LâĂ©mergence du Fonds pour la conservation des riviĂšres sauvages prĂ©sente la perspective pour le ChĂ©ran dâĂȘtre un des bassins versants pilotes, pour la construction du label et du rĂ©seau de riviĂšres sauvages.âCe qui vient conforter les actions initiĂ©es et engagĂ©es par les pĂȘcheurs au cĂŽtĂ© du SMIAC sur le bassin versant.
Dâores et dĂ©jĂ , un comitĂ© technique rĂ©flĂ©chit sur les actions innovantes Ă engager avec les dĂ©cideurs pour redonner au ChĂ©ran son fonctionnement naturel et sauvage, avec en point dâorgue, lâeffacement du seuil du pont de Banges, dernier obstacle artificiel majeur au transit sĂ©dimentaire et Ă la continuitĂ© Ă©cologique sur le bassin versant. Lâobjectif du Fonds pour la conservation des riviĂšres sauvages Ă©tant de se dĂ©douaner du minimum rĂ©glementaire de bon Ă©tat Ă©cologique affichĂ© par la Directive cadre europĂ©enne (DCE) et ses normes insuffisantes, dont on touche les limites aujourdâhui sur dâautres riviĂšres emblĂ©matiques, comme le Doubs et la Loue. Le but Ă©tant de se rapprocher dâun fonctionnement naturel et biologique optimum, seul garant de la pĂ©rennitĂ© et de la prĂ©servation des milieux encore en Ă©tat, comme lâest celui du ChĂ©ran, avec peut-ĂȘtre, Ă terme, la concrĂ©tisation des efforts engagĂ©s par la labellisation du ChĂ©ran comme « une » des riviĂšres sauvages de France.
Auteur/autrice : admin_lvdr
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Le projet RiviĂšres sauvages
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Lâexemple du ChĂ©ran
Nous connaissons depuis longtemps lâĂ©quipe de lâAAPPMA de lâAlbanais sur le ChĂ©ran, une magnifique riviĂšre planquĂ©e dans sa vallĂ©e, entre Annecy et Aix-les-Bains. Sans tambour ni trompette, cette association dynamique est Ă lâorigine dâun des plus ambitieux contrats de riviĂšre du pays. Preuve que les pĂȘcheurs peuvent obtenir de lâaide, Ă condition quâils ne manquent ni de courage, ni de projets.
Par Philippe Boisson
Le ChĂ©ran prend sa source dans le massif des Bauges en Savoie en amont du ChĂątelard, village martyr qui perdit la quasi-totalitĂ© de ses habitants lors dâun glissement de terrain survenu dans la nuit du 1er janvier 1931. De profil torrentueux, ce cours dâeau passe, dans sa partie aval au niveau de Rumilly (Haute-Savoie), dâenviron 1 m3/s au plus sĂ©vĂšre de lâĂ©tiage Ă prĂšs de 300 m3/s Ă la fonte des neiges pour peu que la pluie sâen mĂȘle. Dâun point de vue gĂ©ologique, le ChĂ©ran coule sur un lit de gros galets dans sa partie amont, alors que sa section mĂ©diane serpente dans des gorges taillĂ©es dans du grĂšs Ă ciment argileux appelĂ© molasse. âRocheâ tendre composĂ©e de limons solidifiĂ©s, ce grĂšs se laisse facilement façonner par la riviĂšre. Cela donne lieu Ă quelques bizarreries, comme la voie Bernard, un couloir qui ressemble Ă une piste de skateboard et dont le fond canalise lâeau dans une faille dâĂ peine deux mĂštres de largeur, visible uniquement par niveau trĂšs bas. La profondeur de cette faille doit sans doute dĂ©passer les 8 Ă 10 mĂštres. Le grĂšs donne une jolie couleur Ă©meraude aux eaux du ChĂ©ran qui prend des allures dâoasis en Ă©tĂ©. A la sortie des gorges au niveau de Rumilly, le ChĂ©ran a beaucoup souffert des extractions de graviers et de lâurbanisation qui a donnĂ© lieu Ă un vaste programme de renaturation qui commence Ă porter ses fruits aujourdâhui. Cela nâaurait pas Ă©tĂ© possible sans le concours dâun personnel compĂ©tent et de moyens financiers et humains importants. PortĂ© par les pĂȘcheurs, ce projet nĂ©cessita quelques modifications fondamentales du statut de ce qui nâĂ©tait pas encore, jusquâaux annĂ©es 2000, une AAPPMA.
Une gestion Ă lâĂ©chelle du bassin versant
En France, le dĂ©partement de la Haute-Savoie reste un cas particulier, avec un nombre de pĂȘcheurs parmi les plus Ă©levĂ©s du pays, partagĂ©s en seulement cinq AAPPMA. Un mode de fonctionnement trĂšs atypique, dâautant que certaines dâentre elles regroupent des âsociĂ©tĂ©s de pĂȘcheâ non agréées. LâAAPPMA de lâAlbanais (nom de la rĂ©gion dâAlbens) est nĂ©e en 1999 de la rĂ©union de trois de ces sociĂ©tĂ©s de pĂȘche faisant alors partie de lâAAPPMA Annecy RiviĂšres. Il sâagissait de celles de Cusy, de La Gaule du ChĂ©ran, et de La Protectrice du Fier. Pour obtenir lâagrĂ©ment, la future AAPPMA de lâAlbanais devait, Ă la demande de la DDAF, faire signer les baux de pĂȘche aux propriĂ©taires riverains. Un travail de fourmi qui demanda Ă StĂ©phane Jan et Ă ses collĂšgues plus de deux mois dâinvestigation au cadastre, Ă une Ă©poque oĂč les relevĂ©s parcellaires nâĂ©taient pas encore informatisĂ©s. Il sâen suit un porte-Ă -porte en rĂšgle face Ă des propriĂ©taires qui, pour la grande majoritĂ©, ignoraient tout de lâexistence des fameux baux de pĂȘche. SignĂ©s pour trente ans, les droits de pĂȘche ainsi obtenus ont permis de partir sur de bonnes bases. Plus en amont, lâAAPPMA du ChĂątelard, dans le massif des Bauges, existe depuis 1927. Ainsi, le ChĂ©ran sâest vu partagĂ© en seulement deux AAPPMA, ce qui laissait augurer une gestion cohĂ©rente Ă lâĂ©chelle du bassin versant du cours dâeau. Les dĂ©buts furent empiriques reconnaĂźt Pascal Grillet, lâun des membres du bureau de lâAAPPMA de lâAlbanais : âOn voulait bien faire et les chantiers Ă©taient si nombreux que cela partait un peu dans tous les sens !