Catégorie : Actualités

  • Micropolluants et milieux aquatiques

    Micropolluants et milieux aquatiques

    Sylvain Richard aborde ici les micropolluants dérivés des métaux lourds qui se retrouvent dans les milieux aquatiques. Des informations malheureusement bien utiles dans nos cours d’eau…

    Les métaux lourds

    On appelle métaux lourds les éléments métalliques naturels, métaux ou métalloïdes , caractérisés par une masse volumique élevée, supérieure à 5 grammes par centimètre cube. Ils sont présents dans tous les compartiments de l’environnement, mais en général en quantités très faibles ; on dit ainsi qu’ils sont présents “en traces”. Ce sont ainsi près de quarante et un métaux qui correspondent à cette définition générale, dont notamment l’aluminium, l’arsenic, le cadmium, le chrome, le cuivre, le fer, le mercure, le plomb ou encore le zinc. L’appellation métaux lourds est cependant une appellation courante qui n’a ni fondement scientifique, ni application juridique. La classification en métaux lourds est d’ailleurs souvent discutée car certains métaux toxiques ne sont pas particulièrement “lourds” (le zinc par exemple), tandis que certains éléments toxiques ne sont pas tous des métaux (l’arsenic qui est un métalloïde*). Pour ces différentes raisons, la plupart des scientifiques préfèrent à l’appellation métaux lourds, l’appellation “éléments en traces métalliques” – ETM – ou par extension “éléments traces”. Parmi les nombreux métaux lourds susceptibles de contaminer les milieux aquatiques, trois éléments principaux sont particulièrement suivis : le mercure, le plomb et le cadmium. En effet, ces trois métaux présentent une certaine toxicité pour l’homme, entraînant notamment des lésions neurologiques plus ou moins graves (ils sont cancérigènes et modifient le fonctionnement du système nerveux, du sang et de la moelle osseuse).
    Tandis que tous les autres métaux ont une utilité dans le processus biologique – certains métaux (les oligo-éléments) sont même indispensables à la vie (fer, cuivre, nickel, chrome…), les trois métaux cités sont des éléments uniquement toxiques. Par ailleurs, s’ils se transportent et changent de forme chimique, ils ne se détruisent pas et ils ont une conductivité électrique élevée qui fait qu’ils sont utilisés dans de nombreuses industries. Le plomb est issu d’un minerai, la galène. L’utilisation du plomb est directement liée à la métallurgie, avec deux pics notables. À l’Antiquité, l’utilisation métallurgique du plomb a connu son apogée sous l’empire romain, lorsqu’il était utilisé pour la production de monnaie, les canalisations, la vaisselle… A tel point que ce phénomène peut être parfaitement suivi par l’analyse des glaces polaires. La révolution industrielle a entraîné de nouvelles utilisations massives de plomb. Pendant la première moitié du XXè siècle, il était utilisé dans l’industrie, l’imprimerie, les peintures. Dans la seconde moitié, son utilisation dominante était liée aux carburants automobiles, le plomb étant ajouté à l’essence comme antidétonant (cette utilisation est aujourd’hui prohibée).
    Le cadmium est un élément naturel, présent dans certains minerais (notamment le zinc) sous forme d’impuretés. Ce métal était inconnu jusqu’au XIXè siècle, jusqu’à ce que ses caractéristiques physico-chimiques soient mises en évidence et utilisées notamment dans les batteries. Il a été abondamment utilisé dans des utilisations diffuses pour protéger l’acier contre la corrosion ou comme stabilisant pour les plastiques et les pigments.
    Le mercure, quant à lui, est rare dans le milieu naturel : il se trouve sous forme de traces dans les roches. Comme le plomb, il est utilisé depuis l’Antiquité et ses capacités à s’associer à d’autres métaux ont été mises à profit pour extraire l’or. Il a aussi été utilisé pour ses propriétés biologiques, y compris biocides (tannerie, médecine pour traiter la syphilis). Extrêmement volatile, il est aujourd’hui utilisé dans la production du chlore et quelques produits de consommation ou de mesures (piles, thermomètres…).

    Les sels métalliques contaminent les milieux aquatiques

    Les métaux sont utilisés sous forme solide en alliage, lorsqu’ils se combinent avec un autre métal, ou en sels, lorsque le métal est combiné avec certains éléments non métalliques. Sans rentrer dans les détails complexes de la formation des sels métalliques, nous pouvons simplement préciser que leur formation découle d’une attaque oxydante : le métal est oxydé en un ion positif (cation) et se combine alors avec un ion négatif (anion) pour donner un sel. Les anions les plus courants pour former un sel avec les métaux sont les chlorures (de mercure, d’aluminium), les sulfures (de plomb, d’arsenic) ou encore les oxydes (de fer, de plomb). La plupart des sels métalliques sont solubles dans l’eau et c’est sous cette forme que les métaux contaminent l’environnement. L’eau est ainsi un vecteur privilégié dans la propagation des métaux lourds, car elle va entraîner des réactions chimiques plus ou moins complexes liées à son acidité, son alcalinité, sa température, son oxygénation… Même rejetés en quantité très faible, ils sont de nature à entraîner des nuisances par la coexistence des deux phénomènes de bioaccumulation – accumulation dans certains tissus d’un organisme d’un composé toxique non métabolisé et/ou excrété – et de biomagnification – concentration des composés toxiques au fur et à mesure des absorptions dans la chaîne alimentaire, augmentant par là même leur toxicité pour les organismes. Même si aujourd’hui les principaux établissements industriels se sont dotés de dispositifs d’épuration spécifique, avec plus ou moins de réussite il est vrai, l’eau des rivières et des fleuves a longtemps été l’exutoire des effluents industriels, des eaux résiduaires ou encore des déchets liquides. Actuellement, comme le rapporte un récent rapport sénatorial, tout le monde s’accorde à reconnaître que l’industrie est responsable de la quasi-totalité des rejets de métaux lourds dans l’eau.

    Les hydrocarbures et les solvants

    Les produits de combustion de matières organiques ou de dérivés du pétrole, les hydrocarbures polycycliques aromatiques, sont également des substances très toxiques rencontrées dans les eaux, parfois à des concentrations importantes. Ils peuvent provenir soit de la pollution atmosphérique, car ces composés sont fréquents à l’état d’aérosol, soit de ruissellement d’origine routière ou autoroutière, soit de colorants industriels.
    Ces substances sont connues pour contaminer l’atmosphère des zones densément peuplées ainsi que les cours d’eau importants qui irriguent ces zones urbaines. Leur présence en concentrations significatives n’a jamais été mise en évidence pour les cours d’eau de moyenne montagne ou de têtes de bassin référentielles. Les solvants ont, quant à eux, pour origine l’activité industrielle, notamment métallurgique.

