Votre panier est actuellement vide !
Catégorie : Actualités

Le Salon de la pêche de l’Indre honore les leurres
La 16e édition du Salon de la pêche de l’Indre, qui se déroulera au Parc des expositions de Châteauroux, du 17 au 19 février 2012, met à l’honneur cette année les leurres artificiels, avec l’organisation d’une exposition exceptionnelle. Une histoire du leurre racontée grâce à la présence de collectionneurs (150 ans de leurres) et de fabricants français, asiatiques et américains. Cet évènement compte plus de 15 000 visiteurs par an sur 6 000 m2 d’exposition.
Les différents stands seront répartis selon quatre pôles principaux : la vente et la présentation de matériel, le monde associatif (carpistes, moucheurs, pêcheurs au coup, guides de pêche, ONEMA, Fédération de Pêche…), les activités économiques liées au monde de la pêche (tourisme, hôtellerie, gastronomie, gîtes, campings…) et les animations (aire de démonstration, aquariums, simulateurs de pêche, exposition sur « l’Art et la Pêche », brocante amateur et un marché du poisson vivant, unique en son genre). L’entrée est gratuite, alors pourquoi se priver ?
Renseignements :
Tél. : 02 54 34 59 69

Le CNFMP valide sept nouveaux moniteurs fédéraux
Le partenariat entre la Fédération française de pêche à la
mouche et au lancer (FFPML) et le Centre national de formation aux métiers de
la pêche (CNFMP) situé à Ahun (Creuse), a permis cette année de valider sept
moniteurs fédéraux venus de toute la France. Leurs principales missions
sont de développer le loisir pêche, d’assister les clubs, comités
départementaux et régionaux dans leurs missions et d’être un relais entre les
adhérents et le comité directeur. D’autre part, la promotion BP JEPS pêche de
loisirs arrive à son terme avec une douzaine de stagiaires qui devraient être
brevetés. La prochaine formation devrait être mise en place en mars 2012. Elle est
ouverte à tout détenteur du BPJEPS « pêche de loisirs » licencié à la
FFPML. Autre information importante : la FFPML, le CNFMP, des
représentants du lycée agricole d’Ahun et du ministère des Sports se sont
rencontrés courant novembre pour finaliser la création d’une section sportive
scolaire de pêche à la mouche.Renseignements : www.devenezguidepeche.fr

La FNPF dit stop à la surenchère hydroélectrique
A l’occasion du Salon des maires et des collectivités locales qui se tient actuellement à la Porte de Versailles à Paris, la Fédération nationale de la pêche en France (FNPF) affiche son mécontentement à la suite de la publication par l’Union française de l’électricité (UFE) d’une étude controversée. Rendue publique le 22 novembre, l’étude affirme que le potentiel hydroélectrique serait encore sous exploité à ce jour en France et conclut à une possible augmentation de 16% de la production hydroélectrique annuelle. La FNPF a, dans un communiqué publié également le 22 novembre, remis en cause les conclusions de l’UFE. Ainsi la fédération considère que : « cette étude évince le caractère partenarial de l’estimation du potentiel hydroélectrique français qui s’est fait dans les instances nationales et locales dédiées, en particulier au sein des Comités de bassin, lors de l’élaboration des Schémas Directeurs Aménagement et de Gestion des Eaux (Plans de Gestion Directive Cadre sur l’Eau). Elle oublie les considérations technico-économiques et environnementales de mobilisation de ce potentiel et les coûts externes notamment à moyen et long terme. Elle revient sur les consensus trouvés très récemment dans le cadre de la convention de relance de l’hydroélectricité dont l’UFE est un des principaux signataires. Elle n’intègre pas les conséquences des modifications climatiques qui sont en train de s’opérer, notamment en matière d’amplification des phénomènes de sécheresse et de crise hydrologique. Elle ignore les projets de classements des cours d’eaux, les obligations de résultat et les objectifs de bon état écologique issus de la Directive Cadre sur l’Eau, amplifiés par le Grenelle de l’environnement, le plan national de restauration de la continuité écologique, le Plan Gestion national Anguilles, la Stratégie Nationale en faveur des poissons migrateurs, la restauration de la trame verte et bleue…» On ne peut qu’appuyer cette démarche de la FNPF en espérant qu’elle sera entendue des pouvoirs publics.

