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Auteur/autrice : admin_lvdr

ECHO DU RADIER : Poissons migrateurs, pourquoi ne pas sauver ce qui peut l’être ?
Entre démagogie, clivage politique droite/gauche ou écolos/gouvernement, conflits d’intérêts et communication mensongère, les orientations prises récemment à propos des fleuves et affluents à poissons migrateurs laissent penser qu’au ministère de l’écologie et accessoirement du développement durable, l’avenir des fleuves passe après l’idéologie, souvent utopiste, les intérêts politiques et la com. Voici pourquoi.
Chez les écologues, il y a deux écoles : ceux qui pensent que l’action de l’Homme sur la nature détériore systèmatiquement des écosystèmes naturels et fonctionnels qui étaient en place avant l’arrivée de l’Homme et à l’inverse, ceux qui clament haut et fort que c’est le façonnage de la nature par l’Homme depuis des siècles qui permet à la vie sauvage de continuer d’exister. En réalité, les choses ne sont pas aussi simples et basiques. Les animaux s’adaptent ou pas au monde imposé par les humains. Il ne reste au final que les espèces qui ont pu s’adapter à notre monde, les autres sont portées disparues. En ce qui concerne les poissons, on peut dire que l’aménagement des fleuves et des cours d’eau pour les besoins de la navigation ou de la production d’énergie sont tous dommageables à quelques exceptions près. Pour comprendre cela, il faut prendre en compte la rivière dans son ensemble et ne pas mélanger les causes, les effets et les conséquences des aménagements.
Dans bien des cas, les barrages qui diffusent de l’eau froide dans les rivières permettent aux truites et aux ombres de vivre grâce à cette température compatible avec leurs exigences biologiques. C’est le cas sur les zones aval des cours d’eau, sur des secteurs typologiques qui en théorie conviendraient davantage aux cyprins qu’aux salmonidés (cas de la Dordogne en aval d’Argentat ou de la basse rivière d’Ain ou des “tailwaters” aux USA). Mais l’impact du barrage lui même qui noie plusieurs kilomètres de rivière (plusieurs dizaines dans certains cas), piège les sédiments et bloque les migrations, fait beaucoup plus de mal que de bien. Il est très intéressant d’observer à quel point les pêcheurs d’aujourd’hui ont cessé de raisonner à l’échelle de la rivière. Les cours d’eau sont segmentés en parcours, mouche, no-kill, toutes pêches, de parfois moins d’un kilomètre où les

L’anguille : une disparition programmée…
Il n’y a pas si longtemps, en Béarn et dans les Landes, on les donnait à manger aux poules et aux canards, aujourd’hui rendues vivantes à Hong Kong, les piballes ou civelles valent jusqu’à 3000 le kilo, avant de grossir en Chine et d’alimenter le marché japonais.
