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  • Montage : le chant du coq

    Montage : le chant du coq

    Le monde des éleveurs de coqs de pêche ne fait pas le partage entre un vrai rapport au monde rural, à une certaine forme d’écologie et à une nostalgie emprunte de poésie. Pour autant, les plumes exceptionnelles des coqs de pêche du Limousin n’ont jamais quitté le devant de la scène tant elles sont incomparables. De véritables trésors que nous vous invitons à découvrir.

    Par Philippe Boisson.

    Il existe une grande tradition de l’élevage des coqs de pêche en France. Peu d’entre-nous connaissent le quotidien de ces éleveurs très particuliers, tous pêcheurs à la mouche passionnés. La sélection, les conditions d’élevages, le terroir, l’altitude, telles sont les conditions requises pour obtenir un plumage d’une grande qualité.
    Durant des décennies, les mouches de pêche réalisées avec des plumes sélectionnées pour leur brillance et leur souplesse ont connu leur heure de gloire, car peu de matériaux étaient en mesure de rivaliser. Les collections Guy Plas, Jean-Louis Poirot ou Gérard de Chamberet étaient alors réputées et recherchées dans le monde entier. La mouche française se vendait bien. Montages araignée, en palmer, en spent, en mouches noyées étaient incomtournables jusqu’au début des années 1980, date à laquelle une plume très différente fit beaucoup parler d’elle. L’utilisation de la plume de croupion de canard (CDC) créa un véritable choc dans l’ordre établi de la mouche de pêche. On lui prête alors la vertu magique de faire monter les poissons les plus récalcitrants. On connaît la suite, avec un succès grandissant qui aujourd’hui n’est pas contestable. Ceci étant, la plume de croupion de canard ne fait pas l’unanimité sur tous les terrains et dans toutes les conditions rencontrées par le pêcheur. Autant elle fait merveille sur les zones calmes des rivières, autant son utilisation n’est pas obligatoire en eaux rapides où une flottaison haute de la mouche n’est pas un problème mais un avantage. Idem sous la pluie, la plume de CDC montre vite ses limites en devenant impossible à faire sécher, alors qu’un hackle de coq continue de rester“pêchant”. De plus, on assiste avec la généralisation du CDC à une sorte d’overdose sur certains parcours très fréquentés. La plume magique ne fait plus forcément recette. Certains très bons pêcheurs ont vite analysé cette situation et pris le contre-pied en adaptant certains montages peu utilisés en France, comme le montage parachute avec sa collerette en coq, et obtiennent d’excellents résultats avec une mouche à flottaison basse montée avec seulement deux ou trois tours de hackle de coq. La fameuse Mix’aile de Florian Stéphan, avec son hackle monté en palmer et son aile en CDC est une parfaite illustration de ce qu’il est possible de réaliser. Autre tendance qui mérite d’être approfondie, le mariage du CDC ou du dubbing de lièvre (un autre incontournable) avec des plumes de coqs de qualité. Le résultat à la pêche est très intéressant, puisque l’on peut profiter des avantages de tous les matériaux. Des associations sont également possibles avec des matériaux synthétiques, même si cela doit faire bondir quelques puristes de la mouche traditionnelle française.
    Les plumes de nos éleveurs ont donc de très beaux jours devant elles.


    Un élevage pour la plume

    La variété originelle des coqs de pêche français est dénommée “coqs de pêche du Limousin” sans qu’au-cune race ne soit plus précisément définie. Avant la seconde guerre mondiale, époque où l’agriculture n’était pas encore modernisée, les animaux des fermes d’une région comme le Limousin voyageaient très peu. Les élevages de volailles, pour la viande étaient très hétéroclites, et déjà, les coqs de pêche naissaient au hasard des couvées naturelles. Ils étaient issus de croisements hasardeux entre plusieurs races. Dans cette région, réputée froide, les volailles ont toujours produit beaucoup de plumes, les protégeant ainsi des frimas. Dans les années 1960, le bouleversement qu’a connu l’agriculture a bien failli faire perdre à tout jamais ces lignées d’animaux sélectionnés au fil des décennies. Heureusement, la pêche à la mouche se démocratisant, la demande en plumes s’est faite plus grande. Les premiers écrits sur le sujet, en langue espagnole, dateraient de 1539, mais c’est un traité de 1624, intitulé “le manuscrit de Astorga”, également en espagnol qui donne le plus de détails sur le montage de mouches artificielles à l’aide de ces plumes.
    Guy Plas, fut l’un des premiers en France à être à la fois éleveur et monteur de mouches professionnel. Son affaire, reprise par Olivier Dez, compte aujourd’hui encore de splendides animaux qui produisent des plumes appréciées des spécialistes du monde entier. Les coqs de pêche du Limousin ne sont pas tués pour en prélever les plumes. Tuer les coqs pour vendre les cous comme cela se fait en Chine, en Inde ou aux Étas-Unis (cous Metz ou Hofmann) serait impossible pour les éleveurs français, car sur cent poussins, un éleveur obtiendra cinq ou six coqs de pêche seulement et il faudra attendre trois ans pour commencer à leur prélever des plumes. Il est en effet impossible de connaître le devenir des poussins. Les coqs de pêche au plumage parfait sont des exceptions. Les éleveurs professionnels doivent disposer de cent à deux animaux (coqs, poules, poussins) demandant un travail quotidien. C’est le seul moyen pour un professionnel d’obtenir un nombre suffisant de coqs variés (tonalités des plumages) avec des classes d’âges qui assurent le renouvellement de l’élevage.

    Le terroir

    Ces chers gallinacés produisent des plumes qui affichent de grandes différences de tonalité selon les individus, les élevages, avec leurs situations géographiques et les saisons. De tous temps, certains emplacements ont toujours produit de très beaux coqs de pêche. L’altitude, l’orientation, liée à l’ensoleillement, l’humidité, le terroir comme l’on dit, tout rentre en compte dans ce type d’élevage si particulier. Les conditions idéales pour obtenir des coqs de qualité sont maintenant bien connus : altitude moyenne (400 à 1000 m), terrain granitique, pH acide, climat montagnard. De même, ce qui convient aux coqs du Limousin semble également convenir aux célèbres coqs espagnols pardos de la province de Léon. Certains éleveurs du Limousin en possèdent et on a longtemps dit que le pardo français n’était pas comparable au “vrai” pardo espagnol. Cela n’est, de l’avis de nombreux spécialistes, plus le cas aujourd’hui. Olivier Dez, Bruno Boulard, Robert Brunetaud ou Florian Stephan ont superbement réussi l’implantation de coqs ibériques pardos dans le centre de la France. Différentes des plumes de coqs pardos (pelles), les plumes des coqs du Limousin sont également pigmentées mais de façonbeaucoup plus fine, comme de la poussière d’or. La brillance, les reflets, la souplesse, la faible présence de duvet à la base des plumes, tels sont les critères retenus qui font toute la valeur de ces coqs de pêche.
    Gérard Poyet, éleveur depuis plus de trois décennies sait de quoi il parle : “ces plumes présentent des fibres raides et souples à la fois, d’une brillance presque transparente. Elles sont un plaisir pour les yeux et rendent les artificielles montées d’une incroyable efficacité”. Les observations de Gérard Poyet sur la capacité de ces plumes à “jouer” avec la lumière sont également très étonnantes : “la caractéristique principale qui détermine la plume de coq de pêche, que ce soit la plume de camail, de cape, d’aile ou de flanc, est son degré de mimétisme et sa grande sensibilité à recevoir et à renvoyer la lumière. L’expérience du papier de couleur le démontre bien : présentons une plume sur un papier rose, elle se colore de rosâtre, sur du vert, elle verdit, sur du brun, elle brunit…il en est ainsi à l’infini”. Le secret des qualités “pêchantes” des plumes des coqs de pêche est certainement lié à cette adaptation particulière à l’environnement lumineux. Pour les éleveurs, se sera toujours la qualité de la plume qui comptera et non la morphologie de l’animal. Or, pour les éleveurs qui souhaitent participer à des concours, les coqs du Limousin doivent de plus en plus répondre à des standards avicoles qui imposent des critères morphologiques précis. Parmi ces standards, on trouve la crête qui doit être droite et non frisée, ou encore les pattes qui doivent afficher une teinte rougeâtre et non jaune. Ces critères sont contestés par certains éleveurs, car d’une part, ils n’ont aucune influence directe sur la qualité des plumes et d’autre part l’origine très rustique et incertaine des coqs de pêche du Limousin risque d’y laisser des plumes…