â. Lâune des premiĂšres actions entreprises fut la rĂ©introduction de lâombre, un poisson originaire du ChĂ©ran, mais qui avait totalement disparu. AprĂšs trois annĂ©es de rĂ©introduction, qui ne donnĂšrent guĂšre de rĂ©sultats encourageants dans les annĂ©es qui suivirent, une population viable a finalement trouvĂ© sa place. Le prĂ©lĂšvement de lâombre est toujours interdit sur la riviĂšre afin de le protĂ©ger, car il serait facile de le faire disparaĂźtre Ă nouveau. Les ombres du ChĂ©ran sont trĂšs discrets, vivants surtout dans les forts courants et ne se montrant que rarement. Pour les truites, les choses sont diffĂ©rentes. Comme partout ailleurs, lâalevinage avec des souches atlantiques domestiquĂ©es a commencĂ© dĂšs la fin du XIXe siĂšcle. Par chance, la souche sauvage de truite locale a bien rĂ©sistĂ© Ă lâintrogression de gĂšnes Ă©trangers. Le ChĂ©ran doit en partie son bon Ă©tat actuel Ă son accessibilitĂ© limitĂ©e, due Ă son cours encaissĂ©. Les points dâaccĂšs se limitent Ă trois ou quatre lieux sur toute la longueur des gorges. Pour les AAPPMA du ChĂątelard et de lâAlbanais, la prioritĂ© consiste Ă prĂ©server le milieu naturel dans le but de conserver la souche sauvage. Plus aucun empoissonnement nâa eu lieu depuis prĂšs de quinze ans. En Ă©troite relation avec la fĂ©dĂ©ration dĂ©partementale de pĂȘche de Haute-Savoie, qui dispose dâun personnel spĂ©cialisĂ© compĂ©tent (sous la houlette dâArnaud Caudron), les souches de truites du ChĂ©ran, du Fier, et de leurs affluents ont Ă©tĂ© clairement identifiĂ©es et tout le monde Ćuvre pour leur sauvegarde. La vallĂ©e du ChĂ©ran a Ă©tĂ© retenue comme riviĂšre pilote par le Fonds pour la conservation des riviĂšres sauvages, au mĂȘme titre que quelques autres comme la Vis (HĂ©rault) ou la Valserine (Jura/Ain).
Un contrat de riviĂšre exemplaire
Un contrat de riviĂšre a Ă©tĂ© allouĂ© Ă la vallĂ©e du ChĂ©ran entre 1997 et 2008. Sâil existe de mauvais exemples de contrats similaires un peu partout, qui nâont pas apportĂ© dâamĂ©lioration de la qualitĂ© de lâeau ou de lâhabitat pisciaire, celui du ChĂ©ran est exemplaire. Preuve que si les pĂȘcheurs ne font pas la dĂ©marche dâĂȘtre reprĂ©sentĂ©s, il ne faut pas espĂ©rer de miracle⊠Au total, lâinvestissement pour 2012 de lâAAPPMA de lâAlbanais se porte Ă 170 000 euros (300 000 euros sur trois ans). Car le ChĂ©ran fait Ă©galement partie du programme europĂ©en Leader (Liaison entre actions de dĂ©veloppement de lâĂ©conomie rurale) du Parc naturel rĂ©gional du massif des Bauges. Il sâagit dâun programme europĂ©en qui vise Ă faire des territoires ruraux des pĂŽles Ă©quilibrĂ©s dâactivitĂ© et de vie. Le plan de financement des travaux intĂ©grĂ© dans le contrat de riviĂšre concernant la diversification des habitats sâest rĂ©parti entre la RĂ©gion Ă hauteur de 20 %, lâagence de lâEau 50 %, le conseil gĂ©nĂ©ral de Savoie 5 %, le conseil gĂ©nĂ©ral de Haute-Savoie 5 %, le Syndicat mixte interdĂ©partemental d’amĂ©nagement du ChĂ©ran (SMIAC) 20 %, et les collectivitĂ©s piscicoles 22 % pour un total de 216 958 euros. Le contrat de riviĂšre a permis la mise en place dâun programme ambitieux de diversification de lâhabitat pisciaire sur la zone aval du ChĂ©ran au niveau de Rumilly. Les amĂ©nagements demandaient des moyens mĂ©caniques et humains Ă la hauteur de la puissance dâun cours dâeau dont le dĂ©bit peut ĂȘtre multipliĂ© par 300 selon les saisons. âAvec un lit dĂ©stabilisĂ© par une Ă©rosion rĂ©gressive, due Ă des extractions de granulats directement dans le cours dâeau il y a plusieurs dĂ©cennies, le chantier mĂ©ritait rĂ©flexion et mĂ©thode pour rĂ©aliser des amĂ©nagements qui puissent encaisser des crues violentes sans pour autant crĂ©er dâautres problĂšmes autour dâeux. Nous avons optĂ© pour des techniques mixtes vĂ©gĂ©tales et minĂ©rales et nous avons eu la chance de travailler en concertation avec des professionnels qui ont fait lâeffort de comprendre les problĂ©matiques du cours dâeau, ce qui nâest toujours Ă©vident avec des gens qui, pour la plupart, travaillaient dans une riviĂšre pour la premiĂšre foisâ explique Pascal Grillet. La FĂ©dĂ©ration de pĂȘche de Haute-Savoie suit lâĂ©volution des peuplements chaque annĂ©e pour vĂ©rifier si le rĂ©sultat escomptĂ© est bien au rendez-vous. Les amĂ©nagements profitent Ă toutes les espĂšces, y compris aux plus petites comme le chabot ou la loche franche, car le ChĂ©ran a retrouvĂ© une morphologie variĂ©e qui profite aux poissons Ă tous les stades de leur dĂ©veloppement. Sur ce secteur au lit il y a peu encore uniforme, trĂšs peu diversifiĂ©, les populations de truites ont Ă©tĂ© multipliĂ©es par quatre. Ce nâest quâun dĂ©but, car ces amĂ©nagements profiteront dâautant plus aux gĂ©nĂ©rations suivantes. La prĂ©sence des amĂ©nagements a en effet de multiples avantages : ils offrent bien plus quâun abri aux poissons, les Ă©lĂ©ments minĂ©raux trouvent leur place tout autour, ainsi quâen aval sous lâeffet du courant. De
nouvelles zones de frayĂšres sont apparues.LâĂ©cole de pĂȘche du ChĂ©ran
Les deux AAPPMA du ChĂ©ran travaillent avec deux guides de pĂȘche chargĂ©s de gĂ©rer les activitĂ©s de lâĂ©cole de pĂȘche. Des stages enfants, ados, vacances, scolaires, personnes Ă mobilitĂ© rĂ©duite, pour la pĂȘche de la carpe, la pĂȘche au coup, celle des carnassiers ou la pĂȘche Ă la mouche sont organisĂ©s durant toute la saison. Des ateliers pĂȘche nature ont lieu tous les mercredis. Chaque saison, des centaines dâenfants et dâadolescents dĂ©couvrent la pĂȘche Ă Rumilly, sur le plan dâeau attenant au bĂątiment de lâAAPPMA ou sur le ChĂ©ran, avec une Ă©vidente sensibilisation aux milieux naturels.
