Catégorie : Environnement

8’6 rend compte de l’état de nos rivières, mouvements pour la préservation des rivières, analyse de notre ecosystème halieutique à préserver.

  • Haute Bienne, toujours des truites malades

    Haute Bienne, toujours des truites malades

    Tout début juillet, la haute Bienne (Jura) dans Morez montrait toujours des poissons malades, touchés par des mycoses de type saprolegnia. Dans la réserve du centre ville, environ un poisson sur dix était concerné. C’est beaucoup car les crues ont sans doute caché cette triste réalité durant tout le printemps, emportant les poissons morts. Comme sur l’ensemble de la Bienne, l’assainissement est très perfectible à Morez. Rappelons que la pêche est fermée sur la basse Bienne entre le barrage d’Etables et le pont au niveau de la carrière Di Lena à Lavancia-Epercy. Les résultats des analyses de poissons morts prélevés par la fédération de pêche du Jura ne sont toujours pas connus (ça ne devrait plus tarder).

    A surveiller ici :

    https://pechejura.wordpress.com/

  • Touques, des remontées timides

    Touques, des remontées timides

    Avec le climat pluvieux de ce printemps 2016 on s’attendait à voir les truites de mer remonter la Touques (Calvados) comme à la parade. Mais surprise, fin juin, il manque environ la moitié des poissons qui sont tous les ans comptés à la passe du Breuil-en-Auge. Avec “seulement” 2000 poissons alors que l’on est dans le pic de migration à cette date, on peut s’attendre à une année très moyenne sur le fleuve bas normand. Plusieurs hypothèses tentent d’expliquer ce gros manque. Chez les habitués, les avis divergent : crue de la Seine qui aurait détourné les poissons ou eau froide du fleuve qui bloque les poissons à l’estuaire, remontées décalées dans le temps car la saison serait en retard, etc. Il faut également savoir que chaque année, un bon nombre de truites de mer meurent durant la période de la fraye, y compris avant d’avoir frayé. Les poissons migrateurs anadromes sont très fragiles en eau douce et sont en proie à divers parasites et autres mycoses. Peut-être que ce mystère appartient est un peu à toutes ces causes et qu’au final, une partie des poissons manquant finiront sans doute par arriver…

  • L’anguille : une disparition programmée…

    L’anguille : une disparition programmée…

    Il n’y a pas si longtemps, en Béarn et dans les Landes, on les donnait à manger aux poules et aux canards, aujourd’hui rendues vivantes à Hong Kong, les piballes ou civelles valent jusqu’à 3000 le kilo, avant de grossir en Chine et d’alimenter le marché japonais.

    Depuis une bonne vingtaine d’années que les scientifiques, ainsi que les pêcheurs d’anguilles de tous les pays européens constatent une régression continue de l’espèce, la France continue d’autoriser des quotas « outranciers » (57,5 t cette année, 70 t les années précédentes) au prétexte que cette pêche des civelles représente 50 à 80 % du chiffre d’affaire de 576 pêcheurs estuariens ou fluviaux. Comme il y a en moyenne 2800 alevins d’anguille par kilo, 57,5 tonnes représentent environ 160millions de bébés anguilles, qui n’iront plus repeupler l’amont de nos bassins, comme ceux de nos voisins européens d’ailleurs. Bien sûr une directive européenne datant de 2011 ou 2012 fait obligation aux pêcheurs français de réserver 60% de leurs captures pour repeupler les eaux européennes. Le hic, c’est qu’on ne sait absolument pas si ces repeuplements donnent ou donneront des résultats (le cycle de l’anguille en eau douce étant en moyenne d’une quinzaine d’années, peut-être plus). Ce que tous les autres pays européens savent en revanche, c’est que depuis un bon quart de siècle les anguilles adultes ont pratiquement disparu de leurs eaux, comme des nôtres d’ailleurs. Depuis l’antiquité (les romains les appréciaient énormément en cuisine), tout au long du moyen-âge (voir leur pêche dans le roman de Renard), puis au cours des siècles suivants, la capture des anguilles fut réservée aux pêcheurs aux engins, voire aux manants qui tendaient nasses, cordeaux et verveux et en capturaient des milliers de tonnes, dans toute l’Europe. Dans le Londres des XVIe, XVII e siècle et XVIIIe siècle (plus grande ville du monde à l’époque) les anguilles de la Tamise fournissaient à la population une part de protéines plus importante que le porc et le mouton réunis. Il ne semble pas que leur pêche ait eu une importance, sans doute pour des raisons d’interdit religieux (absence supposée d’écailles et de « vraies » nageoires) dans les pays musulmans de la façade atlantique comme de la Méditerranée. En revanche dans toute l’Europe chrétienne depuis le Portugal jusqu’en Scandinavie sur la façade atlantique et dans tous les pays catholiques ou orthodoxes bordant la Méditerranée (Espagne, France, Italie, Grèce), l’anguille depuis les débuts de l’ère chrétienne, et même bien avant, comme en témoignent des gravures rupestres de l’époque Cro- Magnon, fut une source de protéines parmi les plus importantes, pour tous et notamment pour les populations éloignées des façades maritimes.

