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Catégorie : Environnement
8’6 rend compte de l’état de nos rivières, mouvements pour la préservation des rivières, analyse de notre ecosystème halieutique à préserver.

Ça chauffe pour le Parc Naturel Régional du haut Allier !
Fruit de cinq années de concertation, la création du Parc Naturel Régional (PNR) du haut Allier doit être validée par le Ministère de l’Environnement le 9 juin prochain. Laurent Wauquiez, Président du Conseil Régional Auvergne-Rhône Alpes a écrit à Ségolène Royal pour lui demander de suspendre la procédure de classement.
Les Chambres d’Agriculture, de Commerce et d’Artisanat de la Haute Loire, pourtant associées depuis longtemps, se disent maintenant défavorables au projet de PNR et demandant même son arrêt !
SOS Loire Vivante – ERN France, la FRANE (Fédération Auvergne des Associations de protection de l’environnement) et le REN 43 (Fédération départementale) qui soutiennent le projet de PNR Haut Allier sont consternés par ces positions et récusent tout report de procédure de classement pour des prétextes sans fondements, bafouant les votes des élus locaux (65 communes, 10 communautés de communes, 2 départements et 2 régions).Ce choix est d’autant plus incompréhensible qu’un PNR n’a quasiment aucun pouvoir réglementaire. Si c’est pour que les membres de la FDSEA puissent continuer de tout massacrer, ils le feront sans doute encore, PNR ou pas…
Une pétition vient d’être lancée par des habitants et des acteurs du haut Allier :

Un trombinoscope des SénaTueurs d’abeilles !
750 abeilles meurent chaque seconde en France depuis l’apparition des insecticides néonicotinoïdes. Pourtant, le 12 mai 2016, une majorité de sénateurs s’est opposée à l’interdiction totale des insecticides néonicotinoïdes, dit « tueurs d’abeilles ». Même la date lointaine de 2020 (plutôt que celle de 2018 votée par les députés), a été rejetée par une majorité de « sénaTUEURS d’abeilles » ! Il est temps que les sénateurs assument leurs responsabilités. L’opacité entourant les débats semble amener certains élus à se comporter en fidèle porte-parole du lobby agro-chimique.
Fort de ce constat, Agir pour l’Environnement a décidé de rendre public un trombinoscope des « sénaTUEURS d’abeilles ». Ce message a été envoyé à près de 500 000 personnes. Si chaque personne qui ouvre ce message le diffuse à son tour, ce seront des millions de personnes qui lèveront un coin du voile entourant les débats parlementaires et apporteront un peu de transparence.
Face à la surdité démocratique de certains sénateurs, il devient urgent d’informer largement. Pour relayer à votre tour et découvrir le vote de vos élus :http://reponses.agirpourlenvironnement.org/neonicotinoides-senateurs/

L’Artoise, le joyau de la forêt de Saint-Michel enfin labellisé !
A quelques pas de l’abbaye de Saint-Michel, connue depuis plus d’un millénaire comme étant l’un des centres religieux les plus réputés du Hainaut et de la Thiérache, coule une rivière, l’Artoise une rivière qui prend sa source en Belgique et qui poursuit son cours en France dans l’Aisne. Elle serpente en pleine forêt de Saint-Michel. Elle est si poissonneuse et limpide que les amateurs de pêche sportive ont souhaité préserver ce petit coin de paradis, lieu de fréquentation de la gracieuse truite Fario. C’est pourquoi ils ont souhaité porter le projet de labellisation de leur rivière. Le projet de labellisation a été initié par la Fédération de l’Aisne pour la Pêche et la Protection du Milieu Aquatique, qui a souhaité ensuite s’associer avec l’Office National des Forêts. L’association de la truite Saint-Michelloise, aujourd’hui disparue, a fusionné avec l’AAPPMA des vallées du Gland, de l’Artoise, du Ton et de l’Oise. On a donc une nouvelle AAPPMA « Vallées du G.A.T. O présidée par Jean-Pierre Mouret. Ce dernier est aussi président de la fédération de l’Aisne, depuis 2009, réélu le 19 mars dernier. Lorsque Jean-Pierre Mouret prend la gestion de l’Artoise, il exauce les vœux de José Dudin. Cet ancien directeur d’école primaire ne sera pas resté très longtemps inactif. Dès le début de sa retraite en 2009, il exerce différentes fonctions associatives avant de rejoindre la fédération départementale qui totalise 14 000 cartes de pêche vendues et 7 salariés.
