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Auteur/autrice : admin_lvdr

Salons : le rôle des bénévoles
Qui sont ces bénévoles qui depuis près de trente ans réunissent des milliers de pêcheurs à la mouche durant un week-end ? Au-delà du rendez-vous éclair où, exposants et visiteurs disparaissent comme une volée de moineaux, nous avons choisi de raconter l’histoire d’un club organisateur de salons, et de donner la parole à ces hommes de l’ombre, qui travaillent beaucoup, durant des mois, pour que se perpétue la fête. Le Salon international de la mouche artificielle de Saint-Etienne fêtera début 2013 sa 18e édition.
A l’heure où le bénévolat ne fait plus recette, à une époque où renaissent, plus que jamais, les attitudes individualistes, le monde de la pêche à la mouche nous donne une belle leçon d’esprit d’équipe et de solidarité. Nous tenions à rendre hommage à ces hommes de l’ombre qui, à chaque édition, ne ménagent pas leurs efforts pour que les salons de pêche à la mouche puissent se dérouler dans les meilleures conditions. Vu de l’extérieur, un salon ressemble à une place de marché. On arrive, on s’installe, on fait ses petites affaires et on repart. C’est un peu ça, sauf que pour que tout cela existe, il faut que certains mouillent la chemise pour tout prévoir : les obligations administratives, les parkings, trouver des exposants, tout installer dans le hall, prévoir la restauration, le service de sécurité, la billetterie, la décoration, faire la promotion de l’évènement, etc. Vu comme ça, c’est plus le même sport, non ? Voici l’histoire d’un club de pêcheurs à la mouche, organisateur du plus grand salon dédié à cette activité actuellement. Son histoire est étroitement liée à celle de la pêche à la mouche française.
L’histoire du Club de pêche sportive Forez-Velay a commencé en 1973. A l’époque, les buts recherchés par ce club basé à Saint-Etienne étaient d’une part la formation aux techniques de pêche amateur dans un esprit sportif, en rivière et en mer, et d’autre part la connaissance et la protection des espèces piscicoles dans le cadre de la sauvegarde des cours d’eau et du milieu naturel en général. Depuis 1979, le club stéphanois est affilié à « l’Union des Clubs Français des Pêcheurs à la Mouche – Tradition ». C’est à l’occasion d’une des éditions du fameux Trophée d’Argent de l’Ance, organisé chaque année par le Club de Pêche Sportive Forez-Velay, que M. Bourru a fortement incité Edmond Ardaille et Alain De Bompuis, alors co-présidents, à créer dans la Loire une section CFPM au sein du Club de Pêche Sportive Forez-Velay. Cette dernière a été elle-même l’incitatrice de la création de deux autres sections, celle du Puy-de-Dôme, sous la responsabilité de M. Touly, et celle d’Aix-les-Bains, sous la responsabilité de M. Verguet. La première promotion du CFPM de la Loire a eu lieu le 23 mars 1979. A noter que le Club Français des pêcheurs à la mouche de la Loire comporte actuellement quatre sections : une à Saint-Etienne, une à Andrézieux, une à Riorges et une à Monistrol-sur-Loire. L’année 1979 fut une année charnière pour le CPSFV, qui s’est vu confier en toute propriété le legs des collections de mouches artificielles Gérard de Chamberet. Madame veuve Germaine de Chamberet a, en toute connaissance de cause, choisi de léguer cette collection à ce club respectueux de la tradition de la pêche à la mouche française. Les jeunes pêcheurs ne savent peut-être pas ce que représentait la collection Gallica dans les années 1930 et jusqu’aux années 1960. L’histoire professionnelle du couple de Chamberet commence en 1928 sur les rives du Doubs, dans un petit village du nom de Charette (les mouches de Charette, ça ne vous dit rien ?), où ils installèrent un petit atelier de confection de mouches artificielles. La rencontre entre le Dr Massias, biologiste passionné de pêche à la mouche, Léonce Valette, alias Léonce de Boisset, auteur bien connu et Gérard de Chamberet donna naissance à trente-quatre modèles de mouches dont la renommée fut vite mondiale. Gérard de Chamberet disparut brutalement le 8 juin 1941, laissant sa femme et ses « filles » (les monteuses) gérer une entreprise qui, en quarante années, a vu naître pas moins de 15 000 modèles de mouches ! Pour le CPSFV, très touché d’avoir été désigné comme héritier de cette histoire de la mouche artificielle française, la question du devenir des collections se posa très vite. Si l’idée de la création d’un musée fut étudiée à l’époque, elle laissa bien vite sa place à celle d’un salon, qui, en plus d’offrir aux visiteurs la possibilité d’admirer les collections en présence des membres du club, proposerait aux pêcheurs une merveilleuse façon de ne pas oublier le passé tout en gardant un œil sur le présent. La recette s’avéra bonne, puisque ce salon, qui devait avoir lieu à l’origine tous les deux ans, ouvrira ses portes en février pour la 18e fois !Pour en savoir plus : l’édition 2013 du Salon international de la mouche artificielle se déroulera les 23 et 24 février à Saint-Etienne, salle omnisports, Parc François Mitterrand (anciennement Plaine Achille).
