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Auteur/autrice : admin_lvdr

Pêcher avec des soft swimbaits
Durant la saison froide, les prédateurs économisent leur énergie et se focalisent souvent sur des proies conséquentes, capables de les rassasier rapidement. Sans aucun doute, les swimbaits souples se présentent comme les leurres du moment.
Par Achille Gan
Poursuivant notre étude sur les leurres souples et leurs différents montages, je vais délaisser volontairement les modèles durs ou hybrides et vous parler des « swims » souples dont les versions actuelles sont particulièrement dignes d’interêt. Popularisés, en France, grâce aux nombreux leurres souples portant l’appellation « shad » dans leur nom de baptême, les swimbaits, que l’on monte sur tête plombée ou ceux dont le lestage est intégré lors du moulage, sont plutôt réservés à une prospection profonde et verticale. Leur efficacité n’est plus à démontrer et j’ai voulu vous présenter le sujet selon un autre angle, en me penchant sur des modèles moins communs, plus adaptés à la traque des big bass, des grosses perches ou des brochets réputés imprenables. Le terme « swimbait » englobe plusieurs types de leurres dont l’aspect général est assez proche de celui d’un vrai poisson et dont la matière première peut être du bois, de l’ABS ou de la matière plastique souple (élastomère, PVC, silicone…). Qu’ils soient classés comme poissons nageurs parce qu’ils possèdent une bavette ou comme leurres souples, ils possèdent un point commun, c’est celui d’être particulièrement attractifs auprès des plus gros carnassiers.
Des vibrations bien spécifiques
Vous le savez, les poissons carnassiers repèrent leurs proies essentiellement grâce aux vibrations et aux déplacements d’eau perçus par leur oreille interne et par les cellules nerveuses situées sur leur corps ou le long de leur ligne latérale. La vue ne leur servant qu’à ajuster l’estocade ou à vérifier, en « close-up », la nature de leur futur repas. D’autre part, il est connu que les bass, qui peuplent certains lacs californiens, peuvent atteindre des tailles exceptionnelles frôlant les 22 livres, 4 ounces du record mondial, se nourrissant des truites arc-en-ciel maillées qui y sont régulièrement déversées pour amuser les pêcheurs.
A partir de ces observations, les concepteurs de swimbaits souples ont fait évoluer les modèles utilisés en mer en travaillant sur la souplesse des matériaux et la capacité du leurre à émettre de fortes vibrations, sous récupération ultra-lente, pour parvenir à imiter celles de ces pauvres truites perdues dans l’immensité des lacs, errant à la recherche des bords du bassin bétonné natal et du pisciculteur nourricier !Des tailles adaptées et une densité particulière
Au début, la masse importante de ces softbaits les destina longtemps à la pêche à la traîne, faute de matériel adapté. Aujourd’hui, ils font partie de l’équipement basique de tout bassman qui se respecte tant leur gamme a évolué pour coller aux besoins des lanceurs « légers ». Disponibles dans des tailles de 10 à 35 cm pour des poids pouvant atteindre les 250 g, ils ont une densité relativement commune dite « slow sinking ». Celle-ci permet un travail en surface, juste au-dessus des herbiers, si on maintient une récupération régulière ou entre deux eaux dès que l’on ralentit le rythme ou que l’on prend soin de laisser couler un peu le leurre. Vous le voyez, leur zone d’action les rend tout à fait repérables par les gros prédateurs postés en profondeur ou suspendus en pleine eau. Leur déplacement naturel renforce leur pouvoir attractif sur ces gros poissons peu enclins à se déplacer s’ils n’ont pas de grandes chances de réussir leur attaque.
Deux familles bien distinctes
Parmi ces swimbaits souples, nous pouvons en distinguer deux sortes qui se distinguent par leur conception et leur utilisation. La première, relativement répandue outre- Atlantique, se présente déjà armée d’un ou deux triples reliés à l’oeillet d’attache par du fil inox, du câble acier ou de la tresse textile noyés dans la masse. Leur degré de finition peut être assez élevé et des nageoires stabilisatrices sont présentes pour éviter que le leurre ne fasse n’importe quoi sous les puissantes secousses de l’appendice caudal. La nage de ces leurres et leur action aguichante se cantonnent d’ailleurs à ces battements latéraux de la queue et à un léger rolling du corps. Mais croyez-moi, la quantité d’eau déplacée par ces leurres volumineux suffit largement pour réveiller les brochets les plus apathiques ! Ils trouvent leur plein emploi pour une prospection large de postes peu encombrés, où leurs capacités vibratoires pourront s’exprimer.
Comme je le disais plus haut et malgré l’armement conséquent de ces big baits, vous pourrez aussi vous amuser, au printemps, à peigner les bancs de potamots ou de myriophylles avant qu’ils n’atteignent la surface. Entre deux massifs, n’hésitez pas à faire du « dead sticking » ou du « donothing », c’est-à-dire à stopper toute récupération et à laisser le leurre immobile le plus longtemps possible ! Cela marche encore mieux avec des swimbaits relativement flottants. Plus à même d’intéresser les blackbass et les perches, la seconde catégorie possède des lignes plus fluides, plus abstraites aussi. Culminant à une quinzaine de centimètres, certains de ces swimbaits ont une conception beaucoup plus complexe que les « mammouths » vus précédemment et se rapprochent plus des leurres souples classiques, vendus en paquets de plusieurs unités. Non armés, ils s’installent sur des jig heads ou mieux, sur des hameçons à oeillet décentré. Ils vous permettent alors de prospecter n’importe quel poste, aussi encombré soit-il ! Leur densité habituellement « slow sinking » est modifiée, à la fabrication, par adjonction dans le plastique de micro-bulles d’air ou de paillettes de tungstène pour les rendre flottants ou coulants. Les versions modernes de ces swimbaits sont très travaillées au niveau de leur comportement sous l’eau.
Des études hydrodynamiques ont conduit les concepteurs à créer des articulations, des points de resserrement de la matière, etc. pour obtenir beaucoup plus de vivacité et de souplesse que leurs homologues salmoniformes. Cette catégorie, plus polyvalente, supporte ainsi une multitude d’animations et de montages. Il est tout à fait possible de les employer sans plomb (weightless rig) pour les faire buzzer ou onduler sous la pellicule. On peut aussi y planter des inserts, en plomb ou en tungstène, pour parvenir à trouver la densité voulue ou carrément leur adjoindre une balle et préparer un vrai montage texan capable de pêcher plus profondément ! Attention toutefois à ne pas les surplomber, ce qui anéantirait leur si belle nage. Pour des modèles de 10 à 15 cm, utilisez des balles de 1,8 g à 3,5 g et jusqu’à 18 g pour les swimbaits plus gros, selon vos besoins.
Les modèles plutôt fusiformes, comme les Spindle worm flottants, donnent d’excellents résultats en Carolina rig ou en drop shot, tout en restant très confortables à manoeuvrer. Oui, vous avez bien lu ! En drop shot. Les montages plombés seront, bien sûr, plus indiqués au moment où les carnassiers suivent les poissons blancs dans leur retraite hivernale alors qu’il faudra être patient et obstiné pour peigner ces postes souvent profonds.
