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Auteur/autrice : admin_lvdr

Prises surprises à l’ultraléger
Ombres, spirlins, goujons, blageons, carpes, tels sont les surprises occasionnelles que réservent la pêche à l’ultraléger avec des leurres qui sont destinés à la truite, mais qui intéressent finalement différentes espèces, petites ou grosses, par curiosité ou instinct de territorialité.
Par Alain Foulon
Le caractère fantasque de l’ombre commun a toujours fasciné le pêcheur à la mouche artificielle qui prête à ce poisson toutes les vertus sportives d’un adversaire à sa mesure. Bon nombre de théories ont donc été échafaudées à son sujet pour comprendre, voire expliquer de manière rationnelle comment ce poisson pouvait être à ce point circonspect quand il s’agissait de le faire monter sur une minuscule imitation d’insecte aquatique. Ceci, alors qu’une petite bête ou un simple ver de terreau grossièrement présenté entre deux eaux suffisaient généralement à tromper sa méfiance légendaire. Pourtant, celui que Léonce de Boisset qualifiait de « plus aristocratique par l’élégance de ses formes, la distinction de ses manières…», est un poisson opportuniste qui n’hésite pas à diversifier sa nourriture, se montrant même ichtyophage à certains moments de l’année ou de la journée. Beaucoup de pêcheurs méconnaissent encore le comportement capricieux et imprévisible de l’ombre commun qui est pourtant tout à fait capable d’attaquer un leurre présenté de façon convenable, que ce soit une cuiller tournante ou un poisson nageur. Je vous convie à la découverte de cette technique étonnante et passionnante qui risque, une fois de plus, de froisser la susceptibilité de certains pêcheurs qui décrèteront de façon péremptoire que l’ombre ne peut être pêché autrement qu’au moyen d’une canne à mouche !
Mes expériences personnelles
Comme une majorité de pêcheurs, j’ai longtemps et essentiellement recherché l’ombre commun en seconde catégorie, après la fermeture de la truite, afin de prolonger la trop courte saison de pêche à la mouche, mais également pour jouir pleinement de l’arrière-saison et admirer les couleurs automnales de la toute proche vallée de la Dordogne. En revanche, il m’arrivait assez fréquemment de capturer ces poissons en recherchant la truite au lancer léger ou ultraléger sur des rivières de première catégorie comme la Combade, le Thaurion ou la Vienne aux alentours de Limoges dans la Haute- Vienne. Je pris accidentellement mes premiers poissons durant une crue qui s’était maintenue plusieurs jours à un niveau stabilisé. Recherchant les truites sur les bordures où le courant était beaucoup moins impétueux, j’avais noué une cuiller Aglia fluo numéro 1 dont les caractéristiques mécaniques et les signaux visuels me permettaient de prospecter efficacement les rares dérives naturelles exploitables. Plusieurs attaques violentes avaient avorté malgré l’attention que je portais à mes dérives et à la qualité de mes récupérations ; elles intervenaient systématiquement quand la force du courant en fin d’animation faisait décrire le fameux arc de cercle à mon leurre qui remontait légèrement en fin de coulée.
C’est ainsi que je pus entrapercevoir, l’espace de courts instants, des poissons monter rapidement vers ma cuiller avant de rejoindre prestement le fond après l’avoir attaqué avec une rare violence. Après plusieurs échecs répétés, un poisson aux reflets d’argent finit par se piquer à l’hameçon triple et je pus enfin admirer ma capture : il s’agissait bel et bien d’un ombre qui, une fois décroché, rejoignit rapidement son élément ; ce jour-là, je pris plusieurs poissons qui n’hésitèrent pas à attaquer très franchement mon leurre, gueule clouée sur l’armement triple. Ainsi, et de façon assez régulière mais jamais systématique, je pris des ombres sur ces rivières acides du Limousin alors que je recherchais essentiellement la truite autochtone.
Bien des années après, un voyage en Mongolie me permit de vivre une expérience étonnante et similaire qui allait me permettre d’exploiter cette nouvelle voie. Alors que je recherchais les Taïmens et les grosses Lennox de la rivière au moyen d’un poisson nageur, je pris plusieurs ombres communs sur des leurres très volumineux. Malgré la taille imposante de mes crankbaits, les ombres les attaquaient violemment et se piquaient sur les trois branches de l’hameçon triple de queue. De toute évidence, ces ombres communs étaient les mêmes poissons que nous trouvions en France ou en Europe. La différence fondamentale résidait dans l’importance des bancs qui se nourrissaient sur le fond de la rivière et sur l’amplification du phénomène de concurrence alimentaire qui semblait régir la vie du groupe. D’ailleurs, il était plus rapide de capturer plusieurs poissons à la cuiller tournante pour en prélever quelques-uns pour le déjeuner ou le dîner, que de présenter une mouche artificielle, fût-elle noyée !Sur les traces de nos aînés
Par la suite, je me mis à rechercher plus spécifiquement les ombres au moyen d’un lancer ultra léger afin de rendre cette quête moins aléatoire et plus passionnante encore à pratiquer. Au fur et à mesure que ma technique s’affinait et que je multipliais les expériences au bord de l’eau, j’acquis la certitude que ce poisson s’alimentait plus régulièrement que nous l’imaginions d’alevins et que l’opportunisme dont il faisait preuve dans le choix de son alimentation se rapprochait sensiblement de celui du barbeau, un autre poisson des eaux vives de notre pays et aux goûts également éclectiques. Mes recherches se portèrent également sur la littérature halieutique du début et de la moitié du vingtième siècle. Le premier ouvrage dans lequel je pus lire quelques pages sur la pêche de l’ombre au leurre fut écrit par Pierre Lacouche ; intitulé « Les pêches sportives », il aborde succinctement la technique à mettre en ?uvre et fait la part belle aux observations de l’auteur qui possédait une résidence secondaire à la confluence… de la Combade et de la Vienne ! Je ne peux m’empêcher d’avoir une petite pensée émue pour cet auteur prolifique quand je projette mon leurre dans les environs de ce secteur surnommé « Le pont du Rateau » ; de nombreuses années après, il est toujours possible de capturer quelques ombres sur la Vienne, même si la population des truites, quant à elle, a très nettement régressé. Enfin, dans son remarquable ouvrage « Poissons des rivières de France – Histoire naturelle pour les pêcheurs » édité aux éditions Librairie des Champs- Elysées, Léonce de Boisset écrivait au sujet de l’ombre commun : « J’ai lu, dans les auteurs anglais, que l’ombre d’un certain poids chasse et mange le Vairon. N’ayant jamais vérifié ce fait par mon expérience personnelle, j’avais écrit dans une petite étude sur l’ombre (L’ombre, poisson de sport. Librairie des Champs-Elysées. 1941) que je n’avais aucune connaissance d’ombres pris au devon ou à la cuiller et que j’estimais de telles prises douteuses, en France tout au moins. Cette réflexion m’a valu de la part d’aimables lecteurs des précisions du plus grand intérêt. L’un d’entre eux me dit avoir pris, au devon, des ombres de 450 à 700 grammes sur la haute Loire et sur l’Alagnon, un autre à la cuiller dorée sur le Guiers, et un troisième, toujours à la cuiller, sur la Loue.