www.cpsfv.org
www.sanama.fr
Sakura / Golem 600 F
Très imposant pour un crankbait, le Golem 600 F ne fait pas dans la dentelle. Il fait partie des trois ou quatre plus gros leurres dans cette catégorie. De ce fait, il a été conçu pour provoquer les brochets, silures, gros sandres et black-bass. Sa profondeur maximale de pêche atteint les six mètres, soit deux bons mètres de plus que la plupart de ces concurrents. Sakura répond donc à l’attente de nombreux pêcheurs, qui demandent depuis longtemps un crankbait qui puisse pêcher à cette profondeur. Certes sa manipulation souffre quelque peu de la pression qu’il exerce sur la ligne. Une canne spéciale crankbait s’avère très utile pour plus de confort.
Longueur : 8 cm (hors bavette).
Poids : 29 g.Conseils d’utilisation :
Le Golem 600 F s’utilise comme tous les crankbaits flottants, en récupérant canne basse et en moulinant rapidement sur les premiers mètres pour le faire plonger plus vite. Ensuite, on doit le sentir travailler à son rythme. Ne pas hésiter à faire des arrêts de quelques secondes. Les sandres y sont très sensibles et les brochets également).Prix conseillé : 12 e.
Liste des points de vente : www.sakura-fishing.com
Tout sur le moulinet casting Shimano Chronarch 201 E
Digne héritier du Chronarch D, un des moulinets casting à bas profil les plus vendus au monde et réputé pour sa fiabilité, le Chronarch E de la marque Shimano est arrivé sur le marché en 2012.
Par Philippe Collet
Pour le marché français, le Chronarch E est décliné en deux modèles extérieurement identiques mais aux ratios différents. Le 201 E7 au ratio de 7.0 : 1 (7 tours de bobine pour un tour de manivelle) qui existait déjà sur le modèle précédent et le 201 E5 au nouveau ratio de 5.5 : 1 pour lequel la récupération est plus lente. Plus l’on compte de tours de bobine au tour de manivelle et plus l’on a de centimètres de fil rembobiné au tour de manivelle. Le Chronarch propose des ratios qui encadrent ceux de 6 à 6.5 : 1 les plus communs sur le marché. Le 1 de 201 signifie que la manivelle est à gauche, donc à la bonne place pour nous pêcheurs français.
Le Chronarch de ratio 5.5 : 1 est réputé pour la pêche au crankbait car en tournant naturellement la manivelle, vous ramenez moins vite qu’avec les autres moulinets et animez mieux votre leurre. Les puristes qui possèdent une canne dédiée à chaque usage et le budget nécessaire craquent pour ce Chronarch de petit ratio pour la pêche au cranckbait.
Le Chronarch de ratio 7.0 : 1 qui rembobine plus de fil permet de pratiquer les techniques plus rapides et surtout de reprendre plus vite contact avec son leurre lors des animations ou quand un poisson revient vers soi.
J’ai personnellement opté pour le moulinet à ratio rapide qui est photographié ici en me disant « qui peut le plus peut le moins ». Je préfère en effet m’obliger à mouliner lentement pour certaines pêches mais garder de la vitesse de rembobinage en cas de besoin. Il ne faut toutefois pas se faire d’illusions, le plus rapide des moulinets casting ne ramènera jamais autant qu’un moulinet spinning (moulinet à tambour fixe) de bon ratio possédant en plus un gros diamètre de bobine.
