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Catégorie : Actualités

Keitech Noisy Flapper Frog, vivement le printemps !
Sortie à l’automne dernier, c’est-à-dire avec trois mois de retard sur le pic d’activité des batraciens dans nos étangs et nos rivières, la nouvelle grenouille Keitech a le don de nous faire piaffer d’impatience. La marque japonaise semble, comme a son habitude, avoir sorti un leurre abouti. La gamme Keitech étant peu achalandée en modèles,mais tous sont des succès ! Les qualité d’une grenouille “à buzzer” en surface est d’une part de produire un bruit d’eau qui plaise aux carnassiers (elle a évidemment été conçue pour le black-bass) et d’autre part de permettre un ferrage correct. Le corps devant pour cela se faire oublier pour que l’hameçon puisse se planter. Et sur ce point, tous les modèles ne sont pas au point, loin s’en faut. La Noisy Flapper Frog (que l’on peut traduire par, “la grenouille qui fait du bruit en tapant dans l’eau”) a un corps relativement souple bien que plutôt épais. Les hameçons “frog hooks” spéciaux pour ce genre de leurre sont donc vivement recommandés. Un hameçon texan normal, même à hampe courbe, serait à l’origine de beaucoup de ratés. N’oublions pas que chez nous, la Noisy Flapper va être proposée à 90 % aux brochets, dont les talents pour intercepter des proies en surface laisse à désirer. En effet, le brochet rate souvent sa proie en surface. Alors autant ne pas le rater à notre tour lorsqu’il aura bien visé !
Pour les pêcheurs qui veulent découvrir cette pêche du brochet au leurre de surface au printemps, une solution beaucoup plus simple consiste à prendre un autre leurre Keitech, le Easy Shiner coloris lime/chart 5 pouces, qui est un shad dont la caudale en surface produit un “cloc-cloc-cloc” qui plaît énormément aux brochets (et aux black-bass). Autre avantage et pas des moindres, le Eaysy-Shiner, s’arme facilement et le corps plat et mou du leurre s’efface à la touche, beaucoup plus facilement qu’avec une imitation de grenouille, fut-elle de chez Keitech. Pensez-y !
Hameçon idéal : Owner Beast Weightless 5/0.

Vos cannes valent bien une chaussette !
Toutes les marques de cannes ou presque en proposent. Ça coûte quelques euros et vos cannes vous diront merci. Si vous en avez marre de faire frotter l’anneau de tête de votre canne préférée sur le plafond en béton de votre sous-sol, si vous en avez assez des pattes d’anneaux tordues lors du transport, les housses chaussettes en nylon sont une bonne solution ! Pour cannes montées ou non. Existent pour cannes spinning ou casting (cela dépend de la taille des anneaux).

Bonnes feuilles : Confidences d’une Truite près d’un pont
C’est un grand livre que nous vous proposons de découvrir aujourd’hui. Un conte philosophique, oeuvre de notre ami Jean-Christian Michel, philosophe, apiculteur, pêcheur et chroniqueur (vous mettez ça dans l’ordre que vous voulez) qui, une fois n’est pas coutume va vous obliger à réfléchir sur votre condition d’homo sapiens aquaticus. Son propos : faire parler une très vieille truite du Verdon qui a tout compris de la vie, de la sienne, de la vôtre et des flots qui bercent nos destins d’homme et de poissons. Un détail, la truite de Jean-Christian Michel est immortelle – comme celles de l’Olympe.
