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Auteur/autrice : admin_lvdr

“Magic ring”, la nymphe qui ne drague pas !
La nymphe qui ne drague pas existe, nous l’avons rencontrée ! Elle vous permettra d’envisager vos dérives sous un autre angle et de provoquer des réactions surprenantes… à condition de savoir la monter et de posséder son mode d’emploi !
Un peu d’observation pour commencer. Dans une rivière, si nous considérons la façon dont les proies des poissons évoluent lorsqu’elles sont consommées, nous pouvons constater qu’il existe globalement deux types de déplacements et donc deux positions des proies potentielles. Premier cas : les larves d’éphémères et les gammares qui évoluent près du fond se déplacent selon un plan horizontal. Que ce soit en rampant sur le sable ou en effectuant des sauts de puce entre les galets, ces petites bestioles passent la majeure partie de leur vie en se déplaçant ainsi et les poissons les chassent et les picorent entre les galets sans attendre le moment de leur émergence (rappelons que l’émergence d’un éphémère ne dure que quelques minutes alors que sa vie au plus près du fond peut durer jusqu’à trois ans…). Evidemment, il en va de même pour les alevins et les petits poissons, qui eux aussi évoluent selon un plan horizontal.
Second cas : le plan vertical.
Ce cas est le plus connu des pêcheurs à la mouche : c’est celui des nymphes qui sont emportées par le courant alors qu’elles regagnent la surface pour émerger, c’est aussi le plan de déplacement d’une bestiole qui tombe à l’eau et coule peu à peu vers le fond comme c’est le cas en période de crue (vers de terre). L’animal est entrainé par une veine d’eau, mais qu’il émerge ou qu’il coule, il évolue selon un plan vertical : il monte vers la surface ou descend vers le fond. Toute la pêche en nymphe à vue repose sur ce constat : il faut faire évoluer sa nymphe dans la bonne veine d’eau. Elle peut couler librement ou être animée pour évoquer une lente ascension vers la surface mais elle doit évoluer dans ce plan vertical et ne pas trop s’en écarter sous peine de refus.
Diagonale interdite !
Car si certaines proies se déplacent horizontalement et d’autres verticalement, remarquons (si nous exceptons les alevins en fuite.) qu’aucune proie quelle qu’elle soit n’évolue en diagonale dans les courants… Or, ce mouvement en diagonale est précisément celui qui est produit lorsque le pêcheur maladroit ou mal placé effectue une mauvaise dérive et que son bas de ligne qui a été posé trop tendu est entraîné par le courant. Le mouvement de la nymphe artificielle se trouve alors contraint par le nylon. La mouche est bridée puis remorquée par le bas de ligne qui effectue ce mouvement en diagonale si caractéristique que l’on nomme dragage et que les poissons savent percevoir, reconnaître et refuser. Tout l’art de la pêche à la nymphe est de parvenir à maîtriser ses dérives pour faire couler son artificielle à la bonne profondeur, la faire évoluer discrètement et naturellement et au final neutraliser ce dragage qui transforme la plus belle des nymphes en épouvantail aux yeux des poissons.
Mouvement de la nymphe et position de l’hameçon
Le mouvement d’ensemble de la nymphe se traduit également par la position de l’hameçon dans l’eau. Lorsqu’il coule librement, sa position est plutôt verticale, alors que lorsqu’il est ramené à la façon d’un streamer, sa position est horizontale. Or, si nous considérons qu’un hameçon ne peut pas couler librement et se tenir à l’horizontale, nous pouvons comprendre que le pêcheur à la nymphe se prive donc de faire évoluer son leurre dans un des deux plans qui intéressent les poissons. Pour le pêcheur à la nymphe, le plan horizontal est une terre inconnue à conquérir !

La FNSEA veut faire disparaître les petits cours d’eau de nos cartes
En 2016, le ministère de l’Environnement s’était lancé dans un recensement des plus petits cours d’eau, c’est à dire ceux qui n’apparaissent pas sur une carte IGN au 1/25 000. Il s’agit pour une bonne part de ruisseaux temporaires, où de tout petits ruisseaux situés à proximité immédiate des sources. Le syndicat agricole majoritaire FNSEA en a profité pour prendre la balle au bond et demander à l’État que ces petits cours d’eau disparaissent purement et simplement des cartes.