Un correspondant belge m’informe, de son côté, de prises d’ombres, au Devon, sur un affluent de l’Amblève, en Belgique, et sur la Roer, dans l’Eiffel allemand. Le doute n’est plus possible et l’ombre est bien, comme d’ailleurs la plupart des poissons, ichtyophage… ». Le doute n’est plus possible en effet, l’ombre pouvant devenir un redoutable prédateur et, par voie de conséquence, être capturé au moyen d’un leurre. Je vous livre le fruit de mon expérience personnelle, considérant que la technique que je mets habituellement en oeuvre est perfectible et qu’elle n’est pas nécessairement transposable à tous les types de cours d’eau !Une technique fine et délicate !
Si l’ombre commun qui vit en Mongolie est capable d’attaquer un leurre volumineux, il paraît toutefois plus logique d’employer un matériel plus léger sous nos cieux afin de tenir compte des spécificités de nos rivières et de l’importance de leurs peuplements. C’est donc logiquement que j’ai sélectionné un ensemble ultraléger pour traquer le bel Etendard. J’utilise une canne dont la longueur est comprise entre 1,50 m et 2,10 m en fonction des caractéristiques du cours d’eau que je souhaite prospecter. Un lancer assez long favorise néanmoins les dérives aval qui sont généralement les plus utilisées pour la pêche de l’ombre commun. En effet, la prospection la plus efficace consiste à faire évoluer une cuiller tournante trois-quarts aval afin qu’elle puisse décrire un arc de cercle assez accentué ; l’attaque intervient souvent quand le leurre arrive dans l’alignement du pêcheur.
Il est également possible de parvenir au même résultat lors des prospections vers l’amont à condition de provoquer le même phénomène, c’est-à-dire en inclinant le scion perpendiculairement à la trajectoire initiale au cours de la dérive. Dès que le leurre amorce un changement de direction, l’ombre commun déclenche son attaque qui est d’une fulgurance étonnante et d’une rare agressivité. Beaucoup de poissons se décrochent peu de temps après l’attaque, mais le plaisir que provoquent les quelques captures compense largement la frustration engendrée par les nombreuses touches avortées. S’agissant des leurres à utiliser, je privilégie les cuillers tournantes de petite taille (tailles 0 et 00). Je travaille actuellement sur de nouveaux prototypes de cuillers tournantes qui me donnent de très bons résultats. Je les utilise depuis plus d’un an ; elles se sont révélées particulièrement efficaces au coup du soir. Ce poisson est assez peu farouche, mais il est toutefois recommandé de faire preuve de discrétion afin de ne pas éveiller trop tôt sa méfiance. En prenant toutes les garanties nécessaires, il est possible de faire monter des ombres sur un leurre à des distances relativement proches du pêcheur. La pêche à vue est également possible, mais nécessite une approche lente et mesurée. Le principal problème n’est pas de faire réagir un ombre aux différents stimuli visuels et vibratoires d’un leurre, mais bel et bien d’assurer un ferrage efficace.
Les pêcheurs les plus respectueux pourront remplacer l’armement traditionnel par des hameçons simples sans ardillon. Enfin, je privilégie les dérives entre deux eaux en maintenant mon scion sous un angle de 45 degrés environ afin de provoquer la montée des poissons et ainsi augmenter les probabilités de capture ou, au contraire, je le positionne au ras de la surface afin d’accompagner le leurre dans sa dérive quand le fond est plus important et qu’il est nécessaire de pêcher creux. Pour le reste, rien ne différencie la capture d’un ombre avec une canne à lancer d’une autre technique de pêche, surtout quand le pêcheur emploie un monofilament d’un diamètre de 10 centièmes. Et je dois bien avouer que la violence libérée par ce poisson au moment de l’attaque tranche radicalement avec « l’élégance de ses formes, la distinction de ses manières, le bon ton de sa robe… » du grand Léonce de Boisset.Le Cap Fréhel
De nombreux postes,
comme la Pointe à la
Chèvre, font du Cap
Fréhel l’un des grands coins de pêche de
Bretagne. Prudence !
La Nouvelle-Zélande face à la pire marée noire de son histoire
Alors que la coupe du monde
de rugby se déroulait sans encombre, une marée noire, qui n’a rien à voir avec
les All Blacks, est venue gâcher la fête. La Nouvelle-Zélande vit actuellement
la pire catastrophe écologique de son histoire avec le naufrage sur ses côtes
d’un porte-conteneurs battant pavillon libérien, le Rena. Le navire s’est échoué vers 2 h 20 du
matin, mercredi 5 octobre, sur le récif de l’Astrolabe, à l’est de l’île du
Nord, dans une zone très touristique et riche d’une biodiversité
exceptionnelle. Parmi les conteneurs que le Rena transportaient, onze
contiennent des matières dangereuses. D’ors et déjà, le bateau déverse
d’importantes quantités de fioul. Long de 23 mètres, il en contient 1 700
tonnes. Un tanker a appareillé pour assurer l’opération de pompage, mais les
mauvaises conditions climatiques rendent l’opération délicate. Le capitaine du
Rena a été arrêté le 12 octobre dernier. Le jour de la catastrophe, il fêtait,
avec l’ensemble de l’équipage, son 44e anniversaire. Une célébration qu’il n’est pas près
d’oublier, alors qu’il encourt jusqu’à 12 mois de prison et 7 500 euros
d’amende.
