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Auteur/autrice : admin_lvdr

Sur les traces du sandre
Poisson passionnant, énigmatique, le sandre continue de fasciner de nombreux pêcheurs. L’engouement de la pêche à la verticale relance les passions à travers tout le pays. Où en est l’espèce plus de trente ans après son arrivée massive en France ? Comment se passe la cohabitation avec le silure, son prédateur ? Comment expliquer ses changements de comportement au fil des saisons ? Autant de questions que tous les pêcheurs de sandres se posent et auxquelles nous allons tenter de répondre.
Par Philippe Boisson
Vous vous demandez sans doute pourquoi le sandre, superbe prédateur de nos eaux douces, n’est pas plus présent dans les pages de votre magazine. A vrai dire, nous avions comme beaucoup d’autres pêcheurs un peu perdu sa trace, une fois passé l’âge d’or de sa pêche dans notre pays, il y a une bonne vingtaine d’années. Dans les pays voisins, notamment l’Espagne et la Hollande, il se prend encore de grandes quantités de sandres. Mais il faut comparer ce qui est comparable. Les sandres hollandais du Noordzeekanaal, de Gooimeer, de Joppe ou de Nieuwe meer, vivent pour une bonne partie d’entre eux en eaux saumâtres, dans des milieux immenses, très différents des nôtres. L’Espagne et ses grands lacs de barrage présente des milieux plus comparables aux eaux de notre pays. S’il se prend encore beaucoup de sandres sur le lac de Mequinenza, l’époque où un seul pêcheur pouvait prendre une cinquantaine de sandres par jour est révolue. La forte pression de pêche qu’à connue le lac ces quinze dernières années a fait chuter les statistiques de façon conséquente. Comme quoi, tout s’explique ! Alors le sandre français serait-il le premier à avoir fait les frais de la surpêche ? Sans doute, mais pour autant la situation n’est peut-être pas désespérée. Une fois le coup de feu des bonnes années, le sandre a su se faire oublier. Ce cuirassé fascinant a toujours attiré les pêcheurs les plus passionnés, car sa prise régulière n’est que rarement le fruit du hasard. Il y a chez ce grand percidé un côté mystérieux qui fait qu’en général on devient “addict” pour longtemps ! Le sandre est en effet un peu l’arlésienne des poissons carnassiers. Parfois on les trouve facilement, alors qu’à certaines périodes ils disparaissent totalement sans que l’on sache vraiment pourquoi. C’est donc une quête passionnante, que l’électronique embarquée dans le plus performant des bateaux ne saurait réduire à une simple cueillette.
Philippe Collet et moi-même avons retrouvé l’espoir et même beaucoup plus, suite à notre rencontre avec le pêcheur belge Wim Van de Velde (voir Pêches sportives n° 73). L’homme qui pêche avec un compteur dans son bateau pour être sûr de se souvenir du nombre de sandres pris par jour nous est apparu comme un extraterrestre ! Cet habitué de la pêche en Hollande, en Belgique et en France (second de la Coupe du monde de pêche des carnassiers de Carcans-Maubuisson en 2002) nous avait alors expliqué en détail sa technique de pêche en verticale.Impatients d’essayer !
De retour en Franche-Comté, pour ma part, et en Picardie pour Philippe, nous allions nous empresser de mettre à profit l’enseignement du maître, tout en échangeant nos expériences. Mes débuts en verticale se sont effectués en float-tube, sans échosondeur et en lac de barrage. Dans une eau à 5 °C avec des wadders en toile percés et un temps à ne pas mettre un chien dehors, l’affaire semblait bien mal engagée. J’ai bien failli repartir tout de suite, me demandant quelle idée avait bien pu me traverser l’esprit, quand soudain une tape franche dans la canne me ramena à la réalité. Un brochet d’une cinquantaine de centimètres s’était emparé de mon leurre souple après seulement quelques minutes de pêche.
Encourageant, certes, mais les sandres ? Le premier se manifesta quelques minutes plus tard, suivi de deux autres, de quelques touches ratées et de deux poissons décrochés sous le float-tube. Sortie après sortie, les sandres réagissaient très bien à la technique de Wim, produisant quelques poissons à chaque tentative, toujours pratiquée de façon aléatoire, quant à la connaissance des lieux. Avec l’arrivée des grosses chaleurs, les choses ont bien changé. Les sandres ont quitté les postes de printemps et sont devenus très difficiles à localiser.
L’emploi d’un écho-sondeur est dans ces conditions bien pratique pour retrouver quelques précieux indices.
De son côté, Philippe Collet devait pratiquer une technique éprouvée, car il avait déjà rencontré Wim et Bertus Rozemeijer pour une partie de pêche en Hollande (qui s’était soldée par la prise de 79 sandres et 18 perches !), mais différente de la verticale car, depuis le bord, il s’agit plutôt de lancer-ramener.
C’est une pêche que l’on pourrait qualifier de récréative que pratique Philippe, à pied le long des canaux,l’histoire de prendre l’air et de marcher un peu. Mais, qu’on ne si trompe pas, cette expérience en “approche légère” allait réserver bien des surprises. Premier constat, ces canaux, comme il en existe partout, semblent pour certains d’entre eux être peuplés de sandres dans une proportion que l’on sousestime parfois largement. Tout le problème consiste bien entendu à localiser les poissons. Sur ce point, Philippe est catégorique. Les touches ont lieu sur des postes bien précis. Le plus souvent, aucun signe extérieur ne permet de les différencier des autres parties de berges voisines. Philippe a même remarqué qu’il existe des “postes d’hiver” et des “postes d’été” sur un des canaux qu’il fréquente. Ces deux tenues ne sont distantes que de quelques centaines de mètres.