Autrement dit, cela équivaut à les faire classer en fossés, caniveaux ou drains, de façon à échapper à toutes contraintes liées à l’environnement. Il est en revanche bien vrai qu’une imprécision plane sur la définition d’un cours d’eau ou d’un fossé. Pourtant en 2005, une circulaire a tenté d’éclaircir un peu l’affaire : “Est considéré cours d’eau, la présence et la permanence d’un lit naturel à l’origine, distinguant ainsi un cours d’eau d’un canal ou d’un fossé creusé par la main de l’homme mais incluant dans la définition un cours d’eau naturel à l’origine rendu artificiel par la suite, la permanence d’un débit suffisant une majeure partie de l’année”.
Comme il s’agit souvent de cours d’eau temporaires, ou devenus temporaires suite à d’autres atteintes (drainages des zones humides adjacentes, rectification, etc), chaque cas est particulier et demande une enquête. La présence d’une faune et d’une végétation aquatiques comme caractéristique du milieu aquatique est également prise en compte par une jurisprudence (Cass. Crim. 7 novembre 2006 M. Laurent n°06-85.910). Pour la FNSEA, les cours d’eau ne sont clairement qu’une contrainte, qu’une entrave au développement agricole intensif. Elle se fout de la biodiversité, des sources, des têtes de bassins, des milieux écologiques sensibles.
En clair, le but recherché est de pouvoir pulvériser des produits phytosanitaires partout y compris sur ledit ruisseau, de pouvoir épandre, de pouvoir drainer, de pouvoir rectifier, de pouvoir enterrer à coups de bulldozer. Cela montre à quel point l’environnement n’est plus défendu dans notre pays. Les agents de l’environnement de l’Agence française pour la biodiversité (ex Onema) ou de l’ONCFS n’impressionnent plus les agriculteurs, qui se sentent protégés par la Direction départementale du territoire qui a en charge la police de l’eau et à qui le préfet demande de ne pas trop embêter le monde agricole.
A travers cette cartographie, le syndicat espère que bon nombre de petits ruisseaux seront déclassés en fossés, en exutoires à lisier, en toboggans pour pesticides qui contribueront à polluer les nappes, y compris celles qui amènent de l’eau aux exploitations de ceux qui polluent. Que les membres de ce syndicat meurent de cancers suite à l’utilisation des pesticides, que leurs enfants naissent avec des tumeurs au cerveau, ne suffit malheureusement pas à les faire renoncer à cette folie destructrice.

EDITO : Le Sénat, une voie de barrage
Pour sauver les rivières de France, il faut supprimer le Sénat. Rien que ça. La chambre dite “haute”, où les débats volent plutôt bas, s’est fait une spécialité du massacre des rivières. Sa dernière initiative en la matière – déclasser des ruisseaux en fossés – pour permettre aux agriculteurs d’y aménager leurs déserts verts, a failli passer inaperçue. Normal : plus personne ne s’intéresse au Sénat. Et tout le monde a tort : ce n’est pas parce que le Sénat est la représentation nationale du siècle dernier où on arrange en famille les affaires d’une France qui ne sait toujours pas qu’on a changé d’époque, que son pouvoir de nuisance n’existe pas.
Le Sénat, c’est d’abord le lieu des lobbys les plus conservateurs qui se puissent imaginer, une annexe de la FNSEA, un club de barragistes hystériques, une assemblée d’aménageurs fous. Ainsi, il y a des mots qu’il vaut mieux éviter de prononcer dans l’enceinte du palais du Luxembourg comme “biodiversité”, “respect des milieux naturels”, “chevelus” (qu’il s’agisse des rivières ou des hommes…) Le Sénat est certes condamné à mourir de vieillesse et d’inutilité. Mais c’est un vieillard encore très alerte qui sera encore là quand la dernière rivière de ce pays aura perdu son eau sur une voie de barrage. Au fait, vous savez combien coûte un sénateur à la collectivité ? 905 000 euros par an. Sans compter les dégâts matériels.
Cet article est l’edito du numéro « Pêches Sportives spécial mouches sèches«

Pêches Sportives Vidéo n°46 : Montage du cycle de la mouche de mai, de la nymphe à l’imago, avec Florent Bailly
Grâce à des matériaux qui sortent de l’ordinaire et des techniques spécifiques comme la crinière d’élan, le foam, ou encore les dubbings Trout Hunter de René Harrop ou encore Scintilla, Florent Bailly nous emmène à la découverte de montages novateurs, tous consacrés au cycle de la mouche de mai : une nymphe, simple et efficace, une émergente qui colle à la surface, un subimago très réaliste et un imago au corps détaché original. Cette vidéo de 52 mn est aussi l’occasion d’apprendre à se servir de certains outils comme l’aligneur de poils C&F Design ou le Stacker PetitJean.
