Auteur/autrice : NICO REITSMA

  • Bonnes feuilles : Contes et légendes du Moulin du Plain

    Bonnes feuilles : Contes et légendes du Moulin du Plain

    Depuis que ses maîtres Pierre et Thomas Choulet ont quitté les rives du Doubs pour un monde supposé meilleur, le Moulin du Plain est comme orphelin. L’hôtel mythique où se sont écrites quelques unes des plus belles pages de l’histoire de la pêche à la mouche attend, comme la “Belle au Doubs dormant” que vienne son nouveau prince charmant. Ces contes et légendes, évocation d’un demi siècle de bonheur halieutique, donneront peut-être des idées à un ou plusieurs candidat à la reprise de cette institution franccomtoise. Pour que l’Histoire reprenne son cours.

    Ces pêcheurs qui ont bâti la légende de Goumois

    « Bonjour, vous êtes le guide de pêche ? – Oui monsieur. Enfin, l’un des guides. Il y en a d’autres dans la région. – Oui je sais, mais vous, vous guidez à Goumois… -… – Voilà, parce que je voudrais absolument prendre une truite à Goumois. – Cela doit être possible… – Attention. Je ne veux en prendre qu’une. – Pourquoi une, et pas dix ? – Non non, je n’en veux qu’une. Parce qu’on m’a dit qu’ici c’était le parcours le plus difficile d’Europe. Et si j’y prends une truite, je pourrai aller en Nouvelle-Zélande sans souci. » Philippe Boisson se gratta la tête : c’était pas gagné. L’homme auquel Pierre Choulet venait de le recommander était un médecin de Mulhouse, pour qui la pêche était d’abord une question de performance. Le genre de client abonné à la bredouille comme d’autres le sont au gaz. Entre le père Choulet et le jeune diplômé de l’école des guides d’Ornans il y avait une manière de contrat tacite : Pierre envoyait des clients à Philippe qui guida au Moulin quatre saisons durant et Philippe s’arrangeait pour leur faire prendre du poisson. « Le problème, se souvient le rédacteur en chef de Pêches Sportives, c’est qu’il m’envoyait souvent des cas désespérés, des clients qui n’avaient pas vu la queue d’une truite depuis leur arrivée à Goumois. » Alors Philippe les emmenait dans les courants sous le barrage du Theusseret, le seul endroit du parcours où il était à peu près sur de son coup, car oublié des pêcheurs à la mouche et peuplé de truites bonnes filles. Pour Pierre l’enjeu était important. Il s’agissait de maintenir le moral de la clientèle au beau fixe dans des périodes où le Doubs rechignait à lâcher ses truites. Plusieurs grands pêcheurs furent chargés à un moment ou un autre de cette mission délicate. Tous ne guidaient pas mais leur seule présence remontait le moral des troupes. Pierre avait imaginé ce recours à l’époque d’Henri Bresson auquel il passait un coup de fil dans son magasin de Vesoul : « Dis donc Henri, ils ne font plus rien du tout. Tu ne voudrais pas venir voir ce qui se passe. » Et Bresson sautait dans sa 2 CV pour venir au secours du soldat Choulet. Et même s’il ne trouvait pas la solution tout de suite – ce qui fut rare – sa réputation suffisait à chasser la déprime : quand on passe la soirée à écouter l’homme qui voit les truites sous les pierres, on se fait plus facilement à l’idée d’être un homme qui ne voit que des pierres là où il y a des truites.

    Plus tard, Freddy Muller puis Piam furent également des jokers capables, quand ils étaient là, d’alimenter en zébrées respectables l’évier du Moulin du Plain. Mission que la généralisation des pratiques du no-kill finit par rendre inutile. Smartphones et appareils photos étant devenus d’excellents éviers virtuels. Goumois est une manière de juge de paix où se sont faites et défaites les réputations. Où les exploits des meilleurs spécialistes français de toutes les pêches alimentent une chanson de geste halieutique où prouesses et déconvenues sont la matière des veillées au bar de l’hôtel, un endroit où les truites ratées prenaient un cm par heure passée au-delà du coup du soir et quelques autres le lendemain matin au petit-déjeuner. On l’a vu plus haut ce sont les membres de TOS qui les premiers firent la réputation de l’endroit qui très vite attira tout ce que la France, la Suisse, et la Belgique et une partie de l’Europe comptait de stars de la mouche. Curiosité de l’histoire, l’un des premiers à y avoir pratiqué en nymphe dans les années soixante-dix s’appelait Mouchet. C’est lui qui montra à Freddy Muller, l’un des meilleurs pêcheurs qu’ait connu le Moulin du Plain comment confectionner une nymphe avec un minimum de cerques, un simple enroulement de soie jaune, verte, rouge, ou noire et une cendrée de pêche au coup pincée contre l’oeillet de l’hameçon. Freddy l’Alsacien avait une voix énorme qui traversait le Doubs mais ne dérangeait pas les truites. En sèche il était imbattable. Sa boîte à mouche aussi sommaire que celle d’un Mémé Devaux ne comptait que le strict minimum : des grises à corps jaunes ou rouges (pour les Baetis Rhodani), des sedges gris et marrons de plusieurs tailles, quelques fourmis en saison, des nemours et surtout ses fameux spents d’ecdyonuridae avec lesquels il pêchait les bordures tôt le matin ou juste avant le coup du soir.

