Auteur/autrice : admin_lvdr

  • Une fiche d’autodiagnostic pour les systèmes d’eaux usées des entreprises

    Une fiche d’autodiagnostic pour les systèmes d’eaux usées des entreprises

    Une fiche téléchargeable permet aux entreprises situées dans la vallée du Chéran (Rumilly) de diagnostiquer son entreprise pour évaluer l’état du système qui évacue les eaux usées, les eaux pluviales, prendre conscience des dysfonctionnements et contacter les services concernés en cas de doute ou de situation critique. Ce type de démarche vertueuse est unique en son genre. Elle part sans doute du constat que premièrement, les entreprises ne se préoccupent pas, ou pas suffisamment du devenir de leurs eaux usées, et deuxièmement, que dans la plupart des cas, les personnes concernées ne savent pas qui contacter. Un barème permet d’obtenir une note globale et en fonction de celle-ci de s’orienter vers telle ou telle démarche. Une excellente initiative que l’on doit au Syndicat mixte interdépartemental d’aménagement du Chéran (SMIAC), qui mérite de faire boule de neige ! L’objectif est bien de sensibiliser et d’engager des actions souvent peu coûteuses et subventionnées (indication des financements possibles) pour éviter de polluer accidentellement et de prendre des PV pour pollution. “Gouverner c’est prévoir” disait Emile de Girardin, mais anticiper c’est bien pour ne pas polluer ! Certaines ont déjà signé une lettre d’engagement.

    Télécharger la fiche de diagnostique pour les systèmes d’eaux usées

  • N°3. La pêche en réservoir (1ère partie)

    N°3. La pêche en réservoir (1ère partie)

    Le parent pauvre de la pêche à la mouche en rivière fait de plus en plus d’adeptes et de bons spécialistes qui s’inspirent des techniques spécifiques anglaises. Beaucoup plus riche et complexe qu’on peut le penser, la pêche en réservoir est une science, qui ne demande pas moins de deux Petite Classe pour en faire le tour. Cette première partie est consacrée aux origines, à l’évolution de cette pêche qui Outre-Manche est un sport national et au matériel. La seconde partie traitera du comportement des truites en plan d’eau, des stratégies à adopter en fonction de la saison, des astuces des grands champions pour multiplier les touches et des erreurs à ne pas commettre pour éviter la casse ou les refus.

    Inconnue en France avant le début des années 1980, la pêche en réservoir nous vient d’Angleterre. Outre-Manche, les rivières à truite ou à ombre sont très privatisées et la pêche très onéreuse. Le commun des moucheurs anglais pêche donc en lacs. L’origine des réservoirs anglais est essentiellement liée aux réserves d’eau potable. Il s’agit de très grands lacs artificiels de plusieurs milliers d’hectares. Rutland, dans le comté du même nom, impose sa surface de 10,86 km2 qui fait de lui le second plus grand lac du Royaume-Uni. Pour aborder de telles étendues en barque équipée d’une moteur 5 cv, il faut d’abord être suffisamment marin pour affronter une houle parfois effrayante et disposer d’un minimum de feeling pour trouver les poissons ! En France, le premier réservoir fut le Lac du Château à Vert-en Drouais à côté de Dreux, suivi quelques années plus tard du lac de Trept en Isère. Hormis le lac du Drennec dans le Finistère (AAPPMA de l’Elorn) et ses 110 ha, le plus grand réservoir français fut longtemps le lac de la Landie dans le Puyde- Dôme et ses 37 ha. Triste nouvelle pour les habitués de ce très beau lac, il vient d’être vendu et les nouveaux propriétaires ne souhaitent pas continuer à développer la pêche. Quel dommage car l’endroit a un charme fou et offrait la possibilité de pouvoir pêcher en dérive. La plupart des autres réservoirs français mesurent généralement moins de dix hectares. Certains sites proposent même sous l’appellation réservoir des “baquets” de forme étendue creusés à la pelleteuse pour ressembler à de fausses rivières. Il s’agit plus de pêcheries que de réservoirs car les techniques, tout comme l’inutilité de l’embarcation les différencie.

