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Auteur/autrice : admin_lvdr

Le mangeur mangé
C’est l’histoire du mangeur mangé ou, si vous préférez du prédateur “prédaté”. C’est surtout la rude histoire de la vie depuis la nuit des temps avec les gros qui mangent les petits. La règle s’applique tout aussi bien dans le monde économique, preuve que la recette est bonne. Il en est de même dans nos cours d’eau et le pêcheur de carnassiers se doit de prendre en compte la taille des proies qui sont consommées par les prédateurs, car c’est l’une des grandes clefs du succès. Cela concerne autant les poissons marins que les carnassiers d’eau douce.
Avant même de tenter de trouver la couleur du leurre du jour, trouver la bonne taille constitue la priorité qui fait qu’on pêche “juste”. C’est un réflexe qu’il faut systématiquement avoir. Cela demande de bien connaître son parcours ou son plan d’eau pour connaître les habitudes alimentaires des poissons, car chaque cas est différent. Comme les choses de la nature ne sont jamais simples, les habitudes alimentaires des carnassiers changent plusieurs fois par saison. Les perches se focalisent sur les alevins au printemps et une partie de l’été. En grands lacs, comme celui de Vouglans, il y a toujours une période, généralement en mai, ou les perches se goinfrent d’alevins de corégones, dont la taille n’excède pas deux centimètres. Elles avancent en rang en surface pour en ingurgiter suffisamment pour ne plus pouvoir en manger un de plus ! Il est alors très compliqué d’arriver à les prendre. A l’automne, leur comportement change (hormis pour les petites perches qui ne peuvent pas manger plus gros que leur ventre !) avec une taille 37 de proies qui augmente sensiblement pour atteindre 6 à 10 cm. Les chasses en surface permettent alors d’identifier le plus simplement du monde la taille des proies qui cherchent à sauver leurs peaux en bondissant en ricochets à la surface. La saison bat alors son plein, mais avec des années où les perches sont en grande frénésie alimentaire et d’autres où c’est plus timide ! Avec le brochet, le souci de pêcher avec l’exacte bonne taille de leurre est sans doute moins contraignante, sauf en grands lacs où les gros spécimens suivent des proies de grosse taille en pleine eau (gros gardons, corégones).
En étang ou en rivières, le brochet chasse surtout à l’affût et peut réagir par opportunisme à ce qui passe devant son nez. La mode actuelle des gros leurres de plus de 20 cm a tout de même révélé que même en rivière, certains brochets ne réagissent qu’à ces grosses proies. On peut alors imaginer que le régime alimentaire le plus courant d’un brochet d’un mètre se limite à un gros gardon de 400 g de temps en temps. En tous cas, il ne s’est jamais pris autant de gros brochets que depuis cette mode récente des très gros leurres. Avec le sandre la question de la taille des proies est également très importante, que ce soit en lac, en canaux ou en rivière. Un pouce mesure 2,54 cm, c’est peu mais cette différence fait parfois toute la différence ! Entre un leurre de quatre et de cinq pouces, ça peut parfois faire 10 à 0 ! C’est en Hollande, paradis du sandre, qu’il est le plus facile de faire des observations probantes en raison du nombre important de poissons présents sous le bateau. Dans les eaux saumâtres du Noordzeekanaal, qui relient Amsterdam à la mer du nord, l’éperlan constitue la nourriture à la fois la plus abondante et la préférée du sandre. Ce frêle petit poisson allongé à l’odeur de concombre est présent en bancs dont les individus de taille identique vivent ensemble, mais dont les sujets de 6 à 10 cm sont les plus nombreux. Sachant cela, un leurre de trois à quatre pouces est souvent choisi pour commencer et c’est avec lui qu’on enregistre le plus de touches. Rien n’empêche de passer sur la zone pêchée avec des gros leurres de cinq et même six pouces pour “déranger” les sandres, mais ce genre d’astuce ne marche généralement qu’une fois !

