Auteur/autrice : admin_lvdr

  • L’héritage d’Henri Bresson

    L’héritage d’Henri Bresson

    « Le sorcier de Vesoul » mort le 27 août dernier à l’age de 86 ans, ne s’est pas contenté d’inventer la french tricolore, l’une des plus célèbres mouches au monde, il a popularisé avant l’heure des matériels et une conception qui étaient très proches de celles des champions actuels. Seule différence, lui ne pêchait qu’en sèche.

    par Vincent Lalu

    La disparition d’Henri Bresson est une nouvelle occasion (elles ne sont pas si nombreuses) de se demander ce qui construit la légende des pêcheurs de légende. Des centaines, voire des milliers de pêcheurs à la mouche ont dans leur boîte quelques-unes des mouches, la french tricolore, la peute, la sauvage, qui ont servi de ciment à l’édification de cette légende. Et puis il y a les récits, les témoignages, la rumeur.
    Cela a commencé dans les années soixante par un article du Reader Digest sobrement intitulé:
    « l’homme qui voit les truites sous les pierres ». Puis il y a eu les exploits, les démonstrations : Bresson était d’abord un showman qui aimait le contact du public. Il avait compris, parmi les premiers que la pêche à la mouche peut être un spectacle et rien ne l’excitait plus que d’attaquer une truite difficile en plein soleil devant une demi-douzaine de spectateurs qui deviendraient ensuite les témoins, les apôtres de sa parole halieutique.
    L’impact du livre que nous avons écrit ensemble* (plus de 20 000 exemplaires à ce jour en deux éditions ) a également contribué à faire d’Henri Bresson une icône de la pêche à la mouche.
    Pourtant ce n’est pas cela qui fera de lui une figure incontournable de l’histoire des rivières francomtoises, une référence aussi importante que celle des grands anciens, anglais ou français de Halford à de Boisset, qui tous ont marqué leur époque. Ce qu’il faut retenir d’Henri Bresson c’est qu’il fut le précurseur des pêcheurs modernes et notamment de ceux dont il se croyait – à tort – le rival. Cette proximité s’est manifestée dans trois domaines : l’équipement, la lecture de la rivière et l’approche du poisson, autant dire dans les trois domaines où se fait encore plus aujourd’hui qu’hier la différence entre bons pêcheurs et pêcheurs moyens.

    L’équipement d’abord

    Bresson a été l’un des premiers, peut-être le premier à comprendre qu’il fallait pêcher fin. A une époque où les moucheurs descendaient rarement en dessous du 16/100, (plus de 20 au coup du soir), lui ne dépassait que très rarement le 12/100, montant un bout de 16/100 uniquement pour attaquer les très gros poissons, sa réputation de brise tout ayant valu à la « tordue » d’être attaquée en 20/100. Très nouveau aussi pour l’époque, la longueur du bas de ligne. Bresson utilisait des pointes très longues (2 m pour un total de 5 à 6 m) alors que la tendance était plutôt au bas de ligne prêt à pêcher de moins de 3 m avec ou sans noeuds. Ce choix lui permettait de présenter ses fameuses mouches d’ensemble de façon parfaitement naturelle. Il avait ainsi très vite compris qu’une présentation rectiligne empêchait l’artificielle d’être pêchante sur plus de quelques dizaines de centimètres.
    De toutes les mouches du « sorcier de Vesoul », celle qui incarne le mieux ce souci d’une allure naturelle propre à séduire d’abord les poissons avant de plaire aux pêcheurs est sans discussion possible la french tricolore, palmer génial qui selon la taille, la couleur du corps et la tonalité peut encore aujourd’hui développer un potentiel de séduction qui va de la mouche de mai (hameçon de 12 pour hackles clairs) à la fourmi (hameçon 18-20 pour hackles foncés). Avoir des french dans sa boîte est une sorte d’assurance tout risque qui permet de faire face à beaucoup de situations n’importe où dans le monde. En y ajoutant des jeck sedge de Mémé Devaux, des pheasant tail, deux trois gamares, quelques parachutes tchèques et autant de têtes oranges le pêcheur peut voyager tranquille.