    Comme tous les grands, Freddy observait longuement la rivière, ses courants, ses cailloux, ses retournes. Il repérait la plupart des truites avant quelles ne gobent et qu’il commence à pêcher. Puis il était très vite en action en faisant preuve d’une rare efficacité. Deux anecdotes plutôt rigolotes disent assez quel genre de pêcheur c’était. La première concerne Henri Bresson avec lequel j’étais en train d’écrire Le sorcier de Vesoul. Un matin de septembre, Henri avait proposé à Freddy un petit mano à mano dont j’étais censé être l’arbitre. Bresson adorait ce genre de confrontation qui lui permettait, en général de bien montrer aux autres pêcheurs qui était le patron. Il avait comme ça collé un 10 à 0 au pauvre Jean-Louis Poirot qui découvrait pour la première fois la haute Moselle. Et bien ce jour-là à Goumois, c’est lui qui prit un 0 à 6 de la part du Freddy. Une autre fois nous étions au bas de la grande ligne droite de tufs en aval de l’île de la Verrerie de la Caborde avec Philippe Boisson et nous nous escrimions sur de beaux ombres qui snobaient nos mouches. Arrive le Freddy qui déjà, à cette époque, préférait le brochet à la truite mais s’était laissé convaincre de décrocher la Daiwa 9 pieds pendue été comme hiver à la rambarde du balcon de son chalet. Il était resté en charentaises pour sauter dans la Fiat Panda rouge qui paraissait mieux connaître le parcours que bien des pêcheurs. Au bout de son bas de ligne il y avait une ecdyo de la saison précédente, une ecdyo sur hameçon de 14 dont il disait luimême que ce n’était vraiment pas une mouche à ombres. Nous entendîmes la Panda piler dans le chemin, puis le géant barbu débarqua avec ses charentaises, sa Daiwa et son ecdyo : « je vais vous faire cinq secondes sur Tokyo” », en référence aux 30 secondes sur Tokyo de Mervyn LeRoy. Aussitôt dit aussitôt fait : trois secondes pour fouetter et poser, deux secondes de dérive. Pendu. Le Muller éclata de rire, relâcha l’ombre et retourna devant sa télé : « vous déconnez les gars. Ce soir il y a les Tontons flingueurs ». Et puis un jour le Freddy décida de quitter définitivement la compagnie des truites pour celle des brochets de la Goule et de Biaufond. Et il devint un exceptionnel pêcheur au vif dont la petite barque en bois, qu’il avait lui même fabriquée, fut jusqu’à sa mort un élément incontournable du paysage de ces deux lacs. L’Alsacien repose aujourd’hui dans un coin du petit cimetière de Goumois au bord de la route qui va de la rivière aux truites à la retenue aux brochets comme s’il hésitait encore sur le choix de la partie de pêche qui ferait sa soirée.

    En fait, toutes les stars de la mouche ou presque sont passées au Moulin du Plain : les Français, Léonce de Boisset, Charles Gaidy, Mémé Devaux, Henri Bresson, mais aussi des Suisses, des Américains (comme Mel Krieger), des Anglais, des Belges et des Allemands. Tout ce que la planète mouche compte de vedettes a, un jour ou l’autre, fait le voyage de Goumois. Certains comme Piam y ont écrit quelques-unes des plus belles pages de leur légende. Pour les uns comme pour les autres Goumois présentait l’avantage d’être un parcours à la fois magique et médiatique, propice à toutes les démonstrations et à quelques déconvenues. Les bredouilles de quelques gloires, que la charité nous commande d’oublier, étant restées célèbres. Piam restera une figure de Goumois. Il y imposa ses techniques de pêche à la nymphe, révolutionnaires pour l’époque. Ce surdoué partageait son temps de loisir, alors qu’il était encore musicien professionnel en tournée sur les routes de Rhône-Alpes et de l’Est entre la Loue de Cademène, chez les Sansonnens, la basse rivière d’Ain et le Moulin du Plain. Piam avait très vite impressionné les clients de l’hôtel en leur montrant comment on peut séduire les plus belles truites en nymphe à vue. Son territoire de prédilection était le petit chemin boisé qui longe les tufs côté France en aval du débouché du canal du Moulin. Pierre lui-même fut très enthousiaste et Piam gagna sur ce terrain autant en réputation que ce que son titre de vice-champion du monde de pêche à la mouche devait lui rapporter.

    Une autre figure de Goumois dont on reparlera au chapitre sur la Franco-Suisse a été, est toujours Jean-Michel Radix qui y a mis au point quelques unes des plus célèbres mouches modernes. On lui doit en effet plusieurs petites merveilles comme le subsedge, la nymphe « roulette » et la technique du même nom, dont peu de pêcheurs savent que ce fut son invention, mais aussi la micro-nymphe à tête soudée, ou encore le fameux écouvillon dont on se dit en le voyant que seul un fumeur de pipes a pu imaginer de proposer ça aux poissons, tant ce gammare obèse paraît avoir été inventé pour ramoner les tuyaux de bouffarde. Radix a monté des milliers de mouches, toutes sortes de mouches, dont certaines avec lesquelles il n’a jamais pêché comme des mouches à saumon, des mouches à tarpons, des mouches à marlin, des mouches à bonefishes qu’il montait pour son père halieutique, Victor Borlandelli, photographe et rouletabille grâce à qui Radix est devenu le pêcheur que l’on connaît aujourd’hui. De nombreux autres champions, labellisés comme tels par la compétition ou par euxmêmes, mirent leur talent à l’épreuve du Moulin du Plain. Avec des fortunes diverses. J’ai même vu un membre de l’équipe de France y subir une bredouille retentissante. Mais les autres membres de l’équipe, à l’image de leur capitaine Jacques Boyko, y réussirent plutôt bien. Quelques grands pêcheurs étrangers, souvent anglais ou américains sont venus se frotter aux zébrées du Doubs. Philippe Boisson se souvient de Dick Lenox, ami de Mel Krieger, chroniqueur halieutique dans l’Oregon et pêcheur de steelhead qui avait demandé à Pierre qu’on lui fasse prendre une truite de Goumois le jour de ses 80 ans. « Cela n’a pas été facile. C’était le début de la saison et les eaux étaient très froides. Il a d’abord fallu que je lui explique que le type en face auquel il rendait ce qu’il croyait être un salut, était, le garde-pêche qui ne lui disait pas « hello » mais « pas dans l’eau », sous prétexte qu’il avait les pieds dans une flaque et que marcher dans la rivière est interdit jusqu’au mois de juin. Ensuite nous avons mis un certain temps à trouver la fameuse zébrée anniversaire. Je m’en suis tiré en l’emmenant dans le bas du pré Bourassin, juste avant le radier. Je lui avais bricolé un montage avec une Tabanas en sauteuse témoin et une nymphe en pointe qui a fini par séduire un joli poisson d’un peu moins de 40 cm. »