    La grande famille des pesticides

    Les pesticides, utilisés dans l’agriculture et le traitement du bois, sont des substances obtenues le plus souvent par synthèse chimique, dont les propriétés toxiques permettent de lutter contre les organismes nuisibles, tout en assurant le bon développement des cultures et en préservant les rendements et la qualité des denrées alimentaires. D’un point de vue réglementaire, on distingue les pesticides utilisés principalement pour la protection des végétaux que l’on appelle produits phytopharmaceutiques ou plus communément produits phytosanitaires, des autres que l’on appelle biocides. Dès l’Antiquité, l’usage de produits pour la protection des plantes existait : Homère signalait l’action du soufre comme fumigeant, Pline l’Ancien celle de l’arsenic comme insecticide. Mais l’emploi courant de substances phytosanitaires en agriculture date du XIXe siècle et se développe avec la croissance démographique et le développement urbain. En 1939, le DDT (dichlorodiphényl- trichloro-éthane) est découvert et, à partir de là, de nombreux produits organiques de synthèse vont faire leur apparition. À partir de 1970, les problèmes de pollution dus à l’usage de produits phytosanitaires sont soulevés et, à compter de 1972, de nombreux pesticides organochlorés sont interdits, dont le DDT, l’aldrine ou la diedrine. Aujourd’hui, les substances actives utilisables en agriculture sont au nombre de 800 environ, dont environ 400 utilisées en France, et entrent dans la composition de plus de 6 000 produits. Ces produits doivent bénéficier d’une autorisation de mise sur le marché, délivrée par le ministère chargé de l’agriculture, après une procédure d’évaluation du risque pour la santé publique et l’environnement.

    * Un métalloïde est un élément qui combine certaines caractéristiques du métal et d’autres caractéristiques opposées, l’absence de conductivité électrique par exemple. L’arsenic est, par exemple, un métalloïde.

  • Flashmer dévoile ses nouveautés

    Flashmer dévoile ses nouveautés

    Flashmer achève actuellement son catalogue 2012. Prévu pour la fin du mois de décembre, vous y trouverez tous les produits développés par Flashmer, ainsi que les nombreuses marques qu’il distribue en France. En attendant, vous pouvez déjà saliver en consultant le site Internet de Flashmer, où vous pouvez consulter la liste complète des nouveautés 2012. Pour cette nouvelle saison, la marque Asso propose 15 nouveaux fils et 3 nouvelles tresses. Les grandes marques de leurres étrangers (Yo-Zuri, Lunker Cit, Bass Assassin, etc.) distribuées par Flashmer ne sont pas en reste avec de nombreuses nouveautés annoncées.

    Renseignements :

    http://www.flashmer.com

  • Les poissons et moi  : quand Pierre Perret part à la pêche…

    Les poissons et moi : quand Pierre Perret part à la pêche…

    Vous connaissez Pierre Perret, le chansonnier, celui du Zizi, des Jolies colonies de vacances ou encore de Mon p’tit Loup, vous connaissez peut-être même le Pierre Perret bon vivant et gastronome, voici Pierre Perret le pêcheur. Publié le 29 septembre dernier par le Cherche midi éditeurs, son nouvel ouvrage, Les poissons et moi, dévoile cette facette moins connu du chanteur. Avec son ton léger, il adresse ici une déclaration d’amour à la pêche, aux poissons et aux pêcheurs. En un tour du monde halieutique, vous retrouverez la tendresse et la plume d’un grand enfant de 77 ans qui reste un des grands noms de la chanson française.

    Les poissons et moi par Pierre Perret. Cherche midi éditeurs. Prix public : 17 euros.

  • La gamme Sakura s’agrandit en 2012

    La gamme Sakura s’agrandit en 2012

    La septième édition du catalogue Sakura s’enrichit de près de 650 nouvelles références et s’épaissit d’un cahier. Plus qu’un catalogue, ce pavé de 240 pages distille conseils et points de vue. Parmi les points forts de cette gamme 2012, nous pouvons citer les nouvelles cannes Furiozza Micro Guide Limited et les Sükan Neo, les moulinets Sakura casting Oxio disponibles en deux ratio et spinning Kapax, les leurres Sakura : poissons nageurs et leurres souples, soit près de 450 références au total. Autre élément intéressant : les marques internationales distribuées par Sakura en exclusivité (Gamakatsu, Molix, Ima Japan, River2Sea, Gary Yamamoto, Izumi) affichent également leurs nombreuses nouveautés dans ce catalogue. Vous pouvez le retrouver ainsi que tout l’univers de Sakura sur leur site Internet.

  • Les cannes monobrin, une mode ou un avantage réel ?

    Les cannes monobrin, une mode ou un avantage réel ?

    En quelques années, la pêche aux leurres a énormément évolué, autant en matière de leurres qu’en matière de cannes. On est passé des anciennes cannes de trois mètres à des cannes courtes ultra maniables et très légères. Parmi ces cannes courtes, on peut noter la généralisation des cannes monobrins. Cette caractéristique est-elle un réel avantage par rapport aux cannes en deux brins ?

    Par Alban Choinier

    Comme nous l’avions déjà abordé, les cannes courtes sont beaucoup plus adaptées aux maniements des leurres que les cannes longues. Les avantages sont multiples : légèreté, maniabilité, facilité d’animation du leurre (déplacement du scion plus facile à gérer qu’avec une canne longue), bras de levier plus court pour les combats… On dira pour simplifier les choses, qu’une canne est courte si elle mesure moins de 2,5m. Bien sûr, il existe quelques exceptions qui confirmeront la règle. En effet, si vous pêchez le bar en waders dans les parcs à huîtres, vous serez à l’aise avec une canne dont la longueur sera comprise en 2,4 et 2m. Mais à l’inverse, si vous pêchez du bord en Bretagne par-dessus les gros blocs de la côte de granite rose, vous aurez nécessairement besoin d’une canne de 2,7 à 3 mètres pour arriver à soustraire votre bannière des rochers.

    Les différents types d’emmanchements

    La plupart des cannes à leurres sont composées de 2 brins égaux. Ces deux brins peuvent s’emboîter l’un dans l’autre selon trois principes différents : l’emmanchement droit, l’emmanchement inversé ou le spigot. L’emmanchement droit est le scion qui vient rentrer dans le talon. Le diamètre du scion étant plus faible que le plus petit diamètre du haut du talon. C’est un type d’emmanchement que l’on peut trouver sur des anciens modèles de cannes en fibre de verre ou sur les cannes en bambou refendu. Mais nous allons voir un peu plus loin que l’emmanchement droit a été remis au goût du jour… Sur les cannes à emmanchement inversé, c’est le scion qui vient couvrir l’extrémité du talon. Le diamètre bas du scion est donc supérieur en diamètre à celui du haut du talon de la canne. Le spigot est un morceau de carbone, pouvant être plein ou creux, qui va relier le talon au scion de la canne. Le blank (la partie en carbone de la canne) a été coupé en deux, le tube de carbone (le spigot) est collé dans le talon et s’emboîte dans le scion. Dans ce cas, le diamètre du scion et du talon sont similaires au niveau de l’emmanchement.