Montage : c’est quoi une bonne mouche
Avec le temps et l’arrivée de nouveaux matériaux de montage, on a tous tendance à oublier de quoi étaient faites les mouches d’antan, qui pour certaines sont toujours des références. Leurs formules de montage sont le résultat d’un savant mélange qui dépasse de très loin le simple aspect esthétique. Une grande mouche vit, vibre, paraît naturelle aux yeux des poissons. Réflexion à propos des propriétés des matériaux de montage.
Il fut un temps où le pêcheur à la mouche partait le cœur léger vers sa rivière, armé des quelques bons modèles de mouches qui donnaient de bons résultats sur ses parcours préférés. Aujourd’hui, le pêcheur voyage, s’intéresse autant à la rivière qu’au réservoir, autant à la truite qu’à d’autres espèces marines ou migratrices. Qu’il est loin le temps ou le rayon “fly tying” d’un grand magasin tenait sur deux panneaux ! En quelques décennies, on est passé d’un monde où les moucheurs se débrouillaient par eux-mêmes pour trouver des plumes de canard, de poule ou de coq, à une avalanche de matériaux les plus variés. Jamais il ne s’est monté autant de mouches que ces dix dernières années. Il faut voir en cela un transfert, cas typique des pêcheurs devenus citadins par obligation et donc frustrés de ne pas pouvoir pratiquer leur loisir favori. Le montage de mouches permet alors de s’évader et d’être à la pêche sans la rivière. On frôle le fétichisme mais il n’y a pas de mal à se faire du bien. Toutefois toutes les mouches qui sortent des étaux ne sont pas des réussites.
La hauteur de flottaison
Au delà de l’esthétisme, une mouche sèche ou une émergente doit être conçue pour flotter à la hauteur que l’on souhaite. De même, une nymphe doit pouvoir couler rapidement ou lentement selon l’effet souhaité et indépendamment de son lestage. Si on observe les mouches sèches qui ont marqué leur temps comme l’A4 de Devaux, la Peute ou la French Tricolore de Bresson, on se rend compte qu’à l’époque de leur gloire (qui n’est pas terminée) ces modèles correspondaient à des besoins bien précis : flotter bas pour la Peute en cas de pêche difficile, et très haut pour l’A4 ou la French Tricolore pour pouvoir pêcher vite car ces deux mouches s’essorent en un aller/retour. N’oublions pas que ces mouches étaient celles de deux pêcheurs professionnels qui faisaient vivre leur famille avec le produit de leur pêche ! Ces mouches devaient permettre de pêcher vite et bien. Les mouches de la collection Devaux, au montage avancé, marchent toujours très bien pour la bonne et simple raison qu’un poisson de trois, cinq ou même quinze ans s’est très probablement fait bombarder de mouches en cul de canard mais

Echo du radier : Réchauffement climatique, vraiment ?
La chaleur étouffante de cet été 2015 relance le débat sur le réchauffement climatique et à travers lui, le rôle néfaste des obstacles transversaux artificiels, autrement dit les seuils et les barrages qui ralentissent l’eau qui profite un peu trop de l’ensoleillement. Le réchauffement des cours d’eau en tête de bassin est sans doute la pire chose qui puisse se produire, même si le pire n’est jamais sûr.
“X milliers d’euros pour araser un barrage, ils feraient mieux de mettre cet argent dans une station d’épuration !” ou, “les seuils sont là depuis longtemps, les truites y vivent, pourquoi les enlever ?”. Voilà la teneur des deux premiers commentaires parvenus à mes oreilles lors d’une réunion entre pêcheurs “responsables” suite à l’annonce de la volonté de l’Etat de se lancer dans un programme de suppression ou de rabaissement de certains seuils. Cet Echo du radier fait donc suite à la publication dans notre précédant numéro de la lettre signée des présidents de la Fédération Nationale pour la Pêche en France (FNPF) et de France Nature Environnement (FNE) adressée au président de la République en protestation contre les nouvelles politiques publiques de gestion de l’eau et des milieux aquatiques. Il s’avère que cette lettre qui expose parfaitement les différentes problématiques, se trouve très critiquée par la Fédération française des associations de sauvegarde des moulins (FFAM) qui a son tour a choisi d’envoyer un argumentaire daté du 5 juin 2015 à l’Elysée pour défendre le maintien des seuils, dont chaque moulin est en principe équipé. Au siècle dernier, l’industrialisation a donné naissance à des dizaines de milliers de petits seuils qui pour certains sont en place depuis bien plus longtemps. On en compte plus de 500 dans le seul département du Calvados et tout au long de l’immense bassin Loire-Bretagne, on trouve un seuil en moyenne tous les 3,5 km ! Au total sur le territoire métropolitain, plus de 70 000 “obstacles transversaux” barrent les cours d’eau français. Au nom de la continuité écologique et de la biodiversité, un programme de suppression (dérasement) ou d’abaissement (arasement) des seuils et des petits barrages des cours d’eau de notre pays prend forme petit à petit et c’est bien ce qui dérange les amis des moulins, qui de surcroît doivent payer tout ou partie des travaux que cela occasionne, car sur le domaine privé, le fond des cours d’eau appartient aux propriétaires des berges, contrairement à l’eau qui est un bien commun. Dans cette rubrique d’ordinaire tenue par Sylvain Richard, Guy Périat ou d’au-