Street fisherman, le pêcheur urbain
Le Street fishing est partout. Dans la presse halieutique et dans la presse généraliste, on présente ce mouvement comme LE nouveau phénomène de la pêche hexagonale. Le but avoué des passionnés qui en sont à l’origine, c’est d’ouvrir leur passion au plus grand nombre et de dépoussiérer un peu un milieu souffrant souvent d’une image quelque peu vieillotte. L’idée, c’est d’amener la pêche au plus près du public et des trois quarts des Français habitant aujourd’hui en zone urbaine. Il semble clair que c’est sur ce nouveau territoire que la pêche soit le plus à même de séduire de nouveaux pratiquants. Un pari en passe d’être réussi…
Par Samuel Delziani
Dans l’imaginaire collectif, le pêcheur est un personnage débonnaire, souvent ventripotent, amoureux de sa solitude, à la limite de la misanthropie, qui fuit dans des coins reculés et bucoliques les hommes en général, et sa femme en particulier. Cette image d’Epinal a la vie dure, mais ses jours sont désormais comptés. Un phénomène nouveau, dont Pêches sportives fut l’un des premiers médias à se faire l’écho, s’emploie à casser ces préjugés et lieux communs. Il s’agit du Street fishing. Alors que le pêcheur d’antan se retirait du monde dans sa thébaïde halieutique, le street fisherman pêche au milieu de la cité et de ses habitants. Il est devenu en quelque sorte un ambassadeur de la pêche auprès de ces urbains qui, bien souvent, ne demandent qu’à découvrir cet étrange loisir qui consiste à chercher son poisson ailleurs que sur les étals des supermarchés et pas seulement pour s’en nourrir ! Le badaud s’étonne et régulièrement vient à la rencontre de ce « fou » qui pêche en pleine ville. Le dialogue qui s’amorce alors peut paraître parfois surréaliste, tant les habitants des grandes agglomérations sont ignorants de la richesse du milieu dans lequel ils habitent. C’est l’occasion d’échanger avec des gens très différents et de démontrer que la nature a encore quelques droits dans ce lieu qui, a priori, en est sa négation. Et ça marche ! La meilleure preuve : effectuez une recherche sur Google ou Yahoo et vous tomberez sur des centaines de pages qui s’y intéressent. La pêche qui devient tendance, c’est probablement le plus beau tour de force des streetfishers.
Alors certes, les plus grincheux diront que ce n’est que du marketing, que la pêche en ville a toujours existé et qu’une casquette de travers ne fait pas une nouveauté… Mais ce serait oublier que le milieu de la pêche et les associations qui la gèrent se meurent en partie à cause de leurs ornières mentales et de leur conservatisme. Le street fishing est surtout un état d’esprit décontracté et un désir d’ouvrir les joies de la pêche au plus grand nombre. Le look sportswear et l’équipement simple – une canne et un leurre monté suffisent – collent parfaitement à la vie du citadin. Et puis, sans mauvais jeu de mots, il ne faut pas se leurrer : si on désire enrayer la lente diminution des ventes de cartes de pêche, il faut bien aller appâter les clients là où ils se trouvent, c’est-à-dire en ville ! En effet, la densité de population qui entoure les coins de pêche permet une exposition importante et, de ce premier contact avec ce nouveau loisir, ils seront sûrement nombreux à dépasser les faubourgs et à partir à la découverte des cours d’eau plus sauvages qui serpentent aux quatre coins de l’Hexagone.
