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Catégorie : Environnement
8’6 rend compte de l’état de nos rivières, mouvements pour la préservation des rivières, analyse de notre ecosystème halieutique à préserver.

Modification du Code de l’Environnement relatif à la pêche en eau douce, deux poids, deux mesures !
Alors que la pêche de loisir propose de faire des efforts importants pour préserver les espèces en instaurant des quotas sur les carnassiers et en augmentant les tailles de captures, l’administration donne tout aux pêcheurs aux filets ! Un projet totalement contradictoire, qui prouve une fois de plus le manque de mobilisation des pêcheurs à la ligne.
Alors que la FNPF se satisfait des propositions visant à augmenter la taille légale dela truite qui passerait à 30 cm et de quelques autres espèces (brochet 60, sandre 50, black-bass 40 et ombre 35), mais aussi d’établir un quota de trois carnassiers par jour/pêcheur dont deux brochets, le lobby de la pêche professionnelle n’a pas raté l’occasion de tenter de faire s’assouplir les procédures d’obtention de licences et de rendre moins contraignantes les méthodes de pêche. Le Code de l’Environnement (ex Code Rural) met en place des dispositions réglementaires qui font autorité au niveau national. Le projet actuel de modification se consacre à “la préservation des milieux aquatiques et à la protection du patrimoine piscicole, à l’organisation des pêcheurs, au droit de pêche et aux conditions d’exercice de ce droit.”
En préambule des propositions figurent ces quelques lignes qui reflètent de belles contradictions qui trahissent une réelle méconnaissance du terrain : “Le décret met en place des mesures pour une meilleure prise en compte de la pêche professionnelle au travers de la procédure d’attribution des baux de pêche, pour une amélioration du développement de la pêche de loisir et de la pêche professionnelle dans le respect des espèces et des milieux (notamment modifications des dispositions sur les autorisations de pêches exceptionnelles, sur les heures d’interdictions de pêche, sur la taille minimale des poissons, sur les quotas, sur l’application de la réglementation sur le classement des cours d’eau et des plans d’eau). Par ailleurs, ce texte met en place un dispositif de renforcement de la protection de certaines espèces d’écrevisses, compte tenu de leur mauvais état de conservation et met en cohérence certaines dispositions portant sur la gestion des poissons migrateurs”.

EDITO n°106 : Droit de pillage
Il n’est pas toujours nécessaire d’aller chercher très loin les raisons qui font qu’un pays se sent mal. Il suffit souvent d’une
conjuration de petites injustices, de malentendus entre le pouvoir et les justiciables, de faits du prince qu’on impose au peuple
comme des diktats du bon sens.Les pêcheurs de loisirs ont comme cela l’habitude d’être traités comme des citoyens de seconde zone, des cochons de payants qui
n’ont que des devoirs là où les professionnels n’ont que des droits (qu’ils soient pêcheurs, barragistes ou agriculteurs).
Ainsi du nouveau code de l’environnement dont quelques rares dispositions qui visent à protéger les espèces des viandards
amateurs vont dans le bon sens, tandis que la majorité des autres créent les conditions absolument surréalistes d’un droit de pillage accordé à 500 professionnels qui vont pouvoir ainsi en finir, au filet avec les derniers saumons de l’Adour, les dernières anguilles et pibales, les derniers sandres dont les silures n’auront pu s’occuper. Le parti pris est d’autant plus stupide que ces 500 emplois ne sont pas grand chose en face des milliers d’autres que pourraient générer un loisir pêche hexagonal. Au lieu de quoi la classe politique, dans son ensemble, continue à se coucher devant ces lobbies d’un autre âge.
Et tant pis si cela coûte cher (850 millions de subventions pour 1 milliard d’euros de CA pour la pêche en mer selon l’association
Bloom). A la fin, c’est toujours le contribuable électeur pêcheur qui paye…EDITO DE PÊCHES SPORTIVES N°106 Accédez au magazine

