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Auteur/autrice : admin_lvdr
Le retour du leurre “Citroen” !
Ils vont relancer la fabrication d’un leurre légendaire de l’Ile-d’Yeu, le leurre Alys, connu sous le nom de leurre “Citroën” en raison des chevrons rouges qui barrent sa robe jaune.
Sur la côte ouest du pays, la nouvelle a redonné le sourire aux habitués de la pêche du bar et du lieu, très attachés à ce leurre mythique. Aidés par Isabelle Flayak, Frédéric Cantin, guide de pêche installé sur l’Ile-d’Yeu et Laurent Labat, chef d’entreprise, l’équipe compte bientôt produire plusieurs modèles et atteindre la cadence de 2000 leurres par jour.
Bon vent à cette production française dont nous reparlerons !
Cofishing, ne pechez plus seul, cofishez !
Comme son nom l’indique, Cofishing permet de trouver un partenaire pour partager ses sorties de pêche à la manière des sites de covoiturages. A partir de la carte de France présente sur le site, vous avez une vision immédiate de tous les pêcheurs qui cherchent un partenaire. Il suffit ensuite de cliquer pour obtenir l’e-mail du demandeur et cela vous donne en prime une première indication sur la technique pratiquée par le demandeur (mer, depuis le bord, mer bateau, leurre float-tube, etc.). A vous ensuite de choisir le bon cheval…
www.cofishing.net
BON PLAN : Brochets et truites de Seine
Guide de pêche désormais “historique” du département de l’Aube, Emmanuel Favin connaît son secteur de Seine sur le bout des doigts. De plus, Emmanuel propose cette année un accès à des bras morts privés ainsi qu’à des étangs également très peu fréquentés. L’occasion à une heure de Paris de faire de très belles pêches en compagnie d’un homme de terrain toujours de bon conseil. Pour les pêcheurs à la mouche, Emmanuel propose des stages d’initiation ou de perfectionnement sur la haute Seine.
Renseignements et réservation : Tél. : 0687478971.
www.favin-guide-peche.com

Kayaks modulables Point 65°N, c’est facile !
Point 65°N est une marque suédoise qui conçoit des kayaks modulables. Ces embarcations faciles à transporter rendent bien des services aux pêcheurs. Le principe est simple : un seul kayak peut être à la fois une embarcation pour une ou deux personnes car il est constitué de trois parties qui s’emboîtent. Sans la partie cen- trale, votre kayak se trouve en position “single”, où il permet de pêcher comme avec n’importe quel kayak “sit on top”, alors qu’avec, il se transforme en duo pour une ballade en amoureux.
Le modèle présenté, nommé Tequila Angler, est pourvu de quatre porte-cannes et d’une platine pour recevoir un GPS ou un échosondeur. C’est un peu léger comme équipement pour la pêche, mais au moins, l’embarcation reste très légère avec 22 kg pour 2,95 m (en version single). Selon le fabricant, les morceaux s’emboitent en 10 secondes ! L’avantage concerne donc surtout le transport et la facilité de montage, car la longueur est divisée par deux ou par trois. Il n’y a plus qu’à espérer que ça tienne dans le coffre du SUV… La gamme comprend plusieurs autres modèles non dédiés à la pêche mais plus abordables. Globalement, les prix sont ceux d’un bon modèle de float-tube, ce qui est raisonnable. Il ne leur manque qu’un trou pour passer les jambes et diriger son kayak avec des palmes lorsqu’on pêche.
Un concept ?

Garmin Panoptix, l’échosondeur qui révolutionne les échosondeurs !
Décidément, l’électronique marine n’en finit pas de progresser à pas de géants ! Garmin vient de commercialiser en version grand public une technologie qui était jusqu’alors réservée aux professionnels. Panoptix est un échosondeur révolutionnaire qui permet aux pêcheurs amateurs de visualiser, en temps réel et en 3D, tout ce qui se passe devant, derrière, dessous et sur les côtés de la coque du bateau. Panoptix est une technologie à multi-faisceaux à balayage, ce qui est totalement nouveau. L’image n’est plus “figée”, mais les échos de poissons se déplacent à vitesse réelle ! La définition est telle qu’on en arrive à distinguer non seulement le leurre mais aussi la tresse ! Panoptix permet aussi de faire de la cartographie 3D des fonds et tout un tas d’autres choses. Reste le problème du prix d’une telle machine (1350 euros la sonde…). Les pêcheurs en mer seront sans doute les premiers intéressés. En eaux douce pour la pêche des carnassiers, seuls les passionnés d’électronique devraient être à même d’exploiter toutes les possibilités offertes par cette formidable machine qui marquera son temps, et pour longtemps !
http://sites.garmin.com/fr-FR/panoptix/Ciron, la vallée aux 66 barrages !
