Catégorie : Environnement

8’6 rend compte de l’état de nos rivières, mouvements pour la préservation des rivières, analyse de notre ecosystème halieutique à préserver.

  • Edito : Fermer le bar

    Edito : Fermer le bar

    Un coup de tonnerre (de Brest). Difficile de qualifier autrement la très vraisemblable décision de Bruxelles de fermer le bar en 2017 dans une zone qui va de la Bretagne nord à l’Irlande et au sud de l’Angleterre. Toute capture, qu’elle soit professionnelle ou en amateur, devra être suivie d’une remise à l’eau. 5 000 tonnes du poisson le plus prisé des gourmets seront ainsi graciées, ce qui va fortement pénaliser nombre de petits artisans pêcheurs dont c’était la principale ressource. Un mauvais sort économique pour éviter une catastrophe écologique à laquelle un demi siècle de démission de la classe dirigeante française a largement contribué. Ainsi a-t-on laissé jusqu’à l’année dernière, avec la complicité des pouvoirs publics, des élus et des scientifiques de l’Ifremer, les gros chalutiers pélagiques massacrer les concentrations de poissons sur leurs frayères. Ainsi a-t-on fait mine d’ignorer les statistiques terribles qui annonçaient rien de moins que la disparition possible d’une espèce très lente à reconstituer ses stocks. Ainsi a-t-on mis du temps à comprendre les mises en garde et les recommandations des scientifiques européens. La bonne nouvelle dans tout cela est qu’il n’est peut-être pas trop tard pour que le bar soit sauvé. Et que Dicentrarchus labrax bénéficie de ce statut de poisson de luxe que les prédateurs bipèdes vont devoir enfin respecter.

    Éditorial du numéro 109 du magazine Pêches Sportives

    PS109

  • La Semène (42) polluée en aval du barrage des Plats !

    La Semène (42) polluée en aval du barrage des Plats !

    Le communiqué de presse du Club des Pêche Sportive Forez Velay à propos de la récente pollution de la Semène (Loire). Une pollution qui était pourtant prévisible vu les conditions de mise en eau du barrage :

    “Le samedi  10/9/2016,  une pollution a été constatée sur La Semène en aval du barrage des Plats (commune de St Genest Malifaux 42). Une forte odeur d’ammoniaque a été constatée sur les rives de la rivière à l’aval immédiat du barrage. Une mortalité de truites très importante (plus de 1500 truites) et plus largement de faune aquatique (macro invertébrés, …) a déjà été enregistrée. Au moins 800 m de rivière sont impactés. Informés par l’AAPMA la Truite des Grands Bois, les pompiers, l’Onema et la Gendarmerie ont pu faire les constatations ainsi que des prélèvements pour rechercher l’origine de cette pollution. Bien que rien ne soit encore avéré, il fait assez peu de doute que l’origine se trouve dans la qualité de l’eau du barrage des Plats qui a été mis en eau en dépit du bon sens.

    En effet la mise en eau de ce barrage, qui était vide depuis une dizaine d’année, s’est faite sans prendre le temps d’enlever la végétation qui s’était développée depuis  dans le fond de la vallée, et qui manifestement est aujourd’hui en phase de pourrissement sur place, entraînant automatiquement un manque d’oxygène et une dégradation importante de la qualité de l’eau rejetée dans la rivière.

    Nous avions à de nombreuses reprises attiré l’attention des autorités, et notamment de la DDT, que ce risque était important et surviendrait sûrement à plus ou moins long terme si aucune mesure n’était mise en place.

    Des mesures permettant de pallier ce risque ont été proposées, afin d’amener directement l’eau de la rivière de l’amont du barrage à son aval, sans lui faire traverser l’étendue de la retenue d’eau, pour lui éviter de se dégrader.
    Toute personne connaissant les milieux aquatiques sait bien ce qu’il advient de la qualité de l’eau qui séjourne dans une retenue.

    Malgré cela, aucune mesure n’a été mise en place et ce qui devait arriver est arrivé.”