Un peu de calcul pour y voir plus clairUn Chronarch de ratio 7.0 : 1 très bien rempli, voire trop bien rempli, possède un diamètre d’enroulement des dernières spires de 3,2 cm pour un diamètre maximal de bobine de 3,3 cm (j’ai sorti le pied à coulisse !) Avec un tel moulinet, on ramène 7 fois le périmètre de la spire à chaque tour de manivelle. – Petit rappel de maths, le périmètre d’un cercle est égal au diamètre multiplié par Pi. On ramène donc 3,2 cm fois 3,1416 fois 7 soit 70 cm environ pour un tour de manivelle. Lorsqu’on a lancé loin, la bobine est à moitié vide et le diamètre des spires ne fait plus que 2,4 cm. On ne ramène plus que 52 cm au tour de manivelle. On se situe alors au ratio du Chronarch 5.5 : 1 plein ! Pour ce dernier moulinet le ratio tombe à 38 cm lorsque sa bobine est à moitié vide. On peut donc raisonnablement donner une moyenne de ramené de 60 cm au tour de manivelle pour le 7.0 : 1 et 43 cm pour le 5.5 : 1. Shimano n’annonce pas les ratios en cm au tour de manivelle de ses moulinets et si vous effectuez la comparaison avec d’autres marques, méfiez-vous des chiffres annoncés par certains fabricants souvent calculés pour une bobine extra-pleine. Faites donc vous-même vos petits calculs après avoir mesuré le diamètre de la bobine.
Le Chronarch pèse 217 grammes, et comprend sept roulements qui garantissent la fluidité de son fonctionnement. Ce moulinet permet de longs lancers et c’est une de ses nombreuses qualités. On est surpris par les distances atteintes et la facilité d’utilisation, même si on n’est pas un expert du casting et que les réglages d’anti emballement de la bobine sont activés. Cela semble lié à la rigidité du bâti, à la qualité et à la disposition des roulements et à la légèreté de la bobine baptisée Magnumlite qui possède moins d’inertie de départ et nécessite moins de freinage pour éviter les perruques.Les deux systèmes anti-perruques
Sur ce moulinet, il existe deux systèmes de contrôle des perruques que l’on retrouve sur la plupart des moulinets de la marque Shimano : le système VBS et le bouton de commande de friction de lancer. Il peut se produire des perruques à deux moments sur le lancer : au début lors de l’accélération brusque de la bobine et à la fin lors de sa décélération brusque quand le leurre touche l’eau.
Chacun de ces moments est contrôlé par un frein spécifique. Pour les perruques de début de lancer, c’est le système VBS (Variable Brake System ou système de frein variable) qui entre en action. Il est caché sous le carter droit du moulinet (pour les modèles 201) qu’il convient d’ouvrir en soulevant le loquet et en le tournant d’un huitième de tour. On a alors accès au système de freinage qui se situe sur le flanc de la bobine. Il est constitué de 6 petites masselottes que l’on peut activer en les poussant vers l’extérieur ou désactiver en les poussant vers l’axe. Pour ce faire, les petites masselottes sont retenues par deux crans. Lorsqu’on dépasse le cran extérieur, la masselotte est libre et peut être retirée. Il ne faut pas aller jusque-là, au risque de la perdre. Pas d’inquiétude toutefois, le moulinet est livré avec des masselottes de rechange dans un petit sachet. Avec les 6 masselottes, il est possible de le régler sur 7 niveaux, de pas bridé à très bridé pour un usage débutant ou en cas de vent fort par exemple. Il est toutefois recommandé d’activer ou désactiver les masselottes par paire pour un meilleur équilibre de la bobine, ce qui nous laisse 4 réglages possibles. Ce freinage de bobine fonctionne avec la force centrifuge. Au départ du lancer, les masselottes activées sont poussées vers l’extérieur et vont frotter sur le bord d’un carter circulaire. Dès que la bobine ralentit, la pression exercée par les masselottes diminue pour la laisser tourner librement. Entre alors en ligne de compte le second frein anti perruque réglé lui grâce à une molette située de l’autre côté du moulinet, sous l’étoile de réglage du frein. Cette molette, située sur l’axe de la bobine, exerce une pression directe sur ce dernier par frottement. Elle peut être désactivée en la dévissant ou durcie en revissant dans l’autre sens. De cette façon, on peut régler son moulinet pour que la bobine cesse de tourner dès l’impact du leurre sur l’eau. Les lancers seront plus courts et moins fluides, mais les perruques inexistantes.Prix conseillé : 239 €.

Les herbiers de posidonies absorberaient plus de carbone que les forêts
Une étude internationale publiée cette année par la revue Nature Geosciences montre que les herbiers marins pourraient jouer un rôle essentiel et primordial dans la régulation des changements climatiques, à condition qu’ils parviennent à survivre aux activités humaines.