    Différentes tonalités de plumes

    Les plumes, hackles, lancettes, pelles de dos et pelles d’ailes, peuvent couvrir l’essentiel des tonalités intéressantes pour le pêcheur à la mouche. Les tons ocre ou rouille dignes de la palette d’un peintre sont pigmentés d’une finesse éloquente. Les gris, dont on compte d’infinies variantes ont toujours été très recherchés par les pêcheurs, mais difficiles à obtenir, notamment le gris bleuté (le blue dun des anglais) et le gris fumé.
    Deux tonalités qui nous rappellent la fantastique collection de mouches de Jean-Louis Poirot, décédé il y a quelques années, et qui était lui aussi un des rares éleveur et monteur de mouches professionnel. De plus, la tonalité des plumes varie selon la saison puisque les animaux vivent en plein air, ne rentrant au poulailler qu’en fin d’après-midi. L’influence du soleil a une incidence sur la teinte du plumage ce qui oblige les éleveurs professionnels à anticiper leur stock de plumes pour éviter les manques dans certaines teintes.


    Le plumage, tout un art

    Pour Bruno Boulard, éleveur et monteur de mouches professionnel, le prélèvement des plumes s’effectue à la nouvelle lune. “C’est important pour la repousse des plumes qui sera plus rapide si l’on respecte cette règle qui, il faut bien l’admettre, fait parfois sourire. A chacun ses petits secrets !”, explique t-il. On peut effectuer trois ou quatre plumages au cours de l’année sur un même coq. Les jeunes coqs n’aiment pas particulièrement cet exercice qui les stress inévitablement. Les sujets plus âgés ont dû se faire une raison. C’est un peu la rançon de leur liberté et d’une longue vie aux petits soins. Les plumes doivent s’arracher facilement. Si ce n’est pas le cas, l’éleveur choisi alors de repousser le plumage à plus tard.

  • Islande, l’île en mouvement

    Islande, l’île en mouvement

    Malgré des conditions climatiques difficiles, les Piccin sont tout de même parvenus à mettre à profit leur séjour en Islande. Ils ont pu exercer leur talent auprès des populations d’ombres arctiques, de saumons et de truites qui habitent les rivières de cette île volcanique voisine du cercle polaire. Petite balade halieutique entre bourrasques de vent et émotions du ferrage. Suivez les guides…

    Par Kathleen & Jean-Pierre Piccin

    Hello Eole ! Le vent qui nous avait quittés durant quelques heures vient en cette fin de matinée de se réveiller juste au moment où j’attaque un banc d’ombres arctiques. La pheasant tail que je leur propose pour le petit-déjeuner a juste le temps d’en convaincre trois d’entre eux que le vent redouble de violence et me souffle à l’oreille qu’il est temps d’abandonner mes partenaires de jeu. Nous traînons en Islande depuis six jours et, comme le roseau, j’ai appris à plier devant les caprices du temps. Ce matin le thermomètre affichait 5°, c’est frisquet pour une journée d’été… surtout lorsqu’on vient de fuir les températures caniculaires de l’été français. Une dizaine de minutes d’onglées, quelques frissons, et nos organismes s’adaptent à ces bouleversements brutaux. Pêcher les migrateurs n’était pas cette année au programme. C’est contraints et forcés que nous avons changé notre fusil d’épaule pour aller pêcher les saumons de la Vididalsa. En fait, notre objectif était de découvrir de nouvelles rivières où pêcher la truite à la mouche sèche comme nous l’avions fait il y a quelques années sur la merveilleuse Litlàa, petite rivière au nord de l’Islande. Mais il est souvent indispensable de savoir s’adapter… Comme lors de nos précédents séjours en Islande, à notre arrivée le soleil était au rendez-vous. Rien d’étonnant ici. Depuis quelques années le changement climatique sous ces latitudes provoque des étés beaucoup plus secs qu’autrefois. Du hublot de l’avion, dès qu’on aperçoit Reykjavik, on constate que la description qu’en fait Jules Verne dans son Voyage au centre de la terre n’a pas changé : “La ville s’allonge sur un sol assez bas et marécageux entre deux collines. Une immense coulée de lave la couvre d’un côté et descend en rampes assez douces vers la mer. De l’autre s’étend la vaste baie de Faxa.” Un petit tour dans la ville, et nous sommes déjà en route cap vers l’ouest en direction du fameux volcan Snaeffelsjökull d’où débuta l’aventure souterraine des héros de ce roman, le professeur Lidenbrock, son neveu et leur guide islandais. Le temps de s’installer dans une guesthouse face à la mer, de se détendre en marchant le long de la baie de Faxa si redoutée pour ses tempêtes, cause de tragiques naufrages, notamment celui du Pourquoi pas du célèbre explorateur, le commandant Charcot, et nous voilà déjà sur les berges de la Lysa, ou du moins de ce qu’il en reste.
    Conséquences du réchauffement de la planète ou phénomène exceptionnel, le fait est qu’il n’est pas tombé une seule goutte d’eau dans cette région depuis deux mois ! Une chose est certaine : nous n’aurons pas de difficulté pour traverser la rivière. Très vite, en la remontant, de grands “V” nous devancent, signalant la présence de jolis poissons. Profitant de la pénombre qui s’installe lentement, accroupis dans l’herbe nous repérons quelques discrets gobages. Patience, patience…, il suffit d’attendre, et de laisser les poissons se réapproprier les lieux. A présent en confiance, en voilà un qui passe enfin à notre portée. Je le tente avec un “black gnat”, mais aussitôt la mouche posée tout un banc s’enfuit en coupant l’appétit de mon partenaire de jeux. Ce comportement est particulier aux ombles arctiques, qui se déplacent en bans et qui prennent peur à la moindre alerte. Il va falloir jouer fin, être économe en mouvements et peut-être essayer au niveau des méandres, où la rive qui reçoit la veine d’eau est plus profonde. J’essaie avec une mouche plus volumineuse, un cousin en l’occurrence, et au premier passage en pêchant l’eau une truite vient y goutter. Un peu plus en amont, une autre se prête au jeu et ainsi de suite jusqu’au lac, dont la nuit gomme lentement les couleurs. Les poissons ne sont pas d’une taille impressionnante, mais pour une première approche avec le Lysà il est permis d’espérer. Esperar en espagnol veut dire “attendre”. Durant la nuit, une tempête s’est levée, et c’est bien ce que nous allons devoir faire. Nous passons deux jours ainsi, blottis dans notre salon douillet à regarder par la fenêtre aux vitres ruisselantes de pluie si une accalmie s’annonce.