    Et puis il y avait et il y a toujours, les Suisses sociétaires et gestionnaires à parts égales de la société, qui étaient autant chez eux au Moulin que le sont les Français à l’hôtel du Doubs, côté suisse, chez Jean-Claude Cachot et son fils Claude-Alain. Les pêcheurs suisses jurassiens qui, à la différence des Français, ont toujours le droit de vendre le produit de leur pêche, ont souvent privilégié l’efficacité. Il y avait ainsi, dans la génération précédente quelques artistes de la cuiller vaironnée ou de la pêche à la grande canne et à « la petite amorce » (souvent des larves de mouche de mai) qui vendaient leurs prises aux hôtels et restaurants de la région. La joyeuse équipe composée du Frantz Halaüer (alias Papeli), d’Ulysse, d’Hector, d’Achille (il n’y avait pas d’Agamemnon), de Faton et de quelques autres comme Didi Racine, de Tramelan ou Carlo Hyemeli, a prélevé pendant plusieurs années des milliers de truites que le Doubs, à une époque où il était peu pêché, remplaçait facilement. Avec eux la partie de pêche commençait invariablement à l’heure légale, soit au lever du jour et se terminait deux heures après par d’homériques parties de stuck. En général, ils n’avaient pas besoin de ces deux heures pour que leur partie de pêche soit faite : leur parfaite maîtrise de la cuiller vaironnée associée à une connaissance non moins parfaite de la rivière faisait que la messe était dite en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire. Le soir ils ne sortaient les cannes à mouche que si cela gobait franchement et n’utilisaient que des sedges ou des culs de canards grossièrement montés dont ils furent parmi les premiers utilisateurs. Les Suisses autant que les Français ont toujours eu la passion de Goumois. Joël Mourin, pêcheur, monteur de mouche et ami de Pierre, avait ainsi tout quitté pour venir s’installer au bord du Doubs. D’autres venaient de Genève (180 km) en taxi jusqu’au Moulin. Certains de ces visiteurs sont restés célèbres comme Georges Joset qui pêchait avec une Hardy Palakona de 10 pieds soie de 7 en bambou refendu, brins virolés, avec un train de trois mouches. À son époque, la pêche était autorisée toute la nuit et Goumois dépendait du canton de Berne puisque celui du Jura n’existait pas. Il y eut encore plein d’autres grands pêcheurs suisses comme Louis Veya, Testarini, Mathys, Houlmann ou André Jeanmaire, l’un des seuls survivants de cette époque. Aujourd’hui la nouvelle génération, représentée par des gens comme Thierry Christen président de la « Gaule » de la Chaux-de-Fonds se passionne plus pour la pêche à la mouche et l’écologie des rivières. Le Doubs est son héritage. Elle sait que c’est un héritage fragile.

    A commander dans la partie boutique de ce site.

     

     

     

  • Mes trucs en cire (C’est moche, mais ça peut sauver la vie !)

    Mes trucs en cire (C’est moche, mais ça peut sauver la vie !)

    Notre ami et collaborateur Jean-Christian Michel n’a pas fini de vous étonner ! En perpétuelle recherche d’une solution nouvelle pour tromper les truites les plus difficiles, il a fini par faire des mouches en cire, sans doute à force de vivre avec les abeilles et de produire du miel (son métier).

    Lorsque nous nous mettons à l’étau pour réaliser des mouches, nous voulons inconsciemment que nos artificielles “ressemblent” à une vraie. Dans notre esprit, une mouche artificielle est à ce point une imitation de mouche naturelle que nous en venons parfois à ne même plus parler de mouche mais d’imitation : la question principale du néophyte n’estelle pas la suivante : “Quelle imitation dois-je employer ?”. Il y a de la superstition dans cette attitude ! Or avec un peu d’expérience, on apprend vite à élargir les données du problème, si bien qu’aux oreilles avisées, le mot imitation fait parfois horreur.

    Imiter, oui, mais quoi ?

    Une mouche ressemblante n’est pas plus prenante qu’une mouche qui ne l’est pas, c’est tout le secret de l’efficacité des “mouches d’ensemble”. Mais bien pire encore, une mouche dont les critères de ressemblances sont basés sur une apparence simplement visuelle (comme une image ressemble ou ne ressemble pas à l’original) peut masquer le fait capital que ce que votre mouche doit imiter. Ce n’est pas tant les traits de la proie mais la façon dont la proie se tient, bouge, se déplace, dérive ou nage, que je vous propose de nommer les “propriétés mécaniques” (liées au mouvement) d’une mouche. Chose qui pour nos amis pêcheurs aux leurres est une évidence mais que les pro du fly tying sur papier glacé ont plus de mal à intégrer. La notion d’imitation doit donc être élargie à la façon dont la mouche se comporte dans l’eau ainsi qu’au mouvement de la proie qu’elle est sensée imiter pour obtenir ce qu’on appelle en langage de pêcheur, “une mouche qui pêche”. Il ne suffit pas de réaliser un corps parfait de baetis pour que votre évocation de baetis évolue naturellement comme un baetis… Et si beaucoup d’entre nous en sont venus à apporter plus d’importance à la façon dont on doit poser un bas de ligne et animer la nymphe, ce n’est pas un hasard ! Comparons nos mouches à un leurre Prenons un exemple dans un autre domaine : un poisson nageur est fait pour nager. La robe du modèle a une importance, mais elle est secondaire rapportée à la nage. Un poisson nageur de la meilleure couleur qui n’est pas animé ne vaut rien en lui-même. Pour redevenir efficace sans nager, il faut que les concepteurs le rendent “suspending”. Ce côté suspending est une façon de se tenir dans l’eau de façon naturelle (un

  • Rugbymen et pêcheurs

    Rugbymen et pêcheurs

    Vous avez sans doute vibré devant votre téléviseur lors de ses échappées belles, le ballon ovale sous le bras pour marquer des essais venus de loin, sous les couleurs de Clermont-Ferrand ou du XV de France. L’ailier Julien Malzieu, 31 ans, vingt sélections dans le XV français, élu joueur de l’année 2005 de rugby à sept (le seul français à ce jour), partage sa vie entre le rugby professionnel et la pêche. Comme lui, plusieurs stars du rugby national et mondial sont d’excellents pêcheurs. Petit début d’inventaire…

