Auteur/autrice : admin_lvdr

  • Le projet RiviĂšres sauvages

    Le projet RiviĂšres sauvages

    L’émergence du Fonds pour la conservation des riviĂšres sauvages prĂ©sente la perspective pour le ChĂ©ran d’ĂȘtre un des bassins versants pilotes, pour la construction du label et du rĂ©seau de riviĂšres sauvages. Ce qui vient conforter les actions initiĂ©es et engagĂ©es par les pĂȘcheurs au cĂŽtĂ© du SMIAC sur le bassin versant.
    D’ores et dĂ©jĂ , un comitĂ© technique rĂ©flĂ©chit sur les actions innovantes Ă  engager avec les dĂ©cideurs pour redonner au ChĂ©ran son fonctionnement naturel et sauvage, avec en point d’orgue, l’effacement du seuil du pont de Banges, dernier obstacle artificiel majeur au transit sĂ©dimentaire et Ă  la continuitĂ© Ă©cologique sur le bassin versant. L’objectif du Fonds pour la conservation des riviĂšres sauvages Ă©tant de se dĂ©douaner du minimum rĂ©glementaire de bon Ă©tat Ă©cologique affichĂ© par la Directive cadre europĂ©enne (DCE) et ses normes insuffisantes, dont on touche les limites aujourd’hui sur d’autres riviĂšres emblĂ©matiques, comme le Doubs et la Loue. Le but Ă©tant de se rapprocher d’un fonctionnement naturel et biologique optimum, seul garant de la pĂ©rennitĂ© et de la prĂ©servation des milieux encore en Ă©tat, comme l’est celui du ChĂ©ran, avec peut-ĂȘtre, Ă  terme, la concrĂ©tisation des efforts engagĂ©s par la labellisation du ChĂ©ran comme « une » des riviĂšres sauvages de France.

  • L’exemple du ChĂ©ran

    L’exemple du ChĂ©ran

    Nous connaissons depuis longtemps l’équipe de l’AAPPMA de l’Albanais sur le ChĂ©ran, une magnifique riviĂšre planquĂ©e dans sa vallĂ©e, entre Annecy et Aix-les-Bains. Sans tambour ni trompette, cette association dynamique est Ă  l’origine d’un des plus ambitieux contrats de riviĂšre du pays. Preuve que les pĂȘcheurs peuvent obtenir de l’aide, Ă  condition qu’ils ne manquent ni de courage, ni de projets.

    Par Philippe Boisson

    Le ChĂ©ran prend sa source dans le massif des Bauges en Savoie en amont du ChĂątelard, village martyr qui perdit la quasi-totalitĂ© de ses habitants lors d’un glissement de terrain survenu dans la nuit du 1er janvier 1931. De profil torrentueux, ce cours d’eau passe, dans sa partie aval au niveau de Rumilly (Haute-Savoie), d’environ 1 m3/s au plus sĂ©vĂšre de l’étiage Ă  prĂšs de 300 m3/s Ă  la fonte des neiges pour peu que la pluie s’en mĂȘle. D’un point de vue gĂ©ologique, le ChĂ©ran coule sur un lit de gros galets dans sa partie amont, alors que sa section mĂ©diane serpente dans des gorges taillĂ©es dans du grĂšs Ă  ciment argileux appelĂ© molasse. “Roche” tendre composĂ©e de limons solidifiĂ©s, ce grĂšs se laisse facilement façonner par la riviĂšre. Cela donne lieu Ă  quelques bizarreries, comme la voie Bernard, un couloir qui ressemble Ă  une piste de skateboard et dont le fond canalise l’eau dans une faille d’à peine deux mĂštres de largeur, visible uniquement par niveau trĂšs bas. La profondeur de cette faille doit sans doute dĂ©passer les 8 Ă  10 mĂštres. Le grĂšs donne une jolie couleur Ă©meraude aux eaux du ChĂ©ran qui prend des allures d’oasis en Ă©tĂ©. A la sortie des gorges au niveau de Rumilly, le ChĂ©ran a beaucoup souffert des extractions de graviers et de l’urbanisation qui a donnĂ© lieu Ă  un vaste programme de renaturation qui commence Ă  porter ses fruits aujourd’hui. Cela n’aurait pas Ă©tĂ© possible sans le concours d’un personnel compĂ©tent et de moyens financiers et humains importants. PortĂ© par les pĂȘcheurs, ce projet nĂ©cessita quelques modifications fondamentales du statut de ce qui n’était pas encore, jusqu’aux annĂ©es 2000, une AAPPMA.