En pratiquant régulièrement les canaux, on finit par suivre les bancs de sandres et à connaître leurs habitudes : touches sur le fond, entre deux eaux, animations rapides ou lentes, réactions à certains types de leurres, etc. Autre exemple marquant, celui du département de l’Yonne où certains canaux présentent des populations “anormales” de petits sandres, que les enfants prennent en quantités insolentes… à l’asticot en pêchant le gardon ! Les canaux semblent proposer aux sandres plusieurs avantages : pas de pêche professionnelle, peu de pêche à la ligne, du poisson fourrage en grande quantité et des zones de frayères convenables. Ce dernier point étant sans doute le facteur déterminant pour la présence ou non de notre prédateur. La pêche en canaux est déroutante tant que l’on ne sait rien de ce qu’il s’y passe,ensuite on se prend vite au jeu. Le but n’est pas d’y pêcher des journées entières, mais d’y passer une heure ou deux dans l’espoir d’enregistrer quelques touches. La pêche en rivière est tout aussi aléatoire hors périodes de crues, où il se prend de gros poissons en aval immédiat des piles de pont et, en règle générale, derrière tout ce qui coupe le courant. Sur ces postes bien connus, on assiste d’ailleurs au triste spectacle de la pêche au grappin par des individus peu scrupuleux. Par eaux basses, les poissons se répartissent beaucoup plus et seuls quelques spécialistes assidus obtiennent des résultats réguliers. C’est le cas sur quasiment tous les cours d’eau français, petits ou grands.Une situation stable en lac de barrage
En lac de barrage, le sandre se développe très bien. Les lacsd’Auvergne (Garabit, Enchanet, Bort-les-Orgues, Saint-Etienne- Cantalès, etc.), mais aussi dans bien d’autres régions, abritent de très belles populations. Lors des pics d’activité, on se croirait revenu à la grande époque du sandre, où il suffisait de poser un vif ou un poisson mort sur le fond pour avoir un départ. Hormis lors de ces périodes que l’on estime toujours trop courtes, la pêche en lac de barrage n’est pas toujours facile, mais le poisson est là, ce qui est très rassurant ! La mode de la pêche en verticale sur le modèle hollandais suscite sur ces lacs un véritable engouement. La pêche au poisson mort manié, technique reine sur ces lacs durant plusieurs décennies, continue de donner d’excellents résultats. Elle permet toujours de prospecter les postes assez rapidement à la recherche de poissons actifs, et pas uniquement sur le fond. Les populations de sandres dans les grandes retenues (plus de 800 hectares) semblent stables, avec des hauts et des bas au fil des années. Cette espèce se plaît particulièrement dans ces grands milieux. Les introductions de sandres dans les grands lacs se sont très souvent soldées par une explosion des populations en des temps records. Quelques années plus tard, un équilibre est constaté avec des populations stables, mais revues à la baisse.
L’énigme de la période estivale
Les pêcheurs de sandres savent bien qu’après les pêches faciles de l’ouverture, et des quelques semaines qui suivent, les habitudes du carnassier changent avec l’arrivée des grosses chaleurs. Les sandres deviennent alors très difficiles à trouver en lac. Les postes fréquentés à l’ouverture semblent vides et, à toutes les profondeurs, même constat : les sandres deviennent introuvables. Les petits individus de 20 à 35 cm chassent toujours sur les postes à perches sur les bordures, mais ce n’est pas vraiment ces juvéniles qui nous intéressent. A partir de ce constat, plusieurs théories s’affrontent. La plus répandue veut que les sandres se suspendent dans la couche d’eau, durant l’été. Ce comportement a été validé par des pêches d’inventaire avec des filets verticaux, à plusieurs reprises. Il est étonnant de voir des sandres à trois mètres sous la surface et avec 60 mètres d’eau sous les nageoires ! Un autre facteur, qui n’est pas étranger à ce phénomène, est constaté dans de nombreux lacs, en été : la quasiabsence d’oxygène dissous en dessous d’une profondeur qui peut varier de façon conséquente d’un lac à l’autre. L’excès de matière organique crée une dystrophie dans de nombreux lacs français. Le milieu est alors déséquilibré et affiche un taux d’oxygène trèsréduit, qui souvent ne permet pas la survie des poissons. La couche de surface, éclairée par la lumière du soleil, produit encore de l’oxygène, mais elle a tendance à surchauffer en été. La couche où se tiennent les poissons est étroitement liée aux facteurs de température et d’oxygénation. Il est clair que, dans ces conditions exceptionnelles, l’alimentation des poissons est réduite au strict minimum. En tout cas, réfléchissez bien avant de pêcher toute la journée dans 25 mètres d’eau, dans un lac aux eaux noires qui a pris le soleil durant des semaines ! Autre théorie qui a ses partisans : le changement d’alimentation chez le sandre durant l’été. Le sandre mangerait plus d’écrevisses que de poissons durant l’été, notamment en cours d’eau. Ecrevisses ou pas, les sandres de nos rivières et fleuves ont des pics d’alimentation très courts en été et s’alimentent surtout la nuit, n’hésitant pas à venir chasser sur les radiers dans très peu d’eau.
Ce comportement est très fréquent. Pour avoir souvent traîné sur ces lieux à la tombée de la nuit, je sais à quel point la rivière se réveille sur des postes qui paraissent juste bons à pêcher le goujon durant la journée. La conclusion de cette énigme semble plus logiquement s’orienter sur le fait que les sandres ne sont pas au mieux de leur forme quand l’eau est la plus chaude de l’année. Mais, comme rien n’est simple ni figé avec ce poisson, je ne peux passer sous silence les nombreux cas de prises de sandres en plein milieu de l’après-midi par 35 °C à l’ombre dans deux mètres d’eau ! Le carnassier le plus énigmatique de nos eaux n’a pas fini de nous faire naviguer par tous les temps et dans toutes les eaux ! Le plus gros défaut de ce poisson est de figurer à la carte des meilleurs restaurants. Mais notre animal ne manque pas de ressources, sait se faire oublier pour mieux réapparaître.
Gilets de sauvetage, des modèles pour les pêcheurs !
Peu utilisé par les pêcheurs faute de modèles adaptés disponibles sur le marché, le gilet de sauvetage n’est pourtant pas un luxe. Mais les temps changent et la société profil Nature propose deux modèles discrets et légers pour les pêcheurs en bateau ou depuis le bord.
