Mon jardin d’Eden

A en croire Jean-Christian Michel, le Paradis n’est pas perdu pour tout le monde. Le seul problème : il ne veut pas nous dire où c’est, même s’il n’en profite qu’une semaine par an.

C’est un pays où tout n’est que truites, ombres et lumière. Un pays de quiétude et de bonté. Il y a de grands arbres pour élever l’âme et une rivière pour l’apaiser. Les hommes y sont affables, la pluie est fine, la lumière douce. On voit d’innocentes laitières dans les prés…

Ce pays n’existe pas. Il repose en lui-même à l’écart de nos existences. On y est sans le voir et, quand on le voit, on en est presque aussitôt chassé. Milton n’a rien inventé : le Paradis est perdu. Si Adam et Eve le quittent tête basse et que leur fils Caïn (dont on est en droit de penser qu’il n’était pas homme à s’embarrasser de scrupules) part faire sa vie à l’est d’Eden, ce n’est sans doute pas pour rien…

Il y a une bonne raison à cette Chute : aucun n’était pêcheur. Voilà la cause des principaux maux de l’Humanité ! Nos ancêtres bibliques furent chassés du paradis terrestre mais moi, chaque année à peu près à la même époque, je débarque sur la prairie avec ma 206 chargée comme pour l’autre côté de la Méditerranée… et quand j’ouvre le portail, la parenthèse s’ouvre et j’entre à Eden pour sept journées. C’est un moment où la vie fait une pause. Une parenthèse. Ce n’est ni le repos du guerrier devant son charnier ni la contemplation de Dieu devant sa Création. Juste une parenthèse. Un moment à l’abri des tourbillons de la vie, des événements et de l’Histoire. C’est comme si, au monde, rien n’existait plus que la paix, une rivière et quelques hommes pour la pêcher. Eden.

Le portail

Au bout du tapis de bitume, il y a une route puis une départementale puis Phil (Saint-Pierre était belge) qui me donne la clé. Et puis plus rien : un chemin et un bois que l’on traverse et on y est

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