Votre panier est actuellement vide !
Auteur/autrice : admin_lvdr

Pêcher avec des imitations d’écrevisse
Il existe aujourd’hui sur le marché une importante palette de leurres imitant avec plus ou moins de réalisme des écrevisses. Le développement important des populations de ce crustacé dans la plupart de nos eaux doit nous inciter à utiliser ces leurres de façon plus régulière. Les poissons, carnassiers ou non, mettent plus souvent qu’on ne le pense à leur menu cette source de protéines relativement facile à capturer.
Par Philippe Collet
L’écrevisse est le plus gros crustacé de nos eaux douces. Même si elle n’est plus que rarement indigène, elle est bien présente dans nos rivières, fleuves, étangs et lacs, et occupe souvent une bonne place dans le régime alimentaire de nombreux poissons. Vous avez certainement déjà eu l’occasion de pêcher des perches à l’estomac rempli d’un ou plusieurs de ces crustacés soigneusement repliés ou des brochets au ventre déformé donnant, au toucher, l’impression que le poisson a ingurgité quelques cailloux. Vous avez aussi pu observer des carpes en train de fouiller le pied des berges d’un étang en mettant des coups de boutoir dans la végétation, à la recherche de cette précieuse friandise. Un pêcheur de truite rencontré au bord d’une petite rivière envahie d’écrevisses signal me rapportait récemment qu’il trouvait régulièrement des restes de petites écrevisses dans l’estomac des quelques truites de 30-35 cm (des belles pour la rivière) qu’il gardait chaque année.
L’écrevisse est régulièrement consommée par de nombreux poissons, dont les carnassiers, les plus recherchés : brochets, perches, sandres, black-bass, silures… En posséder quelques imitations de diverses tailles dans ses boîtes peut toujours être utile, notamment lorsque les poissons se fixent sur ce type de proie.
Une nage caractéristique…Lorsqu’elle n’est pas inquiétée, l’écrevisse se déplace lentement en marchant. En cas de panique, elle s’enfuit en marche arrière, en battant violemment de son abdomen segmenté terminé par un appendice aplati, l’uropode, qui lui sert de “nageoire”. Ses pinces sont alors allongées vers l’avant et s’effacent derrière le thorax. Entre chaque battement, son abdomen se replie pour former un arrondi et un ensemble très hydrodynamique en forme de goutte d’eau. Cette nage de fuite caractéristique est constituée d’une succession d’impulsions, dont le rythme va en s’accélérant. Elle se termine par une descente planante vers le fond lorsque l’écrevisse a pris suffisamment de distance par rapport au danger. Acculée, elle fait face, pinces ouvertes et pointées vers l’intrus.
… dont découle l’animation
La plupart des modèles de leurres commercialisés permettent d’imiter cette fuite. L’écrevisse est accrochée à la ligne par la pointe de l’abdomen, pinces en avant. Sur une traction, elle se déplace à reculons, les pinces se resserrant. Lors des poses, les pinces s’écartent de nouveau imitant à merveille l’animal vivant.La flottaison des pinces de certains modèles leur permet en plus de se redresser à l’arrêt et d’être encore plus réaliste, rappelant au prédateur l’attitude désespérée de l’écrevisse lui faisant face. L’animation de base est donc constituée d’une alternance de tirées, d’environ 20 à 50 cm, à peine entrecoupées, pour produire une animation linéaire, suivies d’arrêts plus ou moins longs permettant au leurre de rejoindre le fond en planant et de s’y poser pinces orientées vers le haut. La prospection d’une berge depuis un bateau ou la rive opposée (en canal par exemple) est payante en lançant au ras du bord et en tirant le leurre par saccades au-dessus d’une zone plus profonde. On essaie alors d’imiter une écrevisse affolée sortant d’une cache sous berge et fuyant sans défense en pleine eau. Elle est alors relativement irrésistible pour le prédateur embusqué en dessous, sur la cassure souvent proche. Lorsque vous connaissez les postes prospectés, pêchez concentré en vous mettant dans la peau d’une pauvre écrevisse sans défense fuyant de la berge et se fourrant dans la gueule du loup.
Vous serez tôt ou tard sanctionné par une touche bien résonnante ou un déplacement latéral de votre fil.