Jean Baptiste Vidal, un Français guide à Villa Maria
Jean Baptiste Vidal est passionné de pêche à la mouche depuis qu’il a 12 ans. Après des études d’hydrobiologie à la faculté de Rennes, il a trouvé un emploi de technicien auprès de la Fédération de pêche du Finistère. Mais, très vite, lui qui rêvait de parcourir les rivières de son département s’est retrouvé confiné dans un bureau à établir des statistiques sur la désaffection du nombre de pêcheurs dans les cinq départements bretons. Aussi, quand un ami de son père lui proposa pendant son mois de congé estival d’aller guider des clients sur les rivières d’Islande, il n’hésita pas un seul instant. Comme les clients ont été très satisfaits de ses prestations de moniteur de pêche, Arni, le patron de Lax-A, lui proposa de guider également pendant l’hiver dans l’hémisphère Sud. Et c’est ainsi qu’il y a cinq ans, Jean-Baptiste s’est retrouvé guide de pêche sur le Rio Grande. A ma connaissance, il existe très peu de guides de pêche internationaux de nationalité française de la stature de Jean-Baptiste. Si vous voulez vous initier ou vous perfectionner aux techniques de pêche des truites géantes, c’est le moment de profiter de sa présence en Terre de Feu.
Pierre Affre

La perche aux leurres de surface par Alban Choinier
Dans toutes les techniques de pêches, on peut avoir deux types d’approche : soit on cherche les gros poissons et on accepte d’avoir peu de touches, soit on cherche à s’amuser et on en prendra alors de toutes les tailles. Dans ces pêches dites “ludiques’’, il en existe une qui est sans aucun doute la plus amusante qui soit, celle de la perche aux leurres de surface.
Par Alban Choinier
La perche est l’un des carnassiers français les mieux représentés dans l’hexagone. Quel que soit l’endroit où vous habitez, que ce soit en plaine ou en montagne, à Rouen ou à Toulouse, les rivières et les lacs sont la plupart du temps correctement peuplés en Perca fluviatilis. Même si leur taille n’atteint pas des sommets, elles sont nombreuses et surtout très réceptives aux leurres en tout genres. Alors, autant en profiter ! Bien sûr, il existe une centaine de manières différentes de capturer une perche. Nous nous intéresserons ici qu’à la pêche en surface, car même si ce n’est pas la meilleure façon d’en prendre beaucoup, c’est assurément la technique la plus amusante ! La perche est, avec le black-bass et la truite, le carnassier qui a le plus l’habitude de venir chasser sa proie en surface. Quand on se promène le soir le long des rivières pendant l’été, on entend souvent le bruit caractéristique des perches en chasse. Ce sont des bruits d’aspiration, sortes de “tchoc, tchoc, tchoc’’, produits par des perches qui poursuivent des alevins en surface. Elles attaquent le leurre en surface comme elle le ferait avec un alevin tentant de fuir. Avant qu’elles ne prennent le leurre en gueule, vous les voyez souvent suivre en petit groupe. Entre-elles la compétition alimentaire est en jeu et pour vous, c’est le petit coup de scion pile au bon moment qui déclenchera l’attaque.
Qu’y a-t-il de meilleur, halieutiquement parlant, que de voir un poisson attaquer ? La pêche de la perche au poisson nageur est un peu ce que la nymphe au fil est à la pêche à la mouche. C’est bien, mais rien ne vaut un beau gobage ! Prenez une petite canne, glissez une boîte à leurres, une paire de ciseaux et une bobine de fil dans vos poches, mettez vos lunettes polarisantes sur votre nez et allez tentez deux ou trois perches en surface. Ça devrait vous plaire…Quels leurres utiliser ?
Deux types de leurres font fureurs sur les perches : les stick bait et les poppers. Les sticks baits : ces leurres flottants sans bavette nagent en zigzag à la surface en imitant un poisson moribond. De tous les leurres de surface, les sticks baits sont les plus polyvalents, suivant leur taille, ils intéresseront tout aussi bien les truites que les perches, les brochets, ou les bars, et même les liches. Les sticks baits dont les tailles sont comprises entre 3 et 8 centimètres seront des cibles de choix pour les perches. Les tailles plus grosses peuvent déclencher des attaques mais provoquent souvent de trop nombreux décrochés.
Les poppers : c’est typiquement le leurre qui fait rire tout le monde : « mais comment veux-tu que ton machin prennent un poisson ? ». J’ai bien dû entendre cette phrase cent fois. Si je n’avais qu’un leurre de surface à prendre pour la perche, ce serait un popper. Déjà parce que leur animation est un régal et ensuite parce que les perches les attaquent avec une violence inouïe. Leur taille doit être comprise entre 3 et 6 centimètres. Nous avons pu remarquer avec mes collègues de pêche que la plume située sur l’hameçon triple à l’arrière du leurre a une importance en matière de nombre de touche sur les poppers alors que cela semble passer inaperçu sur les stick bait.
Comment animer ces leurres ?
Les stick baits : les stick baits s’animent scion à ras de l’eau en ramenant lentement et régulièrement tout en donnant des petits coups de scions eux aussi réguliers. Vous pouvez varier la vitesse de récupération et l’ampleur des “virages’’ du leurre en variant l’intensité des coups de scion. Quand le leurre nage correctement, il va créer à la surface de l’eau un V qui attirera les poissons de loin. Les perches préféreront certains jours des animations rapides et d’autres jours des animations lentes. Il n’existe aucune vérité dans ce domaine. Si elles manquent le leurre mais continuent à attaquer, comme c’est souvent le cas, n’hésitez pas à faire des courtes pauses (1 ou 2 secondes) pendant l’animation pour laisser le temps au poisson de cibler son attaque.