Vous l’aurez compris, ces swimbaits souples vont vous permettre d’être très réactifs lorsque les conditions de pêche où les types de postes vont changer. Le montage sur hameçon « offset » démontre une fois encore toute sa polyvalence et sa facilité d’utilisation sur des leurres qui mêlent l’apparence naturelle au côté ludique que nous fait vivre chaque fois la pêche aux leurres. Grâce à leur silhouette souvent imposante et à leur nage très étudiée, les swimbaits ont séduit ou énervé de nombreux carnassiers d’eau douce et d’eau salée, pourtant, ceux-ci n’avaient jamais croisé de truite arc-en-ciel !
Les effets mal connus des abreuvoirs sauvages
L’abreuvoir à bétail n’est certainement pas un sujet de préoccupation majeur des pêcheurs parcourant les cours d’eau, et pourtant il l’est pour les techniciens qui travaillent à la préservation et à la restauration de la qualité des milieux aquatiques. Vous le découvrirez donc à la lecture de ces lignes, donner à boire à nos bétails se révèle être un sujet beaucoup plus important qu’il n’y paraît et mérite réellement d’être abordé en raison de son intérêt général.
Par Arnaud Caudron et Denis Caudron
Avec l’intensification des élevages et l’évolution des pratiques agricoles, les troupeaux, et en particulier les bovins laitiers, sont de plus en plus nombreux et consomment également de plus en plus d’eau. En l’absence de point d’eau naturel (source, étang, cours d’eau), l’exploitant agricole doit apporter régulièrement à son bétail une citerne d’eau pour permettre à ses animaux de s’abreuver. Mais vu l’importance du réseau hydrographique de notre pays, une grande majorité des terres d’élevage est traversée par un petit cours d’eau ou une rivière. Dans ce cas, le bétail a un accès libre au cours d’eau qui peut bien souvent, en cas d’absence de clôture, se prolonger sur l’ensemble du linéaire de la pâture. Cette pratique facilite doublement le travail de l’exploitant en permettant à son bétail de boire librement et en lui évitant l’entretien d’une clôture. Elle est donc courante et généralisée sur l’ensemble de notre territoire, notamment dans les grandes régions d’élevage comme en Normandie mais également, ce qui est moins connu, en zone de montagne sur les petits cours d’eau du Massif Central, des Alpes ou des Pyrénées. Sans oublier nos voisins européens qui sont confrontés aux mêmes problèmes comme en Irlande ou en Ecosse mais aussi outre- Atlantique au Canada.
Des impacts nombreux et variés
La prolifération des abreuvoirs sauvages en bordure des rivières entraîne de nombreux dommages de la zone riveraine, du lit du cours d’eau, de la qualité de l’eau et dont les impacts physiques et chimiques peuvent avoir des conséquences aussi bien sur les poissons, la santé humaine que sur les bovins euxmêmes. Le piétinement et le broutement répété des animaux provoquent une déstabilisation ou une déstructuration des berges et perturbent fortement la végétation rivulaire qui, dans certains cas, peut complètement disparaître. Or, nous connaissons tous l’importance d’avoir au bord des cours d’eau des zones riveraines saines avec des berges stables et une végétation adéquate. Des impacts sont également visibles au niveau du lit même du cours d’eau. Les abreuvoirs sauvages provoquent un élargissement du lit ainsi qu’un colmatage important des fonds qui ne se localise pas seulement au niveau des zones piétinées. En effet, les matières mises en suspension par le bétail peuvent se déposer sur plusieurs centaines de mètres à l’aval. Les effets les plus néfastes de la divagation des animaux dans les cours d’eau concernent la dégradation de la qualité physico-chimique et sur-tout bactériologique de l’eau. A ce sujet, les résultats d’un travail d’étude réalisé en 2002 et 2003 par la Cellule d’Assistance Technique à l’Entretien des Rivières de Basse-Normandie sont sans appel. Cette étude a recherché à quantifier l’impact que pouvait avoir la présence de bovins dans les cours d’eau en mesurant, selon un protocole précis, plusieurs paramètres comme la bactériologie, la teneur en oxygène et en ammoniaque ainsi que la présence de matières organiques et de matières en suspension.
Lorsque le bétail n’est pas dans l’eau, les paramètres mesurés sont à des niveaux normaux. Mais dès que quelques animaux sont présents dans le cours d’eau, l’ensemble des paramètres virent au rouge. Ainsi, à l’aval immédiat du piétinement, une pollution bactériologique très nette est mesurée avec des teneurs en bactérie fécale multipliées par 800 par rapport à une station de référence située hors abreuvoir. Des signes importants de pollution organique sont également relevés. La quantité d’ammoniaque est multipliée par 30 et les matières en suspension par 50. Enfin, le taux d’oxygénation de l’eau diminue fortement pour atteindre des valeurs incompatibles avec toute vie piscicole. Tous ces impacts se prolongent sur plus de 300 mètres en aval de la zone piétinée. Les résultats montrent qu’il suffit d’éviter l’accès des bovins au cours d’eau pour remédier à cespollutions. Celles-ci sont, bien entendu, néfastes au développement de l’ensemble de la vie aquatique, poissons et insectes en particulier. En Haute-Savoie, certaines populations d’écrevisses autochtones à pieds blancs situées en tête de bassin sont même limitées dans leur colonisation par la présence d’abreuvoirs sauvages. L’introduction répétée d’agents pathogènes et d’éléments fertilisants dans l’eau peut entraîner également un risque sanitaire en premier lieu pour les animaux euxmêmes qui peuvent développer des pathologies suite à la consommation d’eau contaminée. La contamination bactériologique, dès les têtes de bassins, à partir des zones d’abreuvement sauvages peut également entraîner un risque sanitaire pour les activités humaines (alimentation en eau potable, baignade…). Ces pollutions ne sont donc pas anodines, d’autant que dans de nombreuses zones rurales, la population de bovins est plus importante que la population humaine. Et si on ajoute à cela qu’en termes de charge polluante un bovin équivaut à sept hommes, on se rend mieux compte de l’importance d’éviter la divagation du bétail dans les cours d’eau. En outre, les impacts ne sont pas seulement ponctuels dans le temps et dans l’espace car la saison de pâturage dure de nombreux mois et les effets, nous l’avons vu, se prolongent sur un linéaire important.Des solutions possibles
Afin de réduire ces nuisances sur les milieux aquatiques, de nombreuses solutions techniques existent et commencent depuis quelques années à être mises en application dans le cadre de programmes d’action. La première chose à faire pour traiter le problème de la divagation des troupeaux dans un cours d’eau est de poser un diagnostic précis. En effet, chaque situation présente des caractéristiques différentes qu’il est nécessaire de prendre en compte pour proposer une solution technique efficace et satisfaisante. Le diagnostic relèvera les dégradations de la qualité du milieu (état des berges, du lit et de la végétation rivulaire, impacts identifiés et linéaire concerné), s’intéressera aux caractéristiques de la pâture (superficie, configuration topographique) et prendra en compte également les pratiques agricoles (nombre de bête à abreuver, race utilisée et type de production). Le but recherché est de limiter au maximum l’accès du troupeau à la rivière et si possible d’exclure entièrement les animaux des cours d’eau afin d’éviter toute contamination et dégradation. Aussi, l’installation de clôtures le long des cours d’eau (si possible pas trop près pour laisser un espace aux pêcheurs…) est la première action à entreprendre.