    L’obstacle des grands barrages

    Dans notre pays, en remontant nos plus grands fleuves, puis leurs affluents et en empruntant jusqu’aux plus petits ruisseaux, elles arrivaient au coeur de toutes nos provinces, avant que les grands barrages hydroélectriques construits à partir du XIXe siècle ne leur en bloque l’accès. Jusqu’alors, contrairement aux saumons, truites de mer, lamproies ou aloses, les nombreux petits barrages de moulins édifiés depuis le Moyen Age, un peu partout sur nos petits et moyens cours d’eau, ne les empêchaient pas de progresser vers l’amont des bassins, car les anguilles pouvaient les contourner en profitant de l’obscurité et de passant par la terre ferme. Et ce à la montaison pour les civelles et les petites anguilles, comme à la dévalaison pour les grosses anguilles argentées, qui avaient passé douze à plus de vingt ans en eau douce, avant de ressentir l’appel de la Mer des Sargasses. Mais bien plus que les barrages, la pollution ou l’asséchement des zones humides, un peu partout en Europe et tout particulièrement chez nous, c’est la surpêche et plus spécialement la surpêche des civelles (les alevins d’anguilles) qui depuis trois quart de siècle, a réduit dans toute l’Europe les populations d’anguilles jaunes et argentées (anguilles adultes) à la portion congrue et qui risque même aujourd’hui de faire disparaitre l’espèce… La France est aujourd’hui, comme d’ailleurs hier, le seul pays européen qui autorise un chalutage « industriel » des civelles sur la zone côtière ainsi que dans les estuaires, et comme 80 à 90% des civelles entrainées plus ou moins passivement, depuis la Mer des Sargasses par le Gulf-stream et ses différentes branches, arrivent dans le golfe de Gascogne, c’est entre Adour et Vilaine, en passant par les petits courants côtiers landais, le bassin d’Arcachon, l’immense estuaire de la Gironde, les pertuis charentais et l’estuaire de la Loire, que cette année ont été capturées la grande majorité des 57,5 tonnes de civelles autorisées par les quotas alloués à un peu moins de 600 pêcheurs estuariens ou fluviaux de notre pays… Les derniers pêcheurs professionnels de Bretagne, Normandie, Baie de Seine et Picardie ne ramassant comme les Anglais, les Belges, les Hollandais et les pays qui bordent la Baltique, que les miettes que les pêcheurs du Golfe de Gascogne, ont laissé passer à travers les mailles de leurs tamis et ailes de chaluts et que quelques branches du Gulf-stream entraînent encore vers l’Europe du Nord. En Grande Bretagne les anguilles de la Tamise comme de la Severn ne sont plus qu’un lointain souvenir, en Irlande du Nord, sur le lough Neagh où arrivaient depuis plus de cinquante ans qu’on les comptaient, en moyenne 20 à 30 millions de « glass eels » (civelles) par an, il n’en a été estimé que moins de 300 000 l’année dernière, en Italie, la lagune de Commachio au Sud de Venise fut sans doute la plus importante pêcherie d’anguilles sauvages au monde. Dès 1598 le pape Clément VIII allait s’y régaler d’anguilles grillées. En 1714 plus de 900 tonnes d’anguilles y furent capturées dans les nasses, record égalé encore en 1914 avec 907 tonnes. Trente ans plus tard les prises n’étaient plus que de 90 tonnes et en 2006 de 905 kg soit moins d’une tonne. Il ne reste qu’un vieux pêcheur sur la lagune de Commachio, quand plus de 400 familles y vivaient du commerce de l’anguille il y a un siècle.

    Un recul de 99 % !

