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Catégorie : Actualités

Législatives – Un billet d’humeur de Philippe Koeberlé
Auteur franc-comtois dont nous vous proposons régulièrement les ouvrages, membre actif du collectif SOS Loue et Rivières Comtoises, Philippe Koeberlé s’adresse ici aux candidats aux législatives de sa région : « Depuis 12 ans, les truites et les ombres de la Loue, et des autres rivières du Doubs, sont décimés par la pollution.
Depuis 12 ans, études, colloques, réunions, projets se succèdent, mais l’inaction des différents responsables sur le terrain fait qu’aucune amélioration n’est constatée. Depuis 12 ans, les causes et les solutions sont connues, en particulier grâce à l’étude de la faculté des sciences de Franche-Comté (qui a couté 1.2 millions d’euros). La Loue, dont une partie est sur votre circonscription, est à l’agonie, n’abritant au mieux que 20 % de son potentiel piscicole. C’est sans doute la dernière législature où son sauvetage est possible. A l’heure où nous vous posons cette question, des poissons meurent dans l’eau qu’une partie de la population boit, où nos enfants se baignent.

La Durance dévastée sur une quinzaine de kilomètres après une vidange de barrage
Dans le cadre de sa vidange décennale, le barrage de Pont Baldy sur la Durance est le point de départ d’un véritable massacre sur près de quinze kilomètres en aval. La rivière mettra plusieurs années à se remettre d’une telle concentration en sédiments. Ce type d’opération, qui n’a rien d’accidentel, était prévue depuis longtemps, mais le pire a eu lieu malgré les mises en garde des pêcheurs à propos du niveau très bas de la Durance lors de cette vidange.
600 g par litre d’eau, c’est la concentration en sédiments relevée après l’opération de “chasse” pratiquée durant sept jours sur la retenue de Pont Baldy entre Embrun et Briançon sur la Durance. Il s’agissait d’une vidange décennale semblable aux précédentes, mais dont le faible débit de la rivière (7 m3/s) en raison d’une faible quantité de neige fondue n’était pas favorable à ce type d’opération.

Mon jardin d’Eden
A en croire Jean-Christian Michel, le Paradis n’est pas perdu pour tout le monde. Le seul problème : il ne veut pas nous dire où c’est, même s’il n’en profite qu’une semaine par an.
C’est un pays où tout n’est que truites, ombres et lumière. Un pays de quiétude et de bonté. Il y a de grands arbres pour élever l’âme et une rivière pour l’apaiser. Les hommes y sont affables, la pluie est fine, la lumière douce. On voit d’innocentes laitières dans les prés…
Ce pays n’existe pas. Il repose en lui-même à l’écart de nos existences. On y est sans le voir et, quand on le voit, on en est presque aussitôt chassé. Milton n’a rien inventé : le Paradis est perdu. Si Adam et Eve le quittent tête basse et que leur fils Caïn (dont on est en droit de penser qu’il n’était pas homme à s’embarrasser de scrupules) part faire sa vie à l’est d’Eden, ce n’est sans doute pas pour rien…
Il y a une bonne raison à cette Chute : aucun n’était pêcheur. Voilà la cause des principaux maux de l’Humanité ! Nos ancêtres bibliques furent chassés du paradis terrestre mais moi, chaque année à peu près à la même époque, je débarque sur la prairie avec ma 206 chargée comme pour l’autre côté de la Méditerranée… et quand j’ouvre le portail, la parenthèse s’ouvre et j’entre à Eden pour sept journées. C’est un moment où la vie fait une pause. Une parenthèse. Ce n’est ni le repos du guerrier devant son charnier ni la contemplation de Dieu devant sa Création. Juste une parenthèse. Un moment à l’abri des tourbillons de la vie, des événements et de l’Histoire. C’est comme si, au monde, rien n’existait plus que la paix, une rivière et quelques hommes pour la pêcher. Eden.
Le portail
Au bout du tapis de bitume, il y a une route puis une départementale puis Phil (Saint-Pierre était belge) qui me donne la clé. Et puis plus rien : un chemin et un bois que l’on traverse et on y est