Des animations plus traditionnelles, en faisant sautiller le leurre ou en le traînant sur le fond pour décoller un nuage de sédiments, peuvent être efficaces. Dans tous les cas le fil doit rester tendu lors des relâchés car la touche se produit souvent à la descente. N’hésitez pas à marquer des arrêts, l’écrevisse posée au fond en position de défense reste pêchante, surtout si la matière dont elle est constituée est suffisamment souple pour vibrer un tant soit peu.Les modèles et les montages
Selon les postes et leur encombrement, vous pêcherez avec des écrevisses armées d’une tête plombée ou en montage texan lesté ou non. Les têtes plombées football permettent le maintien d’une écrevisse aux pinces flottantes dans la position idéale en lui permettant de remonter pinces en l’air sans risquer de basculer latéralement. Une tête
sabot sera moins stable latéralement mais permettra aux leurres non
flottants de ne pas rester collés au fond. Certains modèles
d’écrevisses comme la Stand’n Yabbie ou la Super Yabbie chez River 2 Sea
sont moulés sur une tête sabot et livrées prêts à pêcher. La Super
Yabbie est dotée d’une brosse anti-accroche qui permet de pêcher les
postes encombrés Les modèles peuvent être très imitatifs, comme les Yabbies, les Crawbug chez Yum, les écrevisses Storm Rattle Hot Craw Tube, et prévus pour être armés d’une tête plombée. Dans les modèles plus suggestifs, on trouve notamment les Big Claw chez Riverside, les Craw chez Gary Yamamoto puis diverses créatures comme la Talon Worm chez River 2 Sea, l’Ultravib Speed Craw chez Zoom et des modèles plus dépouillés encore comme la Sabertail chez Berkley (cette liste n’est bien sûr pas exhaustive et est loin d’être complète). Tous ces modèles suggestifs peuvent être montés sur têtes plombées, en raccourcissant si nécessaire leur corps pour mieux centrer l’hameçon. Ils peuvent aussi être montés en texan pour explorer des herbiers pas trop denses, des bois noyés ou des fonds rocheux.
Nombre d’entre eux s’associent aussi très bien avec des jigs, dont les nombreuses fibres mobiles ajoutent de la vie au leurre souple en apportant une pulsation supplémentaire lors des alternances tirées/relâchés. Ces jigs peuvent être munis ou non d’une brosse anti-accroche pour l’exploration des postes encombrés. Avec les jigs, on peut associer divers trailers suggérant de façon très lointaine les deux pinces d’une écrevisse. Associée à un jig, la Sabertail Berkley, par exemple, peut donner une nage d’ensemble très imitative de l’écrevisse, bien que le leurre ne ressemble pas réellement à grand chose hors de l’eau. Un dernier modèle se détache du lot par l’animation encore différente qu’il permet. Il s’agit de la Dynagone chez Imakatsu. Montée avec un petit insert de lestage et un hameçon wide gape, l’hameçon placé “à l’envers”, l’oeillet entre les pinces et non au bout de l’abdomen, cette créature peut planer en marche arrière sur plusieurs mètres à condition que le pêcheur relâche du fil et l’accompagne sans la brider. Cette particularité permet d’explorer des postes normalement inaccessibles comme des berges creuses, des branches basses baignantes… Si le leurre ressemble à s’y méprendre à une écrevisse planant à la descente, il ne ressemble plus à ce crustacé lors des tractions, mais reste tout de même très attractif. Une vidéo très démonstrative est visible sur le site du fabricant : www.imakatsu.co.jp
Une partie de pêche au brochet au streamer avec Rudy van Duijnhoven
J’ai rencontré Rudy van Duijnhoven à l’occasion d’une partie de pêche en Hollande. Cet homme grand, calme et discret, est un des spécialistes incontestés de la pêche du brochet à la mouche en Hollande. Il nous a guidés dans des polders qu’il connaît comme sa poche, à la recherche de son poisson favori.
Par Philippe Collet
Rudy est tout d’abord un passionné de photographie. Il fait une carrière de photographe free lance et travaille depuis maintenant plusieurs années pour le mensuel de pêche néerlandophone Beet, pour lequel il réalise de nombreux reportages et participe à la rédaction. Il pêche et voyage beaucoup. Il est instructeur de lancer mouche et réalise de nombreuses démonstrations de lancer et de montage de mouches dans les salons. Il effectue aussi des prestations de guidage.