Nous vendons aussi une belle boite à mouche de mai !

Comment bien monter le mouches de légende. 10. Le sculpin
Cette rubrique se destine au montage des mouches célèbres, aux indémodables modèles qui, aujourd’hui comme hier, font partie des incontournables que tout un chacun doit savoir monter convenablement. Ces mouches de légende font souvent appel à un tour de main très particulier, sans quoi il est impossible d’obtenir un résultat conforme à l’original.
Mouche inconnue en France avant les années 1950, le sculpin fait partie des streamers de la famille des mudlers minnow, dont le premier modèle aurait été mis au point en 1937 par Don Gapen à Anoka, dans le Minnesota. Pour le monteur, il s’agissait d’imiter le “slimmy sculpin”, une espèce de chabot (sculpin) plutôt allongée. Ce n’est un secret pour personne, les truites adorent les chabots. C’est donc très naturellement que les pêcheurs à la mouche ont depuis longtemps cherché à imiter ce petit poisson de fond cousin du gobie qui a traversé les âges, résisté aux périodes glacières et c’est adapté à l’eau douce. La version proposée ici par Florent Bailly est caractéristique avec les deux grandes nageoires pectorales horizontales et la tête, il est vrai moderne, très imitative. Ce gros casque creux est plus léger qu’il n’y paraît. C’est tout de même grâce à lui que la mouche pêche “creux”, là où vivent les chabot, jamais très loin des cailloux, du moins en journée. Pour pêcher profondément, une soie plongeante S5 n° 6 et un bas de ligne très court, d’un mètre au maximum est préférable à un excès de lest sur la mouche très difficile à lancer.
1. Placer dans l’étau un hameçon Hanàk Compétition H 950 BL n°8. Commencer l’enroulement d’un fi l de montage noir 6/0 Uni Thread sur la hampe.
2. En queue, placer trois ou quatre plumes brunes de marabou grizzly. Sur le fi l de montage, torsader un dubbing Turall NY DO 4 “nymph dubbing”.

Six mouches à tout faire pour la rivière, le lac et le réservoir
Partout dans le monde, les truites des rivières calmes et des lacs se nourrissent de chironomes, de larves de libellules et craquent aussi pour un streamer noir, même s’il n’imite rien de particulier. Ces six mouches classiques doivent figurer dans les boîtes de tous les pêcheurs voyageurs. En réservoir, elles font merveille quelque soit la saison.
On peut penser que les modèles de mouches que nous vous proposons dans ce numéro viennent directement de la pêche en réservoir. Il est vrai que ce sont des grands classiques de la pêche des truites arcs-en-ciel en eaux closes. Mais il est non moins vrai que les mouches pour la pêche en réservoir sont toutes nées en lacs, bien avant les premiers réservoirs de pêche à la mouche. Les Irlandais notamment ont recours aux imitations de chironomes, de larves de libellules et de streamers depuis des lustres sur les immenses “loughs” peuplés de truites farios sauvages. Dans l’hémisphère sud, en Tasmanie notamment, la pêche en lacs des grosses truites demande également des modèles de mouches adaptées aux eaux calmes.
En rivières lentes, les chironomes font partie de l’alimentation des truites sauvages. Les pêcheurs à la mouche ont tendance à l’ignorer, pensant que ces bestioles moins nobles que les éphémères ou autres trichoptères ne vivent qu’en lacs ou dans les rejets des stations d’épuration. Hormis dans les torrents de montagne, la moindre portion lente de rivière comme il est existe un peu partout suffi t à voir se multiplier les chironomes, qui n’est qu’une famille de diptères nématocères (antennes en forme de fils) qui compte environ 5000 espèces dans le monde dont environ 700 en Amérique du Nord. Ces insectes aux exigences biologiques très faibles se trouvent à l’aise partout et d’autant plus que les eaux sont lentes et dégradées. Pour autant, la diversité de ces insectes est telle qu’il en existe pour toutes les eaux, des plus pures aux plus immondes ! Et si les monteurs de tous les temps avaient tout faux ?