L’impossible Agence française pour la biodiversité
En cette période où l’Etat s’enrhume plus que jamais quand la FNSEA tousse, où les amis des moulins ne veulent pas que l’on touche à leurs barrages, la future Agence française pour la biodiversité semble bien mal partie. Derrière cette enseigne fraîchement badigeonnée de peinture verte se cache avant toute chose l’occasion de faire des économies, en faisant au passage disparaître l’Onema et trois autres établissements publics. Cette présentation de l’AFB est celle de l’un de nos lecteurs, qui souhaite garder l’anonymat … et du même coup son emploi, car toutes les vérités ne sont pas bonnes à dire. Elle explique pourquoi cette nouvelle agence est inadaptée aux besoins sur le terrain.
avant promulgation. Cette création avait été annoncée par le Président de la République dès septembre 2012, durant la conférence environnementale réunie chaque année à la même époque. Elle était prévue en 2015, mais différentes péripéties en ont décalé le calendrier. En quoi cela concerne-t-il les lecteurs de Pêches sportives, et plus largement les gens qui se préoccupent de protection des rivières, des plans d’eau (si possible naturels) et des milieux humides ? Eh bien en ceci que l’AFB est d’abord une suppression de l’Onema (Office national de l’eau et des milieux aquatiques), appelé à s’y fondre, corps et biens. Pour mémoire, l’Onema a été créé en 2007, dans une certaine douleur, à partir de l’ancien Conseil supérieur de la pêche, suite à la loi sur l’eau de 2006. Il employait à l’époque plus de 900 agents, contre 860 aujourd’hui, RGPP(1) et MAP(2) obligent. Ces dernières étant basées sur le dogme (n°1) du « vous en aurez autant (ou plus) pour moins cher ». On ne peut plus doctrinal, anglo-saxon et contradictoire avec les lois de la physique newtonnienne et de la thermodynamique, mais qu’importe : seules comptent les apparences et le conformisme, aujourd’hui libéral, la Troïka et les prochaines échéances électorales. L’Onema n’est pas le seul éta blissement public voué à disparaître dans l’AFB : il y a aussi l’Agence des aires marines protégées (AAMP), l’Atelier des espaces naturels (ATEN), spécialisé en formation à l’environnement, et les Parcs nationaux de France (PNF), organisme logistique des parcs nationaux et naturels régionaux. Le tout totalisera 1200 agents et 220millions d’euros de budget, dont les trois quarts issus de l’Onema. L’AFB est supposée s’occuper de toute la biodiversité de métropole et d’outre-mer, sauvage ou domestique, mais il lui manquera pourtant des établissements essentiels dans ce domaine, comme

Fermeture de la basse Dranse, et la rivière dans tout ça ?
La pêche sur la basse Dranse (Rhônes-Alpes) a été interdite du pont de la voie ferrée jusqu’au lac Léman, soit 2,4 km. L’AAPPMA du Chablais-Genevois a pris cette décision radicale le 31 janvier 2015 en AG extraordinaire, estimant que la pression de pêche sur ce parcours rendu célèbre ces dernières années par des captures de grosses truites lacustres qui remontent du lac Léman était devenue trop importante. De son côté, l’Amicale des pêcheurs des Dranses estime que cette décision divise les pêcheurs et n’apporte aucune solution à cette rivière en proie à de multiples dysfonctionnements. Valentin Biglione, le président de l’amicale, plaide pour une réouverture sous certaines conditions et pour la réconciliation entre pêcheurs.
“ Réflexion à propos d’une rivière en perdition : la Dranse ”
« C’est une rivière qui a beaucoup fait parler d’elle et de ses pêcheurs ces dernières années. C’est maintenant au tour de ses pêcheurs de parler de leur rivière au travers de l’Amicale des pêcheurs de Dranses. La Dranse est un torrent bien particulier, avec des parcours somptueux où l’on peut voir une faune et une flore d’une grande diversité, de ses vallées au littoral du lac Léman. C’est un torrent où l’on trouve des truites comme il n’y en a peu ailleurs dans le monde. Le fleuron du patrimoine de la pêche en chablais vit pourtant une période sombre. En été, la Dranse subit chaque jour un marnage allant de son étiage à son module inter-annuel, c’est l’équivalent proportionnel d’une crue décennale journalière. Il est évident que la nature n’est pas préparée à ce qui fait cependant le bonheur de tous les pratiquants de sport d’eau vive en cette période estivale. Mais c’est au détriment de l’environnement que les raftings ou autres canoës profitent de ces mètres cubes d’eau déversés quotidiennement. A l’étiage, la faune aquatique devient une proie facile pour toute sorte de prédateurs, avec de nombreux oiseaux piscivores venant du littoral. Cela devient alors le festin d’une rivière mise à nue, les alevins et autres invertébrés finiront pour la plupart leurs jours prématurément ! En plus d’un marnage important, la basse Dranse connaît de nombreuses pollutions industrielles le long de ses berges où les sédiments colmatés tapissent le fond. Entre 2011 et 2013 la basse Dranse a perdu 80 % de ses chabots ; qu’en sera-t-il dans les années à venir ? L’attrait, apporté par ces truites d’une taille et d’une concentration rarissime, a considérablement augmenté la pression de pêche en basse Dranse et c’est ce qui a abouti à la fermeture de cette partie de rivière par l’AAPPMA. Le prélèvement de ces grosses