Les pêcheurs que nous sommes ne portons pas souvent des gilets de sauvetage. Rares sont les photos, dans nos magazines spécialisés, de pêcheurs revêtant ce type de protection. Est-ce par peur du ridicule, sensation d’invulnérabilité, inconfort des modèles pendant longtemps proposés… Pourtant nous ne sommes pas à l’abri un jour d’une chute dans l’eau glacée, d’un malaise ou d’un accident. L’exemple récent d’un pêcheur tombé bêtement à l’eau lors d’une manoeuvre d’accrochage du bateau à une bouée de corps mort qui, coincé entre le bateau et la bouée, s’est évanoui sous la pression et a ensuite coulé à pic dans le courant sous les yeux de son ami impuissant à le secourir, ou l’exemple plus ancien d’un saumonier de ma connaissance habitué à pêcher seul, décédé lors d’un séjour en Norvège où il a été retrouvé échoué sur une gravière ou encore quelques expériences personnelles qui auraient pu mal finir m’ont incité à être plus prudent et à me protéger ainsi que ceux qui m’accompagnent. Nous n’avons plus aujourd’hui d’excuses, il existe sur le marché des produits adaptés, légers, peu encombrants et discrets aux environs de 100 euros (le prix de cinq beaux leurres). On est loin des gilets orange fluo qui vous donnent l’allure d’un bonhomme Michelin, condamnant l’accès à vos poches et entravant vos moindres mouvements. Les gilets à cartouche de gaz se sont aujourd’hui démocratisés, tout d’abord pour le nautisme puis maintenant pour notre activité.
Ces gilets peuvent avoir plusieurs modes de déclenchement. Le déclenchement manuel est le plus simple, il est d’ailleurs proposé sur tous les modèles. Il convient de tirer sur le cordonnet terminé par un bouton rouge ou jaune pour percuter la cartouche et gonfler la réserve de flottabilité. Les déclenchements automatiques à pastille de sel ou à déclencheur hydrostatique permettent quant à eux le gonflement du gilet si son porteur est inconscient. Les modèles à pastille de sel ne doivent pas être stockés à l’humidité ou trempés, car ils peuvent alors se déclencher de façon intempestive. Les modèles à déclencheur hydrostatique qui réagissent à la pression de l’eau sont plus fiables dans la durée. Il existe divers fournisseurs pour ce type de gilets, notamment chez les accastilleurs, à destination des plaisanciers. La société Profil Nature, quant à elle, propose des gilets de sauvetage à cartouche de gaz adaptés à la pêche. Ces derniers ont fait l’objet de deux années de recherche pour loger une flottabilité de 150 newtons dans un encombrement minimum (les gilets 150 newtons permettent le retournement d’une personne équipée d’un ciré en moins de cinq secondes et positionnent le porteur, même inconscient, sur le dos, voies respiratoires vers le ciel).
Les gilets proposés par Profil Nature sont courts (40 cm de hauteur), unitaille, et déclinés dans des coloris discrets : kaki pour le modèle manuel et noir pour le modèle à déclenchement hydrostatique. Ces gilets sont dotés d’un col Néoprène qui les rend très confortables. La petite taille des gilets permet de passer par-dessus une veste de wading courte, dont ils ne condamnent que les poches supérieures. Ils peuvent ainsi être portés indifféremment par un adulte ou un enfant. Pour qu’ils puissent se gonfler, les gilets doivent être portés pardessus les vêtements et non en dessous. Les gilets doivent être bien sûr fermés et bien ajustés, grâce une seule sangle facile à régler.
Le pêcheur en wading aura intérêt à privilégier un modèle à déclenchement manuel pour éviter l’ouverture du gilet pour un bain sans gravité. Tout pêcheur en wading pratiquant des rivières puissantes et/ou à lâchers de barrages devrait s’équiper de ce type de produit. Je viens d’acquérir deux modèles de ces gilets. Après des années sans, je compte bien m’habituer à les porter systématiquement en bateau ou en wading sur les rivières profondes. D’autant qu’une fois qu’on en a pris l’habitude, on oublie vite cet accessoire qui pèse à peine sur les épaules.
J’en profite ici pour lancer un appel aux gestionnaires de sites de pêche avec location de barques qui, sur le papier, imposent à leurs clients le port d’un gilet de sauvetage et ne proposent à ces derniers que des gilets impossibles à porter. Les réservoirs anglais et certains parcours français fournissent maintenant des gilets à cartouche beaucoup plus agréables à porter à leurs clients, qui les mettent alors réellement et sans rechigner.P. C.
Renseignements :
Profil Nature
Moulin de Rollequin 02130, Fère-en-Tardenois
Tél. : 03 23 82 61 13.
www.profilnature.com
Easy Clip ou la fin des agrafes qui s’ouvrent
Une agrafe qui s’ouvre et c’est peut-être le poisson de sa vie qui retrouve prématurément les profondeurs. Powerline propose une agrafe inspirée des modèles utilisés par les pêcheurs au streamer mais en beaucoup plus gros et plus solide.
La marque Powerline a lancé une nouvelle gamme d’agrafes ou plutôt de clips baptisée Easy Clip. Il s’agit de petites pièces d’inox comportant d’un côté une boucle fermée ressemblant à l’oeillet d’un hameçon et, de l’autre, une boucle plus large dont les deux côtés viennent se resserrer. Il n’est plus nécessaire de refermer quoi que ce soit. Il faut simplement clipser le leurre, la mouche ou la tête plombée sur sa ligne. Impossible ensuite pour ces derniers de ressortir sans l’intervention du pêcheur. Guido Vinck, grand champion de casting, compétiteur réservoir et précurseur dans la pêche du brochet à la mouche, utilise ce type de clips depuis très longtemps pour accrocher ses gros streamers à brochet. Il utilise des clips vendus par les fournisseurs mouche pour l’accrochage de streamers à truite. Lors d’une récente partie de pêche au brochet avec lui, j’ai été convaincu de l’efficacité de ce type de connexion qui ne présente plus aucun risque d’ouverture. En effet, une agrafe peut s’ouvrir sur un choc. Elle permet souvent de continuer à lancer et à pêcher et, si elle ne libère pas le leurre lors du lancer ou de l’animation, elle s’ouvre au ferrage ou lors du combat. Qui n’a pas déjà perdu des leurres ou des mouches bêtement ou, plus rageant, de beaux poissons en récupérant une agrafe ouverte ou complètement redressée.