Depuis une bonne vingtaine d’années que les scientifiques, ainsi que les pêcheurs d’anguilles de tous les pays européens constatent une régression continue de l’espèce, la France continue d’autoriser des quotas « outranciers » (57,5 t cette année, 70 t les années précédentes) au prétexte que cette pêche des civelles représente 50 à 80 % du chiffre d’affaire de 576 pêcheurs estuariens ou fluviaux. Comme il y a en moyenne 2800 alevins d’anguille par kilo, 57,5 tonnes représentent environ 160millions de bébés anguilles, qui n’iront plus repeupler l’amont de nos bassins, comme ceux de nos voisins européens d’ailleurs. Bien sûr une directive européenne datant de 2011 ou 2012 fait obligation aux pêcheurs français de réserver 60% de leurs captures pour repeupler les eaux européennes. Le hic, c’est qu’on ne sait absolument pas si ces repeuplements donnent ou donneront des résultats (le cycle de l’anguille en eau douce étant en moyenne d’une quinzaine d’années, peut-être plus). Ce que tous les autres pays européens savent en revanche, c’est que depuis un bon quart de siècle les anguilles adultes ont pratiquement disparu de leurs eaux, comme des nôtres d’ailleurs. Depuis l’antiquité (les romains les appréciaient énormément en cuisine), tout au long du moyen-âge (voir leur pêche dans le roman de Renard), puis au cours des siècles suivants, la capture des anguilles fut réservée aux pêcheurs aux engins, voire aux manants qui tendaient nasses, cordeaux et verveux et en capturaient des milliers de tonnes, dans toute l’Europe. Dans le Londres des XVIe, XVII e siècle et XVIIIe siècle (plus grande ville du monde à l’époque) les anguilles de la Tamise fournissaient à la population une part de protéines plus importante que le porc et le mouton réunis. Il ne semble pas que leur pêche ait eu une importance, sans doute pour des raisons d’interdit religieux (absence supposée d’écailles et de « vraies » nageoires) dans les pays musulmans de la façade atlantique comme de la Méditerranée. En revanche dans toute l’Europe chrétienne depuis le Portugal jusqu’en Scandinavie sur la façade atlantique et dans tous les pays catholiques ou orthodoxes bordant la Méditerranée (Espagne, France, Italie, Grèce), l’anguille depuis les débuts de l’ère chrétienne, et même bien avant, comme en témoignent des gravures rupestres de l’époque Cro- Magnon, fut une source de protéines parmi les plus importantes, pour tous et notamment pour les populations éloignées des façades maritimes.
L’obstacle des grands barrages
Dans notre pays, en remontant nos plus grands fleuves, puis leurs affluents et en empruntant jusqu’aux plus petits ruisseaux, elles arrivaient au coeur de toutes nos provinces, avant que les grands barrages hydroélectriques construits à partir du XIXe siècle ne leur en bloque l’accès. Jusqu’alors, contrairement aux saumons, truites de mer, lamproies ou aloses, les nombreux petits barrages de moulins édifiés depuis le Moyen Age, un peu partout sur nos petits et moyens cours d’eau, ne les empêchaient pas de progresser vers l’amont des bassins, car les anguilles pouvaient les contourner en profitant de l’obscurité et de passant par la terre ferme. Et ce à la montaison pour les civelles et les petites anguilles, comme à la dévalaison pour les grosses anguilles argentées, qui avaient passé douze à plus de vingt ans en eau douce, avant de ressentir l’appel de la Mer des Sargasses. Mais bien plus que les barrages, la pollution ou l’asséchement des zones humides, un peu partout en Europe et tout particulièrement chez nous, c’est la surpêche et plus spécialement la surpêche des civelles (les alevins d’anguilles) qui depuis trois quart de siècle, a réduit dans toute l’Europe les populations d’anguilles jaunes et argentées (anguilles adultes) à la portion congrue et qui risque même aujourd’hui de faire disparaitre l’espèce… La France est aujourd’hui, comme d’ailleurs hier, le seul pays européen qui autorise un chalutage « industriel » des civelles sur la zone côtière ainsi que dans les estuaires, et comme 80 à 90% des civelles entrainées plus ou moins passivement, depuis la Mer des Sargasses par le Gulf-stream et ses différentes branches, arrivent dans le golfe de Gascogne, c’est entre Adour et Vilaine, en passant par les petits courants côtiers landais, le bassin d’Arcachon, l’immense estuaire de la Gironde, les pertuis charentais et l’estuaire de la Loire, que cette année ont été capturées la grande majorité des 57,5 tonnes de civelles autorisées par les quotas alloués à un peu moins de 600 pêcheurs estuariens ou fluviaux de notre pays… Les derniers pêcheurs professionnels de Bretagne, Normandie, Baie de Seine et Picardie ne ramassant comme les Anglais, les Belges, les Hollandais et les pays qui bordent la Baltique, que les miettes que les pêcheurs du Golfe de Gascogne, ont laissé passer à travers les mailles de leurs tamis et ailes de chaluts et que quelques branches du Gulf-stream entraînent encore vers l’Europe du Nord. En Grande Bretagne les anguilles de la Tamise comme de la Severn ne sont plus qu’un lointain souvenir, en Irlande du Nord, sur le lough Neagh où arrivaient depuis plus de cinquante ans qu’on les comptaient, en moyenne 20 à 30 millions de « glass eels » (civelles) par an, il n’en a été estimé que moins de 300 000 l’année dernière, en Italie, la lagune de Commachio au Sud de Venise fut sans doute la plus importante pêcherie d’anguilles sauvages au monde. Dès 1598 le pape Clément VIII allait s’y régaler d’anguilles grillées. En 1714 plus de 900 tonnes d’anguilles y furent capturées dans les nasses, record égalé encore en 1914 avec 907 tonnes. Trente ans plus tard les prises n’étaient plus que de 90 tonnes et en 2006 de 905 kg soit moins d’une tonne. Il ne reste qu’un vieux pêcheur sur la lagune de Commachio, quand plus de 400 familles y vivaient du commerce de l’anguille il y a un siècle.