La pose de clôtures couplée à la mise en place de nouveaux abreuvoirs permet à la fois de protéger le milieu et de garantir un abreuvement sain pour le bétail. Pour ce faire, plusieurs types de dispositifs sont envisageables.
L’abreuvoir classique consiste à aménager pour le bétail une plage d’accès au bord de la rivière tout en lui empêchant de rentrer dans le lit. Ainsi des barrières spécifiquement dimensionnées permettent aux bovins uniquement de passer leur tête pour accéder à l’eau mais leur interdisent de piétiner le fond de la rivière. Lorsque la pente du cours d’eau est suffisante (supérieur à 1 %), il est possible de mettre en place tout simplement un système gravitaire avec une crépine et un tuyau qui amène l’eau naturellement dans un bac d’abreuvement placé à proximité de la berge. Ce système a l’avantage d’éviter tout contact direct du troupeau avec la rivière, il est peu coûteux et facile à installer, mais nécessite cependant un entretien régulier de la part de l’exploitant agricole. Enfin, plus perfectionnée, la pompe de prairie permet à l’animal d’actionner lui-même un dispositif de pompage mécanique qui va assurer l’alimentation en eau de l’abreuvoir. Comme le précédent, ce système évite tout contact entre le bétail et le milieu, il s’adapte à tous les cours d’eau, mais représente un investissement plus important. Les coûts de ces différents types de dispositifs peuvent varier de 350 à 2 000 euros.
Domaine du Content
Aux portes de Lyon, le Domaine du Content cache bien des trésors. Ce site de pêche comprend une lône (bras mort) du Rhône de trois kilomètres particulièrement bien peuplée en carnassiers qui évoluent dans une eau cristalline. La pêche se déroule exclusivement en no-kill. La population de brochets est en très bonne santé et il faut bien reconnaître que ce milieu leur convient particulièrement. Les massifs d’herbiers sont légion et les rives constituent également de bons refuges. Lorsqu’on pêche aux leurres, on peut voir les attaques fulgurantes de ces fuseaux d’argent dans l’eau claire. La taille moyenne des brochets se situe autour des 65 à 70 cm et les gros sujets dépassent allègrement le mètre. D’une profondeur moyenne d’ environ 2,50 m, la lône du Domaine du Content est également idéale pour la pêche à la mouche du brochet et du black-bass.

Les baetis de midi
Moins connu que le coup du soir, le coup de midi est pourtant la vraie ouverture de la saison de pêche à la mouche. Durant le début de la saison (mars et avril), c’est souvent le meilleur moment pour pêcher à la mouche sèche. Voici une piste…
Par Jean-Christian Michel
Vers 11 heures, le jour J, les héros sont fatigués, ils regagnent leur voiture pour casser la croûte. C’est tant mieux, car ainsi ils laissent la rivière en paix. Les poissons actifs (quand la température le permet) prennent alors possession de leur domaine et peuvent nous livrer les premières vraies émotions halieutiques de l’année. Si la vallée est ouverte, les rayons du soleil de mars aideront peut-être à gagner les degrés fatidiques qui permettront l’émergence de baetis rhodani… C’est sur lui que les truites sauvages se dérouillent les mâchoires. Souvent timide mais quelquefois plus importante, cette éclosion de début de saison peut durer jusqu’en milieu d’aprèsmidi, avant que ce ne soit au tour du froid de refermer ses mâchoires sur les ailes des éphémères et les doigts du pêcheur ! Les plus belles éclosions se produisent lorsque la rivière est caressée par une pluie fine et douce pendant plusieurs jours. Les truites peuvent alors mettre le couvert, comme lors des meilleurs des coups du soir… mais ce n’est pas toutes les années.
Des baétidés, les rhodani sont vraisemblablement les plus robustes du genre car ils survivent là où d’autres espèces ont disparu. S’il est toujours possible de capturer le premier poisson de l’année en pêchant au fil ou au streamer, un poisson de raccroc n’a pas la même valeur émotive qu’un poisson capturé en ayant compris quelque chose à son comportement alimentaire et à ce qui fait que son monde et le nôtre peuvent se rencontrer. A ce moment, le geste du moucheur mime ces retrouvailles et il ne se réduit plus seulement à la froide mise en oeuvre d’une technique. La pêche n’est pleinement ouverte que quand on a la satisfaction d’observer et de pêcher des poissons en activité… Et pour beaucoup d’entre nous, c’est baetis rhodani qui aide à ouvrir le bal !Matos et mouches
En grande rivière, cette première pêche à la mouche de la saison a le mérite de nous faire reprendre nos marques. Le nympheur reprendra contact avec son long bas de ligne mais, avec une pointe presque réduite de moitié, les lancers seront bien facilités… la limite de cette simplification étant toujours… le dragage ! Pour les premiers jours de la saison, les farios peuvent se montrer gentilles, et à plus forte raison si les insectes sont bien présents. Dans les secteurs calmes, les imitations qui pêchent bas sur l’eau sont toujours les plus prenantes.
Les petits voiliers en cul de canard font merveille, à condition de ne pas être trop fournis. Si les truites sont actives dans les courants, comme c’est assez souvent le cas dans les rivières du sud de la France lorsque le soleil est au plus haut, on peut utiliser des imitations en hackle de coq réalisées en montage parachute. Ces modèles ont le mérite de pêcher bas et de sécher rapidement lors des faux lancers.
La pêche au pouic
Au coeur de l’hiver, la pêche en réservoir peut continuer de donner de bons résultats, à condition de pêcher lentement avec des modèles de mouches très mobiles.
Par Philippe Collet
Les mois de janvier et février sont les plus froids de l’année. La température des masses d’eau des lacs et réservoirs a chuté depuis longtemps et l’activité biologique s’y est considérablement ralentie. Dans les régions d’altitude, les plans d’eau sont souvent gelés et leurs gestionnaires ferment la pêche en attendant des jours meilleurs. En plaine, les réservoirs moins sensibles au gel restent le plus souvent ouverts tout l’hiver (en dehors des vagues de froid), ce qui nous permet de continuer à pratiquer notre loisir favori. Bien que les conditions soient plus difficiles (froid, journées courtes…) et que les poissons soient moins actifs, on peut vraiment réaliser de belles pêches à cette période à condition de bien se couvrir et de pêcher “juste”. La fréquentation des plans d’eau étant moins importante, on ne se bouscule pas sur les berges et les poissons sont plus coopératifs car moins sollicités. L’eau froide, riche en oxygène, permet de combattre des poissons vigoureux et de les relâcher dans de très bonnes conditions. Les poissons au métabolisme ralenti par le froid n’ont pas besoin d’énormément de nourriture. Ils n’en trouvent toutefois plus beaucoup car leurs proies habituelles vivent, elles aussi, au ralenti. Ils restent donc actifs, mais pendant une période plus courte que d’habitude, souvent en milieu de journée au moment le plus chaud. Les lieux les plus fréquentés par les poissons actifs sont, les jours de soleil, les berges exposées au réchauffement comme par exemple des hauts-fonds orientés plein sud (ou à proximité), ou, les jours de vent, si la température de l’air est plus chaude que celle de l’eau, les secteurs battus par les vagues. A ce moment de l’année, les salmonidés sont, pour la plupart, bien acclimatés à leur plan d’eau et connaissent de mieux en mieux les imitations ou les leurres présentés par les pêcheurs, ils ont aussi appris à se nourrir seuls et sont plus difficiles.
