Catégorie : Décalé

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  • Autopsie d’une truite, le Dessoubre à l’honneur !

    Autopsie d’une truite, le Dessoubre à l’honneur !

    Sorti au printemps, Autopsie d’une truite est un roman qui se déroule dans la vallée bien connue du Dessoubre. La nature foisonnante du haut Doubs constitue le décor d’une enquête étonnante, qui est aussi l’histoire d’un retour aux sources.
    Ce jour-là, Séverin Ménigoz, guide international de pêche à la mouche n’aurait jamais dû faire un détour par le Dessoubre, rivière sauvage nichée au fond de sa vallée du haut Doubs.  Séverin n’aurait jamais dû s’arrêter au bord de la rivière, sa rivière, qu’il n’avait pas revue depuis plus de vingt ans. Parce que là, au virage des Carrières, l’attendait la plus grosse truite jamais rencontrée au cours de sa vie.  Et surtout, Séverin n’aurait jamais dû insister, des semaines, pour attraper cette truite, car ce qu’il trouva dans son estomac allait bouleverser le cours de sa vie.  Mais on ne revient pas impunément “rebouiller” la vallée de sa jeunesse, d’où l’on a été banni à jamais…

    Philippe Koeberlé est bisontin, médecin-anesthésiste au CHU de Besançon, passionné de pêche à la mouche et de nature, il signe là son premier roman dans la collection “polar & nature”. Nicolas Robert, né à Besançon, est scénariste pour le cinéma et la télévision. Il est également l’auteur de “Une petite Colombe Noire”, un polar paru en 2010, qui rencontre un franc succès.

    Au-delà de l’intrigue, passionnante, du style précis, et d’un scénario bien ficelé, Autopsie d’une truite trahit une très bonne observation des gens de la vallée, que visiblement les auteurs connaissent bien, avec leurs bons et leurs mauvais cotés. Ceux qui connaissent la vallée du Dessoubre reconnaîtront la vallée jusque dans ses moindres recoins. Si vous voulez passer un bon moment de lecture sur fond de pêche à la mouche, n’hésitez surtout pas !

    Autopsie d’une truite est disponible sur notre site.

  • artiste pecheur

    artiste pecheur

    Artiste animalier breton et pêcheur à la mouche, je fais éditer des reproductions de mes œuvres sur des assiettes en faïence de Sarreguemine.
    • Truite sur une gravière
    • Remous
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  • Tarpon

    Tarpon

    Le Tarpon, même si vous avez la chance de le pêcher comme ici en Floride, ne se prend pas qu’à la mouche mais assure toujours des combats formidables ! 

  • Le “sulec” de Slovénie (Première partie)

    Le “sulec” de Slovénie (Première partie)

    Fasciné depuis l’enfance par le huchon, Marc Ponçot trouve en Slovénie des rivières qui lui permettent de partir en quête du plus fantomatique et du plus imposant salmonidé européen. Comme tout gros poisson aux moeurs discrètes, le huchon est une légende vivante qui hante les rêves des rares spécialistes qui partent à sa recherche.

    Par Marc Ponçot

    Le sulec est le nom slovène pour désigner Hucho hucho (Linné 1758). Ce poisson est connu en France sous le nom de saumon du Danube ou huchon. La Slovénie, ce petit pays des Balkans, est certainement à l’heure actuelle, pour le touriste pêcheur, la meilleure destination pour capturer son ou ses premiers huchons. C’est dans la Sava Bohinjka, aux environs de la jolie ville de Bled, que l’on trouve la plus importante population de saumons du Danube, et la grande Sava, aux environs de la capitale, Ljubljana, abrite les plus gros spécimens. Tous les ans, des poissons dépassant les 120 cm et les 20 kg sont capturés sportivement par les pêcheurs du pays. On trouve également ce salmonidé “géant” dans la Sora, la Ljubljanica, la Savinja, la Krka et la Kolpa. Cette dernière, très intéressante et sauvage, qui sert de frontière avec la Croatie, coule dans le pays des ours !