    Avantages et inconvénients de ces emmanchements

    L’emmanchement droit, quand il est placé en milieu de canne, crée une surépaisseur importante qui donne une zone dure qui brise l’action du blank. L’emmanchement inversé est très fiable, très solide et insensible à l’usure : quand les brins s’usent, le talon entre un peu plus profondément dans le scion et compense la perte de matière. Mais il peut modifier l’action des cannes destinées aux pêches légères, c’est pourquoi il est le plus souvent utilisé sur les cannes destinées à des pêches fortes. L’emmanchement par spigot est plus technique à mettre en oeuvre mais il permet de préserver au mieux l’action des cannes de puissance faible à moyenne. Par contre, il est plus fragile et sensible à l’usure. Les constructeurs gardent toujours sur les spigots un centimètre de carbone libre afin de compenser une future usure. En fait, c’est assez rare d’user complètement un spigot (jusqu’à ce que le talon et le scion se touchent). Malheureusement, la canne tombe souvent sur un « accident de parcours » avant cette échéance… En résumé, quel que soit le type d’emmanchement, il va toujours modifier en partie l’action de la canne.

    Simplicité rime avec efficacité !

    En règle générale, les solutions les plus simples sont souvent les meilleures. Cet adage est particulièrement vrai en ce qui concerne les cannes : une canne en un seul brin sera toujours plus performante qu’une canne en plusieurs brins. Nul besoin d’explications ultratechniques, ni de formules mécaniques complexes, cette constatation est évidente et saute aux yeux. Une canne monobrin sera :
    – Plus légère, car les emboîtements quels qu’ils soient ajoutent toujours un petit surplus de carbone.
    – Plus puissante qu’une canne similaire en deux brins, car il n’y a aucune perte de force dans une liaison.
    – Plus solide, car les emmanchements sont des points de faiblesse – Plus précise dans les lancers. En effet, le nerf du blank est respecté sur sa totalité et les torsions sont moindres.
    – Son action sera complètement préservée du fait d’un blank de carbone monobrin.
    – Meilleure en distance de lancer du fait de l’absence d’emmanchement qui absorbe une partie de la restitution des forces.
    – Plus sensitive. En effet, la moindre petite touche est directement transmise dans la main du pêcheur.
    En bref, une canne monobrin est plus performante, et de loin, qu’une canne multibrins !


    Peut-on sentir la différence ?

    C’est une question importante : peut-on sentir la différence dès la prise en main entre deux cannes (l’une en 2 brins et l’autre monobrin) de même puissance annoncée et de même longueur ? Sans parti pris et en toute objectivité : oui ! La différence se ressent très rapidement. Les cannes monobrins sont plus légères et généralement équilibrées différemment. Quand vous prenez en main une canne en deux brins (sans moulinet), elle a souvent tendance à « piquer du nez ». C’est une sensation due au poids situé vers le scion. Cette sensation est inexistante sur les cannes monobrins. L’autre sensation que l’on ressent immédiatement est une impression de « raideur ». A la prise en main, les cannes monobrins donnent l’impression d’être plus raides que leurs homologues en deux brins. En réalité, la force est mieux répartie sur l’ensemble du blank et cette sensation est souvent due à une différence d’action. Généralement les cannes monobrins sont plus rapides que les deux brins. Donc pour une puissance annoncée similaire, la canne monobrin vous donnera une impression plus importante de « raideur ».

    Un problème d’encombrement

    Il faut bien qu’il y ai un désavantage aux cannes monobrin…et celui ci est majeur : l’encombrement ! En effet, le problème du transport est le seul point noir. Autant il est agréable de pêcher avec une canne monobrin de 2 mètres, autant la transporter devient rapidement un casse tête. C’est d’ailleurs pour cette raison que seule les cannes de 2,10 mètres et moins sont déclinées dans des versions monobrin. Cette longueur correspond à peu près à celle de la plupart des habitacles des véhicules. Mais en réalité, l’avantage d’une canne monobrin pour les pêches en eau douce est surtout valable pour des longueurs de 2,10 mètres et moins. En effet, sur des cannes de 2,40 mètres ou 2,70 mètres, le poids de l’emmanchement, ainsi que son influence sur l’action de la canne, sont dilués sur la longueur et se révèlent moins gênant que sur une canne plus courte.

    Le talon amovible : une solution !

    L’une des solutions trouvées par les fabricants pour limiter ce problème d’encombrement est d’intégrer un talon amovible. Le blank reste en un seul tenant (donc monobrin avec tous les avantages), mais il vient s’emboîter avec un emmanchement droit dans le talon, qui comprend seulement les poignées et le porte moulinet. On peut gagner facilement, suivant le type et la puissance de la canne, de 35 à 60 cm d’encombrement en moins. C’est la solution que l’on trouve en France sur la plupart des cannes de plus de 7 pieds (2,10 mètres) comme celles distribuées par Illex, Sakura, Smith, Zenaq, Tenryu et bien d’autres. Comme nous l’avions vu auparavant, l’emmanchement droit modifie d’une façon importante l’action des cannes. Mais étant donné que le blank s’emboîte dans le talon de la canne et que cette partie précise n’est pas amenée à plier, le problème ne se pose plus. De nombreuses cannes pour l’eau douce sont montées selon le principe talon + blank. Mais c’est pour les pêches exotiques très fortes que cette solution est la plus employée. Les sollicitations mécaniques sont tellement fortes, les poissons tellement puissants et les puissances de freinages tellement importantes que seules les cannes monobrin tiennent le choc.


    Que choisir ?

    En termes de pêche, la réponse est évidente : les cannes monobrins surpassent de loin les autres cannes en plusieurs brins. Mais ceci est valable pour les cannes de 2,5 mètres et moins. En fait, l’idéal serait de posséder des cannes monobrins ainsi que des cannes de même puissance en deux brins pour les voyages. Ceci étant bien sûr simplement limité par le côté financier ! Les cannes monobrins viennent réellement d’apparaître en France depuis 2 années et encore peu de pêcheurs en sont équipés. On trouve d’excellentes cannes monobrins très bien montées pour moins de 200 euros. Il existe pour toutes les pêches aux leurres que nous pratiquons en France ou à l’étranger des cannes monobrins appropriés, de la truite en passant par le brochet ou le bar. Essayez une canne courte monobrin, elle vous semblera trop courte les dix premières minutes et vous ne pourrez plus vous en passer après quelques heures d’utilisation !