La pluie, enfin !
C’est l’une des sécheresses les plus insidieuses que celle de cette année 2015, car elle est très étendue dans le temps. Sur de nombreuses régions, il ne pleut pas suffisamment depuis le printemps dernier. Mais depuis deux jours, une bonne pluie traverse le pays et durant la semaine, d’autres précipitations sont attendues. Une aubaine pour les rivières et pour la fraye des truites, car il ne faudra pas compter sur la fonte des neiges, mais l’hiver n’est pas terminé.
Photo d’une frayère de truites prise hier à Champagnole sur la Londaine, un affluent de l’Ain dans le Jura. Il est à noter que cet affluent est continuellement souillé par des eaux usées. Honteux pour une ville qui vit en partie du tourisme pêche !

Goujon asiatique, il en va de la responsabilité des pêcheurs
Pseudorasbora parva, le “goujon asiatique” serait arrivé en France par hasard parmi un lot de carpes en provenance de Chine il y a quelques années. Ce petit cyprinidé de moins de 10 cm figure en tête de liste des espèces invasives. Très prolifique, il s’adapte tout aussi bien aux eaux froides qu’aux eaux chaudes. S’il inquiète les scientifiques au plus haut point, c’est parce qu’il est porteur sain d’un parasite particulièrement virulent qui peut anéantir les populations d’autres poissons. Il a fait de gros dégâts en Turquie et dans certains pays de l’est en quelques années seulement. Il va sans dire que les pêcheurs doivent éviter de l’introduire un peu partout en pêchant par exemple au vif.

Le braconnage touche de plus en plus Paris et sa région
De véritables bandes organisées pillent la Seine et l’Yonne en plein Paris et dans sa périphérie. Les braconniers opèrent généralement la nuit et aux filets. Les faits sont connus mais les AAPPMA touchées ont bien du mal à obtenir une intervention de la police de la pêche de la police ou de la gendarmerie face à des actes qui ont rarement lieu deux fois au même endroit. Tout ce qui est pris et constitue des protéines est congelé puis transporté parfois loin de nos frontières. Sur l’Essonne, des pilleurs dérangés ont abandonné un immense filet de 400 m de longueur ! D’autres pratiquent différemment en recherchant les carpes trophées ou les silures albinos pour les revendre vivants plusieurs milliers d’euros pièce !

Lancement d’un crowdfunding pour la création d’un Tribunal Monsanto
Lors d’une conférence de presse en marge de la COP 21, des associations environnementales et des personnalités de la société civile ont annoncé aujourd’hui, jeudi 3 décembre, le lancement d’une opération de crowdfunding internationale pour la création du Tribunal Monsanto. Il évaluera les dommages causés par la multinationale agrochimique américaine Monsanto dans les domaines de l’environnement et de la santé, du 12 au 16 octobre 2016 à La Haye (Pays-Bas). Composé de vrais juges et de vrais avocats, le tribunal prendra appui sur les Principes directeurs relatifs aux entreprises et droits de l’homme adoptés par l’ONU en 2011 et sur le Statut de Rome créant la Cour pénale internationale en vigueur depuis 2002 dans deux buts : • évaluer les actions de Monsanto au regard des crimes de droit international que ce Statut prévoit • examiner s’il s’impose de réformer le droit pénal international pour que soit reconnu le crime d’écocide et que la responsabilité pénale des personnes physiques coupables de ce crime puisse être engagée. Les initiateurs du Tribunal Monsanto (1) lancent un appel à la société civile, à tous les citoyens et citoyennes du monde, pour qu’ils participent au financement de cette opération exemplaire, à travers la plus vaste plateforme de crowdfunding international jamais réalisée à ce jour. Pour Marie-Monique Robin, auteure du film et livre « Le Monde Selon Monsanto » et marraine de cette initiative, « La création de ce tribunal citoyen international est une nécessité parce que la défense de la sûreté de la planète et des conditions mêmes de la vie est devenue l’affaire de tous et seul un sursaut collectif des forces vives permettra de stopper la machine de destruction en marche ! »
http://www.monsanto-tribunal.org/
(1) Arnaud Apoteker, Valérie Cabanes, Ronnie Cummins, Tjerk Dalhuisen, Luigi D’Andrea, Françoise Dubois Boulègue, Esther Gerber, Benny Haerlin, Hans Rudolf Herren, Hannes Lammler, René Lehnherr, Gilles Lemaire, Corinne Lepage, Andre Leu, Michel Pimbert, Marie-Monique Robin, Bessie Schadee, Mindi Schneider, Doro Schreier, Ruchi Shroff, Olivier De Schutter, Gilles-Eric Séralini, Vandana Shiva, François Veillerette.

