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Pêches sportives magazine numérique n°113
PÊCHES sportives Pêches sportives • numéro 113 Le saumon envahisseur : pacifique et guerrier PECHES s p o r t i v e s N° 113 10 innovations qui ont changé le montage des mouches • Une mouche oubliée : le sedge rustine • Le brochet façon nymphe à vue • Les monstres de l’Estrémadure […]
Rupture de stock
Description
PÊCHES
sportives
Pêches sportives • numéro 113
Le saumon envahisseur :
pacifique et guerrier
PECHES
s p o r t i v e s
N° 113
10
innovations
qui ont changé
le montage
des mouches
• Une mouche oubliée : le sedge rustine
• Le brochet façon nymphe à vue
• Les monstres de l’Estrémadure
• Le vrai poids de l’hydroélectricité
Octobre – novembre – décembre- 2017
M 02526 – 113 – F: 5,90 E – RD
3’:HIKMPC=[UZ^U\:?a@b@l@d@k »;
BELGIQUE 7.10€ • SUISSE 10.50 FS • DOM 7.50 € • TOM 900XPF
EDITO
« Touchez ma bosse
mon pêcheur »
C’est ce qui s’appelle rouler sa bosse ! D’où pouvait bien venir
le saumon pink capturé cet été dans la Canche ? Et les 350
autres specimens de ce migrateur originaire du Pacifique signalés
dans plusieurs rivières d’Europe ? De la mer de Barents, où des
pisciculteurs bricoleurs soviétiques en avaient introduit l’espèce,
ou d’encore plus loin, par-delà les banquises en proie au
réchauffement climatique et les nouveaux détroits passoires qui
ne séparent plus vraiment les deux océans.
Peu importe, les pinks arrivent, les pinks sont là, prêts à mettre
leur bosse au service du repeuplement de nos frayères désertées.
En matière de reproduction, le bossu d’Alaska ne bricole pas. A
lui les meilleures places sur les lits de graviers. Et c’est pas les
castillons de culture qui vont lui en imposer.
« -Tu fais quoi au printemps ? »
« – Je vais voir s’il y a des pinks arrivés sur l’Allier. »
Et s’il y en a, on les entendra surement minauder :
« – Touchez ma bosse mon pêcheur. »
Vincent Lalu
3
L’ÉVÉNEMENT DE LA RENTRÉE
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DE SOUSCRIPTION*
Parution novembre 2017
Florent Bailly & Philippe Boisson
L’intégrale
du montage des mouches
Pour monteurs débutants et confirmés
L’ambition de cet ouvrage est d’offrir au
monteur de mouches, quel que soit son niveau,
les meilleures solutions pour monter chaque
modèle, à commencer par le choix de l’hameçon idéal, avec un tableau comparatif qui
présente les modèles de substitution. L’expérience de Philippe Boisson, auteur et journaliste
halieutique depuis plus de vingt ans et le talent
de monteur de mouches de Florent Bailly font
de cet ouvrage un événement dans le monde
du montage, qui considère cette activité dans
son ensemble :
• L’histoire du montage de mouches
• Notions essentielles d’entomologie
• Présentation de tous les outils
• De tous les matériaux naturels et synthétiques
avec des exemples d’utilisation
• De toutes les étapes à connaître
• De très nombreuses fiches détaillées étape
par étape
Un ouvrage indispensable qui deviendra
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Pour monteurs débutants et confirmés
Florent Bailly et Philippe Boisson
Caractéristiques techniques :
Format : 200 mm x 280 mm
Plus de 364 pages
Réf. : 110370
Bon de commande p.81
*Offre valable jusqu’au 31 octobre 2017
Sommaire
Pêches sportives n° 113
ACTUS p. 6
L’ÉCHO DU RADIER p. 20
MONTAGE p. 26
RÉFLEXION p. 36
– Les fleuves d’Europe du nord
envahis par un saumon du Pacifique
!
– Prélèvements d’eau dans les
Alpes-de-Haute-Provence, jusqu’à
la dernière goutte, jusqu’à la
dernière truite ?
– Changement climatique, sale temps
pour la micro-hydroélectricité !
– 10 matériaux ou techniques qui ont
révolutionné le montage des
mouches.