    Tout a commencé pour Julien Malzieu en vacances en Bretagne alors qu’il était enfant. Chez lui, la pêche n’est pas une histoire de famille, mais une attirance mystérieuse pour l’eau et les poissons. A force de venir observer des papys qui pêchaient la daurade depuis un quai, l’un d’eux s’est occupé de lui. “Si tu veux t’y mettre, il faut que tu te trouves un peu de matériel et des esches”. Ainsi dit, ainsi fait. Le lendemain, retour sur le quai avec un matériel flambant neuf ! “Ils m’ont expliqué comment monter ma ligne et comment la lancer. Les résultats se firent un peu attendre mais j’ai fini par prendre deux daurades ce qui était fabuleux ! De retour en Auvergne, j’ai donc voulu transposer mes acquis dans les eaux du coin, mais ce n’était vraiment pas adapté. Il m’a donc fallu trouver d’autres techniques. Je me suis passé en boucle les vidéos de Jean Desqué, le célèbre pêcheur au coup, et j’ai commencé comme ça en me formant tout seul. Plus tard, j’ai connu d’autres pêcheurs comme Xavier Vella ou Yann Giulio, qui m’ont fait découvrir des techniques très différentes. J’aime toucher un peu à tout en fonction des rencontres et cela va du silure à la carpe en passant par les carnassiers ou la truite ”. Ce grand gaillard de 1,93 m pour 92 kg est entré à l’ASM Clermont Auvergne à 18 ans. Il est passé professionnel à 22 ans. Il compte un titre de champion de France, un grand chelem (tournoi des six nations 2010) et a participé aux coupes du monde 2005 et 2009 de rugby à sept. “La pêche me permet de me ressourcer car mon planning, qui compte 30 à 32 matchs par saison plus les entrainements, me prend beaucoup de temps. J’ai la chance de faire ce beau métier pour quelques années encore et je dois le faire à fond. Après je pourrai vraiment aller à la pêche ! ”. Après une saison 2013 où Julien a enchaîné les blessures, 2014 lui laisse entrevoir des jours meilleurs. On lui souhaite de vite revenir à son meilleur niveau !

    Du rugby au tenkara

    Maxime Miquel, à qui nous avons consacré le DVD du dernier numéro à propos de la pêche au tenkara fait également partie de ces rugbymen pêcheurs. Maxime a été champion de France junior avec l’US Carmaux. C’est donc pour ça qu’il tient bien dans le courant…

    Gareth Edwards, légende du rugby et de la pêche

    Je vous parle d’un temps que les gens de mon âge n’ont pas connu, le temps ou le Pays de Galles avait la main mise sur la planète rugby. Dans les années 1960 – 1970 la charnière du XV gallois Gareth Edwards – Barry John enflammait les stades. Edwards était aussi célèbre que le fut de Jonny Wilkinson de nos jours, une véritable légende. Et la seconde passion du demi de mélée l’emmenait aussi souvent que possible au bord de l’eau. Il a d’ailleurs pris un énorme brochet à la mouche, record des îles britanniques !

    (Photo : Yann Giulio)

     

  • 100 coins de pêche en ville

    100 coins de pêche en ville

    Mode ou nécessité ? La pêche en ville fait de plus en plus d’adeptes. Facilité d’accès, optimisation du temps de pêche, économie de transport, la ville devient un lieu où l’on pêche, comme d’autre s’y promènent ou courent pour garder la forme. Ce dossier présente 100 villes (ou bourgs) où pêcher sans se planter.

     

    1 – Agen 1 (Lot-et-Garonne)

    Les lacs de Passeligne et Pélissier sont des aménagements récents qui font partie du parc de loisir de l’agglomération agenaise. Bon peuplement en brochets et black-bass.
    2 – Agen 2

    La Garonne dans sa traversée de la ville est réputée pour ses silures records. Bonne population de black-bass. Comme dans le canal latéral à la Garonne.
    3 – Ajaccio (Corse du Sud)

    Nul n’est besoin de bateau pour pêcher à Ajaccio. La ville et son golfe offrent de multiples possibilités de
    pêcher du bord. En surf casting depuis les plages comme celle du Ricanto ou à la calée à l’arrière des
    ouvrages portuaires comme la jetée du port Tino Rossi. Au menu : sars, dorades, marbrés et loups.
    4 – Albi (Tarn)

    Magique pour le décors et intéressant pour la pêche. Un excellent coin facile à trouver : la base de loisirs.
    Très bon aussi le Chemin des Gardes. Attention : réserve entre le Pont Vieux et le pont du 22 août. Problème : trop de silures… www.federationpeche.fr/81
    5 – Alès (Gard)

    La ville est traversée par le gardon d’Alès. Bon soyons clairs, le lâcher d’arc-en-ciels est un peu le sport local. Sur la partie aval, on pêche enfin des vrais poissons, notamment des gardons… http://peche-ales-cevennes.com

    6 – Amiens 1

    (Somme) Au niveau du pont Cagnard. Brochets, sandres. Pontons aménagés en bord de Somme.

    7 – Amiens 2.

    Etang Saint-Pierre. 5 ha. Plan d’eau géré par l’Union des pêcheurs amiénois. Bonne population de brochets et de sandres.

    8 – Amiens 3

    Etang de Rivery. 2 ha. Forte population de brochets. Alevinage annuel important. www.union-pecheurs-amienois.fr

    9 – Angers (Maine-et-Loire)

    Contrairement à ce que l’on peut penser, Angers est traversé par la Sarthe (qui reçoit la Mayenne et la Vieille Maine) et non pas la Loire, qui coule quelques kilomètres au sud de la ville (Les Ponts-de-Cé). Bref, vous aurez compris que Angers ne manque pas d’eau ! La pêche des carnassiers peut donc se pratiquer dans des conditions très différentes (eau calme, où courante comme sur la Loire). Le développement très récent de l’aspe sur la Loire va sans doute faire de nombreux nouveaux adaptes de la pêche de ce poisson !