La pĂȘche sur le ChĂ©ran
Les truites de la belle riviĂšre dâĂ©meraude ont la rĂ©putation dâĂȘtre capricieuses. Elles sortent nĂ©anmoins de façon plus rĂ©guliĂšre sur la partie aval que dans les gorges. Loin dâĂȘtre des poissons de foire, ces animaux sauvages rĂ©agissent Ă la tempĂ©rature, Ă la lumiĂšre et a tout ce que ces facteurs peuvent gĂ©nĂ©rer comme Ă©vĂ©nements dans la riviĂšre (Ă©closions, pĂ©riodes propices Ă lâalimentation, etc). Lors de ma visite sur trois jours cet Ă©tĂ©, les truites du ChĂ©ran ont jouĂ© le jeu, avec entre autres, un coup du soir formidable sur une belle retombĂ©e de fourmis. Un niveau stable, mĂȘme bas, semble plus favorable quâune baisse de niveau suite Ă une crue. Cette situation, classique sur dâautres riviĂšres, Ă le don de caler les poissons confortablement sous les pierres durant plusieurs jours. Le ChĂ©ran est une riviĂšre sauvage avec des poissons qui le sont tout autant. Ce qui Ă©tait normal un peu partout il y a quelques dĂ©cennies devient aujourdâhui une exception, qui ne plaira sans doute pas Ă tous ceux qui veulent une âprestationâ correcte en Ă©change de leur simple prĂ©sence. Les truites du ChĂ©ran se fichent de la sociĂ©tĂ© de consommation qui les entoure. EspĂ©rons que cette derniĂšre nâaura pas la peau des derniers poissons sauvages de cette belle riviĂšre. En tout cas, les AAPPMA du ChĂątelard et de lâAlbanais veillent au grain avec une dĂ©termination et une envie qui force le respect.
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Emmener un enfant Ă la pĂȘche
Câest bien connu, lâĂ©tĂ© nâest pas la saison la plus propice lorsque lâon souhaite rĂ©aliser ce que nos aĂźnĂ©s appelaient des « paniers pointus »⊠Et si la canicule sâinvite Ă la partie, les joies de la pĂȘche peuvent rapidement se transformer en chemin de croix. Il est bon de se dĂ©connecter quelque peu pour se dire que les choses sĂ©rieuses seront pour plus tard ! Pourquoi ne pas profiter alors dâune fin dâaprĂšs-midi ou dâune soirĂ©e pour faire dĂ©couvrir les joies de lâeau Ă nos bambins ?
Par Jean-Christian Michel
PremiĂšre contrainte : bien avoir Ă lâesprit que la sĂ©ance doit ĂȘtre ludique et plutĂŽt courte. Se dire que pour une fois, non seulement il va falloir attraper un ou deux poissons â et rapidement sâil vous plaĂźt ! â mais en plus, en faisant en sorte que le bambin reste un minimum Ă lâĂ©coute et immobile, sans recours coercitif, avec la motivation de la curiositĂ© !
Vous devez alors vous mĂ©tamorphoser en homme-orchestre : lâennemi est Ă la fois sous lâeau et Ă vos cĂŽtĂ©s. Pour
les poissons, vous ĂȘtes Ă votre affaire, je ne vais pas vous expliquer comment on fait monter un chevesne ou une truitelle sur une mouche sĂšche. Ayez quand mĂȘme Ă lâesprit que votre dextĂ©ritĂ© doit Ă©merveiller lâenfant sans quâil se blesse ou tombe Ă lâeau. Sans quoi, il peut arriver que la sĂ©ance de public relation halieutique se change en drame conjugal. Cela sâest dĂ©jĂ vu⊠Par chance, les soirĂ©es dâĂ©tĂ© sont longues et chaudes et, en cas de chute, il est toujours possible dâĂ©courter la sĂ©ance et dâacheter le silence du petit cafteur par deux boules de glace ou une crĂȘpe au sucre.
Ayez Ă©galement Ă lâesprit que le poisson est au centre de votre prĂ©occupation, mais pas des siennes. Pour lâenfant, aller Ă la pĂȘche est dâabord un cĂ©rĂ©monial qui consiste Ă jouer au pĂȘcheur, et, si en plus, vous parvenez Ă jouer au pĂȘcheur qui nâest pas bredouille, câest mieux, mais pas indispensable. Ce dĂ©tail nâest pas Ă nĂ©gliger car il permet de retomber sur ses pattes au cas oĂč les poissons feraient leur forte tĂȘte⊠Et si aprĂšs une capture, une fois que sont passĂ©es les quatre premiĂšres secondes dâĂ©tonnement, le bambin sâen moque comme de sa premiĂšre tĂ©tine, il ne faut pas le renier pour autant. Le mouflet nâest pas lĂ pour apprendre Ă pĂȘcher, il est lĂ pour partager un moment de bien-ĂȘtre au bord dâune riviĂšre et câest dĂ©jĂ Ă©norme. Que les bruits et lâodeur de lâeau
deviennent familiers Ă ses sens et quâils soient inconsciemment synonymes dâun bien-ĂȘtre partagĂ©, on ne peut pas en demander plus.
Quelques prises sont au rendez-vous ? Super. Rien Ă lâhorizon ? Vous ĂȘtes un Ăąne. Si lâenfant commence Ă jeter des cailloux, ne vous en prenez quâĂ vous-mĂȘme. Il nâest pas rare que le temps de concentration des sujets les plus turbulents ne dĂ©passe pas celui de la station dâun pinson sur la branche ! Les indicateurs sont dans le rouge. Il devient alors nĂ©cessaire de faire preuve dâinventivitĂ© pour que la curiositĂ© chasse lâennui au plus vite. Plus sĂ©rieusement, si la vraie pĂȘche nâest plus possible, barbotons gaiement et retournons quelques pierres pour dĂ©couvrir gammares, Ă©phĂ©mĂšres et autres petites bĂȘtes qui vivent sous les pierres ou portent leur maison sur leur dos.
