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L’art (insoupçonné) de l’arbalète

Pêche opportuniste pour certains, technique à part entière pour d’autre, “l’arbalète” sauve souvent le pêcheur de la bredouille. Mais ce lancer de bordure qui paraît si simple est souvent mal exécuté. La mouche ou la nymphe est alors sujette au dragage et se fait refuser. Voici comment et pourquoi ce lancer doit être prémédité.
Peu de pêcheurs à la mouche sont fiers de faire un beau coup d’arbalète sur un poisson qui passait (trop) près du bord. Ce geste d’apparence très simple est souvent effectué dans la précipitation. Le pêcheur se trouve surpris par une belle truite qui longe la bordure et va passer devant lui. Cet acte de pêche provoque presque chez certains pêcheurs un sentiment de honte. « J’aurais voulu la prendre autrement, mais elle ne passait qu’au bord… ». Alors que chez d’autres en revanche, on assume pleinement le fait de pêcher sous la canne et on se spécialise dans la recherche des truites qui font les bordures. Souvent critiqué, considéré comme anti-sportif, le lancer arbalète n’est pourtant pas aussi simple à réaliser qu’il n’y paraît. Il serait dommage de ne pas tenter une belle truite qui passe au bord, car les bonnes occasions ne se représentent souvent pas de sitôt. Quitte à tenter le coup, autant le faire avec de bonnes chances de succès.
Pour avoir vu des dizaines, voire des centaines de pêcheurs pratiquer l’arbalète, je sais que ce lancer est très souvent mal exécuté. C’est le guide de pêche aubois bien connu et ami de longue date Emmanuel Favin qui m’a soufflé l’idée de cet article. Pratiquée essentiellement à la nymphe à vue ou à la mouche sèche, la technique de l’arbalète n’est efficace que si la nymphe ou la mouche ne drague pas. Voilà donc qui limite considérablement la longueur maximale de lancer. La plupart des pêcheurs qui pratiquent l’arbalète se font refuser leur nymphe parce qu’elle drague en raison d’une trop longue distance de lancer. A l’arbalète, la notion de longueur est relative. A 5 ou 10 cm près, la présentation est naturelle ou pas et, dans la négative, la sanction ne tarde pas sur les parcours où les poissons voient souvent des nymphes. La truite vient tout d’abord voir la nymphe, puis se fige à quelques centimètres et s’en va, parfois lentement, parfois à toutes nageoires comme si elle avait vu le Diable en personne. En début de saison, un très léger dragage est souvent toléré mais, dès le mois de mai, seules les nymphes qui paraissent naturelles aux yeux des truites sont prises.
La règle des 45 °
Pour avoir un point de repère, l’inclinaison du fil avant le tir doit être proche de 45 °, ce qui oblige à armer en hauteur, à environ 20 cm au dessus de sa tête. Avec un tel angle (pas moins), environ la moitié de la longueur de fil ne sert pas à gagner de la distance, mais à garantir une immersion verticale de la nymphe. On peut ainsi dire schématiquement qu’une arbalète réussie est davantage verticale qu’horizontale dans son plan de lancer. Et plus les poissons sont sensibles au dragage des mouches, plus
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