    Hucho hucho, le plus grand salmonidé européen

    Le huchon est endémique dans le grand bassin du Danube et ses affluents, où il remontait pour frayer, avant la construction de trop nombreux grands barrages. C’est le roi des rivières rapides d’Europe centrale et des Balkans, et il constitue la capture suprême pour les pêcheurs sportifs de ces contrées. Le saumon du Danube est le plus grand salmonidé européen, et l’un des plus gros – sinon le plus gros – de la planète dans son espèce asiatique, Hucho taimen. Par le passé, on donnait parfois comme maximum la taille de 2 mètres et le poids de 100 kg. Je pense plus raisonnablement que Hucho hucho pouvait certainement atteindre 170 cm et 60 kg. Actuellement, à l’état sauvage, les plus gros spécimens peuvent exceptionnellement dépasser 150 cm et peser plus de 45 kg dans le cas de femelles alourdies par les oeufs, et l’estomac plein ! J’ai vu en vidéo un huchon qui nageait au milieu des carpes colorées d’une pisciculture japonaise. D’après son propriétaire, il était âgé de 56 ans et mesurait 150 cm pour un poids de 60 kg. Dans la nature, il est rare néanmoins qu’il dépasse les 20 ans. Son corps est de forme cylindrique et sa tête est plus massive que celle des autres salmonidés. Sa couleur est grise sur le dessus et blanc argenté sur le ventre, parsemé de tâches noires. Au moment du frai, sa couleur, notamment celle des mâles, devient plus sombre.

    Le huchon fraie de mars à avril, quand la température de l’eau atteint environ 10 °C. Pour trouver de belles gravières où la femelle déposera ses oeufs, les huchons remontent en général la rivière vers l’amont. Hucho hucho est un grand prédateur qui, dès son plus jeune âge, se nourrit de poissons. Adulte, lorsqu’il mesure plus d’un mètre, il n’hésite pas à se saisir de proies dépassant le kilo, voire de petits rongeurs ou d’oiseaux aquatiques. Le hotu, qui vit en bancs importants, est l’un de ses repas préférés, mais l’ombre commun, la truite fario ou arc-en-ciel, qui vivent souvent dans le même secteur, se retrouvent également régulièrement au menu du grand salmonidé ! Le record moderne slovène, qui date du 8 février 2005, atteint 135 cm pour 26,9 kg. Plusieurs spécialistes slovènes, dont mes amis Jure Visnar et Aljosa Savic, pensent que ce record devrait être battu très prochainement dans la Grande Sava, car des poissons dépassant les 30 kg y ont été observés ! Ces dernières années, Aljosa a luimême capturé dans la Sava, sur le secteur Straza-Sava, deux huchons dépassant 20 kg ! La saison dernière, il a raté, par décrochage, un poisson encore plus gros que ses deux précédents records ! Lorsqu’il est en pleine période alimentaire, le huchon n’est pas vraiment difficile à leurrer. En revanche, rassasié, il peut rester plusieurs jours dans sa planque, sans aucune activité ! D’où la nécessité d’être présent au lever et au coucher du soleil, devant le bon poste, au moment où le grand poisson se met généralement en chasse.

  • Les Andamans

    Les Andamans

    Barracudas, red snapper, sea bass, carangues, thons : les eaux des îles Andamans acceuillent des ressources halieutiques importantes. Vous devez louer les services d’un guide possédant un bateau pour obtenir de bons résultats. La meilleure saison se déroule de décembre à début avril. Renseignements : Havelock Tourist Service
    www.havelocktourism.com

  • Tarpons…

    Tarpons…

    Souvent vous avez pu lire dans le magazine des histoires de pêche au tarpon. Vous avez sans doute entendu des histoires abracadabrantes de pêcheurs qui vous disent que c’est une véritable drogue, que c’est une épreuve de frustration intense qui ne connait l’assouvissement qu’avec la réussite de la prise de ce poisson que la plupart appellent le « silver king » ou « roi d’argent » en raison de ces écailles comme une carapace renvoyant les éclats du soleil. Mais à peine la délivrance apportée par la réussite d’une prise, le manque soudain se fait sentir et le besoin irrépressible d’assouvir à nouveau la prise d’un autre tarpon s’empare de vous. Voilà un petit film qui résume à merveille cette addiction… Et vous pourrez vous rendre compte que ceux qui vous disent que 8 fois sur 10 le tarpon se décroche…et bien, ils ont raison…

  • 8e concours “mouches imposées” au Moulin de Chaise-Dieu-du-Theil

    8e concours “mouches imposées” au Moulin de Chaise-Dieu-du-Theil

    Concours ludique et sympathique, le traditionnel “mouches imposées” organisé par le Moulin de Chaise-Dieu-du-Theil recevra le 10 septembre, pour sa huitième édition, Jacques Boyko des Mouches Devaux, Andrew Ayer et Jean-Marc Chignard des Mouches de Charrette ainsi que des monteurs professionnels, Florian Stéphan et Alain Barthélémy.