    Au troisième jour, toujours pas d’amélioration. Anticipant sur notre programme, nous décidons de partir vers le nord, direction la Big Lax. C’est une rivière que je connaissais et où j’avais fait un coup de soir mémorable, il y a quelques années. Je désirais à tout prix mieux faire sa connaissance. Elle est réputée pour être généreuse en grosses farios. Le soleil qui nous accueille semble de bon augure et le vent léger ne paraît pas trop gênant, d’autant que les collines qui épaulent la rivière peuvent nous abriter. De la magnifique maison de bois qui domine la plaine où elle coule paresseusement en dessinant de grands méandres, nous repérons aussitôt les zones les plus poissonneuses mentionnées sur une carte. Après ces jours d’inaction et de frustration, c’est avec impatience que nous nous jetons dans son lit ! “Rien ne sert de courir” est sûrement l’adage du moment, car les truites ne daignant pas monter en surface il va falloir encore patienter. Sagement, nous décidons d’aller grignoter en attendant l’éventuel coup de soir, habituellement favorable après une journée ensoleillée.
    Mais c’est sans compter avec le vent qui en soirée a retrouvé notre traceet nous contraint à ranger définitivement – du moins pour cette année – nos mouches à truite. Sans perdre plus de temps, nous optons pour le plan B option saumon. C’est ainsi que, penauds, nous débarquons dans un lodge tout proche de la Vididalsa. En attendant l’arrivée des pêcheurs qui à coup sûr vont nous renseigner sur les résultats de leur pêche, impatients, nous nous précipitons sur le carnet des prises. Nous constatons que de la pluie, du vent, du front froid, les saumons n’en ont rien à faire et qu’ils remontent la rivière en grand nombre. Les résultats sont extraordinaires, car depuis plusieurs semaines cinq à dix saumons sont pris par pêcheur et par jour ! Vu le bas niveau de l’eau, ce sont les petites mouches qui ont le plus de succès.

    Le lendemain matin n’est pas très glorieux : aussi bien l’ally’s shrimp n° 14 que les autres amuse-gueules que je leur propose pour le petit-déjeuner ne rencontrent de réel succès. La partie intermédiaire de la rivière où je débute n’est pas la meilleure, les saumons s’y arrêtant rarement. C’est au moment où je viens de repérer un banc de “chars” et que je change de canne pour les attaquer que le vent – encore lui – vient me saluer. Je n’ai plus qu’à replier ma canne, prendre une canne à deux mains, plus adaptée aux conditions météo, et partir à la recherche d’une zone protégée. Je la trouve facilement au pied d’une falaise qui abrite un magnifique pool. Tout en amont, bien au-delà de l’endroit où j’ai décidé de tremper ma mouche, j’aperçois une tache bleue entre les rochers. Curieux, j’y vais et je découvre un minuscule anorak sur lequel est brodé Magnus, le prénom du gamin que j’avais aperçu la veille au soir et qui revenait de la pêche avec son père. Compte tenu de la très bonne réputation de ce papa guide, je pense que, s’ils sont montés jusque là, ce n’est pas un hasard, et j’entame donc ma pêche à cet endroit, au milieu des gros blocs de rocher qui ont glissé de la falaise. Trois coups de canne et déjà un adversaire me provoque. Enfin la première véritable émotion du séjour ! Pas très lourd, il combat en poids coq mais utilise à la perfection les courants et les embûches qui jalonnent le parcours. Puissamment armé, j’en viens à bout rapidement, puis reconnaissant d’avoir passé un bon moment en sa compagnie je le salue et lui souhaite un bon frai. Juste avant midi, j’en attrape deux autres plus costauds, mais pas plus pugnaces. La règle étant de faire une rotation sur les différents secteurs de la rivière, on m’attribue pour l’aprèsmidi une zone de plaine parfaitement à découvert avec, en bonus, un fort vent de face. Pour m’encourager, je pense aux extraordinaires pools que je vais pêcher demain. Dans ce secteur proche de l’estuaire, des poissons frais et mordeurs arrivent en permanence, et on peut espérer pêcher huit à dix saumons dans la journée. En attendant il va falloir trouver une solution, et je la découvre après une petite promenade. En traversant sur l’autre rive, je trouve une berge de deux mètres où m’abriter. Le courant qui passe à mes pieds et me tend le bras n’est pas favorable à une bonne dérive, aussi j’opte pour un énorme Sun ray shadow que je lance face àmoi dans la partie calme opposée et que j’accélère en strippant. Après cinq minutes à faire glisser la mouche à la surface de l’eau, première attaque : un magnifique saumon qui violemment se jette sur mon tube et se ferre seul comme un grand en culbutant vers le fond. Y croyant enfin, j’arpente cette très courte portion miraculeusement abritée, et deux autres saumons me jouent le même scénario. Bilan de la journée : cinq saumons et trois ombles. Il semblerait qu’aujourd’hui j’aie eu le vent en poupe ! Je remets l’anorak perdu à Magnus qui doit éprouver la même joie que moi en dégustant tranquillement l’énorme glace offerte pour célébrer la prise de son premier saumon ! La tempête, qui a sévi toute la nuit, a redoublé de puissance dès la pointe du jour.

    Les pools que nous pêchons à présent, remplis assurément de saumons, sont balayés par d’impressionnantes bourrasques de vent. Il me semble pêcher dans une mer démontée ! En faisant levier de toutes mes forces avec ma main gauche pour donner de la puissance à ma canne à deux mains, je parviens à peine à envoyer ma mouche à une douzaine de mètres. Suffisant pour pêcher le saumon, me direz-vous. Si ce n’est qu’à peine la soie immergée elle est poussée par les rafales de vent et revient à mes pieds. Peu de chance que cette dérive peu commune décide un poisson ! Tandis que la température chute autour de 3° et que mon moral suit la même pente, je finis par m’avouer vaincu et décide de retourner me réchauffer au lodge, comme la plupart l’ont déjà fait depuis longtemps. Mais Kathleen en a décidé autrement, et en bonne Ecossaise elle prend le relais pour essayer de motiver la troupe et affronter une dernière fois les éléments déchaînés. Certes, cette matinée dans un des meilleurs coins de pêche à saumons d’Islande se termine lamentablement par une belle bredouille, mais nous n’avons pas dit notre dernier mot : très prochainement nous aurons notre revanche ! Après avoir soufflé et repris des forces, nous nous dirigeons vers le sud-ouest de l’île, direction le volcan Hekla, qui apparaît à l’horizon après trois heures de route. Sur ses bords couverts de cendre coule la West Ranga, alimentée par un glacier et plusieurs rivières. Il semblerait qu’enfin le vent ait perdu nos traces et, comble du bonheur, le soleil vient de faire son apparition ! Après les conditions hivernales que nous avons affrontées, c’est un véritable enchantement. Le changement de température est tellement perceptible que nous ne serions pas surpris d’entendre chanter des cigales. Enfin nous allons pouvoir faire prendre l’air à nos mouches à truite ! En suivant la rivière Galtalaekur, nous traversons d’abord un plateau désert où quelques brins d’herbe asséchés s’agrippent miraculeusement au sol noirâtre et poussiéreux, puis nous arrivons très vite dans d’étroites et magnifiques gorges. En nous penchant discrètement au-dessus des rochers qui surplombent la rivière, nous repérons immédiatement quelques belles truites. Comme pour la West Ranga que l’on aperçoit plus bas dans la vallée, et qui est réputée pour ses énormes remontées de saumons, la Galtalaekur est très poissonneuse, mais au prix d’un alevinage intensif. Le volcan Hekla a des problèmes d’insomnie, et à chaque réveil il ajoute une couche et a ainsi recouvert toute la région de cendre et de pierre ponce. Les lits des rivières alentour sont de ce fait constitués d’un granulat trop léger pour abriter les oeufs lors des frais. Mais, grâce à une bonne gestion, ces rivières ont repris vie et elles nous offrent durant cette dernière journée leurs plus belles farios. A notre retour, et comme toujours, bourrasques, ondées, froid, mais tout est vite oublié pour ne garder en mémoire que quelques moments inoubliables. Après cet énorme grain, durant plusieurs semaines et une partie de l’été d’ailleurs, la moisson de saumon a battu son plein. A présent, ils sont en train de frayer, de semer du concentré de bonheur pour les pêcheurs qui auront la chance d’aller en Islande !