Le matériel de Rudy
Pour envoyer de gros streamers (comme celui que nous décrivons plus loin dans cet article) montés sur un gros hameçon et offrant une résistance à l’air importante, il vaut mieux posséder un matériel adapté et bien équilibré. Rudy utilise une canne de puissance 8 à 10, d’une longueur qui n’excède pas 9 pieds. Cette longueur est largement suffisante pour la pêche du bord. D’après lui, on peut passer à 10 pieds pour la pêche en bateau ou depuis un float tube. Mais ces cannes sont plus fatigantes et la longueur supplémentaire change souvent leur action. A budget égal, vous aurez beaucoup plus de chances de trouver une bonne canne en 9 pieds qu’en 10. Prévoyez une canne avec de larges anneaux pour faciliter les lancers et les shoots. Cette canne doit posséder un talon de combat.
Les soies
Dans les polders, Rudy utilise le plus souvent une soie flottante, parfois une soie intermédiaire. Les polders sont des milieux peu profonds. Lorsqu’ils sont encore colonisés par la végétation aquatique, la soie flottante s’impose. Lorsque le froid a fait disparaître ou régresser les herbiers ou lorsque l’on pêche dans des secteurs navigués plus profonds, une soie intermédiaire permet de pêcher un peu plus bas. La soie intermédiaire a l’avantage de se soustraire à l’influence du vent et de permettre un contact plus direct avec la mouche, ce qui facilite le ferrage. Si l’on doit pêcher lentement des poissons apathiques, elle descend inexorablement. Dans ces eaux peu profondes, cela amène la mouche à toucher le fond en milieu ou fin de ramené. On risque alors de s’accrocher, notamment dans les rhizomes de nénuphars. Rudy préfère les modèles de soies spécifiques, à fuseau ramassé, réservés à la pêche du brochet, du black-bass, ou à la pêche en mer. Pour ces derniers modèles, attention à bien s’équiper de soies destinées à l’eau froide, qui garderont leur souplesse dans les pires conditions de froid.
Le bas de ligne
Le bas de ligne doit être court pour un bon transfert de l’énergie de la soie vers la mouche. Il ne dépasse généralement guère 1,50 m. Il peut être un peu plus court en soie intermédiaire et un peu plus long en soie flottante. Rudy affectionne un bas de ligne composé de 75 cm de 50 à 40 centièmes prolongé de 75 cm de 35 à 40 centièmes. Il y ajoute un petit bas de ligne en acier d’une vingtaine de centimètres pour s’assurer de ne pas se faire couper bêtement. Ce bas de ligne est composé d’un morceau de corde à piano d’environ 40 centièmes comportant une boucle fermée d’un côté et une boucle ouverte de l’autre, refermée par un astucieux petit système de ressort. Ce système d’agrafage permet de ne pas perdre bêtement de mouches pour une agrafe ouverte sur un choc lors d’un lancer.
Le lancer
Ce qui vous marque lorsque vous côtoyez Rudy, c’est son calme et sa discrétion. A la pêche cela se traduit dans sa façon de lancer : très coulée, très lente, sans aucun effort super- flu, à la limite du décrochage. En le regardant, vous êtes obligé de ralentir, vous aussi, vos lancers et vous vous apercevez que votre mouche aussi file toute seule, là où vous souhaitiez l’envoyer. Pêcher à ses côtés pendant deux jours m’a fait progresser : je force beaucoup moins et prends un réel plaisir à propulser ces grosses mouches avec un minimum d’efforts en utilisant au maximum les qualités de mon matériel.
Une telle façon de lancer est la conjonction d’un équilibre parfait du matériel et d’une technique bien rodée. La soie est adaptée à la canne, elle la charge parfaitement. L’ensemble canne/soie est adapté à la taille des mouches utilisées, le bas de ligne n’est pas trop long pour éviter les à-coups. Lors du lancer arrière, la canne est bloquée fermement à 1 heure, ce qui garantit le bon étalement de la soie. Le lancer avant n’est engagé que lorsque l’ensemble de la soie s’est bien étendu derrière, ce qui donne beaucoup plus de puissance au shoot avant. En tenant la canne bien haut en arrière et en poussant vers l’avant jusqu’à la position 11 heures, la boucle générée est très serrée et file dans le vent pour se dérouler jusqu’au bout et poser le gros streamer discrètement, en ligne. Point d’énergie en excès avec Rudy, le streamer ne tape pas l’eau ou ne rebondit pas au bout de la soie, il se pose bien en ligne, arrivé en bout de course.