Autre recours ultime pour initier un diablotin Ă la contemplation : confectionner de jolis bateaux avec des feuilles dâiris et les confier au courant. Câest beau⊠Enfin, si le petit monstre commence Ă bombarder vos navires avec des galets, dites-vous que, visiblement, ce ne sera pas un contemplatif. Ou dans le meilleur des cas, il deviendra un contemplatif armĂ©, race dâhomme dont nos riviĂšres ont terriblement besoin de nos jours ! Mais dans lâimmĂ©diat, mieux vaut plier la canne. Surtout, nâĂ©coutez pas vos pulsions de grand mĂąle dominant. Le sermon et les sĂ©vices nây feront rien. Ayez toujours en arriĂšre-pensĂ©e que la riviĂšre vous regarde et que ce quâil faut, câest seulement que lâenfant apprenne Ă lâaimer. Pourquoi ne pas vous mettre Ă balancer des pierres, vous aussi ? Si un confrĂšre que vous nâaimez pas se trouve sur lâautre rive, cela peut devenir un moment de partage et dâinnocence qui fait du bien.
Quelques annĂ©es plus tard, quand lâenfant sera devenu ce quâil devait devenir et que, du haut de ses quatorze ans, il vous dira : « Papa, sâil te plaĂźt, et si cette annĂ©e on partait au bord dâune riviĂšre pour les vacances ? » Vous vous rappellerez peut-ĂȘtre alors que toute cette pĂ©dagogie socioculturelle nâa pas Ă©tĂ© vaine et vous afficherez un sourire Ă peine retenu en direction de sa procrĂ©atrice avant de lui rĂ©pondre : « Câest une idĂ©e⊠»
Enfin, dernier conseil Ă©clairĂ© : retirez le mot patience de votre vocabulaire. La partie de pĂȘche nâest pas une partie de torture. Câest seulement aprĂšs plusieurs annĂ©es de vie en sociĂ©tĂ© que lâon peut faire gober aux bambins que lâennui peut devenir vertu ! Et si votre gamin est hermĂ©tique Ă cet enchantement, dites-vous que le mystĂšre de la vie et des ĂȘtres nâen est que plus riche de diversité⊠Au fond, peut-ĂȘtre lâenfant est-il comme cette crĂ©ature qui lui a donnĂ© le jour⊠et ce nâest quâune raison de plus pour lâaimer dâun amour immense et dĂ©raisonnable ! -

Concours : gagnez un sĂ©jour dans un gĂźte de pĂȘche en Creuse
La Creuse est un dĂ©partement trĂšs riche en coins de pĂȘche
grĂące Ă ses 3 600 km dâeaux vives, ses 3 000 hectares dâĂ©tangs et de lacs et
son environnement sauvage et prĂ©servĂ©. LâADRT Tourisme Creuse a lancĂ© un
jeu-concours « la PĂȘche aux Touristes ». La participation au jeu se fait
via facebook, à partir de la page Tourisme en Creuse. A la clé, vous pouvez
gagner un sĂ©jour pĂȘche dâune semaine en gĂźte 3 Ă©pis.Renseignements :
http://tourismeprocreuse.com/2012/10/17/jeu-concours-la-peche-aux-touristes/
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Antilles françaises : 4 sites ont reçu le label dâAires spĂ©cialement protĂ©gĂ©es
Le ministĂšre de lâEcologie, du DĂ©veloppement durable et de
lâEnergie a annoncĂ© le 27 octobre quatre sites des Antilles françaises ont reçu
le label dâAires spĂ©cialement protĂ©gĂ©es Ă lâoccasion de la rĂ©union de la
convention internationale de mer régionale de CarthagÚne, organisée en
RĂ©publique Dominicaine du 23 au 25 octobre 2012. Il sâagit de la RĂ©serve
naturelle nationale de Saint-Martin, des Etangs lagunaires de Saint Martin, de
la Réserve naturelle nationale de « Petite-Terre » en Guadeloupe et du
Sanctuaire de mammifĂšres marins Agoa. Créé en 2010 sur lâensemble de la zone
économique exclusive des Antilles françaises, le sanctuaire Agoa est le second
sanctuaire de mammifÚres marins aprÚs le sanctuaire Pelagos, créé en
Méditerranée.Crédits photo : JérÎme Couroucé/MDD
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ConfĂ©rence environnementale, un Grenelle sans pĂȘcheurs
Il y a cinq ans, le gouvernement Sarkozy lançait le Grenelle de lâenvironnement, prĂ©sentĂ© alors aux Français comme une rĂ©volution verte. Depuis, sur le terrain bien peu de chose ont changĂ© en ce qui concerne en tout cas la protection de lâeau. Pis, les services de lâĂ©tat chargĂ©s dâassurer la police de lâeau nâont jamais atteint un tel laxisme. LâOnema sera bientĂŽt directement rattachĂ© aux directions dĂ©partementales des territoires (DDT). Les brigades voient leurs effectifs se rĂ©duire au strict minimum (un dĂ©part en retraite sur deux remplacĂ©). Et voilĂ que, sous le gouvernement Hollande apparaĂźt la ConfĂ©rence environnementale. Cela sâest passĂ© Ă Paris au palais dâIena les 14 et 15 septembre. Une sorte de seconde chance au Grenelle, de la part dâun gouvernement qui compte dans ses rangs deux ministres âvertsâ, CĂ©cile Duflot et Pascal Canfin. Ătrange prĂ©occupation dans un contexte oĂč rappeler vous, les mots environnement ou Ă©cologie Ă©taient totalement absents des discours des deux supposĂ©s prĂ©sident de la RĂ©publique alors en campagne Ă©lectorale. Ce qui a mal commencĂ©, câest le refus de recevoir les pĂȘcheurs et les chasseurs aux tables rondes. Un refus pourtant contraire aux promesses de François Hollande, lors de sa campagne. PĂȘcheurs et chasseurs reprĂ©sentent prĂšs de trois millions de personnes, que