  • Gilet JMC Monitor, le Spécialist V3 épuré !

    Gilet JMC Monitor, le Spécialist V3 épuré !

    Autre nouveauté marquante de ce cru 2012 JMC, une version simplifiée du gilet Spécialist V3. Même qualité de tissu microfibre Supplex respirant et “déperlant”, presque deux fois moins de poches. On obtient un gilet qui conviendra à tous ceux qui ne veulent pas ressembler à Bibendum et se satisfont de quatre poches extérieures et deux grandes poches intérieurs. Pour autant, le Monitor comprend également une autre poche plastifiée étanche pour les clefs et le téléphone, quatre petites poches ventrales en mesh, deux portes outils rétractables, un anneau porte épuisette, un col rembourré, des renforts aux épaules pour plus de confort, une poignée pour suspendre le gilet, sans oublier une grande poche dorsale. Le Monitor est disponible en coloris “olive” (modèle présenté) ou “chocolat”, une teinte qui en réalité tire plus sur l’ocre. Le Monitor bénéficie d’un rapport qualité-prix favorable.

    Prix conseillé : 79,90 euros.

  • Nymphe : ne manquez pas l’aplomb

    Nymphe : ne manquez pas l’aplomb

    La principale cause de refus des nymphes artificielles par les poissons est due à un dragage plus ou moins important. Celui-ci a lieu à la descente de la nymphe mais également après sa remontée lors de l’animation. Contrairement à la dérive d’une mouche sèche, visible sur l’eau, avec les nymphes le dragage échappe à la vue du pêcheur. Comprendre ce phénomène est essentiel pour tenter d’y remédier.

    Par Philippe Boisson

    Qu’est-ce qui distingue un très bon pêcheur à la nymphe d’un moins “bon” ? A cette question que l’on me pose souvent, sans hésiter je réponds qu’il s’agit avant tout de la qualité des dérives naturelles qu’impose cette technique. Certes, il n’y a pas que cela. Le sens de l’eau, l’observation des éclosions, l’aptitude à pêcher fin, font aussi partie du bagage d’un pêcheur à la nymphe de bon niveau. Mais si celui-ci maîtrise mal ses dérives, les refus seront nombreux. La pêche à la nymphe, qu’elle soit pratiquée à vue ou en aveugle, implique toujours de gérer la profondeur. On voit les difficultés que l’on peut rencontrer avec les dérives lorsque l’on pêche à la mouche sèche où, pourtant, la profondeur n’intervient pas. Il faut donc prendre en compte qu’il faut gérer cette dimension supplémentaire lorsque l’on pêche à la nymphe. Tous nos petits malheurs proviennent du nylon qui relie la mouche au pêcheur par l’intermédiaire du bas de ligne. La qualité des modèles de mouches et des nymphes actuelles n’est pas en cause.
    La plus réaliste des mouches sera refusée si elle drague, sur ou sous l’eau. Les truites et les ombres ont appris à se méfier de tout ce qui ne dérive pas naturellement. La plus infime retenue de la mouche éveille immédiatement la méfiance du poisson, qui pourra venir voir, parfois très près, mais restera gueule fermée. Il est amusant (frustrant à la longue j’en conviens) d’observer la réaction des truites qui refusent les nymphes. Lorsqu’elles ont le nez dessus, elles tournent soudain la tête de côté, comme un enfant qui refuse catégoriquement une cuillerée de soupe.


    LA RECHERCHE DE LA VERTICALITÉ

    Si l’on prend une colonne d’eau et que l’on laisse couler librement sans nylon une nymphe artificielle, on s’aperçoit que celle-ci peut tourner sur elle-même, mais globalement sa descente est parfaitement verticale. Mais si cette imitation se retrouve attachée à un filtrès fin, sa descente n’est plus verticale, mais s’effectue plus ou moins en biais. En action de pêche, elle se déplace bien évidemment en direction du pêcheur. C’est contre ce phénomène de pendule qu’il faut lutter à chaque lancer. Pour y parvenir, il n’existe pas de solution miraculeuse. Un long bas de ligne et surtout une très longue pointe permettent d’obtenir de bons résultats. Il est inconcevable de vouloir pêcher à la nymphe, de nos jours, avec une pointe dont la longueur est inférieure à 1,50 m, hormis en très petits cours d’eau peu profonds. Sur tous les autres cours d’eau, une pointe d’une longueur de canne (environ 2,70 m) est indispensable. Si l’on est un adepte du poser parachute, elle pourra même dépasser les trois mètres. Au final, on se retrouve avec un bas de ligne dont la longueur totale est comprise entre 6,50 et 7,50 mètres, qu’il faut apprendre à manipuler. Ces longueurs extrêmes sont propres à ce que l’on peut appeler, sans chauvinisme mal placé, l’école française, car je ne connais aucun autre pays où l’on utilise de tels bas de ligne. C’est à n’en pas douter pour cette raison que les meilleurs pêcheurs français réussissent si bien à l’étranger, où les poissons paraissent beaucoup plus faciles à prendre que sur nos cours d’eau à truites sauvages surpêchées. L’effort que nécessite la manipulation des longs bas de ligne mérite d’être consenti, tant les résultats sont appréciables par la suite.

    POSER SON BAS DE LIGNE DÉTENDU, PLUS FACILE À DIRE QU’À FAIRE

    Le poser du bas de ligne dit “détendu” fait aujourd’hui partie du langage courant du pêcheur à la mouche, pour toutes les techniques qui se pratiquent en dérive inerte (mouche sèche, émergente, nymphe). En pratique, c’est sur ce point que le pêcheur échoue. La perte de précision décourage celui qui découvre la pêche avec de longues pointes, alors que ceux qui y sont habitués peuvent poser leur mouche ou leur nymphe dans un mouchoir à 15 mètres. Signalons au passage que ce type de bas de ligne est fait pour pêcher entre 6 et 12 mètres, ce qui correspond aux conditions idéales de pêche. Au-delà de 15 mètres, même s’il reste possible de réaliser occasionnellement de beaux coups de longueur à plus de 20 mètres, les longs bas de ligne ne sont pas très adaptés à cet exercice. Il existe différentes techniques de lancer qui permettent d’obtenir des posers détendus, que nous décrivons régulièrement dans ces colonnes. Le plus simple à acquérir reste le poser dit parachute (appelé également poser en cloche). Après un lancer en coup droit classique, le dernier mouvement est amplifié pour amener la soie et le bas de ligne à plus de 45° avant de poser. Ainsi, l’ensemble se pose en “accordéon”. Ce mouvement doit être assez fortement exagéré pour accentuer son effet. On découvre alors qu’un bas de ligne de 6,50 mètres ne couvre plus, une fois posé sur l’eau, qu’une longueur équivalente à moins de la moitié. Il paraît ainsi beaucoup plus court ! Avec plusieurs années de pratique, l’expérience acquise autorise le pêcheur à la nymphe à explorer ainsi des couches d’eau de plus en plus profondes. On reconnaît les pêcheurs à la nymphe de haut niveau par leur propension à pouvoir pêcher dans plusieurs mètres d’eau avec des modèles petits et légers. C’est là tout l’art de cette pêche passionnante. Même après vingt années de pratique assidue, il est toujours possible d’améliorer ses dérives.