Un recul de 99 % !
En 1928 Louis Roule directeur du Museum d’Histoire Naturelle, mentionne entre Saint- Nazaire et Nantes un cordon de civelles de près de dix kilomètres de longueur presque ininterrompu, sur un mètre de largeur et un demi mètre d’épaisseur. Même dans le monde des insectes cependant bien pourvu, fait-il remarquer, rien n’approche de la profusion formidable des civelles. Aujourd’hui, quand dans la basse Loire on observe un « cordon » de quelques mètres de longueur et de trente centimètres de large, le pêcheur qui le « tamise » atteint en une marée de nuit, son quota annuel de 150 kg… D’après la Commission Européenne des Pêcheries en eau saumâtre et en eau douce, au cours des vingt dernières années, les arrivées de civelles sur l’ensemble des côtes européennes ont diminué de 99%, oui vous avez bien lu : 99% et on continue en France d’en pêcher entre 50 et 70 tonnes selon les années. Si j’étais pêcheur professionnel de civelles, j’essaierai de me reconvertir, tout en négociant (avec les pouvoirs publics, avec l’Union Européenne…) le plus rapidement possible cette reconversion avant que la ressource ne s’écroule définitivement. Si j’étais mareyeur je n’investirai pas des millions d’euros dans des fermes aquacoles ultra-modernes de grossissement d’anguilles, car de nombreux scientifiques prédisent que dans une, deux ou trois années, soit la ressource se tarira d’elle-même, soit les pouvoirs publics devront en interdire la pêche. Si l’Etat français, conseillé par Ifremer, ne s’y était pas opposé, l’Anguille de même que l’Eléphant serait classée en annexe 1 de la convention de Washington sur la protection des espèces menacées de disparition. Elle est néanmoins aujourd’hui classée en annexe 2, ce qui n’en interdit pas le commerce, mais le réglemente drastiquement avec notamment pour l’anguille européenne, interdiction d’exportation hors des pays européens. Quand, d’après le SEG (Substainable Eel Group) 30 tonnes de civelles européennes ont transité l’année dernière par Hong Kong, cherchez l’erreur ! L’IFREMER qui conseille le ministre de l’Agriculture et de la Pêche et qui depuis sa création, défend « bec et ongles » les intérêts des pêcheurs professionnels, portera une lourde responsabilité dans la disparition programmée des anguilles (comme des derniers saumons sauvages d’ailleurs) et par là même d’une profession qu’elle croit défendre.

EDITO : Montez plus haut, y’a moins d’eau !
J’ai enfin compris pourquoi nos représentants de la pêche de loisirs ont choisi de participer au Tour de France : ils avaient prévu les inondations de juin. Et décidé, par prudence, de prendre de la hauteur.
C’est bien connu qu’en montagne, les inondations sont plus rares ou quand elles surviennent, elles emportent vraiment tout comme à Cauterets il y a quelques années.