    La lecture de la rivière

    Bresson était plutôt un adepte de la mouche sèche mais sa façon d’aborder les poissons était déjà celle d’un spécialiste de la nymphe à vue. Il s’intéressait bien sûr aux gobages, mais pas seulement. Son exceptionnelle acuité visuelle (15/10 aux deux yeux) lui permettait d’attaquer surtout des truites et des ombres déjà en poste même s’ils n’étaient pas encore gobeurs. Son talent étant de les décider à prendre une mouche en surface quand ils étaient attablés sur des nymphes.

    L’approche du poisson enfin

    C’est dans ce domaine qu’il fut à mon sens le plus « sorcier ». Henri avait un côté attentif et discret que je n’ai pas rencontré souvent par la suite, sinon du côté des spécialistes de la grosse truite comme Boisson, Morillas ou Treille. Il n’entrait presque jamais dans l’eau et abordait les rives des rivières où il pêchait avec d’infinies précautions.
    Son problème n’étant pas de pêcher amont ou aval mais d’avoir vu avant d’être vu. Il était ainsi capable de faire l’arbre mort pendant qu’une mémère venait tourner devant ses pieds puis de poser sa mouche très vite dans son dos avant de ferrer au passage suivant qui était très souvent le bon.
    J’ai pensé au moment de sa mort à cet après-midi d’août où il m’avait ainsi fait une démonstration de pêche furtive des truites du Haut- Ognon, des poissons que le seul fait de poser le pied dans l’eau faisait déguerpir et qu’il parvenait lui à amadouer.
    Et je me suis demandé si c’était ainsi, sur la pointe des pieds, qu’il était entré au paradis des pêcheurs…

    * Le Sorcier de Vesoul, ré-édition La Vie du Rail.

  • Découvrir la pêche aux leurres en barque

    Découvrir la pêche aux leurres en barque

    Le samedi 7 mai prochain, le temps d’une demi-journée,
    certains des meilleurs pêcheurs de carnassiers d’Alsace vous accueilleront sur
    leur barque pour vous faire découvrir les joies de la pêche des carnassiers. La
    base nautique de l’UNAP à Plobsheim accueille cette animation organisée par la Fédération de pêche du
    Bas-Rhin.

    Selon vos désirs, vous pourrez creuser des thématiques
    particulières, comme la pêche du brochet aux leurres souples en linéaire, la
    pêche au cœur des herbiers ou encore l’utilisation des sondeurs. L’animation
    est gratuite, mais vous devez impérativement vous inscrire.

    Renseignements :
    Tél. : 03.88.10.52.20.
    Mail : [email protected]

  • Animations pêche à Vincennes

    Animations pêche à Vincennes

    L’AAPPMA 75 organise des animations de pêche aux leurres et
    au coup afin d’initier ou de perfectionner les jeunes pêcheurs franciliens. A
    partir du 1er mai et de l’ouverture de la pêche des carnassiers, des
    animations spécifiques seront organisées. L’encadrement est assuré par deux animateurs,
    titulaires du Brevet professionnel jeunesse et sports – spécialité pêche de
    loisirs (BPJEPS). Rendez-vous donc au lac de Saint-Mandé, en plein bois de
    Vincennes, pour toutes les jeunes pousses qui désirent découvrir la pêche ou
    progresser techniquement.

    Renseignements :

    www.fppma75.fr

    Tél. : 01 53 14 19 80

  • Jérémy Seguin, premier vainqueur de l’AFCPL Float tube Tour

    Jérémy Seguin, premier vainqueur de l’AFCPL Float tube Tour

    Pour le premier open de la saison 2011, près de vingt
    pêcheurs s’étaient donnés rendez-vous le dimanche 17 avril à Beire-le-Châtel, en
    Bourgogne, sur l’étang de Carnarêve. A bord de float tube, Ils se sont affrontés pendant sept heures. Et à la fin de journée, ce n’est pas moins de 25 poissons qui
    ont été pêchés par treize des concurrents. Parmi les prises du jour, Jérémy
    Seguin a sorti un imposant brochet de plus d’1 mètre.