    Chaque participant partira avec huit mouches, choisies par les monteurs eux-mêmes dans leurs propres collections. Il reste encore quelques places pour cet événement très convivial. Le nombre d’équipes de deux pêcheurs étant limité à 30. A noter, également, les journées “grosses truites” à venir (4 à 20 livres), qui se dérouleront les 13 et 22 juillet, les 3 et 18 août, les 1er, 7, 14 et 23 septembre, les 5, 19 et 26 octobre, les 2, 16, 30 novembre et le 14 décembre.

    Renseignements et réservations :
    Le Moulin de Chaise-Dieu-du-Theil
    Le Moulin – 27580 Chaise-Dieu-du-Theil
    Tél. : 06 07 60 72 67
    E-mail : [email protected]

    Site Internet : www.moulin-de-chaise-dieu.fr

  • Et au milieu des montagnes…  coule une rivière !

    Et au milieu des montagnes… coule une rivière !

    Quand on arrive de la plaine, les premiers contreforts de l’Himalaya saisissent d’abord par le froid, qui vous pince dès que l’on descend du bus. Nous ne sommes pourtant qu’à la mi-septembre et la température est plutôt clémente.Mais, par rapport à la fournaise collante des rues encombrées de Dehli, forcément, ça choque. La route est longue et semée d’embûches pour parvenir jusqu’à Manali, une petite ville charmante qui vit aujourd’hui essentiellement d’un double tourisme. Celui des Indiens venus pour être pris en photo dans une neige qu’ils n’ont vue jusqu’alors que dans les films de Bollywood, où régulièrement des chorégraphies exubérantes sont filmées dans quelques coins perdus des montagnes suisses. Puis celui des Occidentaux qui viennent éprouver leurs capacités au cours de longues randonnées ou, plus prosaïquement, y goûter l’un des tout meilleurs haschichs de la planète. Pourtant, certains se rendent dans cet Etat magnifique pour une tout autre raison : la pêche. En effet, la région compte un nombre incalculable de cours d’eau de tous formats et qui, comparés au reste du pays, sont plutôt en bonne santé. On y trouve de belles truites, introduites ici par le colon anglais à l’époque des splendeurs du Raj britannique. Les Anglais sont partis, mais les truites sont restées, se plaisant dans ces eaux fraîches et propres qui prennent leur source dans la plus haute chaîne de montagnes du monde, l’Himalaya.
    On y pêche également ce poisson secret (mais aujourd’hui plus difficile à trouver selon les guides locaux) bien connu des pêcheurs anglo-saxons qui n’ont pas peur des coups de soleil : le masheer. Vallées de la Parvati, du Kinnaur, de la Beas ou de la Manalsu Nala, et encore de beaucoup d’autres qu’aucun hameçon n’est jamais venu explorer : le terrain de jeu est immense et il vous suffit de vous munir d’un permis journalier de 100 roupies (1,60 euro) pour vous lancer.
    Les affluents en amont de la Beas et de la Parvati sont parmi les meilleurs coins de la région. A Manali, immédiatement à côté de la route, il ne faut parcourir qu’une centaine de mètres pour plonger sa mouche, son leurre ou son appât naturel et se lancer à la recherche du poisson. Pour un bon coin, il faut se déchausser et recevoir en guise de rite de passage la morsure cinglante de l’eau extrêmement fraîche qui descend tout droit du toit du monde. Mais, en quelques minutes, nous y sommes. L’eau est d’une clarté de cristal et tout autour s’élève le spectacle de monts dépassant les 6 000 mètres qui affichent, solennels, telle une couronne d’empereur, leur neige éternelle. Lorsqu’on commence à grimper, le paysage prend des faux airs alpins, même si le sentier transperce des champs imposants de cannabis en fleur, dont les essences se mélangent à celles de toutes sortes de plantes de montagne, dignes de l’herbier d’Hanuman, le dieu singe. Partout où l’on pose le regard, de petits torrents plein de fougue se gonflent jusqu’à devenir rivières et nourrir de leurs propres eaux pures la Beas, en contrebas.