    10 – Anglet (Pyrénées-Atlantiques)

    Anglet est un des ports de départs pour les pêcheurs plaisanciers. Aussi bien pour les hauturiers (thon) que pour les spécialistes de pêche côtière (bars, chinchards, etc). Mais on peut aussi y pêcher depuis la terre, notamment à l’embouchure de l’Adour, en surf casting (sars, louvines) ou aux leurres.

  • Poissons des villes, poissons des champs

    Poissons des villes, poissons des champs

    Aussi surprenant que cela puisse paraître, les poissons préfèrent souvent la ville à la campagne. Comme cela n’est pas dû au hasard, essayons de comprendre les raisons de cet exode, qui comme tous les exodes résulte, toujours d’un choix entre une ou deux situations qui ne sont pas idéales…

    Le constat est général. Les poissons préfèrent souvent la ville à la campagne. La nouvelle a de quoi surprendre, non ? Une ville est aux antipodes du bon état écologique. Les rives sont en pierres, voire en béton, l’état morphologique des cours d’eau est déplorable, avec de l’incision, de l’érosion et tout ce qu’il faut pour faire (en théorie) une rivière sans poissons. Alors pourquoi les villes plaisent tant aux hôtes à nageoires ? Il convient tout d’abord de différencier les salmonidés des carnassiers. Dans le premier cas, le paradoxe est encore plus marqué. La truite sauvage se plaît en ville (souvent des bourgs en fait). De Saint-Jean-Pied-de- Port à Champagnole, de Lisieux à L’Isle-sur-la-Sorgue en passant par Mende ou Saint-Gaudens, la truite aime les fondations de l’habitat humain. Les raisons de ce paradoxe sont multiples et parfois L’écho du radier Aussi surprenant que cela puisse paraître, les poissons préfèrent souvent la ville à la campagne. Comme cela n’est pas dû au hasard, essayons de comprendre les raisons de cet exode, qui comme tous les exodes résulte, toujours d’un choix entre une ou deux situations qui ne sont pas idéales… Par Philippe Boisson Poissons des villes, poissons des champs 15 trompeuses. Il existe en ville plusieurs paramètres qui plaisent beaucoup aux truites sauvages au premier rang desquels se trouve l’habitat, qui en ville est omniprésent. On sait que, pour vivre, une truite a besoin d’un habitat, d’une “cache”, d’oxygène, d’eau froide et de nourriture (résumé très schématique). Si la température de l’eau est convenable et l’oxygène dissout suffisant (deux facteurs sur lesquels la ville n’a pas d’impact) le reste se trouve facilement en milieu urbain. L’habitat, qui parfois fait défaut hors des agglomérations est partout, sous les fondations des maisons, sous les quais, les piles de ponts, etc. La nourriture donnée aux canards par les passants crée toujours une réaction en chaine qui attire les vairons et certains insectes. Les truites sauvages modifient souvent leur régime alimentaire lorsqu’elles sont confrontées à un environnement artificiel et peuvent très bien manger du pain ! J’ai même connu des truites de la Loue à Ornans qui s’étaient focalisées sur les pâtes jetées à l’eau régulièrement par le cuistot d’une pizzeria ! Il faut savoir qu’à Ornans, les maisons qui bordent la Loue (sur cinq rangées de maisons et sur les deux rives, ne sont toujours pas reliées à la STEP !). Il était très difficile de leur faire prendre une nymphe car cela ne les intéressait pas du tout ! Dans cette même ville, il était fréquent d’observer les ombres se nourrir de papier toilette blanc, vert ou rose… On pourra toujours dire que ce n’est pas ça qui a décimé les poissons de la Loue, mais ça n’a pas aidé. L’éclairage public joue également un rôle. Il concentre les insectes durant la nuit, qui s’accumulent autour des ampoules, se brûlent les ailes et finissent souvent à l’eau, parfois par grappes de plusieurs centaines d’individus. Dans toutes les rivières incisées, dont l’habitat à disparu, dont le fond n’offre plus aucune variété, les villages et les bourgs sont devenus l’ultime refuge, mais les poissons doivent en quelque sorte choisir entre la peste et le cholera. A ces facteurs artificiels s’ajoute certaines apparences trompeuses. En ville, les truites se sont habituées à la présence humaine et ne s’enfuient plus (sauf devant des gens habillés en kaki !). Le nombre de truites hors de leurs caches est souvent supérieur à celui observé sur une même rivière hors agglomération, mais cela ne veut pas dire que la quantité de truites est supérieure en ville. De même, les pêcheurs réussissent souvent mieux en ville. Plus de poissons actifs, souvent focalisés sur une nourriture bien définie et pas toujours “normale” font qu’on a l’impression que “ça mord” mieux et plus en ville qu’en dehors. Le cas de la Saône En ce qui concerne les carnassiers, la ville (cette fois, de vraies grandes villes) est surtout favorable aux espèces qui peuvent se reproduire sans herbiers et avec des exigences biologiques faibles. C’est le cas des percidés. Le sandre et la perche trouvent en ville des postes de choix, des pierres, des tombants, des structures artificielles qui leur conviennent. Et cela est d’autant plus vrai lorsque que le cours d’eau en question n’est pas spécialement minéral hors agglo. C’est le cas de la Saône où l’on trouve beaucoup plus de diversité morphologique en ville. La Saône présente un lit composé d’alluvions de petites tailles, avec très peu d’éléments minéraux de grande taille. Le fond de la rivière a été très perturbé par l’extraction de granulats directement dans le cours d’eau ou dans des ballastières en communication. Quelques décennies plus tard, les éléments minéraux font tous la même taille (du gravier de un à quatre centimètres de diamètre). L’habitat des poissons se concentre alors sur les bordures, dans la végétation (herbiers, racines, bois morts, différences de niveaux comme le tombant d’une berge), mais VNF traque la moindre branche tombée dans l’eau, sous prétexte qu’elle présente un danger pour la navigation. C’est pourquoi la pêche est si difficile sur la Saône et cela explique le succès de postes comme les piles de ponts où un pauvre tas de cailloux issus d’un ancien mur effondré dans des villes comme Châlon-sur-Saône ou Macon. Mais là aussi, il faut faire la part des choses et comparer ce qui peut l’être. Il est évident qu’un pêcheur réussira plus facilement à prendre un sandre en ville, sur un poste évident et connu de tous, plutôt que sur cinq kilomètres d’un profil qui semble identique.

