Catégorie : Environnement

8’6 rend compte de l’état de nos rivières, mouvements pour la préservation des rivières, analyse de notre ecosystème halieutique à préserver.

  • Déficit sédimentaire : des causes connues mais quels remèdes ?

    Déficit sédimentaire : des causes connues mais quels remèdes ?

    Privées d’une bonne part de leurs sédiments piégés dans les bassins des barrages, les rivières alpines et méditerranéennes ont au fil du temps perdu leur substrat et avec lui leur vie. Depuis peu, des programmes de recharges sédimentaires sont mis en place sur ces rivières sous contrôle de l’Onema et de l’Agence de l’eau.

    Constat. L’activité humaine a davantage changé le visage des rivières de France en un siècle qu’en des millénaires. Endiguements, recalibrages, seuils, barrages : des décennies plus tard, les pêcheurs se comptent au premier rang des témoins qui comprennent l’impact que ces transformations morphologiques des cours d’eau ont sur la vie des espèces aquatiques. Ces bouleversements ne sont pas neutres car si en apparence l’eau coule toujours à peu près au même endroit, les espèces aquatiques, elles, voient leur milieu de vie modifié au point de le rendre inhabitable. Pourquoi des rivières jadis productives voient encore et toujours leur biomasse s’effondrer malgré des progrès réalisés en terme d’assainissement et de gestion quantitative des débits ? Pourquoi sur ces rivières, les populations de salmonidés autochtones sont-el les saines (présence de reproduction, de juvéniles, de sub-adultes et d’adultes) mais beaucoup plus faibles que par le passé (divisées par deux ou par dix en quelques décennies) ? Une des principales causes réside dans le déficit sédimentaire (surtout en PACA) dont souffrent les cours d’eau impactés par les activités anthropiques. Ce phénomène est encore plus accentué dans les rivières de régime méditerranéen au lit naturellement très large et fluctuant où la divagation des sédiments et des bras de rivière après chaque crue était caractéristique de l’identité et de la dynamique de ces cours d’eau. La disparition des sédiments entraîne une perte de diversité des écoulements et donc de l’habitat piscicole pour des poissons d’âges et d’espèces différentes, mais elle entraîne aussi une diminution des surfaces favorables à la reproduction. Lorsque les sédiments ont totalement disparu comme on peut l’observer dans quelques cas extrêmes où les contraintes hydrauliques sont très fortes, notamment à l’aval des barrages, cette disparition des sédiments provoque également une diminution drastique de l’habitat des invertébrés qui sont la base du régime alimentaire des poissons

  • Réhabilitation des zones humides, tous à Anglet !

    Réhabilitation des zones humides, tous à Anglet !

    Avec le concours de l’Agence, le Forum des Marais Atlantiques (FMA) organise une journée d’information sur la réhabilitation des Zones Humides, le 8 novembre à Anglet. Plusieurs présentations vont émailler la matinée. Après un point effectué sur les Concepts d’écologie de la restauration, des présentations des Grandes étapes d’un projet de réhabilitation (état des lieux, montage de dossier, réglementation, etc.), des techniques de réhabilitation et du choix des indicateurs de suivi sont prévues. Des focus sont par ailleurs attendus sur des travaux de réhabilitation menés, notamment ceux du site Natura 2000 du Camp du Poteau (Landes).

    Une visite du Parc Izadia d’Anglet est programmée l’après-midi, permettant de découvrir les actions mises en œuvre, en cours et programmées sur ce site remarquable.

    http://www.forum-zones-humides.org/journees-AEAG-2016.aspx

  • Sécheresse, qui l’eût cru(e) ?

    Sécheresse, qui l’eût cru(e) ?

    Y a plus de saison mon bon monsieur ! Après les crues printanières exceptionnelles qui ont touché une bonne partie du pays, la fin de l’été s’avère chaude et sèche. A un point tel que même les régions réputées pour leur climat pluvieux, comme la Normandie ou la Franche- Comté en sont rendues à faire la danse de la pluie. A l’heure où nous bouclons ce journal (début septembre), la présentatrice de la météo est toute heureuse d’annoncer un radieux soleil avec des températures anormalement chaudes pour la saison. Une situation qui arrange bien certains, qui une fois de plus escamotent leur responsabilité derrière le réchauffement climatique. La Touques a rarement été aussi basse à cette saison et dans le Jura, l’administration parlait de fermer prématurément la pêche sur la haute rivière d’Ain, du jamais vu ! Bien sûr, les arrêtés préfectoraux sécheresse ne sont pas respectés par les agriculteurs, qui connaissent cette saison une situation délicate suite aux précipitations qui ont gâté les cultures au printemps. Rares seront toutefois les pêcheurs qui s’apitoieront sur le sort des riches céréaliers qui, contrairement aux guides de pêche, seront sans doute indemnisés !