    Une gestion Ă  l’échelle du bassin versant

    En France, le dĂ©partement de la Haute-Savoie reste un cas particulier, avec un nombre de pĂȘcheurs parmi les plus Ă©levĂ©s du pays, partagĂ©s en seulement cinq AAPPMA. Un mode de fonctionnement trĂšs atypique, d’autant que certaines d’entre elles regroupent des “sociĂ©tĂ©s de pĂȘche” non agréées. L’AAPPMA de l’Albanais (nom de la rĂ©gion d’Albens) est nĂ©e en 1999 de la rĂ©union de trois de ces sociĂ©tĂ©s de pĂȘche faisant alors partie de l’AAPPMA Annecy RiviĂšres. Il s’agissait de celles de Cusy, de La Gaule du ChĂ©ran, et de La Protectrice du Fier. Pour obtenir l’agrĂ©ment, la future AAPPMA de l’Albanais devait, Ă  la demande de la DDAF, faire signer les baux de pĂȘche aux propriĂ©taires riverains. Un travail de fourmi qui demanda Ă  StĂ©phane Jan et Ă  ses collĂšgues plus de deux mois d’investigation au cadastre, Ă  une Ă©poque oĂč les relevĂ©s parcellaires n’étaient pas encore informatisĂ©s. Il s’en suit un porte-Ă -porte en rĂšgle face Ă  des propriĂ©taires qui, pour la grande majoritĂ©, ignoraient tout de l’existence des fameux baux de pĂȘche. SignĂ©s pour trente ans, les droits de pĂȘche ainsi obtenus ont permis de partir sur de bonnes bases. Plus en amont, l’AAPPMA du ChĂątelard, dans le massif des Bauges, existe depuis 1927. Ainsi, le ChĂ©ran s’est vu partagĂ© en seulement deux AAPPMA, ce qui laissait augurer une gestion cohĂ©rente Ă  l’échelle du bassin versant du cours d’eau. Les dĂ©buts furent empiriques reconnaĂźt Pascal Grillet, l’un des membres du bureau de l’AAPPMA de l’Albanais : “On voulait bien faire et les chantiers Ă©taient si nombreux que cela partait un peu dans tous les sens !”. L’une des premiĂšres actions entreprises fut la rĂ©introduction de l’ombre, un poisson originaire du ChĂ©ran, mais qui avait totalement disparu. AprĂšs trois annĂ©es de rĂ©introduction, qui ne donnĂšrent guĂšre de rĂ©sultats encourageants dans les annĂ©es qui suivirent, une population viable a finalement trouvĂ© sa place. Le prĂ©lĂšvement de l’ombre est toujours interdit sur la riviĂšre afin de le protĂ©ger, car il serait facile de le faire disparaĂźtre Ă  nouveau. Les ombres du ChĂ©ran sont trĂšs discrets, vivants surtout dans les forts courants et ne se montrant que rarement. Pour les truites, les choses sont diffĂ©rentes. Comme partout ailleurs, l’alevinage avec des souches atlantiques domestiquĂ©es a commencĂ© dĂšs la fin du XIXe siĂšcle. Par chance, la souche sauvage de truite locale a bien rĂ©sistĂ© Ă  l’introgression de gĂšnes Ă©trangers. Le ChĂ©ran doit en partie son bon Ă©tat actuel Ă  son accessibilitĂ© limitĂ©e, due Ă  son cours encaissĂ©. Les points d’accĂšs se limitent Ă  trois ou quatre lieux sur toute la longueur des gorges. Pour les AAPPMA du ChĂątelard et de l’Albanais, la prioritĂ© consiste Ă  prĂ©server le milieu naturel dans le but de conserver la souche sauvage. Plus aucun empoissonnement n’a eu lieu depuis prĂšs de quinze ans. En Ă©troite relation avec la fĂ©dĂ©ration dĂ©partementale de pĂȘche de Haute-Savoie, qui dispose d’un personnel spĂ©cialisĂ© compĂ©tent (sous la houlette d’Arnaud Caudron), les souches de truites du ChĂ©ran, du Fier, et de leurs affluents ont Ă©tĂ© clairement identifiĂ©es et tout le monde Ɠuvre pour leur sauvegarde. La vallĂ©e du ChĂ©ran a Ă©tĂ© retenue comme riviĂšre pilote par le Fonds pour la conservation des riviĂšres sauvages, au mĂȘme titre que quelques autres comme la Vis (HĂ©rault) ou la Valserine (Jura/Ain).

    Un contrat de riviĂšre exemplaire

    Un contrat de riviĂšre a Ă©tĂ© allouĂ© Ă  la vallĂ©e du ChĂ©ran entre 1997 et 2008. S’il existe de mauvais exemples de contrats similaires un peu partout, qui n’ont pas apportĂ© d’amĂ©lioration de la qualitĂ© de l’eau ou de l’habitat pisciaire, celui du ChĂ©ran est exemplaire. Preuve que si les pĂȘcheurs ne font pas la dĂ©marche d’ĂȘtre reprĂ©sentĂ©s, il ne faut pas espĂ©rer de miracle
 Au total, l’investissement pour 2012 de l’AAPPMA de l’Albanais se porte Ă  170 000 euros (300 000 euros sur trois ans). Car le ChĂ©ran fait Ă©galement partie du programme europĂ©en Leader (Liaison entre actions de dĂ©veloppement de l’économie rurale) du Parc naturel rĂ©gional du massif des Bauges. Il s’agit d’un programme europĂ©en qui vise Ă  faire des territoires ruraux des pĂŽles Ă©quilibrĂ©s d’activitĂ© et de vie. Le plan de financement des travaux intĂ©grĂ© dans le contrat de riviĂšre concernant la diversification des habitats s’est rĂ©parti entre la RĂ©gion Ă  hauteur de 20 %, l’agence de l’Eau 50 %, le conseil gĂ©nĂ©ral de Savoie 5 %, le conseil gĂ©nĂ©ral de Haute-Savoie 5 %, le Syndicat mixte interdĂ©partemental d’amĂ©nagement du ChĂ©ran (SMIAC) 20 %, et les collectivitĂ©s piscicoles 22 % pour un total de 216 958 euros. Le contrat de riviĂšre a permis la mise en place d’un programme ambitieux de diversification de l’habitat pisciaire sur la zone aval du ChĂ©ran au niveau de Rumilly. Les amĂ©nagements demandaient des moyens mĂ©caniques et humains Ă  la hauteur de la puissance d’un cours d’eau dont le dĂ©bit peut ĂȘtre multipliĂ© par 300 selon les saisons. “Avec un lit dĂ©stabilisĂ© par une Ă©rosion rĂ©gressive, due Ă  des extractions de granulats directement dans le cours d’eau il y a plusieurs dĂ©cennies, le chantier mĂ©ritait rĂ©flexion et mĂ©thode pour rĂ©aliser des amĂ©nagements qui puissent encaisser des crues violentes sans pour autant crĂ©er d’autres problĂšmes autour d’eux. Nous avons optĂ© pour des techniques mixtes vĂ©gĂ©tales et minĂ©rales et nous avons eu la chance de travailler en concertation avec des professionnels qui ont fait l’effort de comprendre les problĂ©matiques du cours d’eau, ce qui n’est toujours Ă©vident avec des gens qui, pour la plupart, travaillaient dans une riviĂšre pour la premiĂšre fois” explique Pascal Grillet. La FĂ©dĂ©ration de pĂȘche de Haute-Savoie suit l’évolution des peuplements chaque annĂ©e pour vĂ©rifier si le rĂ©sultat escomptĂ© est bien au rendez-vous. Les amĂ©nagements profitent Ă  toutes les espĂšces, y compris aux plus petites comme le chabot ou la loche franche, car le ChĂ©ran a retrouvĂ© une morphologie variĂ©e qui profite aux poissons Ă  tous les stades de leur dĂ©veloppement. Sur ce secteur au lit il y a peu encore uniforme, trĂšs peu diversifiĂ©, les populations de truites ont Ă©tĂ© multipliĂ©es par quatre. Ce n’est qu’un dĂ©but, car ces amĂ©nagements profiteront d’autant plus aux gĂ©nĂ©rations suivantes. La prĂ©sence des amĂ©nagements a en effet de multiples avantages : ils offrent bien plus qu’un abri aux poissons, les Ă©lĂ©ments minĂ©raux trouvent leur place tout autour, ainsi qu’en aval sous l’effet du courant. De
    nouvelles zones de frayĂšres sont apparues.