Toujours dans le souci d’économie de geste, l’arraché est soigneusement préparé en ramenant suffisamment de soie et en démarrant soie tendue, canne basse. De cette façon, il se fait tranquillement en relevant la canne jusqu’au blocage net à 1 heure, qui permet soit de renvoyer directement la mouche en shootant, soit de refaire un faux lancer ou deux avant de replacer le streamer sur un nouveau poste. A la fin d’une journée, cette technique permet une sacrée économie d’énergie, je vous le garantis !
La moucheLors de notre entrevue, Rudy a utilisé une mouche vraiment aboutie de sa création. Elle se lance bien malgré l’imposante bouchée qu’elle représente. Sa forme conique permet un mouvement de rétraction/gonflement sur chaque tirée. Sous la surface, cette mouche génère un déplacement d’eau suffisant pour intéresser les brochets les plus gros. Pour la monter, Rudy utilise un hameçon Gamakatsu 6/0 dont il écrase préalablement l’ardillon. Il ne perd pas plus de poissons avec un ardillon écrasé, abîme moins ces derniers et lesdécroche beaucoup plus facilement. De plus, avec de tels hameçons, on est content de ne plus avoir d’ardillon quand on se pique la mouche dans la peau ou les vêtements pendant une partie de pêche.
Au cours de la fabrication de sa mouche, Rudy met du vernis à chaque étape du montage. Cela garantit la solidité de l’ensemble et allonge la durée de vie du leurre, qui doit résister aux dents acérées des brochets.
Cette mouche comporte une queue en Flashabou et un corps alternant des mèches de bucktail et de gros hackles de coq tournés. Les hackles sont là pour donner du volume au streamer, créer une silhouette trapue, facilement repérable par le brochet, sans utiliser trop de matériaux et alourdir l’ensemble.La dernière collerette de bucktail, en tête de la mouche, est toujours noire pour offrir un contraste plus facilement repérable par le poisson.
Les modèles sont tous déclinés selon la formule de montage qui suit, avec souvent un arrière blanc, un milieu coloré (jaune, vert, rose, rouge) et une tête noire. Quand l’eau est sale, Rudy aime bien utiliser un modèle tout noir ou rouge et noir, toujours pour une question de contraste.
Le lieu de pêche• Nous avons pêché dans le secteur de Vinkeveen. Cette petite ville qui se situe à environ 20 km au sud d’Amsterdam est entourée d’eau. Nous avons été hébergés dans un petit hôtel de la ville qui loue des barques en aluminium à motorisation thermique amarrées face à sa porte. Ces embarcations nous ont permis d’explorer les dédales d’un vaste polder, tantôt au milieu des champs, tantôt au milieu des habitations. Il s’agit de l’Hotel T’meertje à Vinkeveen.
Tél. : 0031297261261.
E-mail : infowww.hotelhetmeertje.nl• Pour pêcher en Hollande, il faut se munir d’un Vispas (passe pêche) qui coûte environ 30 euros pour l’année, disponible sur Internet si l’on souhaite anticiper et gagner du temps sur place
www.sportvisserijnederland.nl/vispas/francais/• Rudy peut vous guider, n’hésitez pas à le contacter. Il ne parle pas français, mais parle un anglais parfait.
Rudy van Duijnhoven
Hollands Klooster 18, 6562 JE Groesbeek
The Netherlands
Tél./fax : 0031243974417. E-mail : [email protected]
www.rvd-image.nl
Illex / Cosmo Craw
Le Cosmo Craw est un leurre souple extrêmement mobile de type trailer à associer aux têtes jigs. Son corps est épais pour éviter d’être déchiré trop vite et chacun de ses appendices vibratoires est muni d’une cavité d’air, présentant à 45° le Cosmo Craw, tout en recréant ainsi à la perfection une écrevisse. Les annelures de sa partie ventrale permettent d’appliquer la crème attractante Nitro Booster de la marque ; elles maintiennent et libèrent ainsi lentement les effluves attractives.
Longeur : 76 mm.