Les herbiers sont des plantes à fleurs sous-marines aux feuilles longues et étroites, qui ressemblent à première vue à des graminées terrestres. Ils poussent sous la forme de grandes prairies, de pâturages sous-marins et auraient les qualités exceptionnelles de pouvoir stocker deux fois plus de carbone que les forêts tropicales et tempérées et cela à surface comparable. L’étude intitulée «Seagrass ecosystems as a globally significant carbon stock» est la première du genre à analyser le cycle du carbone des prairies d’herbiers côtiers. Les scientifiques de l’université de Floride, en collaboration avec une équipe internationale, ont pu démontrer que cet écosystème très répandu sur la planète peut stocker jusqu’à 83.000 tonnes métriques de carbone par kilomètre carré, principalement dans le sol autour des plantes. Par comparaison, une forêt stocke environ 30.000 tonnes métrique par km², dont une grande partie sous forme de bois. D’après les scientifiques américains, ces herbiers stockent 90% de leur carbone dans les sols. Ainsi, si les herbiers ne couvrent que 0,2% de la surface des océans, ils permettent de capturer 10% du carbone piégé par les océans chaque année. « Les herbiers côtiers n’occupent que peu d’espace sur la bande côtière mais cette évaluation montre qu’il s’agit d’un écosystème dynamique pour la transformation du carbone », rapporte l’étude. « Les herbiers ont une capacité unique à stocker en continu du carbone dans leurs racines et dans le sol des zones côtières. Nous avons même trouvé des exemples de strates d’herbiers ayant piégé du carbone depuis des milliers d’années.»
En Méditerranée, qui est la région où les plus fortes concentrations de carbone ont été détectées, ces prairies ont développé des capacités de séquestration jusqu’à plusieurs mètres sous la surface de la mer. Mais il s’agit aussi de l’un des écosystèmes les plus en danger de la planète. A l’échelle mondiale, environ 29% des herbiers ont été détruits jusqu’à présent, en raison de l’invasion de Caulerpa Taxifolia, mais aussi des opérations de dragage et de la dégradation de la qualité des eaux du littoral. Et cette attaque continue, puisque 1,5% des herbiers disparaissent chaque année. L’étude estime que la destruction de cet écosystème pourrait générer l’équivalent de 25% des émissions de carbone liées à la déforestation terrestre. Les herbiers sont bénéfiques à l’écosystème entier puisqu’ils filtrent les sédiments, protègent les côtes des tempêtes et des inondations et les stabilisent en les protégeant de l’érosion. Outre leur rôle crucial dans la régulation du carbone à l’échelle planétaire, ce sont enfin des habitats essentiels pour les poissons et les coquillages.L’étrange régression de Caulerpa Taxifolia
Les herbiers de posidonies sont victimes de la concurrence de Caulerpa Taxifolia, une plante invasive échappée… du Muséum océanographique de Monaco il y a une vingtaine d’années. Son impact en Méditerranée couvrait il y a quelques années encore près de 15 000 hectares depuis la Croatie jusqu’à l’Espagne. Spécialiste de cette algue, Alexandre Meinesz, du laboratoire Ecomers de l’université de Nice-Sophia Antipolis, avait dès le début de l’invasion alerté le muséum sans obtenir de réel soutient. La caulerpe avait progressivement pris la place écologique occupée par les posidonies. Le professeur Meinesz avait remarqué alors l’étrange densité, “comme une véritable moquette” de caulerpe, qu’il jugeait anormale pour une algue qui, dans son milieu tropical d’origine, se développe plutôt en petites touffes isolées. L’algue tueuse, ainsi nommée pour son impact sur la biodiversité de la faune et de la flore des fonds marins, régresse de façon très significative depuis une dizaine d’années. Sur plusieurs secteurs où elle était encore très présente, les spécialistes parlent d’un recul de 70 à 80 %. Sans avoir de preuves formelles, les hypothèses de cette régression sont variées. Premièrement, les hivers longs et rudes de ces trois dernières années lui auraient été partiellement fatals. Autre piste, une dégénérescence génétique. En effet, seuls les plants mâles sont présents en Méditerranée. L’algue se multiplie uniquement par bouturage naturel, mais au fil des générations, les clones perdent petit à petit leurs caractères génétiques. La piste virale ou bactérienne n’est pas écartée pour autant. Rien n’est joué cependant car l’algue est particulièrement résistante. Seule la piste de la dégénérescence génétique assurerait sa disparition à moyen terme. Les programmes de plantation manuelle de posidonies en lieu et place de Caulerpa Taxifolia se multiplient en Méditerranée, mais cela prend beaucoup de temps. Alexandre Meinesz analyse cet épisode comme un bon exemple “d’involution”, qui en raison des activités humaines, du transport des marchandises et des humains, voit les barrières naturelles tomber et la biodiversité se trouver profondément menacée. Le ballast pris dans un port et déposé dans un autre port quelques milliers de kilomètres plus loin est à l’origine de l’invasion de deux nouvelles espèces de caulerpes (racemosa et distichophylla) qui à leur tour envahissent la Méditerranée.