    L’école de pĂȘche du ChĂ©ran

    Les deux AAPPMA du ChĂ©ran travaillent avec deux guides de pĂȘche chargĂ©s de gĂ©rer les activitĂ©s de l’école de pĂȘche. Des stages enfants, ados, vacances, scolaires, personnes Ă  mobilitĂ© rĂ©duite, pour la pĂȘche de la carpe, la pĂȘche au coup, celle des carnassiers ou la pĂȘche Ă  la mouche sont organisĂ©s durant toute la saison. Des ateliers pĂȘche nature ont lieu tous les mercredis. Chaque saison, des centaines d’enfants et d’adolescents dĂ©couvrent la pĂȘche Ă  Rumilly, sur le plan d’eau attenant au bĂątiment de l’AAPPMA ou sur le ChĂ©ran, avec une Ă©vidente sensibilisation aux milieux naturels.

    La pĂȘche sur le ChĂ©ran

    Les truites de la belle riviĂšre d’émeraude ont la rĂ©putation d’ĂȘtre capricieuses. Elles sortent nĂ©anmoins de façon plus rĂ©guliĂšre sur la partie aval que dans les gorges. Loin d’ĂȘtre des poissons de foire, ces animaux sauvages rĂ©agissent Ă  la tempĂ©rature, Ă  la lumiĂšre et a tout ce que ces facteurs peuvent gĂ©nĂ©rer comme Ă©vĂ©nements dans la riviĂšre (Ă©closions, pĂ©riodes propices Ă  l’alimentation, etc). Lors de ma visite sur trois jours cet Ă©tĂ©, les truites du ChĂ©ran ont jouĂ© le jeu, avec entre autres, un coup du soir formidable sur une belle retombĂ©e de fourmis. Un niveau stable, mĂȘme bas, semble plus favorable qu’une baisse de niveau suite Ă  une crue. Cette situation, classique sur d’autres riviĂšres, Ă  le don de caler les poissons confortablement sous les pierres durant plusieurs jours. Le ChĂ©ran est une riviĂšre sauvage avec des poissons qui le sont tout autant. Ce qui Ă©tait normal un peu partout il y a quelques dĂ©cennies devient aujourd’hui une exception, qui ne plaira sans doute pas Ă  tous ceux qui veulent une “prestation” correcte en Ă©change de leur simple prĂ©sence. Les truites du ChĂ©ran se fichent de la sociĂ©tĂ© de consommation qui les entoure. EspĂ©rons que cette derniĂšre n’aura pas la peau des derniers poissons sauvages de cette belle riviĂšre. En tout cas, les AAPPMA du ChĂątelard et de l’Albanais veillent au grain avec une dĂ©termination et une envie qui force le respect.

  • Emmener un enfant Ă  la pĂȘche

    Emmener un enfant Ă  la pĂȘche

    C’est bien connu, l’étĂ© n’est pas la saison la plus propice lorsque l’on souhaite rĂ©aliser ce que nos aĂźnĂ©s appelaient des « paniers pointus »  Et si la canicule s’invite Ă  la partie, les joies de la pĂȘche peuvent rapidement se transformer en chemin de croix. Il est bon de se dĂ©connecter quelque peu pour se dire que les choses sĂ©rieuses seront pour plus tard ! Pourquoi ne pas profiter alors d’une fin d’aprĂšs-midi ou d’une soirĂ©e pour faire dĂ©couvrir les joies de l’eau Ă  nos bambins ?

    Par Jean-Christian Michel

    PremiĂšre contrainte : bien avoir Ă  l’esprit que la sĂ©ance doit  ĂȘtre ludique et plutĂŽt courte. Se dire que pour une fois, non seulement il va falloir attraper un ou deux poissons – et rapidement s’il vous plaĂźt ! – mais en plus, en faisant en sorte que le bambin reste un minimum Ă  l’écoute et immobile, sans recours coercitif, avec la motivation de la curiositĂ© !
    Vous devez alors vous mĂ©tamorphoser en homme-orchestre : l’ennemi est Ă  la fois sous l’eau et Ă  vos cĂŽtĂ©s. Pour
    les poissons, vous ĂȘtes Ă  votre affaire, je ne vais pas vous expliquer comment on fait monter un chevesne ou une truitelle sur une mouche sĂšche. Ayez quand mĂȘme Ă  l’esprit que votre dextĂ©ritĂ© doit Ă©merveiller l’enfant sans qu’il se blesse ou tombe Ă  l’eau. Sans quoi, il peut arriver que la sĂ©ance de public relation halieutique se change en drame conjugal. Cela s’est dĂ©jĂ  vu
 Par chance, les soirĂ©es d’étĂ© sont longues et chaudes et, en cas de chute, il est toujours possible d’écourter la sĂ©ance et d’acheter le silence du petit cafteur par deux boules de glace ou une crĂȘpe au sucre.
    Ayez Ă©galement Ă  l’esprit que le poisson est au centre de votre prĂ©occupation, mais pas des siennes. Pour l’enfant, aller Ă  la pĂȘche est d’abord un cĂ©rĂ©monial qui consiste Ă  jouer au pĂȘcheur, et, si en plus, vous parvenez Ă  jouer au pĂȘcheur qui n’est pas bredouille, c’est mieux, mais pas indispensable. Ce dĂ©tail n’est pas Ă  nĂ©gliger car il permet de retomber sur ses pattes au cas oĂč les poissons feraient leur forte tĂȘte
 Et si aprĂšs une capture, une fois que sont passĂ©es les quatre premiĂšres secondes d’étonnement, le bambin s’en moque comme de sa premiĂšre tĂ©tine, il ne faut pas le renier pour autant. Le mouflet n’est pas lĂ  pour  apprendre Ă  pĂȘcher, il est lĂ   pour partager un moment de bien-ĂȘtre au bord d’une riviĂšre et c’est dĂ©jĂ  Ă©norme. Que les bruits et l’odeur de l’eau
    deviennent familiers Ă  ses sens et qu’ils soient inconsciemment synonymes d’un bien-ĂȘtre partagĂ©, on ne peut pas en demander plus.
    Quelques prises sont au rendez-vous ? Super. Rien Ă  l’horizon ? Vous ĂȘtes un Ăąne. Si l’enfant commence Ă  jeter des cailloux, ne vous en prenez qu’à vous-mĂȘme. Il n’est pas rare que le temps de concentration des sujets les plus turbulents ne dĂ©passe pas celui de la station d’un pinson sur la branche ! Les indicateurs sont dans le rouge. Il devient alors nĂ©cessaire de faire preuve d’inventivitĂ© pour que la curiositĂ© chasse l’ennui au plus vite. Plus sĂ©rieusement, si la vraie pĂȘche n’est plus possible, barbotons gaiement et retournons quelques pierres pour dĂ©couvrir gammares, Ă©phĂ©mĂšres et autres petites bĂȘtes qui vivent sous les pierres ou portent leur maison sur leur dos.
    Autre recours ultime pour initier un diablotin Ă  la contemplation : confectionner de jolis bateaux avec des feuilles d’iris et les confier au courant. C’est beau
 Enfin, si le petit monstre commence Ă  bombarder vos navires avec des galets, dites-vous que, visiblement, ce ne sera pas un contemplatif. Ou dans le meilleur des cas, il deviendra un contemplatif armĂ©, race d’homme dont nos riviĂšres ont terriblement besoin de nos jours ! Mais dans l’immĂ©diat, mieux vaut plier la canne. Surtout, n’écoutez pas vos pulsions de grand mĂąle dominant. Le sermon et les sĂ©vices n’y feront rien. Ayez toujours en arriĂšre-pensĂ©e que la riviĂšre vous regarde et que ce qu’il faut, c’est seulement que l’enfant apprenne Ă  l’aimer. Pourquoi ne pas vous mettre Ă  balancer des pierres, vous aussi ? Si un confrĂšre que vous n’aimez pas se trouve sur l’autre rive, cela peut devenir un moment de partage et d’innocence qui fait du bien.
    Quelques annĂ©es plus tard, quand l’enfant sera devenu ce qu’il devait devenir et que, du haut de ses quatorze ans, il vous dira : « Papa, s’il te plaĂźt, et si cette annĂ©e on partait au bord d’une riviĂšre pour les vacances ? » Vous vous rappellerez peut-ĂȘtre alors que toute cette pĂ©dagogie socioculturelle n’a pas Ă©tĂ© vaine et vous afficherez un sourire Ă  peine retenu en direction de sa procrĂ©atrice avant de lui rĂ©pondre : « C’est une idĂ©e
 »
    Enfin, dernier conseil Ă©clairĂ© : retirez le mot patience de votre vocabulaire. La partie de pĂȘche n’est pas une partie de torture. C’est seulement aprĂšs plusieurs annĂ©es de vie en sociĂ©tĂ© que l’on peut faire gober aux bambins que l’ennui peut devenir vertu ! Et si votre gamin est hermĂ©tique Ă  cet enchantement, dites-vous que le mystĂšre de la vie et des ĂȘtres n’en est que plus riche de diversité  Au fond, peut-ĂȘtre l’enfant est-il comme cette crĂ©ature qui lui a donnĂ© le jour
 et ce n’est qu’une raison de plus pour l’aimer d’un amour immense et dĂ©raisonnable !