  • La Fédération de pêche de la Haute-Vienne crée son team

    La Fédération de pêche de la Haute-Vienne crée son team

    La Fédération de pêche de la Haute-Vienne organise depuis plusieurs années des stages de pêches durant les vacances scolaires à l’attention des jeunes âgés de 8 à 16 ans (8 stages de 4 jours et 82 jeunes cette année). Elle se lance aujourd’hui également dans la compétition de pêche. Alors qu’une des AAPPMA du département, « Les Ponticauds », organise depuis trois ans un open AFCPL « Street Fishing » sur les bords de la Vienne à Limoges, elle s’est rendue compte que très peu de pêcheurs de la région osaient se confronter aux compétiteurs du circuit.

    En novembre elle a donc organisé une compétition destinée aux pêcheurs locaux. La Fédération a alors eu l’idée de créer un « Team FD87 » composé de jeunes mordus de pêche issus des stages. Dans l’optique de créer une identité à cette nouvelle équipe, des sweat-shirts ont été réalisés. Floqués « Fishing Attitude », ils transmettent une certaine idée de la pêche, c’est-à-dire, une attitude de pêche responsable. Cinq binômes de jeunes ont donc participé à cette nouvelle compétition le dimanche 6 novembre. Selon les animateurs « Les résultats n’ont pas été au rendez-vous ce jour là, mais pour cette première, l’important était d’être présents au bord de l’eau tous ensemble ». Bonne chance donc à ce tout nouveau team !

    Contacts :

    Les animateurs Julien BARRET et Julien PACHERIE de la Fédération de pêche 87

    31, rue Jules Noël

    87100 LIMOGES

    Tel : 05 55 06 34 77

    [email protected]

    www.federation-peche87.com

  • Pêche et pêcheurs d’antan : voyage au bout de la nostalgie

    Pêche et pêcheurs d’antan : voyage au bout de la nostalgie

    Les éditions Alan
    Sutton viennent de publier un ouvrage richement illustré qui comblera les
    nostalgiques de la pêche de nos aïeux : Pêche et pêcheurs d’antan.
    L’auteur, Christian Quatre, a réalisé un travail de documentation qui
    plonge le lecteur dans un passé halieutique qui semble aujourd’hui si lointain.
    On parcourt ces pages comme on remonte le temps. Les photos couvrent une
    période de plus de quarante ans, de 1900 à 1941, et présentent les habitudes des pêcheurs en eau
    douce, qu’ils soient amateurs ou professionnels. A la canne ou au filet, en
    habit du dimanche ou décontracté, scène de la vie quotidienne ou sujet posant
    pour la postérité : la nostalgie ne fait ici pas de détails.

    Pêche et pêcheurs d’antan de Christian Quatre. Editions Alan Sutton. Prix
    public : 19,90 euros

  • Le salon nautique de Paris a ouvert ses portes

    Le salon nautique de Paris a ouvert ses portes

    Le rendez-vous annuel des amoureux du nautisme, le Nautic, a
    ouvert ses portes au Parc des expositions de la Porte de Versailles à Paris. Du
    3 au 11 décembre, vous pourrez rêver du grand large et profiter de l’espace
    consacré à la pêche et conçu en partenariat avec Navicom. En tout, ce n’est pas moins de 1 200 exposants et 1 400
    marques qui seront présents sur le salon. L’année dernière, l’événement avait
    attiré plus de 226 000 visiteurs.

    Renseignements :

    www.salonnautiqueparis.com

  • Pêche : un nouveau Fonds européen pour 2014-2020

    Pêche : un nouveau Fonds européen pour 2014-2020

    La Commission européenne (CE) a proposé un nouveau Fonds pour les politiques de l’Union européenne en matière d’affaires maritimes et de pêche pour la période 2014-2020 : le Fonds européen pour les affaires maritimes et la pêche (FEAMP). « Il contribuera à la réalisation des objectifs de la réforme de la politique commune de la pêche et aidera les pêcheurs dans leur transition vers une pêche durable, ainsi que les communautés côtières dans la diversification de leurs économies« , rapporte le communiqué de la CE. Ce fonds permettra de cofinancer des projets avec les Etats membres. Ceux-ci devront présenter devant la Commission un plan détaillant comment ils entendent employer ces financements. Une fois celui-ci approuvé par la Commission, l’Etat membre pourra choisir quels projets seront effectivement à financer.

    Les formalités administratives seront simplifiées pour faciliter l’accès des bénéficiaires au financement. Mme Maria Damanaki, commissaire européenne chargée des Affaires maritimes et de la Pêche, a déclaré à ce propos : «Ce nouveau Fonds renforcera la croissance économique et créera des emplois dans le secteur. Plus aucun fonds ne sera alloué à la construction de grands navires. La petite pêche artisanale et l’aquaculture bénéficieront de cette écologisation budgétaire de la politique commune de la pêche.» Ce nouveau Fonds remplacera le Fonds européen pour la pêche (FEP) ainsi qu’un certain nombre d’autres instruments. L’enveloppe proposée s’élève à 6,5 milliards d’euros pour la période 2014-2020. En tout cas, la CE entend en finir avec une augmentation des capacités de pêche portée par les évolutions techniques qui ont contrebalancé la baisse du nombre de bateaux. Maintenant, il reste aux Etats membres de jouer le jeu.

  • La fantastique aventure de la pêche aux leurres

    La fantastique aventure de la pêche aux leurres

    L’équipe de Pêches sportives a pris un “virage” important il y a quelques années en prenant la décision d’ouvrir ses pages à la pêche aux leurres. On ne s’y était pas trompé, car cette pêche est aujourd’hui en plein essor. Pour vous permettre de mieux la comprendre, nous avons réalisé un dossier retraçant l’historique de cette pêche, présentant sa situation actuelle, ses orientations et son évolution.