– Petit éloge de la curiosité.
TECHNIQUE MOUCHE
p. 40
FOCUS p. 44
MONTAGE p. 56
– La Petite Classe : la recherche active
des carnassiers
– Shopping
– Une mouche oubliée, le sedge
“rustine“
UNE MOUCHE
DE LÉGENDE p. 70
L’ANNUAIRE DES GUIDES
ET DES RÉSERVOIRS p. 78
LIBRAIRIE p. 80
PETITES ANNONCES p. 82
– La librairie de Pêches sportives
– Les petites annonces de Pêches
sportives
– Le brochet façon nymphe à vue
OÙ PÊCHER p. 72
– Espagne, les monstre d’Estrémadure
– Publicités
Administration, rédaction,
publicité :
Editions La Vie du Rail/
Pêches sportives
29, rue de Clichy, 75009 Paris Tél. : 01 49 70 12 11.
[email protected]
Directeur de la publication :
Vincent Lalu.
Rédacteurs en chef :
Vincent Lalu et Philippe Boisson.
Ont collaboré à ce numéro :
Martin Arnould, Philippe Boisson,
Denis Caudron, Yann Giulio, Vincent Lalu,
Jean-Chrisitan Michel,
Jean-Marc Theusseret.
Mise en page :
Frédéric Demarquette.
– La Cul de Canard de Henri Bresson
Chef de fabrication : Robin Loison.
Photogravure : La Vie du Rail.
Abonnements :
www.peches-sportives.com/6-Abonnements.htm
Tél. : 01 49 70 12 20
Publicité et éléments techniques :
Victoria Irizar
Tél. : 01 49 70 12 48
[email protected]
Eléments techniques
publicitaires :
Maryline Renaud.
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Tél. : 01 49 70 73 03
Impression :
Imprimerie Loire Offset Titoulet (42)
Commission paritaire : 1117 K 82373
ISSN : 1252-8358.
Dépôt légal : à parution.
Marketing et diffusion presse :
Destination Média
Un DVD est inclus dans
ce numéro pour les abonnés
Actualités
Europe
Les fleuves d’Europe du nord envahis par un
saumon du Pacifique !
Par ces temps où le climat n’est pas dans son assiette, on s’attend à tout, mais parfois, la réalité dépasse la fiction… Ainsi, un
saumon “pink” sauvage (Oncorhynchus gorbusha) a été pris dans la Canche (Pas-de-Calais) fin août, et plus de 350 autres dans
les pays voisins durant l’été. Ce ne sont que les premiers d’une migration dont personne ne soupçonne encore l’ampleur.
Il s’agit d’une des cinq espèces de saumons du Pacifique que sont le chinook
(ou king), le chum, le silver,
le sockeye et le pink. Le pink
est aussi appelé “humpback
salmon” en raison de la
bosse présente sur le dos du
mâle. Ces espèces, que les
scientifiques
apparentent
davantage à des truites de
mer qu’à des saumons (le
genre Oncorhynchus est celui de la truite arc-en-ciel),
vivent à des latitudes élevées, de chaque côté de
l’océan Pacifique, en mer de
Bering, dans le golfe
d’Alaska et celui opposé
d’Okhotsk au Kamchatka.
Alors, il paraît invraisemblable qu’un tel poisson ait
pu venir se perdre sur les
côtes françaises. Rassurez-vous, il n’est pas seul. Il
s’en est pris une trentaine
cet été en Irlande, environ
300 en Norvège, plusieurs
dizaines en Ecosse, et à
l’heure où nous bouclons ce
journal, nous apprenons
que des individus viennent
6
d’être capturés en Allemagne dans la région de
Hambourg.
Autant de poissons égarés,
bien sauvages, mais dont
l’origine correspond à un
long
déplacement
par
l’homme il y presque un
siècle. L’histoire du saumon
pink européen est semblable
à celle du “king crab”, déplacé depuis la Russie orientale
jusqu’aux portes de l’Europe
de l’UE, en mer de Barents et
en mer Blanche et qui a envahi la côte norvégienne.