Une pêche lente
De nombreuses techniques de pêche peuvent être utilisées pour les leurrer, à condition de retenir un principe de base : quelle que soit la technique pratiquée, l’animation des mouches devra être lente. Elle sera en fait calquée sur la léthargie générale du plan d’eau. Les pêches imitatives seront réalisées essentiellement à l’aide d’imitations de chironomes, au moment de la plus forte activité (souvent décelable en surface). Une fois cette activité terminée, il n’y a que peu de chance que les poissons s’intéressent réellement à des mouches imitatives proposées hors contexte, même si elles sont bien choisies et bien présentées. Des mouches plus incitatives auront alors plus de succès.
La pêche au pouicDans cet article, nous allons nous concentrer sur une technique de pêche à l’aide de gros streamers non lestés, très adaptée à la saison et à cette nécessité de pêcher lentement. Cette technique pourra, bien sûr, être utilisée avec succès à d’autres moments de l’année, notamment pour solliciter des poissons retors. On la doit, semble-t-il, à des compétiteurs en réservoir qui l’avaient mise au point pour séduire des poissons difficiles et l’avaient baptisée : pêche au pouic. D’une pêche à proximité du fond, voire en grattant le fond à l’origine, elle a évolué vers une pêche à tous les niveaux de la colonne d’eau.
Trancher avec les habitudesEn hiver, la plupart des poissons ont déjà vu passer beaucoup de mouches ou de leurres et ont toutes les chances d’avoir été piqués plusieurs fois. Ils sont devenus nettement plus méfiants. Voir passer une bouchée beaucoup plus grosse que d’habitude, à la nage lente et insolite, va les conduire à attaquer alors qu’ils sont restés indifférents à des streamers classiques ou à un petite imitation de chironome bien présentée dont ils ont déjoué le piège car utilisée hors période alimentaire. Ces mouches de grande taille et gros volume poussent beaucoup d’eau et donnent un signal différent aux salmonidés. Si elles permettent de sortir des poissons inactifs de leur torpeur, elles seront encore plus efficaces sur des poissons en pleine activité alimentaire. Seul le niveau de pêche évoluera alors en remontant le plus souvent vers la surface.
Le montage des pouic
Les mouches utilisées pour cette technique doivent être volumineuses. Elles ne doivent pas être lestées pour pêcher lentement sans s’accrocher au fond. Les matériaux retenus sont le lapin et le marabout, choisis pour leur mobilité. Pour obtenir une mouche de grande taille, on prend comme base un hameçon à tige longue n° 4, 6 ou 8. Cela est surtout vrai pour le modèle en marabout car la longueur des fibres de ces plumes n’est pas extensible et ces mouches doivent mesurer de 7 à 10 cm.
L’usage d’un hameçon long permet d’obtenir une mouche à la nage particulière, qui pourra décrocher de droite à gauche dans un plan horizontal, un peu à la façon d’un jerk bait. Les pêcheurs de carnassiers au lancer connaissent bien l’attrait de ce type de leurre. Ces grands hameçons ont l’inconvénient d’occasionner un plus grand nombre de décrochés, en permettant aux poissons de prendre un appui sur le fer de leur tige pour s’en débarrasser, mais le gain apporté par cette technique en vaut souvent la peine. Les mouches présentées ne comportent pas de matériaux brillants afin de privilégier une certaine discrétion vis-à-vis de poissons plutôt éduqués. Rien ne vous empêche d’essayer des modèles agrémentés de brill qui pourront se révéler meurtriers dans certaines conditions. Les couleurs de ces mouches peuvent être très variées. Les modèles de base sont le blanc et le noir. L’olive, le pêche, le vert pastel, l’orange… fonctionnent aussi très bien, il faut simplement les essayer pour trouver les couleurs du jour. Ces coloris peuvent être combinés entre eux en montant la queue d’une couleur et le thorax d’une autre, ou en montant un thorax bicolore. De nombreuses possibilités vous sont donc offertes, laissez libre court à votre imagination pour créer des modèles inédits et efficaces.L’animation
L’animation est effectuée lentement en tricotant doucement la soie. Elle peut être ponctuée de tirées et de longues poses. Il est toutefois possible d’essayer, notamment aux moments les plus chauds de la journée (pendant la période d’activité des poissons), des variantes plus rapides en rolly pully par exemple, mais ce type de mouche trouve vraiment toute sa valeur avec une animation lente.
La détection des touches et le ferrageLes touches peuvent se manifester par des tirées franches ou de petits mouvements de la soie qui doivent être sanctionnés par un ferrage de la main qui tricote sans bouger la canne. Un ferrage avec la canne à la première tirée aurait pour effet de soustraire la mouche du champ visuel du poisson. En cas d’échec du ferrage avec la main gauche, il faut surtout continuer l’animation car le poisson n’a certainement pas goûté au fer de l’hameçon et il va continuer à essayer d’attraper (ou peut être de jouer avec) la mouche qui lui a échappé et l’énerve de plus en plus. Vous serez surpris de constater, si vous pêchez en eau claire, que le poisson peu prendre plusieurs fois votre leurre en gueule sans que vous ne sentiez rien. Vous verrez votre mouche disparaître entièrement ou partiellement, à plusieurs reprises, avant de pouvoir ferrer le poisson. Parfois, il mordra suite à un arrêt, parfois cet arrêt occasionnera son désintérêt. A vous de trouver l’animation du moment. Avec cette technique, le poisson revient à la charge à plusieurs reprises. Est-ce dû à la texture de la mouche qui lui laisse une bonne impression, au fait qu’il ne morde que la queue du leurre et ne sente pas le fer, ou bien au fait qu’il ne veuille pas perdre une si grosse bouchée ? N’oubliez surtout pas de proscrire tout ferrage avec la canne tant que le poisson n’a pas été accroché avec la main tenant la soie. C’est plus simple à dire qu’à faire car les réflexes sont tenaces. Si malgré cela vous n’avez que des touches sans suite, essayez de réduire la taille desqueues des mouches en utilisant des modèles plus courts. Ils nageront moins bien mais permettront un meilleur engamage de l’hameçon.
Les soies et le bas de ligneSelon le type de plan d’eau ou de poste de pêche et la hauteur de tenue des poissons, privilégiez une soie plus ou moins plongeante, afin d’animer le leurre le plus lentement possible à la bonne profondeur. Une soie flottante ou intermédiaire lente permettra de rester au niveau des poissons si ceux-ci évoluent à proximité de la surface. Elle permettra aussi une animation lente sans accrocher la mouche au fond dans 1 mètre d’eau. Dans plus de 5 mètres d’eau avec des poissons à moins 2 mètres, une soie S 3 (coulante de 3) sera un excellent compromis. Si les poissons sont collés au fond, une soie S 7 permettra de faire passer le leurre juste au-dessus de leur tête. Une autre technique peut consister, dans les plans d’eau au fond propre, à faire traîner la mouche au fond de l’eau à l’aide de cette même soie très plongeante afin de lever un petit nuage de sédiments ou de vase. C’était, semble-t-il, un de ses usages initiaux. On utilisera une soie de numéro 7 ou de 8 et la canne correspondante pour facilement propulser un leurre aussi volumineux et parfois lourd (cuir de la peau de lapin gorgé d’eau) et on se cantonnera à un seul exemplaire fixé au bout d’un simple morceau de nylon ou de fluorocarbone de 1,5 à 4 mètres de long selon la clarté de l’eau et ses capacités de lanceur. Le noeud de fixation a toute son importance avec cette mouche. Il doit être lâche pour lui permettre une nage plus libre et donc plus ample. Les noeuds à utiliser sont détaillés dans les pages suivantes.