L’art (insoupçonné) de l’arbalète
Pêche opportuniste pour certains, technique à part entière pour d’autre, “l’arbalète” sauve souvent le pêcheur de la bredouille. Mais ce lancer de bordure qui paraît si simple est souvent mal exécuté. La mouche ou la nymphe est alors sujette au dragage et se fait refuser. Voici comment et pourquoi ce lancer doit être prémédité.
Peu de pêcheurs à la mouche sont fiers de faire un beau coup d’arbalète sur un poisson qui passait (trop) près du bord. Ce geste d’apparence très simple est souvent effectué dans la précipitation. Le pêcheur se trouve surpris par une belle truite qui longe la bordure et va passer devant lui. Cet acte de pêche provoque presque chez certains pêcheurs un sentiment de honte. « J’aurais voulu la prendre autrement, mais elle ne passait qu’au bord… ». Alors que chez d’autres en revanche, on assume pleinement le fait de pêcher sous la canne et on se spécialise dans la recherche des truites qui font les bordures. Souvent critiqué, considéré comme anti-sportif, le lancer arbalète n’est pourtant pas aussi simple à réaliser qu’il n’y paraît. Il serait dommage de ne pas tenter une belle truite qui passe au bord, car les bonnes occasions ne se représentent souvent pas de sitôt. Quitte à tenter le coup, autant le faire avec de bonnes chances de succès.
Pour avoir vu des dizaines, voire des centaines de pêcheurs pratiquer l’arbalète, je sais que ce lancer est très souvent mal exécuté. C’est le guide de pêche aubois bien connu et ami de longue date Emmanuel Favin qui m’a soufflé l’idée de cet article. Pratiquée essentiellement à la nymphe à vue ou à la mouche sèche, la technique de l’arbalète n’est efficace que si la nymphe ou la mouche ne drague pas. Voilà donc qui limite considérablement la longueur maximale de lancer. La plupart des pêcheurs qui pratiquent l’arbalète se font refuser leur nymphe parce qu’elle drague en raison d’une trop longue distance de lancer. A l’arbalète, la notion de longueur est relative. A 5 ou 10 cm près, la présentation est naturelle ou pas et, dans la négative, la sanction ne tarde pas sur les parcours où les poissons voient souvent des nymphes. La truite vient tout d’abord voir la nymphe, puis se fige à quelques centimètres et s’en va, parfois lentement, parfois à toutes nageoires comme si elle avait vu le Diable en personne. En début de saison, un très léger dragage est souvent toléré mais, dès le mois de mai, seules les nymphes qui paraissent naturelles aux yeux des truites sont prises.
La règle des 45 °
Pour avoir un point de repère, l’inclinaison du fil avant le tir doit être proche de 45 °, ce qui oblige à armer en hauteur, à environ 20 cm au dessus de sa tête. Avec un tel angle (pas moins), environ la moitié de la longueur de fil ne sert pas à gagner de la distance, mais à garantir une immersion verticale de la nymphe. On peut ainsi dire schématiquement qu’une arbalète réussie est davantage verticale qu’horizontale dans son plan de lancer. Et plus les poissons sont sensibles au dragage des mouches, plus