Les poppers : les perches ne sont pas des carangues et il ne faut pas s’acharner à faire le plus gros “pop’’ possible, bien au contraire. Nous avons tous entendu des perches chasser et il faut essayer de reproduire ce bruit avec un popper. Il est toujours délicat de comprendre pourquoi un poisson attaque un leurre, mais dans le cas du popper il semblerait que les perches se déplacent de loin car elles confondraient le bruit du popper avec le bruit d’une congénère en train de se nourrir. C’est pourquoi la fréquence et l’amplitude des “pops’’ ont beaucoup d’importance. Les meilleurs résultats sont obtenus avec des petites séries de quatre ou cinq “pops” suivi d’une pause d’une seconde puis d’un ou deux “pops” suivis d’une pause, puis de nouveau quatre ou cinq. Un peu comme une perche qui chercherait à attraper un alevin. Pendant le “pop’’, le leurre ne doit avancer que de quelques centimètres, pas plus. La pêche au popper est une pêche plutôt lente, du moins plus lente que la pêche au stick bait.
Comment attacher ces leurres ?
Avec des leurres de petite taille, il est difficile d’utiliser des agrafes sans contraindre leurs capacités de nage. L’idéal est de nouer directement le bas de ligne. En revanche, étant donné la relative rigidité de celui ci, le noeud doit être lâche afin de ne pas brider le leurre. Le noeud Rapala, qui forme une petite boucle quand il est terminé, est parfaitement adapté.
Quelle canne choisir ?Il existe deux manières d’estimer la puissance d’une canne. Soit on parle de poids de lancer (exprimé en grammes) soit on parle de force de ligne à utiliser. Nous sommes plus habitués en France à parler de poids de lancer alors qu’aux Etats Unis ou au Japon, se sont les classes de lignes qui sont mentionnées sur les cannes. Par exemple, une canne d’une puissance de 5 à 20 grammes a une puissance de ligne conseillée entre 5 à 12 livres. Pour simplifier les choses, les Américains ont donné des noms à ces puissances : une canne de 5 à 12 livres (ou 5/20 gr) est une Médium (moyenne). Si la canne est un peu plus souple (4 à 10 livres ou 3/10 gr) elle sera une Medium Light (moyenne légère) et si elle un peu plus puissante elle sera une Medium Heavy (moyenne lourde). Quand on en prends l’habitude, ce classement simplifie les choses. Les leurres de surface couramment utilisées pour les perches pèsent entre 3 et 10 grammes, une canne d’une puissance Médium light (3/10 gr) est donc idéale. Si vouspêchez la truite en petite rivière, vous pourrez aussi utiliser votre canne à perche pour cet usage. Mais si vous pêcher aussi le blackbass, le sandre ou la truite en grande rivière, je vous conseille de prendre une canne Médium (5/20gr), car même si cela peut être un peu fort pour les plus petits leurres, vous pourrez l’utiliser sans problème pour extraire des blackbass des bois morts ou pêcher le sandre en vertical.
Pour projeter et surtout animer correctement ces petits leurres, les cannes ne doivent pas dépasser 2,10 mètres de longueur. Plus longues, l’animation et le contrôle d’un leurre de quelques centimètres devient hasardeux. On trouve chez de nombreux fabricants des cannes en deux brins de 2,10 mètres pour des puissances données souvent comprises entre 5 et 20, voir 30 grammes. Ce sont des cannes dites M (Médium) qui seront parfaites pour l’usage que l’on veut en faire. Mais le marché des cannes leurres a évolué et le choix de cannes monobrins s’est considérablement étoffé. Autant les cannes en deux brins sont faciles à transporter, autant les cannes monobrins sont performantes (c’est mécaniquement compréhensible). Généralement plus courtes (heureusement pour le transport !) les monobrins de 6.3 pieds (1,9m) ou 6.6 pieds (2m) seront parfaites en puissance ML ou M.
Les tailles de moulinet les plus couramment utilisées sont les tailles que l’on retrouve dans les séries 2000. Ce sont des moulinets qui pèsent entre 200 et 300 grammes. Tous les moulinets récents ont une double vitesse d’oscillation de la bobine autorisant l’utilisation de corps de ligne tressés.
Comment garnir son moulinet ?La réponse est simple et sans ambiguïté : de la tresse ! L’animation de ces petits leurres nécessite de la précision que seule l’absence d’élasticité de la tresse peut donner. De plus, la tresse permet de lancer des poids légers à grande distance. Un autre aspect auquel on pense moins est le poids du nylon. Si vous lancez un leurre de 5 grammes à 15 mètres avec un nylon de 22/100, celui-ci va couler sur au moins 10 mètres. Votre petit leurre sera tiré vers le bas par le poids du nylon et sa nage en pâtira. A l’inverse, la tresse flotte et ce type de problème ne se pose pas. Les diamètres de tresse donnés par les fabricants sont complètements farfelus et souvent sous évalués, mais en règle générale, une tresse de 10 ou 13/100 conviendra à l’animation des petits poppers et stick bait.
Quel bas de ligne ?
Du fait de l’opacité des tresses, il n’est pas possible d’y attacher directement le leurre. Il faut toujours faire un petit bas de ligne noué, dont la longueur sera comprise entre 50 cm et 1 mètre, avec un matériau transparent comme du nylon ou du fluorocarbone. Ma préférence va à ce dernier, du fait de son absence de mémoire et sa très bonne résistance à l’abrasion. Le choix du diamètre est délicat. L’idéal en matière de nage est un 20/100. Mais étant donné l’absence d’élasticité de la tresse, au ferrage, les forces s’accumulent dans le bas de ligne. Il est donc nécessaire de le sur-dimensionner : un 25/100 s’avère parfait. Il m’arrive même de mettre un bas de ligne en 28/100 quand la zone est très encombrée pour pouvoir sortir un joli poisson des branches… ou avoir une chance de récupérer un leurre dans un obstacle ! Et les brochets ? Ils montent rarement sur les poppers mais adorent les stick baits. Généralement, ils préfèrent les grosses bouchés mais il arrive quelques fois qu’ils prennent un apéro… auquel cas si vous avez de la chance il sera piqué au bord de la gueule et sinon vous direz adieu à votre leurre ! Il n’existe aucune parade, les petits leurres ne nagent plus si le bas de ligne est en acier, en tresse ou en gros fluorocarbone.