    3.1. Pêche à l’anglaise ou à la française ?

    La pêche en réservoir en Angleterre est une science, pas forcément exacte, mais très pointue. Elle s’apparente beaucoup à la pêche des “lough” irlandais comme le Corrib ou le Mask, autres grandes étendues où, dans le vent glacial et la houle formée, il faut vraiment aimer la pêche pour y passer une semaine !

  • Adieu Thierry

    Adieu Thierry

    Dans notre métier plutôt confidentiel de journalistes halieutiques, la pénurie devrait être à l’origine d’une entraide, mais ce n’est malheureusement pas le cas. A mes débuts au Chasseur Français et à Pêche Pratique, dont les bureaux étaient à l’époque partagés avec ceux de La Pêche et les Poissons et Pêche Mouche, j’ai appris à me faire tout petit. Parce que les “anciens” n’étaient vraiment pas très cool avec les nouveaux venus. Dans ce paysage fait de grincheux acariâtres, Thierry Cloux, qui n’était pas encore le rédacteur en chef du journal concurrent Le Pêcheur de France, était l’un des rares avec qui j’ai toujours échangé des propos d’une part sympathiques et d’autres part intéressants. Je l’ai toujours rencontré sur les salons à l’exception d’un week-end passé sur les lacs du Morvan, par un froid de canard, lors d’un séjour touristique avec l’ami Yvan Drachkovitch.

    Je l’ai revu l’an passé, chez Gaël Even dont il était un ami aussi proche que fidèle. A chaque rencontre j’étais toujours très heureux de discuter avec lui de l’évolution de la pêche et du rôle éducatif qui est le nôtre à travers notre métier. Thierry avait à coeur de faire progresser tous les pêcheurs, jeunes et moins jeunes, à toutes les techniques sans élitisme et encore moins snobisme, pour toutes les classes sociales. C’est en cela que j’appréciais particulièrement le personnage. Nombreux sont les pêcheurs français qui à travers lui et ses écrits, ont appris à aimer la pêche, les lacs et les rivières. Il nous a quittés le 18 juillet, bien trop jeune, à l’âge de 59 ans, pour le paradis des pêcheurs. Toute l’équipe s’associe à la douleur de sa famille et de ses amis.

  • Un géant de l’outdoor rachète un autre géant pour 5,5 milliards de dollars.

    Un géant de l’outdoor rachète un autre géant pour 5,5 milliards de dollars.

    Les magasins Bass Pro Shops rachètent Cabela pour 65,50 $ par action, soit environ 5,5 milliards de dollars. Les détaillants du loisir en plein-air devraient conclure l’affaire dès la première moitié de l’année 2017. Bass Pro Shops lance également un nouveau partenariat avec une filiale bancaire de Capital One. Guggenheim Securities a été conseiller financier exclusif de Cabela, et JPMorgan était le seul conseiller financier de Bass Pro Shops.

    Goldman Sachs a conseillé Bass Pro Shops sur la transaction bancaire et le financement de la dette prévu, tandis que Bank of America Merrill Lynch, Wells Fargo, Citigroup, RBC, et UBS fournissent le financement de la dette. Le Groupe Kessler et Credit Suisse ont conseillé Capital One.

    (Extrait du communiqué de presse, traduit de l’anglais 🙂

    « Bass Pro Shops et Cabela Incorporated (NYSE: CAB), deux sociétés extérieures américaines emblématiques d’origines humbles, et avec un objectif commun de mieux servir ceux qui aiment loisir de plain-air, ont annoncé aujourd’hui avoir conclu un accord définitif en vertu duquel Bass Pro Shops acquérira Cabela pour 65,50 $ par action en numéraire, représentant une valeur de transaction totale d’environ 5,5 milliards $.

    En outre, lors de la fermeture Bass Pro Shops commencera un accord de partenariat pluriannuel avec Capital One, National Association, une filiale bancaire national à part entière de Capital One Financial Corporation (NYSE: COF), en vertu de laquelle Capital One pourvoira et servira le CABELA’S CLUB, la carte de crédit co-brandée de Cabela, et Bass Pro Shops. Ils maintiendront une intégration transparente entre le programme de carte de crédit et les opérations de vente au détail des sociétés combinées et les relations clients profondes.

