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Gobages branchés

Pas commode de poser sa mouche sous un couvert d’aulnes. C’est pourtant possible : question de maté- riel et de méthode. A la pêche, c’est rien de dire qu’on apprend pendant toute sa vie. Il suffit de changer de région pour comprendre que nos connaissances, nos certitudes ne valent plus forcément grand- chose. La preuve avec une pêche de truites normandes peu sollicitées, bonnes filles, car à l’abri des branches basses, mais dont l’insouciance n’est pas gratuite. Pour prendre ces poissons qui, en période de mouche de mai, ne demandent qu’à monter sur votre mouche, encore faut-il avoir un matériel adapté et propulser sa mouche sous un couvert végétal sans être obligé de s’y reprendre à dix fois.
Pas facile de pêcher les petits cours d’eau de 5 à 10 m de largeur, surtout lorsque ceux-ci sont protégés par un couvert végétal. Ces petits cours d’eau sont fort nombreux. Ce sont des affluents de grandes rivières ou les cours supérieurs des dites grandes rivières ou encore les parties inférieures des gros ruisseaux, bref ils sont partout, sauf dans les régions karstiques, où les sources vauclusiennes font sortir les cours d’eau de la roche directement à leur débit moyen (cas de la Sorgue du Vaucluse, de la Touvre dans les Charentes, de la Loue dans le Doubs, etc.). Dans ces régions, les eaux sont majoritairement souterraines à l’exception de quelques grandes rivières. Les pêcheurs nés et qui vivent dans des régions karstique, dont les plus petits cours d’eau mesurent une quinzaine de mètres de largeur, n’ont jamais eu à progresser courbé sous des tunnels d’aulnes, à faire des lancers en rase-mottes pour échapper aux branches basses. Une bonne partie des acquis spécifiques à ces régions ultra-calcaires ne sont pas transposables en petits cours d’eau couverts.
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