Où pêcher les perches en surface ?
C’est de loin la question la plus délicate. J’aurais tendance à dire : là où elles sont ! A partir du moment ou les alevins sont nageants, les perches les suivent invariablement. Trouvez la nourriture et vous trouverez les perches ! Les bordures, les amas de branches, les blocs rocheux sont aussi d’excellentes zones. Il faut essayer de pêcher tous les postes qui vous sembles favorables. Si vous n’avez pas eu de perche derrière votre leurre au deuxième ou au troisième lancer, n’insistez pas et changez d’endroit. Quand elle sont-là, l’attaque est quasi immédiate. Ne cherchez pas obligatoirement les zones peu profondes.
A l’inverse du brochet, la perche n’hésite pas à monter des profondeurs pour saisir un leurre en surface. Des profondeurs comprises entre 1 et 3 mètres d’eau seront valables. Cela dépend aussi de la clarté de l’eau. Plus l’eau est turbide et moins les perches se déplaceront pour chasser. J’ai déjà vu – dans des lacs alpins à l’eau cristalline – monter des perches de plus de 5 mètres de profondeur pour saisir un leurre en surface. Que ce soit en lac ou en rivière, les perches adoptent souvent les mêmes comportements. Ne restez pas statique, bougez, parcourez du terrain et cherchez-les. Les perches bougent beaucoup.
Quand les pêcher ?En règle générale, les meilleurs moments correspondent aux mois les plus chauds. C’est-à-dire 11 mois de l’année à Toulouse et deux semaines à Lille ! Blague à part, il faut que l’eau soit chaude pour que les poissons, toutes espèces confondues, occupent la couche superficielle de nos rivières et plans d’eau. La pêche des perches en surface démarre réellement à partir du moment ou les alevins de cyprinidés sont éclos et nageant. Cela correspond souvent au mois de juin. Les perches montent alors sur les bordures et chassent dans peu d’eau jusqu’aux premiers froids un peu sérieux, souvent fin septembre pour la partie nord de la France et fin octobre pour la partie sud. Mais le climat étant farceur ces dernières années, on ne sait jamais jusqu’à quand les conditions peuvent rester favorables.

De l’intérêt des gros spinnerbaits
De tous les leurres “modernes”, le spinnerbait est le seul à avoir pu s’imposer sur le marché français. De nombreux pêcheurs de brochets en ont fait l’une de leurs bottes secrètes. Mais, avec l’été et le développement massif des herbiers, seuls les gros modèles émettant de fortes vibrations sont en mesure de décider les carnassiers à sortir de leurs refuges estivaux.
Par Jean-Marc Theusseret
Il y a cinq ou six ans, les spinnerbaits étaient quasiment inconnus des pêcheurs aux leurres français. Seuls les plus curieux, amateurs de leurres japonais et américains, avaient eu la bonne idée de tester l’efficacité redoutable de ces drôles de leurres sur les brochets et les black-bass. C’est d’ailleurs pour ce poisson que le spinnerbait a été conçu sur le principe d’une palette qui tourne sur elle-même (de to spin, “tourner sur soi-même”). Si son efficacité sur les blackbass n’a jamais fait l’ombre d’un doute, lorsqu’il s’agit de les chercher en prospection rapide (power fishing), la surprise fut grande sur les brochets européens. Les tailles usuelles des spinnerbaits importées en France concernent les modèles de tailles 3 et 4, voire 5, ce qui correspond à des tailles de palettes de 4 à 6 cm au maximum pour un poids de 15 à 25 g tout compris. Ces leurres donnent de très bons résultats lorsqu’ils sont utilisés pour prospecter des herbiers parsemés de clairières.
Les spinnerbaits jouent sur plusieurs registres : les vibrations, les éclats, les couleurs, l’action du leurre souple situé en queue. Ces spécificités font que les spinnerbaits sont censés interpeller tous les sens d’un carnassier comme le brochet. Le succès de ce leurre, qui reste le seul parmi les leurres modernes à avoir séduit l’ensemble des pêcheurs de carnassiers, réside dans sa facilité d’utilisation, car on le ramène en moulinant de façon régulière et parce qu’il ne s’accroche quasiment pas.
De grosses palettes pour les provoquerLa limite des spinnerbaits est atteinte lorsque les herbiers sont si denses qu’ils ne forment plus qu’un bloc compact. En été, les brochets s’y réfugient volontiers. Si l’on peut toujours employer un spinnerbait de taille standard pour le faire passer autour, voire au-dessus de ces blocs végétaux, les brochets ne réagiront pas forcément aux seules vibrations de ces leurres. Dans ce cas-là, l’utilisation d’un modèle beaucoup plus imposant fait souvent la différence, notamment sur les beaux sujets. Tout se joue sur les vibrations émises, car le plus souvent nos résidents de ces herbiers denses ne verront pas les leurres passer au-dessus de leur tête. Il est d’ailleurs très étonnant de constater à quel point la France est sans doute le pays d’Europe qui utilise les plus petits leurres pour la pêche du brochet. Les Néerlandais, Espagnols, Belges, Anglais, Irlandais, sans parler des Suédois, ne conçoivent pas de pêcher cette espèce avec des poissons nageurs de moins de 15 cm (c’est vraiment un minimum).