La promesse stupide de Marc Le Fur
L’association Eau & Rivières de Bretagne, qui a bien à faire pour préserver l’eau dans cette région où l’agriculture intensive pose de gros problèmes environnementaux, se serait bien passée de la promesse de Marc Le Fur de leur retirer une subvention allouée par le Conseil Régional sous prétexte que cet argent servirait à engager des procédures contre l’agriculture et l’agro-alimentaire breton ! Voici en réaction à cette annonce le communiqué de Eaux & Rivières de Bretagne :
“Chef de file de la liste Le choix de la Bretagne candidate aux élections du Conseil Régional de Bretagne, Marc Le Fur a évoqué le 30 novembre l’association Eau & Rivières de Bretagne dans le journal télévisé du soir de France 3 Bretagne. Il a promis de mettre fin à la subvention accordée par le Conseil Régional à l’association, au motif que «cet argent servirait à engager des procédures contre l’agriculture et l’agro-alimentaire breton ». Que Marc Le Fur ait choisi le jour même où s’ouvrait la COP 21 pour effectuer cette annonce, illustre la myopie intellectuelle persistante dont il fait preuve depuis longtemps à l’égard des enjeux environnementaux, se situant résolument à contre courant de l’histoire… Qu’un député expérimenté, qui plus est Vice-Président depuis 2007 de l’Assemblée Nationale, conteste le droit des associations à saisir les tribunaux de la République pour que les lois votées par les parlementaires soient appliquées, est inquiétant pour le fonctionnement de notre démocratie. Le souci -légitime- d’une bonne utilisation des fonds publics alloués à Eau & Rivières de Bretagne de la part de Monsieur Le Fur et de ses amis, est bien tardif : aucun conseiller régional des groupes Les Républicains n’a hélas participé, le 24 février dernier, à la réunion de présentation du bilan des actions menées par l’association dans le cadre de la convention signée avec la Région Bretagne. Aucun responsable de ce groupe politique de l’assemblée régionale n’a non plus accusé réception du dossier que lui a adressé l’association à cette occasion, ni émis la moindre critique de ce bilan… Il est vrai que nous n’étions pas encore en campagne électorale.
Eau & Rivières de Bretagne rappelle que l’agrément dont elle bénéficie depuis 1978, de la part des pouvoirs publics, a été régulièrement renouvelé depuis cette date par tous les gouvernements, de droite comme de gauche, qui apprécient l’ensemble des actions menées par l’association : démarches éducatives, chantiers de restauration des milieux, participation aux groupes de travail et commissions, formation … L’ancien Préfet de Bretagne, Claude Guéant, qui appartient aujourd’hui à la même formation politique que Marc Le Fur, écrivait ainsi le 4 juin 2002: « J’ai beaucoup apprécié de travailler avec votre association lors de mon passage en Bretagne ». L’association en est persuadée : les citoyens Bretons, moins sectaires que certains de leurs leaders politiques, ne se laisseront pas entraîner sur la pente dangereuse pour la démocratie, qui consisterait pour la collectivité régionale à ne financer que les organisations « bien pensantes » et à ignorer celles dont l’utilité publique est manifeste.”
Eau & Rivières de Bretagne, le 1er décembre 2015. Photo Damien Meyer/AFP.