  • Doubs, 50 % des eaux usées finissent dans la nature !

    Doubs, 50 % des eaux usées finissent dans la nature !

    C’est un chiffre incroyable et pourtant, le Collectif SOS Loue & Rivières Comtoises est formel, la moitié des eaux usées du département se perdent entre les habitations et les stations d’épurations ! La faute aux réseaux chargées de transporter ces eaux, en place pour en moyenne 80 ans et qui se trouvent en piteux état. C’est un problème politique sérieux, car ces réseaux dont personne ne semble se soucier sont aujourd’hui pointés du doigt. Cela signifie également que si les réseaux étaient fonctionnels, les stations d’épurations seraient toutes débordées ! Dans ce département dont les rivières souffrent tant, ce chiffre fait désordre…

    Photo : Ph. Boisson. Une belle illustration des deux principaux problèmes des rivières de Franche-Comté : un assainissement perfectible et l’élevage de bovins. L’Angillon dans le Jura, affluent de la haute rivière d’Ain.

    A lire, l’interview de Bruno Haetel publié aujourd’hui dans l’Est Républicain :

    http://www.estrepublicain.fr/edition-de-besancon/2016/10/17/pollution-dans-le-doubs-50-des-eaux-usees-finissent-dans-la-nature-selon-le-collectif-sos-loue-et-rivieres-comtoises

  • Le bar (bientôt) fermé

    Le bar (bientôt) fermé

    La décision n’est pas encore prise, mais il ne fait guère de doute que la Commission européenne décide d’interdire toute pêche du bar au-delà du 48e parallèle. Et bientôt en deça. Sur recommandation de son Conseil pour l’exploitation de la mer. Accusés n°1 les pêcheurs français, au premier rang desquels les ravageurs pélagiques. Explication.

    La Commission européenne devrait décider d’interdire en urgence, toute pêche du bar dans la zone nord de l’Europe maritime. Ce moratoire total s’imposera dès 2017 aussi bien aux pêcheurs professionnels qu’aux pêcheurs de loisirs. En revanche il ne concernera vraisemblablement que la Manche, les cotes anglaises et le nord Bretagne, la pêche restant possible en deça du 48° parallèle c’est-à-dire au sud de Brest. L’organisme à l’origine de l’avis, le Conseil International pour l’Exploration de la Mer (CIEM) justifiant sa décision de ne recommander pour le sud qu’une baisse de 20 % des captures par… sa méconnaissance de l’état des stocks sur la façade atlantique du Morbihan au golfe de Gascogne. Or là où on dispose depuis très peu de temps d’ailleurs, d’études sérieuses sur les populations, le constat est simple : la survie même de l’espèce est en jeu. On est sûr aujourd’hui que les stocks de la zone nord (mais il y a de fortes chances pour qu’il en soit de même du sud d’Audierne à l’Espagne) ont non seulement chuté en deça de la Bpa (biomasse de précaution) mais sont en train de franchir la Blim (biomasse limite) en deça de laquelle l’effondrement des stocks ne garantit pas la pérennisation de l’espèce comme il en fut, au siècle dernier des morues de Terre Neuve ou des daurades du Moras. La mission du CIEM est d’être le garant du fameux RMD (pour rendement maximum durable) qui concilie le maintien à un niveau pérenne du stock de reproducteurs et du recrutement en juvéniles.

    Car le bar est un poisson à croissance plus ou moins lente selon les régions. Un bar de 42 cm, l’actuelle taille légale (au lieu de 36 pendant des années) est âgé de 5 à 6 ans, un bar de 70 cm peut avoir jusqu’à 20 ans. Cette caractéristique de l’espèce n’aidera pas à la reconstitution des stocks. Le bar dont les scientifiques et autres professionnels de la surveillance des ressources marines nous disaient encore jusqu’en 2013 qu’il n’appartenait pas à la catégorie des espèces menacées, au point de ne pas faire l’objet d’un TAC (total admissible de captures) comme le maquereau, la morue, le merlu ou l’anchois, le bar dont la France est de loin le premier producteur européen (5000 tonnes jusqu’à ces dernières années contre 1000 à chacun de ses voisins anglais, irlandais, hollandais) le bar, Dicentrarchus labrax est peut-être en train des disparaître. Sans que, en France, personne parmi les pouvoirs publics ou les lobbies et syndicats de la pêche professionnelle ne se soit à ce jour mobilisé pour empêcher cette catastrophe écologique dont les principales victimes seraient des centaines d’artisans pêcheurs dont c’était la principale ressource. Sans compter l’effet induit que cette affaire d’État risque d’avoir sur le tourisme halieutique et les milliers d’emplois concernés par le fiasco.