Affluent en rive gauche de la Garonne, le Ciron a une valeur écologique exceptionnelle (classé Natura 2000,) et c’est un axe migratoire majeur pour les poissons. Mais son cours (ainsi que certains affluents) est actuellement fragmenté par 66 barrages, dont la plupart sont hors service. Ces barrages ont profondément modifié l’écoulement de l’eau et le transport des sédiments, provoquant une réduction de la mobi- lité des poissons, donc une raréfaction des espèces migratrices notamment. Afin de restaurer la continuité éco- logique, objectif majeur sur cette rivière, des travaux de réouverture d’ouvrages ont commencé et donnent des ré- sultats spectaculaires.
Mais de nouveaux projets de microcentrales hydroélectriques sont actuellement à l’étude. Ils auraient des répercussions très négatives sur le Ciron d’un point de vue écologique, mais également économique. En effet, en rai- son de sa faible pente et de son débit d’étiage limité, le Ciron présente un potentiel de production énergétique dérisoire (0,0012% de la production française actuelle). L’association Landes Environnement Attitude est favorable aux énergies renouvelables dans le cadre d’une transition basée également sur la sobriété et l’efficacité énergétique. Mais il n’est pas souhaitable d’installer des microcentrales hydroélectriques sur tous les cours d’eau pour un apport énergétique négligeable au prix d’impacts importants sur la biodiversité et la continuité écologique des cours d’eau. L’association LEA soutient la pétition de la Fédération dé- partementale de pêche de la Gironde qui demande que les décisions administratives soient en cohérence avec la protection de l’environnement et qu’aucune nouvelle microcentrale hydroélectrique ne soit autorisée sur le Ciron afin de préserver la rivière dans l’intérêt général de tous.
Une pétition est en ligne contre les projets de micro-centrales : http://www.petitions24.net/non_aux_barrages_hydro-elec- triques_qui_impactent_la_riviere_ciron

Le scandale du barrage des Plats sur la Semène
Décidément, la protection de l’environnement est une grosse farce dans notre pays. Après l’affaire Sivens, l’annulation de l’arasement de deux barrages sur la Sélune par Ségolène Royal, les élus locaux du département de la Loire ont reconstruit un barrage “en douce” et en oubliant la passe à poissons pourtant obligatoire…
Le dernier rapport Planète Vivante du WWF indique une chute moyenne des espèces animales d’eau douce de 76 % en 40 ans au niveau mondial. Alors que l’Etat français vient de créer une Agence française de la biodiversité, alors que l’on sait que l’érosion des espèces animales et végétales est un enjeu aussi important que celui qui consiste à réduire les émissions de carbone, certains projets nationaux vont à l’encontre des engagements du gouvernement qui visent à préserver la biodiversité, favoriser la continuité écologique, passer à une transition énergétique sans reculer de cinquante ans dans la protection de l’environnement.
C’est pourtant ce qui se passe dans de nombreux cas. A croire que le marketing mensonger à sa place même au ministère de l’Environnement. Après l’annulation de l’arasement de deux barrages sur la Sélune par Ségolène Royal (ça avait été accordé par NKM), après l’affaire Sivens, voici celle du barrage des Plats sur la Semène dans le département de la Loire. La Semène est un affluent direct de la Loire.