Les petits clips jusqu’alors proposés sur le marché étaient en acier bronzé, trempé. Enfilés sur des hameçons forts de fer (un gros hameçon à brochet de 6/0 par exemple), ils peuvent se déformer et rester entrouverts. Cela ne les empêche pas de rester suffisamment solides et efficaces.Ces clips assez petits sont plutôt adaptés aux hameçons de taille 1 à 8 et à la pêche de la truite. Ils ne sont donc pas totalement adaptés à la pêche avec de plus gros leurres et des tresses beaucoup plus solides, car ils peuvent se redresser sur une traction appuyée. Ils sont de plus un peu difficiles à enfiler et surtout à retirer avec les doigts.
Les clips proposés par Powerline sont plus gros, plus forts de fer et surtout plus allongés. Comme les autres clips, leur base arrondie permet de laisser libre mouvement au leurre (ce qui est souvent très important). Leur longueur permet un meilleur appui pour déclipser le leurre avec le bout du pouce et non les ongles. Enfin, leur taille est adaptée à des pêches plus fortes.
Le modèle n° 1 testé ici a été noué à plusieurs reprises sur un 35 centièmes avec un noeud Palomar et accroché à un hameçon 3/0. A chaque fois le fil a cassé au-dessus du noeud après une traction très appuyée sans que le clip montre de signe d’ouverture ou de déformation. Les Easy Clip sont déclinés en deux tailles, 1 (7 par boîte) et 2 (6 par boîte), pour des résistances respectives de 15 et 30 kg. Ils sont enfilés sur une broche allongée pour un stockage plus aisé. Passé la petite appréhension d’accrocher vos leurres sur une agrafe non verrouillée, vous devriez être rapidement convaincu de l’efficacité de ces clips.P. C.

Leurres souples sauce bling-bling !
Les tentatives de leurres “hybrides”, qui reprennent les avantages de plusieurs modèles, ne sont pas toujours des réussites. Mais lorsque des marques réputées développent la possibilité d’associer un shad à une palette de spinnerbait, les résultats sont là !
Par Jean-Marc Theusseret
Pour la pêche du brochet, le pêcheur lambda découvrait, il y a à peine dix ans, l’efficacité des spinnerbaits, ces drôles de leurres qui étaient si éloignés de notre culture halieutique. Nous connaissions les cuillers tournantes (qui ne les connaît pas ?) et savions donc qu’une palette qui tourne dans l’eau a toujours pris et prendra toujours des brochets. Piège parfait, une palette de cuiller est le leurre par excellence. Associer une palette de cuiller ou de spinnerbait à un leurre souple de type shad est une trouvaille que l’on doit aux pêcheurs de silures aux leurres. Les pêcheurs de silures recherchent des leurres qui vibrent beaucoup, surtout lorsque les rivières sont en crue. Associer les pulsations d’un gros shad aux éclats d’une palette ne peu donner qu’une bouchée généreuse aux carnassiers. Les pêcheurs de brochets ont pris la balle au rebond et on assiste cette année à un engouement particulier pour ces leurres étranges, mais tellement évidents.
Ce qu’apporte la paletteL’attrait d’une palette tournante sur un leurre n’est jamais anodin. Les spinnerbaits en sont l’exemple tout comme, dans un tout autre style, les chatterbaits. Le rôle d’une palette est double. Premièrement envoyer des éclats en permanence, dans tous les sens, et deuxièmement émettre des vibrations. A vrai dire, dans le cas qui nous concerne ici, il vaut mieux compter sur les éclats que sur les vibrations, car les palettes qui peuvent être associées à un shad sont de tailles modestes. Toute la subtilité de notre leurre réside dans la superposition de deux effets. Nous avons d’un côté les battements de la queue du shad et de l’autre les éclats de la palette. Alors, pourquoi ne pas pêcher tout simplement au spinnerbait plutôt que d’ajouter une palette sur un beau shad à peine sorti de son sachet ? Lesspinnerbaits sont de fabuleux leurres à brochets, mais ils ne permettent pas de pêcher partout.
La profondeur de pêche est très limitée avec ces leurres. En lac, un shad lesté à 14, 28, 40 ou 50 g reste un des rares choix possibles pour prospecter les couches profondes, car les poissons nageurs n’explorent pas les couches inférieures à seulement 5 mètres. Seuls les leurres métalliques de type jig proposent une alternative. En lac, mais aussi en cours d’eau profonds, l’emploi d’un shad se justifie donc pleinement.Les palettes
Parmi les palettes permettant d’être associées à un shad, on trouve les deux formes classiques, la feuille de saule galbée et la palette ronde dite “colorado”. Cette dernière produit à taille égale des vibrations beaucoup plus importantes que sa cousine. C’est au niveau du système d’attache que l’on trouve des différences entre les palettes de spinnerbaits, avec leur émerillon et leur anneau brisé, et les palettes destinées à être ajoutées aux leurres souples, avec leur système spécifique en forme de ressort. Ce petit tirebouchon permet par vissage de fixer convenablement et solidement la palette sans détériorer le leurre. Ce système fonctionne très bien. L’idéal est de le placer sous le leurre en faisant attention que rien ne gêne l’action de la palette. Pour cela, la première partie du leurre (côté tête) constitue bien souvent l’endroit idéal. L’attache avec un émerillon est beaucoup moins polyvalente. Elle se destine à remplacer un hameçon en profitant de son oeillet, dans le cas de shads à armature interne et à hameçons externes. Une autre solution opportuniste consiste à placer la palette sur la courbure de l’hameçon simple de la tête plombée. Elle doit dans ce cas impérativement être bloquée par des stop-floats en silicone. Ce procédé n’est possible que si le leurre choisi dispose d’un autre hameçon, car les stop-floats et l’anneau brisé maintenus dans la courbure de l’hameçon risquent fort de favoriser le décrochage des poissons.Les leurres à palette terminale
Storm et Biwaa ont choisi de mettre au point des leurres souples dont la caudale traditionnelle d’un shad est remplacée par une palette. Bien qu’il existe des différences notables entre l’action du Spin Tail Shad de chez Storm et du Divinator de Biwaa, dans les deux cas, ces leurres sont destinés à une prospection rapide des postes en power fishing. Le Divinator mesure 20,5 cm et pèse 55 g. Il a été spécialement conçu par les frères Alexandre, compétiteurs réputés pour la pêche du brochet en lac. Par son poids, il permet de pêcher en profondeur et sa taille est adaptée à la pêche du brochet. Derrière, la palette tourne et papillonne à ravir. Les possibilités d’animation sont assez restreintes mais ce n’est pas la priorité avec ce type de leurre, qui doit avant tout pouvoir se maintenir à une profondeur importante et couvrir du terrain. Ces leurres renouent avec les cuillers tournantes, ce qui est plutôt une bonne nouvelle, tant elles restent efficaces et le seront probablement longtemps. Toujours est-il que ce concept propose un nouveau type de leurre pour une application qui restait à combler (pêche profonde en lac avec un leurre “souple” qui émet de fortes vibrations et permet de pêcher rapidement). Le gros modèle de Divinator devrait également intéresser les pêcheurs à la traîne en grands lacs.Les évolutions à venir
Cet article, destiné aux leurres souples agrémentés de palettes de cuillers, ne mentionne pas l’existence, sur le même principe, des leurres durs à palette. Certains modèles de lipless ou de swimbaits disposent également d’une petite palette terminale (Lucky Craft Real Bait, Rat’L’Trap, King Kong, etc.). Alors, effet de mode ou atout supplémentaire pour les leurres ? Le fait que ce système fonctionne entraîne un effet de copiage (pas toujours réussi) des fabricants concurrents. Chaque marque proposera bientôt son shad à palette, comme elles ont toutes leur spinnerbait et plus récemment leur chatterbait. Ainsi va le monde…
Tout savoir sur le black-bass !