Conseils d’utilisation
Les trailers comme le Cosmo Craw s’enfilent sur l’hameçon lesté des jigs. Ces derniers sont le plus souvent généreusement garnis de “pattes en cahoutchouc, recouvrant partiellement le trailer. L’action de pêche avec les jigs se résume à l’exploration des bois morts, des trouées dans les herbiers, ou des enrochements de façon très précise à courte distance, si possible avec un ensemble de pêche dit casting (moulinet à tambour tournant). Le Cosmo Craw, qui imite clairement une écrevisse, vise le black-bass, la grosse perche et le brochet. Ce leurre peut également être associé aux chatterbaits, qui sont des jigs munis d’une palette qui sert à créer des vibrations.
Prix conseillés : 5,90 euros le sachet de 8 leurres de couleur identique.
Renseignements et liste des points de vente : www.illex.fr

Les eaux antarctiques sont pleines de plastiques
Les eaux de l’océan Antarctique sont si éloignées des activités humaines, que nous pourrions les croire à l’abri de toute pollution. Malheureusement, il n’en est rien. Elles sont remplies de plastiques et de divers déchets charriés là par les courants océaniques. Algalita Marine Research Foundation, une association étasunienne créée en 1997, a réalisé une étude démontrant la forte présence de plastiques dans l’océan Antarctique, en collaboration avec Tara Expéditions, une expédition qui explore pendant deux ans et demi les océans de la planète afin de collecter des informations sur les divers dangers qui pèsent sur eux. Tous les échantillons collectés à cette occasion contenaient du plastique : de 956 à 42 826 morceaux de plastique par kilomètre carré autour des stations d’échantillonnage. Décidément, l’humanité a une capacité de nuisance sans limites…
Pour en savoir plus :
Tara expéditions :
http://oceans.taraexpeditions.org/?id_page=1
Algalita Marine Research Foundation :
http://www.algalita.org/index.php
Photo : ©V.Hilaire/Tara Expéditions

Les brochets du lac Léman
Le grand lac franco-suisse agite avec raison, et plus que jamais, le
petit monde des pêcheurs aux leurres. Les possibilités sont immenses
de pêcher des brochets dont la taille moyenne est très élevée. La
pêche se déroule principalement sur les tombants, dans une profondeur
de 8 à 15 m. Les gros leurres souples donnent de bons résultats au milieux des bancs immenses de perchettes et de gardons. Attention toutefois aux conditions de navigations, qui peuvent rapidement devenir dangereuses sur un coup de vent, à la réglementation qui impose un équipement de sécurité spécifique et à la réglementation suisse si vous choisissez d’aborder le lac sur sa côte nord ou par ces deux extrémités.
Portrait : Yann Le Fèvre, le magicien de la nuance
A l’heure de la mouche bling-bling toujours plus lourde et plus brillante perdure une tradition bien plus discrète, celle de la mouche bretonne, dont Yann Le Fèvre est le gardien. Portrait d’un artiste qui depuis trente ans jongle avec les matières naturelles pour capter une lumière rare et vivante qui fait la réputation d’une des plus belles collections de mouches artificielles au monde.
Par Jean-Marc Theusseret
C’est indéniable, il existe non seulement une tradition bretonne de la pêche à la mouche, mais plus exactement une philosophie bretonne de la pêche à la mouche. Nulle autre région française ne fait apparaître une telle symbiose entre un territoire chargé d’histoire, de légendes, ses rivières envoûtantes, ses poissons et ses mouches. Ha ! Les mouches bretonnes ! Elles se reconnaissent entre mille, mais prennent des poissons partout. Il faut dire qu’elles ont de qui tenir. La Bretagne fut très tôt fréquentée par les voisins anglais qui pratiquaient avec une technique inconnue des pêcheurs locaux bretons la pêche à la mouche.