Certes, le pêcheur de rue n’a peut-être pas la noblesse du moucheur en pantalon de flanelle et canne en bambou refendu (d’ailleurs, où sont-ils partis pêcher, on ne les voit plus), mais il a le mérite de présenter sa passion au plus grand nombre, démontrant ainsi que les villes disposent d’une biodiversité qu’il faut aussi respecter et protéger. Lapédagogie est au centre de la démarche. De plus, c’est l’occasion de pêcher dans des lieux complètement insolites et qui, à eux seuls, valent le déplacement. Le temps s’arrête lorsqu’on fait le coup du soir sur le quai au pied de La Tour d’Argent, juste en face de la cathédrale Notre- Dame, en plein coeur du Paris historique et touristique. Sur toute la planète, il est possible de pêcher en milieu urbain. Par exemple, une mégalopole comme New York compte une multitude de spots. En tous les cas, que ce phénomène passionne, irrite ou indiffère, nous pouvons tous nous réjouir qu’il se passe enfin quelque chose de neuf pour attirer à la pêche de nouvelles catégories de la population et pour essayer de trouver un moyen de communiquer cette passion aux jeunes. Alors si, pour ça, il faut abandonner le waders pour le jean baggy, pourquoi pas ? Car c’est bien là l’avenir de la pêche.Zoom
Quelles techniques et quel matériel pour la pêche en milieu urbain ?D’une manière générale, la pêche en milieu urbain n’est pas différente de la pêche des carnassiers depuis le bord, où qu’elle soit pratiquée. A ceci près que, s’il vous arrive de prendre le bus, le métro ou le vélo pour aller tremper du fil, une canne multibrins est bien pratique. Shimano et Prologic en proposent et nous savons que de plus en plus de fabricants se penchent sur le problème. Concernant les techniques, il vous faudra tout d’abord évaluer les densités majoritaires par espèce. La plupart des villes sont riches en perches mais pauvres en brochets (pas de frayères). Le sandre est souvent présent et sa pêche demande de pouvoir côtoyer le fond du cours d’eau sans y perdre tout son stock de leurres souples à chaque fois. Pour cela, un montage avec un hameçon texan est bien pratique car il limite nettement les accrochages. Les rives des villes étant le plus souvent bien rectilignes, les postes à carnassiers se situent rarement le long d’une berge de X km droite comme un I, où ils sont très difficiles à déceler (cherchez les herbiers si l’eau est claire). Les postes types se concentrent donc là où le courant est amorti. Ils sont très faciles à trouver : pointes aval des îles, derrière les piles de ponts, l’entrée et la sortie des écluses, etc. Dernier détail très important : portez toujours une grande attention aux passants, rollers et vélos lors des lancers, car le danger est bien réel. Trop d’accidents peuvent déboucher assez vite sur une interdiction. Vive les hameçons texans !
Zoom
AFCPL, l’intuition justeL’Association française des compétiteurs de pêche au leurre (AFCPL) a été créée en 2004 par quelques aficionados de ce type de pêche. Leur idée première est d’organiser des compétitions. A présent, c’est un véritable circuit national : l’AFCPL Street fishing Tour. Mais l’ambition, dès le début, est également de « développer, vulgariser et médiatiser », selon leurs propres termes, une pêche responsable et moderne. C’est dans cette optique que cette association a eu la bonne idée de promouvoir le Street fishing, ainsi qu’une compétition qui lui est propre. Grâce à l’appui d’un certain nombre de partenaires, l’association mène de nombreuses actions pour promouvoir sa vision de la pêche. Le Street fishing est pour eux un moyen d’ouvrir leur monde, notamment vers les jeunes, en adoptant un certain nombre de leurs codes. Vu l’écho du phénomène, on peut dire que l’intuition était bonne.

Iktus, la pêche au coeur du Béarn
Situé à proximité du Gave de Pau, le plan d’eau de pêche à
la mouche d’Iktus est dominé par l’imposant bâtiment d’accueil. Ce plan d’eau
de 15 hectares est alimenté par d’importantes infiltrations en provenance
directe du Gave. Cette eau, fraîche, oxygénée et filtrée par les granulats, est
d’une clarté exceptionnelle, et la pêche en nymphe à vue est une technique
passionnante ici. Réservé strictement à la pêche à la mouche de la truite, il
est ouvert de septembre à juin. Vous pouvez y louer un float-tube ou l’une des
10 barques en aluminium de deux ou trois places Quicksilver de 4,20 m. Il est
ouvert à toutes les pêches l’été.Le grand lac s’étale sur une superficie de 35 hectares, pour
près d’1,2 km de circonférence, il est alimenté par le réservoir mouche, qui a
une côte supérieure de 2,70 m. Ce superbe plan d’eau d’une trentaine d’année
est ouvert à la pêche des carnassiers et de la carpe et dans une
moindre mesure la pêche au coup. Comme le réservoir mouche, il est géré de
manière totalement privée et ouvert à l’année, float-tube et barques sont
disponibles à la location. Et tout ça dans une région où le soleil sera bientôt
là (en principe).Renseignements : www.iktus.fr
(Article mis à jour le 23 janvier 2012)

Le prix Charles Ritz 2011 récompense l’AAPPMA de l’Elorn
Dans les salons cossus du Travellers Club, avenue des Champs Elysées à Paris, le président de l’AAPPMA Elorn, M. Jean-Yves Kermarrec, a reçu le Prix Charles C. Ritz – une sculpture de Les Penny et un chèque de 3000 euros, – de la main du professeur Roger Leverge, membre de l’International Fario Club et président du jury. Le 16 novembre dernier, le neuvième Prix Charles Ritz a donc été décerné à une AAPPMA dynamique qui milite pour une certaine idée de la pêche, se battant sans relâche contre les pollutions (il suffit de se rendre sur leur site pour s’en rendre compte), et en formant, à travers leur école de pêche, la nouvelle génération aux bonnes pratiques, respectueuses du milieu. Le jury récompense ainsi l’AAPPMA de l’Elorn pour tout ce qu’elle a “entrepris en faveur de la protection de l’eau, des poissons ou des rivières”. Félicitations donc à cette association ainsi qu’aux deux autres qui complètent le podium : La Truite de l’Iton (comme en 2010) et La Truite de l’Huisne.