     

  • L’Agence de l’eau veut nous faire tomber dans le panneau !

    L’Agence de l’eau veut nous faire tomber dans le panneau !

    Contrairement à la publicité mensongère, la communication n’est pas un délit. Et la “com”, c’est l’art de nous faire prendre des lanternes pour des saumons, ou de l’eau claire pour de l’Evian. Ainsi, dès 2015, des panneaux indiquant le bon état des rivières trôneront le long des routes. Selon l’Agence de l’eau Rhône- Méditerranée-Corse (RMC), 50 % des rivières seraient en bon état. Avec un tel résultat, ça va tout de même faire beaucoup de panneaux…

    C’est quoi une rivière en bon état ?

    L’Agence de l’eau RMC se félicite du recul de la pollution dans les rivières de ce grand bassin qui couvre pas loin d’un quart de la France. Le bon état visé est celui défini par la directive cadre européenne sur l’eau (qui date de 2000) et qui oblige les états membres de l’EU à atteindre un “bon état écologique” pour 2015, sous peine de lourdes sanctions financières. En lisant la charte du label de l’agence, on apprend qu’il aurait été repoussé en 2017. On apprend aussi beaucoup de choses dans le communiqué de presse associé à la création du label : “Tendance : les poissons reviennent dans l’axe rhodanien. 2013, année pluvieuse, a joué en faveur des poissons en diluant les pollutions et en rafraîchissant l’eau. Depuis quelques années, les poissons reviennent dans l’axe rhodanien, à commencer par les poissons migrateurs : en 3 ans, les jeunes anguilles (civelles) ont été multipliées par 6 dans l’étang du Vaccares en Camargue ; une centaine d’aloses ont été vues dans le Gardon (premier affluent aval du Rhône) et ce pour la première fois depuis la pose de 4 passes à poissons en 2012. Plus au nord, à Lyon, 17 espèces de poissons ont à nouveau franchi le Rhône grâce à une rivière artificielle créée en 2013 pour contourner le barrage de Jons. Partout la baisse des pollutions profite aux poissons. ”

    Voilà donc à quoi se résume la qualité de l’eau ? A faire la danse de la pluie en espérant qu’elle cache la misère en la diluant ? Il fallait y penser ! Et s’il ne pleut pas en 2015, faudra- t-il enlever les panneaux temporairement ? Ce genre de label fleure bon l’amateurisme le plus total. En Franche-Comté (qui fait partie du bassin RMC), l’histoire nous démontre le contraire. Les années pluvieuses sont pires que les sèches. Le clash du Dessoubre, du Cusancin et du Doubs durant l’hiver 2013/2014 en est l’exempletype (la Loue est tellement mal en point qu’on finit par oublier que le peu de poissons qui reste continue de mourir). Pas d’eutrophisation, des rivières en crue durant des mois, de l’eau froide et au final, une hécatombe sans précédent sur le Dessoubre et le Cusancin, et à nouveau de gros dégâts dans les populations d’ombres sur le Doubs… Bien des scientifiques sérieux pensent que la pluie augmente par ravinement les polluants dans les cours d’eau, surtout sur le long terme. Quant aux poissons à qui l’on donne à nouveau le droit de migrer, il doit s’agir d’une erreur ! Un barrage peut être considéré comme un facteur aggravant la pollution. Mais le fait qu’il ne soit pas équipé de passe à poissons n’est pas une pollution, mais juste un “oubli“. Il est donc bien normal que les espèces migratrices franchissent les obstacles lorsque ceux-ci sont enfin équipés de dispositifs. Dans la moyenne européenne Voilà le fin mot de l’histoire : être dans la moyenne européenne. C’est sur ce principe fort contestable de “moyenne” que l’Education nationale produit par milliers des illettrés bacheliers… Dans son argumentaire, l’Agence de l’eau fournit elle-même les éléments qui mettent en évidence une jolie mascarade : “Bilan, tout juste 50% des rivières enfin en bon  état : l’agence de l’eau lance un label « rivière en bon état » 50% des rivières sont en bon ou très bon état. La Corse et les Alpes s’arrogent le plus grand nombre de rivières en bon état de France, tandis que les zones les plus dégradées sont le bassin versant de la Saône, la moyenne et basse vallée du Rhône, le Languedoc et le Roussillon. La France se situe dans la moyenne européenne. En 4 ans, on constate une progression, avec 16% de gain de classe de qualité par les rivières. Ce gain est le fait surtout des rivières les plus abimées qui sortent de leur mauvais état. Au total, c’est l’état moyen, juste en dessous du bon état, qui connait la plus forte progression (+ 6%). ” Pas un mot sur les rivières de Franche-Comté. Comme c’est bizarre… Il va de soi qu’il ne vaut mieux pas que ces panneaux soient installés dans cette région, car leur espérance de vie risque d’être courte… Pour le reste, le label indique donc qu’une rivière qui contient plusieurs centaines de molécules chimiques d’origine humaine (ces données sont consultables… sur le site de l’agence), ce qui est le cas de toutes les rivières, hormis peut-être celles qui coulent en haute montagne, est en bon état. De même qu’une rivière qui a vu ses quantités d’invertébrés divisées par plusieurs milliers et ses poissons de moitié (cas de toutes les rivières de notre beau pays sur plus d’un siècle) est également en bon état. Ces panneaux sont les mêmes que ceux qui signalent des saumons sauvages en Auvergne ou des ours dans les Pyrénées, dans la moyenne nationale des incompétences, du manque de sérieux et de l’irresponsabilité. Ils sont simplement représentatifs du monde plein de contradictions dans lequel nous vivons.