  • Concours : gagnez un sĂ©jour dans un gĂźte de pĂȘche en Creuse

    Concours : gagnez un sĂ©jour dans un gĂźte de pĂȘche en Creuse

    La Creuse est un dĂ©partement trĂšs riche en coins de pĂȘche
    grĂące Ă  ses 3 600 km d’eaux vives, ses 3 000 hectares d’étangs et de lacs et
    son environnement sauvage et prĂ©servĂ©. L’ADRT Tourisme Creuse a lancĂ© un
    jeu-concours « la PĂȘche aux Touristes ». La participation au jeu se fait
    via facebook, à partir de la page Tourisme en Creuse. A la clé, vous pouvez
    gagner un sĂ©jour pĂȘche d’une semaine en gĂźte 3 Ă©pis.



    Renseignements :

    http://tourismeprocreuse.com/2012/10/17/jeu-concours-la-peche-aux-touristes/

  • Antilles françaises : 4 sites ont reçu le label d’Aires spĂ©cialement protĂ©gĂ©es

    Antilles françaises : 4 sites ont reçu le label d’Aires spĂ©cialement protĂ©gĂ©es

    Le ministĂšre de l’Ecologie, du DĂ©veloppement durable et de
    l’Energie a annoncĂ© le 27 octobre quatre sites des Antilles françaises ont reçu
    le label d’Aires spĂ©cialement protĂ©gĂ©es Ă  l’occasion de la rĂ©union de la
    convention internationale de mer régionale de CarthagÚne, organisée en
    RĂ©publique Dominicaine du 23 au 25 octobre 2012. Il s’agit de la RĂ©serve
    naturelle nationale de Saint-Martin, des Etangs lagunaires de Saint Martin, de
    la Réserve naturelle nationale de « Petite-Terre » en Guadeloupe et du
    Sanctuaire de mammifĂšres marins Agoa. Créé en 2010 sur l’ensemble de la zone
    économique exclusive des Antilles françaises, le sanctuaire Agoa est le second
    sanctuaire de mammifÚres marins aprÚs le sanctuaire Pelagos, créé en
    Méditerranée.