Construit en 1958, le barrage des Plats avait pour but de fournir de l’eau potable pour la croissance de Firminy et de son aire métropolitaine. Le barrage avait été fortement surdimensionné, les urbanistes prévoyant à l’époque 100 000 habitants en 2000. Or Firminy compte aujourd’hui seulement 25 000 habitants. De plus, le barrage n’a pas fonctionné durant six années, ce qui a permis de montrer que la question de l’approvisionnement en eau potable pouvait être assurée différemment, à partir d’autres réseaux. Pourtant le syndicat des barrages, regroupant seulement quatre communes du territoire, a décidé sans débat public, sans études sérieuses des alternatives, de dépenser, en cette période de crise, six millions d’euros d’argent public pour le reconstruire. Le Collectif Loire Amont, qui lutte pour une Loire sauvage, en phase avec les recommandations du ministère de l’écologie, dénonce un fonctionnement économique local “à l’ancienne”. “Les élus du Syndicat des Barrages de la Semène, pressés par le député de la circonscription, Dino Cineri – hélas soutenu par l’Etat local – ont ainsi dis- crètement achevé la reconstruction du grand barrage des Plats, sur la Semène”, déplore le collectif. L’ouvrage le plus inutile de France a été érigé sur ce qui devait être au départ un réservoir biologique inscrit dans le SDAGE Loire Bretagne (Schéma directeur d’aménagement et de gestion des eaux). Désormais, la continuité écologique et la biodiversité s’arrêtent au pied du barrage… D’autant que les élus locaux ont carrément oublié de faire équiper le barrage d’une passe à poissons pourtant obligatoire. Pour le barrage des Plats, cela aurait fait grimper la facture de deux millions d’Euros. En France on est d’accord pour préserver l’environnement, mais il faut que cela soit gratuit. En visite sur la Sélune (Manche), Ségolène Royal disait à propos de l’arasement des barrages de Vézins et de La Roche Qui Boit, “ 50 millions, ça fait cher pour faire remonter des poissons ! ”. Et 2 millions, c’est toujours cher, et moins ce serait encore trop cher… L’exemple des crues récentes du Gave de Pau nous montre qu’au petit jeu des économies de bouts de chandelle, la facture post crues dépasse les 400 millions d’Euros, claqués uniquement pour réparer les dégâts sans faire en sorte que le torrent puisse être en mesure de mieux vivre avec ses crues.
Une table ronde acceptée par le Ministère de l’écologie ?
Après la procédure d’infraction ouverte par l’Union Européenne pour « non respect de la législation européenne » contre la France le 26 novembre dernier à la suite du drame de Sivens, cette nouvelle demande d’explication sur une surprenante pratique publique de gestion de la ressource en eau fait désordre, dans la « République exemplaire » voulue par François Hollande. L’exemplarité, c’est faire vivre cette « écologie citoyenne » qu’il a appelé de ses voeux lors de la dernière conférence environ- nementale, le 27 novembre dernier.
Mais en réalité, la protection de l’environnement en France se limite aux beaux discours et aux actions bénévoles comme Natura 2000, où l’on doit sau- ver le monde avec une pelle et un seau. Ainsi, dans mon village, nous sommes une dizaine de bénévoles à tenter de faire en sorte que la forêt n’engloutisse pas une pelouse sèche de 10 hectares ou vivent encore quelques rares espèces d’orchidées sauvages. On sait que la fragmentation des habitats est la cause première de la perte de la biodiversité. Il en est de même avec les cours d’eau, dont les barrages segmentent en petits tronçons des écosystèmes complexes dont chaque atteinte à systémati- quement des répercutions, plus tard, plus loin.
Vous pouvez signer en ligne la pétition “non au barrage des Plats, oui aux alternatives” www.loireamontvivante.fr
Nos rivières mises en grave danger par de nouvelles politiques publiques
Lettre ouverte à M. Le président de la République
Monsieur le Président de la République, nous sommes extrêmement inquiets. Nos rivières de France sont en grave danger.
Alors que depuis plusieurs dizaines d’années les efforts conjugués des pouvoirs publics et de l’ensemble des usagers et partenaires, notamment associatifs que nous représentons, ont permis une longue et progressive reconquête de ce patrimoine irremplaçable, deux décisions récentes de votre gouvernement viennent de remettre en cause brutalement et de manière unilatérale, cet acquis environnemental essentiel. Par ces deux décisions, le gouvernement met clairement nos rivières en danger, et tourne le dos délibérément aux engagements qu’il a lui même pris vis à vis de l’Union Européenne dans le cadre de la Directive Cadre sur l’Eau de 2000 (DCE). Non seulement l’objectif de 2/3 des cours d’eau en « bon état écologique » en 2015 sur lequel nous nous étions engagés vis à vis de l’Europe ne sera pas atteint, mais, qui plus est, ces deux décisions sont de nature à compromettre l’atteinte de nos objectifs pour la prochaine échéance de 2021. Elles menacent significativement et durablement le maintien des acquis environnementaux si difficilement et chèrement obtenus ces dernières années. Elles sont de nature à réduire encore et à accélérer la chute abyssale de la biodiversité de notre territoire, alors même qu’on prétend la freiner, voire l’arrêter grâce, au projet de loi biodiversité en cours d’examen par le parlement. Ces décisions concernent d’une part la promotion et le développement de l’hydroélectricité, et d’autre part l’agriculture dans ses relations avec l’environnement.