Un pêcheur de Vinon
Lui, c’est François. Il habite rue de l’église. En cette saison, il prend pieds sur la gravière à vingt heures dix. Il habite en face, alors il vient tous les soirs avec son labrador, sa musette et son lancer deux brins. Depuis vingt ans il lance un Rapala CD5 sans se lasser. François est un fidèle. Il aime les vibrations spécifiques à ce modèle. Il lance, il mouline, il mouline, hop, le machin sort de l’eau et il relance. C’est ainsi que se passent ses soirées. Quand le poignet fatigue, que le cerveau patine, il pose canne et musette et grille une Gauloise. Assis sur les galets, il caresse son chien puis il continue à pêcher. Dans les catalogues que connaissent bien les pêcheurs, son leurre fétiche est connu sous le nom de Rainbow trout. Si le chien et le leurre portent le même nom, c’est parce qu’il les aime vraiment. Il aurait pu appeler son labrador Arthur mais il a choisi Rainbow parce que pour un pêcheur au lancer c’est quand même plus parlant. Quand le quadrupède disparaît trop longtemps, François s’inquiète et appelle : « Rainbow ! Rainbow ! » et le chien qui était monté faire un tour sur le parking réapparaît au-dessus de la digue. Il le regarde en inclinant sa tête de bonne bête avant de se remettre à vadrouiller. François est alors en pêche pour une dizaine de lancers… Car une fois l’inventaire des crottes du jour terminé, Rainbow redescend sur la grève et entre dans l’eau. C’est la même histoire depuis sept ans. François lui dit alors : « Raimbow ! Non ! Pas dans l’eau ! » Mais les labradors, ça aime l’eau et il saute dans le bouillon. La pêche est terminée. Il est vingt heures vingt… mais François continue à pêcher et le chien qui le regarde vient se coucher sur les galets. Comme les autres pêcheurs du soir, François dit qu’il est là pour prendre le bon air. Ce n’est pas un frénétique de la canne à pêche, mais pourtant, une fois, il a bien failli me coincer. J’étais dans l’eau blanche, sous l’arche du milieu, à l’endroit où les courants se rejoignent. Je regardais l’eau retournée par la chute. Les volutes de bulles se déliaient autour de moi avec des gestes de danseuse. C’était juste en dessous de la cascade, je ne voyais que du blanc. Posées entre deux blocs, près de moi, il y avait plusieurs perchettes qui se comptaient les rayures avec l’air propre aux membres de cette espèce de toujours faire la gueule à quelqu’un (ces animaux pourraient se faire embaucher à la Poste).
A l’aube, sur la gravière, j’avais fait bombance pour au moins trois jours : une ventrée de gammares tous frais, cueillis du matin et croqués tartare avant que pointe le soleil. Des gammares, il y en a partout. Ces petits crustacés sont mon pain quotidien. Un peu comme si dans les rues de vos villes des pièces de monnaie courraient sur les murs à la place des fourmis et qu’il n’y avait qu’à tendre la main pour les ramasser. Je n’aime pas les perches à cause de leur sans-gêne (je ne parle pas du goût car malgré la cuirasse et les épines ce sont des créatures délicieuses). Elles ont le don de se coller à vous comme les moustiques et vous regardent de travers pendant des heures avec leurs petits yeux méchants. Depuis un moment, elles se faisaient la guerre autour de moi. Elles me prenaient pour une rampe de skate. Moi, je ne demandais rien à personne, je lisais paisiblement mon bouquin – Anthropologie du point de vue pragmatique j’en étais vers la fin – quand une effrontée s’est approchée pour me picorer un gammare contre le bec… Puis une autre s’est mise à lorgner sous ma pectorale : là, c’en était trop ! Je n’ai même pas pris la peine d‘incliner mon gros oeil pour leur signifier de dégager. C’était décidé : « la prochaine qui me touche, je la bouffe ! » Je ne sais pas comment François a fait son coup. Certainement à force de lancer, relancer et lancer encore… Bref, au moment où sa merdouille en plastique a touché l’eau, elle a dû être happée par un siphon et descendre à la verticale, sous l’eau blanche là où aucun leurre qui ne soit lesté d’une enclume ne peut couler. À moins que son poisson en plastique ne se soit accroché dans la mousse de la cascade et que le courant ait noyé le nylon avant que le triple ne se libère seul, emmenant le leurre contre mon nez… Bref, c’est une chose que je ne m’explique toujours pas – chance de cocu –, toujours est-il qu’au moment où j’ai senti une de ces saletés de perchettes picorer un gammare contre mon opercule de bécard, du même geste, j’ai envoyé valdinguer l’anthropologie et je me suis retournée façon Mohamed Ali et sans regarder j’ai balancé un uppercut bec fermé dans le machin pour lui apprendre à vivre et là… Horreur ! Piquée ! J’étais piquée ! Agrafée au-dessus du bec ! J’ai compris aussitôt le concours de circonstances (je ne me serais jamais laissée tromper par un machin aussi grossier) ! Je me suis roulée dans les galets comme un diable, secouant la tête et niant les évidences à la façon d’un homme politique obligé de s’expliquer. Par chance, le machin en plastique a giclé… Ouf ! François n’a rien compris. Son scion a tressauté deux fois comme quand la bavette du leurre ricoche sur les galets, mais, je peux vous dire que j’ai eu chaud. J’en fus quitte pour un pèlerinage à l’aplomb de la colline où les truites viennent pondre. La chapelle nichée dans les chênes verts qui dominent timidement la vallée est appelée Notre-Dame-des-oeufs – toutes les truites connaissent l’endroit, c’est à la fois notre Nativité et notre chemin de Compostelle. Nous y partons en procession une fois l’an. Sur la gravière où nous frayons, une fois que les copines et les copains eurent quitté les lieux, j’ai poussé du bout du museau un beau galet et j’y ai déposé dévotement un bouquet de porte-bois pour remercier… Un exvoto truite, quoi.