Photo : © SP

La FNPF au Salon des maires de la Porte de Versailles
La Fédération nationale de la pêche en France (FNPF) se
rendra au Salon des maires et des collectivités locales qui se tiendra à Paris
du 22 au 24 novembre au Parc des expositions de la Porte de Versailles. Dans un
communiqué publié le 16 novembre, la FNPF explique qu’elle sera présente sur un
stand commun avec la Fédération nationale de la chasse : « Acteurs
au quotidien du développement durable des territoires, pêcheurs et chasseurs
sont les interlocuteurs privilégiés des élus locaux. Les Maires et les
responsables des collectivités locales peuvent trouver auprès d’eux, l’écoute
et l’expertise de milliers de bénévoles et de salariés dans l’accompagnement de
leurs projets impliquant des enjeux environnementaux. Présents
ensemble sur ce salon, les représentants de ces deux instances d’importance,
représentant à elles seules près de 100 000 associations locales et près de 3
millions de pratiquants, espèrent profiter de ces trois jours pour renforcer
leurs liens avec les élus locaux, et proposer leurs services au bénéfice d’un
environnement qui leur tient particulièrement à cœur».
Libye : la guerre n’a pas arrêté les pêcheurs de thons rouges
Alors qu’un conflit armé faisait rage en Libye entre les rebelles du CNT et les hommes de Mouammar Kadhafi, les pêcheurs de thons rouges ont continué à arpenter les eaux territoriales libyennes à la recherche du précieux thonidé, notamment pendant la période de reproduction. De multiples informations prouvent l’implication d’équipages européens. Selon les ONG, des bateaux venus d’Italie, d’Espagne, de France et de Malte sont concernés. La Commission européenne a déclaré que ces prises pourraient prochainement être déclarées illégales. Décidément rien ne coupe l’appétit de la pêche industrielle, pas même la guerre…

Les sept familles de la pêche – Les Viandards
Notre série de portraits de pêcheurs continue avec les “viandards”, ceux qui empilent les poissons comme on descend des pintes à la fête de la bière. En attendant les “mythos”, les “scientifiques” ou encore les “méfiants”.
par Vincent Lalu
Le petit Robert avançait bizarrement. Vu de loin, il paraissait marcher sur des oeufs, une pleine boîte d’oeufs collés sous les semelles de ses waders. « Qu’est-ce qu’il a ce con ? s’interrogea sobrement le grand Robert ». Le petit et le grand Robert – cent kilos pour 1 mètre 60 – faisaient le plus souvent équipe ensemble justifiant cette fratrie d’occasion par quelques autres points communs comme un front bas, des dents cirées à la Boyard maïs et un goût immodéré pour le vin. Le petit Robert, qui devait lui être légèrement sous les 1 mètre 60, contrairement au grand Robert qui était au-dessus, finit par arriver jusqu’à nous.
« Oh putain, je suis tombé sur le Maurice…
– …
– …heureusement, je l’ai vu en premier… »
Et le petit Robert entreprit de faire glisser les bretelles de son pantalon de pêche à la façon d’une strip-teaseuse trisomique découvrant peu à peu l’explication de sa démarche chaloupée. Les waders étaient plein de truites. Des petites, des grosses, des zébrées, des danoises, toute une friture de truites qui fumait gentiment au soleil et exhalait un étrange parfum dont les fragrances hésitaient entre l’odeur du poisson et les humeurs pestilentielles du pêcheur en cette fin de matinée néoprène.