Or, faire la promotion d’une activité de loisir inondable est forcément voué à l’échec. (« Elle est où la rivière, ça fait deux heures que je rame »). On a donc sagement choisi d’appâter les futurs pêcheurs dans le Tourmalet. Cela leur aura au moins évité d’envisager de jeter leurs lignes dans les eaux boueuses et pleines de détritus de nos pauvres rivières de France.
Les poissons – et notamment ceux de la Bienne – ont eu moins de chance. Il n’y avait pas place pour eux dans la caravane du Tour de France.

Pêches Sportives Vidéo n°43 : Le Baitcasting
Pour une bonne compréhension d’un univers culturellement très différent de ce qu’on connaît en
France avec les moulinets à tambour fixe, nous avons choisi de réaliser le DVD de ce numéro sur le
thème du baitcasting. On retrouve, en pratique, tous les éléments de cette Petite Classe. Sont abordés
la conception d’un moulinet à tambour tournant, son fonctionnement, le rôle et les réglages des
trois freins, les astuces pour lancer sans s’emmêler, la technique du pitching, celle du skipping (lancer
en ricochets) et le coup droit. Cette vidéo vous permettra d’une part d’éviter d’acquérir un matériel
inapproprié à vos besoins, comme par exemple le choix d’un moulinet qui ne correspond pas
aux leurres que vous utilisez et d’autre part vous aidera à mieux utiliser votre matériel. Car cette
technique nécessite dans un premier temps de comprendre comment fonctionne un moulinet à tambour
tournant. Une fois passée cette première étape, tout devient beaucoup plus simple et évident.
Pour le reste, ce n’est qu’une question de pratique. Le baitcasting est un peu comme les voitures à
boîte automatique (nouvelle génération). On a le droit d’être réticent au départ, mais souvent ceux
qui y ont goûté, ne veulent plus changer !
Pêches Sportives Vidéo n°42 : Pêche aux boobies au réservoir. Sensation Pêche dans l’Ain avec Grégoire Juglaret
Accusée de blesser voire de tuer les truites parce qu’elles avalent les mouches, la pêche aux boobies souffre d’une mauvaise réputation, au point qu’elle est interdite dans de nombreux réservoirs. Grégoire Juglaret nous démontre qu’avec un matériel adapté, il est possible de ferrer à la touche. Les soies “low stretch”, sans élasticité, les bas de ligne en fluorocarbone, un bon alignement de la soie et de la canne établissent un contact direct avec le poisson qui n’a pas le temps d’avaler la mouche. Ce DVD particulièrement didactique explique aussi comment construire un bas de ligne, comment trouver la bonne profondeur, comment réaliser les bons noeuds ou comment pratiquer la pêche aux boobies depuis le bord ou en bateau. Ce DVD a été tourné au réservoir Sensation Pêche dans l’Ain : sensationpeche.com

Stage Spey cast avec Jean-Batiste Vidal chez Loisirs et Pêche à Annecy
Le magasin Loisirs et Pêche à Annecy (ex maison Maillet) accueillera le guide de pêche international Jean-Batiste Vidal pour un stage de lancer en Spey cast. Ce stage a pour but de mieux comprendre ce type de lancer pratiqué avec une canne à deux mains, une canne “switch” ou même une canne à une main. Au programme : lancer roulé, roulé sauté, single et double Spey, snap T, circle C ou snake roll). Une bonne préparation avant un voyage de pêche au saumon ou pour apprendre les différents types de lancers roulés qui peuvent être mis à profit lorsqu’on pêche la truite ou la truite de mer. Dates retenues : le samedi 25 et le dimanche 26 Juin sur le Chéran et le Rhône. Parties théoriques en salle et pratiques sur le terrain. Le stage sera l’occasion de tester des cannes et moulinets Sage ainsi que des soies Rio adaptés aux conditions de pêche pendant toute la durée du stage.