La promotion et le développement de l’hydroélectricité
Des annonces récentes de la ministre de l’Ecologie, favorables au développement de l’hydroélectricité, sont de nature à susciter le doute sinon la perplexité :
– suspension inattendue de l’arasement des ouvrages de la Sélune dans la Manche,
– annonces favorables aux moulins et autres petits ouvrages hydroélectriques lors des débats relatifs à la loi sur la transition énergétique,
– pour les nouveaux ouvrages, promotion de cette énergie grâce aux appels d’offres par le soutien des finances publiques.
Les cours d’eau de notre pays sont très fortement aménagés. Plus de cinq cents grands barrages et plus de 70 000 ouvrages barrent et interrompent le cours naturel des fleuves et des rivières. La distance entre ouvrages est en moyenne de 5 km, les cours d’eau s’apparentent à de vastes « escaliers d’eau ». Le potentiel énergétique de nos cours d’eau est exploité à 95%. Le choix politique porte sur la préservation des 5% restants : le gouvernement veut il sacrifier les dernières portions de cours d’eau encore préservées ?
Le développement de l’hydroélectricité impacte directement les politiques de préservation et de reconquête de la qualité de l’eau et de la biodiversité. Le principe, affirmé haut et fort par certains, qu’on pourrait simultanément avoir des rivières en bon état biologique et physico chimique et les équiper d’ouvrages hydro-électriques est faux, comme ceci a été démontré à maintes reprises par de nombreuses études scientifiques. Tout ouvrage en rivière, par la présence de la retenue d’eau qu’il génère, où se développe l’eutrophisation, est le siège d’altérations biologiques et physico chimiques qui dégradent la qualité de l’eau et du milieu. Ainsi, tout ouvrage, même équipé du meilleur dispositif de franchissement des migrateurs vers l’amont et l’aval, du meilleur système de gestion du débit solide, altère considérablement le milieu aquatique, et menace directement les chances d’atteindre le bon état. La proportion de ces dispositifs non entretenus et qui se bouchent très rapidement, devenant ainsi immédiatement non fonctionnels, est considérable sur le terrain. Les obligations de suivi et d’entretien sont rarement respectées par des propriétaires résidant souvent loin des ouvrages. La police de l’eau est bien souvent inopérante. Des portions entières de rivières indispensables à la reproduction des espèces, peuvent être ainsi rendues inaccessibles à des périodes pourtant vitales par un seul ouvrage mal entretenu. Les effets cumulatifs des successions d’ouvrages qui s’étagent sur les mêmes cours d’eau et au sein des mêmes bassins versants, multiplient, par un phénomène de potentialisation additive, les altérations profondes et durables des milieux aquatiques, tant sur le plan biologique que physico chimique. Ces réalités techniques font que le développement de l’hydroélectricité, induit notamment par l’appel d’offres gouvernemental, aura des effets délétères sur l’atteinte du « bon état » des cours d’eau sur lequel la France, à l’instar des autres pays européens, s’est engagée au titre de la Directive Cadre sur l’Eau (DCE). Notre engagement d’atteindre les 2/3 de nos masses d’eau superficielles en « bon état écologique » d’ici à 2015 ne sera pas tenu, et de loin. La prochaine échéance est 2021. Nous devons donc tout faire pour progresser significativement dans ce domaine. Or, les causes principales de cet échec sont connues : les pollutions diffuses agricoles contre lesquelles nous agissons bien peu et les modifications morphologiques des cours d’eau, lourd héritage des pratiques passées. Ainsi, les paramètres qui déclassent les cours d’eau sont directement sous la dépendance de la qualité morphologique des rivières et notamment de leur libre écoulement. Empêcher celui ci, ou le ralentir, c’est accroitre les phénomènes d’altération qui empêchent l’atteinte du « bon état écologique ». Construire de nouveaux ouvrages ne peut que renforcer ces phénomènes de dégradation.