« Pas mal pour un no-kill…» Les deux Robert se demandèrent un instant comment il fallait prendre mon compliment. Puis le grand aida le petit à arracher la botte gauche pour libérer la pauvre fario coincée entre le pied et la semelle et dont la queue était maintenant de la purée de fario. C’était elle, la cause de la démarche chaloupée du petit Robert. Il l’avait escamotée dans une jambe de son pantalon de pêche dès qu’il avait vu arriver la 2 CV du garde. Celle-là serait dure à placer. Les autres en revanche feraient des heureux. Moyennant finance ou pas, je n’en savais rien, mais il ferait des heureux à coup sûr. Car les Robert allaient maintenant tenter de trouver un ou plusieurs débouchés pour leur récolte et cette fois il ne fallait pas traîner :
pour une raison qui m’échappait, ni l’un, ni l’autre n’avait de bouille et c’était une livraison de poissons morts à laquelle ils allaient s’attaquer maintenant. Ce qui n’était pas dans leurs habitudes : en principe les Robert faisaient dans « le tout vivant ».
C’était du moins ce que l’on disait d’eux dans la région et que je croyais moi-même jusqu’à ce que les circonstances me fassent le témoin involontaire d’un spectacle auquel je n’aurais jamais dû assister. C’était un jour d’ouverture, j’étais accroupi dans un taillis des bords de la rivière où m’avait envoyé le besoin pressant d’en finir avec un mauvais repas de midi, quand une camionnette vint se garer à une cinquantaine de mètres de moi.
Un homme, que je découvris plus tard être l’un des deux Robert, en descendit, ouvrit les deux portes arrière, regarda à gauche et à droite de la route et siffla dans ses doigts. Quelques secondes plus tard, son jumeau sortait comme par magie d’un bosquet qui nous séparaient de la rivière. Il posa sa canne et entreprit de vider sa bouille dans ce qui me sembla être un réservoir à l’arrière de la camionnette. Puis le pêcheur repartit vers les buissons d’où il revint avec une filoche où remuaient furieusement une bonne dizaine de poissons. Le compte parut bon aux deux compères.
Les amortisseurs de la 4 L saluèrent en couinant l’embarquement des Robert. La petite voiture paressait maintenant ramper sur le chemin de terre, la ligne de flottaison largement enfouie dans les herbes qui bordaient la piste, emportant son triple chargement (en Robert et en truites) vers une destination assez prévisible : l’épicerie, le tabac, la buvette du village, chez Thérèse où les pêcheurs assoiffés avaient coutume de recevoir les premiers soins. Quand j’y entrai moi-même, deux heures plus tard, après être allé tenter ma chance dans le bas du parcours, sans grand succès pour cause d’heure tardive, je les retrouvai embusqués derrière un rideau de chopines vides, débattant avec Maurice, le douanier retraité, des mérites comparés de la cuiller vaironnée et du sedge à draguer. « Ça pêche pas à la même heure » répétait inlassablement Robert 1 que les deux autres n’écoutaient pas, concentrés qu’ils étaient sur un autre aspect de la discussion qui était celui du rendement : « A la vaironnée, quand ça veut rigoler, la bouille est pleine en moins d’une heure ». Je souris en pensant que Robert 2 n’avait pas à aller bien loin pour prouver ses dires. Et lui dut penser à la même chose en me voyant sourire.
« Putain, c’est ton tour d’aller changer l’eau !
– c’est surtout le moment d’y aller« , répliqua Robert 1… Et les deux hommes payèrent et remontèrent dans leur voiture en oubliant au passage de passer à la fontaine. Une demi-heure plus tard, je retrouvai la 4 L garée devant la cuisine de l’Hôtel des Voyageurs . Mes Robert étaient au comptoir et partageaient le pastis et les olives avec le patron dont je compris très vite qu’il n’avait pas voulu de leur cargaison. Ils me tournaient le dos, mais j’en voyais assez pour comprendre que tout ne fonctionnait pas comme ils l’avaient envisagé.
« Putain, Robert ! l’eau… » Robert 2 leva le bras en signe d’impuissance et engloutit avec des bruits de canalisation un bon verre de Ricard dans lequel l’eau n’avait pas non plus vraiment trouvé place. Et je vis la pauvre 4 L reprendre, après avoir miraculeusement franchi le portail de l’hôtel, le cours de ses pérégrinations. Je pensai un instant au chargement : dans quel état pouvaient bien être les truites… et les ombres ? Je décidai de suivre mes livreurs à distance. Ils s’arrêtèrent une première fois devant la fontaine de la place de l’église et je vis de loin Robert 1 remplir deux seaux qu’il déversa vraisemblablement dans le réservoir à l’arrière. Puis la 4 L reprit son cours erratique, s’arrêtant successivement devant un petit pavillon en bordure du village, puis repartant très vite pour un nouvel arrêt, très court lui aussi, au pied d’un petit immeuble, un autre encore dans une station-service, sans prendre d’essence, et un autre enfin devant l’entrée de service d’un charcutier traiteur.