Est-ce qu’une truite de rivière qui prend une imitation de gammare dans un cours d’eau qui en est presque dépourvu s’apprête à prendre ce qu’elle considère comme un petit crustacé ou au contraire un chironome, ou encore juste quelque chose qui doit en théorie être comestible parce que vivant ? Certaines imitations de gammares en “boby stretch”, “corplast” ou en “medallion” ont davantage la plastique d’un vers de vase que celle d’un gammare ! Voilà qui fait réfléchir. D’autant qu’en rivière comme en lacs, certains insectes ne sont jamais pris par les truites. C’est le cas des gerris, ces grands insectes qui font du patinage artistiques à la surface de l’eau avec quatre de leurs six pattes. Jamais les truites ne cherchent à s’en nourrir. Encore une belle enigme qui prouve bien que les truites peuvent peut-être confondre certaines choses, mais que d’autres ne les intéressent pas du tout ! Florent Bailly nous propose sa vision du montage de quelques fameux modèles de chironomes à trois stades différents, d’un modèle de larve de libellule et d’un streamer. Ces montages ne présentent pas de difficultés particulières. Ils demandent en revanche de bien respecter les proportions de matériaux pour rester dans l’esprit des modèles.

Islande : La Tungufl jot in Skaftartungum
Il en faut pour étonner Pierre Affre, l’homme qui a pêché les plus belles et les meilleures rivières de la planète depuis plus de quarante ans. Mais face à des truites de mer de plus de 6 ou 7 kilos, ce grand spécialiste des salmonidés migrateurs retrouve la fougue et la fébrilité de ces jeunes années !
Le vol Icelandair 541, parti de CDG à 8 h du matin, nous avait déposé en ce 6 octobre à 9 h 20 (heure locale) sur l’aéroport de Kefl avik et à 15 h 30 nous arrivions au lodge de pêche, après avoir fait provision de “langoustinurs”, “kotileturs” et spaghettis. Les courses sont rangées plus vite qu’aucune bonne ménagère ne saurait faire… les grosses truites de mer nous attendent. A 16 h 30, nos cannes sont montées et les waders enfilés. J’ai distribué de grosses mouches noires à tout le monde. Nous nous répartissons en deux équipes, une qui montera vers les pools de l’amont, bien indiqués sur la carte du lodge. Quant à moi et Guillaume nous optons pour l’immense pool juste en bas du lodge. Anticipant le mauvais temps avec nécessité de lancer contre le vent dans ce qui m’était apparu sur le site de Lax-A, comme une assez large rivière, où les truites de mer peuvent atteindre 15 et même 20 livres, j’avais pour une fois en Islande, délaissé mes cannes en bambou “vintage” à une main et opté pour ma vieille Loop 12 p Grey Line.
C’est une canne modérément puissante qui avec La Tungufl jot in Skaftartungum une shooting head 9/10, permet de lancer sous le vent et accessoirement de combattre de gros poissons. Je ne regrette pas mon choix, car le vent souffle avec des rafales à plus de 80 km/h… Comme dans ce gigantesque pool de l’estuaire, en fait de la confluence de la Tungufl jot avec la très large Eldvatn, il est impossible de changer de rive, je force comme un malade pour réussir un lancer sur trois à placer un gros streamer noir à une petite quinzaine de mètres. Même en lançant à ras des vagues, deux fois sur trois, mouche, bas de ligne et pointe de ma soie intermédiaire, sont rabattus à quelques mètres de mes bottes. Heureusement, même avec ce vent qui remonte le courant, la poussée de l’eau est très puissante, car dès que mouche et bas de ligne, une fois sur deux ou trois – entre les rafales en fait – touchent l’eau, ils sont très vite entraînés vers l’aval et je sens que “ça pêche”. D’ailleurs, très vite, alors que ma mouche venait de quitter la jonction des deux courants, j’enregistre une belle tape… dans le vide. Je signale cette touche à Guillaume qui derrière moi avec sa canne à une main, une Winston de 9’6 p pour soie de 7/8, peste lui aussi contre les éléments. Comme il mesure 1,95 m, il a pu s’avancer sur ce fond bien lisse et plat de sable noir, de quatre ou cinq mètres de plus que moi, mais même avec cette allonge supplémentaire, sa mouche dans les meilleurs des cas, tombe bien en retrait de la jonction

N°4. La pêche en réservoir (2e partie)
Dans la première partie de cette petite classe, dédiée à la pêche en réservoir, (voir la pêche en reservoir 1ere partie) nous avions vu l’historique de cette pêche, le matériel et les différentes techniques utilisées. Voyons maintenant comment se comportent les poissons au fi l de la saison, l’influence des conditions météorologiques dont dépend directement l’activité des poissons. Nous verrons également comment multiplier les touches et éviter la casse.