    En 1928 Louis Roule directeur du Museum d’Histoire Naturelle, mentionne entre Saint- Nazaire et Nantes un cordon de civelles de près de dix kilomètres de longueur presque ininterrompu, sur un mètre de largeur et un demi mètre d’épaisseur. Même dans le monde des insectes cependant bien pourvu, fait-il remarquer, rien n’approche de la profusion formidable des civelles. Aujourd’hui, quand dans la basse Loire on observe un « cordon » de quelques mètres de longueur et de trente centimètres de large, le pêcheur qui le « tamise » atteint en une marée de nuit, son quota annuel de 150 kg… D’après la Commission Européenne des Pêcheries en eau saumâtre et en eau douce, au cours des vingt dernières années, les arrivées de civelles sur l’ensemble des côtes européennes ont diminué de 99%, oui vous avez bien lu : 99% et on continue en France d’en pêcher entre 50 et 70 tonnes selon les années. Si j’étais pêcheur professionnel de civelles, j’essaierai de me reconvertir, tout en négociant (avec les pouvoirs publics, avec l’Union Européenne…) le plus rapidement possible cette reconversion avant que la ressource ne s’écroule définitivement. Si j’étais mareyeur je n’investirai pas des millions d’euros dans des fermes aquacoles ultra-modernes de grossissement d’anguilles, car de nombreux scientifiques prédisent que dans une, deux ou trois années, soit la ressource se tarira d’elle-même, soit les pouvoirs publics devront en interdire la pêche. Si l’Etat français, conseillé par Ifremer, ne s’y était pas opposé, l’Anguille de même que l’Eléphant serait classée en annexe 1 de la convention de Washington sur la protection des espèces menacées de disparition. Elle est néanmoins aujourd’hui classée en annexe 2, ce qui n’en interdit pas le commerce, mais le réglemente drastiquement avec notamment pour l’anguille européenne, interdiction d’exportation hors des pays européens. Quand, d’après le SEG (Substainable Eel Group) 30 tonnes de civelles européennes ont transité l’année dernière par Hong Kong, cherchez l’erreur ! L’IFREMER qui conseille le ministre de l’Agriculture et de la Pêche et qui depuis sa création, défend « bec et ongles » les intérêts des pêcheurs professionnels, portera une lourde responsabilité dans la disparition programmée des anguilles (comme des derniers saumons sauvages d’ailleurs) et par là même d’une profession qu’elle croit défendre.

  • EDITO : Montez plus haut, y’a moins d’eau !

    EDITO : Montez plus haut, y’a moins d’eau !

    J’ai enfin compris pourquoi nos représentants de la pêche de loisirs ont choisi de participer au Tour de France : ils avaient prévu les inondations de juin. Et décidé, par prudence, de prendre de la hauteur.

    C’est bien connu qu’en montagne, les inondations sont plus rares ou quand elles surviennent, elles emportent vraiment tout comme à Cauterets il y a quelques années.

    Or, faire la promotion d’une activité de loisir inondable est forcément voué à l’échec. (« Elle est où la rivière, ça fait deux heures que je rame »). On a donc sagement choisi d’appâter les futurs pêcheurs dans le Tourmalet. Cela leur aura au moins évité d’envisager de jeter leurs lignes dans les eaux boueuses et pleines de détritus de nos pauvres rivières de France.

    Les poissons – et notamment ceux de la Bienne – ont eu moins de chance. Il n’y avait pas place pour eux dans la caravane du Tour de France.

    EDITO EXTRAIT DU NUMERO 108 DE PÊCHES SPORTIVES

  • Bienne (Jura) l’heure du bilan

    Bienne (Jura) l’heure du bilan

     

    Une importante opération a été réalisée le jeudi 23 juin, résultant d’une collaboration entre l’INERIS, l’ONEMA, le LDA39 et la Fédération du Jura pour la Pêche et la Protection des Milieux aquatiques. Cette opération consistait en la capture de 20 truites de la zone touchée  et 20 truites d’une zone visuellement non impactée (La Doye, amont de Morez). Un travail de décompte des poissons sains ou touchés au niveau des obstacles fut réalisé classiquement depuis le début de l’épisode de surmortalité. Ces poissons ont fait l’objet de nombreux prélèvements (sang, foie, rate, muscle, gonades, etc.) et observations directes afin de décrire leur état physiologique et d’immunodépression. Les résultats ne seront certainement pas connus avant plusieurs semaines.

    Rappelons que suite aux mortalités survenues courant mai, la pêche sur la basse Bienne entre le barrage d’Etable (commune de Saint-Claude) et les carrières Di Lena (commune de Lavancia-Epercy) est fermée sur décision préfectorale.