    Organisé par Patrick
    Pignolet avec le soutien de l’AFCPL, cette compétition intègre les onze étapes
    du national tour. Rendez-vous à Moulin Papon en Vendée, le dimanche 22 Mai
    2011, pour un nouvel open.

    Résultats :

    1er
    Jérémy SEGUIN (Pezon
    et Michel) : 2904 points avec 4 brochets.

    2ème
    Natasha GILARDY (Lucky Craft) : 2569 points avec 3 brochets.

    3ème
    Mathieu LESAGE : 1425 points avec 2 brochets.

  • Golfe du Mexique : un an après

    Golfe du Mexique : un an après

    Le 22 avril 2010, une plate-forme pétrolière de la compagnie British Petroleum (BP) explosait, tuant onze personnes et provoquant une des plus grandes marées noires de l’histoire, dans le milieu naturel fragile qu’est le golfe du Mexique. Afin de fêter ce triste anniversaire, des manifestants sont venus crier leur rage devant le siège londonien du groupe pétrolier BP, le 14 avril dernier, et ont tenté de perturber l’assemblée annuelle des actionnaires. Venus des Etats-Unis, petits actionnaires, pêcheurs, artistes ou encore activistes sont venus rappeler BP à sa responsabilité un an après la marée noire gigantesque que le groupe a provoqué dans le golfe du Mexique. Pour mémoire, 800 millions de litres de brut avaient créé la plus grande marée noire de l’histoire des Etats-Unis. Le groupe se veut rassurant sur sa gestion des conséquences de la pollution.

    Mais le pétrole en question, très léger, a posé de réelles difficultés à BP qui, contrairement à ce que ses services de communication prétendent, n’a pas été capable de contenir la marée noire et encore moins de l’extraire de l’océan. Alors que BP affirme que 74 % du pétrole a disparu du golfe, des experts indépendants estiment que près de la moitié de ces hydrocarbures serait toujours dispersée dans la nature. Selon le site Rue 89, dans certains coins de Louisiane, il suffit de creuser à 1 mètre de profondeur pour retrouver une tâche d’huile. En Alabama, une plage classée s’est désertifiée de quasiment toute vie sauvage et les passionnés d’ornithologie n’ont aujourd’hui plus que quelques mouettes à observer.

    Plus inquiétant encore : les échouages de centaines de carcasses de dauphins, notamment de nouveaux nés, sur les plages du Mississipi et d’Alabama. Aujourd’hui, la compagnie pétrolière britannique est critiquée pour sa gestion de la catastrophe. Son service de communication s’agite beaucoup pour rassurer l’opinion. Difficile quand des centaines de dauphins viennent s’échouer et prouver ainsi tous les jours que BP n’a pas réussi à juguler la catastrophe.

  • Les plages de la Côte de Nacre

    Les plages de la Côte de Nacre

    La Côte de Nacre, en Basse-Normandie, s’étend de l’embouchure de l’Orne à celle de la Seulles, C’est de ses plages, Omaha Beach, Juno Beach, Gold Beach ou encore Sword Beach que les alliés partirent à l’assaut du Mur de l’Atlantique le 6 juin 1944 lors du plus grand débarquement de l’histoire. Haut lieu de commémoration historique sur terre. En mer, par contre, les poissons ont remplacés les navires de guerre et les barges de transport de troupe. Bar, carrelets, anguilles ou encore flets se pêchent ici particulièrement en Surfcasting. Si vous pouvez, effectuer un repérage à marée basse afin de repérer les zones à prospecter.

  • Saumon de la Dee

    Saumon de la Dee

    Rien de tel qu’un beau saumon pour commencer la saison ! 

    Bon, c’est vrai que c’est sur la rivière Dee… Mais ça fait quand même plaisir à regarder… (si ça pouvait avoir une incidence quelconque sur la gestion du saumon chez nous…)
    Pour regarder le film: c’est ICI
  • Le Boucher du Sinnamary

    Le Boucher du Sinnamary

    La Guyane : des forêts hostiles peuplées d’animaux sanguinaires, un climat chaud et très humide, un endroit tellement horrible qu’il y a encore peu c’était le lieu de punition ultime, le bagne. Malgré tout cela et malgré toutes les mises en garde, c’est bien là-bas que nous allons passer nos vacances, à la recherche du “boucher du Sinnamary”, l’aïmara.