Comme nous l’avons vu lors dans la première partie de cette petite classe consacrée à la pêche en réservoir, cette pêche en plan d’eau nous vient d’Angleterre où elle se pratique sur d’immenses réservoirs de plusieurs centaines d’hectares. En comparaison, nos plans d’eau de 3 à 10 ha sont des confettis. Mais peu importe, nous devons faire avec ce qu’on a ! Il est bien évident que les truites d’élevage déversées en eaux closes n’ont pas le même comportement dans un étang de deux hectares que dans l’immense réservoir Anglais de Rutland. Les truites arcs-en-ciel d’élevage s’adaptent parfois très mal hors de leurs bassins, où les granulés tombent du ciel à heures fi xes. On remarque que plus les plans d’eau sont grands et riches en nourriture, mieux les poissons s’adaptent. Ainsi, les truites introduites en réservoir découvrent à la fois les mouches artifi cielles, dont elles apprennent rapidement à se méfier et la vraie nourriture comme les chironomes et diverses autres bestioles aquatiques.
Les truites des réservoirs sont donc conditionnées par une sorte de réflexe pavlovien qui leur fait associer les mouches les plus farfelues à de la nourriture. Certaines truites d’un même réservoir ne parviennent jamais à se nourrir toutes seules, alors que d’autres gobent et recherchent de quoi se nourrir. Il arrive aussi qu’une truite prenne une mouche ou un débris flottant par simple curiosité. Pour le pêcheur, il s’agit de jouer sur deux tableaux, celui de la mouche imitative, un chironome par exemple et celui de la mouche leurre pure et dure. Les truites arcs-en-ciel d’élevage ont parfois un comportement incompréhensible que leur fait souvent préférer une mouche énorme et fluorescente à une imitation réaliste d’insecte. En Europe, les truites arcs-en-ciel des rivières allemandes, autrichiennes, slovènes croates ou serbes, également issues de l’élevage s’activent de façon cycliques, trait de caractère également constaté en lacs. A l’état sauvage en Amérique du Nord, Oncorhynchus mykiss est un animal qui ne se jette pas sur n’importe quelle mouche, loin de là même sur des rivières très riches en insectes comme la Henry’s Fork où elle sont très sélectives dans l’élaboration de leur menu du jour. Qu’on le veuille ou non, la pêche en réservoir est étroitement liée aux poissons d’élevage et leur comportement dicte la pêche. Reste à savoir si les truites prélevées (c’est un mot politiquement cor-

Ma truite dans les bras d’un autre !
Avec le no-kill se pose le problème de l’adultère halieutique. Votre truite peut passer par les bras d’un autre, à votre insu, il faut le savoir. Alors que je venais de lire l’histoire de la truite de Jean-Christian, le hasard a fait que, tout en visitant la version française du site islandais du Lax-A Angling Club, une photo d’une truite de la Varma, un cours d’eau à truites de mer du sud du pays a attiré mon attention. En effet, ce poisson à une malformation à la mâchoire supérieure. Immédiatement, la prise d’une truite semblable sur la même rivière me revint à l’esprit. J’ai retrouvé cette photo qui figure également sur le site du Lax-A Angling Club. En comparant la pigmentation sur l’opercule aucun doute (par chance, les deux photos ont été prises du même côté). J’ai pris cette truite en 2004 et elle fut reprise quelques années plus tard, sans savoir exactement quand. En fin de saison, les truites de mer se colorent et ressemblent beaucoup aux farios. Mais la truite en question semble plutôt être une fario sédentaire de taille très respectable prise en pêchant la truite de mer. S’il s’agissait d’une truite de mer, cela voudrait dire qu’elle aurait survécu à la reproduction (les poissons migrateurs se fatiguent beaucoup lors de la fraie) et à un ou plusieurs séjours en mer. Ce genre d’aventure doit arriver plus souvent qu’on ne le pense, mais comme on ne photographie généralement que les plus gros poissons, nous n’avons aucun moyen de le savoir concernant les plus petites. Sur la basse rivière d’Ain, la truite de 81 cm (mesurée un peu vite) prise par Frédéric Zanella fut reprise un an plus tard, mesurée à 88 cm ! J’ai la certitude que dans chaque rivière, c’est toujours les mêmes poissons qui collaborent avec les pêcheurs. Les pêches électriques d’inventaire révèlent la présence de poissons que les pêcheurs ne voient ou ne ratent jamais. Sur ces parcours, notamment ceux qui sont en no-kill, les poissons vulnérables sont toujours les mêmes. Est-ce lié à la génétique ? Au mode d’alimentation ou de chasse différent d’un poisson à l’autre ? Le mystère reste entier.