    [•••]

    Cette combinaison réunira alors trois des marques leader dans le domaine du loisir outdor de la nation: Cabela, un chef de file dans la chasse; Bass Pro Shops, un leader dans la pêche; et Marine Group White River, un leader mondial dans la navigation de plaisance, qui fait partie de Bass Pro Shops• ”

    Lire l’intégralité du communiqué de presse en anglais.

  • Stop au sacrifice des milieux aquatiques

    Stop au sacrifice des milieux aquatiques

    En dépit de l’absence due aux vacances, 31 fédérations départementales, plus de cent AAPPMA, des dizaines de guides de pêche, fabricants et commerces de matériels de pêche soutiennent le courrier adressé à Ségolène Royal par un collectif de pêcheurs contre la politique contradictoire, paradoxale et parfois rétrograde orchestrée par notre ministre de l’environnement. En voici de larges extraits. Une pétition est en cours (voir le lien en fin de l’article).

    “A l’attention de Madame Ségolène Royal, ministre de l’Environnement, de l’Energie et de la Mer

    Madame la ministre,

    Nous avons l’honneur de vous informer de notre profonde indignation et révolte quant à votre projet en cours concernant le développement de la petite hydroélectricité ou la construction de nouveaux barrages en France, un véritable paradoxe avec la continuité écologique ! Contrairement à l’image que l’on veut bien donner au public, l’hydroélectricité, cette énergie renouvelable n’est pas « propre » car elle entraîne trop souvent de graves nuisances irréversibles sur les milieux aquatiques.

    La construction de barrages

    La construction de barrages Les nouvelles normes imposées par la continuité écologique avec la circulation des espèces piscicoles et le transport des solides continuent à perturber les milieux aquatiques. Le principal exploitant, EDF, accuse d’ailleurs un retard certain avec les mises en conformité de ses équipements. N’oublions pas que le prélèvement d’une partie du débit d’une rivière et le stockage de l’eau dans ces barrages entraînent :

    – un mauvais fonctionnement du transport des solides lors des crues naturelles qui provoque le rétrécissement et le colmatage du lit de la rivière, ainsi que le risque d’inondation ;

    – une diminution de la surface mouillée et donc une diminution de la capacité d’accueil, entraînant une diminution des populations de l’écosystème, des zones à frayères et de la croissance des salmonidés ;

    – le non rechargement des nappes alluviales empêche de redonner naturellement un bon débit qui aurait évité les chocs thermiques pour la faune aquatique en période d’étiage, contrairement aux lâchers intempestifs d’une eau beaucoup plus froide des barrages ;

    – une augmentation de la température de l’eau des cours d’eau, une importante détérioration de la qualité de l’eau, ainsi qu’une évaporation massive de celle contenue dans les barrages, accentuée désormais par le réchauffement climatique ;

    – une augmentation des risques de mortalité pour les milieux aquatiques ainsi que pour le prélèvement d’eau potable du fait de sédiments, pour beaucoup, pollués aux métaux lourds surtout lors d’opérations de vidanges.

    Ces vidanges soulèvent les matières en suspension (MES) accumulées dans les barrages qui, en se répandant dans les cours d’eau, génèrent une asphyxie de l’écosystème et augmentent le risque de contamination de l’eau destinée à l’alimentation humaine. Les catastrophes écologiques dues à ces vidanges se succèdent avec notamment celle de la haute Dordogne (barrage de la Bourboule, Puy-de-Dôme) en février 2015 et plus récemment celle du Gave d’Ossau (barrage de Fabrèges, Pyrénées-Atlantiques) en mars 2016. Fin juin 2016, c’est au tour du barrage du Rioumajou (Hautes-Pyrénées) où pendant plusieurs jours, les taux de MES, bien supérieurs à ce que peut supporter la vie aquatique, ont détruit pour plusieurs années des joyaux des Pyrénées sur plusieurs kilomètres : le torrent du Rioumajou et la rivière Neste d’Aure.