A lire :
Comment la vie a commencé – Les trois genèses du vivant, Alexandre Meinesz, aux éditions Belin / Pour la science.
Pêches Sportives Vidéo n°29 : Pêches aux leurres en mer, pêche à la mouche en « Washline »
Dans cette vidéo :
Pêche aux leurres en mer dans le Cotentin avec Gaël Even et Sylvain Lauzier
Le célèbre pêcheur et compétiteur Gaël Even nous invite à partager une partie de pêche aux leurres à quelques mille au large du Cotentin en compagnie de Sylvain Lauzier, un pêcheur enfant du pays qui
connaît parfaitement la zone. Vous verrez que ce duo là laisse très peu de place au hasard et à l’approximation ! Choix des postes et des leurres en fonction de l’évolution de la marée, techniques adaptées en conséquence, pour un festival de poissons et de conseils.2. Pêche à la mouche en “washing line” au réservoir de la Salamandre dans l’Aisne avec Philippe Collet
En complément de son article dans le précédent numéro de Pêches sportives sur cette technique relativement nouvelle pour les pêcheurs à la mouche français, Philippe Collet revient en images sur la pêche en washing line. Il aborde la composition du bas de ligne, le choix des soies et des mouches, les techniques d’animations, la pêche depuis le bord et en barque en dérive.

Biosphère, un label pour les cours supérieurs de la Loire, de l’Allier et de l’Ardèche
Un projet est engagé par SOS Loire Vivante pour le classement de la haute vallée de la Loire, du haut Allier et de la haute Ardèche avec le label réserve de Man and Biosphère par l’Unesco. En effet, un colloque s’est réuni le 24 octobre au conseil général du Puy-en-Velay pour sensibiliser les élus, les acteurs touristiques, les agriculteurs ainsi que les associations concernées par ce projet. Ce label permet de protéger les milieux naturels en favorisant le développement des différentes activités humaines sur ces secteurs. Les moniteurs de pêche de L’association pour le développement du tourisme pêche en Haute-Loire étaient présents et devraient intégrer le comité de pilotage pour suivre cette action. Les réserves de biosphère ont été créées par l’Unesco pour aider l’homme à répondre aux besoins de développement d’une population mondiale croissante tout en conservant la diversité du vivant. Ainsi, une “ réserve de biosphère “ cherche à combiner trois impératifs complémentaires :
– Assurer la conservation des espèces, des écosystèmes et des paysages,
– Favoriser une forme de développement économique et social qui cherche à pérenniser la culture et les richesses naturelles locales (tourisme, agriculture …),
– Donner une large part aux recherches et aux études, à l’éducation et à l’implication de la population, afin d’envisager, de façon la plus éclairée, l’avenir du territoire et de ses habitants.Le processus de création d’une réserve de biosphère débute par la réalisation d’une étude de faisabilité, base de travail pour la gestion future. Ensuite, une longue phase de concertation entre tous les acteurs locaux est organisée et débouche sur la signature d’une charte. La gestion est ouverte et évolutive ; elle est envisagée “ comme un pacte “ entre tous les partenaires de la société civile.
Un label, des enjeuxAu début des années 1990, afin de réaliser le barrage de Serre de la Fare au cœur de la haute vallée de la Loire, l’Etablissement public Loire (EPL) s’est porté acquéreur de plus de 540 hectares de terrains de haute valeur écologique. Puis en 1994, en réponse aux conflits des années 80 autour des projets de barrage destinés à lutter contre les crues, le gouvernement a créé le Plan Loire Grandeur Nature, plan d’aménagement global du bassin dans une perspective de développement durable. Depuis, le site “ gorges de la Loire et affluents partie sud “ a été classé Natura 2000, garantissant ainsi sa qualité environnementale, condition majeure pour postuler à la labellisation “ réserve de biosphère “, reconnue par l’Unesco.
Récemment le conseil général de Haute-Loire a aussi mis en place un SAGE (Schéma d’Aménagement et de Gestion des Eaux) sur la Loire amont. Il fixe des objectifs généraux d’utilisation, de mise en valeur, de protection quantitative et qualitative de la ressource en eau. En 2009, l’EPL, toujours propriétaire d’environ 430 ha de terrains dans la haute Vallée de la Loire, a décidé d’abandonner le projet de rétrocéder les terrains et de rester propriétaire. Ce patrimoine foncier, préservé de tout aménagement, pourrait d’après l’EPL constituer le cœur d’une future réserve Biosphère Unesco.