Et pourquoi pas d’autres poissons ?
Cette mouche a tout pour plaire aux autres poissons un tant soit peu carnassiers. Elle pourra le cas échéant vous servir pour séduire sandres, perches, black-bass ou autres brochets ; en atteste cette grosse perche qui essayait, à nos pieds, de piquer son pouic à une des nombreuses truites leurrées avec cette mouche lors d’une sortie au lac de la Moselotte. Alors, à vos étaux et n’hésitez pas à braver le froid, le jeu en vaut souvent la chandelle !

La FNPF au Salon des maires de la Porte de Versailles
La Fédération nationale de la pêche en France (FNPF) se
rendra au Salon des maires et des collectivités locales qui se tiendra à Paris
du 22 au 24 novembre au Parc des expositions de la Porte de Versailles. Dans un
communiqué publié le 16 novembre, la FNPF explique qu’elle sera présente sur un
stand commun avec la Fédération nationale de la chasse : « Acteurs
au quotidien du développement durable des territoires, pêcheurs et chasseurs
sont les interlocuteurs privilégiés des élus locaux. Les Maires et les
responsables des collectivités locales peuvent trouver auprès d’eux, l’écoute
et l’expertise de milliers de bénévoles et de salariés dans l’accompagnement de
leurs projets impliquant des enjeux environnementaux. Présents
ensemble sur ce salon, les représentants de ces deux instances d’importance,
représentant à elles seules près de 100 000 associations locales et près de 3
millions de pratiquants, espèrent profiter de ces trois jours pour renforcer
leurs liens avec les élus locaux, et proposer leurs services au bénéfice d’un
environnement qui leur tient particulièrement à cœur».
Mitchell Pulse Shad
Ce shad est une création française. En effet, la société Mitchell a accordé sa confiance à Sylvain Legendre, compétiteur de renom, qui a développé ce leurre assez particulier. Le souhait de Sylvain était de proposer un leurre souple très polyvalent, conçu dans une matière qui le mette facilement en mouvement et qui soit utilisable autant en verticale qu’en lancer-ramener. Pour couronner le tout, le Pulse Shad est disponible en quatre tailles permettant de faire face à toutes les situations. Le Pulse Shad porte bien son nom. Il est massif sur sa partie avant. Son appendice caudal bénéficie d’un large diamètre. Il est facilement mis en mouvement à la moindre traction grâce à des décrochements dans la matière au niveau du rétrécissement entre le corps et la queue. Par ses caractéristiques, le Pulse Shad est atypique, fait pour bouger et pour faire réagir les poissons. Le succès de ce leurre fut presque immédiat en France comme à l’étranger où il a permis de gagner des compétitions importantes. Ce Pulse Shad n’est pas particulièrement odorant. Il bénéficie en revanche d’un rapport qualité/prix très favorable.
Conseils d’animation
Avec ce type de leurre, l’animation a lieu à partir du moment où il y a déplacement, même à faible vitesse. Si rien ne s’oppose à lui imprimer de grandes tirées suivies de relâchés, n’oubliez jamais que le leurre reste toujours pêchant. C’est pourquoi il intéresse d’ores et déjà les amateurs de pêche du sandre à la verticale. Rares sont en effet les shads massifs capables de nager de façon constante sans “syncoper” à très faible vitesse (fourchette de 0,3 à 0,8 km/h). Pour cela, le Pulse Shad est une réussite !
Fiche technique
Longueur : 6, 8, 11 et 14 cm. Six coloris.
Prix conseillé : 9,60 euros les 25 en tailles 6 et 8 cm.
14,50 euros les 25 en tailles 11 et 14 cm.
En vente en magasins spécialisés.
Les sept familles de la pêche – Goujon, l’équipé
Dernière figure de notre galerie de portraits de la grande famille des pêcheurs. “L’équipé” ferme le banc de cette série de cas particuliers. Vous en croisez régulièrement au bord de l’eau, certains avec trois cannes, au cas où, d’autres avec assez de mouches dans leurs boîtes pour faire monter toutes les truites de la rivière en surface. Mais comme le mieux est toujours l’ennemi du bien, tout cet attirail devient rapidement inopérant.
par Vincent Lalu
L’éclosion a commencé à 19h22. Jean-Paul Goujon venait de garer son RAV4 au bord du gave. Il hésitait encore entre le wader Patagonia en Goretex avec les Chota à semelles feutres et le wader néoprene intégral à bottes cloutées quand le premier gobage a commencé. Au dixième, il avait pris sa décision pour les waders mais ne savait pas maintenant laquelle de la Devaux, de la Loomis GLX ou de la JMC allait être sortie de son tube et de son étui, ni quel moulinet (aucun n’avait le même bas de ligne) allait lui être accolé. A 19h45, Jean-Paul Goujon en était encore à faire le tri entre ses boîtes à mouches, son gilet king size ne permettant pas d’emporter plus d’une douzaine de boîtes au bord de l’eau. Sur le gave, l’éclosion commençait à ralentir. A son arrivée, les autres pêcheurs le dévisagèrent d’un air incrédule et son copain Jean Vairon lui demanda :
– « Mais qu’est-ce que tu foutais ?
– Euh, rien, j’avais paumé un truc…
– C’est ton temps que tu as perdu et, avec lui, ton coup du soir que tu as raté ! ».
Goujon haussa les épaules en même temps qu’il entrait dans l’eau et se mit en devoir d’attaquer un beau gobage qui lui apportait le démenti inespéré du constat de faillite que venait de faire son compagnon de pêche. Son premier poser fut assez hasardeux mais ne cala pas le poisson. Il reprit sa mouche, la sécha et recommença les faux lancers indispensables à une approche enfin efficace. Mais quelque chose clochait : sa canne avait tendance à buter sur le manche de la grande épuisette (une épuisette spéciale 70 +) qu’il portait en travers du dos.
– « quel c…, j’aurais dû prendre ma petite raquette passe partout ! » Et cette pensée acheva de le déconcentrer.
Au point que son troisième poser manqua d’assommer la truite qui disparut sans demander son reste. Cette fois le coup du soir était bel et bien raté. Jean-Paul Goujon entreprit de replier et ranger tout le matériel qu’il avait déballé, ce qui le fit arriver largement après les autres au bar des amis. Tout cela lui valut de payer deux tournées, une pour la bredouille et l’autre pour le retard. Mais il ne se formalisa pas outre mesure : il était familier des bredouilles et habitué à ce que les autres pêcheurs le chambrent à propos de son matériel qui lui avait d’ailleurs valu l’étrange surnom de « Goujon l’équipé ». Il but ses deux tournées puis profita de ce que les autres se hâtaient lentement de passer à table pour aller jeter un coup d’oeil à son coffre et vérifier que tout était bien en ordre.