La cérémonie de labellisation de cette rivière franco-belge aura lieu le 11 juin (ONF, Agence de l’eau Seine Normanadie, fédération de pêche de l’Aisne, associations diverses, etc).
(Photo © Philippe Collet)
Renseignements sur le projet et la cérémonie : http://www.federationpeche.fr/02/
Le réseau Rivières Sauvages également partie prenante dans ce projet : http://www.rivieres-sauvages.fr

Frayères à brochets en lacs de barrages, l’exemple de Vouglans
Généralement construits entre les années 1930 et 1970, les lacs de barrages vieillissent et avec eux leurs substrats. Univers lunaires à la végétation absente, ces grandes étendues deviennent incompatibles avec certaines espèces comme le brochet, dont la reproduction est dépendante de certains végétaux. Dans le Jura, une AAPPMA a retroussé ses manches pour mettre en place des réserves temporaires, des frayères et un habitat artificiels
Depuis sa mise en eau en 1968, le lac de Vouglans a progressivement perdu la quasitotalité des substrats de reproduction des poissons, en particulier ceux indispensables à la fraie du brochet (prairies inondables notamment). Il faut ajouter à ce constat les marnages conséquents et réguliers sur la retenue (quinze mètres au minimum), gênant considérablement la réussite des pontes, notamment celles des brochets dont les zones de fraies généralement peu profondes, se retrouvent très vite exondées. Rappelons que le lac de Vouglans est le troisième plus grand lac artificiel français, avec 1700 ha dans la vallée de l’Ain. Sa vocation est la production d’électricité, d’où son niveau très fluctuant.
Un suivi encadré
Classé en 1ère catégorie “grand lac intérieur”, le lac de Vouglans est au niveau typologique clairement une retenue où les espèces d’eaux mortes se développent beaucoup mieux que les espèces d’eaux vives. Une population de truites lacustres subsiste néanmoins mais avec également des aléas dus aux marnages. Le statut réglementaire du brochet en 1ère catégorie a toutes les chances d’évoluer rapidement au niveau national, en considérant Esox lucius comme une espèce patrimoniale désormais menacée sur le territoire national (figurant sur la liste rouge des espèces menacées). Pour faire face à ces constats, l’AAPPMA de la Gaule Moirantine s’est engagée dans une démarche scientifique et expérimentale de création de réserves temporaires et d’aménagements structurels de zones témoins sur les baux de pêche qu’elle gère. Ces projets s’effectuent en collaboration directe avec la fédération de pêche départementale et un hydrobiologiste professionnel qui assure le suivi et l’efficacité des actions. La mise en réserves temporaires de zones expérimentales concerne des secteurs clairement identifiés comme étant favorables à la reproduction des espèces citées ci-dessus, soit par l’implantation de végétaux et de structures (brochet), soit par la présence d’affluents (truite de lac).
Sur ces zones expérimentales ciblées et aménagées, il s’agit d’améliorer le potentiel reproductif et de grossissement d’espèces phytophiles, notamment le brochet en interdisant temporairement toute forme de pêche durant les périodes de fraie. L’objectif est de protéger les poissons vulnérables (brochet essentiellement) en période de reproduction sur les zones favorables retenues (période allant de l’ouverture en mars jusqu’à l’ouverture de la pêche des carnassiers). L’AAPPMA a donc fait appel à des entreprises spécialisées en génie végétal, pour développer une technique de fascinage qui consiste à immerger des fagots de saules des vanniers de deux mètres de diamètre environ (avec fortes boutures et ramifications) à l’interstice des parties exondée et inondée les plus souvent retrouvées sur la période fin mars/début avril. Les bénévoles de l’association expérimentent également d’autres axes de travail en récupérant et en implantant des épicéas de Noël collectés sur les communes environnantes de Moirans et recyclés pour créer des supports de ponte favorables au brochet. Dans la même logique ont été créés des monticules de pierres et différents empilements pour servir de caches et d’habitats à un écosystème favorable à la présence de brochets.