Po-si-ti-vez !
Comme la musique et toutes les activités qui demandent du temps, la pêche à la mouche est une passion ingrate où la frustration est souvent au rendez-vous. Voici comment tenter de mieux vivre avec ses défauts et les impondérables qui nous pourrissent cette vie que, par ailleurs, nous aimons tant. Pour cela, il suffit de po-si-ti-ver.
Bob aime le rock and roll et les belles guitares. C’est son jardin secret. Mais, depuis trente ans, il massacre les plus beaux riffs de l’histoire de cette musique. Mais cela n’empêche pas Bob de se prendre pour Keith Richard en connaissant bien ses limites. Bob sait qu’il n’est pas tout seul dans son cas à aimer une activité qui mériterait qu’il lui consacre beaucoup plus de temps. Combien de propriétaires de voitures de sport savent véritablement conduire ? Et combien de pêcheurs à la mouche se heurtent à des barrières techniques, à des gestes mal maîtrisés, la faute à une pratique pas assez régulière et soutenue ? Tout comme Bob et les guitaristes occasionnels, la majorité des pêcheurs à la mouche souffrent de ce manque de pratique. Mais, comme lui, ils aiment leur activité comme aucune autre. Alors comment ne pas se démotiver devant autant de difficultés ? Qu’il est facile de baisser les bras lorsque la mouche drague et qu’on ne trouve pas la solution pour régler le problème, lorsque les branches semblent prendre un malin plaisir à attraper vos mouches. Oui, les arbres des bords de rivières vivent, comme dans Harry Potter. Ils tendent leurs grandes branches pour attraper nos mouches dès que vous avez le dos tourné. Avec les années, j’ai appris à rester zen face au complot organisé par les arbres, le vent, les kayakistes et tout le reste. Et cela n’a pas grand-chose à voir avec le fait qu’en quarante années de pêche à la mouche, j’ai (heureusement !) bien progressé. Car plus on est à l’aise avec la technique, plus on tente des coups difficiles, plus on se met en danger et plus on se heurte à la même frustration qu’à ses débuts. Il n’y a que deux façons de vivre avec ces situations décourageantes, la bonne et la mauvaise. Ou plutôt, la positive et la négative.
Tout cela n’est finalement qu’une question d’état d’esprit. Pour des raisons externes à la pêche elle-même, aux conditions météo- et hydrologiques, on aborde la partie de pêche dans l’état d’esprit du moment, influencé par ce qui vient de se passer juste avant, pendant le trajet qui s’est bien déroulé ou pas. Bien souvent, on est seul

Gobages branchés
Pas commode de poser sa mouche sous un couvert d’aulnes. C’est pourtant possible : question de maté- riel et de méthode. A la pêche, c’est rien de dire qu’on apprend pendant toute sa vie. Il suffit de changer de région pour comprendre que nos connaissances, nos certitudes ne valent plus forcément grand- chose. La preuve avec une pêche de truites normandes peu sollicitées, bonnes filles, car à l’abri des branches basses, mais dont l’insouciance n’est pas gratuite. Pour prendre ces poissons qui, en période de mouche de mai, ne demandent qu’à monter sur votre mouche, encore faut-il avoir un matériel adapté et propulser sa mouche sous un couvert végétal sans être obligé de s’y reprendre à dix fois.
Pas facile de pêcher les petits cours d’eau de 5 à 10 m de largeur, surtout lorsque ceux-ci sont protégés par un couvert végétal. Ces petits cours d’eau sont fort nombreux. Ce sont des affluents de grandes rivières ou les cours supérieurs des dites grandes rivières ou encore les parties inférieures des gros ruisseaux, bref ils sont partout, sauf dans les régions karstiques, où les sources vauclusiennes font sortir les cours d’eau de la roche directement à leur débit moyen (cas de la Sorgue du Vaucluse, de la Touvre dans les Charentes, de la Loue dans le Doubs, etc.). Dans ces régions, les eaux sont majoritairement souterraines à l’exception de quelques grandes rivières. Les pêcheurs nés et qui vivent dans des régions karstique, dont les plus petits cours d’eau mesurent une quinzaine de mètres de largeur, n’ont jamais eu à progresser courbé sous des tunnels d’aulnes, à faire des lancers en rase-mottes pour échapper aux branches basses. Une bonne partie des acquis spécifiques à ces régions ultra-calcaires ne sont pas transposables en petits cours d’eau couverts.

