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Catégorie : Environnement
8’6 rend compte de l’état de nos rivières, mouvements pour la préservation des rivières, analyse de notre ecosystème halieutique à préserver.

Une classe d’eau originale
En partenariat avec la Chambre de Commerce et d’Industrie de Seine-et-Marne, l’Agence de l’eau Seine-Normandie organise une classe d’eau, dont les participants ne sont pas des scolaires mais des élus, des agriculteurs ou des entreprises. Cette formation car s’en est une, se déroule sur cinq jours et concerne la réglementation, la prévention des pollutions accidentelles ou encore le traitement des eaux usées. Quel dommage que ce type d’information ne soit qu’au bon vouloir de ceux qui veulent !
Renseignements : CCI de Seine et Marne

Un peu d’espoir pour le Doubs Franco-Suisse !
Le magazine Pêches sportives et l’AAPPMA la Franco-Suisse ont réalisé le 19 septembre leur traditionnel challenge amical de pêche à la mouche sur le Doubs en aval de Goumois. Ce concours symbolique et sympathique permet non seulement de passer une bonne journée au bord de l’eau, mais surtout de ne pas oublier le Doubs, car souvenons-nous qu’en 2010, les populations de truites, d’ombres, de chabots ou de loches avaient beaucoup soufferts des effets conjugués de différentes pollutions. Si le Doubs n’est pas totalement remis de ce mal qui concerne autant les pollutions agricoles que domestiques, autant sur le versant suisse que français, les équipes de la Franco-Suisse et de La Gaule de La-Chaux-de-Fonds ont mis les bouchées doubles pour redresser la barre. Le nouveau règlement d’eau imposé aux barragistes et désormais en place et ses effets sont bénéfiques pour la rivière, même si tout n’est pas encore parfait. Il vise à limiter l’effet des éclusées qui sont plus étendues dans le temps, donc moins en mode “chasse d’eau”. Il reste encore à négocier un mieux concernant le palier qui couvre la tranche 2 à 9 m3/s (barrage du Châtelot). Un budget de 26 millions de francs suisses aurait été débloqué pour (enfin !) revoir complètement la station d’épuration du Locle qui est obsolète depuis des décennies. Côté français, le Collectif Doubs-Dessoubre a effectué un remarquable travail de terrain en identifiant tous les points noirs de pollutions (assainissement) et en rencontrant les maires des communes pour trouver des solutions. De son côté, le Collectif SOS Loue & Rivières Comtoises fait pression sur les autorités françaises pour faire interdire purement et simplement l’épandage de lisier en période non végétative, car dans ce cas, la nature est clairement prise pour une poubelle. La région du haut Doubs étant karstique, ce lisier finit inévitablement dans les cours d’eau. Lors de cette journée, tous les concurrents ont pris des truites et c’est le collaborateur de Pêches sportives Jean-Christian Michel qui l’emporte pour la seconde année consécutive devant Jean-Michel Radix et Vincent Roy.
(Photo : Patrice Malavaux. Philippe Boisson avec une belle du Doubs. En arrière plan, le fond du Doubs hélas colmaté par les algues, montre qu’il y a encore beaucoup à faire pour la rivière…).

Un Petit manuel climatique qui tombe bien
A l’usage de “ceux qui ne veulent pas finir grillés comme des sardines”, ce petit manuel climatique signé Philippe J. Dubois tombe à pic, juste avant la conférence sur le climat (COP 21) qui aura lieu en France tout prochainement en novembre et décembre 2015. Auteur de nombreux ouvrages sur l’écologie et la nature, Philippe J. Dubois semble préférer les exemples concrets aux grands discours sans lendemains pour ce qui est de limiter le réchauffement de la planète. 5,90 euros pour 144 pages de bon sens. En librairie début octobre. ISBN : 9782757855874.