les politiques nâoublient jamais de dĂ©marcher⊠La suite nous dĂ©montrera que le gouvernement du âchangementâ ne prend pas pour habitude de tenir ses promesses. Pour preuve, durant la semaine qui a prĂ©cĂ©dĂ© la ConfĂ©rence, les affirmations dâArnaud Montebourg dans une interview accordĂ©e Ă Challenges au sujet de lâexploitation des gaz de schistes. Le ministre du redressement productif dĂ©ment la position de Delphine Batho, en affirmant bien haut quâun moratoire sur la question nâest pas Ă lâordre du jour. Il ajoute au passage que les techniques de fracturation hydraulique (qui utilise Ă©normĂ©ment dâeau et de produits chimiques) peuvent ĂȘtre maĂźtrisĂ©es, sans bien entendu, expliquer comment. Nouvel avis contraire quelques jours plus tard avec, enfin, une position ferme du gouvernement qui ferme le dossier Ă double tour⊠JusquâĂ quand ? Le Grenelle sâĂ©tait engagĂ© Ă rĂ©duire de moitiĂ© lâutilisation de pesticides entre 2008 et 2018. Belle motivation Ă propos dâun sujet qui touche dâune part directement la santĂ© publique et dâautre part la disparition des abeilles, un sujet trĂšs sensible. Pour lâheure, lâutilisation de pesticides depuis 2008 a augmentĂ© de 2,5 %. Lors de la confĂ©rence environnementale, la dĂ©cision dâinterdire lâĂ©pandage aĂ©rien de produit phytosanitaire a Ă©tĂ© prise, en spĂ©cifiant quâelle resterait autorisĂ©e dans les cas oĂč il sâagit de la seule solution possible. Le ministre de lâAgriculture, StĂ©phane Le Foll a dâailleurs, peu aprĂšs sa nomination, reconnu que lâobjectif ne sera pas atteint. Pas plus que le sera celui du âbon Ă©tat Ă©cologiqueâ des cours dâeau et lacs avant 2015 comme lâimpose la Directive cadre europĂ©enne sur lâeau (DCE). Impuissant, voilĂ ce que sont les gouvernements face aux enjeux environnementaux. Impuissants face aux lobbies et incapable de proposer un nouveau modĂšle. Lâagriculture bio, ou moins intensive si vous prĂ©fĂ©rez, nĂ©cessiterait une aide du gouvernement. Or actuellement, et depuis longtemps, celle qui pollue le plus et aussi la plus subventionnĂ©e.
PĂȘcheurs et chasseurs sur la touche
A la veille de la confĂ©rence environnementale, la FĂ©dĂ©ration nationale pour la pĂȘche en France (FNPF), a tenu Ă exprimer au prĂ©sident de la RĂ©publique sa surprise, sa dĂ©ception et son souhait dâun⊠changement ! Contrairement Ă lâengagement pris pendant la campagne Ă©lectorale, la FNPF est Ă©cartĂ©e (tout comme la FĂ©dĂ©ration nationale des chasseurs) des tables rondes consacrĂ©es Ă la gouvernance et au dĂ©bat sur la transition Ă©nergĂ©tique. Selon nos sources, cette dĂ©cision fait suite Ă une pression de certains organismes invitĂ©s sur les organisateurs, afin âdâĂ©viter certaines tensionsâ.âVive la dĂ©mocratie ! La FNPF et son rĂ©seau associatif affiliĂ© (93 fĂ©dĂ©rations, 4000 associations), se dit fort dâune expertise reconnue, diverse et ancienne. Elle estime que sa lĂ©gitimitĂ© Ă figurer parmi les acteurs environnementaux Ă part entiĂšre nâest plus Ă dĂ©montrer. Soit, mais si on y regarde de plus prĂšs, les fĂ©dĂ©rations les plus lĂ©gitimes sont celles qui gĂ©nĂ©ralement sont en opposition totale ou partielle avec la politique de la FNPF. L’exemple de la Haute-Savoie (voir notre Echo du radier Ă propos du ChĂ©ran) est trĂšs parlant. Certaines fĂ©dĂ©rations dĂ©partementales se professionnalisent en recrutant des ingĂ©nieurs et des techniciens trĂšs compĂ©tents. Elles mettent en place une gestion patrimoniale et dans la mesure oĂč cela est possible, prennent en compte lâensemble des bassins versants dans un souci de cohĂ©rence. Ce rĂŽle est dâailleurs une Ă©volution naturelle des choses, puisque lâOnema, cĂšde toujours plus de missions aux fĂ©dĂ©rations (pĂȘche dâinventaires, Ă©tudes, etc.). Avoir plus d’un million d’adhĂ©rents ne suffit visiblement pas pour parler d’Ă©cologie⊠Consentie comme une mesure de faveur, la FNPF sâest vue accorder une place dans la table ronde consacrĂ©e Ă la biodiversitĂ©.
Philippe Boisson
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Le plan dâeau de Socourt
La valorisation de ce plan dâeau en rĂ©servoir a Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©e il y a maintenant prĂšs de dix ans par la commune de Socourt, sur les conseils avisĂ©s de Jean-Louis Thomas, alors coorganisateur des Championnats du monde de pĂȘche Ă la mouche de 2002 organisĂ©s par la France dans les Vosges. Jean-Louis Thomas assure accessoirement le secrĂ©tariat de mairie de la commune et sâoccupe de la gestion du rĂ©servoir.
Il sâagit dâune ancienne graviĂšre dâenviron 3 ha avec des fonds de 2 Ă 4,5 mĂštres, rendue Ă la commune en fin dâexploitation, qui a nĂ©cessitĂ© des travaux de rĂ©habilitation pour devenir ce rĂ©servoir accueillant : adoucissement des berges, crĂ©ation dâun parking, construction dâun chalet avec sanitaires… Ce plan dâeau se situe le long de la RD 157 reliant Nancy Ă Epinal, en face du village de Socourt. Il est indiquĂ© depuis la route.