C’est d’abord au véhicule que l’on reconnaît l’équipé. S’il arrive en Porsche, en Clio, ou pire en Fiat 500, le pêcheur n’a que peu de chance d’être un « équipé ». Car au vrai équipé, il faut du coffre, un coffre de break qui commence de préférence sous le hayon et finit du côté de la boîte à gants. L’équipé ne voyage jamais seul, il emporte avec lui le magasin de ses espoirs, l’impressionnant stock de tout ce sur quoi il compte pour s’attirer les faveurs de la gente aquatique. Tout cela plus ou moins rangé, plus ou moins disponible, mais bien présent dans les rayons. De plus en plus de pêcheurs utilisent ainsi des utilitaires, leur attirail y prenant autant de place que le matériel du plombier, ou celui du menuisier. Goujon, lui, était un équipé raisonnable, mais son Renault Kangoo dernier modèle aurait mérité le premier prix d’un concours de tuning halieutique : de la moquette, des tiroirs de toutes tailles, un logement spécial pour les cannes toutes montées, bref une merveille de grosse boîte à pêche que la Régie ferait bien de produire en série.
Il y a toutes sortes d’équipés : des très pauvres que leur dénuement ne protège pas des pauvres excès de leur pauvre attirail, des très riches qui ratent tout autant leur partie de pêche pour avoir été incapable de décider entre leur bateau bleu et leur bateau gris. Car l’indécision est fille du suréquipement, et la bredouille leur héritière. J’en connais quelques-uns qui, dans les voyages de pêche mettent une énergie considérable à faire tourner le matériel qu’ils ont apporté. Ce pensum remplace bientôt dans leur esprit l’objectif qui a décidé de leur voyage. Oubliée la pêche, oubliés les poissons, l’heure est au grand déballage, à la revue de détail.
– « Vous avez fait quoi cet été ?
– J’ai emmené mes cannes promener sur la Gaula…
– C’était bien ?
– Oui, c’était pas mal, mes RPL+ commencent à fatiguer, mais les Loomis étaient en pleine forme.
– Et les saumons ?
– Les saumons, quels saumons ? »
Il y a des équipés dans toutes les générations, des équipés époque bambou, soies naturelles et PPP, des collectionneurs de cuillers, de tambours tournants, des éleveurs de cous de coqs, des allumés du tinsel, l’équipé est à la pêche ce que le militaire est à la paix : inutile aujourd’hui mais pouvant servir demain. Combien de matériels, de fils, de cannes, de mouches et autres leurres sont, grace à lui, passés aux poubelles de l’histoire sans avoir jamais connu le délicieux contact de la moindre gouttelette d’eau. Avec l’équipé les poissons peuvent, la plupart du temps dormir tranquilles, l’homme est si occupé au commerce de son matériel qu’il en oublie le plus souvent la raison pour laquelle ledit matériel est arrivé jusqu’à lui.
Dans l’histoire des gros vers que raconte si bien Pierre Choulet, un brave homme ne vient au bord du Doubs que pour faire prendre l’air et humer l’air de la rivière à ses lombrics. Il leur rend visite deux fois par jour pour vérifier que le terreau de leur caisse à l’arrière de son break a conservé une humidité suffisante et se contente de cette affectueuse fréquentation sans penser une seule fois à monter une ligne pour s’en aller tenter sa chance auprès des truites. Les équipés ne sont pas tous aussi affectueux que celui-là, mais ils ont tous cette étrange déviation qui les éloigne des finalités première de leur passion. Pourtant, l’équipé mérite le respect. Sans lui l’industrie halieutique ne serait pas ce qu’elle est. Sans lui, on vendrait beaucoup moins de cannes à pêche, beaucoup moins de moulinets, beaucoup moins de waders, beaucoup moins de leurres, beaucoup moins de soies, de fils et d’accessoires, et sans « l’équipé » les poissons seraient bien plus souvent dérangé.
Axel commença par proposer ce qu’il avait de mieux dans sa boîte, ce qui marchait le plus souvent, avec quoi il avait pris ou fait prendre des centaines de saumons. Sans succès. Puis il revint aux classiques, celles de ses boîtes, celles des boîtes de Drouot, sans plus de résultat. On essaya ensuite les mouches fantaisies, les improbables, les affaires d’un jour. Les saumons continuaient de se manifester bruyamment. Drouot se dit qu’ils devaient même faire des écarts pour éviter sa mouche.
Bref, la bredouille s’avançait tranquille comme une marée d’équinoxe qui recouvre les espoirs du pêcheur à pied d’un lourd manteau de désillusion.
“Could we try this one ?” Drouot tendait timidement le sapin de Noël qu’il avait monté la veille, une mouche en forme de bouquet de fleurs dont n’aurait même pas voulu une arc de chez Auchan. “Why not…” répondit Alex d’un air dégoûté. Le plumeau fut pris à son deuxième passage, arrachant un hurlement de joie à Jules Drouot. Le poisson était correct. Il tirait bien fort sur la ficelle et prit même un peu de backing, le temps de ramener le pêcheur et son attelage sur le bord pour continuer la bataille depuis la terre ferme. Mais, au moment où Drouot reprenait ses appuis sur la berge, il vit tout de suite que quelque chose clochait. Entre le saumon et lui il y avait une grosse pierre ronde, presque un rocher vers lequel le poisson fonçait maintenant. Drouot tenta bien de basculer sa grande Sage sur le côté. En vain : le saumon sembla percuter la pierre et la ligne devint molle. La bredouille était consommée. Quand il remonta dans l’hélicoptère, le lendemain matin, pour rentrer à Mourmansk, Jules Drouot dut passer entre une haie de guides dont il ne sut si elle était là pour le chambrer ou le consoler. Qu’importe, il avait déjà son fameux sourire, le sourire de ceux qui reviennent d’une longue maladie et recommencent à voir la vie du bon côté. Il était guéri, guéri de cette superstition ridicule qui lui avait fait rater tant de parties de pêche et stresser amis et proches, obligés de surveiller ces étranges écarts de langage. Dans l’avion du retour, il eut pourtant les mains qui sentaient le saumon. Le toast au saumon frais est, en effet, une spécialité de l’aéroport de Mourmansk. Un saumon par ailleurs excellent, sans doute en provenance d’un élevage norvégien, à moins qu’il ne soit de la Kola ou, pire encore, d’un des chalutiers responsables du manque de poissons dans la Varzina. Grâce à eux, il n’en avait pas pris mais venait d’en manger. Avant de s’endormir, il eut juste le temps de souhaiter par la pensée “bonne pêche” aux suivants.