Réouverture du réservoir de Rumilly
Après une première saison de test, le réservoir de Rumilly accueillera les pêcheurs à la mouche du 12 octobre 2015 au 8 avril 2016. Situé sur la base de loisirs de Pérouses, ce lac de 5,5 ha comprend également l’école de pêche du Chéran, rattachée à la Maison Pêche Nature, le tout sous la houlette de la dynamique AAPPMA de l’Albanais. C’est donc au sein de ce vaste complexe que vous pourrez découvrir ce réservoir quel que soit votre niveau. Possibilité de cours à l’heure ou à la demie journée. Location de barques. Dans sa volonté de développer la pêche pour tous et en collaboration avec l’association Handicap Passion Pêche, l’AAPPMA de l’Albanais met à vôtre disposition à partir de la saison 2015/2016, une embarcation pour les personnes à mobilité réduite. Cette embarcation a été conçue sur mesure par l’école de pêche du Chéran, des professionnels du nautisme et de la santé pour permettre aux personnes en situation de handicap de pêcher le réservoir mouche en toute autonomie ou accompagnées par un moniteur guide de pêche.
Réservations :
Maison Pêche Nature, 2 chemin du Moulin, 74150 Rumilly. Tél. : 09 67 35 77 96. www.reservoirmouchederumilly.fr

Pêches Sportives Vidéo n°40 : Pêche du brochet à la mouche en Hollande avec Alain Barthélémy
Installé en Hollande depuis plus de vingt ans, Alain Barthélémy a été contraint de s’adapter aux conditions particulières du “plat pays”. Les innombrables “polders” très riches en brochets se prêtent admirablement bien à la pêche à la mouche du grand carnassier. Dans ce DVD, Alain Barthélémy passe en revue le matériel qu’il utilise, explique comment lancer une grosse mouche avec facilité malgré un vent de travers, comment se tenir prêt pour ferrer efficacement avec des mouches dont les hameçons sont parfois énormes. Une vidéo pour tout savoir sur cette pêche dont le succès ne tient souvent qu’à de petits détails !

Dans l’ombre de la Dee, la Don
Nous publions ici l’intégralité des photos non publiées sur le magazine, retrouver l’intégralité de l’article dans le n°104 de Pêches Sportives.
Petit fleuve de la côte Est écossaise, la Don coule discrètement dans l’ombre de sa célèbre grande soeur la Dee, toute proche. Les eaux du fleuve sont réputées pour leurs éclosions de march brown qui font sortir les grosses truites. Cette “mini mouche de mai” permet de pratiquer une pêche à la mouche “à l’ancienne”, facile et ludique, à condition toutefois de bien tomber.
La Don n’est pas une rivière mais un fleuve côtier d’une soixantaine de kilomètres remonté par le saumon et la truite de mer. Il se jette dans la mer du Nord quelques kilomètres au nord d’Aberdeen, à proximité de l’embouchure de la Dee. En France, il s’agirait de ce qu’on pourrait qualifier de très bonne rivière à saumon, alors qu’en Ecosse, la Don ne fait pas partie des “grandes rivières” comme peuvent l’être la Dee, la Spey, la Tweed ou même la Thurso. Les parcours “publics” se louent à la journée autour de 30 livres pour le saumon et 10 à 20 pour la truite. Ils appartiennent à des propriétaires riverains qui acceptent qu’on y pêche. Les écossais pêchent très peu la truite. Sur ce fleuve modeste, pêché par des gens “normaux”, les saumoniers préfèrent investir leur temps et leur argent dans les meilleurs moments de la saison pour la pêche du poisson roi. Il y a de bons coups à réaliser à la faveur d’un coup d’eau car ces saumons là voient beaucoup moins de mouches que ceux de la Spey. Ils sont en revanche difficiles à prévoir. Par ailleurs, la Don est considérée comme la meilleure rivière de toutes les îles britanniques pour la pêche de la truite à la mouche sèche. Au printemps, les éclosions de march brown font bouillonner le petit fleuve, à condition de bien tomber. L’an passé, le printemps avait trois semaines d’avance… comme en France !