Résultats des premières plongées
Les premières conclusions de Grégory Tourreau, plongeur et hydrobiologiste professionnel, sont très encourageantes. En effet, de fortes concentrations d’espèces territoriales (brochet notamment) ont été constatées de manière concomitante avec ces aménagements, (habitats et/ou nourriture). Cette AAPPMA a bien compris que l’habitat est une des composantes essentielles d’un milieu autonome et viable, contrairement à l’alevinage qui n’est dans la plupart des cas qu’un pansement sur une jambe de bois.

Haute Vienne, création d’une frayère à brochet
La Fédération de la Haute-Vienne pour la Pêche et la Protection du Milieu Aquatique vient de finaliser la création d’une frayère à brochet sur la Vienne à Brignac (commune de Royères). Ce projet a été réalisé dans le cadre du Contrat Territorial Vienne amont porté par le Parc Naturel Régional de Millevaches et l’Etablissement Public Territorial du Bassin de la Vienne. Pour se reproduire dans les meilleures conditions, le brochet doit avoir accès à une zone de ponte adaptée (prairie inondée, herbiers, niveau d’eau stable …). Cependant certaines conditions réduisent à néant les frayères naturelles compromettant ainsi sa reproduction : présence de barrages, seuils, écluses, asséchement de zones humides… La frayère semi-naturelle, d’une superficie de 820 m², créée sur ce secteur propice de la Vienne offre donc au brochet et aux poissons ayant besoin d’herbiers pour se reproduire (carpes, tanches, gardons…) une zone de ponte favorable. Ces travaux réalisés pour un montant total de 14 220 euros, ont été financés par l’Agence de l’eau Loire-Bretagne (50 %), la Région Limousin (20 %), EDF Unité de Production Centre (15 %), la Fédération Nationale de la Pêche en France (9 %) et la Fédération de pêche de la Haute-Vienne (6 %). Les pêcheurs s’investissent dans la protection du milieu aquatique avec cet ouvrage qui pérennisera la survie du super prédateur brochet dont l’espèce est fragile et menacée faute de frayères adaptées. A venir : la pose de clôture et l’ouverture de la frayère à la Vienne.

Saumon Les filets de l’Adour et des gaves réunis
Aujourd’hui, partout dans le monde, la gestion des stocks de saumons atlantiques, quand ils sont de retour en eau douce, se fait selon un mode récréatif de pêche sportive à la ligne. Tous les pays riverains de l’Atlantique Nord, y compris la Russie, réservent la gestion de cette espèce aux pêcheurs à la ligne. Tous, sauf la France, ou en Aquitaine (Béarn et Pays Basque plus particulièrement), une petite quarantaine de pêcheurs professionnels (estuariens et fluviaux) s’approprient une ressource unique dans le sud de l’Europe. Alors que la pêche au filet du saumon atlantique est strictement interdite en mer, elle est autorisée, dans le goulet d’étranglement que représente l’estuaire de l’Adour, ainsi que plus en amont, en eau douce, dans ce qu’il est convenu d’appeler les “gaves réunis”.