Une association consacrée à la biologie et à la pêche du black-bass existe depuis une vingtaine d’années. Elle a été créée par Franck Rosmann et quelques passionnés avant l’heure par ce poisson. Leur travail a permis de mieux faire connaître cette espèce, de mieux la protéger et d’informer les pêcheurs aux leurres de la nécessité de pratiquer le no-kill et de ne pas pêcher sur les frayères. Black-Bass France vous permettra de connaître cette espèce encore mal reconnue en France même si, avec le temps, les choses évoluent (lentement mais sûrement…). Une visite sur leur site s’impose par tous les pêcheurs que cette espèce intéresse.

Brochet et rubber jig
Les rubber jigs sont des leurres simples qui permettent d’attraper tous types de poissons carnassiers avec une redoutable efficacité. On hésite souvent à les utiliser, peut-être parce qu’ils ne vibrent pas, ne partent pas de gauche à droite ou n’envoient pas d’éclats de toute part. Leur discrétion peut pourtant être un atout face à des poissons de plus en plus sollicités. Surtout quand une animation lente ou insistante est requise.
Par Philippe Collet
Les rubber jigs sont constitués d’une tête plombée peinte garnie d’une jupe en brins de silicone ou de caoutchouc. Ces leurres possèdent souvent une brosse anti-accroche pour pêcher au coeur des obstacles, parfois des yeux pour plus de réalisme ou des rattles pour envoyer un signal supplémentaire. Ils ne ressemblent à rien de particulier, mais sont pourtant très efficaces associés à un trailer pour déjouer la méfiance des carnassiers. Ils vont vous permettre de prospecter, dans le détail, des postes que vous n’auriez fait qu’effleurer avec d’autres leurres.Caoutchouc ou silicone
On les appelle rubber jig :(littéralement jig : “caoutchouc”) parce que leur jupe devait être systématiquement réalisée en caoutchouc par le passé. Aujourd’hui, elles peuvent aussi être en silicone. Les jupes en brins de caoutchouc, le plus souvent de section ronde, ont tendance à beaucoup moins bien vieillir dans les boîtes que celles en silicone. Le caoutchouc ne supporte généralement pas très bien un mauvais séchage ou le contact prolongé avec la matière plastique des leurres souples. De nombreux jigs japonais sont fabriqués avec du caoutchouc ligaturé derrière la tête plombée et comportent des jupes assez denses en brins de caoutchouc monochromes (tout blanc, tout noir…). Leur nage est magnifique, mais leur durée de vielimitée sans un minimum de soin. D’autres jigs sont fabriqués avec des jupes en silicone du type de celles garnissant un grand nombre de spinner baits. Il s’agit en fait de fines lamelles découpées dans des feuilles de silicone. A l’état brut, les lamelles sont encore solidaires par leurs extrémités non coupées et forment de petites feuilles appelées layer (couche).
Pour faire une jupe les fabricants superposent plusieurs layers, généralement trois, et les enfilent dans une bague de silicone ouverte en force. Une fois l’assemblage réalisé, il suffit de couper les extrémités des couches pour libérer les brins. La position des différentes couches, dont les couleurs sont souvent différentes, permet de donner l’aspect futur du jig, ventre plus clair, dos zébré ou moucheté d’or, par exemple. Les combinaisons de couches sont presque infinies. Les jupes ainsi réalisées, qui mesurent le plus souvent 5 pouces (12 cm) déployées et comportent environ 40 brins, sont montées en piquant et faisant glisser l’hameçon au coeur de la bague de silicone. Une partie de la jupe part alors vers la hampe de l’hameçon, l’autre vers la tête. Lorsqu’on tient l’hameçon par son anneau, la jupe forme une sorte d’ombrelle du plus bel effet qui vit à la moindre sollicitation.Une taille à adapter aux brochets
La plupart des jigs disponibles sur le marché sont montés sur de petits hameçons de 1 à 3/0 et proposés dans des poids assez élevés de 10 à 20 g. Ces jigs, destinés au black-bass, permettent plutôt des animations verticales sur des postes encombrés. Dans nos eaux qui abritent des brochets, il est aussi intéressant d’utiliser des jigs aux hameçons plus gros et aux grammages plus faibles : 5 ou 7 g en hameçon 4 ou 5/0 par exemple, pour des pêches plus lentes et coulées. Là, les fabricants ont, pour le moment, bien moins de produits à nous proposer. Espérons que cette lacune sera rapidement comblée.Les trailers
Les jigs peuvent pêcher seuls mais ils gagnent en efficacité lorsqu’ils sont garnis d’un trailer. Le trailer (remorque en traduction littérale) est en général un leurre souple enfilé sur l’hameçon qui vient se cacher pour partie sous la jupe. Le trailer allonge le leurre et lui amène du volume et du poids. Ainsi un jig à brochet léger pourra être facilement lancé à bonne distance grâce au poids de son trailer. Le trailer permet d’offrir une bonne bouchée au carnassier et d’ajouter un signal supplémentaire comme une vibration, une ondulation ou un flappement. Les trailers seront choisis avec des formes de corps plutôt rondes pour une bonne insertion sur l’hameçon : virgules simples ou doubles queues, shads longilignes, écrevisses, créatures… Ils seront proportionnés à la taille du jig et de son hameçon.