Renseignements et inscriptions : Loisirs et Pêche à Annecy. Tél. : 04 50 67 18 64. E-mail : [email protected]

N°1. Initiation à la pêche à la nymphe au fil
La pêche à la nymphe dite “au fil” regroupe toutes les techniques de pêche à la nymphe pratiquées dans des eaux dont l’insuffisante clarté ne permet pas de voir les poissons pour les pêcher à vue. Il va sans dire que ces eaux sont largement majoritaires tant en France que dans le monde. Cela concerne généralement tous les massifs granitiques aux fonds sombres comme notre Massif Central, la Bretagne mais aussi l’ensemble des eaux de Scandinavie et des Iles Britanniques !
Pour plus d’efficacité vous pourrez vous procurer les deux vidéos (N°9 : Pêche à la Nymphe “au fil”, Stickbaits et N°23 :
Pêche à la nymphe au fil, pêche du loup) qui traitent de ce sujet éditées par Pêches Sportives.
1.1 Le principe au commencement était la roulette.
La pêche à la nymphe au fil est sans doute la pêche à la mouche la plus pratiquée en Europe. Historiquement, les pays de l’Est ont été les premiers à se spécialiser dans cette pêche qui ressemble dans certains cas à s’y méprendre à de la pêche au toc. En France, c’est Victor Borlandelli qui en révéla l’existence à travers un article publié dans La Pêche et les Poissons au début des années 1980, intitulé La pêche à la roulette. Cet article dévoilait une technique jusqu’alors inconnue des pêcheurs à la mouche français mais dont Jean-Michel Radix connaissait toutes les ficelles. La pêche à la roulette concerne tout autant la technique que le modèle de nymphe spécifique, très hydrodynamique, mis au point par Radix. La roulette est donc une nymphe censée rouler sur le fond. En pratique, ce n’est pas toujours le cas, mais la pêche se déroule le plus souvent en profondeur dans les veines de courant. C’est une pêche à courte distance, cinq à six mètres au maximum qui se déroule canne haute pour soutenir le bas de ligne et déceler les touches. On voit pointer ici un lien avec le fil, celui du bas de ligne qui sert alors de repère. L’expression pêche “au fil” vient donc du fait que les nombreuses variantes que compte cette technique ont toutes recours au bas de ligne pour déceler les touches. Les fils colorés, fluorescents, sont alors très utilisés pour servir de repère. On associe généralement deux teintes, une claire (généralement le jaune) et une plus foncée (l’orange ou le rose) pour pouvoir distinguer ce repère que le fond soit clair ou sombre.
1. 2 La pêche fil soutenu.
Il s’agit toujours d’une technique très proche de la pêche à la roulette. Le temps n’a eu que peu d’emprise sur cette technique. Seules les nymphes, avec l’arrivée de lests en tungstène on connu une métamorphose. La pêche fil soutenu, canne haute est pratiquée dans les veines de courants marquées, où la nymphe n’a que quelques secondes pour trouver sa place et que quelques mètres de dérive pour séduire un poisson. L’action de pêche se déroule en trois phases (elles avaient été décrites avec talent par Yannick Rivière dans le DVD que nous avons réalisé avec lui sur l’Aude). Cette pêche se déroule franchement vers l’amont mais à courte distance. La phase n°1 consiste à poser et à laisser couler la nymphe, qui n’a que deux ou trois mètres pour atteindre sa profondeur de pêche. La canne tenue haute accompagne cette descente sans jamais brider la nymphe. Ni la soie, ni le bas de ligne sont posés sur l’eau. Le bas de ligne est légèrement détendu pour permettre à la nymphe de couler librement. La phase 2 commence par une prise de contact du fil, toujours sans faire remonter la nymphe. C’est sur cette phase que la majorité des touches ont lieu. L’indicateur de touche en fil coloré doit se situer verticalement juste au dessus de la surface et si possible juste au dessus de la nymphe. C’est pourquoi il faut toujours poser son bas de ligne dans la même micro veine de courant que celle où se situe la nymphe. C’est le grand secret de cette technique. Plus l’ensemble nymphe, pointe, repère est aligné, plus la nymphe