Cette ancienne graviĂšre prĂ©sente la particularitĂ© dâĂȘtre trĂšs riche en chironomes, richesse qui garantit une pĂȘche imitative de qualitĂ©. Il suffit dâarpenter les berges certains soirs dâintense activitĂ© pour se rendre compte de lâampleur des Ă©mergences de chironomes et de la densitĂ© du peuplement piscicole. Le prix de la journĂ©e de pĂȘche est de 25 euros, avec un tarif dĂ©gressif pour les jeunes et les clubs. Pour y pĂȘcher, il convient de se rendre Ă la mairie oĂč une urne permet de dĂ©poser son rĂšglement prĂ©alablement Ă sa partie de pĂȘche. Des contrĂŽles ont lieu dans la journĂ©e. La commune propose deux gĂźtes aux pĂȘcheurs, un de deux, un de quatre personnes, pour un montant de 20 euros par nuit et par personne. Une formule trĂšs intĂ©ressante pour les pĂȘcheurs se dĂ©plaçant dâun peu loin.Pour tout renseignement complĂ©mentaire,
contactez Jean-Louis Thomas au 06 08 70 57 42 ou M. le maire, Jean-Luc Martinet, au 06 83 31 20 68. -

RĂ©servoir : la pĂȘche en « washing line »
Venue dâoutre-Manche, la technique de pĂȘche en rĂ©servoir en « washing line » (littĂ©ralement « corde Ă linge ») est encore peu utilisĂ©e en France, bien quâelle soit dâune redoutable efficacitĂ©. Cette technique consiste Ă suspendre une ou deux nymphes ou un ou deux chironomes entre la soie et une mouche de pointe flottante. De cette façon, les petites mouches peuvent rester longtemps immobiles Ă proximitĂ© de la surface, comme du linge accrochĂ© Ă un fil et tenter facilement les poissons en maraude dans le premier mĂštre sous la surface.
Par Philippe Collet
La technique du âwashing lineâ se pratique avec une soie flottante, une soie intermĂ©diaire lente, ou mieux encore une soie flottante Ă pointe intermĂ©diaire. Cette derniĂšre est alors dotĂ©e dâune pointe intermĂ©diaire rapide dâenviron un mĂštre de long qui permet de faire couler rapidement le bas de ligne et de placer les mouches au bon niveau en quelques secondes. Il existe sur le marchĂ© des soies spĂ©cifiques dans les marques Airflo ou Rio comme la Midge tip par exemple. Pour ma part, jâutilise maintenant des soies maison rĂ©alisĂ©es Ă partir dâune soie flottante sur laquelle est greffĂ© et ligaturĂ©, Ă lâaide dâun morceau de chaussette en backing tissĂ©, un morceau de vieille soie intermĂ©diaire. Leur avantage est que la connexion est solide, sans surĂ©paisseur et que la soie se tend bien en ligne. Je peux ainsi choisir des soies flottantes qui me conviennent bien. Il est aussi possible dâajouter un polyleader intermĂ©diaire rapide, boucle dans boucle au bout dâune soie flottante. Le montage est plus polyvalent, le posĂ© est plus dĂ©licat du fait de la dĂ©gressivitĂ© du bas de ligne et lâimmersion de la pointe de la soie est moins rapide. Le montage avec un polyleader ne se place toutefois pas aussi vite en position de pĂȘche et est Ă rĂ©server aux soies de petite taille.
Certains jours, les soies flottantes Ă pointe intermĂ©diaire sont dâune efficacitĂ© redoutable. Elles permettent de caler le montage au bon niveau trĂšs rapidement. Dâautres fois, il vaut mieux utiliser une simple soie flottante pour des pĂȘches discrĂštes sur un plan dâeau lisse ou Ă contrario une soie intermĂ©diaire lente si par exemple le vent est trop fort ou en plein travers. En âwashing lineâ, on utilise couramment une soie de taille 7, parfois de 8 si le vent se met de la partie. On peut aussi descendre en 6 voire 5, mais il est alors plus difficile dâenvoyer trois mouches dont une derniĂšre souvent assez volumineuse et non lestĂ©e assez loin.
Le bas de ligneEn âwashing lineâ, le bas de ligne diffĂšre un peu de ceux utilisĂ©s habituellement dans les autres techniques rĂ©servoir : la distance entre la derniĂšre nymphe et la mouche flottante de pointe nâest pas obligatoirement trĂšs importante. Avec une soie Ă pointe intermĂ©diaire, le bas de ligne type est constituĂ© de deux mĂštres Ă 1,20 m de 22 Ă 18 centiĂšmes entre la boucle de la soie et une premiĂšre potence de 20 cm. La potence est rĂ©alisĂ©e avec ce premier brin de fil. On place ensuite un autre brin de fil, de diamĂštre Ă©quivalent ou lĂ©gĂšrement infĂ©rieur, avec lequel on forme une deuxiĂšme potence. Lâespacement entre les deux potences est compris entre 1,50 m et 90 cm. On place enfin un dernier brin de fil, dâun diamĂštre toujours Ă©quivalent ou infĂ©rieur pour terminer le montage. La longueur de ce dernier brin est souvent assez courte, entre 1,20 m et 80âcm, lâobjectif Ă©tant de rĂ©ussir Ă bien Ă©taler un bas de ligne terminĂ© par une mouche flottante moins propice Ă tendre lâensemble quâune mouche lestĂ©e. La longueur totale du bas de ligne sera conditionnĂ©e par lâhumeur des poissons, la clartĂ© de lâeau, les capacitĂ©s de lanceur du pĂȘcheur et son placement par rapport au vent. Lorsque lâon pĂȘche en barque, le vent dans le dos, il ne faut pas hĂ©siter Ă laisser le vent porter un long bas de ligne. Attention toutefois Ă la distance mĂ©nagĂ©e entre la premiĂšre mouche de potence et la mouche de pointe. Car il faut ĂȘtre capable dâĂ©puiser le poisson avec une canne de 10 pieds soit environ 3 mĂštres.
Si lâon rencontre des difficultĂ©s pour Ă©taler un train de trois mouches, soit du fait dâune technique encore hasardeuse, soit Ă cause dâun vent de face trop fort, il peut ĂȘtre utile de rĂ©duire radicalement la longueur de son bas de ligne en retirant une mouche et en ne rĂ©alisant donc quâune potence. Avec des poissons Ă©duquĂ©s il est souvent prĂ©fĂ©rable de nâutiliser que deux mouches. MĂȘme si cette configuration limite les possibilitĂ©s dâessais pour trouver un modĂšle de nymphe ou de chironome efficace, il vaut toujours mieux pĂȘcher correctement avec un bas de ligne Ă deux mouches que de sâemmĂȘler continuellement avec trois mouches.