    Les microcentrales

    La vie aquatique est réduite et parfois presque nulle dans le débit réservé, ce qui n’a jamais été pris en compte par les porteurs de projet. (…) Par ailleurs, il est évident que le poids économique de la pêche de loisir est sans commune mesure avec celui créé par les microcentrales qui ne représentent que 1% de la production électrique en France ! Voilà Madame la ministre, l’énergie dite Propre ! (.…)

    Demande de construction de nouveaux barrages

    Demandée principalement par la FNSEA pour l’irrigation, elle est non fondée, car si certains agriculteurs évitaient la monoculture du maïs depuis plus de trente ans dans certaines régions, la plupart des terres agricoles ne seraient pas réduites à un support stérile et pollué, tout comme les nappes phréatiques. Nous ne serions donc pas obligés de prélever davantage dans nos rivières afin d’avoir de l’eau potable. Il est grand temps que le monde agricole s’adapte et prenne conscience de l’économie de ce bien précieux qu’est l’eau au lieu de la gaspiller chaque année pour des productions purement spéculatives. C’est aussi cette même fédération qui voudrait voir certains ruisseaux rayés de la carte des cours d’eau afin de pouvoir se dispenser des contraintes qui sont imposées pour leur protection.

    Madame la ministre, vous n’êtes pas sans savoir que la France (…) s’est engagée auprès de ses partenaires européens en octobre 2000 – Directive Cadre Européenne Eau – à atteindre un bon état écologique de ses cours d’eau, en 2015 ! Non seulement l’objectif fixé n’a pas été atteint en 2015 mais pire encore l’état des lieux de 2013 est inférieur à celui de 2009 avec seulement 41,3 % des masses d’eau en bon état ou bon potentiel écologique sur la métropole (45 % en 2009). L’échéance a été repoussée en 2021 et nous vous demandons de bien vouloir respecter cet objectif (…). Madame la ministre, avec plus de 1 500 000 pêcheurs pratiquants, vous devez écouter la grogne qui monte.

    A défaut, nul doute que les pêcheurs et autres personnes déçues, ainsi que leurs familles, soit plusieurs millions d’électeurs, sanctionneront le moment venu dans les isoloirs, les responsables de la forte dégradation de leur biotope ainsi que de leur loisir. (…) Nous ne pouvons accepter au niveau national le projet de nouvelles microcentrales ou de nouveaux barrages. Certains sont d’ailleurs obsolètes et n’ont toujours pas été rénovés ou démantelés. Nous n’accepterons plus les catastrophes écologiques des vidanges de barrages. Protégeons nos rivières ! Nous vous prions de croire, Madame la ministre, à nos sentiments les plus respectueux mais attristés.”

    Pour les collectifs de signataires et soutiens :
    Alphonse Arias, Jean-Pierre Jenn et Fabrice Pons.
    Une pétition nationale, via les réseaux sociaux et soutenue
    par la presse halieutique spécialisée dont Pêches sportives

    SIGNER LA PETITION « STOP AU SACRIFICE DES MILIEUX AQUATIQUES »

     

  • Edito : Fermer le bar

    Edito : Fermer le bar

    Un coup de tonnerre (de Brest). Difficile de qualifier autrement la très vraisemblable décision de Bruxelles de fermer le bar en 2017 dans une zone qui va de la Bretagne nord à l’Irlande et au sud de l’Angleterre. Toute capture, qu’elle soit professionnelle ou en amateur, devra être suivie d’une remise à l’eau. 5 000 tonnes du poisson le plus prisé des gourmets seront ainsi graciées, ce qui va fortement pénaliser nombre de petits artisans pêcheurs dont c’était la principale ressource. Un mauvais sort économique pour éviter une catastrophe écologique à laquelle un demi siècle de démission de la classe dirigeante française a largement contribué. Ainsi a-t-on laissé jusqu’à l’année dernière, avec la complicité des pouvoirs publics, des élus et des scientifiques de l’Ifremer, les gros chalutiers pélagiques massacrer les concentrations de poissons sur leurs frayères. Ainsi a-t-on fait mine d’ignorer les statistiques terribles qui annonçaient rien de moins que la disparition possible d’une espèce très lente à reconstituer ses stocks. Ainsi a-t-on mis du temps à comprendre les mises en garde et les recommandations des scientifiques européens. La bonne nouvelle dans tout cela est qu’il n’est peut-être pas trop tard pour que le bar soit sauvé. Et que Dicentrarchus labrax bénéficie de ce statut de poisson de luxe que les prédateurs bipèdes vont devoir enfin respecter.