« La petite classe » initiation à la pêche
La petite classe est une nouvelle section de Pêches Sportives consacrée à l’initiation et au perfectionnement. Cette séquence, cela fait des années que nos lecteurs la demandent : “ Vous êtes trop techniques, trop pointus, pensez aux débutants, aux pêcheurs qui veulent découvrir de nouvelles techniques, à ceux qui veulent progresser…” Nous avons fini par comprendre qu’ils avaient raison. Enfin, il est plus juste de dire que nous étions conscients du problème mais que l’on ne savait pas trop comment l’aborder. La vulgarisation est souvent proche de la caricature. En matière de pêche c’est encore plus vrai : que de clichés ressassés année après année par de soi-disant spécialistes sans couvert de pédagogie. La presse halieutique a vécu pendant des décennies sur l’idée qu’un mauvais dessin pouvait suffire à donner le sens de l’eau (pas celui du cours d’eau). Le contraire de ce que nous voulons faire aujourd’hui dans “la petite classe” avec cette première séquence consacrée à la nymphe au fil. Elle s’adresse tout à la fois aux débutants, aux pêcheurs en sèche, aux spécialistes de la noyée, aux pêcheurs aux leurres. Bref à tous ceux qui voudraient tenter l’expérience mais ne savent pas par où commencer. Cette petite classe est longue parce que le sujet n’est pas simple. Pour plus d’efficacité vous pourrez vous procurer les deux vidéos (nos 9 et 23) qui traitent de ce sujet éditées par Pêches Sportives et que nous venons de rééditer. Et très vite, on l’espère, passer aux travaux pratiques au bord de l’eau.
Liens vers nos vidéos de pêche pour les débutants. Vous pouvez en voir les extraits, les commander en version en ligne ou en DVD.
PS n° 9 : Pêche à la Nymphe « au fil », Stickbaits
PS n°23 : Pêche à la nymphe au fil, pêche du loup

La pêche autrement avec Emotion Pêche
Depuis dix ans, l’association Emotion Pêche développe le tourisme pêche sur les rivières et les lacs de Haute-Loire pour proposer des séjours de pêche adaptés à tous niveaux : – Des stages de pêche pour les jeunes (de 11 à 17 ans) se déroulent sur les vacances scolaires, d’avril, d’été et de toussaint. Ces cessions sont spécialisées sur l’apprentissage de la pêche à la mouche, aux appâts naturels ou des carnassiers. Les quatre participants sont encadrés par deux moniteurs diplômés d’un brevet d’État. – Des hébergements originaux leurs sont proposés (au mois d’août sous tente nomade). Les adultes passionnés de pêche à la mouche peuvent également venir s’initier ou se perfectionner sur les secteurs de pêche sauvages de la haute vallée de la Loire et du haut Allier. – Un programme adapté à leur niveaux leur permettant de progresser en matière de connaissance du matériel, gestuelle de lancer, fabrication de bas de ligne et de mouche, pêche en sèche, nymphe ou noyée. – Pour les aventuriers, l’association a mis en place des séjours trappeur de pêche en canoë sur le haut Allier ou à cheval au fil de la Loire sauvage. Deux jours en immersion total au coeur de la nature préservée avec en prime, un bivouac sous tente au bord de l’eau. – Une nouveauté pour cette année, l’association organise des séjours “gastronomie et pêche“ en partenariat avec La Table des Douceurs de Brigitte Delaporte à Saint-Arcons-de-Barges et l’hôtel la Découverte de Régis et Jacques Marcon à Saint- Bonnet-le-Froid. Au programme pour les pêcheurs et leurs accompagnants : cours de cuisine, espace bien être et pêche à la mouche sur le haut Lignon.