  • C’est le pêcheur qui fait le leurre

    C’est le pêcheur qui fait le leurre

    Pourquoi aimons-nous la pêche sinon pour vivre une intime histoire avec ce que l’eau à de plus secret ? Dans cet élément qui n’est pas le nôtre, il arrive parfois que la ligne, seul lien entre les deux mondes, ait rendez-vous avec la vie à chaque fois que l’on reproduit un subtil équilibre entre tension, distance et angle entre la canne et la ligne. Dans ces cas-là, on se sent invité à partager un peu du mystère des eaux pour un court moment. Pour connaître à nouveau ce véritable plaisir, essayons de comprendre comment cette rencontre a été rendue possible.

    Il m’arrive parfois de me laisser prendre par ce qui paraît être un article intéressant dans un des autres journaux consacré à notre passion, la pêche. Dix minutes après avoir commencé (et fini) la lecture, je n’ai rien appris, sinon que l’auteur est sponsorisé jusqu’aux dents et qu’il trouve là un moyen de montrer des produits qu’il faut vendre à tout prix, qu’ils soient bons ou mauvais. A ce sujet, le leurre au sens du modèle, devient le sujet central sur qui repose tous les espoirs. Nous avons connu l’époque du shad (avec quelques très bons, des bons et des pas terribles), celle du plomb palette, celle de la lame vibrante ou, celle récente, des bigs baits pour la pêche des gros brochets. Mais rarement, les supports pédagogiques comme les journaux ou les vidéos, vous invitent à comprendre pourquoi, avec les mêmes leurres, certains réussissent régulièrement de très belles pêches alors que d’autres se contentent de maigres résultats. Par le passé, au temps révolu de la réclame, les amorces miracles des pêcheurs au coup étaient présentées comme des potions magiques (comme les leurres actuellement). Pour connaître quelques pêcheurs au coup parmi les meilleurs au monde, je peux vous affirmer que leur amorce est la même que celle de monsieur tout le monde. Leurs résultats sont notamment obtenus par une bonne analyse du poste au départ.

    Les paramètres sont nombreux : turbidité, courant, espèce recherchée, saison, nature du fond, etc. Et l’amorce est élaborée en fonction des observations de départ : granulométrie, boules compactes ou pas, pouvoir plus ou moins diffusant, etc. Avec un leurre, tout n’est d’abord qu’une question de feeling, car c’est uniquement à lui de séduire les poissons. Si on trouve le bon poste et le bon leurre (souvent choisi un peu au hasard) reste encore à bien ressentir les choses. Et le ressenti, diront quelques experts soucieux de garder leurs distances avec la “masse” ne s’explique pas dans les livres ! C’est vrai qu’il n’est pas évident d’expliquer ce qui, justement échappe à la grande majorité des pêcheurs. Pourtant, quand on est “dedans”, on peut quasiment annoncer les touches à l’instant T. Mais après plusieurs prises avec ce même lancer, on est tenté d’explorer en périphérie, mais souvent le “truc” est perdu, les touches sont manquées ou absentes, surtout si on reste les deux pieds dans le même sabot. En se décalant un peu, pour garder le même angle, le fameux truc peut à nouveau marcher.

    Dans un tout autre registre, le fait de poser la canne au cul de la barque pour changer de poste en ramant en laissant sa monture Drachkovitch livrée à elle même, a permis de sauver des journées de bredouilles par des beaux brochets séduits par cette nage très particulière. Bon d’accord, c’est interdit, mais on l’a tous fait… J’ai retrouvé ces sensations oubliées en pêchant le saumon à la mouche en Russie. Sur les très grands pools, les guides amènent leurs pêcheurs en canots pneumatiques sur les meilleures zones, inaccessibles depuis la rive. En laissant traîner ma “red Françis” derrière le canot, j’ai ainsi pris des saumons. Quelque chose d’indéfinissable plaît à ce poisson fantasque, tout comme au brochet, lorsque la mouche ou le leurre ralentit et accélère d’une certaine façon sous l’effet des coups de rames… La ligne se détend suite à l’impulsion. Il s’en suit un moment de “flottement” avant que le coup de rame suivant ne redonne à nouveau de l’élan. Cette récupération mérite d’être observée et reproduite en tenant sa canne à la main. De leurs côtés, les pêcheurs de sandres à la verticale savent bien à quel point les touches ont parfois lieu lorsque l’esprit est occupé par quelque chose d’étranger à la pêche. A ce sujet, j’ai remarqué que le téléphone portable était un bon moyen pour avoir des touches !

     

  • La moquette anti-cormorans

    La moquette anti-cormorans

    C’est une arme de défense passive que nous proposons ici ; une sorte de tapis fait de treillis en ferraille posé sur des fers à béton qui sert de refuge aux poissons fourrage contre les cormorans.

    En même temps que les feuilles mortes, la CSG et les premières gelées, les hordes de phalacrocoraxvont bientôt rappliquer. Seigneur des airs et des ondes pour les uns, ignoble pique assiette pour les autres, le grand cormoran ne mange que du poisson et en quantités suffisantes pour vider rivières, lacs et étangs. L’explosion des populations de ce pêcheur d’exception (il peut rester plus de deux minutes en apnée par 40 m de fond) date de l’interdiction, sous la pression des écologistes danois du ramassage des oeufs à l’époque de la ponte, tradition ancestrale qui régulait efficacement les effectifs de ce redoutable prédateur maritime et fluvial. Trente années plus tard, le grand cormoran a conquis le statut peu enviable d’ennemi public n°1 des pisciculteurs et des pêcheurs. Les autorités – à la suite d’intenses débats européens et de polémiques parfois violentes entre défenseurs des oiseaux et amis des poissons – ont fini par accorder une trentaine de milliers d’autorisations de tirs par an qui ne parviennent d’ailleurs pas à limiter la croissance démographique de ce “corbeau des mers”.