Lancement du contrat territorial Nives (64)
Le Syndicat Mixte du Bassin Versant des Nives organise, le 2 octobre à Anglet, la signature du contrat territorial. Il vise une gestion durable de l’eau de ce territoire basque, qui compte 150 000 habitants et 1 300 km de cours d’eau. Ce contrat d’une durée de 3 ans (2015-2017), qui fait suite à un contrat de rivière, impliquera onze partenaires. Il prévoit un programme de travaux, d’études, de communication et d’animation locale pour un montant global de 12,8 M€. Les principaux financeurs sont l’agence de l’eau Adour-Garonne et le Département des Pyrénées-Atlantiques. Les grands enjeux du territoire sont le retour au bon état des cours d’eau, la sécurisation de l’eau potable pour les populations permanentes et saisonnières ainsi que la reconquête de la qualité des eaux de baignade du littoral basque. L’événement va rassembler les signataires du contrat, principaux maîtres d’ouvrage et financeurs. Le contrat devrait aussi permettre d’enclencher des réflexions sur l’opportunité d’un Schéma d’aménagement et de gestion des eaux (SAGE) Nives.
http://www.bassin-versant-nive.com

Editorial Pêches sportives n° 105. Le tapis vert
Que c’est beau la com. Ça parle à tout le monde. Avec les mêmes mots. Même si ça ne dit pas la même chose. Exemple le jeudi 10 septembre: ce jour là, un communicant inspiré a eu l’idée de dérouler un tapis vert dans la cour de l’Elysée pour accueillir les participants à une réunion préparatoire à la Cop 21. Tapis vert, écologie, vous suivez ? Sauf qu’au même moment et pendant tout l’été, des tapis verts il y en avait un peu partout : tapis vert sur la Loue, tapis vert sur le Doubs, tapis vert sur la Risle, tapis vert sur le Dessoubre, tapis vert sur le Cusancin, des tapis vert d’algues filamenteuses, d’herbiers dopés aux nitrates, tapis verts de rivières en train de crever. Juste l’année où la Directive cadre sur la qualité des eaux superficielles d’Europe était censée venir à échéance. Il est vrai que le vert est la couleur symbole de l’écologie. Hélas pour nos rivières c’est devenu la couleur de la honte. Heureusement il nous reste la com. Vincent Lalu
(Le n°105 de Pêches sportives paraîtra fin septembre).
Photo : le Doubs à Fourbanne (25) le 20 août. Des renoncules aquatiques, espèce classée à l’Annexe II de la “directive habitat” servent de support à des algues filamenteuses qui finissent par les asphyxier. Tous les verts ne sont pas écologiques, qu’on se le dise !

Le bain tiède du Big Jump
Vous vous rappelez sans doute de Jacques Chirac lorsqu’il était maire de Paris et qu’il prévoyait de boire l’eau de la Seine à Paris quelques années après s’être attaqué aux pollutions. S’il ne l’a pas fait, en connaissance de cause, ce genre d’action médiatique a peut-être initié d’autres démarches liées à la qualité de l’eau. Organisés par Europeen Rivers Network, les “bigs jumps” ont mobilisé les amoureux des cours d’eau et des lacs. Le but était d’attirer les médias sur des rassemblements de gens qui se baignent dans des rivières, des fleuves pour fêter la date buttoir de la Directive cadre européenne sur l’eau qui prévoyait le fameux retour à un bon état écologique des eaux de surface pour 2015. Si les “bigs jumps” ont bien eu lieu dans des centaines d’endroits différents en Europe, le retour à des eaux saines ne fut pas au rendez-vous. Dans bien des cas, il a bénéficié d’un report, pour ne pas dire d’un honteux coup de botte en touche jusqu’en 2029 dans certains cas… Officiellement, “50 % des masses d’eau” (il y a de la vie là dedans ?) ont atteint l’objectif (source www.developpement-durable.gouv.fr). On peut douter de ce résultat lorsqu’on apprend toujours de façon officielle que “en France, 7,5% des masses d’eau superficielles ont été désignées comme fortement modifiées ou artificielles”. Ces notions de bon état ou d’artificialisation sont pour le moins subjectives. Si l’objectif était de ne pas ressortir rouge, violet ou jaune d’un big jump dans les eaux du Rhin ou de la Garonne, alors c’est en principe parfaitement réussi car les pires pollutions ne sont pas forcément visibles…

Un glossaire sur l’eau et les milieux aquatiques
Il s’agit d’un outil d’informations sur l’eau commun aux partenaires français. Le glossaire sur l’eau et les milieux aquatiques comprend environ 1 100 termes actuellement disponibles en français, anglais et espagnol. Le site est collaboratif, chacun pouvant modifier, ajouter, supprimer certains termes. Le contenu est totalement libre, s’inscrivant dans la mouvance des “linked data” qui vise à favoriser la publication de données structurées sur le Web. www.glossaire.eaufrance.fr
Photo : Philippe Boisson. Pêche d’inventaire sur la Loue (Doubs).