La nymphe qui déclenche
Quel drôle de titre ! Qu’une nymphe artificielle déclenche un comportement, c’est le but, non ? Dans la distinction habituelle entre mouche imitative et mouche incitative, c’est sans doute majoritairement à cette dernière catégorie que cet article fait référence mais pas seulement. Petite apnée subaquatique au pays de la nuance.
La démocratisation (pauvre Démocratie !) de la pêche à la nymphe (à vue, au fil, à la mouche-indicateur, à la pâte indicatrice, au rigoletto, à la boule niçoise, au buldo… et -peut-être- bientôt à la plombée coulissante) fait que les truites voient passer des nymphes de toutes les formes, tailles et couleurs en toutes saisons, à toutes les profondeurs et distances. L’emploi des nymphes artificielles n’est plus l’apanage des moucheurs et, tout snobisme mis de côté, ce n’est peut-être pas pour le meilleur.
Dans ces nouvelles pratiques, souvent l’action passe avant l’observation (ils appellent cela une pêche pour tous…) la nymphe n’est qu’un machin terminal qu’on accroche au bout de son fil, façon Aglia numéro 2, pour pratiquer la technique dédiée (livrée en kit, avec manuel d’utilisation contre la modique somme de x euros, possibilité de stage pour les cas les plus sévères) sans que l’officiant comprenne ce qui fait que la nymphe fait mouche. L’essentiel, pour lui, étant de suivre religieusement les conseils du maître à pêcher qui enseigne (plus dans la lignée d’Herbert Léonard que d’Epicure) le chemin le plus court vers l’opium du peuple démocratico-consumériste : le P-L-A-I-S-I-R !
Et quelles bêtises ne fait-on pas au nom de ce satané plaisir !
Oui mais voilà, certains hommes sont traversés par l’éclair de la conscience et le plaisir ne leur suffit pas. En plus d’éprouver du plaisir ils veulent comprendre ce qu’ils font. Au risque de passer pour un snob (ceux qui me connaissent apprécieront !)

Ah ! l’ouette, (je te plumerai…)
Ce n’est pas tous les jours, ni même tous les ans que les pêcheurs à la mouche découvrent le plumage d’un oiseau inconnu. Introduite dans des parcs animaliers en Europe il y a fort longtemps, l’ouette d’Egypte a fini par s’en échapper et commence à poser de gros problèmes de cohabitation avec les autres espèces de volatiles en période de nidification. Depuis 2020, l’oiseau est chassable sous conditions par des tireurs disposants d’une autorisation préfectorale. Nous avons récupéré quelques plumes et avons été stupéfaits par les couleurs, les textures et par l’intérêt majeur qu’elles représentent pour le monteur.
Dans l’Egypte antique, ce grand canard de la taille d’une petite oie était sacré. Alopochen aegyptiaca ou l’ouette d’Egypte est aujourd’hui la seule espèce du genre Alopochen à ne pas être éteinte. Avec un tel passé et un avenir menacé, on ne peut qu’avoir un immense respect pour ce bel oiseau dont l’ère de répartition naturelle se limite à l’Afrique subsaharienne ainsi qu’à la vallée du Nil jusqu’à Assouan où elle est principalement sédentaire. En Europe, elle a été introduite dans des parcs animaliers en Angleterre, en Allemagne et aux Pays-Bas il y a fort longtemps (XVIIe siècle en Angleterre) et s’en est échappée. Les oiseaux observés en France proviennent de ces populations voisines. L’ouette d’Egypte ne s’est développée que très récemment dans l’Hexagone, dans le nord et l’est du pays. Tout irait bien dans le meilleur des mondes si le bel oiseau n’était pas très agressif envers les autres oiseaux d’eau et même les rapaces. C’est lors de la nidification que l’ouette devient agressive, ne tolérant pas que d’autres espèces nichent dans les environs de son nid. L’oiseau peut parfois prendre possession de nids d’autres oiseaux. Des ouettes tuant des oisillons d’autres espèces ont été régulièrement observées. L’ouette d’Egypte se développe donc au détriment de ces dernières. Cet oiseau désormais classé nuisible dans des départements français de plus en plus nombreux est autorisé à la chasse dans un but de destruction (uniquement par des chasseurs disposant d’une autorisation préfectorale). Dans certains cas, les agents de l’OFB ainsi que les lieutenants de louveterie sont autorisés à procéder à la stérilisation des oeufs (cas du département du Nord dans le cadre d’un arrêté valable jusqu’en septembre 2024). C’est surtout en Alsace et en Lorraine, et jusqu’en Franche-Comté, que l’ouette d’Egypte est la plus invasive.
Un super canard
Les