Une quinzaine de marins-pêcheurs ”estuariens” et peut-être une vingtaine de pêcheurs professionnels fluviaux, s’approprient ainsi la majeure partie du stock de saumons (et de truites de mer) qui tentent de rejoindre leurs frayères situées en amont sur les gaves d’Oloron, de Pau, de Mauléon, d’Ossau et d’Aspe. D’après l’INRA et l’ONEMA, sur les dix dernières années la moyenne des Saumon Les filets de l’Adour et des gaves réunis captures déclarées au filet se répartissaient ainsi : 163 saumons en zone fluviale contre 1183 en estuaire. Alors que depuis le milieu des années 90, plus de 50 millions d’euros d’argent public ont été affectés à la restauration des stocks de grands salmonidés migrateurs sur ce bassin, ce sont essentiellement une quinzaine de marins pêcheurs “estuariens” qui profitent donc de cette manne. D’après leurs déclarations à la capitainerie de Bayonne, depuis une dizaine d’années, c’est entre 1000 et 1400 saumons (sans parler des truites de mer) qui sont proposés à la vente de la criée de Saint -Jean-de-Luz. En l’absence d’un contrôle efficace ou même de contrôle tout court, les associations de défense du saumon Atlantique, dénoncent des chiffres quatre ou cinq fois supérieurs. La majorité des ventes se ferait en direct, auprès des restaurateurs, des particuliers voire dans les campings de la région, sans passer par la criée. Bizarrement, alors que les déclarations des pêcheurs à la ligne pour la même période des dix dernières années, varient entre 120 et 440 captures, les déclarations de prises aux filets tournent tous les ans autour de 1250 captures. Il semblerait que ce chiffre médian, ait été suggéré aux pêcheurs professionnels par l’IFREMER et le Conseil général des Pyrénées Atlantiques pour faire acte d’une activité économiquement viable, sans pour autant impacter les retours vers les frayères, qui seraient de 2000 à 4000 poissons selon les années et les comptages de l’ONEMA. Rappelons-nous la saison 1987 sur l’axe Adour/gaves. Alors que partout en Europe les rachats de droits de pêche au filet, l’Ifremer recommanda aux pêcheurs estuariens de déclarer, sans trop les minorer pour une fois, leurs captures, afin de pouvoir montrer aux autorités gestionnaires, que cette pêche au filet était une activité économiquement rentable. Cette année là, il fut déclarée la capture d’un peu plus de 8000 saumons à la capitainerie de Bayonne. Combien en avaient-ils été pris réellement, certainement le double, peut-être plus ? Ce que l’on sait, c’est qu’en 1987, environ 400 pêcheurs à la ligne ont pris sur tout le cours du gave d’Oloron, moins de 200 saumons (94 officiellement déclarés au CSP).
2,5 % des prises pour la pêche à la ligne
Même en s’en tenant au chiffre « officiel » de déclaration des professionnels et en multipliant par deux celui des déclarations des pêcheurs sportifs, le partage de la ressource, dont les beaux discours de l’Administration et des politiques (Ministères de l’Environnement et Conseil général des Pyrénées-Atlantiques) nous rebattent les oreilles depuis une vingtaine d’années, s’établit comme suit : 97,5 % des captures pour moins de 40 professionnels et 2,5% pour 400 touristes pêcheurs cette année là. Soit si nous ramenons l’équation en nombre de saumons capturés par pêcheur : 200 saumons pour chaque pêcheur au filet contre un demi saumon par pêcheur à la ligne. Et pourtant, il ne reste qu’une dizaine de véritables marins pêcheurs dont la pêche en estuaire est réellement le métier sur l’Adour. Les autres sont des « retraités » de l’administration ou des agriculteurs (pendant la saison du saumon, le maïs ne nécessite pas une trop grande présence dans les champs) à qui la Capitainerie a concédé pour quelques centaines d’euros, un rôle de pêche. En fait les responsables de cette mise en coupe réglée de nos estuaires sont les autorités gestionnaires des ressources marines, à savoir le Ministère de la Mer, dont dépend le quartier des Affaires Maritimes de Bayonne et l’IFREMER dont les pseudo études scientifiques cautionnent la pêche en estuaire en lui inventant une rentabilité économique. Mais comme depuis de nombreuses années, les pêcheurs récréatifs, s’appuyant sur des études écossaise, canadienne, norvégienne, islandaise et même tout récemment une étude de la Fédération de pêche départementale, démontrent, retombées économiques à l’appui, qu’un saumon pris à la ligne rapporte localement entre 100 et 300 fois plus que le même vendu à la criée, voilà que depuis deux ou trois ans, le Conseil général, l’Ifremer et bien entendu les pêcheurs professionnels eux-mêmes, font valoir que leur pêche n’est pas seulement économique, mais a une valeur patrimoniale et même culturelle pour la région.