    Dossier réalisé par la rédaction

    A Pêches sportives, nous avons toujours eu plaisir à pratiquer différentes techniques de pêche, de la pêche au coup, à la pêche en mer, en passant par la mouche et la recherche des carnassiers d’où le nom initial du journal créé en 1996. Si la pêche à la mouche occupe toujours une place de choix dans notre magazine, il nous semblait évident qu’une technique aussi proche dans l’esprit que la pêche aux leurres devait également y figurer. La pêche aux leurres a le vent en poupe pour diverses raisons. Premièrement, elle est facile à mettre en oeuvre. Une boîte à leurres dans un petit sac à dos, une bobine de fluorocarbone pour les bas de lignes, quelques petits accessoires, une canne, un moulinet et c’est parti ! Grâce à elle, certains pêcheurs ont redécouvert une pêche citadine, pratiquée durant une paire d’heures, autant pour “prendre l’air” que pour prendre de magnifiques poissons. Deuxièmement, la dégradation des cours d’eau à truites dans nombres de régions françaises, a naturellement poussé les pêcheurs à la mouche à se tourner vers une autre technique. C’est le cas par exemple de bien des pêcheurs bretons, qui ont su profiter du développement de la pêche du bar aux leurres. Idem en Alsace, suite à l’expansion récente des populations d’aspes.

    Le leurre dans l’histoire

    Si depuis une dizaine d’années, il existe dans notre pays comme un peu partout en Europe d’ailleurs, un formidable engouement pour la pêche aux leurres, l’utilisation d’appâts artificiels pour capturer des poissons remonte à l’aube de l’humanité. Des leurres en ivoire de morse vieux de plus de 4000 ans (datation au carbone 14) étaient utilisés par les ancêtres des inuits de la Baie d’Hudson pour prendre sous la glace saumon et ombles arctiques. Depuis bien avant la découverte des civilisations polynésiennes par le capitaine Cook, celles-ci utilisaient des leurres en nacre ou en os de baleine pour capturer à la traîne thons, thazards, coryphènes et autres grands prédateurs marins… Et si nos ancêtres préhistoriques dont la survie du clan dépendait bien souvent du succès de la pêche, vouaient aux leurres de pêche en os, nacre ou ivoire, un véritable culte de l’objet qui ne devait pas seulement être efficace mais beau, de nombreux pêcheurs modernes fétichisent sur le leurre en tant qu’objet à collectionner. Il faut attendre le début du XIXe siècle pour voir apparaître les premiers leurres de pêche sportive ou récréative. Leurre universel s’il en est, la cuiller métallique, ou du moins son utilisation pour la pêche, nous viendrait d’Angleterre. L’histoire raconte que l’épouse d’un lord qui accompagnait son époux sur la barque alors qu’il pêchait dans un des lacs de son domaine, laissa tomber par inadvertance, une cuiller de pique-nique en argent par dessus bord, et la voyant tournoyer en coulant vers le fond, un brochet s’en saisit… En France, ce mode de pêche est mentionné pour la première fois par Charles de Massas dans son célèbre ouvrage “le pêcheur à la mouche artificielle et à toutes lignes » paru en 1859 à Paris. « Nous venions de déjeuner et le gloria normand flambait dans nos tasses. Vous voyez cette petite cuillère me dit mon ami en me présentant celle dont il venait de se servir pour remuer son café. Hé bien, avec elle je vous ferai prendre des perches et des brochets. Seulement il faudra lui enlever son manche et percer deux trous, l’un en haut, l’autre en bas, à ses deux extrémités. Je n’avais jamais entendu parler d’un semblable instrument, et l’incrédulité plus encore sur l’étonnement se peignait sur ma figure. Je ne plaisante pas, reprit mon ami, et pour vous en convaincre voici une cuillère toute disposée et qui m’a été envoyée d’Angleterre, pays où ce genre de pêche est pratiqué partout. Mon ami monta sa ligne à moulinet et y adapta le bas de ligne qui portait la cuillère. Grâce à sa forme et à la résistance qu’elle opposait à l’eau, la petite cuillère tournait avec une vitesse extrême, même en eau morte. Après quelques coups lancés surtout pour mouiller la ligne, il continua et prit onze perches, plus un brocheton de trois livres”.
    En France, la société Mepps, premier fabricant mondial de cuillers a été créée en 1937 et malgré un nom à consonance anglo-saxonne, était tout ce qu’il y a de plus française, même si elle a été récemment, compte tenu du succès de ses productions, rachetée par des capitaux américains. Mepps signifie en effet Manufacture d’Engins de Précision pour la Pêche Sportive. Mais les leurres les plus connus dans le monde sont certainement les Rapalas, fabriqués à l’origine en Finlande et dont le nom de marque tout comme frigidaire est passé dans le langage courant comme synonyme de leurre. Aux Etats-Unis, on estime à plus de 30 millions le nombre de pêcheurs aux leurres, et les chiffres d’affaires générés par cette industrie à plus de 50 milliards de dollars… En eau douce, le poisson le plus recherché dans le monde par les pêcheurs aux leurres est de loin le black-bass. En France, la truite vient certainement en tête suivie par le brochet, la perche et le sandre. En eau salée, sur nos côtes c’est le bar ou loup méditerranéen qui est l’espèce la plus recherchée par les pêcheurs plaisanciers. Les plus grands poissons marins comme les thons ou les marlins peuvent se pêcher aux leurres. Pour les Inuits, les poissons comme tous les êtres vivants ont une âme et cette «inua» apprécie d’être tuée à condition que ce soit par un bel objet, d’où la beauté des leurres eskimo.