    Par Yann Giulio et Thomas Vogel
    Photos : Yann Giulio, Thomas Vogel, Christophe Decours, Stéphane Nicard, Comité du tourisme de Guyane.

    Ici ça sent le poisson partout, des milliers d’arbres morts traversent la surface de l’eau créant autant de hot spots potentiels. Déconcertant et attirant à la fois, le lac nous donne l’impression d’une mer intérieure, tellement il est imposant. Pourtant très jeune, il semble avoir toujours été là. Ce n’est qu’en 1989 que la construction de ce barrage hydraulique a commencé sur la rivière Sinnamary au lieudit Petit- Saut, pour répondre à la demande croissante d’énergie en Guyane. La mise en eau de la retenue, en 1994, a inondé 310 km2 de forêt équatoriale, créant ainsi près de 400 îles et îlots.
    Pour rejoindre notre spot de pêche, nous avons parcouru les routes de Guyane après neuf heures de vol, où pour le moment rien de ce qui nous était annoncé ne s’est vérifié. Nous n’avons ressenti aucune hostilité, ni de la nature, ni des animaux, ni des habitants. Destination la rivière Suinnamary et le barrage du Petit Saut où nous sommes maintenant. Cette fois, il faut qu’on pêche, nous n’en pouvons plus d’avoir l’eau à la bouche et de rester inactifs. Mais, comme si pêcher en cet endroit devait vraiment mériter, une heure et demie de pirogue nous attend encore.
    François et Dominique l’ont bien compris, on est à bloc, surexcités. Bien qu’il soit assez tard, ils nous promettent que nos premiers coups de ligne seront pour ce soir, avec en guise de baptême la pêche du saut de Takari Tanté. Le carbet flottant est en vue. Les pirogues ont à peine accosté qu’elles sont déchargées rapidement et, malgré la chaleur, nous trouvons une énergie incroyable et nous nous démenons comme des fous pour partir pêcher le plus vite possible. Sans perdre une seconde, les deux binômes ont pris place dans les deux pirogues, direction Takari Tanté.
    Conseillés par nos guides, nous abordons ce saut très légèrement équipés, de manière à être très mobiles et parfaitement libres de nos mouvements. C’est un véritable mur qui se dresse devant nous, fendu par un courant assez violent par endroits.

    Nous n’emportons chacun qu’une canne et un petit sac à dos rempli uniquement de leurres. En dehors de la sélection des leurres, nous avons utilisé le même matériel pour la pêche des sauts et pour les dérives. A savoir : une canne Ashura Delivrance B 220 XH Big Bait Special, équipée d’un moulinet Calcutta 201 Conquest, de la tresse Starbaits Abyss 37/100 en corps de ligne, avec en tête un bas de ligne titanium de 30 cm en sept brins pour une résistance de 70 Lbs. Un conseil : pour faire face à la puissance de l’aïmara, il vaut mieux remplacer l’agrafe par un anneau brisé conséquent pour une résistance de 80 Lbs pour supporter tous rapports de force. Petite sélection rapide et efficace : quelques leurres de surface de type pêches tropicales popper et stickbait en bois (les poppers en résine et plastique se cassent contre les rochers), qui apportent une densité importante, pour une présentation lente et optimale. Le choix de ce type de leurre peut paraître démesuré, mais le bruit généré par les cascades dans les sauts est assourdissant et il n’y a qu’en utilisant des leurres de ce calibre que nous pouvons faire assez de bruit afin de permettre de localiser l’aïmara, et de l’attaquer.
    A peine arrivés, nous nous séparons en deux binômes suivis de nos guides et évoluons d’aval en amont. Nos premières impressions sont que l’aïmara a pratiquement le même comportement que la truite. En cache dans les cavités de roche, il reste à l’affût de la moindre proie. L’effort physique de cette approche est intense. De l’euphorie à la concentration, nous sommes rapidement passés en mode “pêche”. Il nous faut crapahuter de rocher en rocher et souvent nager pour ne pas se blesser une cheville dans une faille de cailloux. L’approche doit être lente et précise, chaque lancer s’effectue de préférence en “pitching”, c’est-à-dire en lançant sous la canne pour nous permettre de présenter nos gros leurres avec précision. L’attention portée sur ce type de lancer doit être plus que vigilante, car elle permet d’observer l’activité du poisson, et c’est là que l’on constate à quel point l’aïmara partage certains traits de caractère avec la truite. Il sort rapidement de sa cache mais, contrairement à cette dernière, le bruit l’attire. Il ne faut pas hésiter à frapper l’eau : prenez l’exacte longueur de votre canne en longueur de ligne et fouettez votre leurre très fort tout en l’accompagnant au gré du courant. Chaque recoin du saut, chaque méandre, peut abriter ce prédateur.