    ANIMATION DES NYMPHES, L’IMPORTANCE DU RELÂCHÉ

    Autre cause de refus, l’animation de la nymphe pour éveiller l’attention des truites et des ombres est également synonyme de dragage. Une grande partie des poissons pris à la nymphe le sont après une légère animation. Mais on peut aussi souligner qu’une grande partie des refus ont lieu juste après cette manoeuvre d’aguichage. En faisant remonter la nymphe de quelques centimètres, on est obligé de tendre légèrement le bas de ligne, ce qui engendre systématiquement un dragage si la pointe du bas de ligne n’est pas posée en accordéon à l’aplomb de la nymphe. C’est surtout au relâché que le poisson, tout d’abord attiré par ce leurre en mouvement, s’apercevra de la supercherie en voyant la nymphe redescendre en biais. C’est pour cette raison qu’il est toujours conseillé d’animer la nymphe très près du poisson, au dernier moment, pour ne pas lui laisser le temps d’analyser ce qui se passe. Car il faut bien rappeler que la truite ou l’ombre s’emparent de la nymphe après l’animation, et non pas pendant. Penser que le poisson va suivre longuement et prendre une nymphe qui remonte de façon saccadée est une erreur, même si parfois cela se produit (cas des juvéniles ou des poissons peu éduqués). Limiter l’ampleur de l’animation au strict minimum permet de limiter le dragage. Une remontée de 2 à 5 cm suffit dans la majorité des cas pour décider le poisson à prendre. Rappelons que l’animation a pour rôle d’imiter la nage d’une larve ou d’une nymphe naturelle. Une animation prématurée compte parmi les défauts classiques observés chez les pêcheurs à la nymphe. Pour ceuxqui n’ont jamais pris le temps d’observer la nage des larves d’éphémères, ou encore celle des gammares, je ne peux que le leur conseiller, car il s’agit ensuite de tenter de la reproduire. Mais ces petites bestioles sont libres et ne souffrent pas de l’entrave d’un fil de Nylon. D’où la nécessité de tenter la manoeuvre à “l’économie”. Les poissons perçoivent le moindre mouvement d’une chose qui ne suit pas strictement le sens du ou des courants. En animant trop fortement la nymphe, on éveille plus leur méfiance que leur simple curiosité. La pêche à la nymphe peut s’expliquer, s’apprendre par l’intermédiaire de professeurs compétents, mais elle sera toujours empirique pour celui qui la pratique. La multiplication des erreurs, ou des progrès réalisés, lancer après lancer, doit permettre d’affiner la technique au point de réagir vite et avec précision. Faire des fautes est quelque chose de normal, qu’il faut absolument avoir vécu pour progresser. Je ne connais aucun bon pêcheur à la nymphe qui n’ait pas pratiqué de façon soutenue durant plusieurs saisons. Si les débuts sont décourageants, chaque progrès est une victoire autant qu’un acquis indélébile. Cette difficulté fait partie du plaisir que l’on peut retirer de cette technique de pêche où la chance et le hasard n’ont que très peu de place. Alors courage !

  • Renaturation des cours d’eau : attention aux arnaques !

    Renaturation des cours d’eau : attention aux arnaques !

    La destruction de l’habitat du poisson par les divers curages, chenalisations, stabilisations de berges et autres, est enfin reconnue comme une cause majeure de la dégradation des biocénoses aquatiques et, depuis quelques années, des programmes de renaturation physique des milieux voient le jour. La complexité des phénomènes morphodynamiques, la disparité des méthodes d’intervention ainsi que l’inadaptation de certaines actions entreprises suggèrent qu’une mise au point sur les connaissances d’ores et déjà acquises en la matière soit effectuée…

    Si l’homme a su détruire facilement une grande partie de son réseau hydrographique, il n’en est pas de même pour ce qui concerne sa restauration… En effet, la perte de référence biologique, l’inadaptation des techniques employées ou encore le non-respect des principes fondamentaux de la dynamique fluviale sont autant de causes à l’origine d’échecs cuisants, qui grèvent les possibilités d’amélioration des écosystèmes aquatiques. Avant de parler concrètement de renaturation, il est nécessaire de bien percevoir les mécanismes morphologiques qui régissent les équilibres physiques des cours d’eau naturels, ainsi que les causes à l’origine de leur altération.
    Ces connaissances sont en effet essentielles à la compréhension et à la maîtrise des principes fondamentaux de la dynamique fluviale, qui dicteront la nature et la stratégie de l’action restauratoire à mettre en oeuvre. Un rappel sur la notion d’habitat aquatique et sur les caractéristiques physiques des cours d’eau s’impose donc…


    L’habitat aquatique : une notion complexe mais un rôle central

    La notion d’habitat correspond à la structure physique perçue par les espèces aquatiques. C’est donc leur lieu de vie, leur maison en quelque sorte. Cette structure physique comporte une dimension spatiale, à l’échelle de la taille et de la mobilité de chaque organisme, et une dimension temporelle, liée à leur cycle de développement.
    C’est un compartiment clé de la structuration des écosystèmes d’eau courante et sa diversité est déterminée dans l’espace et dans le temps par l’hydrologie, la morphologie du lit ainsi que par la végétation rivulaire. La principale particularité des habitats d’eau courante est d’associer à la fois une très grande hétérogénéité dans l’espace avec une très forte variabilité dans le temps. Ce caractère instable est à l’origine d’une importante biodiversité et les spécialistes parlent alors de “mosaïque dynamique” pour qualifier l’habitat aquatique. De par leur taille, leur mobilité ainsi que leur longévité, les poissons occupent la totalité de l’espace aquatique et sont, à ce titre, très dépendants de l’habitat et de sa variabilité temporelle. Il convient alors de distinguer des habitats pour les fonctions quotidiennes que sont l’alimentation et le repos et des habitats de phases critiques comme la reproduction ou le refuge.


    Habitat et morphologie : des échelles emboîtées

    Les caractéristiques physiques de l’habitat sont générées par les processus géomorphologiques qui structurent le cours d’eau à différentes échelles, depuis la forme de la vallée jusqu’à l’arrangement des particules du substrat. Trois principaux niveaux emboîtés de diversité de l’habitat sont couramment distingués : régional, linéaire et ponctuel, et chacune de ces échelles permet la réalisation des fonctions biologiques nécessaires au maintien de la biodiversité des peuplements. A l’échelle régionale, la forme et les caractéristiques du lit sont déterminées par l’énergie en présence dans la vallée, définie localement par le climat, la nature géologique des sols et les précipitations. Quatre styles fluviaux sont répertoriés (voir ci-dessous) et leur succession à l’échelle d’un grand bassin permet la coexistence de communautés animales et végétales très différentes. A l’intérieur de ces différents types de vallée, des discontinuités majeures définissent des tronçons homogènes A l’échelle linéaire d’un tronçon, les caractéristiques morphologiques du lit (formes et dimensions, pente, vitesses) sont variables et conditionnent des écoulements successifs différents. Le lit peut alors être “découpé” en unités homogènes du point de vue des écoulements (vitesse de courant, hauteur d’eau, forme du lit), appelées faciès. Bien souvent, une série de seuils naturels de fréquence variable structure la succession des faciès d’écoulement qui suivent alors la séquence mouille – radier – plat. En amont du seuil, la hauteur d’eau augmente et la vitesse de courant se ralentit, en aval immédiat, c’est le contraire et les vitesses augmentent alors que les hauteurs d’eau se réduisent ; entre ces deux secteurs apparaît une zone de transition.
    Cette organisation complexe de l’espace permet la cohabitation d’un grand nombre d’espèces piscicoles aux exigences écologiques différentes, qui y trouvent les nombreux habitats nécessaires à l’accomplissement de leur cycle vital. C’est donc à cette échelle que s’équilibrent les populations de poissons (à l’exception des grands migrateurs), pour constituer des peuplements relativement pérennes. A l’échelle ponctuelle du faciès, les singularités physiques et l’hétérogénéité longitudinale et transversale des écoulements génèrent des microhabitats, qui correspondent au positionnement instantané d’un individu enphase de repos ou d’alimentation.
    Ces microhabitats, encore dénommés pôles d’attraction, sont caractérisés par la hauteur d’eau, la vitesse de courant et la nature des substrats minéraux ou des supports végétaux. La genèse et la répartition des faciès répondant à une logique morphodynamique, cette échelle permet de faire le lien entre le physique – la dynamique fluviale et le biologique – l’habitat.