    Les aléas de la météo…

    Quant à la pêche, la météo est votre seule ennemie. Le temps est ici extrêmement changeant. Les quelques mois de l’année où la neige et le froid ne vous empêchent pas degarantit que le temps sera assez clément pour vous laisser réaliser vos projets. Il n’est pas rare qu’un glissement de terrain un peu plus important que les autres ne bloque un col pendant plusieurs jours. Ce fut notre cas : pluies diluviennes, glissements de terrain, neiges prématurées, il aura fallu s’armer de patience. Mais, dès qu’une éclaircie se profile, soyez certain de passer des moments inoubliables. Avec peu de temps devant nous, tant l’éclaircie s’était laissée désirer, nous n’avons passé en fin de compte que très peu de temps à pêcher. Pas le temps d’aller chercher les leurres, mais, en retournant les petites roches qui bordent la rive, on trouve toute une gamme d’insectes qui se révéleront parfaitement efficaces. Très rapidement les premières truites ont répondu présentes.
    La pêche en Inde n’est pas toujours couronnée de succès, surtout lorsque, comme moi, on n’est pas un pêcheur très doué. Mais ici, dans la formule « voyage de pêche », le mot voyage prend tout son sens. L’Inde ne laisse personne insensible. Certains visiteurs ne supportent pas ce qu’ils y vivent. D’autres ne jurent que par cette folie enveloppante. D’autres encore mêlent ces deux sentiments et, heureux d’en partir, se promettent peu après d’y revenir. Une chose est sûre, on en revient transformé, que l’on prenne du poisson ou pas. Il existe une profondeur ici que nos sociétés matérialistes ont depuis longtemps oubliée. Déjà Pierre Loti notait au siècle dernier cette vérité : “Sur les mystères de la vie et de la mort, les sages de Bénarès détiennent des réponses qui satisfont le mieux à l’interrogation ardente de la raison humaine.” Vous pouvez toujours leur demander s’ils possèdent quelques conseils précieux pour attraper les poissons du coin…

  • Bollywood Fishing

    Bollywood Fishing

    Un milliard deux cents millions d’habitants, près de mille langues et dialectes, une culture vieille de plusieurs milliers d’années : l’Inde s’accommode des superlatifs. Mais le pays ne se résume pas à ces clichés. A côté des vaches sacrées et des sâdhus déambulant à moitié nus dans des rues perpétuellement encombrées, on y trouve quelques merveilleux coins de pêche. Ils sont rares, tant le pays a construit sa croissance sans se soucier des conséquences environnementales. Mais voici deux régions où les poissons ont été épargnés. L’une nichée dans l’Himalaya, l’autre dans un paradis aquatique qui n’a rien à envier aux Maldives, les îles Andamans.

    Par Samuel Delziani

    La pleine lune disperse sa lumière blanche sur ce paysage du bout du monde et les eaux scintillent comme les écailles argentées d’un poisson immense. Un lent roulis nous berce alors que nous fixons la mer, apparemment calme. Elle s’étend partout autour de nous, prodiguant un étrange sentiment d’ivresse. A bord d’une pirogue assez longue pour accueillir cinq personnes, nous voguons vers un horizon évanescent. J’observe ces pêcheurs bengalis, montant leur ligne. Pas de canne, pas de moulinet complexe comme une montre suisse. Une ligne, une vis en guise de plomb, un morceau de sardine fraîche au bout d’un hameçon rouillé, et la connaissance empirique d’un milieu qu’ils connaissent par coeur déterminent la réussite de l’opération. Ces pêcheurs ont choisi de vivre ici, dans les îles Andamans, à quelques milliers de kilomètres de l’Inde continentale. Nous sommes au large de l’île d’Havelock, une des îles formant cet archipel dont les cartes anciennes représentaient les habitants moitié hommes, moitié chiens. Quelques confettis terrestres à plusieurs milliers de kilomètres des côtes indiennes, en fait, plus proches de la Birmanie et de la Thaïlande que de l’Inde qui régit pourtant ce territoire. Ce qui provoque d’ailleurs des conséquences inattendues. En Inde, malgré l’immensité du pays, il n’existe qu’un seul fuseau horaire, un moyen pour l’Etat de démontrer l’unité de la nation. L’heure est donc la même de Bombay à Calcutta, mais aussi dans ces îles pourtant si lointaines. Résultat : le soleil se lève ici vers 4h45 du matin et, vers 17h30, nous sommes déjà bien avancés dans la nuit.
    Le silence et la concentration enveloppent notre petite embarcation. Tous, nous scrutons les eaux, ligne en main, le doigt sur le fil, à guetter la moindre vibration. Nous attendons, de cette fébrilité unique commune à tous les pêcheurs, qu’un poisson daigne se saisir de l’appât que nous lui présentons. Juron bengali : un des pêcheurs vient de perdre son bas de ligne dans les profondeurs. On commence à s’impatienter. L’anxiété se lit sur les visages. Mais les premières touches arrivent, les poissons finissent par accepter nos bouts de sardines.
    Et là, c’est un festival : barracudas, red snapper, sea bass, les prises s’enchaînent. Le lent bercement du roulis sous le bateau n’est troublé que par l’agitation des poissons remontés à bord. Pendant deux heures, le frétillement énergique de nouveaux poissons sortis de l’eau vient régulièrement battre le rythme de ce coup du soir. C’est une bonne nouvelle pour les pêcheurs et leurs familles, la pêche étant ici bien plus qu’un hobby, c’est un moyen de subsistance. Après quelques heures de pêche, nous revenons sur la plage et les pêcheurs étalent les prises de la journée. Ils semblent satisfaits. Nous nous quittons et ils m’offrent un barracuda pour mon repos du soir.