Pour finir, SOS Loire Vivante a acheté et rénové en 1994 le Mas de Bonnefont, une ferme au cœur des gorges de la Loire qui pourrait devenir l’un des lieux de présentation et d’information de la réserve de biosphère et du site Natura 2000.
De par sa richesse écologique exceptionnelle, la haute vallée de la Loire, de sa source au Mont Gerbier des Joncs jusqu’au Puy-en-Velay voire plus en aval, peut prétendre à une reconnaissance internationale du programme “ Man and Biosphere “ de l’Unesco. Le prestigieux label permettrait au site de rejoindre le cercle des territoires d’exception au niveau mondial.
En plus des gorges de la Loire, le projet pourrait englober dans une seconde phase les gorges de l’Allier, voire de l’Ardèche, dont les caractéristiques écologiques sont proches. Cet ensemble formerait la “ Biosphère des sources et têtes de bassins versants “, un site type qui serait unique au monde. Après une phase d’études sur les écosystèmes aquatiques et leurs milieux associés, une cartographie du territoire sera proposée. Elle permettra de définir et de délimiter les différentes zones de la future réserve de biosphère (aire centrale, zone tampon, aire de transition). Pour réussir, le projet doit s’appuyer sur une volonté locale, partagée par tous. Ce sont les acteurs locaux (élus, habitants, prestataires d’activités de tourisme et de loisirs, associations, partenaires institutionnels…) qui décideront de mettre en œuvre cette démarche.
Pour cela, l’information et la sensibilisation des élus et des populations locales à la ressource en eau (zones humides, rivières…) et à l’utilité de préserver la richesse faunistique et floristique seront mises en œuvre.
Le prestige qui découlera de ce label sera un moteur puissant pour le développement d’activités économiques responsables et écologiques.
La labellisation du territoire de la haute vallée de la Loire sera également une marque de reconnaissance de la valeur de ses paysages et de l’importance de son capital naturel. Elle permettra d’affirmer son identité de “ berceau du plus grand fleuve français et d’engager les actions nécessaires de valorisation de son “ capital rivières “ exceptionnel.
Les étapes
Phase 1 : organisation et mise en œuvre d’actions permettant une meilleure connaissance et protection du territoire et de ses richesses
– Localisation et cartographie des milieux aquatiques majeurs à protéger sur le haut Bassin de la Loire
– Etudes sur l’état et le degré de menace des milieux identifiés en vue de définir le périmètre des zones à protéger dans la future réserve de biosphère
– Organisation de la gouvernance et définition des porteurs de projets
Phase 2 : organisation et mise en œuvre d’actions permettant l’information et la sensibilisation de la population locale et de ses élus
Phase 3 : Présentation du projet au niveau des ministères qui par la suite présenteront une demande formelle auprès du Comité national du programme MAB de l’Unesco.
Phase 4 : Mise en place de la biosphère.Si les labels n’ont généralement pas de véritable pouvoir réglementaire, celui-ci a l’avantage d’impliquer l’Etat et les élus locaux. Si le projet arrive à bon port, il sera l’occasion de créer un garde fou supplémentaire, en ces temps où, au nom du “redressement productif”, aucune rivière n’est à l’abri d’un projet qui pourrait lui être fatal. Le serpent de mer de l’exploitation des gaz de schistes n’est toujours pas mort. Les trois hautes vallées visées par ce projet doivent en effet impérativement être mieux protégées. Ce sera l’une des rares fois où, en France, on n’attendra pas qu’un milieux soit au bord du chaos pour tenter de le préserver. De la sauvegarde des têtes de bassins dépend, en toute logique, la bonne santé des zones situées en aval.
Pour plus d’informations : SOS Loire Vivante.
www.rivernet.org
France : création d’un nouveau Parc naturel marin
Le parc naturel marin des estuaires picards et de la mer
d’Opale vient de voir le jour ! Un décret du 12 décembre officialise sa
création dans le nord-ouest du département de la Seine-Maritime et dans l’ouest
des départements de la Somme et du Pas-de-Calais.Pour l’Agence des aires marines protégées : « La
mise à l’étude du parc naturel marin a été décidée, par arrêté ministériel du
19 février 2008 (…) en raison de la présence des 3 estuaires, la mer dans le
Pas-de-Calais offre une remarquable diversité biologique au sein d’un
écosystème original, mais fragile. Partant de ce constat, l’étude de
préfiguration d’un parc naturel marin a été décidée et conduite pendant plus de
deux ans ». Plus de 200 espèces animales
et végétales sont présentes dans la zone protégée, dont 16 espèces de
mammifères marins (marsouin, dauphin, phoque veau-marin, phoque gris…) et 90
espèces de poissons (cabillaud, requin pèlerin, anguille…).Crédit photo : © Laurent Mignaux/MEDDE

Un poisson, ça bouge énormément !