    L’habitat : une mosaïque en équilibre dynamique

    Après avoir défini les relations entre l’habitat – concept biologique et la morphologie – structure physique, voyons plus en détail les processus qui génèrent ces structures : la dynamique fluviale. Tout d’abord, il est important de rappeler que les écosystèmes d’eau vive sont caractérisés par la présence d’un flux liquide et solide permanent, issu des précipitations sur le bassin, dont le régime conditionne non seulement les débits liquides mais également la fourniture des matériaux ainsi que l’énergie pour les modeler. Ainsi, la morphologie d’un cours d’eau est le résultat d’un équilibre dynamique entre le débit et la charge alluvionnaire (débit solide). Ces deux variables sont appelées variables de contrôle et c’est elles qui, en fonction de l’énergie des débits et de la nature géologique des sols, conditionnent les caractéristiques morphologiques du lit en modelant des variables dites de réponses (largeur du lit, profondeur moyenne, pente du fond, sinuosité, vitesse du courant…). Ces ajustements permanents et complexes entre les différentes variables aboutissent à un état d’équilibre dynamique, qui confère aux hydrosystèmes une capacité de résilience. Par exemple, un tronçon de cours d’eau qui aura subi une forte érosion suite à un événement hydrologique rare et de forte amplitude aura tendance à favoriser les dépôts de matériaux de manière à retrouver un profil d’équilibre. Cet ajustement local de la largeur, de la profondeur, de la pente, de la sinuosité… (les variables de réponse) reflétera l’adaptation du tronçon aux nouvelles conditions locales de débits liquides et solides (les variables de contrôle). Ce remodelage aura lieu en période d’énergie maximale dans le chenal, lors des débits dits morphogènes, qui correspondent à des crues de fréquence de un à trois ans. Cette recherche de l’équilibre dynamique structure alors les différentes unités morphologiques (méandres, séquences de faciès) qui présentent la particularité de se répéter proportionnellement à la largeur du lit. Ainsi, dans un système naturel, la longueur moyenne d’une séquence de faciès mouille – radier – plat est de l’ordre de six fois la largeur du lit de plein bord. Ces successions régulières ont pour principale fonction de dissiper l’énergie mécanique de l’eau et l’examen de ces valeurs sert de repère pour évaluer la gravité des altérations morphologiques.
    Les rivières ajustent donc continuellement les valeurs de leurs variables de réponse au gré des fluctuations, naturelles ou imposées, des variables de contrôle. Un fonctionnement morphodynamique en équilibre signifie donc que les cours d’eau ne sont pas figés mais “s’ajustent” en permanence autour de conditions moyennes. On ne doit donc pas s’étonner d’assister à des phénomènes d’érosion ou de dépôt, à des migrations vers l’aval des méandres, à la modification de l’altitude du lit. Au contraire, tous ces phénomènes sont naturels et sont même la preuve que le cours d’eau se porte bien et recherche son profil d’équilibre. Ces ajustements sont lents et se produisent au gré des évolutions climatiques à long terme. Toutefois, certains événements naturels peuvent entraîner des modifications brusques des variables de contrôle (forte crue, glissement de terrain). Dans ce cas, si les nouvelles conditions sont durables, le système devra se réadapter en conséquence. Ces événements étant assez rares, le cours d’eau retrouve dans la plupart des cas son profil d’équilibre antérieur.

    Des rivières qui s’enfoncent inexorablement…

    Ces équilibres naturels sont précaires et sont bien souvent remis en cause par l’anthropisation des cours d’eau. En effet, les nombreux aménagements provoquent des désordres physiques qui affectent d’abord les variables de réponse (pente, largeur, profondeur, sinuosité…), ce qui peut aussi provoquer des changements au niveau des variables de contrôle (augmentation du débit en pointe de crue, reprise d’érosion…). Face à ces nouvelles conditions morphologiques et énergétiques, le cours d’eau va chercher à retrouver un état d’équilibre, en ajustant le profil de son lit. Mais les travaux ayant bien souvent contribué à fixer les berges, l’espace de liberté latéral est devenu insuffisant et le rééquilibrage ne peut se faire qu’aux dépens du fond, qui s’érode alors. La rivière s’enfonce donc dans son lit et initie un phénomène d’érosion régressive, qui progresse vers l’amont en déstabilisant les berges et en modifiant les successions des écoulements. Ce phénomène d’incision du lit des cours d’eau s’autoentretien car il ne parvient pas à trouver un profil d’équilibre : la capacité de charriage du débit en période de crues devient nettement plus importante que les matériaux en provenance de l’amont. C’est toute la charpente morphologique du système qui est donc altérée et, dans les cas extrêmes, le lit se creusera jusqu’à atteindre la roche mère sous-jacente et ressemblera à un toboggan hostile au développement d’une faune et d’une flore typiques…


    Des solutions : différentes stratégies de restauration

    Contrairement aux problèmes de qualité de l’eau, pour lesquels une prise de conscience est intervenue dès les années 1970, la prise en compte des problèmes d’ordre morphologique est assez récente. Depuis quelques années tout de même, divers programmes de restauration physique des milieux voient le jour à travers l’Europe. En faisant le bilan de ces projets, quatre grands niveaux d’intervention peuvent être distingués, orientés principalement par le degré de liberté du cours d’eau concerné :
    * La renaturation : le cours d’eau est remis sur son tracé historique en conditions hydrodynamiques originelles.
    A partir d’anciens cadastres, d’analyses topographiques, de photos aériennes et de carottage des sols, l’ancien linéaire est retrouvé et remis en eau par un léger creusement d’un sillon guide, volontairement sous-dimensionné, alors que le lit actuel recalibré est totalement rebouché : le cours d’eau reconstitue donc totalement et naturellement ses habitats en atteignant son profil d’équilibre.
    * La récréation : très semblable à la précédente, à la différence près que le tracé originel du cours d’eau est inconnu et doit donc de ce fait être totalement dessiné après calculs morphologiques et hydrauliques complexes.
    * Le compromis : quelques contraintes (utilisation des sols, route, zone urbaine…) interdisent de retrouver complètement les conditions hydrodynamiques originelles.
    Un “coup de pouce” doit donc être donné au cours d’eau pour lui permettre de recréer ses habitats et d’atteindre l’équilibre dynamique. La mise en place de seuils de fonds artificiels destinés à limiter l’énergie des crues de plein bord et la connexion des zones d’expansion de crues résiduelles sont les réalisations les plus courantes à ce niveau d’intervention.
    * La diversification : sur les secteurs fortement contraints, où par exemple aucune liberté latérale n’est permise (traversée d’agglomération), seule la mise en place d’éléments structurants dans le chenal permet une amélioration des conditions habitationnelles ; l’équilibre dynamique ne pouvant jamais être atteint.
    Parallèlement à ces quatre types d’intervention, leur coût et leur efficacité doivent être précisés. Ainsi, il apparaît que plus les interventions sont importantes, en termes de mise en place d’éléments structurants, plus les coûts de réalisation sont élevés et plus les risques d’échec de l’aménagement sont importants. En effet, s’il est “relativement simple” (toute proportion gardée !) de remettre un cours d’eau dans son ancien lit et de le laisser s’équilibrer luimême, il sera par contre beaucoup plus délicat de positionner des caches et abris artificiels dans un chenal fortement contraint : des calculs précis, à adapter au cas par cas, doivent être réalisés afin de connaître leur impact sur les écoulements à différents débits, afin de limiter les risques supplémentaires d’inondation ou de déstabilisation du lit.