En un mot, ce qui déclasse nos rivières ce sont les altérations que précisément l’appel d’offres a pour effet de renforcer. Par ailleurs, si la grande hydraulique a le mérite de contribuer significativement à la production hydroélectrique, les microcentrales, voire maintenant les pico centrales (quelques dizaines de kWh) produisent des quantités infimes d’électricité, mais des dégâts écologiques significatifs. Elles n’apportent en rien la moindre contribution intéressante au développement d’une production électrique durable. L’hydroélectricité est certes une énergie renouvelable, mais en aucun cas une énergie durable (absence de volet social, conséquences écologiques néfastes). Pire, elles sont établies sur des petits cours d’eau qui sont bien souvent des zones vitales pour la biodiversité, pour les poissons et la vie aquatique en général : ruisseaux pépinières, zones de frayères, petits chevelus de l’amont. Les cycles vitaux des poissons migrateurs sont interrompus alors même que ces espèces sont vulnérables (saumon atlantique), parfois même en danger critique d’extinction (anguille européenne). Il ne s’agit en définitive que d’une destruction intolérable du bien commun que représentent les rivières, leur biodiversité, les services écosystémiques qu’elles offrent, la beauté de leurs paysages, le bien être qu’elles procurent aux populations, au service de l’intérêt de quelques uns. Alors même que, depuis quelques années, des politiques efficaces de mise aux normes d’ouvrages existants et d’effacement de seuils et de barrages inutiles ou obsolètes (soit environ 90% des barrages et seuils existants) commençaient à porter leurs fruits (amélioration de la qualité de l’eau, remise en mouvement du transit sédimentaire, reconquête des rivières pour les poissons migrateurs, amélioration significative des écosystèmes), relancer une politique de développement de l’hydroélectricité et, singulièrement, de la micro hydroélectricité, apparait comme une immense régression conduisant à faire disparaître ce qu’il reste de notre patrimoine de rivières vivantes.
Aussi :
Nous demandons l’arrêt immédiat de l’appel d’offres sur le développement de l’hydroélectricité, énergie renouvelable mais non soutenable au sens du « développement durable ». Nous sommes favorables au développement des énergies renouvelables mais pas au prix de l’altération des derniers tronçons de rivières et de la destruction de leurs fonctionnalités écologiques pour un gain énergétique dérisoire. Cette énergie, qui a atteint depuis longtemps sa maturité technique, qui est déjà indirectement, et fortement aidée au travers de tarifs de rachat très profitables financés par la contribution obligatoire de chaque abonné, n’a pas à être développée, mais elle doit être au contraire maitrisée et strictement mise aux normes environnementales afin de respecter les cours d’eau non encore aménagés qui nous fournissent des services inestimables, significativement d’un service collectif d’intérêt général significativement supérieurs à leur intérêt énergétique. Nous demandons qu’aucun nouvel équipement hydroélectrique quelle qu’en soit la taille, ne soit autorisé. Que seule soit admise une optimisation énergétique du parc existant sous réserve de son amélioration écologique la plus aboutie. Nous demandons l’application stricte des dispositions du Code de l’environnement concernant la continuité écologique qui doit être impérativement protégée et renforcée. Notamment, sur les rivières classées en liste 1 au sens de l’article L.214 17 du code de l’environnement, où tout nouvel ouvrage est interdit, les renouvellements de titres (autorisations et concessions) doivent par principe être rejetés. Par exception, on pourra admettre le renouvellement des titres pour des ouvrages particulièrement structurants dont le maintien correspondrait à la fourniture marqué. Sur les rivières en liste 2, les très nombreux ouvrages obsolètes, inutiles ou orphelins, doivent être effacés, les ouvrages présentant un usage avéré devant être soigneusement mis aux normes, et parfaitement entretenus dans les délais prévus par les textes. Lors du renouvellement de ces listes, elles devront naturellement être reconduites voire accrues, et en aucun cas revues à la baisse. Nous demandons que les pouvoirs publics mettent en œuvre l’ensemble des moyens possibles, juridiques, financiers, administratifs et en personnel pour atteindre nos objectifs DCE, notamment dans les administrations concernées, les agences de l’eau et l’ONEMA, et renoncent impérativement à toutes les politiques contraires, de nature à nous empêcher de les atteindre, notamment dans le domaine de la biodiversité aquatique. L’appel d’offres hydroélectricité fait partie de ces politiques contraires à cet objectif fondamental qui nous oblige vis à vis de l’Europe, et c’est pourquoi il faut y renoncer.