    Tous les tireurs le savent : le cormoran est malin. Il voit venir les chasseurs et sait anticiper. Ainsi, pas mal de quotas de tirs ne sont pas remplis pour cause d’inefficacité des tireurs. Les méthodes d’effarouchement par rayon laser (sur les nids) ou par ultra sons imitant le langage des orques, un des seuls vrais prédateurs de phalacaocorax, sont chères et compliquées à mettre en oeuvre. Enfin l’immersion de filets pièges est sans doute efficacemais outre qu’elle peut aussi piéger les poissons, elle relève sans contestation possible d’une méthode illicite. Le principe de la moquette anti cormorans est lui, incontestable en ce qu’il repose sur un principe de défense passive. On n’y veut aucun mal aux oiseaux. On se contente de donner un abri aux poissons. Abri à l’intérieur duquel ils pourront trouver refuge et circuler librement hors de portée du grand prédateur.

    De quoi s’agit-il ? Il s’agit de fixer sur des fers à bétons plantés dans le fond de l’étang un treillis métallique de plusieurs dizaines de m2. Le treillisdu modèle de ceux que l’on utilise pour les dalles dans le bâtiment est composé de mailles de 15 cm. Il est posé à une hauteur de 50 à 60 cm et bordé sur ses cotés par de la clôture à chèvres aux mailles …

  • Connaissez-vous Fishpal ?

    Connaissez-vous Fishpal ?

    A l’heure d’Internet, du paiement en ligne, tout devient possible. Fishpal permet de réserver des parcours, de les louer, dans toutes les îles Britanniques. En gros, Fishpal s’occupe de prendre les permis pour vous et vous n’avez plus qu’à vous rendre sur place.

    Nous avons pu vérifier (en Ecosse ce printemps), que certains pêcheurs qui étaient passé par Fishpal avaient pu trouver des parcours très confidentiels, dont l’obtention des permis n’est pas des plus aisée. Dépositaires à trouver (ou plutôt àchercher) au village du coin, avec des horaires d’ouverture pas toujours adaptés aux besoins des pêcheurs. C’est aussi le revers de la médaille, le risque de voir du monde sur des parcours qui n’étaient pas ou peu connus. Et ils sont très nombreux ces endroits où l’on croise un pêcheur dans la semaine ! Si tous les parcours de pêche au saumon des grandes rivières ne sont plus un secret pour personne, il n’en est pas de même si l’on recherche la truite où l’ombre. L’autre risque étant de voir monter les prix si ces parcours oubliés deviennent populaires ? Car en Ecosse, il est encore possible de pêcher la truite pour 10 à 20 livres par jour sur de très bonnes rivières. Les écossais délaissent ces poissons et encore plus les ombres. Ils préfèrent réserver leur temps alloué à la pêche au saumon. On les comprend ! La situation est similaire en Irlande, même si la pêche de la truite fait tout de même plus d’adeptes. Quant aux îles Hébrides (ouest de l’Ecosse), combien de pêcheurs français savent que ces merveilles taillées par la houle et les vents comptent de très jolies rivières peuplées de saumons et de truites ? Fishpal permet d’ouvrir les yeux sur ces petits paradis inconnus et pourtant si proches ?

    Près de 40 rivières Fishpal propose vingt-trois rivières écossaises (avec plusieurs parcours par rivière), six anglaises, deux seulement au Pays de Galles pour le moment et cinq en Irlande. Avec l’aide d’un partenaire (Sportquest), le site propose également de pêcher dans trente autres pays, dont l’Islande, Cuba, les Seychelles, l’Etat de Floride et bien d’autres destinations prestigieuses. Fishpal recommande aussi des guides ou encore la possibilité de faire pêcher des personnes à mobilité réduite, y compris en  bateau sur les lacs irlandais…

    En bon outil moderne, Fishpal propose également une application pour votre mobile. Où que vous soyez, vous pouvez suivre en quelques clics l’évolution des prises sur le parcours que vous convoitez afin de réserver au meilleur moment. Les réservations peuvent se faire longtemps à l’avance. C’est un coup de poker, mais si les saumons sont là, ils seront pour vous ! Pour autant, ce site n’est pas une agence de voyages, car vous devrez vous débrouiller pour l’hébergement, la location du véhicule et tout ce qui est nécessaire pour un séjour réussi. Une commission raisonnable est prise sur le permis, mais cela vaut bien deux heures à tenter de trouver le dépositaire qui n’ouvre qu’à 10h00 et qui, une fois trouvé, vous explique qu’il a vendu son dernier permis la semaine précédente et qu’il attend les nouveaux. Du vécu…
    http://www.fishpal.com
    http://blog.fishpal.com

  • Le timbre “migrateurs” 2014 fait polémique

    Le timbre “migrateurs” 2014 fait polémique

    Alors que la FNPF se félicite de voir le nombre de timbres “migrateurs” vendus en 2013 faire une minuscule progression (+ 0,46%) comparé à 2012 (4560 contre 4581), bien des pêcheurs n’ont pas apprécié de voir le prix de ce timbre annuel passer de 37 à 50 euros (ce timbre vient en plus du CPMA normal). Pour être clair, il n’y a guère qu’en France que l’on peut pêcher la truite de mer ou le saumon
    pour ce prix. En Scandinavie, en Ecosse et sans parler de l’Islande qui offre des rivières exceptionnelles (mais à 2000 euros la journée de pêche en moyenne !), il faut compter un minimum de 100 euros par jour pour un parcours très moyen. Le français étant chipoteur, il voudrait bien savoir où va cet argent et
    se dit prêt à payer plus si c’est pour renforcer la lutte contre le braconnage ou permettre aux migrateurs… de migrer. L’Onema, la FNPF et les organismes en charge des poissons migrateurs devraient communiquer à propos de l’utilisation de l’argent de ce timbre. Il y a en France quelques belles réalisations comme sur la Touques ou le Léguer, où la continuité écologique a permis de reconquérir
    d’importantes surfaces de frayères. Autre remarque, qui vient des guides de pêche et qui doivent faire comprendre à leur client qu’il va falloir acquitter un timbre migrateur annuel pour pêcher une
    journée, en plus du timbre CPMA (journalier celui-là) et de leur prestation. L’idée d’un timbre “migrateurs” journalier permettrait aux touristes comme aux novices, d’accéder à cette pêche, où en
    France, il est déjà compliqué de réussir lorsqu’on est un pêcheur chevronné…