La rivières aux oiseaux
A force de s’énerver contre les cormorans et autres harles bièvres, on oublie que les oiseaux de la rivière peuvent être de formidables compagnons de pêche. Bienvenue au pays du martin pêcheur et du cincle plongeur.
D’abord on l’entend sans le voir. Une trille joyeuse assez perchée à son début qui baisse d’un ton comme si le martin pêcheur ne voulait pas déranger. Il n’empêche, la trille ne laisse pas le pêcheur insensible. Chacun y va de sa petite interprétation. Les uns se disent qu’il appelle sa femme, les autres qu’il parle à ses potes. Les paranos comme moi sont surs qu’il commente à l’intention de la famille : « venez voir le gauleux. Il est pas mal celui-là, bien équipé, bien maladroit, tranquilles les truites, ya déjà trois mouches dans le saule derrière… Si je pêchais comme ça on mangerait pas souvent. » Et puis quand il a assez péroré le martin pêcheur fait son entrée. Soudain il est devant vous, sur son trente et un, casaque orange et bleue cobalt, toque grise, le bec noir pour les mâles et jaune pour les femelles. Comme un invité dont personne ne sait qui l’a invité mais qui est bien là en tenue de soirée ce qui ne laisse aucun doute sur le fait qu’il est l’invité de quelqu’un. Un instant, une à deux secondes pas plus, son vol peut rester stationnaire face à vous, comme si ce cabot du ruisseau voulait s’assurer de votre attention avant de commencer son numéro. Puis il se fait balle qui fend l’eau dont elle ressort comme propulsée par son propre rebond, une gardèche en travers du bec.
Les rencontres avec des animaux font partie du plaisir de la pêche. On en croise de toutes sortes. Un sanglier qui traverse le coup que vous vouliez pêcher, un chevreuil qui bondit par-dessus votre tête, un chat sauvage, une loutre. Quelques-uns, comme les ragondins sont en revanche un peu trop envahissant. (Je ne bénis pas le curé qui en a importé l’élevage au XIXe siècle. Une inondation plus tard les ragondins partaient à la conquête des rivières de France avec une arme absolue : leur fécondité. A côté des ragondins, les lapins sont stériles). Mais d’autres animaux peuvent être à la fois plus discrets et complices.

Hydrobiologie. Le nouveau discours de la méthode
Arnaud Caudron répond à Philippe Boisson
Une nouvelle génération d’hydrobiologistes est en train de faire évoluer l’analyse des milieux et de leur transformation sous l’effet du réchauffement climatique et des nouvelles agressions qu’il provoque. A l’image d’Arnaud Caudron, directeur du cabinet d’études Scimabio-Interface, ces scientifiques traquent les milliers de paramètres qui mesurent l’efficacité des alevinages, la dérive génétique des populations, l’efficience d’un habitat, l’évolution thermique d’un cours d’eau, l’effet des micropolluants sur le vivant, l’impact de l’agriculture sur un cours d’eau en utilisant des outils complémentaires aux méthodes traditionnelles et surtout en renforçant l’interface science-gestion, car bien souvent les études ne profitent pas aux gestionnaires ni même aux milieux. Interview.
Arnaud Caudron, comment peut-on être pêcheur et scientifique ?
Je peux dire que c’est mon parcours de pêcheur qui a influencé mon parcours professionnel et m’a amené à suivre des études scientifiques. J’ai découvert la pêche à la mouche à 18 ans (grâce à mon frère qui m’avait dit : si t’as ton bac, je te paie un stage de pêche en Lozère avec Jean-Louis Poirot, forcément ça motive !). Cette technique est tout de suite devenue une évidence pour moi, elle rassemble tout ce que j’aime dans la pêche : la préparation minutieuse avec le montage des mouches, la recherche de poissons en activité et l’attente des éclosions au bord de l’eau, la nécessité d’être concentré et attentif, et de prendre du temps pour observer les moindres signes d’activité.
Je pense que le fait de passer du temps à la pêche et de grandir au contact de la nature a progressivement alimenté ma curiosité scientifique, et c’est donc assez logiquement que j’ai suivi un parcours scientifique. Déjà, à l’école primaire, je voulais travailler « sur les poissons des rivières »… et c’est cette idée un peu primaire qui a finalement guidé mon parcours. D’où des études universitaires en biologie avec systématiquement des stages sur les truites dans des laboratoires de recherche, puis une thèse en biologie de la conservation sur la problématique de la diversité génétique des populations de truites et les effets des repeuplements.
Professionnellement, ma passion pour la pêche m’a conduit à travailler dans plusieurs collectivités piscicoles