Mouches de légende : Raymond Rocher et à sa “pheasant and orange »
Cette rubrique se destine au montage des mouches célèbres, aux indémodables
modèles qui, aujourd’hui comme hier, font partie des incontournables que tout
un chacun doit savoir monter convenablement. Ces mouches de légende font
souvent appel à un tour de main très particulier, sans quoi il est impossible
d’obtenir un résultat correct.Raymond Rocher était l’un des derniers pêcheurs de légende de “la grande époque”. Il s’est éteint début mai dans sa quatre-vingt septième année. Je le voyais régulièrement à Chenecey-Buillon sur la Loue où nous pêchions le même parcours dans les années 1990. Je n’ai jamais osé aborder ce pêcheur particulièrement discret au delà d’un simple “bonjour”. Auteur de six ouvrages de référence sur la pêche à la mouche, Raymond Rocher m’avait écrit une longue lettre lors de la sortie de mon livre De la pêche à la nymphe, pour me féliciter. Cela m’avait beaucoup touché. Dans ce livre bien sûr, je n’ai pas omis de rendre hommage à celui qui fut le précurseur de la pêche à la nymphe en France. Professeur d’anglais ayant enseigné en Angleterre, ami de Frank Sawyer et de Oliver Kite, Raymond Rocher connaissait parfaitement la pêche à la nymphe dès les années 1960, bénéficiant directement des conseils des inventeurs de la pheasant-tail et de la bare hook nymph !
Pour cette rubrique consacrée aux mouches de légende, nous avons choisi de rendre hommage à Raymond Rocher en décrivant le montage d’une de ses créations, la “pheasant and orange”. Elle est à la fois une pheasant-tail, une PT à tête orange et un gammare. Cette excellente nymphe d’ensemble, tombée dans l’oubli, a inspiré bien des modèles plus modernes qui ne sont en fait que des évolutions. Attention toutefois au choix de la teinte pour le corps, qui est plus proche d’un orange pâle qui tire légèrement sur le brun clair que d’une teinte fluo. La “pheasant and orange” est une excellente nymphe pour la pêche à vue, qui a toujours sa place dans nos boites. A l’origine le corps était en laine. On peut la remplacer par d’autres matériaux, comme le Mirage Dub (Mouches de Charette) orange utilisé pour ce montage.

Cyril Bailly, le magicien du dubbing !
L’excellent monteur de mouches Cyril Bailly, revient dans Pêches sportives pour cette
fois vous faire partager ses techniques pour obtenir des dubbings de très bonne
qualité. La seconde partie de cette rubrique permettra de mettre en application
quelques exemples. Le dubbing est l’une des composantes essentielles des mouches
de Cyril, qui sur ce point comme sur tout le reste, ne laisse rien au hasard !Les dubbings de lièvre du commerce sont généralement composés essentiellement de bourre (poils fins duveteux) qui offrent un champ d’application très limité. Mauvaise flottaison, compacité excessive, teinte noire ou blanche qui manque de variété. De plus, les pochettes dans lesquelles ils sont logés tendent à les rendre encore moins aérés. Pour que le poil de lièvre rende au pêcheur toutes ses qualités, la seule solution consiste à le faire soi même à partir d’une peau de lièvre. Ce travaille quelque peu fastidieux (c’est bien pour cette raison qu’on ne trouve que des dubbings non préparés dans le commerce) vaut la chandelle, d’autant que pour sa consommation personnelle, ce n’est pas la mer à boire. Nous avons donc choisi l’exemple du poil de lièvre, qui est de loin le plus utilisé et dont les qualités pêchantes ne sont plus à démontrer. Vous trouverez l’essentiel des produits de cette rubrique sur le site Internet de Cyril :
Nos 10 pages de montage avec Cyril Bailly, à lire dans le magazine :
• Le dubbing d’oreille de lièvre
• Le dubbing de grands poils de dos de lièvre
• Le dubbing “70 / 30”
• Oreille de lièvre
• Chiro “70 /30”
• Sedge lièvre
• Gammare rusty brown