    La belle histoire de Lauri Rapala

    Un des événements les plus marquants de l’histoire de la pêche aux leurres concerne le créateur d’un leurre devenu une véritable légende. Il s’agit du Finlandais Lauri Rapala, né en 1905 dans le centre de la Finlande. Cette région plate très boisée regorge de centaines de lacs, à la limite du cercle arctique. Les lacs sont ici très froids et les poissons comme les brochets, truites, perches et corégones ont une croissance lente. A l’âge de sept ans, Lauri et sa mère Mari se sont installés dans la paroisse de Asikkala à soixante kilomètres de Helsinki. En s’inscrivant dans le registre de la paroisse le prêtre oublia le nom (Saarinen) de Mari et y inscrit à la place le nom de leur village d’origine Rapala. En finlandais Rapala signifie « boue ». Au début des années 20, Lauri rencontra Elma Leppanen qui travaillait aussi comme bonne pour la maison Tommola. Le couple se maria en 1928 et emménagea chez les parents de Elma dans le village voisin de Riihilahti. Ils y restèrent jusqu’en 1933. Dans ces années de pénurie et de crise économique, Lauri travailla comme bûcheron l’hiver et comme pêcheur professionnel ou ouvrier agricole l’été. A la pêche, Lauri posait des filets pour le corégone et des lignes de fond pour le brochet et la perche, les captures étant vendues au marché local. Lauri pêchait aussi la truite à la traîne avec un appât, trois truites pour plus de 4 kg rapportait au marché l’équivalent de deux semaines de travail à l’usine. Le travail de pêcheur était rude et solitaire, cela éprouvait constamment Lauri, mais comme il le dit plus tard à ses enfants, au moins il était “libre”. Lauri utilisait une ligne de traîne équipée d’un millier d’hameçons, celle-ci était destinée aux perches et brochets. La ligne était traînée derrière une barque à rames appelée Soutuvene. Les hameçons étaient eschés de vairons que Lauri capturait dans un lac de la forêt avoisinante. Après de nombreuses années, Lauri constata que quelque chose distinguait le vairon se faisant attaquer parmi un banc entier. Cette observation d’une nage ondulée légèrement décentrée d’un poisson blessé ou malade allait changer la vie de Lauri. « Notre père comprenait vraiment la pêche », dit Risto. Il reconnaissait les relations entre la topographie des fonds et la localisation des poissons. Il apprit comment les poissons se nourrissaient et comment ils se déplaçaient d’une zone à une autre. Il pensait qu’un leurre pourrait l’aider à capturer plus de poissons et gagner plus d’argent. Un leurre bien fait éviterait aussi de constamment escher les lignes avec des vairons. Les vairons meurent, un leurre ne meurt pas. Alors Lauri tailla, coupa et forma du bois jusqu’à ce qu’éventuellement un leurre commence à prendre forme. Lauri travailla dur, mais son désir initial de simuler un poisson malade échoua. Il observa que son leurre n’avait pas la nage désirée d’un poisson blessé. Il continua d’expérimenter avec divers montages d’hameçons et de bavettes en tôle de gouttière. Finalement, en 1936 avec un couteau de cordonnier, une lime et du papier de verre, il forma dans du bouchon son premier leurre adéquat. L’extérieur du leurre était recouvert de papier aluminium de barre chocolatée et de fromage emprunté chez le voisin. Le vernis n’étant pas disponible Lauri fondit du film négatif photographique afin de protéger la surface du leurre. Ce premier leurre existe encore de nos jours, il est noir de dos, doré sur les flancs et blanc dessous, tout comme les vairons du Lac Paijanne. Une fois terminé le leurre fût traîné avec une ligne attachée au bout de son pouce afin d’éviter la perte du leurre. Il imitait si bien un vairon que les truites et brochets ne tardèrent pas à se jeter dessus. La petite entreprise familiale qui fabriquait à la main environ 1000 leurres par an connu le succès que l’on sait et devint dès les années 1970 le premier fabricant de poissons nageurs au monde.