Saumons et truites bretonnes succombaient à la présentation de petits plumeaux colorés aux couleurs vives de plumes d’oiseaux exotiques importés des colonies lointaines de l’Empire britannique. Les pêcheurs bretons tentèrent bien entendu d’imiter les Anglais, mais ne disposaient que de matériaux rudimentaires, tels que laine, fil de coton, plumes et poils des animaux de la ferme, et produits de la chasse. Ainsi naquit, faute de moyens, l’une des écoles de montage de mouche les plus réputées aujourd’hui ! C’est bien connu, les plus belles mouches prennent surtout les pêcheurs. La théorie de la mouche d’ensemble, peu imitative, terne, voire grossière, était née. Sans concertation entre les vallées du sud et du nord de la Bretagne étaient imaginées les premières collections parfois différentes, mais toujours aussi discrètes dans leur réalisation, à l’image des mouches en plume de paonne du célèbre saumonier de l’Ellé, Henri Clerc. Il faudra attendre 1932 pour que la société Ragot, basée à Loudéac, commercialise la première collection de mouches artificielles bretonnes et la fasse connaître dans toute la France, mais également à l’étranger.L’héritier
Yann Le Fèvre s’inscrit dans la continuité de cette tradition. Depuis 1978, il fabrique une collection issue de la tradition bretonne dont non seulement il se réclame à juste titre – lui à qui l’on doit le sauvetage et la sauvegarde des modèles traditionnels –, mais qu’il a su faire évoluer, créant tout en conservant ce qui fait l’originalité des mouches bretonnes : une collection universelle destinée à la pêche des salmonidés des rivières d’ici et d’ailleurs.
Il a su, tout en préservant le patrimoine, cultiver la modernité, particulièrement en inventant le concept de la série baptisée les Lanvollonnaises. Série unique dans le monde de la pêche à la mouche, car particulièrement polyvalente. Ainsi certaines représentantes de cette collection sont devenues des classiques au niveau national, comme la “mouche à Jo”, un petit sedge en croupion de bécasse redoutable, ou encore les émergentes Plougoulmoises, aussi appréciées en rivière qu’en lac ou en réservoir. Les Plouaisiennes sont des imitations de nymphes d’éphémères que Yann a eu la bonne idée de décliner en trois teintes : claire, mi-foncée et foncée.
Notons également une très belle série de mouches pour la pêche en lac : noyées, émergentes et mouches sèches, dont on sent l’influence irlandaise, pays que Yann connaît très bien. Quant aux mouches à saumons de Yann Le Fèvre, il y a longtemps que leur réputation a dépassé leur Bretagne d’origine pour aller faire des merveilles sur les rivières islandaises, russes, écossaises ou irlandaises.
Il existe un point commun à toutes ses mouches, qu’elles soient pour le saumon, la truite ou l’ombre, c’est la vie ! Yann est un artiste au sens large. Ce passionné de dessin et de peinture sait mieux que beaucoup marier les matériaux, les teintes, les brillances, pour qu’au final une mouche, comme une oeuvre, “fonctionne”. Regarder sa collection nous rappelle à quel point cet exercice qui consiste à concevoir des modèles avec juste l’essentiel de matière est beaucoup plus difficile que “d’en mettre des tonnes”.
Renseignements :
www.mouchesyannlefevre.com
JMC / Veste Tempete
La triple membrane Tempest® de cette veste garantit une imperméabilité parfaite même dans les conditions extrêmes et une évacuation rapide de la transpiration. Les fermetures imperméables, les nombreuses poches, le col doublé en micro polaire et la coupe ample avec les bras préformés sont pensés pour le confort maximum du pêcheur. Capuche réglable en hauteur et largeur. Rabat polaire au menton. Deux grandes poches frontales thermo-soudées avec fermetures étanches. Deux poches chauffe mains doublées micro-polaire. Réglage tri-dimensionnel de la capuche. Poches thermo-soudées imperméables. Grandes poches intérieures. Manchons néoprène avec pattes de serrages. Ceinture élastique réglable. Membrane imper-respirante
Notre avis : un produit au rapport qualité-prix très intéressant, utilisé par de nombreux guides, ce qui est un signe de solidité… et d’imperméabilité ! Prix public conseillé : 150 euros
Renseignements et liste des points de ventes :
www.mouchesdecharette.com
Nymphe à vue hors des sentiers battus…
L’esprit et les techniques de la pêche en nymphe à vue sont les mêmes en petite qu’en grande rivière. En revanche, tout le monde n’a pas la possibilité de pêcher régulièrement la basse rivière d’Ain, la Loue ou le Doubs franco-suisse… Des cours d’eau plus modestes (et pas toujours des “chalk streams”) peuvent également être prospectés par cette technique à condition de faire preuve d’un peu d’imagination et de s’adapter aux contraintes spécifiques à ses rivières. Certains petits cours d’eau voient dériver des phaesant tails depuis vingt-cinq ans et les truites n’y sont pas plus faciles qu’ailleurs… Ils concentrent en outre les difficultés que l’on rencontre en grande rivière en termes de discrétion et de présentation et nous forcent à nous recentrer sur l’essentiel… faute de place ! Voyage au pays de Gulliver nympheur.