Pour les spinnerbaits, la difficulté consiste avant tout à trouver des gros modèles. Les importateurs sont encore très frileux sur le sujet, mais heureusement les choses s’arrangent petit à petit. Pour autant, les modèles pourvus de palettes longues de 8 à 12 cm ne sont pas légion. Il s’agit en réalité de leurres conçus pour pêcher les muskinonges, ces brochets géants d’Amérique du Nord. Si la palette est intéressante, l’hameçon ressemble le plus souvent à une pioche et le leurre qui l’entoure est inadapté à l’utilisation que l’on souhaite en faire. La meilleure solution consiste alors à récupérer la ou les palettes, les anneaux brisés et les émerillons, et à construire un autre leurre à l’aide de corde à piano, d’un peu de soudure et de quelques accessoires.Les formes de palette
La forme de la palette détermine autant sinon plus que sa taille la nature et l’amplitude des vibrations émises. On trouve dans le commerce deux formes de palettes. L’une est dite allongée ou “feuille de saule”, et l’autre, presque ronde, est dite “Colorado”. Ces deux formes dictent deux utilisations bien différentes. Les leurres munis de palettes allongées sont plus adaptés à une récupération rapide (power fishing) et à une utilisation dans un faible courant. Les leurres à palettes rondes se récupèrent très lentement et sont inadaptés à une récupération face à un courant même très faible (trop de “tirage”).
Où les trouver ?
Le marché des palettes de spinnerbaits, de surcroît lorsqu’il s’agit de gros modèles, est des plus confidentiels. Néanmoins, certains magasins spécialisés en proposent quelques modèles, comme les Damiki Spinner Willow #5, Damiki Spinner Colorado #4 ou les Megabass 3D Hydro Blade. Une autre option tout à fait recommandée consiste à récupérer des palettes sur les cuillers ou des spinnerbaits de grande taille comme la cuiller Mepps Giant Killer ou le spinnerbait Storm Wildeye Curl Tail Swim Shad #6.
Pour les accessoires tels que jupes en silicone, plombs, corde à piano mais aussi palettes de toutes formes et de toutes tailles, le site Internet américain www.barlowstackle.com est une véritable caverne d’Ali Baba. Ces produits ne sont pas ou que très peu distribués en France, ce qui est dommage, car la pêche aux spinnerbaits a le vent en poupe.Une ou plusieurs palettes
Les petits modèles de spinnerbaits importés en France nous ont habitués à des conceptions mariant deux, trois ou même quatre palettes, comme sur un très bon modèle de marque Booyah. Concernant les gros modèles de spinnerbaits, le principe du multi-palettes n’est sans doute pas aussi convaincant. Premier problème, le poids ajouté par la palette supplémentaire. Second problème, le tirage, qui nous amène directement vers le problème de l’équilibrage du leurre. Car, qui dit palettes de grande taille à fortes vibrations dit équilibrage du leurre à bien maîtriser. Pour nager convenablement, un spinnerbait doit le faire en position verticale et non sur le côté, ce qui est le cas lorsque le lest n’est pas assez important ou que la récupération se fait trop rapide. Une seconde palette oblige à surlester le leurre pour atteindre des poids de plus de 60 g. Comme toujours avec les gros leurres, un matériel spécifique est alors incontournable. Un poids global de 40 à 50 g doit être respecté pour pouvoir être utilisé avec une canne de puissance “heavy”, sans tomber dans des excès.

Les lacs de la forêt d’Orient
Au nombre de trois, les lacs de la forêt d’Orient dans l’Aube, forme
une véritable mer intérieure. Les surfaces sont en effet très
importantes puisque le lac d’Orient s’étend sur 2300 ha, celui du
Temple sur 1850 et enfin celui d’Amance, qui fait presque figure de
bassine en comparaison, trône sur 500 ha tout de même ! Ces trois plans d’eau artificiels servent de réserve d’eau et alimente notamment une bonne partie des rues de Paris en eau potable. Les trois lacs sont bien peuplés en carnassiers, notamment en perches et en brochets. Le sandre est présent uniquement dans le lac du Temple et dans celui d’Amance. Détail important, seul le lac d’Amance est autorisé au moteur thermique. Les deux autres obligent les pêcheurs à se déplacer au moteur électrique ou à la rame. Ces grands lacs peuvent être dangereux lorsque le vent souffle. De même, les lacs sont aussi une réserve ornithologique, ce qui implique certaines contraintes. Il est donc très important de ne pas s’y aventurer sans avoir vérifier les conditions météo et s’être informé de la réglementation particulière qui autorise la pêche. L’automne est l’un des meilleurs moments pour la pêche des carnassiers sur les lacs de la forêts d’Orient.Renseignements :
www.leslacsdorient.com
Interview de Masahiro Igarashi, président-directeur général de IMA-AMS JAPAN
Particulièrement réputés pour la pêche du sea-bass japonais, les leurres IMA fêtent ont fêté leurs dix ans d’existence en 2008, nous avions, à cette occasion, publié un interview de Masahiro Igarashi, Pdg de la marque nippone. Ces leurres très conceptuels sont certes magnifiques, mais aussi et surtout très efficaces !
Par Achile Gan
A l’occasion de sa venue récente en Europe, j’ai eu la chance de rencontrer Masahiro Igarashi, l’emblématique président-directeur général de la société japonaise IMA-AMS Design. Leader des ventes de poissons nageurs pour le bar japonais, IMA offre aussi à ses inconditionnels de magnifiques leurres pour la pêche des carnassiers d’eau douce et des salmonidés.
Achille Gan : Pouvez-vous nous décrire rapidement votre société et résumer son historique ?
MASAHIRO IGARASHI : Ingénieur en mécanique et designer chez Honda pendant une dizaine d’années, j’ai décidé de fonder ma propre société de design industriel, AMS Design Company Ltd., afin de voler de mes propres ailes, selon mon inspiration. Passionné de surf et entouré de pêcheurs en mer, je fus rapidement sollicité par mes amis de l’époque pour mettre à profit mon expérience et mon savoir-faire technologique dans la création d’un leurre à bar. C’est ce que je fis avec une série limitée dont les résultats ne se firent pas attendre. Quelques dizaines d’exemplaires plus tard, mon imagination fit naître, cette fois-ci, un drôle de leurre flottant à bavette intégrée, connu sous le nom de Komomo SF-125. Capable de travailler dans de très faibles profondeurs et réalisant de belles performances au lancer, ce modèle connut un véritable succès dès les premiers essais. En ce mois d’avril 1998, je décidai alors de fonder une filiale de AMS Design spécialisée dans la conception et la fabrication de poissons nageurs. Les trois premières lettres du mot “imagination” s’imposèrent naturellement comme emblème : IMA venait de naître !