Liturgie de la vie
Plouf… Discrète comme un duvet tombé sur le courant, la mouche artificielle a percé la surface. Elle descend lentement, lentement dans le profond où je me tiens. Si la perfection liquide qui me sert de maison change les cailloux en diamants et les brindilles en colliers, elle m’annonce également le passage du leurre de multiples façons. Pourtant, Orion a tendu son piège loin, très loin de mes yeux. Il l’a fait si secrètement que je me demande parfois comment il fait pour savoir où se trouve sa nymphe tant la dérive est interminable… Mais moi, rien qu’à l’oreille, je connais le temps qu’elle va mettre pour apparaître devant mes yeux – peut-être fait-il de même ? – je sais alors qu’il ne faudra pas bouger d’un pouce. Quel drôle de jeu ! Je ne mordrai pas. Je connais le piège. Cent fois, il me l’a fait et il espère toujours… Là… Nous y sommes, je la vois ! Aujourd’hui, il me fait le coup de la pheasant tail : quelle idée originale ! Pour son anniversaire, je lui accorde parfois une attention, mais j’ai passé l’âge de ramasser tous ces pièges à truitelles ! Mais Orion n’apprend rien. À l’espoir démesuré succède une déception immense. Il a la bêtise des amoureux. Mille fois il se coincera les doigts dans la porte et mille fois il les remettra. Son imprévoyance est génétique. Vous dire les rhumes et les migraines que ce pauvre homme a endurés pour se retrouver face à moi dépasse l’entendement. Force de caractère ? Bêtise ? Impossible à démêler : couper l’écheveau serait le plus sage ! Mais laissons-lui encore un peu de temps. Il espérait m’attraper depuis si longtemps qu’il identifiait ma rivière à sa maison. Pauvre fou ! Pour peu, mes nageoires auraient gouverné ses soucis et ma peau servit de toile à sa tente ! Ne pouvait-il pas plutôt reconnaître qu’il avait envie de vivre comme une truite et se perdre dans les courants sans avoir de comptes à rendre ? Mais forcément, comme il n’a pas de nageoires… Le pauvre garçon ne pouvait certainement pas faire autrement que de se tourner vers moi… Mais je ne me sens pas coupable. Puisque c’était si important pour lui, il a bien fallu que j’apparaisse. Ce ne fut ni dans un buisson ni sur le chemin de Damas, mais dans un radier bien clair à la fin du printemps. Pourtant mon épiphanie n’a rien calmé : Orion est devenu insupportable.