    Le CPSFV ne restera pas inactif face à cette nouvelle atteinte à l’intégrité de La Semène, une rivière considérée comme un des réservoirs biologiques de la région stéphanoise.

  • Fauchage des routes et des berges, du bon et du très mauvais !

    Fauchage des routes et des berges, du bon et du très mauvais !

    Alors que certains départements comme celui du Doubs font des efforts pour préserver la biodiversité en fauchant tardivement le bord des routes, après la floraison, Voies Navigeables de France (VNF) prend beaucoup moins de gants pour faucher les talus des canaux. Les massifs de renouées du Japon et de balsamine de l’Himalaya sont fauchés à ras le sol, avec très souvent des morceaux de rizhomes (renouée) ou de racines (balsamine) qui se retrouvent dans l’eau et qui colonisent plus en aval. Ces deux plantes invasives qui ne se propagent que par leur système racinaire ne doivent pas être traitées comme un talus d’orties !

     

  • Positive Action Festival, le progrès autrement !

    Positive Action Festival, le progrès autrement !

    Signe des temps, un festival comme celui qui va se dérouler pour la première fois à Anglet au Pays Basque les 27 et 28 août, aurait été inimaginable il y a ne serait-ce qu’une dizaine d’années. Les thèmes abordés : alimentation bio et locale, cosmétiques issus de l’océan, vêtements et modes, activités de plein air, nouveau moyens de transports, sont autant de tendances qui prouvent que de nos jours, les gens attendent et demandent un changement, qui, faute d’être politique viendra du peuple !

    https://positive-action-festival.com/

  • Renouée du Japon, les choses à éviter

    Renouée du Japon, les choses à éviter

    C’est un sujet que nous avons souvent abordé dans Pêches sportives mais qu’il est toujours bon de revoir car bien des pêcheurs ne savent pas que cette plante invasive se propage uniquement par ses rhizomes. Couper les fleurs ne sert donc à rien, puisque seule les plans femelles sont présents en Europe. Couper les tiges sert également à rien. Pis, c’est aussi comme cela que d’autres massifs naissent car si elles sont coupées tout en bas, le moindre bout de rhizome créé un nouveau pied. En faisant couper les massifs sur les bords des canaux à la lame mécanique, Voie Navigable de France (VNF) contribue beaucoup à la propagation de cette plante invasive. Des milliers de bouts de rhizomes se retrouvent ainsi transportés par les flots en aval. La DDE (aujourd’hui DDT) est l’autre grand colonisateur en déplaçant de la terre le long des routes. Rappelons que la renouée du Japon affectionne particulièrement les bords de cours d’eau (mais pas seulement), quelle empêche d’autres plantes de se développer et qu’elle ne tient pas du tout les rives, qui partent lors des crues et contribuent ainsi à une propagation vers l’aval. La seule technique qui permette de s’en débarrasser serait de pouvoir bâcher une zone durant trois ans. Cela est possible sur un toute petite zone mais illusoire à grande échelle.

  • Plan apron, les dangers de la pisciculture

    Plan apron, les dangers de la pisciculture

    Une opération d’introduction d’aprons du Rhône (Zingel asper) a eu lieu à Blacons sur la Drome le 31 mai. Les déversements portent sur 4719 juvéniles et 26 adultes. Dans le cadre du “plan apron”, le Conseil Scientifique Régional du Patrimoine Naturel (CSRPN) Rhône-Alpes/PACA est a l’origine de ce programme expérimental d’introduction de ce poisson dont l’espèce est en voie d’extinction. Le CSRPN espère “installer une population viable d’aprons et recueillir un retour d’expérience complet de ces opérations pilotes d’ici 2020”. Au départ, l’élevage d’apron ne servait qu’à mieux connaître l’espèce et à la faire perdurer en cas de disparition totale dans le milieu naturel. Si l’apron sauvage a quasiment disparu, ce n’est qu’en raison de la dégradation des milieux. Les poissons d’élevage seront eux aussi condamnés. De plus, il existe un risque de croisement génétique entre populations sauvages et d’élevages, ce qui serait catastrophique. Cela nous ramène vingt ans en arrière avec la mode heureusement passée des piscultures de truites sauvages, qui elles non plus, n’ont pas empêcher les cours d’eau de se dégrader. Rappelons que l’apron du Rhône est protégé par la convention de Berne. L’association Pro Natura (Suisse) et le Collectif SOS Loue & Rivières Comtoises ont déposé une plainte devant la commission européenne pour le non respect des articles 7 et 9 de la même convention, estimant que cette espèce en voie d’extinction n’était pas suffisemment protégée. L’apron est donc un des chevaux de bataille pour l’amélioration de la qualité de l’eau et des milieux en Franche-Comté et dans tout le bassin du Rhône. L’apron survivra uniquement si les rivières retrouvent un réel bon état écologique. C’est une sentinelle, un bio indicateur qu’il serait bon de ne pas transformer en bête de foire, dont l’artificielle survie arrangerait bien du monde.