Le filEn âwashing lineâ, il est prĂ©fĂ©rable dâutiliser du fluorocarbone plutĂŽt que du nylon car ce dernier coule naturellement et permet de placer rapidement les mouches au bon niveau. De plus, le fluorocarbone est moins visible sous lâeau, plus raide et moins sujet Ă sâemmĂȘler. Il ne faut pas avoir peur de pĂȘcher avec des diamĂštres relativement importants, car les touches sont souvent violentes et les casses peuvent devenir trop frĂ©quentes si on pĂȘche en deçà du 16 centiĂšmes. Avec une soie intermĂ©diaire ou Ă pointe intermĂ©diaire, surtout si cette derniĂšre possĂšde peu dâĂ©lasticitĂ©, le bas de ligne devra ĂȘtre nettement plus fort quâen soie flottante oĂč il est possible de descendre en diamĂštre lorsque les conditions de pĂȘche nous contraignent Ă affiner le montage.
La technique
La technique consiste Ă poser le bas de ligne le plus proprement possible, c’est-Ă -dire bien droit. Avec une soie flottante, il peut ĂȘtre nĂ©cessaires de rĂ©aliser une tirĂ©e sĂšche sur la soie aprĂšs le posĂ©, pour noyer le fil. Avec une soie intermĂ©diaire ou Ă pointe intermĂ©diaire le bas de ligne coule presque instantanĂ©ment. Une fois les mouches posĂ©es, si ce dernier est bien tendu, il convient de ne rien faire dâautre quâattendre. La touche dâun poisson attirĂ© par lâimpact des mouches sur lâeau, se produit souvent juste aprĂšs le posĂ©, une fois le bas de ligne coulĂ©.
Les jours oĂč le plan dâeau est ridĂ© par le vent, il faut laisser celui-ci tendre la soie sans autres animations. Il se forme alors une large boucle de soie qui tire doucement le train de mouches Ă proximitĂ© de la surface. Les poissons peuvent aussi bien sâemparer dâune des deux mouches coulĂ©es que de la mouche flottante, trĂšs efficace car accrochĂ©e Ă un brin de fluorocarbone noyĂ©.
Les jours de grand vent, on utilise une soie intermĂ©diaire lente qui permet de propulser plus facilement le train de mouches et de se soustraire immĂ©diatement Ă une dĂ©rive de surface trop rapide. La soie intermĂ©diaire va progressivement couler, entraĂźnant doucement les deux nymphes ou chironomes vers le bas. La technique est parfois redoutable. Il suffit de poser et dâattendre de se faire arracher la soie des doigts. Si cela nâest pas le cas, il faut la tricoter et attendre de nouveau. De cette façon, la mouche flottante de pointe coule et si elle est bien graissĂ©e ou montĂ©e avec de la mousse, remonte en surface comme un bouchon. Lorsquâun poisson vient tourner autour de cette derniĂšre sans la prendre, il peut ĂȘtre judicieux de rĂ©aliser un tricotage rapide pour la couler et lâanimer juste sous la surface pour quâelle lĂšve une petite vague. Le poisson aura souvent du mal Ă rĂ©sister Ă ce type dâanimation et se piquera tout seul sur la mouche en mouvement.
En âwashing lineâ, la mouche de pointe flottante ne se contente pas de soutenir les nymphes, elle prend souvent du poisson du fait quâelle est reliĂ©e Ă un bas de ligne coulĂ© sous la surface qui ne laisse aucun trait disgracieux sur lâeau. Avec sa taille assez Ă©levĂ©e, cette mouche attire de loin les poissons. Sâils la dĂ©daignent, ils aperçoivent alors les nymphes idĂ©alement placĂ©es. Il est courant dâenregistrer une touche violente sur les nymphes ou les chironomes aprĂšs un marsouinage sans suite sous la mouche de pointe.
LâintĂ©rĂȘt de cette pĂȘche rĂ©side dans la relative immobilitĂ© des mouches. Au cours de leur Ă©mergence qui se fait par paliers successifs, les chironomes, ont tendance Ă rester suspendus, immobiles, Ă un niveau donnĂ©. Ils ne se tortillent que ponctuellement et font de grandes poses. Les truites Ă©duquĂ©es ne se font plus duper par des mouches trop mobiles qui font le yoyo sous la surface. Cette technique permet donc de les leurrer beaucoup plus facilement, mĂȘme avec un fil de gros diamĂštre. La dĂ©tection des touches se fait en observant le dĂ©placement de la soie ou la coulĂ©e de la mouche flottante selon le sens dans lequel la truite a pris les mouches.
A tout dĂ©placement anormal de lâune ou de lâautre, il convient de rĂ©pondre par un ferrage immĂ©diat en relevant lĂ©gĂšrement la canne tenue jusquâalors horizontalement dans lâaxe de la soie ou, lorsque la soie forme un ventre sur lâeau, en la dĂ©plaçant horizontalement dans le sens opposĂ© Ă la dĂ©rive de la ligne.
TrĂšs souvent la touche est violente et le poisson se prend tout seul en arrachant la soie des doigts du pĂȘcheur. Le ferrage est alors superflu, car il induirait une casse quasi systĂ©matique.Les mouches
La mouche de pointe doit ĂȘtre suffisamment flottante pour ne pas couler dĂ©finitivement Ă la moindre tirĂ©e. Elle doit ĂȘtre capable de remonter comme un bouchon lorsquâon lâa tirĂ©e sous lâeau. Outre Manche, le âwashing lineâ est pratiquĂ© le plus souvent avec un booby en pointe ou avec deux nymphes situĂ©es entre deux boobies, la pĂȘche Ă quatre mouches Ă©tant courante en barque. Le booby, avec ses deux yeux en mousse, a la particularitĂ© de flotter particuliĂšrement bien. Il peut ĂȘtre avantageusement remplacĂ© par un alevin flottant plus discret mais nĂ©anmoins trĂšs visible. Pour des pĂȘches plus discrĂštes et imitatives, si les poissons ne sont pas intĂ©ressĂ©s par un booby ou un alevin flottant, on peut utiliser une mouche en poils de cervidĂ© que lâon graisse rĂ©guliĂšrement. On choisira un modĂšle de mouche flottant bien, dont la taille sera adaptĂ©e Ă la taille du fil utilisĂ© et des mouches suspendues sous la surface.
Les mouches suspendues entre la soie et la mouche de pointe sont le plus souvent des chironomes ou des petites nymphes de types pheasant tail ou diawl bach.Si lâon souhaite que le montage se tende trĂšs vite, notamment quand on pĂȘche en soie flottante, on utilise des chironomes lestĂ©s par une toute petite bille de laiton voire de tungstĂšne ou un hameçon fort de fer. Je prĂ©fĂšre opter pour un hameçon fin de fer lestĂ© pour un meilleur piquant sur les touches discrĂštes. -

Nouveauté : Minn Kota i-Pilot Version 2
Fleuron du pilotage par tĂ©lĂ©commande dâun moteur de bateau Ă©lectrique, le i-Pilot Minn Kota version 1 avait Ă©tĂ© trĂšs bien accueilli par les pĂȘcheurs lors de sa sortie fin 2010. Depuis, une nouvelle version la remplace, dotĂ©e de quelques amĂ©liorations mineures, mais cependant trĂšs intĂ©ressantes.