    (Photo : Fédération du Jura pour la Pêche et la Protection des Milieux Aquatiques.

    Vous pouvez suivre l’actualité de la Bienne et notamment de ces investigations sur le blog de la Fédération de Pêche du Jura ; https://pechejura.wordpress.com/

     

  • L’Espagne veut éradiquer les espèces de poissons exogènes

    L’Espagne veut éradiquer les espèces de poissons exogènes

    Des dizaines de milliers de pêcheurs, de chasseurs, d’agriculteurs et toutes les personnes qui s’opposent à la loi 42/2007 ont défilé le 5 juin dans les rues de Madrid. Cette loi dite “du patrimoine naturel et de la biodiversité” vise à éradiquer des eaux de toute la péninsule ibérique les espèces d’animaux exogènes, poisson compris. Cela concerne le sandre, le silure, tous deux d’Europe de l’Est, la carpe, originaire d’Asie, le black-bass, qui vient du continent nord américain, la perche soleil, la truite arc-en-ciel, le poissons chat, etc. Cette volonté de retrouver les espèces qui étaient présentes à l’origine, sans doute après la glaciation de Würm (qui n’a d’ailleurs touché que le nord de l’Espagne), est en théorie fort louable car elle épargne les milieux des déséquilibres dont les espèces exogènes sont parfois coupables. La Suisse a par exemple toujours été très stricte au sujet des importations d’espèces de poissons, ne voulant conserver que les espèces autochtones (il y a eu néanmoins quelques ratés). Dans la pratique, il paraît impossible d’éradiquer une espèce qui de surcroît se veut invasive. Il s’agit le plus souvent d’animaux aux faibles exigences biologiques qui se reproduisent facilement. Et concernant les dérèglements dont seraient responsables les espèces exogènes, on ne peut pas dire que la carpe, présente depuis des siècles, le black-bass ou le sandre aient été responsables de la modification des milieux. On ne peut pas en dire autant du silure dans certains cas, lorsqu’il est en pleine phase de développement. Peut-être que Pseudorasbora parva, le “goujon asiatique” qui peut vraiment transmettre des maladies mortelles aux autres espèces fera le boulot à la place des agents de l’Etat, mais pour le coup, il s’agit bien là d’une espèce à éradiquer ou en tous cas à limiter ! Ce projet de loi semble avoir été décidé bien au chaud dans des bureaux, loin des lacs et des rivières d’Espagne. Une loi à l’emporte-pièce, déconnectée de la réalité de terrain.

    Rappelons qu’en France on prend le même chemin au risque de perdre aussi les espèces autochtones avec une vaste campagne nationale pour le développement de la pêche professionnelle, en dépit des mêmes lois sur la biodiversité, de la qualité des eaux qui parfois est pitoyable et de l’état sanitaire douteux des poissons pris aux filets dans les eaux de deuxième catégorie.

  • Normandie, la continuité écologique est en route !

    Normandie, la continuité écologique est en route !

    Si le blocus perdure sur la Sélune (les barrages devaient être arasés mais ne le seront sans doute pas), de nombreux seuils ou barrages ont fait l’objet d’un arasement (suppression totale) ou d’un dérasement (partielle) en Normandie. Sur les petits fleuves et cours d’eau à poissons migrateurs, la continuité écologique est une nécessité. Les derniers chantiers en date concernent le barrage d’Aubigny sur la Vire (Manche), le seuil de Maury sur la Sienne, toujours dans la Manche, le seuil du moulin de Cicé près d’Igé sur la Même (Orne) ou encore l’arasement du barrage de Pontécoulant sur la Druance (Calvados).

    En donnant la possibilité aux poissons migrateurs d’avoir accès aux têtes de bassins en libérant les cours d’eau de leurs seuils et barrages, les populations se trouvent décuplées. Voici des travaux qu’il faut saluer, en phase avec les prérogatives du ministère de l’Environnement à propos de la continuité écologique, de la biodiversité et au sens large de la qualité de l’eau pour les années à venir.

    (Photo © Cater de Basse Normandie)

  • Ile-de-France annulations en série de la fête de la pêche !

    Ile-de-France annulations en série de la fête de la pêche !