Mais ici, au delà de l’outrance et du ridicule du propos, voyons dans cette revendication des traditions régionales et de la culture, une lueur d’espoir : en fait la crainte des pêcheurs professionnels d’être prochainement, comme partout dans le monde du saumon atlantique, dédommagés, rachetés ou tout bonnement interdits d’exercer. S’ils veulent maintenir des traditions remontant à Colbert, qui accorda un privilège de pêche en estuaire aux marins de la Royale qui avaient échappé au scorbut, aux naufrages, aux balles des mousquets ou aux boulets anglais, soit, mais alors sans remonter jusqu’au XVIIème siècle, qu’ils pêchent au moins à l’aviron comme cela se pratiquait encore jusqu’en 1960, avec des filets en chanvre ou en coton et à la senne tournante.
La tradition ne peut pas tout justifier
Les filets maillant dérivants en nylon mono filaments invisibles et indétectables par les saumons, employés depuis trente ans sur l’Adour, ne sont pas plus patrimoniaux que culturels. Les traditions, remonteraient-elles à Colbert, ne peuvent aujourd’hui justifier le pillage d’une ressource qui si elle était gérée de façon éco responsable et équitable, permettrait non pas à une vingtaine en fait de marins pêcheurs, de vendre au marché noir le plus souvent (donc sans aucun bénéfice pour l’Etat), quelques tonnes de saumons sauvages (sans parler des truites de mer), mais à des milliers de commerçants, hôteliers, restaurateurs, propriétaires de campings ou de gîtes ruraux, de bénéficier des retombées touristiques d’une manne de salmonidés, dont on sait qu’elle représente une part très importante des revenus touristiques dans tous les pays de l’Atlantique Nord qui ont encore la chance d’avoir des remontées de saumons Atlantiques.
Pierre Affre (frère), association Salmo Tierra – Salva Tierra

Doubs, les fonds des rivières plus noirs que jamais…
Certains pêcheurs font circuler des informations qui peuvent prêter à confusion en disant que la Loue va mieux. Il est vrai que sur le haut cours de la rivière, le très haut cours même, puisque cela concerne uniquement les premiers kilomètres jusqu’à Ornans, les populations de truites et d’ombres se portent plutôt bien. Mais la Loue fait 120 km et en aval d’Ornans, on trouvait avant le clash de 2009 les meilleurs parcours de la célèbre rivière. Ce printemps, l’état des fonds est plus noir que jamais, même dans les zones de courant et malgré les multiples crues de l’hiver. Vu que rien ou presque n’a évolué dans ce département (épandages hivernaux hors période végétative, assainissement des eaux usées), il n’est pas étonnant de constater un tel spectacle de désolation.
Le Collectif SOS Loue & Rivières Comtoises continue de mettre la pression sur l’administration et tente de trouver des solutions avec le monde agricole dans un intérêt commun. Ce Collectif qui est animé par des bénévoles lance un appel de fonds qui permettra de réaliser des analyses par des cabinets d’études indépendants et dont les résultats pourront légalement être opposés aux chiffres officiels. Ces dons donnent droit à une déduction fiscale de 66 %. Imprimé fiscal et donation en ligne :
Photo “pollution” prise sur le Dessoubre à Gigot le 30 mars. La prolifération d’algues brunes (qui se développe en eaux froides), est due à un excès de matière organique que la rivière ne peut assimiler (eutrophisation). Le fond est alors colmaté, perturbant fortement la vie des macro invertébrés et des poissons. La fraie de l’ombre commence tout juste… dans les pires conditions !
Seconde photo prise à Ornans le 2 avril.

Ces cours d’eau qui chauffent nos foyers…
Alors que la COP21 et ses discussions relatives aux énergies propres viennent de s’achever, il semble intéressant de parler des centrales hydroélectriques fonctionnant par éclusées. En effet, ce mode de production d’énergie renouvelable, en artificialisant drastiquement le régime hydrologique des cours d’eau, n’est pas sans conséquences sur leur intégrité et leurs communautés biologiques. En quoi consiste-t-il et quels impacts génère-t-il ? Et surtout, peut-on les réduire efficacement ?