    Éditorial du numéro 109 du magazine Pêches Sportives

    PS109

  • Pêches Sportives Vidéo n°44 : Pêche du black-bass à l’étang du Grand Bernardier dans le Jura

    Pêches Sportives Vidéo n°44 : Pêche du black-bass à l’étang du Grand Bernardier dans le Jura

    Avec Lionel Fumagalli et Pierre Moyniez

    Curieux et méfiant à la fois, le black-bass est un poisson passionnant, avec qui la pêche sportive prend tout son sens. En bons connaisseurs de cette espèce, Pierre Moyniez et Lionel Fumagalli nous font découvrir la pêche aux leurres à l’étang du Grand Bernardier dans le Jura. Ce plan d’eau qui appartient à la Fédération départementale de pêche du Jura est dédié à la pêche du black-bass. La pression de pêche étant importante sur ce plan d’eau, le choix des leurres s’avère déterminant, tout comme les animations qui doivent toujours surprendre les poissons. Les leurres Illex Gantarel, Flat Bone Clicker, Cuprap, Flick Shake ou les grenouilles Ever Green et River2Sea ont été mis à contribution pour tenter de déjouer la méfiance de ces poissons qui se méritent ! Au prix d’une guerre des nerfs qui fait tout l’attrait de cette pêche particulière, cette vidéo de 35 mn passe en revue les techniques spécifiques de la pêche de ce poisson ainsi que le matériel nécessaire pour la pêche en milieu encombré de végétation. Le Grand Bernardier est accessible avec la carte de pêche annuelle “fédérale du Jura” ou avec une carte journalière. Renseignements : www.peche-jura.com.

  • Bonnes feuilles : L’arbalète et la squaw

    Bonnes feuilles : L’arbalète et la squaw

    Muriel Lovichi a une passion dans la vie : la pêche. Cette savoyarde n’hésite pas à y consacrer la totalté ou presque de ses loisirs, au point de devenir une pêcheuse d’exception dont la réputation a déjà dépassé les frontières des Alpes. Ses meilleures histoires font l’objet d’un livre passionnant à paraître en juillet aux éditions Pêches Sportives. Extraits.

    « Beaucoup de pêcheurs dénigrent la méthode de nymphe à vue dite « à l’arbalète » sous prétexte qu’elle est moins technique qu’à distance de fouet. Du coup, ils affirment imprudemment qu’il est bien plus facile et donc moins glorieux de prendre un poisson de cette manière. Personnellement, j’y trouve au contraire tout plein d’intérêt et de difficulté. Tout d’abord, j’adore l’approche d’Indien qu’elle nécessite et le mot « traque » y prend tout son sens. J’imagine que c’est un peu l’équivalent de la chasse à l’arc comparée à celle pratiquée avec une carabine. Je perçois du reste la même grâce dans le geste de l’archer et lorsque les doigts du pêcheur lâchent la nymphe, c’est en quelque sorte la même volonté d’atteindre la cible avec précision. La distance de tir est très réduite et on n’a alors pas d’autre choix que de soigner son approche. Cela implique une grande concentration puisque chaque pas, chaque mouvement est calculé et de préférence au ralenti. On peut éventuellement faire craquer un bout de bois sous ses pieds, mais il est hors de question de faire rouler une pierre jusque dans l’eau.

    Dans le premier cas, on s’immobilise en se donnant des noms d’oiseaux et dans le deuxième, on prie que la pierre n’atteigne pas l’eau. D’ailleurs, après plusieurs saisons de pratique, c’est presque devenu une habitude d’arpenter les berges telle une Sioux et lorsque j’approche la rivière, c’est naturellement à pas de loup. Un promeneur qui s’amuse à m’observer se demande forcément à quoi je joue et heureusement que j’ai une canne à pêche dans les mains pour lui donner un indice sur ce que je suis en train de faire. Pour moi, c’est en effet un jeu de cache-cache avec les poissons et lorsque je surprends un autre pêcheur qui ne m’a pas entendu arriver ou, dans le meilleur des cas, que je passe complètement inaperçue, je me félicite de ma discrétion. Les jours où je suis d’humeur taquine, je trouve même très drôle de faire sursauter celui qui ne s’attend pas à me voir en attendant la toute dernière seconde pour me manifester, certaine de mon effet de surprise. Le plus comique, c’est lorsqu’un pêcheur tombe nez à nez avec mon chien-loup qui sait attendre, planqué dans la ripisylve. J’entends alors une toute petite voix qui demande s’il y a quelqu’un…