  • Saumons de l’Allier, saumons de papier

    Saumons de l’Allier, saumons de papier

    En 2009, nous avions publié un article signé du célèbre pêcheur de saumons auvergnat Emmanuel Gladel intitulé Saumons de l’Allier, saumons de papier. Cela n’avait pas plu à la direction du Conservatoire national du saumon sauvage (ex pisciculture de Chanteuges) qui croyait dur comme fer au retour du saumon sauvage. Sept ans plus tard, la situation du saumon sur l’axe Loire-Allier n’est toujours pas favorable au retour du poisson roi. Les remontées sont bon an mal an de 500 à 900 saumons pour 1 à 2 millions d’oeufs, d’alevins ou de smolts issus de l’élevage introduits dans la rivière Allier et ses affluents. L’efficacité est donc d’environ 0,0005 à 0,0008 % et seul un résidu de souche sauvage persisterait. Les oeufs sont issus de la reproduction en pisciculture loin du milieu naturel. Il faut aussi savoir que sur l’axe Loire/allier, environ 50 % des smolts de saumons et plus encore en ce qui concerne les anguilles finissent en rondelles dans les turbines ! Sur le site internet du Conservatoire (www.saumon-sauvage.org), on peut voir des photos de saumons adultes qui portent des graves blessures dues aux seuils et autres barrages. Et pour les survivants, les smolts dévalants doivent réussir à passer le bouchon vaseux de l’estuaire de la Loire et son million de tonnes de sédiments sur quelques kilomètres (variable selon les marées, les crues du fleuve, les grandes tempêtes, etc). Cette zone très pauvre en oxygène a toujours existé, mais la domestication du fleuve l’a très certainement modifiée (eau plus chaude). Parmi les bonnes nouvelles, l’abaissement du barrage de Poutès-Monistrol (2018) devrait permettre aux saumons de l’Allier d’atteindre de nouveau des zones de frayères qui leur étaient interdites depuis le début des années 1940, période de construction du barrage. Là encore, il aura fallu trente ans de combat ( WWF France, SOS Loire-Vivante et d’autres ONG) pour qu’enfin une décision soit prise. Et même si on aurait tous souhaité l’arasement total, la “féé électricité” a fini par céder en partie. Là encore, le blocage dépassait de très loin la simple réalité économique, car le bras de fer était politique.

  • Vidange du barrage de Rioumajou, une pétition est en ligne !

    Vidange du barrage de Rioumajou, une pétition est en ligne !

    Le Collectif Clubs Mouche 31 regroupe plusieurs clubs de pêcheurs à la mouche en Haute-Garonne. Ce collectif dénonce les vidanges violentes de plusieurs barrages dans les Pyrénées “orientales”, comme celle du barrage du Rioumajou (Neste de Rioumajou). Sur le site Internet du Collectif, vous pouvez signer une pétition en ligne et lire le courrier rédigé à l’intention de la Ministre Ségolène Royal qui soutien la petite hydroélectricité. Un soutien en total contradiction avec la continuité écologique, la biodiversité,  la qualité de l’eau et des milieux aquatiques. Trois autres priorités pour son ministère, surtout en tête de bassin, là où vivent des espèces pisciaires sensibles (truite, chabot, loche, invertébrés, etc).