A. G. : Où est située votre compagnie et quelle place occupe-t-elle au Japon ?
M. I. : IMA est basée dans la baie de Tokyo, nous sommes à une heure à peine de la grande plage de Kujukuri. Cette plage est réputée pour le surf mais aussi pour la pêche et elle est, comme la baie de Tokyo, un excellent terrain de tests pour nos leurres ! IMA est aujourd’hui un des leaders japonais en matière de poissons nageurs. Avec plus de trois millions de leurres vendus, nous nous sommes solidement positionnés sur un marché nippon qui, on le sait, est particulièrement malmené depuis une dizaine d’années. Nous sommes fiers d’avoir atteint ce niveau de notoriété en matière d’innovation pour la conception de leurres. Les designers de IMA sont diplômés des meilleures universités soit en génie maritime, soit en ingénierie CAD (design assisté par ordinateur). Ce duo de compétences rassemble de véritables fous de pêche qui ont entre leurs mains des outils de pointe : les machines CNC, à commandes numériques. Elles travaillent des formes solides à partir de dessins 3D. Ce concept permet, à partir d’une idée, de fabriquer en un temps record un prototype puis un produit parfaitement fini. Ainsi, d’une simple idée percutante il est possible de concevoir rapidement et de manière soignée un prototype qui sera longuement éprouvé par le staff IMA aux quatre coins du globe. Vous aurez aussi bien sûr noté la qualité des finitions haut de gamme et la robustesse des produits finis, qui sont tous armés d’hameçons Owner. IMA emploie une quinzaine de personnes et s’est entourée de testeurs de terrain et de biologistes piscicoles. Outre les nombreux pêcheurs professionnels japonais figurant au Team IMA Japan, elle sponsorise des bassmen professionnels des circuits américains B.A.S.S. Elite et FLW : Michael Murphy, Bill Smith et le fameux Fred Roumbanis, très en vue actuellement. Leur collaboration a permis de créer cinq nouveaux leurres, dont les premiers ont été présentés avec succès en 2007 lors du plus grand salon mondial de pêche : l’ICAST Show de Las Vegas.A. G. : Vos leurres possèdent une particularité inédite imprimée sur leur descriptif : c’est leur date de naissance !
M. I. : Exact ! J’ai voulu cela car j’ai considéré, dès le lancement de la marque IMA, que les leurres que nous concevions allaient vivre leur vie un peu comme notre progéniture, comme nos “enfants” en quelque sorte ! Cette information est surtout très utile à tous les niveaux de la chaîne commerciale pour situer dans le temps les dates de sortie des modèles de leurres et leurs évolutions ou séries limitées. Nous pensons aussi aux collectionneurs de leurres, qui raffolent de ce genre de singularité.A. G. : Pourriez-vous détailler les modèles phares de la marque IMA qui intéresseront plus particulièrement nos pêcheurs de carnassiers d’eau douce ?
M. I. : IMA est très spécialisée dans la conception des leurres pour le bar et les poissons marins, mais nous possédons une panoplie de modèles très performants pour les prédateurs d’eau douce. Si je fais abstraction des séries limitées, notre gamme complète regroupe une quarantaine de modèles de leurres et, parmi ceux qui seront distribués en France très prochainement, les pêcheurs français trouveront sans aucun problème les leurres qui leur permettront de tromper la méfiance des brochets, des black-bass, des perches, et même des truites et autres salmonidés qui peuplent vos magnifiques cours d’eau de montagne. Pour ces derniers, je pense aux petits crankbaits Tetra, qui forment une famille de quatre membres à l’apparence et aux actions de nage très complémentaires. Vos tests sur les truites des gaves et rivières auvergnates les ont révélés très performants, de même qu’auprès des perches des lacs girondins, n’est-ce pas ?A. G. : En effet, j’ai vraiment apprécié leurs caractéristiques qui leur permettent d’être très efficaces aussi bien en eau calme qu’en torrent. Dans la gamme française, quels sont les cinq leurres qui, d’après vous, feront parler d’eux rapidement ?
M. I. : Si l’on considère uniquement le côté eau douce de la question, je vous répondrai en distinguant les leurres conçus par IMA Japon, qui ont été pensés prioritairement pour les prédateurs marins, et les leurres développés par notre équipe américaine, qui ont tous été, vous vous en doutez, réalisés pour pêcher le black-bass. Ces derniers correspondront naturellement aux attentes des pêcheurs français qui pratiquent en eau douce. Le Roumba 75F et le Flit 120SP sont les figures de proue des ces leurres d’outre-Atlantique, grâce aux résultats qu’ils ont permis d’obtenir lors de compétitions B.A.S.S. Le Roumba plaira beaucoup aux passionnés des pêches de surface et de sub-surface. Ce wake bait est un crankbait peu plongeant qui réveillera l’agressivité des prédateurs, attirés par son déhanchement provocateur. Son créateur, Fred Roumbanis, l’a voulu très polyvalent, si bien qu’il peut être utilisé tout au long de l’année en variant simplement la récupération et la profondeur de nage. Essayez-le près des herbiers, des nénuphars et des roselières, il devrait vous surprendre par son efficacité face aux brochets et aux bass (ndrl : une astuce qu’utilise Fred consiste à remplacer le triple caudal d’origine par un modèle agrémenté de plumes, comme le triple 13 FT Gamakatsu, par exemple).Le Flit vous paraîtra plus classique, identique à de nombreux jerkbaits fuselés, mais il n’en est rien ! En pratiquant une autopsie de ce leurre, il apparaît avec évidence que notre staff et Michael Murphy (FLW Tour pro angler) sont allés au-delà des concepts habituels pour donner vie à cette merveille d’efficacité. Par exemple, la section triangulaire inversée du corps, le design de la bavette et la construction interne du Flit découlent des fonctions que Michael a voulu obtenir pour imiter au mieux le poisson fourrage le plus convoité par les carnassiers. Outre l’apparence, ses caractéristiques sont le comportement de nage, la densité, l’hydrodynamisme, l’émission de vibrations et le renvoi d’éclats lumineux. De même, le travail sur l’implantation et le remplissage des chambres à billes sonores est basé sur les sons réels émis par ces mêmes proies. Un must qui vous sauvera des bredouilles dans bien des cas, notamment en eaux froides, lorsque les poissons sont peu actifs.