    Mais bon, le but premier n’est pas de faire peur aux gens, mais bien de surprendre les poissons qui rôdent le long des bordures. Or, les berges sont à certains endroits si encombrées qu’on se prendrait presque pour un sanglier. Il faut alors forcer le passage à travers une végétation très dense et quand il faut se faufiler à travers les branches avec la canne qui s’accroche à chaque mauvaise manoeuvre, ou que les ronces vous agrippent de partout quand ce ne sont pas les orties qui piquent les bras, il y a de quoi devenir fou. Qui, à bout de nerfs, n’a pas maudit le mûrier qui l’oblige à revenir en arrière pour récupérer son épuisette après avoir tiré comme un forcené sur l’élastique en espérant que la ronce cède ? Qui n’a pas pété les plombs parce qu’il faut renoncer après maints efforts et faire demi-tour puisqu’il n’y a plus d’issue à travers le buis épais d’un sous-bois ? Il y a aussi tous ces moments où je me retrouve dans des postures très inconfortables, à la limite de la crampe durant de très longues minutes sans pouvoir en changer parce qu’une truite à décidé de s’arrêter à quelques mètres et que le moindre geste la ferait déguerpir. Mais justement, ce qui me plaît le plus dans cette pratique, c’est que je vois les poissons en gros plan. Le comble, c’est lorsque du coup, c’est de trop près pour les pêcher à cause de la longueur de la canne, mais quel privilège de pouvoir observer ce que l’on convoite dans les moindres détails… Un jour que je m’étais postée en équilibre sur une pierre de tout juste la taille de mes pieds, une belle zébrée est venue frôler mes chaussures. La canne pointée vers l’avant, je l’attendais de l’autre côté d’un arbre couché, mais la coquine est passée à quelques centimètres de mes semelles, sous mon bras tendu. Bien évidemment, je ne pouvais rien tenter à part peutêtre lui marcher dessus.

    J’avais au moins la certitude qu’elle ne m’avait pas vue. Lorsqu’elle s’éloigna par chance dans la bonne direction, j’animai enfin ma « fressane » devant son nez et quelques minutes plus tard, alors que la truite était dans l’épuisette, je me moquai du tour qu’elle croyait m’avoir joué et lui conseillai de se méfier quand elle verrait mes chaussures à l’avenir. Il m’est arrivé plus d’une fois d’être accroupie au ras de l’eau et de voir une truite de si près que j’aurais pu croire la toucher en tendant le bras. Certaines ne font que passer, occupées à leur ronde, d’autres semblent se méfier d’une forme inhabituelle sur le bord. Elles se rapprochent de façon incroyable comme pour mieux voir et s’arrêtent même à moins d’un mètre avec cette manière bien particulière de bouger leurs nageoires pectorales. J’ai l’impression qu’elles me regardent et qu’elles attendent mon erreur, le moindre geste de ma part qui confirmera leurs doutes. C’est ainsi un jeu de patience qui s’engage, à celle qui bougera la première et pendant ce temps-là, j’apprécie de pouvoir la contempler. D’ailleurs, cela m’amuse plus que tout de repérer un poisson et d’essayer de l’approcher sans être vue. Il y a cet instant où après avoir observé son comportement, j’étudie la situation, je regarde autour de moi pour élaborer ma stratégie. Si la truite s’active, mon plan est plus facile à exécuter et comme dans une partie de « Un, deux, trois… soleil ! », je profite de son inattention pour m’avancer dans sa direction, prête à m’immobiliser dès qu’elle s’arrête. La plus grande difficulté est donc d’aborder un poisson qui ne bouge pas, si bien que je me retrouve souvent à ramper sur le dos et à force, mon pantalon est bien usé aux fesses. Mais quelle satisfaction de réussir à se placer au plus près d’une truite sauvage…