Désagréable aux autres et à lui-même, mon ombre dansait en permanence dans les recoins de son regard. Il ne pensait qu’à moi, maigrissait, devenait insistant et sournois. Il fallait que cela cesse. Un matin, sa nymphe comme un papillon de cendres est descendue vers mes lèvres mais je jure que je n’ai pas mordu. Comment cette invisible saleté a pu glisser son dard entre mes dents ? Diable de pêcheur ! Ne pouvais-tu pas plutôt jouer au foot ? La balle damne l’homme, le fait indiscutable, mais franchement, un demeuré de plus ou de moins dans la gibecière de Satan, où serait la différence ? Bref, je me suis encore retrouvée attelée à un fil. Han, han, han… Et cette ficelle comme un carcan qu’il faut maintenant que je tire, non de non, han, han, han ! Orion est aux anges. Il croit frôler les bras de la déesse, il donne du fil. Son souffle retient l’air, l’émotion est palpable, le tempo pathétique. Tendue de son coeur à mon coeur, la ligne vole et fend l’eau et l’air : abîme et ciel liés par le bras d’un homme. Orion trébuche, se vautre, se relève. Quelle bagarre ! L’homme s’accroche à la canne comme s’il ne savait pas qu’il possédera toujours un coup de retard… Ses pas d’ivrogne heurtent les galets comme autant d’entraves à son rêve. Le dénouement est proche. Il n’est plus l’heure de tisser des liens. Il faut liquider. Nous sommes accrochés, mortellement accrochés et ce sabbat à contre-pied emporte vase, algues et roseaux. Quel cirque ! Le géant trébuche, s’enfonce au milieu des iris, se traîne à genoux : un vrai chemin de croix ! La canne brandie incruste un point d’interrogation immense dans le ciel – prière jetée ou anathème ? – elle nous fait loucher tous les deux mais bientôt j’entrevois l’issue ! Encore une passe ou deux… Mes armes sont affûtées ! Je sais qu’il doute et qu’il fait semblant de ne pas douter. Il se vautre encore et encore se relève. Pendable ! Le gilet plein d’eau, des têtards dans les oreilles : misère du pêcheur sans Dieu ! Il me suit en se traînant sur le flanc. Seul le scion courbé ose encore assumer l’illusion. Cette fois, il est touché ! La botte pédale dans la vase. Orion entrevoit la fin mais ne lâche pas. Le fil le retient à la vie tant que la canne est courbée.
Hourra ! La branche est en vue ! Un coup de rein, deux coups de queue… Non ! Trop court ! Cette maudite ficelle synthétique brise mon élan. Nan, nan, nan : je secoue la tête comme un garnement et file plein aval reprendre mon souffle. J’en profite : avant la mise à mort, je veux encore longer la berge et dévisager une dernière fois celui qui me défie. Le temps d’une lente passe, je plonge mon oeil immense dans ses yeux… Pas de chance : Orion porte des lunettes jaunes. Mon dieu qu’il semble idiot ! Mais malgré l’accoutrement ridicule, le visage ne ment pas : les joues tendues et la bouche entrouverte posent lentement dans sa chair le masque des défunts. Salut, juste pêcheur ! Ne perds pas espoir, tu n’y es pour rien ! Han, han, han : deux coups de reins, trois coups de queue, cette fois, je parviens à passer sous la branche ! Le fil s’éraille et la soie se coince : han, han, han, la canne se redresse. Niqué !
La turbine « Francis »
Le directeur de l’usine se nommait Otto Walt et logeait dans la cité radieuse qui touche l’usine. Des cousines l’avaient vu au Verdon, vers Castellane, deux années avant sa prise de fonction. À l’époque, il se promenait en maillot de bain et je crois qu’il était surtout là pour camper avec ses copains dans les « schön Gorges-du-Verdon ». Le lieu avait dû lui plaire (il n’était pas encore l’autoroute à touristes que l’on connaît). L’homme était revenu quelque temps après et cette fois il n’était plus reparti. Lui aussi jouait de la canne à pêche. Oh, pas souvent, mais à la belle saison, il n’était pas le dernier. Il était blond, j’aime beaucoup les blonds car je les repère en premier. En fin d’après-midi leurs cheveux ont quelque chose de magique. Ils dégagent une chaleur comparable aux ailes des éphémères. Au début, Walt était en mission. Il venait tous les ans bidouiller je ne sais quoi sur les turbines, une histoire de soudure pour recharger les pâles, il paraît. Quand je dis turbine, comprenez turbine « Francis ». Ce n’est pas une plaisanterie. Difficile de trouver nom plus stupide pour une moulinette à poissons. Pour une truite, la turbine Francis est le diable des eaux. Ca passe ou ça hache. C’est à cause d’elle que nous avons