennent plus à nager dans le courant en amont. Cette précision n’a pas pour but de chercher à minimiser la situation, mais à livrer une analyse juste. Il est évident que moins il reste de poissons dans la rivière, moins nombreux sont les poissons malades… Et la Loue ne pourrait malheureusement montrer autant de truites malades sur si peu d’espace au vu de sa biomasse qui a été fortement réduite depuis dix ans ! La Loue, mais aussi toutes les autres rivières du département sont actuellement colmatées par une couche noirâtre (cyanophycées nitrophytes) dont la présence résulte d’une pollution chronique qui se concentre avec le manque de précipitations. C’est une nouvelle fois la preuve de l’inaction des collectivités. Cela fait plus de dix ans que la situation est très préoccupante, que les scientifiques ont identifié les problèmes, mais que pas grand chose ne bouge. L’urgence serait de faire passer ce territoire karstique en zone vulnérable nitrate comme le prévoit la directive européenne (91/676 CEE du 12/12/1991) en cas de pollution chronique des eaux par des intrants trop importants ce qui nécessite de revoir les plans d’épandage et de faire des contrôles. Avec la récente étude scientifique de Chrono Environnement qui identifie clairement l’agriculture comme principal responsable, l’administration ne peut plus botter en touche en invoquant des causes multifactorielles, comme elle le fait depuis toujours…

Dessoubre, la rivière retrouve son lit
Les travaux d’arasement des seuils de Neuf-Gouffre et de Fleurey ont bien avancé sur le Dessoubre, un affluent du Doubs très connu des pêcheurs mais qui souffre depuis quelques années de plusieurs maux dont une élévation de sa température en été ainsi qu’un très fort développement algal. Représentant plusieurs kilomètres de ralentissement de son cours, les deux seuils ont été supprimés. Aux crues de réorganiser la rivière au niveau de sa morphologie. La végétation sur les rives nécessitera sans doute quelques plantations de saules au printemps.
Photo © Syndicat Mixte d’Aménagement du Dessoubre et de valorisation du bassin versant.

Garonne, un contournement de 450 m pour faire passer les poissons
Ce sera le plus long ouvrage de contournement à vocation piscicole d’un barrage en France. D’une longueur de 450 m, ce bras de la Garonne sur la commune de Malause (Tarn-et-Garonne) nécessite d’extraire 40 000 m3 de déblais. Plus de 2500 tonnes d’enrochement sont prévus pour la nouvelle rivière alors que 1700 m3 de béton seront aussi nécessaires, sur les parties amont et aval de l’ouvrage. L’aménagement est évalué à 7,2 M€, co-financé par EDF (4,4 M€) et l’Agence (2,8 M€). Les travaux ont débuté début 2020, pour une livraison du chantier estimée fin 2021 : après les travaux de terrassement ce printemps, la construction des ouvrages se déroulera jusqu’en fin d’année. Ce sont ainsi principalement (mais pas que) les espèces migratrices comme l’anguille, la grande alose, le saumon, la lamproie marine, l’esturgeon, l’alose feinte, ou la lamproie fluviatile qui pourront continuer leur route.
© agence de l’eau Adour-Garonne

Haute-Vienne, restauration d’une nouvelle frayère à brochets
Initié par l’AAPPMA Les Ponticauds et repris par la fédération départementale de pêche de la Haute-Vienne, le projet de restauration de frayère à brochets du lieu-dit le Grenouillet (Panazol) a débuté. Ces travaux visent à rendre de nouveau fonctionnelle une vaste frayère en communication avec la Vienne qui aura une forme de légère cuvette. Ce type de milieu ne profitera pas qu’aux brochets ni même qu’aux poissons, mais aussi à certains oiseaux et batraciens. Une excellente initiative, que vous pouvez découvrir ici.

Covid : explosion de la consommation de lingettes, les rivières trinquent !
Avec la crise sanitaire, la consommation de lingettes a progressé de 65 % depuis le mois de mars. Et beaucoup d’utilisateurs n’ont toujours pas compris que ça ne se jette pas dans les toilettes, car non seulement, elles peuvent boucher leurs propres canalisations mais aussi, et beaucoup plus sûrement, les filtres des stations d’épuration. Malgré une bonne communication sur le sujet par les médias, on retrouve des millions de lingettes dans les cours d’eau. Elles sont impossibles à recycler, perturbent fortement l’assainissement, et finissent pour une bonne part dans la nature, lorsque par exemple, les Step sont mises en by-pass en cas d’orage car elles ne pourraient gérer un tel afflux d’eau usées. Il serait temps de légiférer sur ce sujet ainsi que sur celui des coton-tiges qui eux aussi finissent pour une part dans les toilettes… Il est possible d’en fabriquer en bois et non en plastique (ça existe, c’est un début). Le monde d’après ? Ça comme là…
Photo : sortie de la canalisation de by-pass de la station d’épuration de Morteau (Doubs). Des milliers de lingettes se trouvent ici et seront disséminées en aval avec les crues en attendant avant l’arrivage suivant…

Une pétition pour accélérer la reconstruction de la vallée de la Roya
Un mois après le passage de la tempête Alex qui a ravagé plusieurs vallées dans les Alpes-Maritimes et notamment celle de la Roya, la situation reste très préoccupante avec toujours des routes barrées, des villages coupés du monde, une absence d’eau potable et d’électricité, ainsi qu’une pollution chronique avec de nombreuses cuves de fioul qui coulent dans le cours d’eau. Une pétition est ouverte sur Change.org pour que l’Etat dépêche l’armée et plus particulièrement le génie pour débloquer la situation.

Lot, des récifs artificiels au lac du Tolerme
La fédération de pêche du Lot a procédé cet été à la mise en place de récifs artificiels de deux types au lac du Tolerme, afin de favoriser la reproduction des carnassiers et des poissons blancs. Il s’agit d’une part de dispositifs qui ressemblent à des oursins géants. C’est sur ces longs balais synthétiques que les poissons pourront pondre mais aussi pour les plus petits se cacher pour se protéger des prédateurs, notamment du grand cormoran. Un autre dispositif, appelé “roselière”, également destiné à la reproduction notamment des cyprinidés tend à reproduire les tiges et les feuilles de roseaux. Il est installé dans des zones peu profondes et propres de la rive.

Loire, Le Villeneuve reprend vie !
L’AAPPMA “Le Gardon Forézien” a organisé le 3 octobre une opération d’entretien de rivière à laquelle le Club des Pêcheurs Sportifs Forez Velay (CPSFV) s’est associé. C’est le ruisseau le Villeneuve qui a été concerné dans sa partie supérieure en amont de Salunaud, jusqu’au hameau de Villeneuve, sur la commune de Périgneux. Etouffé par une végétation importante et de nombreux embâcles, le ruisseau a retrouvé de la luminosité et de la vitesse d’écoulement sur près d’1,5 km. Un chantier convivial qui prouve qu’avec un peu de bonne volonté le monde associatif peut être efficace !