    Je ne me lasse pas de ces longs moments de proximité avec ces animaux pourtant si farouches. Il y a même une sorte de familiarité qui s’installe avec les poissons que je retrouve aux mêmes endroits sur les parcours que je pratique très régulièrement. Je les reconnais à leurs habitudes ou quelques signes particuliers et l’inquiétude me gagne lorsque je ne les retrouve pas fidèles à leur poste. Parfois, cela m’indique seulement que les poissons ne sont pas dehors, mais lorsqu’il y a de l’activité et qu’une belle manque à l’appel, j’espère qu’elle a juste déménagé ou rôde pour le moment un peu plus loin. Dans le meilleur des cas, je suis alors forcément ravie de la retrouver plus tard comme si nous avions juste loupé le dernier rendez-vous. D’ailleurs, il m’est aussi arrivé de regarder ma montre pour aller me poster à certains endroits où j’avais préalablement remarqué qu’une grosse truite faisait sa ronde à heure fixe. Bizarrement, moi qui ne suis pas du genre ponctuelle, j’arrive en avance sur ces coups-là. L’attente me paraît alors bien longue, d’autant plus que je n’ai aucune certitude sur la venue de la belle, mais c’est un bonheur de la voir apparaître comme si elle répondait à mon invitation. Je me souviens particulièrement d’une grosse mémère que j’avais croisée par hasard le premier jour sur le coup des huit heures et demie. Avec l’effet de surprise, je n’avais rien pu faire et m’étais seulement contentée de la regarder faire sa boucle. Je retournas donc le lendemain au même endroit avec un peu d’avance et tout le loisir de choisir mon poste de préférence confortable.

    Je patientais avec mon gammare posé au fond de l’eau à côté de deux gros blocs entre lesquels la truite était passée la veille. Comme prévu, elle pointa le bout de son énorme nez. Elle semblait effectuer le même circuit. J’étais prête à lui souhaiter la bienvenue en relevant ma nymphe puisqu’elle arrivait entre les rochers, mais malheureusement, je sentis mon fil se tendre parce que le gammare restait bêtement accroché à une pierre du fond. Je fus obligée de regarder s’éloigner ce poisson monstrueux en me maudissant d’être aussi stupide. Je le vis redescendre quelques minutes plus tard par le large, mais après une longue attente, je dus me résoudre à reprendre rendez-vous pour le jour suivant. Le lendemain, j’étais donc à nouveau postée à l’endroit propice et j’avais pris soin cette fois-ci de déposer ma nymphe sur le fond sableux entre les blocs. Il était l’heure et je félicitai à voix basse ma truite pour sa régularité. Elle venait d’apparaître une dizaine de mètres en aval et je me réjouissais de nos retrouvailles. La main tremblante, parce qu’elle était vraiment impressionnante par sa taille et sa tête effrayante, j’attendis le moment opportun pour animer ma nymphe à son arrivée. La truite avançait si lentement que le temps semblait s’être arrêté. Je pus enfin relever mon gammare devant sa gueule, mais ne déclenchai aucune réaction. La zébrée passa son chemin alors que dans un ultime espoir, je faisais sautiller mon imitation sur le fond en espérant agacer la belle et l’inciter à se retourner dessus. La truite l’ignora superbement et je restai toujours sans bouger, le souffle coupé par la majesté de ce poisson- trophée.

    Quand elle se fut éloignée, je récupérai ma nymphe et remarquai alors qu’une brindille, un minuscule bout de racine, y était accroché. Cela expliquait donc le désintérêt que mon gammare avait suscité même si, de toute façon, je ne peux affirmer que cette vieille truite se serait laissée prendre au piège. Je suis retournée plusieurs fois à la même heure à notre point de rendez-vous, mais je ne l’y ai jamais revue. Je l’ai croisée une ou deux fois par la suite, mais plus loin… trop loin pour la pêcher. En effet, la technique de l’arbalète présente indéniablement le défaut de ne pouvoir pêcher que des poissons à courte distance et si on se retrouve sur une berge d’où il impossible de fouetter ou d’effectuer un rouler, cela se révèle très frustrant d’être impuissant devant une belle truite trop lointaine. Donc indifférente. A vrai dire, je crois que c’est la technique qui malmène le plus mes nerfs. Parce qu’on y gagne pas souvent et qu’elle est éreintante. C’est pourtant celle que je pratique à outrance, parfois plusieurs jours de suite, parce qu’elle me permet d’être en « tête-à-tête » avec les poissons. A certains moments, fatiguée ou contrariée, je me dis qu’il faut être un peu masochiste pour persister à les traquer de la sorte, mais je me console en pensant que c’est un privilège de pouvoir le faire essentiellement le long de magnifiques rivières. Je remercie le ciel d’avoir la capacité de crapahuter sur les berges, quitte à en baver un peu. Je me motive en supposant que lorsque je serai trop vieille, je regretterai ces moments pénibles à m’aventurer à quatre pattes jusque dans les coulées de castors à travers les roseaux ou à ramper sous les saules. Alors, je profite de ma chance et tant que je le pourrai, je m’efforcerai d’entrer ainsi dans l’intimité des truites. »