Journée mondiale des zones humides, profitez-en tant qu’il en reste…
Chaque année, la Journée mondiale des zones humides (JMZH) est célébrée le 2 février, pour commémorer la signature de la Convention sur les zones humides, le 2 février 1971, dans la ville iranienne de Ramsar. Chaque année, la convention propose à tous les intervenants de construire leur événement autour d’un thème commun et met à disposition du matériel de communication et de sensibilisation, mais ce thème n’est pas imposé pour réaliser et inscrire une animation dans le cadre de la journée mondiale des zones humides. Depuis 2001 en France, les organismes gouvernementaux, les organisations non gouvernementales et les groupes de citoyens redoublent d’originalité et d’inventivité pour proposer des animations sortant des sentiers battus…
Chaque année, l’Association Ramsar-France, l’Onema, les Pôles relais zones humides, la Ligue pour la protection des oiseaux et la Société nationale de protection de la nature, invitent le plus grand nombre à faire connaître et/ou à découvrir les animations proposées pour l’occasion, fin janvier et sur l’ensemble du mois de février, sur le Portail national zones humides. Lors de l’édition 2013, le secrétariat de la convention de Ramsar avait mis en lumière la mobilisation de plus en plus importante de la France. Certes, mais les zones humides en France comme ailleurs continuent de se faire massacrer. Organiser chaque année une belle mascarade sur ce qui reste de zones humides est plutôt grotesque, non ? Les zones humides ont besoin d’une véritable protection juridique avec des amendes lourdes pour tous ceux qui irriguent un champ dès qu’il y a une flaque au milieu.

Les modifications de diverses dispositions du Code de l’Environnement font la part belle aux pêcheurs aux engins !
Alors que les instances de la pêche de loisir ont obtenu de faire augmenter de quelques centimètres la taille légale de la truite (30 cm) et de quelques autres espèces (brochet 60, sandre 50, black-bass 40 et ombre 35), d’établir un quota de 3 carnassiers par jour/pêcheur dont deux brochets, le lobby de la pêche professionnelle n’a pas raté l’occasion s’assouplir les procédures d’obtention de licences et des méthodes de pêche :
“Le décret met en place des mesures pour une meilleure prise en compte de la pêche professionnelle au travers de la procédure d’attribution des baux de pêche, pour une amélioration du développement de la pêche de loisir et de la pêche professionnelle dans le respect des espèces et des milieux (notamment modifications des dispositions sur les autorisations de pêches exceptionnelles, sur les heures d’interdictions de pêche, sur la taille minimale des poissons, sur les quotas, sur l’application de la réglementation sur le classement des cours d’eau et des plans d’eau) ”.Projet_de_decret
Dans le Jura, une étude réalisée par le très recommandé cabinet d’études Teleos (téléchargeable sur le site de la fédération de pêche) prouve qu’après trois ans de pêche par un pêcheur professionnel de plusieurs biefs, le silure, qui n’est pas prélevé en raison des PCB, représente une part très majoritaire de la biomasse. Laisser des lots surpeuplés d’un super prédateur exogène ne peut pas être une mesure de protection de la rivière, qui n’améliore rien hormis un déséquilibre majeur dans des cours d’eau qui souffrent tout autant d’autres carences ! Bravo aux instances de la pêche de loisir… Enfin des quotas, que les pêcheurs sportifs réclamaient depuis des années, et que la pêche professionnelle va nous aider à ne jamais dépasser !
Dans un autre registre, l’administration ignore sans doute que dans les filets maillants, les poissons sont pris au niveau des ouïes. Ils agonisent en été dans de l’eau à plus 20 °C (plus de 25°C en période de canicule). Ils meurent et restent une bonne partie de la nuit dans une eau dont la température est incompatible avec les normes d’hygiène, la fameuse chaine du froid, qui s’applique à toutes les denrées périssables. Visiblement, l’administration qui donne les autorisations ne va pas souvent sur le terrain…