    Car il s’agit bien d’une affaire d’État : depuis des années des voix de moins en moins isolées s’élèvent pour dire que le discours officiel sur l’état des stocks est mensonger, pour dénoncer l’inefficacité stupéfiante de l’Ifremer, l’établissement public et commercial dont la principale mission aurait du être d’alerter les autorités. (Comme il le dit lui même, « L’Ifremer contribue, par ses travaux et expertises, à la connaissance des océans et de leurs ressources, à la surveillance du milieu marin et du littoral et au développement durable des activités maritimes. À ces fins, il conçoit et met en oeuvre des outils d’observation, d’expérimentation et de surveillance, et gère des bases de données océanographiques. ») Sauf que là, il n’a rien surveillé du tout : « depuis 20 ans, accusent les membres de la plateforme de la pêche artisanale française, nous alertons les scientifiques sur la diminution de la ressource

  • Le Chéran : Trois bassins supplémentaires sur la passe à poisson du seuil de la Capetaz

    Le Chéran : Trois bassins supplémentaires sur la passe à poisson du seuil de la Capetaz

    Les travaux de réalisation de trois bassins supplémentaires ont démarré sur la passe à poisson du seuil de la Capetaz à Alby-sur-Chéran. Dans le cadre de ses missions, le Syndicat mixte interdépartemental d’aménagement du Chéran (SMIAC) exerce une surveillance des ouvrages réalisés dans le cadre du contrat de rivière Chéran. Le Chéran à l’aval du seuil naturel de Banges (commune d’Allèves), ne présente que trois ouvrages artificiels. Des projets d’effacement (suppression des ouvrages) sont engagés sur les deux seuils situés en aval sur les communes de Rumilly, Boussy, Sales et Marigny-Saint-Marcel pour répondre aux objectifs de restauration de la continuité écologique. A moyen terme, le seuil de la Capetaz, à Alby-sur-Chéran (propriété de la commune d’Alby-sur-Chéran) sera donc le seul obstacle artificiel équipé d’une passe à poissons jusqu’au seuil naturel de Banges. Les observations de terrain de la passe à poissons (réalisée en 1998) qui équipe ce seuil, ont mis en lumière un dysfonctionnement de l’ouvrage, qui ne permet plus aux truites sauvages de remonter vers leurs sites de reproduction en amont du Pont Vieux, lorsque les débits du Chéran sont à l’étiage. Le Chéran subit depuis la fin des années 90 une baisse de près de 30 % de son débit moyen annuel et limite ainsi les possibilités de franchissement de cet obstacle artificiel pour les truites sauvages, qui sont un indicateur précieux de la qualité de l’eau du Chéran. Après une première phase d’étude réalisée en 2015, et après mise à disposition de l’ouvrage par la commune d’Alby-sur-Chéran, le SMIAC a engagé début septembre des travaux de reprise de la passe à poisson pour l’équiper de trois bassins supplémentaires afin de répondre aux objectifs réglementaires liés à la continuité piscicole.

  • 80 000 truites arcs-en-ciel à prendre au plus vite au Danemark !

    80 000 truites arcs-en-ciel à prendre au plus vite au Danemark !

    Ce 12 octobre un bateau a éperonné un élevage de truites arcs-en-ciel dans le port sud de Kolding au Danemark. Résultat, 80 000 truites de trois kilos pièce se sont retrouvées dans la nature. Les services spécialisés en environnement craignent que ces poissons remontent les ruisseaux et les rivières de la baie et qu’une prédation ne s’exerce sur les œufs des truites farios sauvages et des truites de mer. Le gouvernement danois encourage tous les pêcheurs à venir éliminer ces animaux qui n’ont rien à faire dans la nature. Les truites d’élevages sont des nids à parasites et à maladies (SHV, mycoses, etc) qui ne doivent pas être transmises aux poissons sauvages.