L’arsenal anti-accrocheUn bon jig anti-accroche doit tout d’abord avoir un oeillet d’hameçon dans le prolongement du “menton” de la tête plombée, afin que la tête glisse sur les obstacles à la façon d’une luge sans bloquer sur la première brindille venue. L’hameçon doit ensuite être garni d’une brosse. Il s’agit le plus souvent de petits poils de nylon rigides de type poils de balai, collés derrière l’oeillet dans un trou de la tête plombée, à 45° de la hampe. Pour augmenter les chances de ne pas s’accrocher, les poils peuvent être recoupés, ce qui les rend plus rigides, et surtout doivent être régulièrement écartés pour former un petit éventail audessus de la pointe de l’hameçon plutôt qu’un faisceau parallèle qui protègera moins bien des accrochages par les côtés. Si la brosse paraît trop dure et rigide, il est possible d’en sectionner quelques brins à leur base avec la lame d’un cutter pour l’assouplir. Une animation rapide au coeurd’un arbre noyé nécessite une brosse dure ; une animation coulée dans les herbiers en pleine eau peut se contenter d’une brosse souple.L’action de pêche
En action de pêche, la jupe se colle au corps du jig ou du trailer sur les tractions, elle s’ouvre sur les relâchés et se déploie complètement lorsque le leurre heurte un obstacle ou se pose au fond. Il faut donc le plus souvent alterner des tirées et des poses et permettre au leurre de regagner régulièrement le fond. Le jig peut être manié sur le fond, où il a peu de risques de s’accrocher. Une animation par petits bonds successifs décollant de petits nuages de vases est alors très efficace.
Dans les bois noyés, le jig présente un grand d’intérêt, car il s’accroche rarement et peut s’animer en cognant les branches, ce qui a pour effet de déployer la jupe. Plus l’animation est rapide, plus les jigs doivent être lourds. Ce type d’animation assez saccadée convient souvent aux sandres ou aux perches. Pour le brochet, il peut être judicieux de pêcher de façon plus linéaire, en pleine eau ou au ras du fond, avec des jigs légers. La jupe, en appuyant sur l’eau, permet alors de soutenir le leurre. Elle associe ses vibrations à celles du trailer pour offrir une bouchée irrésistible au carnassier.
La canne et le ferrageAvec un jig, le ferrage doit être musclé pour écraser la brosse et dégager la pointe de l’hameçon. Dans le cas des brochets, un ferrage ample et puissant est vraiment nécessaire. Il permet de faire glisser le leurre, pressé entre les mâchoires du carnassier qui l’a littéralement gobé, jusqu’à un point d’accroche, le plus souvent le bord de la gueule. La canne devra être assez puissante pour assurer ce type de ferrage et, si l’on pêche dans des secteurs encombrés, pour extraire les poissons en force des obstacles.
Il est possible de pêcher avec du matériel de spinning (moulinet à tambour fixe), mais il est recommandé d’utiliser du matériel de casting (tambour tournant) de puissance médium heavy (MH) ou heavy (H), plus adapté à des ferrages puissants et des combats en force.
Une partie de pêche en chironome “au fil” avec Joël Ruff
Bien connu dans le monde des compétiteurs mouche autant pour ses résultats que pour son petit magasin de pêche bien achalandé, Joël Ruff est un personnage sympathique et attachant. Dès qu’il le peut, il est au bord de l’eau une canne à la main, souvent accompagné de sa femme Martine, tout aussi charmante, qui partage sa passion. J’ai profité d’une partie de pêche avec eux au réservoir de la Moselotte (un de leurs plans d’eau favoris) pour lui demander de nous expliquer la technique de pêche aux chironomes au fil qu’il pratique avec beaucoup de talent.
Par Philippe ColletLa technique fine de la pêche au chironome au fil est surtout efficace dans les réservoirs aux eaux claires, les jours sans vent. Joël la pratique d’autant plus volontiers que l’eau est lisse. Si le vent se lève et que les poissons chipotent toujours, il pêche au bouchon, car la détection des touches devient impossible au fil.
Le matérielPour cette pêche, il utilise des cannes de 10 pieds pour soie de 5 ou 6 (des G. Loomis GLX classiques) et des soies flottantes. Ses soies favorites sont la Partridge Réservoir et la Snowbee XS. Lorsque le vent est de la partie, comme lors de notre journée de pêche, il utilise la canne de 6, équipée de la soie Snowbee XS de 6 de couleur rose pale. Si le temps est plus calme et lorsque l’eau est lisse, il lui préfère la canne de 5 avec une soie Partridge de 5, facile à reconnaître à sa couleur orange fluorescent. Ces deux soies ont un grand fuseau et autorisent de longs lancers, et elles on un autre atout très important : leur faible mémoire.
Ainsi, elles ne se rétractent que très peu après le posé, permettant un contact plus subtil avec le train de mouches. Le phénomène de mémoire est encore plus marqué en période froide, la matière des soies perdant de sa souplesse. Les deux soies ont des âmes tissées, toujours plus souples que les âmes en monofilament.
La soie Partridge au fuseau très long se lance très loin, mais demande une bonne technique pour en tirer le maximum. Elle permet un excellent turn over du train de mouches, mais n’est certainement pas la plus facile à utiliser pour un débutant. Joël apprécie aussi la JMC Symbol R2T (sa préférée en rivière pour sa délicatesse) ou la JMC Distance WFX, qui ont les mêmes qualités que les soies précédemment décrites pour la pêche qui nous intéresse ici.
La pêche au filLa technique consiste à lancer un train de deux ou trois chironomes, en veillant à les poser bien en ligne et à surveiller le point d’immersion du bas de ligne. Il est primordial de poser correctement pour ne pas ensuite pêcher de longues minutes pour rien, avec une pointe emmêlée. Si le vent est gênant, Joël réduit son bas de ligne à deux mouches. Si vous débutez, n’utilisez qu’une mouche, vous perdrez moins de temps en démêlages et réparations.