Par Jean-Christian Michel
Présentation aval, longue pointe et nymphe légère, voici les fondements communs à la pêche de tous les cours d’eau. Il n’y a rien à retrancher à cela. Mais des adaptations techniques et stratégiques peuvent se révéler nécessaires… car les petites rivières ne se pêchent pas uniquement à l’arbalète !
Petites rivières de plaineLes truites de ces cours d’eau n’ont pas la possibilité de se réfugier au milieu de la rivière, hors de distance de tir, pour échapper aux pêcheurs. Elles peuvent seulement se cacher sous les berges creuses (là où EDF n’est pas parvenu à détruire la totalité de la capacité d’accueil du cours d’eau…).
Mais ces pauvres farios reçoivent un coup d’arbalète sur le bout du nez dès qu’elles en sortent.
Il en résulte que ces poissons sont très éduqués à ce procédé et deviennent vite imprenables ainsi, même si on les approche en rampant, avec une tenue de camouflage ou à l’aide de quelque autre ruse indigne d’un père de famille respectable. Pour tromper la vigilance de ces truites de bordures hyperstressées, il est nécessaire de les attaquer de plus loin.Prenez de la distance
Pêcher de loin des truites qui se tiennent près du bord n’est paradoxal qu’en apparence. Un bon garde-fou est d’imaginer un cercle de deux ou trois mètres de rayon dont le poisson serait le centre et de se dire qu’il est interdit d’y faire percuter une nymphe à la surface, aussi légère soit elle. C’est une évidence en grande rivière, mais dans les petits cours d’eau la végétation et le faciès de la rivière nous incitent souvent à “taper court” et à surplomber nos nymphes, choses que ces truites ne pardonnent pas. Nous avons tous, un jour ou l’autre, échoué devant cette truite positionnée juste sous notre scion et qui ignorait nos nymphes en restant raide comme un garde de Buckingham… jusqu’à ce qu’un sillage du fil à la surface ou une branche qui craque ne la fasse fuir. Or, le même poisson était capable de faire des écarts d’un mètre pour s’alimenter quand nous l’observions de plus loin… Il faut respecter ce cercle virtuel dans lequel la truite est en confiance et, surtout, ne pas essayer de lui amener la nymphe dans la gueule, mais au contraire l’inciter à se déplacer pour prendre. On se placera donc bien en amont du poisson et on l’attaquera au moyen d’un lancer conventionnel et d’une nymphe non plombée afin que celle-ci s’approche du poisson sans avoir percuté la surface. Les truites de bordure retrouvent alors plus volontiers leur curiosité naturelle.
Attention au dragage
Lorsque la truite est postée plus au large, il est important de déterminer sur quelle rive le courant “porte” le plus afin de prévoir son posé et sa dérive sans jamais dépasser la veine la plus puissante, sous peine d’accentuer le dragage. Dans les zones calmes, cela n’est pas évident au premier coup d’oeil.
La veine à ne pas dépasser se trouve souvent du côté de la berge la plus abrupte ou au milieu de la rivière, quand son cours est homogène. Ici comme ailleurs, le syndrome poussant à vouloir attaquer le poisson sur la rive d’en face fait des ravages ! Cet élément est important à prendre en compte afin de déterminer la meilleure rive pour attaquer la truite, alors qu’en grande rivière ce point est d’autant moins crucial que le lit de la rivière est large, et son cours homogène.
Un bas de ligne très maniablePour ces pêches de bordure, je troque souvent mon bas de ligne progressif de 10 cm en 10 cm pour un modèle plus ramassé au niveau du talon, mais avec une pointe toujours aussi longue. Le but est de parvenir à fouetter facilement avec seulement un ou deux mètres de soie sortie. On me dira, avec raison, qu’il est possible avec un modèle traditionnel et une nymphe légère de fouetter le bas de ligne, sans sortir de soie… mais, quand on est dans les ronces jusqu’au cou et que le moindre battement de canne met le poisson en alerte, il est rassurant de poser son bas de ligne sans gesticuler comme un Xerxès fouettant les eaux… Le bas de ligne en question n’a rien d’extraordinaire, mais il convient assez bien à cette pêche à courte distance.