La production d’électricité à partir de l’énergie hydraulique des cours d’eau est apparue à la fin du 19e siècle, époque à partir de laquelle les premières turbines ont progressivement remplacé les roues à eau et les meules. Après 1945, l’essor de l’industrie et de la démographie, ainsi que le développement des lignes ferroviaires, ont par la suite favorisé le construction de multiples aménagements hydroélectriques. Aujourd’hui, la part de l’énergie hydraulique représente environ 15% de l’électricité française, avec une capacité de l’ordre de 25 Giga Watts installés. Cela positionne cette énergie renouvelable comme la deuxième source d’énergie en France, toutefois assez loin derrière le nucléaire. En Suisse, elle représente près de 56 % de l’énergie produite. Dans ces deux pays, elle devrait par ailleurs s’accroître dans les prochaines années, puisque leur stratégie énergétique prévoit une augmentation de leurs capacités de production en hydroélectricité.
Différents types de production hydroélectrique
L’élément essentiel pour produire de l’électricité à partir de l’énergie hydraulique est ce que l’on appelle la hauteur de chute. Elle correspond à la différence d’altitude entre le prélèvement de l’eau et le lieu où elle est turbinée. Plus l’eau tombe de haut, plus elle prend de la vitesse et acquiert de la puissance, qui peut être transformée en électricité grâce aux turbines et alternateurs. A partir de ce principe relativement simple, différents modes de production d’énergie hydraulique sont distingués. Si tous recherchent la hauteur de chute la plus importante, la quantité de débit disponible dans le cours d’eau va influencer par ailleurs les caractéristiques des aménagements, leur fonctionnement et leur finalité. Pour simplifier un peu les choses, on peut distinguer tout d’abord les aménagements dits “au fil de l’eau”. Ces installations ne disposent pas d’une capacité de stockage de l’eau et leur production est ainsi principale ment liée au débit instantané du cours d’eau. Ils fonctionnent en continu et alimentent ainsi le réseau électrique en permanence, en énergie dite de base. Ces aménagements sont représentés principalement par de petites installations appelées micro-centrales. Elles sont assez nombreuses (environ 2000 recensées) et leur production unitaire reste modeste. Seuls les aménagements les plus importants, implantés sur les plus grands cours d’eau comme le Rhône, le Rhin, la Garonne ou encore la Dordogne, sont en capacité d’assurer un niveau de production réellement significatif et intéressant.

Barrages : quand le Sénat et ses lobbies complotent contre l’écologie
Ségolène Royal a tout fait pour récupérer le pilotage de la COOP 21. Espérons qu’elle y fera moins de dégâts qu’elle n’en a fait ou laissé faire dans la gestion publique des dossiers sur la continuité écologique dans le cadre de la loi biodiversité et culture. Parce que dans ce domaine comme dans celui de la réglementation de la pêche professionnelle en eau douce, la coupe (21) est pleine.
On savait le Sénat accessible à toutes sortes de manipulations des lobbies. Avec les discussions et le vote par les sénateurs de nouvelles dispositions incroyablement favorables aux hydrauliciens de tous poils c’est une caricature d’elle-même que nous propose la haute assemblée. Le nouvel article 33 bis de la loi biodiversité et culture voté par les sénateurs à l’instigation de ceux qui tirent les ficelles de ces marionnettes démocratiques est ainsi rédigé :
I – Les systèmes hydrauliques et leurs usages font partie du patrimoine culturel, historique et paysager protégé de la France.
II – Le code de l’environnement est ainsi modifié : 1° L’article L. 211-1 est complété par un III ainsi rédigé :
III – La gestion équilibrée de la ressource en eau doit également permettre d’assurer la préservation du patrimoine, notamment hydraulique, protégé soit au titre des monuments historiques, des abords ou des sites patrimoniaux protégés en application du livre VI du code du patrimoine, soit en application de l’article L. 151- 19 du code de l’urbanisme ; 2° L’article L. 214-17 est complété par un IV ainsi rédigé :
IV – Les mesures résultant de l’application du présent article sont mises en oeuvre dans le respect des objectifs de protection, de conservation et de mise en valeur du patrimoine mentionné au III de l’article L. 211-1. En clair, cela signifie que tous les ouvrages hydrauliques sont à priori considérés comme des éléments intouchables du patrimoine culturel du pays, ce quels que soient leur impact sur l’environnement, leur architecture ou leur efficacité énergétique.