Il est toujours plus important de bien poser que de pêcher loin. Atteindre de grandes distances est souvent important en compétition, lorsque les poissons sont rapidement repoussés au large par les assauts des pêcheurs. Cela tend à nous faire oublier que la zone la plus nourricière et attractive pour un poisson dans un plan d’eau est souvent la proximité de la berge.
Une approche discrète est importante, même si nous n’avons pas affaire à des poissons sauvages. Les truites en réservoir sont peu effarouchées par l’arrivée pataude d’un pêcheur ou par une soie frappant l’eau sur des faux lancers maladroits. Elles resteront le plus souvent sur place ou reviendront rapidement, mais n’en seront par moins alertées. Si elles ont déjà été prises et relâchées, elles seront beaucoup plus vigilantes et difficiles à leurrer après une mauvaise approche, alors qu’on aurait pu les surprendre autrement. Il vaut donc toujours mieux lancer à courte distance après une approche discrète que s’évertuer à lancer loin, qui plus est, en tapant l’eau. De plus, la détection des touches au fil est beaucoup plus facile et reposante à courte distance qu’à plus de 25 mètres.
Pour pratiquer correctement cette technique, il faut graisser le bas de ligne et surveiller son point d’immersion.
L’animation est quasi inexistante, même s’il est possible de réaliser une ou deux longues tirées lentes par ramené pour remonter le train de mouches d’un coup dans la couche d’eau. La technique consiste à maintenir les mouches à la bonne profondeur de pêche, en résorbant la dérive de la soie, par un tricotage très lent. La soie maintenue bien en ligne permet la transmission rapide du ferrage. La pêche au fil est vraiment efficace sur une eau lisse ou peu perturbée, ce qui est très intéressant car ces conditions de pêche sont souvent les plus déroutantes et difficiles en réservoir.Le bas de ligne
La profondeur de pêche est conditionnée par la longueur de bas de ligne graissé. Ce dernier a donc une importance toute particulière. Il est largement inspiré d’un modèle montré à Joël par Pascal Cognard, au réservoir de Trept, il ya près de dix ans. Réalisé en Kamoufil pour sa souplesse et son élasticité, le bas de ligne de Joël est bâti de la façon suivante : 90 cm de 45 centièmes, 60 cm de 35, 30 cm de 30, 10 cm de 25, 30 cm de 22. Il rajoute ensuite du fluorocarbone (le sien, du Passion Pêche conditionné en bobines bon marché de 100 mètres) : 40 cm de 18 centièmes, 50 cm de 16 puis un brin de 50 cm de 14 centièmes au bout duquel il noue un dernier brin de 14 centièmes en laissant une potence d’environ 15 cm (une fois la mouche nouée). La distance entre les deux mouches est réglée à environ 1,20 m. Lorsqu’il pêche à trois mouches, la construction du bas de ligne est la même jusqu’aux 50 cm de 14 centièmes, la première mouche étant séparée de la seconde par environ 70 cm, et la deuxième de la dernière (en pointe) de 1 mètre. La distance entre la soie et la mouche de pointe est donc de 4,80 m à deux mouches ou 5,30 m à trois mouches. Joël utilise toujours le même bas de ligne, dont il peut moduler la pointe de plus ou moins un mètre selon les conditions. Il allonge l’écartement entre les mouches si les poissons sont difficiles à localiser, pour couvrir une grande épaisseur d’eau. Il réduit l’écart entre les mouches si les truites se nourrissent dans une couche d’eau précise. Le réglage de la profondeur est ensuite lié au poids des mouches.
Ce bas de ligne à noeuds peut être remplacé par un bas de ligne dégressif monobrin en queue de rat de 3,70 m se terminant en 18 centièmes (bas de ligne Monoleader de la marque Airflo, par exemple). Ce type de bas de ligne a la préférence de l’épouse de Joël, qui pratique avec beaucoup de patience et de dextérité toutes les pêches fines en réservoir. Elle réalise ensuite ses pointes de la même façon que son mari. Joël préfère le bas de ligne à noeuds, justement parce que ceux-ci retiennent la graisse et flottent mieux, formant autant de petits indicateurs plus difficiles à couler que le fil lui-même. Les problèmes d’emmêlement de ce type de bas de ligne, que l’on a facilement tendance à attribuer aux noeuds, sont plus dus à une mauvaise technique de lancer qu’aux noeuds eux-mêmes. Pour cette pêche, Joël ne monte pas au-dessus du 14 centièmes, il peut par contre descendre en dessous si cela s’avère nécessaire. Si le nombre de petites touches sans suite est trop important, il descend d’un cran en diamètre de fil et essaie le 12 puis éventuellement le 10 centièmes, lorsque les poissons sont devenus très difficiles. Dans ce dernier cas, il ne place plus que deux imitations sur son bas de ligne et veille à rester bien concentré pour ne pas se faire dépouiller de son train de mouches à la première touche. En règle générale, la finesse du fil est aussi liée à la taille des mouches. Des chironomes sur hameçon de 16 ou 18 ne peuvent pas être bien présentés sur un fil trop gros.
Graissage et dégraissageLorsqu’il débute la pêche, Joël commence par observer le comportement des poissons. Si ces derniers sont visibles et proches de la surface, il graisse son bas de ligne jusqu’à la portion de 22 centièmes, pour présenter les mouches dans la couche de surface. Il peut, a contrario, ne graisser que la portion de 45 centièmes pour aller les chercher en profondeur. Les conditions évoluant en cours de pêche, il est amené à graisser ou dégraisser son bas de ligne assez régulièrement. Le graissage s’effectue avec une graisse silicone. Les meilleures qu’il ait trouvées sont proposées par des marques allemandes, Dam et Balzer, pour faire flotter des fils de pêche des carnassiers au vif. Un film, même très discret, de cette graisse assure une bonne flottaison du bas de ligne.