    Crédits photo : JérÎme Couroucé/MDD

  • ConfĂ©rence environnementale, un Grenelle sans pĂȘcheurs

    ConfĂ©rence environnementale, un Grenelle sans pĂȘcheurs

    Il y a cinq ans, le gouvernement Sarkozy lançait le Grenelle de l’environnement, prĂ©sentĂ© alors aux Français comme une rĂ©volution verte. Depuis, sur le terrain bien peu de chose ont changĂ© en ce qui concerne en tout cas la protection de l’eau. Pis, les services de l’état chargĂ©s d’assurer la police de l’eau n’ont jamais atteint un tel laxisme. L’Onema sera bientĂŽt directement rattachĂ© aux directions dĂ©partementales des territoires (DDT). Les brigades voient leurs effectifs se rĂ©duire au strict minimum (un dĂ©part en retraite sur deux remplacĂ©). Et voilĂ  que, sous le gouvernement Hollande apparaĂźt la ConfĂ©rence environnementale. Cela s’est passĂ© Ă  Paris au palais d’Iena les 14 et 15 septembre. Une sorte de seconde chance au Grenelle, de la part d’un gouvernement qui compte dans ses rangs deux ministres “verts”, CĂ©cile Duflot et Pascal Canfin. Étrange prĂ©occupation dans un contexte oĂč rappeler vous, les mots environnement ou Ă©cologie Ă©taient totalement absents des discours des deux supposĂ©s prĂ©sident de la RĂ©publique alors en campagne Ă©lectorale. Ce qui a mal commencĂ©, c’est le refus de recevoir les pĂȘcheurs et les chasseurs aux tables rondes. Un refus pourtant contraire aux promesses de François Hollande, lors de sa campagne. PĂȘcheurs et chasseurs reprĂ©sentent prĂšs de trois millions de personnes, que les politiques n’oublient jamais de dĂ©marcher
 La suite nous dĂ©montrera que le gouvernement du “changement” ne prend pas pour habitude de tenir ses promesses. Pour preuve, durant la semaine qui a prĂ©cĂ©dĂ© la ConfĂ©rence, les affirmations d’Arnaud Montebourg dans une interview accordĂ©e Ă  Challenges au sujet de l’exploitation des gaz de schistes. Le ministre du redressement productif dĂ©ment la position de Delphine Batho, en affirmant bien haut qu’un moratoire sur la question n’est pas Ă  l’ordre du jour. Il ajoute au passage que les techniques de fracturation hydraulique (qui utilise Ă©normĂ©ment d’eau et de produits chimiques) peuvent ĂȘtre maĂźtrisĂ©es, sans bien entendu, expliquer comment. Nouvel avis contraire quelques jours plus tard avec, enfin, une position ferme du gouvernement qui ferme le dossier Ă  double tour
 Jusqu’à quand ? Le Grenelle s’était engagĂ© Ă  rĂ©duire de moitiĂ© l’utilisation de pesticides entre 2008 et 2018. Belle motivation Ă  propos d’un sujet qui touche d’une part directement la santĂ© publique et d’autre part la disparition des abeilles, un sujet trĂšs sensible. Pour l’heure, l’utilisation de pesticides depuis 2008 a augmentĂ© de 2,5 %. Lors de la confĂ©rence environnementale, la dĂ©cision d’interdire l’épandage aĂ©rien de produit phytosanitaire a Ă©tĂ© prise, en spĂ©cifiant qu’elle resterait autorisĂ©e dans les cas oĂč il s’agit de la seule solution possible. Le ministre de l’Agriculture, StĂ©phane Le Foll a d’ailleurs, peu aprĂšs sa nomination, reconnu que l’objectif ne sera pas atteint. Pas plus que le sera celui du “bon Ă©tat Ă©cologique” des cours d’eau et lacs avant 2015 comme l’impose la Directive cadre europĂ©enne sur l’eau (DCE). Impuissant, voilĂ  ce que sont les gouvernements face aux enjeux environnementaux. Impuissants face aux lobbies et incapable de proposer un nouveau modĂšle. L’agriculture bio, ou moins intensive si vous prĂ©fĂ©rez, nĂ©cessiterait une aide du gouvernement. Or actuellement, et depuis longtemps, celle qui pollue le plus et aussi la plus subventionnĂ©e.

    PĂȘcheurs et chasseurs sur la touche

    A la veille de la confĂ©rence environnementale, la FĂ©dĂ©ration nationale pour la pĂȘche en France (FNPF), a tenu Ă  exprimer au prĂ©sident de la RĂ©publique sa surprise, sa dĂ©ception et son souhait d’un
 changement ! Contrairement Ă  l’engagement pris pendant la campagne Ă©lectorale, la FNPF est Ă©cartĂ©e (tout comme la FĂ©dĂ©ration nationale des chasseurs) des tables rondes consacrĂ©es Ă  la gouvernance et au dĂ©bat sur la transition Ă©nergĂ©tique. Selon nos sources, cette dĂ©cision fait suite Ă  une pression de certains organismes invitĂ©s sur les organisateurs, afin “d’éviter certaines tensions”. Vive la dĂ©mocratie ! La FNPF et son rĂ©seau associatif affiliĂ© (93 fĂ©dĂ©rations, 4000 associations), se dit fort d’une expertise reconnue, diverse et ancienne. Elle estime que sa lĂ©gitimitĂ© Ă  figurer parmi les acteurs environnementaux Ă  part entiĂšre n’est plus Ă  dĂ©montrer. Soit, mais si on y regarde de plus prĂšs, les fĂ©dĂ©rations les plus lĂ©gitimes sont celles qui gĂ©nĂ©ralement sont en opposition totale ou partielle avec la politique de la FNPF. L’exemple de la Haute-Savoie (voir notre Echo du radier Ă  propos du ChĂ©ran) est trĂšs parlant. Certaines fĂ©dĂ©rations dĂ©partementales se professionnalisent en recrutant des ingĂ©nieurs et des techniciens trĂšs compĂ©tents. Elles mettent en place une gestion patrimoniale et dans la mesure oĂč cela est possible, prennent en compte l’ensemble des bassins versants dans un souci de cohĂ©rence. Ce rĂŽle est d’ailleurs une Ă©volution naturelle des choses, puisque l’Onema, cĂšde toujours plus de missions aux fĂ©dĂ©rations (pĂȘche d’inventaires, Ă©tudes, etc.). Avoir plus d’un million d’adhĂ©rents ne suffit visiblement pas pour parler d’Ă©cologie
 Consentie comme une mesure de faveur, la FNPF s’est vue accorder une place dans la table ronde consacrĂ©e Ă  la biodiversitĂ©.

    Philippe Boisson

  • Le plan d’eau de Socourt

    Le plan d’eau de Socourt

    La valorisation de ce plan d’eau en rĂ©servoir a Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©e il y a maintenant prĂšs de dix ans par la commune de Socourt, sur les conseils avisĂ©s de Jean-Louis Thomas, alors coorganisateur des Championnats du monde de pĂȘche Ă  la mouche de 2002 organisĂ©s par la France dans les Vosges. Jean-Louis Thomas assure accessoirement le secrĂ©tariat de mairie de la commune et s’occupe de la gestion du rĂ©servoir.
    Il s’agit d’une ancienne graviĂšre d’environ 3 ha avec des fonds de 2 Ă  4,5 mĂštres, rendue Ă  la commune en fin d’exploitation, qui a nĂ©cessitĂ© des travaux de rĂ©habilitation pour devenir ce rĂ©servoir accueillant : adoucissement des berges, crĂ©ation d’un parking, construction d’un chalet avec sanitaires… Ce plan d’eau se situe le long de la RD 157 reliant Nancy Ă  Epinal, en face du village de Socourt. Il est indiquĂ© depuis la route.
    Cette ancienne graviĂšre prĂ©sente la particularitĂ© d’ĂȘtre trĂšs riche en chironomes, richesse qui garantit une pĂȘche imitative de qualitĂ©. Il suffit d’arpenter les berges certains soirs d’intense activitĂ© pour se rendre compte de l’ampleur des Ă©mergences de chironomes et de la densitĂ© du peuplement piscicole. Le prix de la journĂ©e de pĂȘche est de 25 euros, avec un tarif dĂ©gressif pour les jeunes et les clubs. Pour y pĂȘcher, il convient de se rendre Ă  la mairie oĂč une urne permet de dĂ©poser son rĂšglement prĂ©alablement Ă  sa partie de pĂȘche. Des contrĂŽles ont lieu dans la journĂ©e. La commune propose deux gĂźtes aux pĂȘcheurs, un de deux, un de quatre personnes, pour un montant de 20 euros par nuit et par personne. Une formule trĂšs intĂ©ressante pour les pĂȘcheurs se dĂ©plaçant d’un peu loin.