    Des leurres à récupération irrégulière

    Les leurres Rapala comptent des modèles légendaires comme le Countdown (une référence pour la pêche de la truite), le Magnum qui a permis de prendre des milliers de poissons dans les eaux tropicales ou le Shad Rap avec sa longue bavette qui offrait à l’époque de sa sortie la possibilité de pêcher plus en profondeur. Les leurres Rapala ont connu le succès sur tous les tableaux, de la pêche de la truite en ruisseau jusqu’à la pêche à la traîne en mer. Mais les leurres Rapala sont conçus sur un principe qui n’autorise pas une récupération très variée. On peut agrémenter leur récupération d’arrêt (stop and go) mais dans l’ensemble, leur nage est bien rectiligne.  Parallèlement la marque américaine Creek Chub s’était spécialisé depuis longtemps dans la mise au point et la fabrication de leurres en bois à hélices (plugs) ou du genre popper, avec également un grand succès. En Europe, Hardy occupait également le secteur des leurres en bois dès le début du XXe siècle. Tous ces leurres fonctionnaient sur le principe quasi identique d’une nage rectiligne. C’est ce qui a poussé les pêcheurs américains et japonais, grands amateurs de pêche au black-bass à développer des gammes de poissons nageurs pouvant être animés par le pêcheur. Cela c’est fait naturellement, face à des populations de black-bass de plus en plus difficiles à leurrer au pays du no-kill et des grands tournois médiatisés. Ainsi sont apparus des poissons nageurs de toutes sortes, aux qualités vraiment nouvelles. L’élaboration des premiers modèles a pris des mois, voire des années. Les formes, les densités, les matières utilisées ont fait l’effet d’une bombe dans le monde de la pêche aux leurres. En France, il aura fallu attendre le début des années 1990 pour commencer vraiment à profiter des premiers modèles importés du Japon ou d’Amérique du Nord. Le leurre de surface Lucky Craft Sammy 100 ainsi que le Heddon Super Spook se sont arrachés dès leur arrivé sur l’ensemble du littoral français. Leur nage en zig-zag, leurs corps équipés de billes sonores ont surpris les bars, qui ne s’attendaient sans doute pas à un tel effet ! Les importateurs se sont vite retrouvés débordés par ces deux leurres qui se sont vendus comme des petits pains. Avec le développement d’Internet, le marché de l’occasion s’emballe entre les périodes d’approvisionnement pour ces deux modèles et les prix atteignent cinq à huit fois celui du neuf ! Vers le milieu des années 1990, les choses s’accélèrent et l’on voit apparaître en France comme dans tous les pays où la pêche sportive est développée, de larges collections de poissons nageurs nouvelle génération. Certains pêcheurs français se sont intéressés de près à cette évolution bien avant le développement que l’on connaît désormais.
    C’est le cas de Franck Rosmann, président de l’association Black Bass France (BBF), ou de Hiroshi Takahashi, venu du pays du leurre s’installer en France au départ pour ces études et qui aujourd’hui développe le département leurre chez Illex (Sensas). Tous deux ont largement contribué à travers leurs articles, leurs rencontres et leurs animations la faire connaître cette technique auprès des pêcheurs français.
    Après les leurres de surface, ce sont les modèles à bavettes, (jerk bait, que l’on peut traduire par “appât à faire danser ”) qui font leur apparition dans l’Hexagone. Et là non plus, nous ne serons pas déçus ! Toujours pour la pêche du bar Lucky Craft, propose un leurre best seller, qui ne laisse personne indifférent, le Flash Minnow. Vincent Debris, le célèbre détaillant parisien (Des Poissons Si Grands), nous confiait il y a peu : “sur dix leurres pour la pêche du bar nous vendons six ou sept Flash Minnow…”. Si ce leurre est devenu un classique dans de nombreux pays, son succès en France s’explique par le fait qu’il n’avait à l’époque quasiment aucun concurrent. Le principe du Flash Minnow, surtout avec la version suspending (qui reste à la même profondeur lorsqu’on arrête sa récupération) est le fruit d’une longue recherche. S’il peut être utilisé en traîne lente, le Flash Minnow prend une tout autre allure lorsqu’on l’anime. C’est purement un leurre pour la pêche au lancer. Scion au ras de l’eau, les mouvements imprimés à la canne animent le leurre. Le rôle du moulinet étant réduit à avaler le “mou”.
    Selon la variété des animations (twitching ou jerking), le leurre se décale tantôt à droite, tantôt à gauche, plonge brusquement, ou au contraire remonte pour marsouiner en surface ! Le succès du Flash Minnow tient en un équilibre subtil, dont dépend la répartition des différents lests qui le composent. On y trouve, un lest fixe en cuivre au centre (en bas), deux billes métalliques dont une qui circule dans le canal et qui a deux fonctions. Premièrement pouvoir se placer à l’arrière du leurre afin de le stabiliser lors du lancer et deuxièmement revenir à l’avant lors de la récupération pour donner la bonne inclinaison au leurre tout en battant le rappel en tapant contre les parois. Dans la tête du Flash Minnow sont logées deux billes en verre et une bille métallique, les trois de petites tailles. Le son produit et cette fois très clair. Dans l’eau, on parle de sons à hautes fréquences pour les sons aigus, et de basses fréquences pour les sons graves. Le mélange des fréquences qui s’échappent du Flash Minnow contribue sans doute beaucoup à son efficacité.
    Toutes les marques japonaises proposent des jerk baits souvent très performants. Citons chez Illex le Jason S, le Squad Minnow 95 SP, la série des Arnaud (flottant, coulants et suspending), ou encore la série des Squirrell, tous excellents dans leurs domaines. Le Vision de Megabass est un incontournable tant en eau douce qu’en mer. Chez Smith, le Saruna, flottant ou suspending est un concurrent du Flash Minnow, tout comme le Smith Wavy. Les jerk baits donnants de bons résultats sur le bar sont aussi très efficaces sur les brochets, même si les fabricants ont développé des modèles spécifiques pour cette espèce, comme l’incontournable Lucky Craft (encore eux nous direz-vous…) B’Freeze, un jerk bait plus haut en section que les modèles pour le bar, ce qui génère des déhanchements plus lents et plus marqués, ainsi qu’un effet de rolling, révolutionaire à l’époque. Les modèles à longues bavettes (longbill minnows et crankbaits) ont permis d’explorer des couches d’eau plus profondes, jusqu’à 4 mètres environ et là encore le choix est large, avec parfois des produits qui sortent de l’ordinaire par leur conception (Zenith Bullet, Staysee Lucky Craft, DUO Cranck Minnow, Megabass Deep X 200 T, Hi-Dep Crank River2Sea, Deep Little N et DD22 de Bill Norman) sur lesquels on peut compter. L’ancêtre des crankbaits est le Helin Flatfish, tout droit sorti de l’imagination de l’Américain Charles Helin dans les années 30. Les poissons nageurs à bavettes étant toutefois limités en profondeur, il fallait bien trouver un moyen de continuer “l’exploration”.
    La solution fut trouvée avec les lipless, des leurres sans bavettes, coulants, et qui peuvent s’utiliser jusqu’à environ 10 mètres. Les lipless sont déclinés en différentes tailles pour la pêche de la perche, du brochet ou du bar. Ces leurres étant particulièrement dense, leur taille est limitée à environ 90 mm pour une trentaine de grammes. Ils sont dans la plupart des cas généreusement équipés de billes sonores qui font merveille notamment sur les brochets. Ici s’arrête (pour le moment car les recherches sont permanentes) le domaine des poissons nageurs. Il est possible de pêcher beaucoup plus en profondeur avec des leurres durs, mais cette fois avec des jigs, dont l’ancêtre n’est autre que le poisson d’étain. Encore peu exploitée par les français, et pour finir en beauté, il est bon de promouvoir la pêche aux crankbaits très peu plongeants (dont les fameux Fat Rap et autres Plucky et Floppy furent parmi les premiers à nager dans nos eaux) et aux plugs de sub-surface (Lucky13 de Heddon) Cette pêche, riche en émotions, se distingue un peu de la pêche au topwater purs car ces leurres remuants aux formes farfelues (comme aimait à les créer Fred Arbogast dès les années 30 outre Atlantique mais apparus dès la fin des années 1800 sous les marques Pflueger, Oreno, Shakespeare qui perdurent encore aujourd’hui) se récupèrent au moulinet, sans trop d’animations. Sur un leurre en mouvement, les attaques sont d’autant plus violentes que celui-ci perturbe, par son action, le territoire d’un prédateur ! Décharges d’adrénaline garanties. (Illex Bunny, Kazzla Imakatsu, Cicada Pop et Kranky S43 River2Sea).


    L’avenir de la pêche aux leurres souples

    La pêche aux leurres souples est historiquement moins ancienne que la pêche aux poissons nageurs, mais pour les pêcheurs français, elle s’est pratiquée intensivement avec le développement du sandre dans les années 1980. Les produits Mister Twister, développés par la société Mepps, sont donc bien connus, tout comme les leurres souples de la société française Delalande. Mais là encore, les Japonais et les Américains ont développé intensivement le monde des leurres souples en variant les formes, les matériaux et surtout en incorporant des attractants dans les leurres. Aujourd’hui, plus aucune marque ne propose de leurres souples sans variantes avec attractant (sel, extraits de crustacés…), qu’il s’agisse de Gary Yamamoto, Berkley, AMS, Storm, Mann’s, Illex, River2Sea, ou Megabass. Les attractants ont pour but de rendre les leurres souples moins artificiels lorsque les poissons s’en emparent, et évitent ainsi des ratés à la touche, mais aussi d’en modifier la densité (sel). Avec le sandre toujours tatillon, c’est un plus indéniable, surtout s’il s’agit de montages à plombée coulissante. Le montage texan est sur ce point parfait, le plomb en forme de balle coulisse librement devant le leurre, et son hameçon simple spécial reste des plus discret car sa pointe immerge à peine du corps du leurre. Ce montage transposé à la pêche du sandre a été imaginé pour permettre de pêcher les black-bass sur des postes très encombrés d’obstacles. Cela démontre une fois de plus que le développement et la conception des leurres souples ou durs est étroitement lié à la pêche du blackbass.
    Depuis une vingtaine d’années, les principales évolutions techniques apportées aux leurres proviennent de cette pêche en raison d’une part de l’extraordinaire faculté d’adaptation du black-bass à se méfier des leurres qu’il connaît et d’autre part en raison des enjeux que représente la pêche sportive de ce poisson aux Etats-Unis et au japon. Certains tournois sont dotés de primes colossales qui peuvent atteindre un million de dollars ! Cela incite à bien pêcher ! La pêche aux leurres souples c’est la liberté. La liberté des formes, des montages, des profondeurs de pêches, etc. Tout est donc possible aussi bien en mer qu’en eaux douces. A tout cela vient s’ajouter des prix moins élevés que ceux des poissons nageurs. Cela explique que la pêche aux leurres souples se développe fortement en France et ailleurs. Que ce soit pour le brochet, le sandre, la perche, le blackbass ou le bar, jamais nous n’avons disposé d’un tel choix de modèles et d’une aussi grande variété de montages. Et comme en matière de matériel de pêche, tout n’est qu’un éternel recommencement, nous voyons arriver sur le marché des leurres “hybrides” mi poissons nageurs, mi leurre souple. Illex, Storm ou Megabait ont développé ce marché relativement nouveau pour les pêcheurs français et qui a l’air de mieux percer sous la forme de big baits que sous celle des crankbaits et des minnows.