La communication en Conseil des Ministres du 18 février 2015 concernant l’agriculture et notamment ses relations avec l’environnement. Cette communication, constitue un recul extrêmement préoccupant, notamment pour l’eau et les rivières. Les mesures annoncées participent d’une véritable volonté de :
– déréglementation par accroissement des seuils pour les ICPE agricoles sou- mises à autorisation,
– développement des retenues d’eau artificielles pour l’irrigation,
– réduction du périmètre des cours d’eau par une cartographie départementale partisane,
– réduction de la pression du contrôle.
Comme il a été rappelé depuis la création du régime Enregistrement : L’introduction de ce régime pour les élevages industriels, et dernièrement pour les élevages de volailles, concerne directement la qualité de l’eau des fleuves et des rivières. Ce régime détend un peu plus le lien entre agriculture et territoire : l’absence d’étude d’impact ne permet pas d’intégrer l’installation dans son environnement ; et en l’absence d’enquête publique, les riverains subissent l’installation de telles fermes en contradiction avec les principes de l’agro écologie pourtant portés par votre gouvernement. Le développement des retenues d’eau pour l’irrigation crée d’importants dégâts environnementaux sur la qualité de l’eau, de la ressource en général, et notamment des rivières. L’élaboration d’une carte départementale des cours d’eau est problématique, et potentiellement dangereuse. Les cours d’eau sont une réalité factuelle non négociable, mais constatable in situ, et évolutive sur le terrain. Aucune cartographie complète de ceux ci n’existe actuellement, les cartes IGN ne sont qu’un minimum de l’existant. Cette carte risque de n’être ni objective, ni exhaustive, et dès lors qu’il y aura une carte, tout le monde considèrera que tout ruisseau, rivière, canal, non répertorié ne sera pas un cours d’eau, et échappera du coup aux prescriptions de la police de l’eau. C’est évidemment la porte ouverte à la pollution, la rectification, la suppression des bandes enherbées, bref le massacre de ce patrimoine inestimable que sont les petits cours d’eau. Cela signifiera une nouvelle vague de destruction de chevelus, ruisseaux pépinières en tête de bassin, qu’il faut au contraire impérativement protéger.
Enfin, l’allègement de la pression de contrôle sur le terrain est extrêmement choquant, alors même que les atteintes à l’environnement ne cessent de s’accroître dans le monde rural. Les agents de l’ONEMA, des DDT, des DDPP et de l’ONCFS, sont les « gendarmes » des milieux naturels. Il faut les encourager, et non les décourager à pour- suivre leurs missions indispensables de contrôle et de surveillance, voire de répression quand cela est nécessaire. On ne voit d’ailleurs pas au nom de quoi les infractions aux lois et règlements commis par les agriculteurs seraient moins graves, ou moins « illégales » que celles commises par d’autres citoyens, et c’est envoyer un signal extrêmement négatif (et incitatif aux comportements délictueux) que d’an- noncer un « allègement » des contrôles. Nous regrettons que le gouvernement, par sa communication en Conseil
des Ministres du 18 février 2015, renforce l’idée selon laquelle il n’existe qu’une seule logique agricole, productiviste, incompatible avec la préservation de l’environnement et des biens communs que sont l’eau, les écosystèmes et la biodiversité. Nous réaffirmons donc notre souhait que le gouvernement renonce aux dispositions prévues au chapitre 31 de la communication en Conseil des Ministres du 18 février 2015. Celles ci sont extrêmement nocives à l’environnement et en particulier à l’eau et aux rivières.