    Au bout de quelques minutes, Tom, un de nos camarades, crie “Fish !” et prend un beau spécimen de 8 kilos, de couleur très foncée. Il l’a vu sortir à deux reprises avant d’attaquer violemment son stickbait. Au dire de Thomas, la puissance du poisson alliée au courant, “c’est comme une machine à laver en mode essorage”. Sur une seconde attaque, Tom s’est fait tout simplement ouvrir son anneau brisé 80 Lbs. Quelques minutes à peine après ce premier poisson, l’autre binôme entre en action. Yann,  lui aussi, vient d’ouvrir le bal, la fête peut commencer.
    L’aïmara, nous en avions tous vu en photos, en vidéo, à un tel point qu’il avait fini par hanter nos dernières nuits. Mais là, ça y est, nous l’avons vu, touché, combattu. On ne peut pas dire qu’il a une gueule de porte-bonheur, loin de là. Evidemment, nos regards se sont portés sur sa mâchoire véritablement impressionnante, du style pitbull. Ce qui nous a frappés également, c’est que cette mâchoire est associée à des joues hyper-musclées, laissant deviner une puissance hors norme.
    Comme vêtu d’une armure, l’aïmara possède de grosses écailles, sa robe sait s’adapter à la perfection au milieu, en lui permettant de se camoufler parfaitement et de se fondre dans le décor .
    Une grosse caudale, très profilée, en fait un poisson taillé pour le courant, la vitesse.
    A plusieurs reprises, nous avons pu revenir sur ce saut et sur un autre situé en amont, pour notre plus grand plaisir, dans le but d’en découdre avec ce prédateur d’exception. A la fin de cette première journée initiatique et après avoir été baptisés dans le saut, nous rentrons au carbet en profitant des derniers moments qui nous restent pour faire notre première dérive en bateau.
    Au premier lancer, Stéphane subit une attaque très violente qui se soldera quelques minutes après par la mise au sec d’un très bel aïmara à la robe camouflage.
    Même si nous n’avons pas pu ce soir-là pêcher très longtemps, nous avons tous capturé plusieurs poissons. De retour au carbet, malgré la fatigue, nous nous préparons pour la journée suivante, elle aussi consacrée à la pêche en dérive. Ce premier contact plutôt viril nous a permis d’y voir plus clair, d’en tirer un enseignement, d’ajuster notre équipement.