Les poissons sont des animaux très mobiles : presque toutes les espèces se déplacent, à la recherche notamment des habitats indispensables à leur cycle vital. Essayons de mieux comprendre les raisons de ces comportements migratoires et leurs grandes caractéristiques.
Par Guy Périat et Sylvain Richard
Comme tous les organismes vivant, le poisson doit accomplir différentes fonctions biologiques tout au long de son cycle de vie. Certaines de ces fonctions doivent être réalisées presque quotidiennement, afin de permettre aux
individus de grandir et de se protéger des contraintes du milieu ou d’autres individus : ce sont l’alimentation et le repos. D’autres sont réalisées moins fréquemment, mais elles s’avèrent cependant tout aussi importantes, car elles concernent des phases critiques de la vie des individus. Il s’agit de la reproduction, indispensable pour assurer la descendance, ou encore du refuge, lorsque temporairement les conditions de vie deviennent moins favorables.Des déplacements liés au cycle vital des espèces
Ces différentes phases biologiques nécessitent des caractéristiques hydrauliques et morphologiques du cours d’eau particulières pour être accomplies, propres à chaque espèce voire à chaque stade de développement. La réalisation du cycle vital des organismes requiert donc la présence d’une diversité d’habitats aquatiques. Corollairement, ces habitats quotidiens ou critiques pouvant se trouver plus ou moins éloignés les uns des autres, les espèces doivent nécessairement se déplacer pour y accéder. Plusieurs types de déplacements peuvent être distingués, en faisant référence à des comportements différents. Lorsque les déplacements sont courants et concernent les phases quotidiennes des individus, on parle alors de mouvements. Quand ces déplacements correspondent à des mouvements d’individus en nombre vers leurs habitats critiques, alors ce sont plutôt des migrations. Enfin, on parlera de dispersion lorsque les déplacements concernent des individus qui vont quitter leur population initiale pour coloniser d’autres tronçons de cours d’eau ou bassins versants. Ce sont principalement les phénomènes de migration et de dispersion qui vont nécessiter les déplacements les plus importants, non seulement en distance parcourue mais également en nombre d’individus concernés.
Des besoins migratoires différents en fonction des espècesEn fonction des espèces, qui présentent des cycles de vie différents, les besoins migratoires apparaissent très variables. En règle générale, plus une espèce est liée à un ou des habitats particuliers pour accomplir une fonction biologique, par exemple pour se reproduire, et plus elle peut être amenée à effectuer de grandes migrations pour trouver cet habitat. Chez les poissons, on distingue couramment deux grandes catégories de migrateurs.
La première concerne les migrateurs dits amphihalins, c’est-à-dire devant impérativement changer de milieu pour accomplir leur cycle de vie, en passant alternativement du milieu marin au milieu continental. Cette particularité entraîne pour ces espèces un déterminisme biologique lié aux migrations très fort : si elles ne peuvent effectuer leurs déplacements, alors bien souvent les espèces disparaîssent car elles peuvent difficilement compenser l’absence d’un habitat critique par un autre.Certaines espèces amphihalines sont dites potamotoques, ce qui signifie qu’elles se reproduisent en eau douce dans les cours d’eau et vont grandir en eau salée dans la mer ou l’océan. Ce sont par exemple les salmonidés migrateurs tels le saumon ou la truite de mer, les aloses, les lamproies, mais également l’esturgeon européen et même le petit éperlan. Inversement, les espèces thalassotoques se reproduisent en mer et viennent grossir dans les cours d’eau. On compte dans ce groupe les mulets, le flet ou encore l’anguille européenne.