perdu l’amont. Et pour une truite, vous le savez, l’amont, c’est la vie, la terre des noces, celle des naissances et des morts, celle où même stériles et maigres nous faisons le voyage pour crever. Maintenant, lorsque nous pointons le nez vers l’amont, nous trouvons Francis pour nous dire non. Il faut voir ce que nous voyons. C’est à peine croyable. L’eau devient tueuse et sa violence se fait surnaturelle. Passera, passera pas ? On s’approche, on hésite, le nez presque collé aux pâles on attend. Les muscles s’affolent dans ce courant insensé. Le corps happé comprend le péril, mais les truites sont nées pour remonter. Nous ne pouvons pas avoir peur de l’amont. A-t-on déjà vu une mère tuer l’enfant qu’elle entraîne dans son giron ? Seuils, goulets, cascades, nous pouvons tout passer. Au pire, un grand revers de flanc nous jette à bas ou nous assomme contre un rocher mais il est écrit que nous devons nous y lancer à corps perdu. Alors nous nous lançons. Le coup de rein est apocalyptique. Francis la terreur tourne, grésille et crache. Son mugissement est une roulette russe à poissons. Un barillet à huit coups avec huit balles dedans. Mais il faut jouer. Il fait : « wouiit crêêve wouiit, wouiit crêêve wouiit, wouiit crêêve wouiit… », cela monte comme du dedans. Le béton ensorcelé est hypnotique. Il veut faire entrer notre tête dans sa pierre. Et toujours ce chant : « wouiit ». Les sirènes chantaient de même pour faire perdre tête à Ulysse mais nous, les truites, la turbine nous la fait perdre pour de bon : on y entre truite et on en ressort sushi. Contre elle, il n’existe que les statistiques. Alors nous prenons notre élan et nous nous jetons en serrant les nageoires. Et puis après nous voyons s’il y a encore quelque chose à voir. Les poissons de plus de trente centimètres finissent tous en confettis. Pourtant, un jour, un brochet d’un mètre est parvenu à passer entre les pâles… Personne ne sait comment il a fait son coup. Depuis, on le surnomme Jésus. Il coule des jours heureux en aval à manger nos morceaux.
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Shimano Zodias, et moi et moi et moi !
Propriétaire d’une canne casting Shimano Zodias 166 M depuis hier, quelle ne fut pas ma surprise de voir que la notice d’utilisation était imprimée uniquement en chinois et en japonais. Evidemment le produit vient de Chine, ce qui ne surprend personne pour une canne à un peu moins de 200 euros, par ailleurs plutôt bien finie et dotée d’un blank Hi Power X à la fois léger, résonant et réactif. A ce prix, on est plus dans le bas de gamme et on est en droit d’attendre un blank correct et une finition, pas exceptionnelle mais convenable. Quant à la notice, elle est inutile pour une canne monobrin puisque la seule chose à faire est de dévisser ou de visser la virole du porte-moulinet. C’est vraiment gaspiller du papier en format A2 pour rien !

La pêche à la tchèque ou la nymphe pas catholique…
Version extrême de la pêche à la nymphe “au fil”, la méthode tchèque est plus proche de la pêche au toc avec des nymphes artificielles que de la pêche à la mouche. A vous d’accepter ou pas de pêcher avec une technique où la soie sort rarement du moulinet, sauf pour suivre un beau poisson. Mais avant d’avoir une attitude négative envers cette méthode, voyons à quoi elle ressemble.
Que le pêcheur utilise une mouche sèche, un streamer, une nymphe ou une mouche noyée, la pêche à la mouche se caractérise par le fait que c’est la ligne (la soie) qui propulse le leurre et non le leurre qui entraîne la ligne. Dans ce dernier cas, il s’agit de pêche au lancer. Que penser alors de la pêche dite « à la tchèque” où la pêche se fait avec deux ou trois nymphes casquées, un bas de ligne de dix mètres et une soie qui ne sort presque jamais du moulinet ? Pas de doute : c’est bien de la pêche avec des mouches mais le rapport avec la pêche à la mouche est assez lointain…
Que celui qui n’a jamais pêché me jette la première pierre !
Et pourtant, de quel droit l’exclure des pêches sportives ? A ce compte, lorsque nous propulsons une nymphe au moyen d’un lancer arbalète, nous ne faisons pas de la pêche à la mouche mais de la pêche au lancer… Je connais un certain nombre de nympheurs qui ne sont pas capables de prendre un poisson autrement ! Essayez de faire une arbalète avec une petite mouche sèche, vous constaterez sans problème que c’est bien le poids de la nymphe qui aide à lancer !