    La pêche en dérive était une manière pour nous d’apprécier les multiples paysages qui bordent les berges du haut Sinnamary, et aussi de nous adapter aux diverses structures qui composent le fleuve. Arbres ou roches immergés, frondaisons d’arbres couvrant les cavités des berges, lits d’herbiers, angles d’entrées de crique souvent fructueux… Nous nous sommes séparés en binômes sur des pirogues en aluminium, chacune équipée d’un moteur électrique Minn Kota. Nous avons abordé la pêche en dérive avec le même matériel que sur les sauts. Un des deux frangins, Dominique ou François, assurait pour nous la dérive de manière remarquable. Le premier pêcheur à l’avant du bateau couvrait une zone de prospection à 45° à l’aide d’un leurre de surface réarmé en conséquence de type Bonnie 128, Chatterbeast 145, Chatterer 145. Soit il validait le poste par une attaque, soit il éveillait juste l’activité de l’aïmara. Il suffisait simplement au deuxième pêcheur de présenter son leurre sur le même poste ou légèrement décalé pour enfin recevoir une attaque digne de ce nom. Le deuxième pêcheur présentait le plus souvent un Spinnerbait lourd et conséquent, du genre de ceux qu’on utilise normalement pour des gros brochets. Il employait un leurre souple de type shad en montage texan (NSJB 116, Ammonite Shad 4.5’’…) ou en montage dit “shad à palette”, préalablement réalisé à l’avance (voir Pêches sportives n° 85), et présentait un Swimbait le plus lentement possible (Flat Bone Clicker, Go-Don, Mikey 160). Il nous aura fallu quand même, à tous les quatre, au moins deux jours pour nous habituer aux attaques violentes, tellement violentes qu’elles créaient des spasmes d’effroi. Ajoutée à cela une constante attention pour ne pas faiblir sur le rapport de forces engagé, dès le contact effectué, car l’aïmara cherchait directement à repartir dans sa cache. Frein serré à fond, ce diable de poisson arrive encore à vous sortir de la tresse. Parfois, même, on peut traverser des moments à vide, sans jamais parvenir à faire remonter le poisson.

    Si l’essentiel de notre séjour était consacré quasi exclusivement à la pêche de l’aïmara en dérive, ponctuée par quelques incursions dans les sauts, il y avait une autre espèce qui a retenu notre attention : l’acoupa.
    On nous l’avait présenté comme étant le sandre guyanais, car son mode de pêche était, paraît-il, similaire. C’est au petit matin du quatrième jour que nous sommes partis pêcher l’acoupa à la verticale. Cette espèce vit en bancs, et nous l’avons approchée, toujours séparés en binômes accompagnés de nos guides respectifs, en naviguant en direction du barrage, pour nous loger au centre des couloirs qui bordent les forêts immergées, où nous avons entamé une dérive lente pour pêcher en verticale au gré d’un courant lent. Il est tôt, et il fait déjà très chaud et sec. La composition principale de notre montage est le suivant : tête plombée Lightning (14 g à 42 g) associée à un leurre souple type shad, I-Shad 4.8’’, Ammonite Shad 4.5’’, NSJB 112, etc. Sur les conseils de Gaëtan, nous présentons sur le fond, ou légèrement décollé, notre montage comme nous l’aurions fait pour le sandre, tout en conservant notre bas de ligne titanium au cas où nous rencontrerions un aïmara.
    Après quelques poussettes et quelques loupés, c’est Christophe qui prend le premier et le seul acoupa de la matinée avant de nous sortir le plus bel aïmara du séjour (98 cm pour 12 kg), et en verticale s’il vous plaît, sur une canne Ashura Delivrance B 198 H Jig & Texas Special, en tresse de 17/100 et un leurre Ammonite Shad 4.5’’ Chartreuse sur une tête plombée Lightning.

    Un paradis en danger

    La Guyane est un joyau forestier tropical unique en Europe. Mais, il faut bien l’avouer, nous sommes inquiets pour cette nature magnifique car, bien qu’apparemment “naturelle”, la Guyane subit des agressions permanentes. La première que nous avons pu constater concerne la rivière sur laquelle nous avons évolué, le Sinnamary. Elle touche directement l’aïmara. Lors de notre séjour, nous avons pu voir arriver pendant le week-end toute une horde de pirogues tirant des centaines de mètres de filets, autant de pièges à aïmaras ainsi tendus. Cette rivière est braconnée intensément à la vue de tous et, le plus inquiétant, visiblement sans aucune restriction.
    Sans doute que pour certains braconniers ces actes sont une source de revenus substantielle, mais pour beaucoup, vu les moyens mis en oeuvre, il s’agit là d’un simple moment de détente. Si la Guyane veut conserver son exceptionnel patrimoine piscicole et développer l’écotourisme, des mesures s’imposent.
    La deuxième menace qui pèse sur la nature guyanaise est l’exploitation aurifère. Il est vrai que nous n’avons pas été confrontés directement à ce phénomène comme nous l’avons été pour le braconnage, mais c’est le sujet qui revient de manière récurrente lorsqu’on aborde le sujet de l’environnement avec des amoureux de cette terre.
    Loin d’être une “simple pollution”, l’exploitation aurifère pourrait mettre en péril la phénoménale biodiversité guyanaise. Surtout quand on regarde ce qui se passe en Guyane. Des milliers de clandestins, venus principalement de régions défavorisées du Brésil, exploitent le sous-sol riche en or, avec tous les problèmes que cela entraîne : pollution, déforestation, insécurité… Faites le grand saut La pêche de l’aïmara est une expérience unique, qui restera dans notre mémoire. La réussite de ce séjour revient effectivement en grande partie au professionnalisme de François et Dominique Thore, entièrement dévoués à la satisfaction de leurs clients. En plus de leur talent de guides, les frères Thore nous ont accueillis sur leur carbet flottant, où passer les nuits est déjà un enchantement.

