Po-si-ti-vez !

Comme la musique et toutes les activités qui demandent du temps, la pêche à la mouche est une passion ingrate où la frustration est souvent au rendez-vous. Voici comment tenter de mieux vivre avec ses défauts et les impondérables qui nous pourrissent cette vie que, par ailleurs, nous aimons tant. Pour cela, il suffit de po-si-ti-ver.

Bob aime le rock and roll et les belles guitares. C’est son jardin secret. Mais, depuis trente ans, il massacre les plus beaux riffs de l’histoire de cette musique. Mais cela n’empêche pas Bob de se prendre pour Keith Richard en connaissant bien ses limites. Bob sait qu’il n’est pas tout seul dans son cas à aimer une activité qui mériterait qu’il lui consacre beaucoup plus de temps. Combien de propriétaires de voitures de sport savent véritablement conduire ? Et combien de pêcheurs à la mouche se heurtent à des barrières techniques, à des gestes mal maîtrisés, la faute à une pratique pas assez régulière et soutenue ? Tout comme Bob et les guitaristes occasionnels, la majorité des pêcheurs à la mouche souffrent de ce manque de pratique. Mais, comme lui, ils aiment leur activité comme aucune autre. Alors comment ne pas se démotiver devant autant de difficultés ? Qu’il est facile de baisser les bras lorsque la mouche drague et qu’on ne trouve pas la solution pour régler le problème, lorsque les branches semblent prendre un malin plaisir à attraper vos mouches. Oui, les arbres des bords de rivières vivent, comme dans Harry Potter. Ils tendent leurs grandes branches pour attraper nos mouches dès que vous avez le dos tourné. Avec les années, j’ai appris à rester zen face au complot organisé par les arbres, le vent, les kayakistes et tout le reste. Et cela n’a pas grand-chose à voir avec le fait qu’en quarante années de pêche à la mouche, j’ai (heureusement !) bien progressé. Car plus on est à l’aise avec la technique, plus on tente des coups difficiles, plus on se met en danger et plus on se heurte à la même frustration qu’à ses débuts. Il n’y a que deux façons de vivre avec ces situations décourageantes, la bonne et la mauvaise. Ou plutôt, la positive et la négative.

Tout cela n’est finalement qu’une question d’état d’esprit. Pour des raisons externes à la pêche elle-même, aux conditions météo- et hydrologiques, on aborde la partie de pêche dans l’état d’esprit du moment, influencé par ce qui vient de se passer juste avant, pendant le trajet qui s’est bien déroulé ou pas. Bien souvent, on est seul

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