    Quatre pêcheurs et 572 îles

    Le lendemain, les choses sérieuses débutent. Accompagnés d’un couple d’Anglais partis pour un voyage de plusieurs mois en Asie, Adam et Charlotte, nous avons réservé une journée de pêche en bateau, qui nous emmènera à travers l’archipel à la recherche des bons coins des îles Andamans et de Nicobar. Nous nous levons tôt et nous rendons à l’embarcadère principal de l’île d’Havelock. En attendant le bateau, nous nous arrêtons pour manger des Puri, de petites galettes soufflées, accompagnées d’un curry épicé, et pour boire un masala chaï, un thé sucré et corsé par un mélange d’épices, du clou de girofle au poivre, en passant par la cardamone et la cannelle. La boisson nationale indienne nous procure une chaleur réconfortante. Un coup de chaud bienvenu avant de s’embarquer en mer, alors que de sombres nuages s’amoncellent au-dessus de nos têtes. Enfin le bateau est là. Baptisé le Snapper, il contient à bord tout le nécessaire pour la partie de pêche du jour : cannes, leurres, et les provisions pour sustenter nos appétits de loup. A peine sommes-nous montés à bord que la pluie se met à tomber avec force. Le frêle toit qui est censé nous protéger des intempéries n’est pas d’une grande utilité quand l’embarcation s’élance sur les eaux toujours turquoise de la mer des Andamans. Au bout de dix minutes, nous sommes tous trempés jusqu’aux os. Nous voguons entre des îles désertes, enviant la protection de ces mangroves si denses que nous ne pouvons qu’imaginer l’île qui se trouve derrière. Arrivés sur un premier spot que nos guides indiens entendent prospecter, la pluie s’arrête comme par miracle. Quand bien même il s’agirait d’un signe divin, le panthéon hindou est si vaste, si complexe, que je ne saurais quel dieu remercier.