    Des choix de restauration parfois discutables

    Ces observations sur le rapport coûts de réalisation/efficacité biologique sont très importantes et devraient guider en toute logique les priorités d’action de restauration à mettre en oeuvre à l’échelle d’un grand bassin.
    Ainsi, la sauvegarde des références encore présentes, si précieuses, ou encore la renaturation totale d’un cours d’eau faiblement perturbé en zone non urbanisée, avec des interventions limitées et des coûts réduits, devraient être réalisées en priorité. Or, trop souvent les efforts de restauration physique sont déployés sur des cours d’eau totalement détruits, pour des coûts exorbitants et sur lesquels une renaturation totale est utopique. Et pendant ce temps-là, les milieux encore dignes d’intérêt continuent de se dégrader… Bien évidemment, il ne s’agit pas de ne plus s’occuper des secteurs fortement déstructurés, mais il faut bien reconnaître qu’un minimum de hiérarchie dans les programmes de restauration permettrait d’optimiser les coûts et de protéger et valoriser en priorité les milieux les plus dignes d’intérêt.


    Un suivi biologique est indispensable

    Ainsi, pour mener à bien un programme de restauration, quel que soit le niveau d’intervention retenu, il apparaît donc fondamental de connaître précisément les caractéristiques morphodynamiques originelles du cours d’eau concerné. Successions des faciès d’écoulement, largeur du lit ou encore longueur d’onde des méandres ne se structurent pas au hasard et, dans le cas d’une renaturation, seul le bon ajustement du gabarit du lit de plein bord par rapport aux débits moyens et morphogènes permettra de retrouver l’agencement naturel des mosaïques d’habitats disponibles pour la faune et la flore. A ce titre, la connaissance des caractéristiques écologiques originelles du tronçon de cours d’eau à restaurer est également fondamentale, puisque le retour de la faune et de la flore électives du type biologique constitue en soi l’objectif final de l’aménagement. Aussi, le suivi des biocénoses aquatiques, et notamment des poissons de par leur caractère intégrateur, constitue un excellent évaluateur de l’efficacité des mesures de restauration mises en place. Trop souvent oublié, le suivi biologique sanctionne pourtant objectivement la qualité des aménagements par rapport aux objectifs et apporte un grand nombre d’enseignements sur la restauration des milieux aquatiques, pratique récente pour laquelle les échecs, encore nombreux, permettent d’améliorer les techniques d’intervention…

    Cet Echo du radier a été réalisé en collaboration avec Guy Périat,
    hydrobiologiste et conseiller technique pour le Conseil suisse de pêche.

    Quatre différents styles de lits fluviaux sont couramment distingués :
    – A chenal unique rectiligne : lit caractérisé par une très haute énergie, une forte pente et une granulométrie
    grossière. Cette forme est typique des hautes vallées des régions montagneuses glaciaires.
    – A chenaux multiples en tresse : lit caractérisé par des bancs d’alluvions non végétalisés, séparant différents
    chenaux fréquemment remaniés par les crues. Cette forme est typique des basses vallées glaciaires ou des
    régions à régime hydrologique tranché.
    – A chenal unique méandriforme : lit de forme sinueuse avec des berges partiellement végétalisées, résultant
    d’une énergie et d’un charriage relativement limité. Cette forme est typique des régions collinéennes et de
    plaine.
    – A chenaux anastomosés : lit caractérisé par la stabilité des chenaux à direction aléatoire, avec une granulométrie
    fine et une végétation dense. Cette forme est typique des régions à très faible pente arborant de nombreuses
    zones humides.
    Un cours d’eau voit se succéder sur son linéaire plusieurs styles fluviaux différents en fonction de la position
    dans la vallée. Avant toute renaturation, il est donc fondamental de connaître le style concerné, car il détermine
    le niveau d’énergie (puissance érosive) du tronçon concerné.

  • Japon : record battu pour un thon vendu aux enchères

    Japon : record battu pour un thon vendu aux enchères

    Plus de 56 millions de yen (572 000 euros) : voici la somme record a laquelle a été vendu un thon rouge de 269 kg (Thunnus thynnus) au marché de poisson de Tsukiji à Tokyo. Le poisson a été pris dans le Nord Est de la préfecture japonaise d’Aomori. C’est le propriétaire d’une chaîne de sushi qui s’est adjugé l’imposant thonidé. Forcément à ce tarif, il est difficile de contrôler la pêche de ce poisson en danger…

  • Nouveauté 2012 : SAGE / One

    Nouveauté 2012 : SAGE / One

    Nouveau modèle de canne haut de gamme chez Sage. La One profite des dernières innovations développées par la célèbre marque Américaine, la Konnetic Technologie. Il en résulte une série de cannes légères (25% de moins que les Z-Axis). Au programme, plus de carbone, moins de résine et selon Sage plus aucune vibration parasite. La gamme compte 22 modèles de 8’6 à 10 pieds pour soies 3 à 10, le tout en 4 brins. Toutes les One ont une action de pointe, comparable à celle des Z-axis. Depuis la série RPL+, sortie il y a plus de quinze ans, cette action est une constance. Elle favorise une très bonne tenue de la soie en l’air et permet d’atteindre facilement des distances honorables. En ce qui concerne les finitions, adieu les poignées “cigare”, qui étaient trop fines sur les séries précédentes (cannes pour soies 3 à 6), remplacées par un modèle “tulipe” certes moins élégant, mais autrement plus efficace. Très sombres, les blanks demeurent particulièrement brillants (autre constante de la marque). Un détail qui ne choque pas les pêcheurs américains mais qui convient beaucoup moins aux pêcheurs français, habitués aux poissons farouches, qui repèrent de loin les éclats de vernis lors des lancers. On peut toujours passer le blank au papier abrasif ultra fin, mais avouez que c’est tout de même dommage ! Garantie à vie selon les conditions imposées par la marque.

    Prix conseillé : 605 à 625 euros.


    Notre avis
    : Sage à toujours su proposer des séries de haut de gamme aux performances étonnantes, ainsi que des gammes très larges où chacun trouvera la canne qui lui convient. La One ne déroge pas à la règle.

    Pour en savoir plus :
    Ardent Pêche, ZA de Tréhonin, BP 84, Le Sourn, 56303 Pontivy
    Tél. : 02 97 25 36 56
    Fax : 02 97 25 13 24
    Internet : www.ardent-peche.com

  • New Caledonia Fishing Safaris, un goût de paradis

    New Caledonia Fishing Safaris, un goût de paradis

    Il y a quatre ans, Richard Bertin se lançait dans l’aventure d’ouvrir un ambitieux centre de pêche sportive dans le Nord de la Nouvelle-Calédonie. Aujourd’hui, NCFS accueille des pêcheurs de tous horizons et les possibilités de pêche, qui sont immenses, concernent toutes les pêches sportives en mer.

    Rares sont les endroits sur la planète qui peuvent se vanter d’offrir autant de pêches sportives différentes et de qualité que la Nouvelle- Calédonie. Développé par Richard Bertin depuis quatre ans, New Caledonia Fishing Safaris a réussi son implantation grâce à la création d’une équipe soudée, la sélection des meilleurs territoires de pêche et ses propositions très variées de techniques mises à la disposition des pêcheurs selon les saisons et les affinités de chacun. L’île permet aussi bien la pêche à la mouche, notamment du bonefish, la pêche au jig sur les tombants à la recherche d’une multitude d’espèces (carangues géantes, thons à dents de chien, mérous, wahoos, thazars, thon jaune, etc.), la grande et petite traîne, ou encore la pêche au lancer léger. Depuis peu NCFS propose la possibilité de pêcher en kayaks Hobie Pro Angler (voir Pêches Sportives n°88 à propos de cette embarcation) et s’est doté d’un nouveau bateau (coque open, console centrale ), équipé d’un 150 CV 4 temps, qui est maintenant prêt à pêcher dans la région du grand nord calédonien. Le nom qui a été donné au bateau est « Nivââla », du nom du courant marin qui passe à proximité de l’îlot Tâânlo où se trouve le camp de pêche. Nivââla est prêt tant pour emmener les pêcheurs à la mouche en mer sur les nombreux « flats », que pour lancer des poppers ou encore dandiner de lourds jigs sur le récif et les nombreux tombants présents dans cette magnifique région de la Calédonie.