    L’union des Pêcheurs de paris (UPP) a annulé sa fête de la pêche qui devait avoir lieu ce week-end Quai de la Tournelle. La faute aux inondations sur Paris. Ce 3 juin, la Seine a atteint 6 m et côtoie le record de 1910 ! Les quatre lacs de régulations de l’Aube (lacs de la Forêt d’Orient) et de l’Yonne sont pleins ou presque. Les départements de la Seine-et-Marne et du Loiret sont particulièrement touchés. Il est tombé en quelques jours l’équivalent d’un mois et demi de pluie sur l’Ile-de-France. Au delà de la fatalité, du dérèglement climatique, on trouve l’aménagement des plaines céréalières de l’Yonne, de l’Aude ou de Seine-et-Marne. Les haies ont disparu, toutes les cultures sont drainées (tuyaux perforés enfouis à 80 cm) avec des caniveaux autour des champs et les forêts sont rares. L’idéal pour faire monter les cours d’eau d’un coup.

    http://www.huffingtonpost.fr/2016/06/02/video-inondations-paris-seine-deborde-risque-crue-centennale-ecarte_n_10234550.html

  • Pollution de la Bienne, une honte pour le Jura !

    Pollution de la Bienne, une honte pour le Jura !

    C’est une honte, car rien n’a changé depuis la manifestation de mai 2012 à Jeurre qui dénonçait les problèmes de pollutions qui étaient déjà à l’origine de mortalités anormales de poissons dans la Bienne. “On est en train de laisser crever la rivière” constate excédé Charles Varenne, le président de l’AAPPMA la Biennoise, qui a porté plainte. Car depuis quelques jours, les poissons meurent de nouveau dans cette rivière du haut Jura, dès Morez et dont l’assainissement des eaux usées laisse vraiment à désirer. On se croirait en 1950 ou dans un pays sous développé, mais nous sommes bien dans le Jura en 2016. Honte aux élus locaux de ce département qui prennent les  touristes pour des pigeons : “le Jura, à voir sans modération”. C’est mieux qu’à boire sans modération, car l’eau de la Bienne est bue ! “Découvrez les richesses du Jura”, à condition de ne pas regarder en dessous des ponts… Ou encore “Jura l’inattendu”, qu’on ne peut plus à propos en la circonstance.

    Les élus ne semblent toujours pas avoir compris qu’au delà de la pêche, sans doute pas assez chic ou pas assez rentable pour le département, l’eau du haut Jura est dans l’esprit des gens de bonne qualité. C’est le symbole des montagnes. Quand l’eau des montagnes est polluée, tout est pollué.

    Régler des problèmes d’assainissement est du domaine du possible à condition d’en avoir envie. Malgré les Contrats de Rivières qui ont engloutis des dizaines de millions d’euros, la Bienne est toujours aussi immonde avec des stations d’épurations obsolètes voire en panne. On pourrait presque se demander dans quelles failles du karst a disparu cet argent public…  Sur la basse Bienne, Saint-Claude et en aval, les tuyaux qui déversent leurs contenus directement dans le cours d’eau se comptent par dizaines. Si on ajoute à cela le fait que la Bienne traverse (en plein milieu !) le Parc Naturel Régional du haut Jura, alors on constate que le décorum est un très mauvais pastiche !

    Cet été, les touristes pêcheurs iront voir ailleurs, là où eau, poissons et pêcheurs sont un peu mieux considérés. La pêche sera sans doute fermée comme en 2012 et 2013 sur la basse Bienne.

    Après tout, à quoi bon venir dans un département dont le sénateur, Gérard Bailly, a récemment voté pour les insecticides néonicotinoïdes tueurs d’abeilles et que l’on a pu voir dans l’émission d’Elise Lucet Cash investigation sur les dangers des pesticides disant  “les médias se croient tout permis !”. Le Jura paraît préservé. Il semble avoir échappé aux ravages du temps. Un immobilisme trompeur, géré par des élus d’un autre temps.

    Une HONTE !

    Photo © : La Biennoise.

  • Le 11 juin, tous pour la Sélune libre  !

    Le 11 juin, tous pour la Sélune libre !

    La Sélune est un petit fleuve à poissons migrateurs de la Manche condamné par deux barrages qui devaient être démantelés sur décision de Chantal Jaouno (gouvernement Sarkozy). Décision remise en cause par Ségolène Royal sans grand fondement. Le 11 juin, tous ceux qui rêvent de voir revivre ce fleuve manifesteront pour crier leur colère.

    Renseignements sur le déroulement de la journée et les lieux de rendez-vous :

    http://www.peche-manche.com/