  • Mieux connaître la maladie de Lyme

    Mieux connaître la maladie de Lyme

    Touchant directement les pêcheurs et les gens en contact avec la nature, la maladie dite “de Lyme” est encore mal connue. Les tiques en sont les vecteurs une fois qu’elles se sont installées sur notre peau. Entre idées reçues qui ne font qu’aggraver les choses et sous estimation des risques, il est temps de mieux connaître cette maladie particulièrement handicapante qui touche entre autres les articulations.

    Le 21 octobre, le professeur Christian Perronne, chef de service au CHU Raymond Poincaré à Garches tiendra une conférence à la salle des fêtes de La Bresse (Vosges) à 20h00.  Le professeur Perronne dénonce un véritable scandale sanitaire autour d’une maladie qui touche des dizaines de milliers de personnes mais que l’Etat continue d’ignorer.

    Pour en savoir plus :

     

  • Une fiche d’autodiagnostic pour les systèmes d’eaux usées des entreprises

    Une fiche d’autodiagnostic pour les systèmes d’eaux usées des entreprises

    Une fiche téléchargeable permet aux entreprises situées dans la vallée du Chéran (Rumilly) de diagnostiquer son entreprise pour évaluer l’état du système qui évacue les eaux usées, les eaux pluviales, prendre conscience des dysfonctionnements et contacter les services concernés en cas de doute ou de situation critique. Ce type de démarche vertueuse est unique en son genre. Elle part sans doute du constat que premièrement, les entreprises ne se préoccupent pas, ou pas suffisamment du devenir de leurs eaux usées, et deuxièmement, que dans la plupart des cas, les personnes concernées ne savent pas qui contacter. Un barème permet d’obtenir une note globale et en fonction de celle-ci de s’orienter vers telle ou telle démarche. Une excellente initiative que l’on doit au Syndicat mixte interdépartemental d’aménagement du Chéran (SMIAC), qui mérite de faire boule de neige ! L’objectif est bien de sensibiliser et d’engager des actions souvent peu coûteuses et subventionnées (indication des financements possibles) pour éviter de polluer accidentellement et de prendre des PV pour pollution. “Gouverner c’est prévoir” disait Emile de Girardin, mais anticiper c’est bien pour ne pas polluer ! Certaines ont déjà signé une lettre d’engagement.

    Télécharger la fiche de diagnostique pour les systèmes d’eaux usées

  • Stop au sacrifice des milieux aquatiques

    Stop au sacrifice des milieux aquatiques

    En dépit de l’absence due aux vacances, 31 fédérations départementales, plus de cent AAPPMA, des dizaines de guides de pêche, fabricants et commerces de matériels de pêche soutiennent le courrier adressé à Ségolène Royal par un collectif de pêcheurs contre la politique contradictoire, paradoxale et parfois rétrograde orchestrée par notre ministre de l’environnement. En voici de larges extraits. Une pétition est en cours (voir le lien en fin de l’article).

    “A l’attention de Madame Ségolène Royal, ministre de l’Environnement, de l’Energie et de la Mer

    Madame la ministre,

    Nous avons l’honneur de vous informer de notre profonde indignation et révolte quant à votre projet en cours concernant le développement de la petite hydroélectricité ou la construction de nouveaux barrages en France, un véritable paradoxe avec la continuité écologique ! Contrairement à l’image que l’on veut bien donner au public, l’hydroélectricité, cette énergie renouvelable n’est pas « propre » car elle entraîne trop souvent de graves nuisances irréversibles sur les milieux aquatiques.

    La construction de barrages

    La construction de barrages Les nouvelles normes imposées par la continuité écologique avec la circulation des espèces piscicoles et le transport des solides continuent à perturber les milieux aquatiques. Le principal exploitant, EDF, accuse d’ailleurs un retard certain avec les mises en conformité de ses équipements. N’oublions pas que le prélèvement d’une partie du débit d’une rivière et le stockage de l’eau dans ces barrages entraînent :

    – un mauvais fonctionnement du transport des solides lors des crues naturelles qui provoque le rétrécissement et le colmatage du lit de la rivière, ainsi que le risque d’inondation ;

    – une diminution de la surface mouillée et donc une diminution de la capacité d’accueil, entraînant une diminution des populations de l’écosystème, des zones à frayères et de la croissance des salmonidés ;

    – le non rechargement des nappes alluviales empêche de redonner naturellement un bon débit qui aurait évité les chocs thermiques pour la faune aquatique en période d’étiage, contrairement aux lâchers intempestifs d’une eau beaucoup plus froide des barrages ;

    – une augmentation de la température de l’eau des cours d’eau, une importante détérioration de la qualité de l’eau, ainsi qu’une évaporation massive de celle contenue dans les barrages, accentuée désormais par le réchauffement climatique ;

    – une augmentation des risques de mortalité pour les milieux aquatiques ainsi que pour le prélèvement d’eau potable du fait de sédiments, pour beaucoup, pollués aux métaux lourds surtout lors d’opérations de vidanges.