    Deux heures de rêve

    En attendant la marée, avant de commencer à pêcher le bonefish, nous décidons, Renaud, Laurent (notre guide de pêche et skipper) et moi de partir faire un « coup » de pêche au gros à l’extérieur. Nous quittons Boat-Pass vers 7 h 30 du matin pour apercevoir après environ une heure de bateau, la passe de récif qui s’ouvre juste en face de nous. Aujourd’hui, il n’y a pas de vent, le lagon ressemble à un miroir, la lumière est métallique. « Nous n’avons que deux heures de pêche devant nous !« , dis-je.
    Nous avions emporté trois bonnes cannes de traîne ; deux de 50 livres et une de 80 livres. Alors que nous venions tout juste de mettre les leurres à l’eau, tout à coup l’une des 50 livres se mit à « chanter »; le rush dura presque une minute lorsque le fil cassa subitement ! Cinq minutes plus tard, toutes les cannes étaient en action. Renaud et moi prenions une canne chacun. Renaud attrapa la canne de 50 livres et commença à combattre le poisson. Celui-ci cassa après seulement trois minutes de combat. J’avais pris la 80 livres lorsqu’après une demi-heure de combat, je fus très heureux de pouvoir ramener au bateau un superbe thon à dents de chien d’environ 140 livres. La troisième canne était restée dans le porte-cannes et le poisson ne nous avait pas attendus bien sûr.
    Après tout juste un quart d’heure, toutes les cannes étaient de nouveau en prise. Renaud avait pris l’une des deux 50 livres et combattait un beau thon à dents de chien d’environ 120 livres qu’il amena au bateau. Après quarante minutes de combat avec la seconde 50 livres, je « décrochais » un beau marlin bleu estimé à environ 400 livres. Le poisson accroché sur la troisième canne de 80 livres était une nouvelle fois parti sans demander son reste. Vingt minutes après la remise à l’eau des leurres, les trois cannes étaient encore en action pratiquement simultanément et cette fois-ci, Renaud perdit un poisson à rostre qui se décrocha après trois magnifiques sauts. Quelques instants après, je cassais sur un très gros wahoo sur la 50 livres.
    Pendant ce temps, Renaud s’était emparé de la troisième canne et combattait durement un gros thon à dents de chien qui finit par casser net au bout d’un quart d’heure ! Il était temps de songer à repartir vers les flats où les gros “bones” calédoniens nous attendaient. Nous n’avions passé que près de deux heures dans cette fantastique passe, vierge et sauvage, regorgeant de diverses espèces de superbes grands poissons de sport, véritable rêve de tout pêcheur à la ligne. Je reviendrais bientôt avec Laurent, accompagner mes clients pour pêcher autour de cette passe et le long du grand récif. Mais peut-être seulement qu’une seule fois au cours de leur séjour afin de préserver cet incroyable « coin » de pêche. Personne ne vient jamais pêcher cette zone donc aucune pression de pêche n’existe, garantissant ainsi une réelle densité de grands et beaux « adversaires ». Le peu de poissons que nous avons capturés ce jour-là, ont été rendus à leur élément naturel… Mon compagnon de pêche, Laurent précise : « Depuis toujours, nous veillons scrupuleusement à la préservation de nos terres et de la mer en conservant la région sous notre contrôle. Nous ne prélevons dans notre environnement que le strict minimum dont nous avons besoin pour nourrir nos familles« . Ainsi, cette partie de la Nouvelle-Calédonie, tout particulièrement le Grand Lagon Nord, est restée intacte depuis toujours et vient récemment d’être inscrite, par l’UNESCO, au Patrimoine Mondial de l’Humanité.

    Richard Bertin

    Renseignements :
    www.safaris-peche.com

  • « Une plage » par Charles Pigeard

    « Une plage » par Charles Pigeard

    Oubliés les tracas quotidiens, vous êtes seul au monde à demi immergé sur cette plage du sud-est où la mer se forme et où le mistral tour à tour ami ou ennemi, sert ou consume l’efficacité de vos lancers. Les loups sont là derrière les vagues, vous le savez, vous les sentez… Ambiance !

    Vous arrivez sur le site choisi. Vous savez que les poissons sont là. Aucune excuse. Malgré les quarante minutes de marche vous n’êtes pas fatigué. – Un peu excité, voilà tout. Vos gestes sont rapides, vous avez hâte. Le coin est prometteur, les conditions excellentes. Le pic pour la canne. Le sac, avec plus de leurres qu’il n’en faut, un peu d’eau, les bobines de rechanges. Au fur et à mesure que vous enfoncez le pic, le bruit de la mer se fait plus présent. Le chuintement du sable sur le sol. Les vagues comme des masses solides que le mistral affronte. Certaines reculent sous la pression. D’autres enflent et éclatent en un crépitement de gouttelettes que le vent renvoie vers le large. Le mistral est partout. Vos oreilles bourdonnent. Vous avancez dans l’eau. A chacun de vos pas, vous sentez le flux et le reflux contre vos jambes. Les vagues qui éclatent dans votre dos vous renvoient un mur d’écume emporté par les rafales. Le choc de celles qui arrivent de face ; le mur d’eau que le mistral rabat derrière. Vous êtes à trente mètres. La houle atteint par moment votre poitrine. Parfois quelques centimètres à peine pour que l’eau pénètre dans les waders. Vos tirs sont tout d’abord mesurés. Comme un échauffement.

    Retrouver la sensation, cette pression sur l’index, si fugace.

    Vous savez que votre excitation peut vous faire parfois oublier de vérifier que le bas de ligne ne se soit entouré autour de l’anneau de tête. Dans le chaos ambiant, il faut vérifier que la tresse ne se plaque contre le blank ou qu’un des triples ne se prenne dans le fil. Vous ne pêcherez bien qu’après vous être calmé, vous le savez. Vous lancez, toujours plus loin, jusqu’à la troisième vague, là où les bars chassent.

  • Creuse : le guide 2012 de la pêche est sorti

    Creuse : le guide 2012 de la pêche est sorti

    Edité par l’Agence de développement et réservation touristiques, en partenariat avec la Fédération de la Creuse pour la pêche et la protection du milieu aquatique, « Destination Pêche » est un petit guide de promotion de la pêche dans le département de la Creuse. Vous y trouvez une carte des cours d’eau, avec leur classement piscicole, et la réglementation en vigueur. Un livret présente les différents acteurs du secteur de la pêche creusoise ainsi que les barrages, retenues et plans d’eau et les étangs fédéraux. En plus d’un agenda regroupant les évènements pêche, toutes les informations pratiques à l’usage des touristes halieutiques complètent ce guide 2012. Ces documents sont disponibles auprès de la Fédération de pêche, des AAPPMA et de leurs dépositaires de cartes de pêche, des Offices de Tourisme et Syndicats d’Initiative creusois, de l’ADRT, et des hébergeurs. Un guide bien utile si l’on veut découvrir ce magnifique département sauvage et riche de pêches de qualité.

     

    Renseignements :

    www.tourismecreuse.com

    www.enviesdecreuse.com.