La source de la Loue ne coule plus !
Ce n’était pas arrivé depuis 1893 ! La source de la Loue s’est tarie fin août, suite à un été 2015 sec et particulièrement chaud. La rivière a également connu des records de températures comme, par exemple, à Chenecey-Buillon (Doubs) où l’eau est montée à 22 °C. Il est regrettable que les restrictions d’eau n’aient pas été respectées. Dans le département du Rhône, le préfet s’exprimant sur France Info a même incité les populations à économiser l’eau « pour que l’agriculture puisse irriguer ». Cette année encore, tout le monde a pu voir les champs de maïs arrosés en milieu de journée en pleine canicule, ce qui est un véritable gâchis.

Quelles solutions pour favoriser le retour du saumon du Rhin ?
Parrainé par la Commission Internationale pour la Protection du Rhin (CIPR) et dix ans après le dernier grand symposium sur le saumon du Rhin, le WWF Suisse et European Rivers Network France organisent un nouveau symposium international en coopération avec de nombreux partenaires, qui se déroulera du 1er au 3 octobre à Huningue. Durant ce Atlantic Salmon Summit, il s’agira de donner une vision d’ensemble des obstacles et points noirs à lever, en eau douce et en mer, des défis et enjeux à intégrer (coopération internationale, gestion intégrée du fleuve, changement climatique, production d’énergie), présenter les derniers résultats des travaux de recherche et partager les retours d’expériences innovants et exemplaires, mais aussi définir l’agenda précis qui permettra la réouverture de l’axe Rhin pour 2020 jusqu’à Bâle et les mesures complémentaires nécessaires au maintien de populations stables dans le temps (eau douce et en mer).
Ce symposium s’adresse à tous les acteurs concernés par le saumon en Europe : scientifiques, gestionnaires, élus, industriels et société civile, et rassemblera de grands experts de la mer et de l’eau douce, des personnalités de toutes nationalités. Il sera traduit simultanément en français, anglais, allemand et néerlandais.
Rendez-vous sur le site www.salmon-summit.org pour vous inscrire en ligne et accéder à toutes les informations pratiques.
Ce colloque est parrainé par la CIPR et préparé en collaboration avec experts de France, Allemagne, Suisse, Pays-Bas, de différentes organisations comme la CIPR, le Ministère de l’environnement Suisse (Bafu), du Canton d’Argovie, le Regierungspräsidium Freiburg im Breisgau, l’Office national de l’eau et des milieux aquatiques de la France, l’Agence de l’Eau Rhin Meuse, la Fédération de pêche Suisse, la Fédération de pêche de Baden-Württemberg, Sportvisserij Nederland et des experts poissons et passes à poissons, EDF (Electricité de France), des ONG de protection de l’Environnement et bien d’autres encore.

Canicule et biodiversité
Peut-être plus encore que le manque d’eau, qui se fait sentir dans bien des régions, les fortes chaleurs accumulées depuis près d’un mois font de gros dégâts dans les cours d’eau de première catégorie. Les restrictions d’eau sont rarement respectées malgré des arrêtés préfectoraux qui ne sont rien d’autre que de simples recommandations. A l’heure où l’Etat réfléchit à la création d’une Agence française de la biodiversité, celle-ci se trouve complètement bouleversée et anéantie partout où les algues filamenteuses s’installent en masse. Le “zéro biodiversité” est atteint sur la plupart des petits cours d’eau calcaire cet été.
En photo (prise le 22 juillet) le Dessoubre au niveau de Varin. Au même titre que la Loue, cette rivière est devenue emblématique du non courage politique, en dépit d’effets d’annonces comme autant de promesses non tenues de la part des différents présidents du Conseil Général du Doubs depuis une trentaine d’années. Des solutions existent, le Collectif SOS Loue & Rivières Comtoises en a présenté 74 à la ministre de l’écologie et aux élus locaux. Au rythme où les rivières se dégradent, elles ne tiendront plus très longtemps. Nous appelons tous les pêcheurs à envoyer au Conseil général et aux services de la préfecture (Direction départementale des territoires notamment) du département concerné des photos de ce désastre pour manifester votre mécontentement.