    Pour tout renseignement complémentaire,
    contactez Jean-Louis Thomas au 06 08 70 57 42 ou M. le maire, Jean-Luc Martinet, au 06 83 31 20 68.

  • RĂ©servoir : la pĂȘche en « washing line »

    RĂ©servoir : la pĂȘche en « washing line »

    Venue d’outre-Manche, la technique de pĂȘche en rĂ©servoir en « washing line » (littĂ©ralement « corde Ă  linge ») est encore peu utilisĂ©e en France, bien qu’elle soit d’une redoutable efficacitĂ©. Cette technique consiste Ă  suspendre une ou deux nymphes ou un ou deux chironomes entre la soie et une mouche de pointe flottante. De cette façon, les petites mouches peuvent rester longtemps immobiles Ă  proximitĂ© de la surface, comme du linge accrochĂ© Ă  un fil et tenter facilement les poissons en maraude dans le premier mĂštre sous la surface.

    Par Philippe Collet

    La technique du “washing line” se pratique avec une soie flottante, une soie intermĂ©diaire lente, ou mieux encore une soie flottante Ă  pointe intermĂ©diaire. Cette derniĂšre est alors dotĂ©e d’une pointe intermĂ©diaire rapide d’environ un mĂštre de long qui permet de faire couler rapidement le bas de ligne et de placer les mouches au bon niveau en quelques secondes. Il existe sur le marchĂ© des soies spĂ©cifiques dans les marques Airflo ou Rio comme la Midge tip par exemple. Pour ma part, j’utilise maintenant des soies maison rĂ©alisĂ©es Ă  partir d’une soie flottante sur laquelle est greffĂ© et ligaturĂ©, Ă  l’aide d’un morceau de chaussette en backing tissĂ©, un morceau de vieille soie intermĂ©diaire. Leur avantage est que la connexion est solide, sans surĂ©paisseur et que la soie se tend bien en ligne. Je peux ainsi choisir des soies flottantes qui me conviennent bien. Il est aussi possible d’ajouter un polyleader intermĂ©diaire rapide, boucle dans boucle au bout d’une soie flottante. Le montage est plus polyvalent, le posĂ© est plus dĂ©licat du fait de la dĂ©gressivitĂ© du bas de ligne et l’immersion de la pointe de la soie est moins rapide. Le montage avec un polyleader ne se place toutefois pas aussi vite en position de pĂȘche et est Ă  rĂ©server aux soies de petite taille.
    Certains jours, les soies flottantes Ă  pointe intermĂ©diaire sont d’une efficacitĂ© redoutable. Elles permettent de caler le montage au bon niveau trĂšs rapidement. D’autres fois, il vaut mieux utiliser une simple soie flottante pour des pĂȘches discrĂštes sur un plan d’eau lisse ou Ă  contrario une soie intermĂ©diaire lente si par exemple le vent est trop fort ou en plein travers. En “washing line”, on utilise couramment une soie de taille 7, parfois de 8 si le vent se met de la partie. On peut aussi descendre en 6 voire 5, mais il est alors plus difficile d’envoyer trois mouches dont une derniĂšre souvent assez volumineuse et non lestĂ©e assez loin.


    Le bas de ligne

    En “washing line”, le bas de ligne diffĂšre un peu de ceux utilisĂ©s habituellement dans les autres techniques rĂ©servoir : la distance entre la derniĂšre nymphe et la mouche flottante de pointe n’est pas obligatoirement trĂšs importante. Avec une soie Ă  pointe intermĂ©diaire, le bas de ligne type est constituĂ© de deux mĂštres Ă  1,20 m de 22 Ă  18 centiĂšmes entre la boucle de la soie et une premiĂšre potence de 20 cm. La potence est rĂ©alisĂ©e avec ce premier brin de fil. On place ensuite un autre brin de fil, de diamĂštre Ă©quivalent ou lĂ©gĂšrement infĂ©rieur, avec lequel on forme une deuxiĂšme potence. L’espacement entre les deux potences est compris entre 1,50 m et 90 cm. On place enfin un dernier brin de fil, d’un diamĂštre toujours Ă©quivalent ou infĂ©rieur pour terminer le montage. La longueur de ce dernier brin est souvent assez courte, entre 1,20 m et 80 cm, l’objectif Ă©tant de rĂ©ussir Ă  bien Ă©taler un bas de ligne terminĂ© par une mouche flottante moins propice Ă  tendre l’ensemble qu’une mouche lestĂ©e. La longueur totale du bas de ligne sera conditionnĂ©e par l’humeur des poissons, la clartĂ© de l’eau, les capacitĂ©s de lanceur du pĂȘcheur et son placement par rapport au vent. Lorsque l’on pĂȘche en barque, le vent dans le dos, il ne faut pas hĂ©siter Ă  laisser le vent porter un long bas de ligne. Attention toutefois Ă  la distance mĂ©nagĂ©e entre la premiĂšre mouche de potence et la mouche de pointe. Car il faut ĂȘtre capable d’épuiser le poisson avec une canne de 10 pieds soit environ 3 mĂštres.
    Si l’on rencontre des difficultĂ©s pour Ă©taler un train de trois mouches, soit du fait d’une technique encore hasardeuse, soit Ă  cause d’un vent de face trop fort, il peut ĂȘtre utile de rĂ©duire radicalement la longueur de son bas de ligne en retirant une mouche et en ne rĂ©alisant donc qu’une potence. Avec des poissons Ă©duquĂ©s il est souvent prĂ©fĂ©rable de n’utiliser que deux mouches. MĂȘme si cette configuration limite les possibilitĂ©s d’essais pour trouver un modĂšle de nymphe ou de chironome efficace, il vaut toujours mieux pĂȘcher correctement avec un bas de ligne Ă  deux mouches que de s’emmĂȘler continuellement avec trois mouches.