La faible épaisseur de silicone nécessaire permet de ne pas avoir un bas de ligne chargé et poisseux qui risque, à la moindre petite défaillance dans le lancer, de coller la pointe portant le mouche. Cette dernière doit, au contraire, couler au plus vite. Lorsqu’il veut dégraisser son bas de ligne pour laisser ses mouches travailler plus profondément, Joël utilise sa salive et un morceau de mouchoir en papier dans lequel il le passe plusieurs fois. Le dégraissage de la pointe peut aussi être nécessaire pour que les chironomes soient tout de suite pêchants. Cette dernière, réalisée en fluorocarbone, naturellement plus dense que le nylon, coule cependant assez facilement, surtout avec des chironomes lestés d’une bille. Joël dégraisse ses bas de ligne, surtout lorsqu’il pêche en sèche et aussi lorsqu’il utilise des chironomes légers, avec une pâte qu’il a dénichée au Royaume-Uni, de la pâte Sparton fabriquée par Steve Parton, un compétiteur anglais reconnu.
Dans les plans d’eau clairs et propres, faire couler les fils est plus difficile que dans les plans d’eau troubles et sales. C’est une question de différence de tension superficielle de l’eau. Il en va de même en rivière. Plus la rivière est impactée, plus les insectes aquatiques ont du mal à réussir leur émergence et plus vous devez, à l’inverse, regraisser souvent votre bas de ligne. J’ai le souvenir de m’être arraché les cheveux, lors d’une compétition sur les eaux claires du lac de la Moselotte, à essayer de couler une pointe fine avec une pâte dégraissante pourtant de bonne qualité, qui n’avait quasiment aucun effet. Joël a apparemment trouvé la perle rare.La pêche au bouchon
Lorsqu’il pêche au bouchon, Joël utilise le bas de ligne décrit précédemment, mais s’arrête au fluorocarbone en 18 centièmes auquel il noue la mouche bouchon décrite plus loin. Il noue ensuite, directement dans l’oeillet de cette mouche, un brin de 14 centièmes qui va porter une ou deux mouches. Le choix de placer deux mouches sous le bouchon est toujours dicté par les conditions de vent et la direction de ce dernier. Il est toujours possible de lancer trois mouches le vent dans le dos, c’est plus difficile lorsqu’il vient de face ou de travers. La distance entre les mouches sous le bouchon est d’environ 1,2 à 1,4 m, rarement plus et en tout cas pas plus que la longueur de la canne, pour éviter d’accrocher la mouche du haut dans l’anneau de tête de la canne au moment d’épuiser le poisson.
Dans la pêche au bouchon, le réglage de la profondeur de pêche se fait en rallongeant ou en raccourcissant le bas de ligne. Ce qui n’est pas des plus pratiques. Joël s’est mis à cette technique pour la compétition, mais il ne l’apprécie guère. Si elle permet, lorsque la surface est agitée, de prendre au chironome des poissons qui n’auraient pas été pêchables au fil, les touches devenant indétectables, elle occasionne de nombreux ratés au ferrage, probablement liés à la présentation verticale des mouches et à l’angle droit formé entre la pointe immergée et le bas de ligne posé sur l’eau. Dans la pêche au fil, la partie noyée du bas de ligne et sa pointe pêchent en oblique. Le poids des mouches et la vitesse de récupération conditionnent l’ouverture de l’angle. Le contact est beaucoup plus direct et les ratés moins nombreux.La détection des touches et le ferrage
On comprendra aisément que plus les mouches pêchent profond, plus l’angle entre la soie et la partie immergée du bas de ligne se ferme, nécessitant ou plutôt autorisant un ferrage appuyé. A contrario, plus on pêche à proximité de la surface, plus l’angle s’ouvre et les mouches se placent en ligne par rapport à la soie. Dans ce cas, ferrer sèchement conduit systématiquement à la casse. En pêche au fil, il convient de résorber la soie détendue en tricotant du bout des doigts, scion pointé vers l’eau, sans jamais bloquer la soie, ce qui aurait pour effet de casser à chaque touche marquée. Si l’on pêche près de la surface, on incline en plus la canne d’environ 30° sur le côté pour permettre un amorti en cas de touche violente. Pour ces touches le ferrage est inutile, il faut seulement relever la canne en gardant contact avec le poisson qui s’est ferré tout seul.
Dans cette pêche, de nombreuses touches sont toutefois subtiles et indécelables sur la soie. Elles sont détectées en observant le bas de ligne graissé. Une vibration du fil, une soudaine coulée, un déplacement latéral doivent être sanctionnés d’un ferrage ample et souple vers le haut. Ce ferrage doit être d’autant plus doux que le train de mouches évolue près de la surface. Cette technique est productive, mais elle demande d’être très attentif et concentré si vous ne voulez pas passer à côté de nombreuses touches ou casser régulièrement sur les poissons s’emparant vivement d’une de vos imitations.
La technique de la pêche au chironome au fil, qui trouve toute son efficacité sur un plan d’eau lisse, peut encore être pratiquée dans les petites risées avec parfois plus de succès que la pêche au bouchon. On n’arrive alors plus à suivre le bas de ligne des yeux, mais on surveille la pointe de la soie. On passe probablement à côté de certaines touches, mais dans ces conditions de pêche (vent, surface ridée…) les poissons mordent tout de même plus franchement.
Float tube de Saint-Yrieix : Baptiste Verger l’emporte
Ce 9 octobre, Baptiste Verger a démenti les pronostiques en
emportant l’avant-dernier open de la saison AFCPL de pêche en float tube. Sur
un plan d’eau charentais de 55 hectares, 34 pêcheurs se sont affrontés lors de
cette compétition, organisée par l’UCP 16 en partenariat avec la Fédération de
pêche de la Charente. Visage bien connu du circuit de street fishing de
l’AFCPL, (actuellement en 6ème position au classement national), l’enfant du
pays Baptiste Verger, à 18 ans,
s’offre à l’occasion de sa première participation la plus haute marche du
podium. Dans le communiqué publié par l’AFCPL, il explique : « J’ai
tout de suite pris deux jolis sandres en pêchant au cranckbait puis encore deux
sandres ce qui m’a permis d’avoir
8.8 cm d’avance sur mes concurrents. » La dernière compétition de la saison promet d’être passionnante.
Rendez-vous donc en Vendée pour le prochain open de float tube à Mervent, sur
le Lac d’Albert le 6 novembre.Résultats :
1. Baptiste Verger,
Team fishing addict2. Julien Himbert, Team
Rapala3. Maxime Rapin, Team
Garbolino, NKG, Delalande, l’escale du pêcheurRenseignements :