    (Photo Collectif Clubs Mouche 31. Barrage du plan d’Arem).

    http://collectifmouche31.blogspot.fr/

  • Le barrage du Theusseret trouve des opposants à son arasement

    Le barrage du Theusseret trouve des opposants à son arasement

    Dans le cadre de la loi française sur la reconquête de la continuité écologique et au nom de la biodiversité, le barrage du Theusseret sur le Doubs franco-suisse en amont de Goumois doit être effacé prochainement. Cette retenue classée en première catégorie retient les sédiments, réchauffe l’eau et bloque la migration des poissons. La cause semblait entendue jusqu’à ce qu’une association de défense du barrage s’érige contre son démantèlement cette fois au nom du patrimoine historique de la vallée du Doubs ! Peut-être qu’un jour, les centrales nucléaires feront partie du patrimoine culturel et touristique, mais en attendant, la vraie raison de cette opposition est beaucoup plus mercantile. En effet, un projet d’installation d’une turbine hydro électrique sur l’ouvrage côté suisse refait surface régulièrement depuis de nombreuses années. Tant que le barrage sera debout, ce sera de l’ordre du possible alors qu’une fois détruit, il sera trop tard… Les barrages ont fait d’énormes dégâts au niveau biologique dans ce pauvre Doubs. Rappelons que sur ce secteur (de Biaufond à Fuesse) le Doubs est intégralement français jusqu’à la rive suisse. Un élément qui devrait plaider en faveur du démantèlement. A suivre…

  • ECHO DU RADIER : Poissons migrateurs, pourquoi ne pas sauver ce qui peut l’être ?

    ECHO DU RADIER : Poissons migrateurs, pourquoi ne pas sauver ce qui peut l’être ?

    Entre démagogie, clivage politique droite/gauche ou écolos/gouvernement, conflits d’intérêts et communication mensongère, les orientations prises récemment à propos des fleuves et affluents à poissons migrateurs laissent penser qu’au ministère de l’écologie et accessoirement du développement durable, l’avenir des fleuves passe après l’idéologie, souvent utopiste, les intérêts politiques et la com. Voici pourquoi.

    Chez les écologues, il y a deux écoles : ceux qui pensent que l’action de l’Homme sur la nature détériore systèmatiquement des écosystèmes naturels et fonctionnels qui étaient en place avant l’arrivée de l’Homme et à l’inverse, ceux qui clament haut et fort que c’est le façonnage de la nature par l’Homme depuis des siècles qui permet à la vie sauvage de continuer d’exister. En réalité, les choses ne sont pas aussi simples et basiques. Les animaux s’adaptent ou pas au monde imposé par les humains. Il ne reste au final que les espèces qui ont pu s’adapter à notre monde, les autres sont portées disparues. En ce qui concerne les poissons, on peut dire que l’aménagement des fleuves et des cours d’eau pour les besoins de la navigation ou de la production d’énergie sont tous dommageables à quelques exceptions près. Pour comprendre cela, il faut prendre en compte la rivière dans son ensemble et ne pas mélanger les causes, les effets et les conséquences des aménagements.

    Dans bien des cas, les barrages qui diffusent de l’eau froide dans les rivières permettent aux truites et aux ombres de vivre grâce à cette température compatible avec leurs exigences biologiques. C’est le cas sur les zones aval des cours d’eau, sur des secteurs typologiques qui en théorie conviendraient davantage aux cyprins qu’aux salmonidés (cas de la Dordogne en aval d’Argentat ou de la basse rivière d’Ain ou des “tailwaters” aux USA). Mais l’impact du barrage lui même qui noie plusieurs kilomètres de rivière (plusieurs dizaines dans certains cas), piège les sédiments et bloque les migrations, fait beaucoup plus de mal que de bien. Il est très intéressant d’observer à quel point les pêcheurs d’aujourd’hui ont cessé de raisonner à l’échelle de la rivière. Les cours d’eau sont segmentés en parcours, mouche, no-kill, toutes pêches, de parfois moins d’un kilomètre où les