    Du bleu, du vert et du turquoise

    Canne en main, le leurre lançant comme un air de défi aux vrais poissons en dessous, nous voilà bien décidés à multiplier les prises. Ils sont bien présents, nous le savons grâce au sondeur que consulte régulièrement le capitaine du Snapper. Pourtant, ils ont bien du mal à se laisser séduire. Mais rien n’entame le plaisir de se trouver là : au milieu de cette eau égrainant toutes les nuances du bleu et du vert, entre ces îlots où jungles et mangroves s’entremêlent pour devenir une masse végétale inextricable. Parfois, ils s’autorisent une fine plage de sable fin qu’aucun pied humain ne semble avoir jamais foulé. Au loin, un dauphin nous nargue en faisant des cabrioles.
    Apparemment, il n’a aucun mal à trouver ses proies. Mais le capitaine ne l’entend pas de cette oreille et décide d’aller chercher ailleurs, dans quelques souvenirs de pêches miraculeuses, l’objet de notre désir.
    Après vingt minutes de navigation, il se pose audessus d’un récif qui, selon lui, ne l’a “jamais déçu” ! Nous recommençons à lancer. Peu de temps après, un des guides laisse percer un cri guttural : il vient de ferrer. L’attaque est puissante. Le guide affiche un rictus de plaisir non dissimulé : il sait qu’au bout du fil ce n’est pas une sardine, mais du sérieux qui s’agite. Sa canne se plie fortement mais ne rompt pas, à l’instar du roseau ou de l’armée vietnamienne. Il s’ensuit un long combat. Une tension qui durera un peu plus de vingt minutes. A regarder le visage tendu par l’effort du pêcheur, le front perlé de sueur, la lutte est âpre. Finalement, le poisson abandonne la partie et se laisser ramener jusqu’au bateau. C’est une magnifique carangue ignobilis, estimée par l’heureux pêcheur à près de 20 kg, qui nous montre son imposante tête. On la hisse péniblement à bord. Après une séance photo, qui nous permet de contempler la bête, nous la rendons à la grande bleue, tout en la remerciant d’avoir bien voulu mordre à l’hameçon. Après toutes ces émotions, nous remettons les lignes à l’eau. Quasiment dans la foulée, Adam sent que son leurre a fait mouche. Heureux, il entreprend de mettre au sec ce qui s’agite nerveusement au bout. Après quelques minutes, il sort un beau barracuda, puis l’exhibe fièrement au reste de la troupe. Un large sourire éclaire son sourire, un sourire de fierté. Puis plus rien jusqu’au déjeuner. Déjeuner que nous prenons sur la plage déserte d’une île qui semble l’être tout autant. Dhal, riz, curry de poulet, nos amis indiens ont mis les petits plats dans les grands et, sans le luxe de toute cette nourriture, on pourrait aisément se laisser aller à des rêves de Robinson. C’est difficilement que nous nous arrachons à cette plage édénique et que nous remontons à bord. Après tout, nous sommes là dans un but bien précis : la pêche !

    Un jardin d’éden halieutique

    Remontés à bord du Snapper, nous mettons le cap sur un récif que nous n’avons pas encore pêché et qui, selon le capitaine, est un endroit d’une beauté saisissante. Il y a déjà eu de bons résultats en utilisant des leurres de type popper. Arrivés sur place, nous avons déjà une certitude : le capitaine ne nous a pas menti. L’endroit est magnifique. Une eau qui se dégrade de  l’émeraude au bleu le plus profond et en toile de fond une île presque complètement occupée par une haute colline couverte d’une jungle épaisse. Une fine plage de sable blanc la ceinture. On se met en action et nous répétons les lancers. Un barracuda tente de se saisir du leurre de Charlotte, mais ne fait que le toucher. Nous subissons encore quelques échecs de ce type et aucun nouveau poisson n’est remonté à bord. Le capitaine désire nous emmener sur un dernier coin qu’il affectionne, nous repartons donc dans ce labyrinthe d’îles et d’îlots, la plupart désertés par l’homme. On n’y attrapera plus rien, mais peu importe, nous goûtons la joie d’être là dans l’atmosphère qui se rafraîchit d’une fin de journée parfaite. Nous continuons de pêcher jusqu’à ce que la lumière tombe, sonnant l’heure de revenir au port.
    Le soleil s’efface derrière la ligne d’horizon pendant qu’on réinvente la journée de pêche, qu’on en rejoue les plus beaux moments. Il enflamme la mer de teintes rouges, jaunes, orange, alors que nous retournons vers les lumières d’Havelock. Mais les îles Andamans ne sont pas l’unique spot indien pour les amoureux de la pêche. A plusieurs milliers de kilomètres de là, changement de décor, changement de poisson. Direction l’Himachal Pradesh, un Etat indien qui s’étire dans la chaîne de l’Himalaya.

  • Stewart Campbell et le Marlin

    Stewart Campbell et le Marlin

    D’habitude, nous ne nous étendons pas trop sur la pêche en eaux bleues, et encore plus rarement à la traine… Mais là, nous nous sommes dit qu’il fallait vraiment que vous voyez ça !!

     Stewart Campbell, dessinateur de bateaux, chasseur et célèbre pêcheur détenteur de plusieurs records. Mais ce record que nous vous montrons n’est-il pas le plus hallucinant ?
    Nous sommes en 1996, au Venezuela, Campbell fait un film sur la pêche au Marlin, il y a plusieurs caméras qui filment la scène sous des angles différents… On voit le marlin arriver, excité par les teasers, il donne plusieurs coups de rostre sur le leurre puis se retourne pour s’en saisir ! Stewart ne pensait pas avoir affaire à un tel poisson…estimé à plus de 1000 livres…
    Stewart Campbell, alors membre du bureau de l’IGFA, mis tout en œuvre pour promouvoir le « catch & release », tous les pêcheurs du monde lui doivent beaucoup.