Sa formule est la suivante :
25 cm de 40 %
30 cm de 35 %
45 cm de 30 %
60 cm de 25 %
75 cm de 17 %
270 cm de 12 %soit, au total, à peine deux longueurs de canne.
L’ensemble ne monte pas volontiers dans les anneaux et possède une dynamique aléatoire à grande distance, mais il permet de poser en paquet à courte distance d’un simple coup de poignet, chose que je juge plusutile dans les circonstances qui nous intéressent. A vous de juger ! Cette façon de procéder peut se transposer en grande rivière pour pêcher les berges abruptes et encombrées par la végétation, car, contrairement à ce que croient les accros du wading, les truites ne sont pas toujours au beau milieu de la rivière…Alerte maximale
Bien évidemment, sur ces petits chalk streams, il est interdit de tremper un seul crampon de cuissarde dans l’eau, sous peine de ne jamais voir une truite digne de ce nom. Le pêcheur doit également se tenir très en retrait de la rive, poser le minimum de soie sur l’eau (il est également bon de sous-charger la canne avec une soie plus légère que prévu par le fabricant afin de gagner en discrétion, ce n’est pas un handicap dans cette pêche à courte distance). Enfin, lors des déplacements, on s’approchera toujours de la rivière de façon perpendiculaire, sans jamais longer le cours d’eau, ni pour monter ni pour descendre. Précautions cruciales par eaux basses…
Pêche à vue… mais pas seulement dans les chalk streams !
D’abord, une remarque particulièrement puissante : pour pêcher à vue, il faut y voir. Ce n’est pas le faciès d’écoulement de la rivière mais la clarté de l’eau qui est la condition sine qua non. Aïe, un égaré, se dit alors l’homme d’entendement, il va nous faire le coup de la nymphe à vue en torrent ! Non, pas vraiment…enfin, si ! Connaissez-vous quelqu’un qui est capable de transformer en quelques minutes un superbe torrent vert en vilaine flaque marron… ? Mais EDF, bien sûr ! Il n’y a qu’à fermer les vannes du barrage quand monsieur le Préfet décide qu’il n’y a plus besoin d’eau pour les rafteurs et, si vous avez la chance d’être là avant que le troupeau des randonneurs aquatiques ne vienne piétiner les aprons, alors vous avez la possibilité de pêcher à vue des truites qui voient rarement passer des nymphes légères. (Toute ressemblance avec un torrent vert de Provence serait vraiment fortuite, ndlr.) Vous comprendrez qu’en passant de 20 m2/s à 0,5 m2/s, les cours d’eau changent drastiquement de faciès ! La pêche à vue devient alors possible sur des rivières inatten-dues, même s’il est vrai que le nombre de postes intéressants à pêcher par notre technique est souvent limité. Ces parcours sont en revanche très chaotiques (rochers, falaises, failles, vasques…) et il est rare de pouvoir effectuer de longues dérives dans un courant homogène. La pêche n’y est pas très académique mais elle mérite parfois qu’on s’y attarde.
Les truites ne sont jamais très loin de leur refuge et il convient de les pêcher sur des dérives assez courtes et de préférence en surplomb, afin que le bas de ligne ne soit pas capté par des petits courants qui empêchent la nymphe de couler. On comprend vite que la transparence est en fait tissée d’une multitude de veines d’eau et qu’il faut être une truite pour s’y faufiler ! Afin d’aider la nymphe à couler, on misera plus sur un coup de patte vif et sur la longueur de la pointe et de la cloche formée par celle-ci que sur un posé détendu sur toute la longueur du bas de ligne. Sans employer pour autant des nymphes casquées, il peut-être en revanche nécessaire d’utiliser des modèles plombés à 10 tours de fil de plomb 0,20 mm.
Côté bas de ligne, un modèle progressif habituel (premier brin du talon réalisé avec 45 cm de 40 %) convient bien, mais selon le faciès de la rivière il peut être intéressant de raccourcir le porte-pointe afin d’accentuer l’effet de cassure entre le talon et la pointe lorsqu’il devient nécessaire de faire taper les nymphes, lors de dérives assez courtes. Peu académiques, ces pêches hors des sentiers battus réservent parfois des surprises de taille…