Le lancer
Il est possible de fouetter un bas de ligne tchèque avec une mouche sèche à courte distance, mais dès qu’on pratique la technique tchèque comme il se doit, c’est-à-dire avec des nymphes, cela n’est plus possible. Pour lancer à sept ou huit mètres, il faut laisser le bas de ligne et son chapelet de nymphes s’étendre totalement lors du lancer arrière avant de shooter franchement
vers l’avant en prenant soin de
Cyril Chauquet, l’autre River Monster
Vous connaissez sans doute River Monster, cette émission de télé qui veux faire croire au téléspectateur qu’en tout poisson se cache un serial killer avec des commentaires qui paralysent la main qui tient la télécommande pour l’empêcher à tout prix de zapper :“quelque chose me dit qu’un silure tueur d’enfants se cache dans ces eaux” ou encore “je pense avoir retrouvé la trace du tueur… bon ok, on sait pas trop s’il a déjà tué, mais il en est sans doute capable…”, etc. C’est bien connu, lorsqu’un concept télévisuel fonctionne, il est rapidement copié. Ainsi le français Cyril Chauquet cartonne Outre-Atlantique en étant la vedette d’une émission diffusée tout d’abord au Canada, puis aux Etats-Unis et finalement en France sous le nom de Pêches XXL (RMC Découverte depuis le 16 novembre). Au moins avec Cyril, les poissons ne sont pas systématiquement mangeurs d’hommes. En parlant d’homme, Cyril Chauquet en est un, dans le genre barbouze de la pêche, mais en no-kill. Il faut bien vivre avec son temps !

Réseau Rivières Sauvages, l’affaire de tous !
Les pêcheurs sont souvent désemparés lorsqu’il s’agit de faire quelque chose pour leurs rivières. Le réseau Rivières Sauvages est une belle occasion de participer à la protection des cours d’eau en bon état écologique. Ces rivières ont besoin que l’on renforce leur protection, que l’on initie des programmes de conservation pour éviter leur dégradation, afin de construire ensemble, acteurs publics et privés, une protection pérenne de ces joyaux.
En France comme en Europe, il n’existe plus de rivières véritablement sauvages, mais certaines sont encore préservées et “préservables” ? A ce titre, elles méritent une protection accrue. Dans notre beau pays, si diversifié, les services de l’Etat se désengagent de plus en plus de la protection des cours d’eau. La Police de l’Eau, qui revient aux directions départementales des territoires (DDT) via l’Onema ou à l’ONCFS n’impressionne que très moyennement le monde agricole, pas plus que celui des barragistes. C’est donc au peuple, aux associations, de défendre leurs rivières.
C’est sur cette idée qu’est né le Réseau Rivières Sauvages en 2007. Depuis, le mouvement a pris une belle ampleur, mais a besoin de soutien, notamment des pêcheurs, car nous sommes en première ligne lorsqu’il s’agit de défendre les cours d’eau ! Rivières Sauvages veille sur les cours d’eau en réel bon état écologique, labellise certains d’entre-eux pour renforcer leur protection et faire respecter leurs droits. Dans ce monde où la communication devient une arme redoutable, ces rivières sauvages doivent être mises en valeur pour être protégéesde façon pérenne de tous les dangers qui les menacent. Denis Caudron, chargé de mission auprès des collectivités territoriales pour la restauration de cours d’eau durant plus de quinze ans, actuellement coordinateur du programme Rivières Sauvages a répondu à nos questions pour présenter ce réseau qui lui est cher.
Denis Caudron, de quel constat est né Rivières Sauvages ?
Du constat que les cours d’eau en excellent état de conservation, n’ayant pas subi d’atteintes morphologiques majeures (rectification, barrages) et ayant conservé une eau de qualité sont très rares en France et en Europe. Ils devraient tous être protégés. Pourtant, malgré les outils réglementaires existant, les nouveaux classements des cours d’eau ne les mettent pas à l’abri. Ainsi pour faire face aux menaces pesant sur les dernières rivières sauvages intactes, en particulier celles liées à l’hydroélectricité non durable, de nombreux acteurs se sont regroupés en 2007 à l’initiative du WWF et d’European Rivers Network (ERN) France. Ils sont à l’origine du projet rivières sauvages avec

Jura, mobilisez-vous pour le lac de Vouglans !