    Ces vidanges soulèvent les matières en suspension (MES) accumulées dans les barrages qui, en se répandant dans les cours d’eau, génèrent une asphyxie de l’écosystème et augmentent le risque de contamination de l’eau destinée à l’alimentation humaine. Les catastrophes écologiques dues à ces vidanges se succèdent avec notamment celle de la haute Dordogne (barrage de la Bourboule, Puy-de-Dôme) en février 2015 et plus récemment celle du Gave d’Ossau (barrage de Fabrèges, Pyrénées-Atlantiques) en mars 2016. Fin juin 2016, c’est au tour du barrage du Rioumajou (Hautes-Pyrénées) où pendant plusieurs jours, les taux de MES, bien supérieurs à ce que peut supporter la vie aquatique, ont détruit pour plusieurs années des joyaux des Pyrénées sur plusieurs kilomètres : le torrent du Rioumajou et la rivière Neste d’Aure.

    Les microcentrales

    La vie aquatique est réduite et parfois presque nulle dans le débit réservé, ce qui n’a jamais été pris en compte par les porteurs de projet. (…) Par ailleurs, il est évident que le poids économique de la pêche de loisir est sans commune mesure avec celui créé par les microcentrales qui ne représentent que 1% de la production électrique en France ! Voilà Madame la ministre, l’énergie dite Propre ! (.…)

    Demande de construction de nouveaux barrages

    Demandée principalement par la FNSEA pour l’irrigation, elle est non fondée, car si certains agriculteurs évitaient la monoculture du maïs depuis plus de trente ans dans certaines régions, la plupart des terres agricoles ne seraient pas réduites à un support stérile et pollué, tout comme les nappes phréatiques. Nous ne serions donc pas obligés de prélever davantage dans nos rivières afin d’avoir de l’eau potable. Il est grand temps que le monde agricole s’adapte et prenne conscience de l’économie de ce bien précieux qu’est l’eau au lieu de la gaspiller chaque année pour des productions purement spéculatives. C’est aussi cette même fédération qui voudrait voir certains ruisseaux rayés de la carte des cours d’eau afin de pouvoir se dispenser des contraintes qui sont imposées pour leur protection.

    Madame la ministre, vous n’êtes pas sans savoir que la France (…) s’est engagée auprès de ses partenaires européens en octobre 2000 – Directive Cadre Européenne Eau – à atteindre un bon état écologique de ses cours d’eau, en 2015 ! Non seulement l’objectif fixé n’a pas été atteint en 2015 mais pire encore l’état des lieux de 2013 est inférieur à celui de 2009 avec seulement 41,3 % des masses d’eau en bon état ou bon potentiel écologique sur la métropole (45 % en 2009). L’échéance a été repoussée en 2021 et nous vous demandons de bien vouloir respecter cet objectif (…). Madame la ministre, avec plus de 1 500 000 pêcheurs pratiquants, vous devez écouter la grogne qui monte.

    A défaut, nul doute que les pêcheurs et autres personnes déçues, ainsi que leurs familles, soit plusieurs millions d’électeurs, sanctionneront le moment venu dans les isoloirs, les responsables de la forte dégradation de leur biotope ainsi que de leur loisir. (…) Nous ne pouvons accepter au niveau national le projet de nouvelles microcentrales ou de nouveaux barrages. Certains sont d’ailleurs obsolètes et n’ont toujours pas été rénovés ou démantelés. Nous n’accepterons plus les catastrophes écologiques des vidanges de barrages. Protégeons nos rivières ! Nous vous prions de croire, Madame la ministre, à nos sentiments les plus respectueux mais attristés.”

    Pour les collectifs de signataires et soutiens :
    Alphonse Arias, Jean-Pierre Jenn et Fabrice Pons.
    Une pétition nationale, via les réseaux sociaux et soutenue
    par la presse halieutique spécialisée dont Pêches sportives

    SIGNER LA PETITION « STOP AU SACRIFICE DES MILIEUX AQUATIQUES »