    Le fil

    En “washing line”, il est prĂ©fĂ©rable d’utiliser du fluorocarbone plutĂŽt que du nylon car ce dernier coule naturellement et permet de placer rapidement les mouches au bon niveau. De plus, le fluorocarbone est moins visible sous l’eau, plus raide et moins sujet Ă  s’emmĂȘler. Il ne faut pas avoir peur de pĂȘcher avec des diamĂštres relativement importants, car les touches sont souvent violentes et les casses peuvent devenir trop frĂ©quentes si on pĂȘche en deçà du 16 centiĂšmes. Avec une soie intermĂ©diaire ou Ă  pointe intermĂ©diaire, surtout si cette derniĂšre possĂšde peu d’élasticitĂ©, le bas de ligne devra ĂȘtre nettement plus fort qu’en soie flottante oĂč il est possible de descendre en diamĂštre lorsque les conditions de pĂȘche nous contraignent Ă  affiner le montage.

    La technique

    La technique consiste Ă  poser le bas de ligne le plus proprement possible, c’est-Ă -dire bien droit. Avec une soie flottante, il peut ĂȘtre nĂ©cessaires de rĂ©aliser une tirĂ©e sĂšche sur la soie aprĂšs le posĂ©, pour noyer le fil. Avec une soie intermĂ©diaire ou Ă  pointe intermĂ©diaire le bas de ligne coule presque instantanĂ©ment. Une fois les mouches posĂ©es, si ce dernier est bien tendu, il convient de ne rien faire d’autre qu’attendre. La touche d’un poisson attirĂ© par l’impact des mouches sur l’eau, se produit souvent juste aprĂšs le posĂ©, une fois le bas de ligne coulĂ©.
    Les jours oĂč le plan d’eau est ridĂ© par le vent, il faut laisser celui-ci tendre la soie sans autres animations. Il se forme alors une large boucle de soie qui tire doucement le train de mouches Ă  proximitĂ© de la surface. Les poissons peuvent aussi bien s’emparer d’une des deux mouches coulĂ©es que de la mouche flottante, trĂšs efficace car accrochĂ©e Ă  un brin de fluorocarbone noyĂ©.
    Les jours de grand vent, on utilise une soie intermĂ©diaire lente qui permet de propulser plus facilement le train de mouches et de se soustraire immĂ©diatement Ă  une dĂ©rive de surface trop rapide. La soie intermĂ©diaire va progressivement couler, entraĂźnant doucement les deux nymphes ou chironomes vers le bas. La technique est parfois redoutable. Il suffit de poser et d’attendre de se faire arracher la soie des doigts. Si cela n’est pas le cas, il faut la tricoter et attendre de nouveau. De cette façon, la mouche flottante de pointe coule et si elle est bien graissĂ©e ou montĂ©e avec de la mousse, remonte en surface comme un bouchon. Lorsqu’un poisson vient tourner autour de cette derniĂšre sans la prendre, il peut ĂȘtre judicieux de rĂ©aliser un tricotage rapide pour la couler et l’animer juste sous la surface pour qu’elle lĂšve une petite vague. Le poisson aura souvent du mal Ă  rĂ©sister Ă  ce type d’animation et se piquera tout seul sur la mouche en mouvement.
    En “washing line”, la mouche de pointe flottante ne se contente pas de soutenir les nymphes, elle prend souvent du poisson du fait qu’elle est reliĂ©e Ă  un bas de ligne coulĂ© sous la surface qui ne laisse aucun trait disgracieux sur l’eau. Avec sa taille assez Ă©levĂ©e, cette mouche attire de loin les poissons. S’ils la dĂ©daignent, ils aperçoivent alors les nymphes idĂ©alement placĂ©es. Il est courant d’enregistrer une touche violente sur les nymphes ou les chironomes aprĂšs un marsouinage sans suite sous la mouche de pointe.
    L’intĂ©rĂȘt de cette pĂȘche rĂ©side dans la relative immobilitĂ© des mouches. Au cours de leur Ă©mergence qui se fait par paliers successifs, les chironomes, ont tendance Ă  rester suspendus, immobiles, Ă  un niveau donnĂ©. Ils ne se tortillent que ponctuellement et font de grandes poses. Les truites Ă©duquĂ©es ne se font plus duper par des mouches trop mobiles qui font le yoyo sous la surface. Cette technique permet donc de les leurrer beaucoup plus facilement, mĂȘme avec un fil de gros diamĂštre. La dĂ©tection des touches se fait en observant le dĂ©placement de la soie ou la coulĂ©e de la mouche flottante selon le sens dans lequel la truite a pris les mouches.
    A tout dĂ©placement anormal de l’une ou de l’autre, il convient de rĂ©pondre par un ferrage immĂ©diat en relevant lĂ©gĂšrement la canne tenue jusqu’alors horizontalement dans l’axe de la soie ou, lorsque la soie forme un ventre sur l’eau, en la dĂ©plaçant horizontalement dans le sens opposĂ© Ă  la dĂ©rive de la ligne.
    TrĂšs souvent la touche est violente et le poisson se prend tout seul en arrachant la soie des doigts du pĂȘcheur. Le ferrage est alors superflu, car il induirait une casse quasi systĂ©matique.

    Les mouches

    La mouche de pointe doit ĂȘtre suffisamment flottante pour ne pas couler dĂ©finitivement Ă  la moindre tirĂ©e. Elle doit ĂȘtre capable de remonter comme un bouchon lorsqu’on l’a tirĂ©e sous l’eau. Outre Manche, le “washing line” est pratiquĂ© le plus souvent avec un booby en pointe ou avec deux nymphes situĂ©es entre deux boobies, la pĂȘche Ă  quatre mouches Ă©tant courante en barque. Le booby, avec ses deux yeux en mousse, a la particularitĂ© de flotter particuliĂšrement bien. Il peut ĂȘtre avantageusement remplacĂ© par un alevin flottant plus discret mais nĂ©anmoins trĂšs visible. Pour des pĂȘches plus discrĂštes et imitatives, si les poissons ne sont pas intĂ©ressĂ©s par un booby ou un alevin flottant, on peut utiliser une mouche en poils de cervidĂ© que l’on graisse rĂ©guliĂšrement. On choisira un modĂšle de mouche flottant bien, dont la taille sera adaptĂ©e Ă  la taille du fil utilisĂ© et des mouches suspendues sous la surface.
    Les mouches suspendues entre la soie et la mouche de pointe sont le plus souvent des chironomes ou des petites nymphes de types pheasant tail ou diawl bach.Si l’on souhaite que le montage se tende trĂšs vite, notamment quand on pĂȘche en soie flottante, on utilise des chironomes lestĂ©s par une toute petite bille de laiton voire de tungstĂšne ou un hameçon fort de fer. Je prĂ©fĂšre opter pour un hameçon fin de fer lestĂ© pour un meilleur piquant sur les touches discrĂštes.