www.emotionpeche.com

Frayères à brochets en lacs de barrages, l’exemple de Vouglans
Généralement construits entre les années 1930 et 1970, les lacs de barrages vieillissent et avec eux leurs substrats. Univers lunaires à la végétation absente, ces grandes étendues deviennent incompatibles avec certaines espèces comme le brochet, dont la reproduction est dépendante de certains végétaux. Dans le Jura, une AAPPMA a retroussé ses manches pour mettre en place des réserves temporaires, des frayères et un habitat artificiels
Depuis sa mise en eau en 1968, le lac de Vouglans a progressivement perdu la quasitotalité des substrats de reproduction des poissons, en particulier ceux indispensables à la fraie du brochet (prairies inondables notamment). Il faut ajouter à ce constat les marnages conséquents et réguliers sur la retenue (quinze mètres au minimum), gênant considérablement la réussite des pontes, notamment celles des brochets dont les zones de fraies généralement peu profondes, se retrouvent très vite exondées. Rappelons que le lac de Vouglans est le troisième plus grand lac artificiel français, avec 1700 ha dans la vallée de l’Ain. Sa vocation est la production d’électricité, d’où son niveau très fluctuant.
Un suivi encadré
Classé en 1ère catégorie “grand lac intérieur”, le lac de Vouglans est au niveau typologique clairement une retenue où les espèces d’eaux mortes se développent beaucoup mieux que les espèces d’eaux vives. Une population de truites lacustres subsiste néanmoins mais avec également des aléas dus aux marnages. Le statut réglementaire du brochet en 1ère catégorie a toutes les chances d’évoluer rapidement au niveau national, en considérant Esox lucius comme une espèce patrimoniale désormais menacée sur le territoire national (figurant sur la liste rouge des espèces menacées). Pour faire face à ces constats, l’AAPPMA de la Gaule Moirantine s’est engagée dans une démarche scientifique et expérimentale de création de réserves temporaires et d’aménagements structurels de zones témoins sur les baux de pêche qu’elle gère. Ces projets s’effectuent en collaboration directe avec la fédération de pêche départementale et un hydrobiologiste professionnel qui assure le suivi et l’efficacité des actions. La mise en réserves temporaires de zones expérimentales concerne des secteurs clairement identifiés comme étant favorables à la reproduction des espèces citées ci-dessus, soit par l’implantation de végétaux et de structures (brochet), soit par la présence d’affluents (truite de lac).
Sur ces zones expérimentales ciblées et aménagées, il s’agit d’améliorer le potentiel reproductif et de grossissement d’espèces phytophiles, notamment le brochet en interdisant temporairement toute forme de pêche durant les périodes de fraie. L’objectif est de protéger les poissons vulnérables (brochet essentiellement) en période de reproduction sur les zones favorables retenues (période allant de l’ouverture en mars jusqu’à l’ouverture de la pêche des carnassiers). L’AAPPMA a donc fait appel à des entreprises spécialisées en génie végétal, pour développer une technique de fascinage qui consiste à immerger des fagots de saules des vanniers de deux mètres de diamètre environ (avec fortes boutures et ramifications) à l’interstice des parties exondée et inondée les plus souvent retrouvées sur la période fin mars/début avril. Les bénévoles de l’association expérimentent également d’autres axes de travail en récupérant et en implantant des épicéas de Noël collectés sur les communes environnantes de Moirans et recyclés pour créer des supports de ponte favorables au brochet. Dans la même logique ont été créés des monticules de pierres et différents empilements pour servir de caches et d’habitats à un écosystème favorable à la présence de brochets.
Résultats des premières plongées
Les premières conclusions de Grégory Tourreau, plongeur et hydrobiologiste professionnel, sont très encourageantes. En effet, de fortes concentrations d’espèces territoriales (brochet notamment) ont été constatées de manière concomitante avec ces aménagements, (habitats et/ou nourriture). Cette AAPPMA a bien compris que l’habitat est une des composantes essentielles d’un milieu autonome et viable, contrairement à l’alevinage qui n’est dans la plupart des cas qu’un pansement sur une jambe de bois.