Les sept familles de la pêche – Le méfiant
Avant-dernière figure de notre galerie de portraits de la grande famille des pêcheurs, nous nous sommes penchés sur le cas des “méfiants”. C’est celui qui tente de vous semer afin de vous cacher son coin favori, ou encore celui qui vous suspecte de mentir sur votre équipement pour lui infliger une bredouille… Le méfiant érige le doute en art de vivre. Heureusement, généralement il ne fait qu’une victime : lui-même ! En effet, il a plus de chance d’attraper un ulcère qu’un beau poisson…
par Vincent Lalu
“Mais t’as quoi, comme mouche ?” Le Maurice était à cran. Les ombres lui faisaient le coup du mépris. Pas un ne voulait de son artificielle. Les poissons gobaient juste à côté, suffisamment près pour le convaincre de ferrer dans le vide. Et quand une truite mettait le nez à la fenêtre, ce n’était pas pour lui non plus. “Une peute, Maurice, une peute, ça fait trois fois que je te dis que c’est une peute…” Maurice se grattait la tête d’un air maussade en regardant sa sulfure double collerette, une création personnelle sur hameçon de 14 dont il s’était dit que c’était ce qu’il avait de moins ressemblant à une peute dans ses boîtes. Car le Maurice appartenait à la race des méfiants. Si le Marcel, pourtant son meilleur pote, lui disait que c’était une peute qu’il fallait offrir à ces satanés poissons, c’était à coup sûr pour l’éloigner de la solution et l’empêcher de prendre du poisson.
“Mais, j’en ai pas des peutes, se défendit Maurice au moment où un superbe gobage d’ombre confirmait au Marcel qu’il avait fait le bon choix.
– Bien sûr que tu en as, je t’en ai donné cinq pas plus tard qu’hier.
– Mais je ne sais plus où je les ai mises”, se défendit mollement le dompteur de sulfures, qui savait très bien dans quelle boîte trouver ces garces de peutes dont il était toujours persuadé qu’elles n’étaient pas la solution de ses problèmes.
Il était comme ça, le Maurice, il avait la méfiance accrochée au revers du gilet. Il se méfiait de tout, tout le temps : du gars qui lui indiquait le chemin (rien de tel pour se perdre vraiment), des conseils de ses proches (qui avaient renoncé à lui en donner), mais aussi des recettes de cuisine, des notices d’ustensiles, des professions de foi politiques et aussi des amis de sa femme, des copains de ses enfants et de ses collègues de bureau à la distribution d’EDF. Il était méfiant comme d’autres sont culs-de-jatte ou sourds-muets. Et, à la pêche, sa méfiance le poussait aux pires choix, le condamnant systématiquement à l’échec, le poussant même quand c’était facile, comme aujourd’hui, à faire le mauvais choix du leurre, de la mouche ou du parcours, juste pour décider du contraire de ce qui lui était conseillé. Marcel connaissait ce travers du Maurice. Il tenta quand même de lui venir en aide. Délaissant un instant les gobages, il se laissa glisser dans le courant jusqu’à son compagnon.
“Tiens, et ça c’est pas une peute ?” Le Marcel, goguenard, agitait la minuscule mouche sous le nez de l’incrédule.
“Euh…
– Allez prend ma canne.” Le Maurice fit un bon en arrière et manqua de prendre un bain de siège. “Ah non, pas ça, je vais mettre une des miennes.” Marcel retourna à son poste et réattaqua le gobage le plus proche de lui. Sa mouche passa exactement où il le fallait, mais l’ombre à sa grande surprise ignora sa mouche. Il en attaqua un autre deux mètres à droite avec le même résultat. Les ombres ne voulaient plus des peutes. Comme si le fait d’avoir rendu visite à l’autre poissard avait dissuadé les poissons de s’intéresser aux célèbres flancs de canne que l’Henri Bresson avait empruntés aux manouches.
Marcel sourit en pensant à Maurice la méfiance, qui venait d’essuyer, lui aussi, son premier refus. Puis il s’appliqua à observer la surface de l’eau : les gobages lui paraissaient plus concis, moins bruyants, plus nombreux aussi. La clé de l’énigme surgit devant lui, agitant ses petites ailes, son gros ventre rebondi pointé comme une friandise à l’intention des poissons.
“Non de bleu, des fourmis.” C’était bien une fourmi qui défilait devant lui, une belle fourmi bien dodue qu’un ombre vint enlever à son attention, une fourmi remplacée par une autre, par des dizaines d’autres, des milliers d’autres dont la rivière entière, truites, ombres, blageons, chevesnes, vairons, se goinfraient maintenant. Rien de tel qu’une éclosion de fourmis un jour de septembre pour recenser la population d’un cours d’eau. Aucun poisson ne résiste à l’appel de la fourmi, qu’il soit chargé de PCB, plombé aux métaux lourds, gavé de phosphates ou shooté aux méthanes, rien ne l’empêchera jamais de dévorer les fourmis. Marcel se rua sur sa boîte, y préleva une jolie petite fourmi noire aux ailes en zirclon et la pêche – miraculeuse cette fois – put recommencer.
“Tu vois qu’elles n’en veulent pas de la peute.” Ah, le Maurice, Il l’avait oublié… L’autre se débattait avec ce qui était devenu la mauvaise mouche, posant n’importe comment, insultant les poissons. Furieux, méfiant et furieux.
“Calme-toi Maurice, le menu a changé maintenant, il faut mettre une fourmi.
– C’est ça, fous-toi de ma gueule. Et pourquoi pas un morpion…” Une grande lassitude s’empara du Marcel.
“T’as raison, Maurice, t’as raison, mets un morpion, comme ça au moins tu pourras te gratter pendant que je prendrai du poisson…”
Des marquages massifs pour étudier l’efficacité des repeuplements
Nous n’avons pas souhaité revenir sur l’histoire française des pratiques de repeuplement vieilles de près d’un siècle. Pas plus que nous ne voulons entretenir la polémique entre partisans et détracteurs de ces pratiques de gestion qui avancent chacun des arguments plus ou moins valables. Il s’agit de présenter ici quelques démarches scientifiques qui ont été mises en place afin d’évaluer réellement l’efficacité de certaines pratiques de repeuplement chez les salmonidés.
Par Arnaud Caudron
Des possibilités restreintes de marquage
Toute la difficulté d’étudier l’effet des repeuplements est dans la capacité de distinguer les individus introduits de ceux issus de la reproduction naturelle. Cette distinction n’est possible que par un marquage des poissons relâchés. Or, pour les salmonidés et en particulier la truite fario, un double problème se pose alors très vite : les repeuplements sont réalisés dans leur majorité à des stades très jeunes, limitant ainsi les possibilités de marquage, les quantités repeuplées étant souvent importantes, portant sur plusieurs milliers à millions d’individus. Les premiers questionnements concernant l’efficacité des repeuplements massifs pratiqués par les gestionnaires à l’époque ont émergé au début des années 80. A l’époque, les seules techniques disponibles étaient les marquages dits externes qui consistaient à pratiquer l’ablation d’une nageoire (souvent l’adipeuse pour ne pas pénaliser les capacités de nage du poisson) ou un marquage interne qui consistait à insérer une micro-marque magnétique dans les narines du poisson. Cette marque miniature étant détectée ensuite par l’intermédiaire d’un lecteur magnétique spécial. Plusieurs études, utilisant ces procédés, ont été réalisées en France, en Grande-Bretagne, dans les pays du Nord de l’Europe ainsi bien sur qu’aux Etats-Unis et au Canada. Ces techniques, exclusivement manuelles, nécessitaient de marquer les poissons un à un et excluaient les individus trop petits (d’une taille inférieure à 5 cm). Ces limites imposaient de réaliser les études sur des quantités relativement réduites par rapport aux quantités totales déversées pour les repeuplements, avec des tailles de poissons pas trop petites et donc souvent sur des sites d’études géographiquement restreints.