À chaque fois, les deux hommes paraissaient un peu plus accablés en revenant vers leur voiture. Manifestement, les affaires ne marchaient pas. Je les suivis encore quelques instants, le temps d’une nouvelle visite éclair à l’hospice de la petite ville voisine, puis les compères arrêtèrent la pauvre 4 L devant un lavoir désaffecté. Là, ils déversèrent sur la grande margelle qui accueillait autrefois le linge des lavandières plusieurs épuisettes pleines de poissons dont la rigidité cadavérique indiquait bien qu’ils avaient mal supporté les tournées des Robert. Les deux viandards s’agenouillèrent ensuite comme des mères Denis devant leurs victimes, sortirent chacun un Opinel et entreprirent de vider leurs poissons.
Une fois débarrassée de ses tripes et de ses écailles (pour les ombres), la prise trouvait un repos bien mérité sur un lit d’orties que les compères avaient aménagé, histoire de rendre des couleurs à leur pêche, au fond d’une immense musette en osier. Puis la 4 L reprit sa route. Je me dis que le moment était sans doute venu de prospecter les proches, collègues, parents, amis, et je pensai que le cours du poisson devait être en train de chuter lourdement dans le canton. Sans nul doute, les congélateurs seraient les culs de basse fosse où leurs captures, condamnées à l’oubli, allaient devenir des mets insipides promis à une dégustation navrée. Quelquefois, on sauterait même l’étape congélateur pour aller directement à la case poubelle, quand on n’aurait pas fait un détour par la case “gastro” pour cause d’oubli sur la fenêtre.
J’avais du mal à dire à quelle catégorie de viandards appartenait mes Robert. Et des catégories, il y en a un certain nombre. Il y a les professionnels qui veulent juste faire de l’argent, les ingénus qui ne pensent pas à mal ; dans les années trente, quand mon grand-père et mon grand-oncle partaient pêcher sur la Vézère, ma grand-mère leur disait : « ne me rapportez que les petites, on fera une bonne friture… les autres ont des arêtes trop dures ». Il y a les comptables : « couvrir quatre fois le prix du permis pour que ce soit rentable », les jaloux : « la semaine dernière, machin en a pris trois de plus que moi », les misanthropes : « c’est toujours ça qu’ils n’auront pas ». Ou tout bêtement les tueurs, tuant pour le plaisir de tuer. Comme ce vieil homme invité sur un étang riche en arcs-en-ciel, à qui on avait oublié de donner une limite, et qui entassait consciencieusement ses victimes à ses pieds. « Mais vous allez manger toutes ces truites ? » « Moi ? j’aime pas le poisson. »
Street Fishing de Lyon : Jean-Michel Marcon domine chez les gones
Le dernier des quatorze opens de street fishing de l’AFCPL
2011 s’est disputé sur le Rhône avec 50 concurrents dans le cœur de la cité des
Gones. Cette étape restera mémorable avec un record de 397 poissons maillés
capturés. Le public lyonnais était au rendez-vous et a pu découvrir cette
discipline urbaine en échangeant avec les street fishers. Jean-Michel Marcon,
du Team Rapala-Shimano-G.Loomis et vainqueur de cet open, explique : « ils
viennent là à côté de vous et regardent la technique de pêche de chacun. Les
gens prennent le temps de discuter sur l’intérêt de remettre le poisson à l’eau,
sur les différentes espèces présentes et les compétiteurs sont accessibles.
C’est ça tout l’art du street, c’est qu’il se pratique au contact du public. » Au terme de sept heures de compétition,
Jean-Michel Marcon a donc remporté l’épreuve en signant un autre record :
le meilleur score jamais établi en compétition street avec 5358 points (22
perches maillées et 1 sandre de 441). Une saison 2011 qui s’achève donc en
fanfare !Résultats :
1. Jean-Michel Marcon, Team Rapala-Shimano-G.Loomis
2. Morgan Calu, team Cabela’s France
3. Jean-François Desgranges
Renseignements : www.afpcl.eu
Photo : © AFCPL