La seconde catégorie concerne les poissons accomplissant l’ensemble de leur cycle biologique au sein des cours d’eau, appelés migrateurs holobiotiques. Si les distances parcourues sont plus modestes, le déterminisme lié aux déplacements peut être fort également pour certaines espèces. C’est notamment le cas de la truite ou de l’ombre commun, pour lesquels de nombreuses études ont mis en évidence l’importance des flux migratoires en période de reproduction, que ce soit en nombre d’individus migrants ou en distances parcourues pouvant atteindre plusieurs kilomètres. Mais les déplacements liés à la reproduction ou à la recherche de nourriture peuvent également être significatifs et approcher plusieurs kilomètres voire dizaines de kilomètres pour des espèces comme le barbeau fluviatile, la vandoise, le sandre ou encore le brochet.Des migrations vers l’amont, vers l’aval et vers les annexes latérales
Le type de déplacement le plus connu est celui effectué de l’aval vers l’amont, appelé montaison. Il permet aux espèces migratrices d’atteindre des habitats de reproduction ou de grossissement situés plus en amont dans les bassins versants. Tout le monde a en tête les images des milliers de saumons du Pacifique remontant les fleuves d’Amérique du nord vers leurs frayères de prédilection. Dans nos contrées, si l’on est aujourd’hui très loin de ces déplacements de masse pour les salmonidés migrateurs, des migrations importantes peuvent cependant être observées certaines années pour des espèces comme les aloses.
D’importants déplacements se font également de l’amont vers l’aval. C’est le comportement de dévalaison. Moins connue, la dévalaison n’en est pas moins fondamentale pour le cycle de vie de la plupart des espèces. En effet, les individus adultes qui remontent le cours d’eau pour la reproduction doivent pouvoir retourner sans encombre vers les habitats de grossissement qui leurs sont nécessaires le restant de l’année. Et les juvéniles nés sur les frayères, après avoir atteint une taille respectable, sont bien souvent obligés de quitter les secteurs amont de reproduction et de dévaler pour accéder aux portions plus aval des cours d’eau, et coloniser ainsi des secteurs présentant des habitats de grossissement intéressants.
Les espèces peuvent également avoir un comportement de dévalaison lié à la reproduction. C’est le cas de certaines populations de barbeaux, colonisant des cours d’eau froids dans lesquels les géniteurs dévalent pour rechercher une température de l’eau optimale sur les frayères ; et bien sûr de l’anguille qui, en automne, à la faveur des coups d’eau, regagne l’aval des fleuves puis le domaine maritime pour entamer une longue migration vers les frayères de la mer des Sargasses.
Une troisième dimension peut être observée pour les déplacements des espèces : elle concerne l’accès à des habitats situés dans le lit majeur des cours d’eau. On pense bien sûr tout de suite au brochet, qui pour se reproduire est dépendant des débordements lors des crues qui connectent et ennoient les prairies rases et les dépressions des bords de cours d’eau. La lote également, poisson discret s’il en est, va gagner les bras morts et les annexes latérales à la saison froide pour s’y reproduire. Ces annexes latérales constituent également des habitats de refuge de grande qualité, lors des crues, quand la plupart des poissons viennent s’y abriter, mais aussi en période d’étiage estival ou hivernal, en raison de leurs connexions avec la nappe d’accompagnement qui leur confère un régime thermique tamponné, frais en été et tempéré en hiver.Quand les poissons ne peuvent plus migrer…
L’édification de nombreux seuils et barrages sur les cours d’eau a depuis longtemps modifié plus ou moins profondément ces équilibres, en limitant ou en interdisant l’accès aux habitats clés du développement de certaines espèces. Les conséquences ont été majeures pour les grands migrateurs, qui ont ainsi vu leurs aires de répartition et leur abondance se réduire drastiquement au cours du XXème siècle.
Ce constat déjà ancien est à l’origine de toute l’ingénierie développée depuis plusieurs décennies en matière de dispositifs de franchissement, que ce soit pour la montaison ou pour la dévalaison des espèces. Même s’ils sont dans bien des cas indispensables, il faut bien avoir à l’esprit que la mise en place de tels dispositifs ne constitue pas une solution idéale de restauration, mais bien une mesure de réduction d’un impact. En effet, aussi high tech que peut être un dispositif, celui-ci aura toujours une certaine sélectivité vis-à-vis des poissons migrateurs et son fonctionnement devra être contrôlé rigoureusement et fréquemment pour être garanti au fil du temps.
Ainsi, sur les secteurs aux enjeux de libre circulation significatifs, la mise en place de dispositifs de franchissement doit être réservée aux seuls ouvrages que l’on ne peut pas supprimer, avec un usage économique, patrimonial ou lié à la sécurité publique, réel. Dans les autres cas, il est important de privilégier la destruction du seuil : c’est le seul moyen de régler définitivement les problèmes de libre circulation tout en restaurant pleinement les équilibres morphologiques altérés par l’ouvrage, de manière à redonner au cours d’eau sa capacité à façonner localement les habitats aquatiques nécessaires aux espèces.Moulinet Orvis Battenkill LA III + soies SA
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