Le marquage en masse des otolithes
Entre la fin des années 80 et la moitié des années 90, une technique particulière de marquage s’est développée utilisant comme principe la balnéation des individus dans un colorant qui pénètre dans l’organisme et se fixe sur les pièces osseuses du poisson. Il s’agit en l’occurrence de l’otolithe, petit os situé dans l’oreille interne du poisson. C’est la partie calcifiée de l’organisme qui se forme en premier lors du développement embryonnaire. De nombreuses recherches ont été menées dans ce domaine dans de nombreux pays y compris en France pour tester l’utilisation de différents colorants, vérifier la bonne tenue et la fiabilité des marquages, étudier leurs effets sur la santé des poissons et limiter au minimum la durée de balnéation.
En France, la station de recherche de l’INRA de Thonon-les-Bains avait mis en application ces techniques de marquages pour suivre et évaluer les repeuplements à l’initiative de M. Rojas Beltran, aujourd’hui décédé. Des premières études de ce type ont été ainsi réalisées sur le Fier et le Doubs franco-suisse. L’avantage du recours à cette technique résidait dans le fait qu’il était possible de marquer un grand nombre d’individus, plusieurs centaines de milliers de poissons, à des stades précoces c’est-à-dire dès le stade alevin vésiculé juste après l’éclosion. Très prometteurs, les premiers résultats obtenus ont conduit à poursuivre dans cette voie et à optimiser encore la technique et la rendre la plus appliquée possible au suivi des repeuplements.
Désormais le protocole de marquage utilise un marqueur inoffensif pour le poisson et la santé humaine appelé alizarine red S. De plus, il est facile à mettre en place puisqu’il suffit juste, en respectant les doses de colorant, de baigner les alevins pendant trois heures dans la solution dans les bacs de pisciculture utilisés pendant la résorption de la vésicule. En outre, le volume n’est pas limitant, ce qui permet de marquer plusieurs centaines de milliers d’alevins en même temps. Avec cette technique, le marquage est total, c’est à dire que 100% des alevins traités sont marqués, et pérenne puisqu’il ne se dégrade pas au cours du temps et persiste au moins 5 à 6 ans. Si le protocole de marquage a pu être simplifié, la technique de recherche de la marque reste par contre un domaine de spécialiste et nécessite également un matériel de microscopie particulier. En effet, pour repérer la présence éventuelle d’une marque sur un poisson, il est nécessaire de disséquer la tête de celui-ci pour en extraire l’otolithe. Ce dernier est fixé sur une mince lame de verre grâce à une thermocolle puis poncé légèrement à l’aide d’un papier abrasif.
L’otolithe est ensuite observé sous un microscope équipé d’une lampe à vapeur de mercure et d’un filtre permettant de visualiser la marque laissée par le colorant. La marque apparaît ainsi sous la forme d’un anneau rouge fluorescent., Des tests supplémentaires ont montré récemment la possibilité de distinguer différents lots de poissons par simple, double ou triple marquages. Il reste évident que la principale limite de cette technique est la nécessité de sacrifier le poisson pour rechercher la présence de la marque. Cette méthode est donc plus particulièrement adaptée à l’étude des stades juvéniles qui sont souvent les plus nombreux dans les populations et des stades adultes lorsque les poissons sont capturés par les pêcheurs. Après la description des méthodes de marquage, passons aux exemples d’application d’études précises destinées à améliorer les pratiques de gestion actuelles.Étude grandeur nature sur les rivières
Le principal exemple concerne la truite fario et se situe dans le département de la Haute- Savoie. Les collaborations entre la Fédération de Pêche de ce département et la station de recherche INRA de Thonon, ont permis de lancer un vaste programme de recherche appliquée pour évaluer l’efficacité des repeuplements sur la totalité du réseau hydrographique du département.
Ainsi, à partir de 2002 et pendant trois années consécutives, tous les poissons repeuplés soit environ trois millions d’alevins par an, ont été marqués. Les marquages réalisés dans six piscicultures différentes ont été pratiqués, après une séance de formation par les pisciculteurs eux-mêmes. Ensuite, pendant ces trois années, des campagnes d’échantillonnages par pêche électrique ont été pratiqués pour prélever dans les rivières des juvéniles de truites au stade 0+ et connaître dans les populations la part des individus repeuplés et celles des individus issus de la reproduction naturelle. L’étude a porté sur un échantillonnage de plus de 5000 poissons répartis sur 115 secteurs de rivière situés sur 13 bassins versants.
Ensuite, au cours des saisons de pêche 2004, 2005 et 2006, des prélèvements ont été réalisés au stade adulte par pêche à la ligne par des pêcheurs volontaires. Ce sont alors près de 3000 têtes de truites qui ont été étudiées pour évaluer la part des poissons repeuplés directement dans le panier du pêcheur. L’ensemble de cette étude intéresse bien évidemment directement les AAPPMA car les résultats ont permis de connaître rivière par rivière l’efficacité des repeuplements et ainsi d’adapter les pratiques. L’avantage de travailler à grande échelle, par rapport aux études précédentes, est qu’il est possible d’étudier et de comparer différentes pratiques de repeuplements sur différents types de milieux et d’être ainsi confrontés à de nombreux cas de figures de gestion. Le but étant d’évaluer les pratiques actuelles de gestion, celles-ci n’ont pas été modifiées pour le compte de l’étude mais c’est le protocole d’échantillonnage qui a été adapté. Les résultats ont montré qu’il n’existait pas de généralité concernant la contribution des repeuplements, et si les truites repeuplées ne représentent que 40% en moyenne départementale des poissons trouvés dans les rivières, les contributions des repeuplements selon les sites et mêmes selon les années peuvent varier de 0 à 100%. Le traitement des résultats rivière par rivière a permis de modifier la gestion pratiquée par les AAPPMA avant l’étude en arrêtant les repeuplements sur de nombreux secteurs où ils étaient inutiles. Ceux-ci ne sont maintenus que sur les secteurs qui présentent un intérêt halieutique et sur lesquels ils permettent de maintenir une population. En fait ces cinq années d’études ont montré que la quantité des repeuplements pouvait être réduite de 75% tout en conservant la même efficacité de captures pour les pêcheurs.
Les grands lacs ne sont pas en resteCette technique de marquage est également utilisée depuis 2003 pour étudier les repeuplements en omble chevalier et en corégone dans le lac du Bourget. Ce sont environ 100 000 juvéniles d’omble et 200 000 de corégone par an qui ont été marqués. Dans ce cas les échantillonnages sont réalisés auprès des pêcheurs pour connaître la contribution directe des repeuplements dans la pêcherie. Sur le Léman, les études franco-suisses destinées à évaluer l’efficacité des introductions de poissons vont débuter cette année avec, à partir de 2007, le marquage de plus 1,5 millions d’ombles chevaliers. Ce programme devrait s’étendre dès 2008 à la truite fario. Enfin, cette méthode trouve aussi une application dans le domaine de la conservation et la réhabilitation des populations de truites autochtones. En effet, couplée avec des analyses génétiques, elle permet de suivre l’implantation et l’évolution des caractéristiques des nouvelles populations autochtones installées par des repeuplements temporaires de réhabilitation.