En ce qui concerne nos leurres de conception purement japonaise, et pour ne retenir que quelques modèles parmi la sélection Sakura, je pense que le Popkey 120F devrait se positionner comme un très bon leurre de surface. Hybride de stickbait, de splasher et de popper, le Popkey zigzague facilement en émettant des bulles et des éclaboussures très attractives. Le B-ta Moge 66S et son profil de shad a toutes les aptitudes pour séduire les prédateurs qui seraient focalisés sur des proies de petite taille. Ce poisson nageur coulant peut se ramener en linéaire comme un crankbait ou avec de petits coups de scion. Utilisé pour la pêche dans les baies et les ports, en mer, les bassmen japonais l’apprécient énormément quand il s’agit de pêcher en finesse entre 0,80 et 1,50 m. Enfin, le Gyodo, qui permet de prospecter facilement les couches d’eau entre 1 m et 1,60 m et dont le profil naturel produit une nage au rolling accentué pour le modèle 130MD tandis que le 110MD présente un wobbling et rolling équilibré. Le Gyodo, les Gyodo, devrais-je dire, devraient se placer comme d’excellents minnows à brochet dès la fin de saison, j’en suis sûr.
A. G. : Au nom de Pêches sportives je vous remercie de nous avoir accordé un peu de votre temps et souhaite la bienvenue en France aux leurres IMA.
M. I. : Merci à vous et soyez assurés que les pêcheurs français bénéficieront du meilleur qu’une marque comme IMA peut leur apporter, en développant des leurres dans le but de concrétiser leurs rêves de pêche.
Renseignements :
Les leurres IMA sont distribués en exclusivité par Sakura
www.imalures.fr
www.sakura-fishing.com
Rozemeijer Shaking Shad
Pour ceux qui l’ignorent, Bertus Rozemeijer est celui par qui la pêche du sandre “à la verticale” s’est popularisée, aux Pays-Bas tout d’abord, puis dans toute l’Europe ou presque ensuite. Autant dire que le personnage en connaît un rayon en matière de leurres souples pour cette pêche. Si la collection Rozemeijer comporte quelques modèles certes efficaces mais atypiques (Cone Tail, Pin Tail, etc.), nous sommes nombreux à avoir essayé le Shaking Shad. Ce petit leurre souple de 7 cm à queue dans l’axe se destine à la pêche en drop shot, notamment par eaux froides. Le leurre est piqué par le nez avec un hameçon n° 8. Moulé dans une matière très mobile et aromatisée, le Shaking Shad a tout pour séduire des sandres difficiles mais aussi les perches, qui se laissent volontiers tenter par cette imitation de petits poissons. C’est en tout cas un leurre à avoir dans sa boîte de “verticalier”, lorsque les leurres plus imposants ne font plus recette, ou que les sandres se trouvent décollés du fond (avantage du montage drop shot).
Conseils d’animation
Le Shaking Shad est fait pour évoluer lentement à quelques dizaines de centimètres au maximum au-dessus d’un lest dont le poids est généralement compris entre 10 et 20 g. Piqué par le nez, le leurre garde sa liberté pour se mouvoir de tout son corps. Et c’est là sa principale animation, le reste étant avant tout constitué de variations de niveau pour suivre le fond ou récupérer des échos signalés par le sondeur.
Le simple mouvement de la canne et du bateau suffit à l’animer.• Fiche technique
Longueur : 70 mm.
Prix conseillé : 5,95 euros le sachet de trois leurres.
Deux coloris (dos gris flancs blancs ou orangé translucide).
www.rozemeijer.com
Québec : la Pourvoirie des Lacs Robidoux et ses saumons atlantiques
Fondée en 1952 au cœur de la Gaspésie, au Sud-Est du Québec, par M. Mc Whirter, la Pourvoirie des Lacs Robidoux propose aux pêcheurs à la mouche (exclusivement) de venir séduire les imposants saumons atlantiques qui remontent les rivières Cascapédia, Petite Cascapédia ou Bonaventure. A la fin des années 40 déjà, des pêcheurs américains devaient amerrir sur le Lac Ribodoux, afin d’aller débusquer le fameux poisson dans la Bonaventure, alors qu’aucune route ne venait dans cette région reculée. La pêche du saumon atlantique se pratique ici à partir du 1er juin jusqu’au 30 septembre, même si la première montaison de pointe se produit entre la fin juin et le début du mois de juillet. Salmo Salarn’est pas l’unique habitant du lieu, il est possible également de pêcher dans les eaux cristallines de ces rivières et du Lac Ribodoux des saumons noirs (à partir de mois de mai), des ombles de fontaine et des truites de mer. Une auberge confortable, construite en bois, dans le plus pur style québécois, à proximité des meilleurs parcours permet de résider sur place. Les trois rivières coulent dans une région sauvage, où les forêts accueillent ours noirs, cerfs de Virginie, castors et aigles. L’occasion d’une immersion dans une nature préservée à la rencontre du saumon atlantique.
Christian Roulleau, qui vient d’en reprendre la représentation en France, pourra vous fournir toutes les informations utiles alors n’hésitez pas à le contacter si vous prévoyez un voyage halieutique chez nos cousins québécois.
Renseignements :
Christian Roulleau
06 18 37 03 86