    Evidemment, il y a quelques précautions élémentaires à prendre pour ce genre de virée. D’un point de vue médical, une bonne condition physique est nécessaire et, avec le traditionnel vaccin contre la fièvre jaune (obligatoire) et un traitement antipaludisme, il ne devrait rien vous arriver de bien méchant. Mais pensez cependant à consulter avant de partir et à vous munir d’une trousse de secours.

  • L’Indonésie enfin fixé sur le nombre d’îles qui composent le pays

    L’Indonésie enfin fixé sur le nombre d’îles qui composent le pays

    Les autorités indonésiennes viennent de finir de compter
    toutes les îles qui forment le pays. Alors que l’on estimait leur nombre à plus
    de 17 500, le ministère de la
    Mer et de la
    Pêche a finalement compté et nommé 13 466 îles au cours
    d’une série d’expéditions qui se sont déroulées de 2007 à 2010. Un registre
    regroupant toutes ces îles sera déposé à Vienne au groupe d’experts des Nations
    Unies sur les noms géographiques, l’UNGEGN, début mai. Ce registre deviendra la
    référence internationale des géographes et des manuels scolaires des élèves
    indonésiens.

  • Rassemblement franco-suisse du 14 mai à Goumois

    Rassemblement franco-suisse du 14 mai à Goumois

    Après l’hécatombe piscicole sur la moyenne Loue en 2010 et les atteintes subies par le Doubs franco-suisse et l’Ain, eux aussi victimes de pollutions diverses et variées… Après avoir trop longtemps constaté la dégradation de nos milieux naturels et de nos rivières en particulier… quel que soit le côté de la frontière, il est désormais temps de nous mobiliser car nos rivières peuvent encore être sauvées. Les pollutions et les agressions dont sont victimes nos rivières ne sont pas irrémédiables, bien au contraire. Et la nature a déjà montré qu’elle pouvait reprendre ses droits. Nos actions doivent permettre de retrouver une harmonie entre l’homme et la nature en imposant une nouvelle donne sur les rivières du plateau jurassien. De la sauvegarde des truites sauvages à la préservation de la ressource en eau pour les générations futures, les enjeux de cette mobilisation sont nombreux.

    A l’initiative d’associations suisses et françaises (collectif SOS Loue et Rivières comtoises, de Pro Natura, de la CPEPESC et de la société de pêche La Franco- Suisse), un rassemblement est donc organisé ce printemps à Goumois. D’autres associations sont intéressées pour rejoindre cet événement. Ce rassemblement se tiendra le samedi 14 mai 2011 à 14h30. Le rendez-vous est fixé sur le pont de Goumois. Cette journée se veut militante pour obliger nos dirigeants à prendre les décisions qui s’imposent en matière de lutte contre les pollutions. Mais elle sera aussi festive pour que chacun profite de cette belle vallée. Concernant la Loue, une manifestation sera également prévue au printemps dans l’esprit de “l’enterrement à Ornans” qui s’est déroulé l’an passé.

    Tous les détails de l’organisation de ces manifestations seront disponibles en ligne dans les semaines à venir sur les sites Internet des associations à l’initiative du rassemblement.

    www.arrete.net (collectif SOS Loue)
    www.pronatura.ch/ju/
    www.goumoispechesloisir.fr
    www.cpepesc.org