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    Histoire de peche

     

  • les mouches de légende : L’altière

    les mouches de légende : L’altière

    Cette rubrique se destine au montage des mouches célèbres, aux indémodables modèles qui, aujourd’hui comme hier, font partie des incontournables que tout un chacun doit savoir monter convenablement. Ces mouches de légende font souvent appel à un tour de main très particulier, sans quoi il est impossible d’obtenir un résultat correct.

    La paternité de ce diptère universel revient à Raymond Rocher et sans doute faut-il voir dans ce nom l’évocation d’une fameuse rivière cévenole, l’Altier. Mais partout, l’altière fait merveille lorsque fourmis, chironomes, simulis et d’autres insectes terrestres de tailles plus importantes comme les bibios mettent les truites à table. Car la formule de montage de l’altière ne demande qu’à être déclinée à l’identique de la taille 22 à 12 ! Pour le pêcheur en rivière, c’est surtout ses tailles d’origine de 18 et 20 qu’elle trouve son intérêt pour l’imitation des fourmis noires et éventuellement de petits chironomes. Dans le cas des retombées de fourmis, les truites et les ombres se focalisent sur ces insectes qui ont apparemment bon goût ! En lac, les probabilités de croiser des espèces terrestres, ou des chironomes, sont beaucoup plus fréquentes et il convient donc de monter l’altière dans toutes les tailles, car c’est une fantastique mouche pour la pêche en réservoir. On ne prend aucun risque avec ce genre de mouche en lac. Et ceci reste valable du plus petit “baquet” de 500 m2 au plus grand lough irlandais ! C’est la mouche passe-partout par excellence, que sa naturelle simplicité rend vraiment crédible. L’absence de matériaux synthétiques évite le côté un peu trop tapageur dont souffre bien des créations modernes. Seul le herl peut apporter un peu d’excentrisme avec le coté irisé des herls de paon. Dans sa version d’origine, l’altière était montée avec un herl de condor, oiseau dont la commercialisation des plumes a été interdite depuis. Plusieurs substituts sont possibles comme les herls et les biots d’oie teintés, de dinde ou tout simplement de corneille. Mais attention, le rendu diffère beaucoup selon les types de herls.

  • Flyfishing home concept : des meubles à la mesure du pêcheur

    Flyfishing home concept : des meubles à la mesure du pêcheur

    Si Sébastien Walker avait participé à notre jeu concours du coin de pêche le plus astucieux, qui pourtant a révélé de véritables génies du rangement, il aurait probablement gagné ! Son flyfishing home concept est un meuble sur roulettes en trois parties qui prend en charge tout votre univers de pêcheur à la mouche. On y trouve un râtelier à cannes, un espace pour suspendre chemises, gilets et vestes de wading, cinq grands tiroirs, trois espaces de rangements, un bloc pour prises, des crochets et bien entendu un volet complet réservé au montage des mouches. Une fois refermé, le flyfishing home concept passe incognito. De part son encombrement réduit (1700 x 1100 x 600 mm) et sa flexibilité, il s’adapte également parfaitement dans un logement ou une pièce de petite taille.

    Sébastien Walker : Tél. : +33 6 60 36 88 30.

    E-mail : [email protected]

    Site Internet : www.flyfishing-homeconcept.com

    Notre avis : du travail d’artisan pour un véritable meuble fait pour durer une vie de pêcheur. Tout a été pensé spécifiquement pour le matériel de pêche à la mouche. Prix conseillés : 4990 € (rangement + montage) ou 4690 € (avec deux volets de rangement).