La fédération départementale de pêche du Jura vient de mettre en ligne une enquête à propos du lac de Vouglans. Ce questionnaire qui sera en ligne jusqu’au 31 mars servira à évaluer les retombées économiques liées à la pêche sur ce lac de 1700 ha de la vallée de l’Ain. Les pêcheurs doivent se mobiliser pour prouver que la pêche sportive sur le lac participe grandement à l’économie locale (nautisme, hébergements, restauration, guides de pêche) afin quelle soit mieux considérée. N’oublions pas que la menace de la pêche professionnelle plane toujours sur le lac.

Fête de la pêche à la mouche de Charleroi, toujours un succès !
Ce week-end s’est tenue la 21ème édition de la fête de la pêche à la mouche de Charleroi en Belgique et dont Pêches sportives était le partenaire. Comme chaque année, ce salon qui rassemble des exposants européens a tenu son rang de rendez-vous incontournable pour tous les passionnés de montage de mouches, de matériel mais aussi d’évasion avec les voyagistes et les guides. Un grand bravo à l’équipe de bénévoles (l’Amicale des pêcheurs à la mouche de Charleroi) qui organise le salon de pêche à la mouche le plus fréquenté tant par les exposants que par les visiteurs en pays francophone européen.

Hand made requillou ! L’épuisette fait maison
TUTORIEL : A la demande générale – de ceux qui ont vu l’outil pour de vrai – voici la méthode de fabrication très artisanale de l’épuisette en bambou de Jean-Christian Michel, l’homme du Verdon. La matière première vient du bord même de la rivière et la méthode de fabrication demande une planche et quelques clous. Un retour aux sources, à la préhistoire, un pied de nez à la mondialisation et au réchauffement climatique !
Des noms régionaux pour dire épuisette, “requillou” est le plus charmant. Il y a dans ce mot hérité du patois franc-comtois un je ne sais quoi de doux et de canaille qui tranche avec la matérialité affreusement pesante de l’objet devant lequel je me suis retrouvé un jour au musée d’Ornans et sous lequel se trouvait une petite étiquette y indiquant justement : “requillou”. Il s’agissait d’une épuisette du siècle passé avec un long manche, vraisemblablement réalisé d’un bloc dans une branche fourchue dont les deux extrémités avaient été réunies et ligaturées, puis sur lesquelles on avait cousu un filet. L’objet massif faisait penser à ces fourches du temps jadis et son manche imposant ressemblait plu à un objet de forçat qu’à nos épuisettes modernes. Pourtant ce truc m’a plus. Ce n’était pas que je le trouvais beau mais je dois vous confesser une nostalgie un peu bête pour l’époque où la valeur d’un pêcheur ne se mesurait pas à son compte bancaire et à sa faculté à s’offrir le dernier brin de carbone à 700 tickets. Certes, je dois reconnaître que l’action du carbone est légèrement meilleure quecelle d’une branche de noisetier, mais pour une épuisette ce n’est pas pareil. D’abord, on ne la décroche pas tous les jours… ensuite, pour ce qui est de casser une épuisette ou de la voir se refermer lorsqu’un poisson pèse dans son filet, les épuisettes modernes se défendent assez honnêtement ! L’idée a fait son chemin dans mon esprit et un matin, j’ai décidé de fabriquer une épuisette dorsale avec trois lamelles de bois collées, une de ces épuisettes géantes pour faire rentrer une truite de dix-huit livres… La truite n’est pas venue et comme j’ai toujours rêvé de me faire casser une épuisette par une truite géante, j’ai décidé de déplacer le curseur de la solidité du côté de l’épuisette !
Un jour, au bord de ma rivière, j’ai trouvé des cannes de bambou longues, fines et bien vertes. Je me suis amusé à tordre une de ces cannes : le cintre obtenu ressemblait à s’y méprendre à celui de mon épuisette ! Cela m’a fait marrer. J’en ai ramené un, je l’ai cintré sur un gabarit puis laissé séché et je l’ai doté d’un filet…