Ainsi l’article 211-1 de la LEMA sur la gestion équilibrée de la ressource en eau qui donne dans son point I la priorité à « La prévention des inondations et la préservation des écosystèmes aquatiques, des sites et des zones humides… » se voit affublée par les sénateurs d’un point III ainsi rédigé : « III – La gestion équilibrée de la ressource en eau doit également permettre d’assurer la préservation du patrimoine, notamment hydraulique, protégé soit au titre des monuments historiques, des abords ou des sites patrimoniaux protégés en application du livre VI du code du patrimoine, soit en application de l’article L. 151-19 du code de l’urbanisme. » Ou encore : « ne touchez pas à nos barrages, pas plus qu’à nos moulins ou à nos droits d’eau. » Et tant pis si les rivières, ruisseaux et autres chevelus doivent en crever pour cause de réchauffement dû au climat, aux seuils et aux barrages. Et pour faire bonne mesure, les propriétaires d’ouvrages auront, si on laisse faire les sénateurs, un délai supplémentaire de trois ans pour se mettre aux normes dès lors qu’ils ont déposé un dossier à l’administration.
Ce délai s’ajoutant au délai initial de cinq ans à compter de la publication de la liste de classement des cours d’eau fin 2012 au titre du L 214-17 CE, déjà six ans après promulgation de la loi. Derrière ces amendements auxquels , pour le moment, le ministère de Mme Royal n’a pas trouvé grand chose à redire, on trouve donc ces fameux lobbies tels que l’Hydrauxois, les Amis des Moulins, l’Union Française de l’Electricité, France Hydroélectricité et quelques autres encore, plus discrets mais tout aussi efficaces puisqu’ils sont même représentés au cabinet de la ministre. Le dossier est aujourd’hui entre les mains des députés, censés mieux armés pour faire la différence entre intérêt général et intérêts particuliers. L’amendement scélérat ne devrait donc pas survivre à la navette parlementaire. A moins que les croisés du barrage aient trouvé de nouveaux moyens d’apporter de l’eau au moulin de leur argumentation

EDITO Les rentiers de la turbine
J’avais prévu de me lâcher sur la nouvelle trouvaille des communicants de la Fédération Nationale de la Pêche en France qui est d’investir 1 million d’euros dans la caravane du tour de France, histoire d’y recruter de nouveaux pêcheurs (et pourquoi pas un coup du soir dans la grotte de Lourdes, une ouverture de la truite à la foire de Paris ou un alevinage en arcs dans les piscines municipales). Mais les menaces conjuguées que font peser la ministre de l’environnement, quelques sénateurs fraîchement repeints en vert et les lobbys hydrauliques qui animent ces marionnettes d’Etat, sur nos pauvres rivières de France m’obligent à me déclarer solidaire de ceux qui nous représentent. (Même si je n’irai pas jusqu’à les suivre dans le Tourmalet.) Pour faire simple, l’une s’apprête à “sauver” des barrages inutiles dont le seul mérite est d’empêcher les saumons de remonter la Sélune, tandis que les autres ont le culot de décider que tout barrage ou moulin est une oeuvre d’art qui appartient au patrimoine culturel de la Nation et qu’elle est à ce titre intouchable. Tout cela au nom d’une pseudo transition énergétique qui vise à transformer le château d’eau de la France en désert biotique pour le meilleur profit des nouveaux rentiers de la turbine. Hélas je ne vois qu’un moyen de stopper tout cela : il faudrait que du coté de la montagne Sainte-Geneviève, Madame Royal nous construise un barrage qui engloutisse le Sénat.
Cet Edito est tiré du magazine pêches sportives n°107 : » les plus grosses truites du monde«