Par Philippe Boisson
La plus complĂšte des tĂ©lĂ©commandes pour moteur Ă©lectrique intĂšgre un GPS dans la tĂȘte des moteurs Ă©lectriques de la marque, uniquement sur les modĂšles Ă fixer Ă lâavant des bateaux. Câest ce qui diffĂ©rencie le i-Pilot des autres systĂšmes. La prĂ©sence du GPS permet alors de mĂ©moriser des tracĂ©s entre deux points enregistrĂ©s. Ainsi il devient possible de laisser le moteur se dĂ©placer par lui-mĂȘme de points en points (jusquâĂ six avec cette version contre trois sur la prĂ©cĂ©dente). Plus Ă©tonnant encore, la fonction âancre virtuelleâ permet de maintenir le bateau sur un point et ce dans un rayon de 1,50 m. Cette ancre offre alors de grands services lorsquâil sâagit dâinsister un peu sur un poste, de stationner le temps de laisser passer un autre bateau, ou encore de refaire son montage suite Ă une casse. Nous lâavons installĂ© sur un Minn Kota Power Drive V2 et lâavons essayĂ© en Hollande, sous la brise soutenue du Noord zee kanaal au milieu des supertankers de 200 m de long. LâefficacitĂ© est surprenante mĂȘme dans ces conditions particuliĂšres. Autre fonction utile, le dĂ©sormais cĂ©lĂšbre Autopilot, qui permet de garder un cap, est couplĂ© Ă une vitesse constante programmĂ©e par la tĂ©lĂ©commande. De mĂȘme, le mode «âAdvanced Autopilot » optimise le maintien du cap en cas de vent ou de courant. A noter que le i-Pilot peut sâinstaller sur les moteurs avant Power Drive V2, Terrova et Riptide ST et SP. Lâinstallation est facile Ă rĂ©aliser Ă lâaide de la notice trĂšs claire et bien illustrĂ©e dont une version française est disponible. Il faut en revanche bien vĂ©rifier que les bornes de la batterie soient correctement en contact avec les cosses. Si ce nâest pas le cas, des microcoupures apparaissent. Le moteur fonctionne alors, mais pas lâAutopilot, ni lâancre virtuelle. Bon Ă savoir car cela peut vous Ă©viter un renvoi inutile en SAVâŠ
Dâune ergonomie revue, la nouvelle tĂ©lĂ©commande dispose dâun Ă©cran agrandi de 20% et de touches plus tactiles. Dâun emploi simple et rapidement intuitif, lâi-Pilot apporte un incontestable confort de pĂȘche. Si toute cette technologie nâest pas nĂ©cessaire lors dâune sortie sans vent, câest par temps venteux que lâon apprĂ©cie de pouvoir tenir le bateau en place sans passer lâessentiel de son temps Ă tenter de le replacer ! Seul dĂ©faut, son prix tout de mĂȘme Ă©levĂ© et un systĂšme de changement de vitesse par incrĂ©mentations (1 Ă 10), moins progressif que le systĂšme de variateur qui existe sur les pĂ©dales au pied des mĂȘmes moteurs.Prix conseillĂ© : 599 e.
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JMC Elite 10 pieds pour soie de 7/8
Câest bien connu, plus les cannes Ă mouche sont longues, plus il est difficile dâen trouver une dotĂ©e dâune action progressive qui permette de lancer loin sans trop de fatigue. Avec son modĂšle Elite, JMC a incontestablement rĂ©ussi un coup de maĂźtre dans ce domaine.
Par Philippe Collet
La canne de la gamme JMC Elite, de 10 pieds pour soie de 7/8, est en effet conçue pour la pĂȘche en rĂ©servoir. Câest lĂ un produit trĂšs esthĂ©tique, mais surtout trĂšs performant. Son action progressive rapide permet de trĂšs longs lancers, avec des boucles de soie trĂšs serrĂ©es. Jâai Ă©tĂ© littĂ©ralement bluffĂ© par ses qualitĂ©s de lanceuse. Elle mâa permis en effet, en lui associant une soie JMC compĂ©tition flottante en taille 8 qui lâĂ©quilibre trĂšs bien, de dĂ©passer rĂ©guliĂšrement les 35 mĂštres, mais surtout, de dĂ©rouler complĂštement le bas de ligne Ă cette distance. Il sâagit donc dâune canne trĂšs directionnelle, puissante, mais lĂ©gĂšre et peu fatigante, Ă rĂ©server par exemple Ă la pĂȘche en âwashing lineâ Ă trois mouches, avec un booby en pointe et deux chironomes Ă bille ou tout bonnement Ă la pĂȘche au streamer. Nous lâavons utilisĂ©e avec succĂšs lors du reportage Ă Socourt (voir article sur la pĂȘche en washing line dans le magazine N°93).
Une sobriĂ©tĂ© de bon goĂ»tSa couleur de blank bronze, parĂ© de ligatures trĂšs sobres de couleur marron clair presque transparentes, son porte-moulinet anodisĂ© marron, en font une canne discrĂšte mais nĂ©anmoins esthĂ©tique. Le petit talon de combat qui prolonge la poignĂ©e tulipe permet un meilleur appui sur lâavant-bras lors des lancers arriĂšre et un bon contrĂŽle du poisson. Conçue en trois brins, elle est livrĂ©e dans un Ă©tui compartimentĂ© triangulaire. Je prĂ©fĂšre personnellement les bonnes vieilles housses en tissus, Ă©galement compartimentĂ©es et sĂ©parĂ©es du tube, qui permettent de placer deux cannes tĂȘte-bĂȘche dans un mĂȘme tube et de limiter ainsi le paquetage Ă transporter au cours dâun voyage ou en dĂ©placement lors des compĂ©titions. La JMC Elite 10 pieds pour soie de 7/8 est un trĂšs bon produit qui a dĂ©jĂ conquis de nombreux compĂ©titeurs en rĂ©servoir et qui semble bien promise Ă un bel avenir.
Prix conseillĂ© : 414 âŹ.