Nous demandons en conséquence de :
– maintenir les seuils des ICPE
et non de les augmenter afin de continuer à maîtriser et réduire les pollutions des rivières,
– nous tourner vers une agriculture économe en eau, au lieu de développer des réserves d’eau pour l’irrigation qui ne feront qu’accentuer la pression sur la ressource,
– ne pas établir de cartographie des rivières, pour ne pas encourager l’affaiblissement de la protection de l’eau, des écosystèmes et la prévention des inondations,
– réserver les financements publics, en particulier les subventions des Agences de l’Eau, aux seuls projets participant directement de la protection de la ressource en eau et des milieux aquatiques,
– renforcer la police de l’eau et accroître les contrôles pour lutter contre les atteintes environnementales qui se développent.
La France compte 500 000 km de rivières qui constituent un patrimoine naturel exceptionnel qui rend d’inestimables services environnementaux (et donc sanitaires), sociaux et économiques. C’est un capital vital pour la qualité de vie de nos concitoyens, source d’aménités nombreuses et de ressourcement, et la beauté de ce patrimoine exceptionnel participe grandement à l’attractivité de notre pays, la France. Il ne faut pas le sacrifier pour quelques mégawatts d’énergie électrique en plus, ou pour satisfaire au paradigme dépassé d’une agriculture productiviste. Il y a aussi une économie autour de la conservation de ce patrimoine naturel largement aussi beau et cher au coeur des français que notre patrimoine culturel. Il faut impérativement préserver et améliorer ce patrimoine extraordinaire, fragile et irremplaçable qui est notre bien commun, et renoncer à tout ce qui pourrait l’altérer ou le détruire.
Veuillez accepter, Monsieur Le Président de la République, l’expression de notre plus haute considération.
Claude Roustan
Président de la fédération nationale pour la pêche en France
Denez L’Hostis
Président de France Nature Environnement
Destinataires associés :
Monsieur le Premier ministre, Madame la ministre de l’Ecologie, du Développement durable et de l’Energie, Monsieur le ministre de l’Agriculture, de l’Agroalimentaire et de la Forêt.

EDITO Royal barrage
Crédit photos : FNPF
J’ai une révélation à faire à toutes celles et ceux – et ils sont nombreux – qui se demandent de quoi Madame Royal est la ministre.
Notamment à ceux qui hésitent entre les portefeuilles de l’équipement, de l’énergie ou de l’agriculture. Trois domaines dans lesquels elle vient de prouver une détermination impressionnante à sauver les vieux barrages en péril, à caresser les agriculteurs dans le sens du poil (de cochon) et à permettre à n’importe quel hydraulicien de garage de jouer avec le moindre petit ruisseau pour l’empêcher de devenir une belle et grande rivière.
Et bien, Madame Royal est ministre de l’environnement. La pire ministre de l’environnement qu’on ait jamais eu dans ce pays, dont la gestion consternante risque d’achever les dernières rivières sauvages que quelques rares textes, pourtant peu audacieux, protégeaient encore de la rapacité des trafiquants de kilowatt/ heures et des irrigateurs stakhanovistes.
Nous publions ici la lettre ouverte que viennent d’adresser au président de la République, Claude Roustan le président de la Fédération nationale pour la pêche en France et Denez l’Hostis, le président de France Nature Environnement.
Nous sommes, dans ces colonnes, assez souvent critiques envers le premier nommé, pour ne pas saluer son initiative et dire à nos lecteurs que nous la soutenons sans réserve. Aidons-le à faire barrage à Madame Royal.
LIRE LA LETTRE OUVERTE rédigée par Claude Roustan le président de la Fédération nationale pour la pêche en France
Vous venez de lire l’édito du magazine Pêches Sportives n°104 du mois de juillet :
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Pêches Sportives Vidéo n°38 : Pêche en Islande et en Russie
Pêches d’exception en Islande et en Russie avec Lax-Á Grand spécialiste et amoureux de la pêche en Islande depuis plus de quarante ans, Pierre Affre a tourné des images exceptionnelles dans les eaux cristallines des plus belles rivières de l’île. Voir un saumon venir chercher une mouche en direct reste quelque chose de rare ! La seconde partie de ce DVD nous emmène en Russie au bord des rivières Kitsa et Kola, réputées pour leurs saumons d’une taille moyenne très importante. Un DVD pour rêver et qui prouve – si besoin était – à quel point la pêche nous réserve de belles surprises !