    Le cas de la pêche du bar

    L’époque faste de la pêche du bar aux poissons nageurs citée ci-dessus fut de courte durée. Devant l’engouement qu’a suscité l’arrivée des premiers leurres de surface nouvelle génération (Sammy, Super Spook, Z-Claw, Bonnie…) il y a une quinzaine d’années, nos bars ont très vite appris à se méfier de ces drôles de proies sonores, comme ils l’avait fait auparavant avec les poissons à hélices (le fameux Big-Big ou les MirrOlure par exemple). Il faut savoir qu’un bar grandit très lentement. Un poisson de cinq kilos peut avoir plus de vingt ans. Autrement dit, les juvéniles d’il y a quinze ans ont par fougue, agressivité ou nécessité alimentaire, pour la plupart connu la désagréable surprise de se retrouver clavé sur les deux, voire trois hameçons triples que comportent ces leurres. Ils ont eu le temps d’apprendre (pour ceux qui ont échappé aux pêcheurs professionnels ou de loisirs). Depuis trois ou quatre ans, le constat est général sur les zones les plus pêchées, les poissons nageurs engendrent de nombreux refus, et les poissons qui suivaient les leurres jusqu’au bateau font désormais demi-tour beaucoup plus tôt ! Premier enseignement, les billes sonores qui attiraient tant les bars par le passé sont un inconvénient par mer calme. Les pêcheurs en sont venus pour certains à percer leurs Sammy ou leur Super Spook pour coller les billes à l’intérieur de façon à ce qu’elles ne bougent plus ! Un leurre de surface non bruiteur comme le Smith Zip Sea Pen a trouvé d’un coup de nombreux preneurs. Nous avons vécu cette expérience avec le guide de pêche Thierry Patin-de-Saulcourt dans la région de Morlaix, par une mer d’huile. La différence était flagrante entre les leurres bruiteurs et les autres. Second enseignement, après les leurres de surface, les jerkbaits, long-bills, et autres lipless, les bars ont été très (trop ?) sollicités avec des poissons nageurs dans toutes les couches d’eau jusqu’à environ 8 ou 10 mètres. Certes, les poissons nageurs continuent de prendre des bars, mais l’époque des pêches faciles semble révolu surtout par “petit temps”. Lorsque la mer est formée et que la houle vient se briser sur les rochers, un poisson nageur sera pris plus facilement s’il évolue dans l’écume qu’au milieu d’une eau cristalline non agitée. Alors, la nouvelle tendance est de les pêcher aux leurres souples, surtout en dessous de cette profondeur, c’est-à-dire là où ils sont plus tranquilles, jusqu’à une profondeur qui peut dépasser les trente mètres… La qualité du sport y perd beaucoup, fini les belles attaques en surfaces, car c’est avant tout une recherche à l’écho sondeur. En revanche la pêche du bar aux leurres souples reste très agréable à pratiquer dans peu d’eau. Moins “artificiels” que les poissons nageurs, silencieux, les leurres souples sont des armes redoutables pour prendre des bars méfiants. Les modèles qui conviennent pour la pêche du bar sont fort nombreux. Ils imitent des petits poissons ou des civelles, avec plus ou moins de réalisme au niveau des formes et des couleurs. Associés à des têtes plombées de différentes formes, leur nage est des plus excitantes.


    Un nouveau venu, l’aspe !

    Peut-être ne connaissez-vous pas ce cyprinidé très particulier originaire du bassin du Danube et de l’Elbe. L’aspe (Aspius aspius), est donc un cyprinidé principalement carnassier. Sa présence dans le Rhin est signalée depuis au moins vingt à trente ans, mais jusqu’à la fin des années 1990, elle était plutôt anecdotique. L’aspe est arrivé dans les eaux du Rhin par les canaux et son développement soudain est sans doute imputable aux plusieurs années de canicule qui ont marqué les premières années 2000. Toujours est-il qu’en quelques années, les populations d’aspes ont véritablement explosé sur le Rhin et ses affluents, notamment sur l’Ill. Comme tous les cyprinidés, l’aspe se satisfait d’exigences biologiques faibles. C’est pourtant un cyprinidé d’eaux courantes, mais on le trouve aussi dans les ports ou les canaux. Au niveau de Strasbourg, on le trouve sur le cours originel du Rhin (Vieux Rhin), sur le cours navigable, sur l’Ill, ou dans les eaux mortes du Port autonome. Sa pêche aux leurres fut expérimentée par de jeunes pêcheurs strasbourgeois, qui très vite se sont rendu compte des possibilités intéressantes que représentait ce poisson pour la pêche aux leurres. Leur expérience est relatée dans un superbe documentaire intitulé, L’Aspe, le seigneur du Rhin, signé Nicolas Dupuis, diffusé actuellement sur Seasons. Tout d’abord, l’aspe, qui chasse volontiers dans les bancs d’ablettes, prend très bien les poissons nageurs d’une taille de 80 à 100 mm, notamment en surface ! La surprise fut de taille d’autant que l’aspe atteint couramment une taille de 60 à 70 cm. Les plus gros sujets peuvent atteindre le mètre et peser jusqu’à 8 ou 9 kilos. Toujours par les canaux, et par le Rhin, l’aspe continue son expansion. Il est présent sur la basse Moselle, l’Yonne et sans doute a t-il déjà passé la ligne de partage des eaux pour gagner le bassin du Rhône via le canal du Rhône au Rhin qui relie Montbéliard à Mulhouse. Il va falloir songer à aller promener un stick bait dans les eaux du Doubs du coté de Montbéliard dès les prochains beaux jours… L’aspe est réellement un poisson de sport, d’une part parce qu’il attaque volontiers les leurres de surface avec fougue durant la belle saison et d’autre part en raison du faible intérêt de sa chair pour la consommation. Contrairement au sandre, l’aspe n’intéressera ni les pêcheurs professionnels, ni les pêcheurs amateurs voulant tiré profit de leur pêche. Et ça, c’est plutôt une bonne nouvelle !