  • NouveautĂ© : Minn Kota i-Pilot Version 2

    Nouveauté : Minn Kota i-Pilot Version 2

    Fleuron du pilotage par tĂ©lĂ©commande d’un moteur de bateau Ă©lectrique, le i-Pilot Minn Kota version 1 avait Ă©tĂ© trĂšs bien accueilli par les pĂȘcheurs lors de sa sortie fin 2010. Depuis, une nouvelle version la remplace, dotĂ©e de quelques amĂ©liorations mineures, mais cependant trĂšs intĂ©ressantes.

    Par Philippe Boisson

    La plus complĂšte des tĂ©lĂ©commandes pour moteur Ă©lectrique intĂšgre un GPS dans la tĂȘte des moteurs Ă©lectriques de la marque, uniquement sur les modĂšles Ă  fixer Ă  l’avant des bateaux. C’est ce qui diffĂ©rencie le i-Pilot des autres systĂšmes. La prĂ©sence du GPS permet alors de mĂ©moriser des tracĂ©s entre deux points enregistrĂ©s. Ainsi il devient possible de laisser le moteur se dĂ©placer par lui-mĂȘme de points en points (jusqu’à six avec cette version contre trois sur la prĂ©cĂ©dente). Plus Ă©tonnant encore, la fonction “ancre virtuelle” permet de maintenir le bateau sur un point et ce dans un rayon de 1,50 m. Cette ancre offre alors de grands services lorsqu’il s’agit d’insister un peu sur un poste, de stationner le temps de laisser passer un autre bateau, ou encore de refaire son montage suite Ă  une casse. Nous l’avons installĂ© sur un Minn Kota Power Drive V2 et l’avons essayĂ© en Hollande, sous la brise soutenue du Noord zee kanaal au milieu des supertankers de 200 m de long. L’efficacitĂ© est surprenante mĂȘme dans ces conditions particuliĂšres. Autre fonction utile, le dĂ©sormais cĂ©lĂšbre Autopilot, qui permet de garder un cap, est couplĂ© Ă  une vitesse constante programmĂ©e par la tĂ©lĂ©commande. De mĂȘme, le mode « Advanced Autopilot » optimise le maintien du cap en cas de vent ou de courant. A noter que le i-Pilot peut s’installer sur les moteurs avant Power Drive V2, Terrova et Riptide ST et SP. L’installation est facile Ă  rĂ©aliser Ă  l’aide de la notice trĂšs claire et bien illustrĂ©e dont une version française est disponible. Il faut en revanche bien vĂ©rifier que les bornes de la batterie soient correctement en contact avec les cosses. Si ce n’est pas le cas, des microcoupures apparaissent. Le moteur fonctionne alors, mais pas l’Autopilot, ni l’ancre virtuelle. Bon Ă  savoir car cela peut vous Ă©viter un renvoi inutile en SAV

    D’une ergonomie revue, la nouvelle tĂ©lĂ©commande dispose d’un Ă©cran agrandi de 20% et de touches plus tactiles. D’un emploi simple et rapidement intuitif, l’i-Pilot apporte un incontestable confort de pĂȘche. Si toute cette technologie n’est pas nĂ©cessaire lors d’une sortie sans vent, c’est par temps venteux que l’on apprĂ©cie de pouvoir tenir le bateau en place sans passer l’essentiel de son temps Ă  tenter de le replacer !  Seul dĂ©faut, son prix tout de mĂȘme Ă©levĂ© et un systĂšme de changement de vitesse par incrĂ©mentations (1 Ă  10), moins progressif que le systĂšme de variateur qui existe sur les pĂ©dales au pied des mĂȘmes moteurs.

    Prix conseillé : 599 e.

  • JMC Elite 10 pieds pour soie de 7/8

    JMC Elite 10 pieds pour soie de 7/8

    C’est bien connu, plus les cannes Ă  mouche sont longues, plus il est difficile d’en trouver une dotĂ©e d’une action progressive qui permette de lancer loin sans trop de fatigue. Avec son modĂšle Elite, JMC a incontestablement rĂ©ussi un coup de maĂźtre dans ce domaine.

    Par Philippe Collet

    La canne de la gamme JMC Elite, de 10 pieds pour soie de 7/8, est en effet conçue pour la pĂȘche en rĂ©servoir. C’est lĂ  un produit trĂšs esthĂ©tique, mais surtout trĂšs performant. Son action progressive rapide permet de trĂšs longs lancers, avec des boucles de soie trĂšs serrĂ©es. J’ai Ă©tĂ© littĂ©ralement bluffĂ© par ses qualitĂ©s de lanceuse. Elle m’a permis en effet, en lui associant une soie JMC compĂ©tition flottante en taille 8 qui l’équilibre trĂšs bien, de dĂ©passer rĂ©guliĂšrement les 35 mĂštres, mais surtout, de dĂ©rouler complĂštement le bas de ligne Ă  cette distance. Il s’agit donc d’une canne trĂšs directionnelle, puissante, mais lĂ©gĂšre et peu fatigante, Ă  rĂ©server par exemple Ă  la pĂȘche en “washing line” Ă  trois mouches, avec un booby en pointe et deux chironomes Ă  bille ou tout bonnement Ă  la pĂȘche au streamer. Nous l’avons utilisĂ©e avec succĂšs lors du reportage Ă  Socourt (voir article sur la pĂȘche en washing line dans le magazine N°93).


    Une sobriété de bon goût

    Sa couleur de blank bronze, parĂ© de ligatures trĂšs sobres de couleur marron clair presque transparentes, son porte-moulinet anodisĂ© marron, en font une canne discrĂšte mais nĂ©anmoins esthĂ©tique. Le petit talon de combat qui prolonge la poignĂ©e tulipe permet un meilleur appui sur l’avant-bras lors des lancers arriĂšre et un bon contrĂŽle du poisson. Conçue en trois brins, elle est livrĂ©e dans un Ă©tui compartimentĂ© triangulaire. Je prĂ©fĂšre personnellement les bonnes vieilles housses en tissus, Ă©galement compartimentĂ©es et sĂ©parĂ©es du tube, qui permettent de placer deux cannes tĂȘte-bĂȘche dans un mĂȘme tube et de limiter ainsi le paquetage Ă  transporter au cours d’un voyage ou en dĂ©placement lors des compĂ©titions. La JMC Elite 10 pieds pour soie de 7/8 est un trĂšs bon produit qui a dĂ©jĂ  conquis de nombreux compĂ©titeurs en rĂ©servoir et qui semble bien promise Ă  un bel avenir.

    Prix conseillĂ© : 414 €.