A gauche, “ma” truite de la Varma en 2004 et à droite “ma” truite dans les bras d’un inconnu. Peut-être n’est-il pas le seul d’ailleurs à l’avoir “tripotée” !

Bonnes feuilles : Les secrets de la pêche à la verticale
La pêche à la verticale est née aux Etats-Unis pour la pêche du walleye, proche cousin du sandre européen, puis importée en Hollande par Bertus Rozemeijer. Avec un temps de retard, les pêcheurs français l’ont adoptée et cette technique est actuellement en plein développement. Etroitement liée aux progrès des échosondeurs, du GPS et des moteurs électriques, cette pêche place le leurre au plus près des poissons à l’aplomb du bateau. Bien différente des classiques pêches à la “dandine”, la verticale de type “hollandaise” devrait plutôt s’appeler “la pêche à l’horizontale”, car le leurre suit le relief du fond au plus près. Les secrets de la pêche à la verticale est le dernier livre de Philippe Boisson. Cet ouvrage fait un point nécessaire sur l’origine de cette pêche, sa défi nition, ses particularités techniques, le choix du bateau, de l’équipement, du matériel et vous explique comment mieux utiliser votre échosondeur pour tenter cet insaisissable, mais passionnant poisson qu’est le sandre. Extrait.
Les animations
Les techniques de pêche traditionnelles bien connues en France dites à la “dandine”, où l’animation du leurre est verticale comme avec le poisson d’étain ou le plomb palette, sont à l’origine de la confusion qui existe et perdure avec la pêche à la verticale. Pour comprendre la différence et comme nous l’avons vu au chapitre de la définition, la pêche à la verticale est surtout horizontale, avec un bateau qui avance au ralenti et un leurre qui suit le fond. Avant de parler d’animations, les pêcheurs hollandais prennent en compte l’action de nage d’un leurre, qui, à elle seule, est déjà une manoeuvre d’aguichage très différente d’un leurre à l’autre. Entre un shad tonique de type Shaker et un slug qui ne vibre pas du tout, il existe tout un panel de variantes et les carnassiers préféreront toujours un type d’action à un moment donné.
La température de l’eau indique si l’on doit plutôt se diriger vers l’option shad ou au contraire vers celle de leurres qui ne vibrent pas. La limite se situe à 15 °C en surface. Plus l’eau est froide, moins un leurre doit être démonstratif. A l’inverse, dans une eau à 20 °C, un shad qui bat fortement est en principe plus adapté. Mais nous avons vu qu’avec le sandre, plus qu’avec les autres carnassiers, la seule vérité est celle du moment et parfois, un shad très actif réussi à séduire des sandres dans une eau à 4 °C. Certains pêcheurs n’animent quasiment pas les leurres alors que d’autres le font quasiment systématiquement. J’ai pu remarquer que par eau froide ou très froide, on a intérêt à très peu animer, alors qu’au printemps ou à l’automne, une animation plus ou moins ample séduit très bien les poissons actifs et arrive parfois à décider les indécis.
Mais en général, on anime très peu les leurres lorsqu’on pêche en verticale. Car la difficulté reste de suivre le fond. Pour cela, on doit très régulièrement reprendre contact avec le fond et éviter qu’un leurre décollé s’emballe au point de ne plus pouvoir revenir sous le bateau. Un leurre qui a touché le fond et que l’on décolle de cinq ou dix centimètres peut très bien être maintenu ainsi durant cinq à dix secondes avant d’être redescendu pour reprendre le contact et être redécollé de nouveau. Cette non-animation, très conseillée par eau froide, permet de faire sa pêche sans trop se fatiguer…
Le décollement s’effectue d’un coup sec de façon à permettre à votre shad de se mettre en action. Avec un leurre qui ne vibre pas du tout, ce mouvement est tout de même attractif, surtout si votre agrafe permet une certaine mobilité au leurre qui “s’ébroue” avant de se stabiliser. Les jours où rien ne marche, une animation différente peut alors sauver la journée. J’ai parfois vu des novices réussir mieux qu’un spécialiste en faisant un peu n’importe quoi. Mais cela arrive toujours lors de journées très difficiles avec seulement un ou deux poissons pris. Un mauvais suivi du fond, une animation pas très académique peuvent surprendre des poissons qui se lassent très vite d’un comportement monotone des leurres. Parfois, les gens qui m’accompagnent veulent pêcher avec leur canne plutôt qu’avec une des miennes. Souvent, les cannes de ces novices sont un peu faibles pour soutenir une plombée de 21 ou 24 g. Je n’aime pas pêcher en verticale avec des cannes dont le scion monte et descend en permanence, car j’ai du mal à suivre le fond. Mais ce type de canne confère aux leurres une animation naturelle
Vive la déconcentration !
Une chose étrange me perturbe beaucoup depuis que j’ai commencé à pêcher à la verticale il y une dizaine d’années. J’ai très souvent remarqué qu’une bonne partie des touches ont lieu lorsqu’on tripote l’échosondeur, lorsqu’on envoie un SMS ou lorsqu’on tente de se rouler une cigarette ! Que fait le leurre lorsque l’esprit est accaparé par autre chose que le suivi du fond ou l’animation ? Il faudrait filmer la scène pour savoir ce qui se passe réellement. Si vous regardez des vidéos de pêche à la verticale, hormis en Hollande où, dans certains cas, les touches s’enchaînent, vous verrez que très souvent, le pêcheur n’est plus complètement là. Il vient de vivre une traversée du désert plus ou moins longue, sans touche et la châtaigne qu’il vient de prendre le surprend autant que le poisson qui est au bout de la ligne !
Dans la grande majorité des cas, le pêcheur n’est pas attentif et le leurre est immobile. Enfin presque, car il n’est jamais complètement immobile, et en tous cas, cette touche arrive lorsque le leurre descend, même si c’est infime. Les sandres prennent quasiment toujours un leurre ou un poisson mort manié sur le relâché ou sur une phase statique, mais très rarement à la montée. C’est l’une des grandes clés de la pêche de ce poisson. Il faut donc toujours apporter une grande attention à la descente du leurre pour bien présenter son shad pendant cette phase. Si le leurre n’a été décollé que de cinq ou dix centimètres, la phase de descente est très courte.
Bien souvent, la touche a lieu lors de la phase de suspension qui a précédé. On peut jouer pleinement la carte de cette descente du leurre lorsqu’il a décollé d’au moins 30 cm. Le choix du tandem lestage-leurre est alors primordial. Par sa caudale qui freine un peu l’ensemble, un shad est alors tout indiqué. Le lest idéal doit alors lui permettre de descendre tranquillement en battant de la queue le plus naturellement du monde. On peut également opérer par paliers plus ou moins longs entre deux phases de descente ou descendre en une seule fois. Sur un fond plat, une bonne combine, dont il ne faut pas abuser pour ne pas griller son joker bêtement, consiste à monter le leurre par paliers jusqu’à une quarantaine de centimètres, puis à le lâcher d’un coup avant de le stabiliser à 5 ou 10 cm du fond. Tous les carnassiers peuvent attaquer un leurre qui se comporte ainsi. Face aux animations rapides, le comportement des percidés est différent de celui du brochet.
Ce dernier peut lancer des attaques très rapides, notamment sur une grande tirée du leurre, même si celle-ci est verticale. Parfois, alors que nous n’avons pas vu une écaille de brochet de toute la journée, une vive accélération du moteur électrique en raison d’un fausse manoeuvre ou de la nécessité d’éviter un autre bateau suffi t à déclencher une touche. Les perches et les sandres attendent en revanche que le leurre se calme ou s’arrête pour s’en emparer. Dans tous les cas, il faut éviter de s’enfermer dans un schéma s’il ne donne rien ou s’il ne donne plus. Et si rien ne va, pourquoi ne pas essayer des choses plus ou moins académiques ? On peut faire tapoter le fond à sa tête plombée, faire trembloter le leurre sur place ou que sais-je encore !
Cliquer sur la couverture pour commander « La Pêche à la verticale de Philippe Boisson«