Une péninsule, celle de Kola,
sépare les deux mers. C’est
une destination bien connue
des pêcheurs du saumon de
l’Atlantique. Mais aucun de
ces pêcheurs, dont nous
avons également fait partie,
ne nous a parlé des saumons roses de Kola. Or, les
Russes ont entrepris l’implantation de l’espèce dès
les années 1930, précisément entre 1933 et 1939. Ce
fut dans un premier temps
un échec et le programme
fut arrêté, mais repris en
1956 et jusqu’en 1978, avec
des œufs provenant de l’île de
Sakhalin et de la péninsule du
Kamchatka à 15 000 km du
lieu d’introduction. Au total,
220 millions d’œufs furent
introduits dans quelques rivières uniquement. Les
Russes estiment que ce programme, qui était destiné à
bâtir une véritable économie, a donné près de 36 millions de saumons pinks !
Mais ces saumons étaient
génétiquement programmés
pour frayer très tard, trop
tard dans cette contrée glacée, et la reproduction n’était
pas une réussite. A partir de
1985, d’autres tentatives ont
eu lieu avec la souche du
fleuve Ola (mer d’Okhotsk),
plus adaptée. Une première
génération auto-reproduite
s’est développée ainsi et perdure depuis dans 23 rivières
de la péninsule de Kola.
Le fait que les pêcheurs de
saumons de l’Atlantique à
Kola n’aient pas croisé la
route des pinks s’expliquerait de deux façons : premièrement, il ne s’agit peut-être
pas des quelques rivières où
les
touristes
étrangers
pêchent Salmo salar (Ponoï,
Karlovka, Umba, Kola, Varzuga…) et deuxièmement, les
Deux photos du saumon pink mâle, avec sa bosse sur le dos, pris
par Pascal Boulanger sur la Canche fin août (Photos © Fédération départementale de Pêche du Pas-de-Calais).
pinks remonteraient après le
départ de ces pêcheurs essentiellement présents en
juin et en juillet. Reste la
question des tacons et des
smolts (juvéniles) de pinks
présents dans les rivières durant l’été, mais ils peuvent
être confondus avec ceux
des saumons de l’Atlantique.
Car les tacons de pinks sont
brillants comme des smolts
de saumon de l’Atlantique,
sans taches ovales verticales
et sans points. Seule la taille
change, mais cela peut passer inaperçu aux yeux des
non spécialistes.
Agressivité sur les frayères
Une étude finlandaise précise que les deux espèces de
saumons arrivent à cohabiter
dans les rivières de Kola du-
rant la fraie, car les saumons
pinks finissent de frayer
lorsque les saumons de l’Atlantique commencent. Mais
elle stipule également que
plus la fraie du pink approche, plus cette espèce devient intolérante vis-à-vis des
autres, chargeant sans cesse
les intrus et cherchant à les
mordre. Les poissons migrateurs sont souvent affaiblis
par leur long voyage, sujets
aux maladies, aux mycoses
notamment. Des blessures
supplémentaires, même superficielles, peuvent leur être
fatales et dans des proportions loin d’être anecdotiques.
Reste à savoir pourquoi ces
populations se sont soudainement déplacées vers le sud
cette année sur plus de
2 500 km. Des individus ont
été signalés dès les années
1960 au Finnmark et dans le
nord de la Norvège, non loin
de la péninsule de Kola, mais
jamais aussi bas. De toute
évidence, de nouveaux courants se sont certainement
formés suite aux bouleversements du climat, et ces saumons se sont sans doute
laissés porter. Est-ce un “accident” ou une tendance qui
va se confirmer ? Ces poissons introduits dans des
mers lointaines ont toujours
eu un “homing”, cet instinct
de migration propre aux
poissons migrateurs qui n’a
jamais été naturel. Et rien ne
prouve qu’il soit définitif !
Pour ce qui est des côtes
françaises très au sud pour
cette espèce, on peut imagi-
ner que la température de
l’eau de nos fleuves côtiers
normands ou bretons soit
trop élevée pour que des populations se développent,
d’autant que les saumons du
Pacifique meurent systématiquement après la fraie, ce
qui veut dire que les nouveaux venus l’année suivante
devront rejoindre les mêmes
estuaires. Ce sera l’occasion
de vérifier si la nature est
aussi bien faite qu’on le dit…
Il va sans dire que chaque
saumon pink pris en France
doit être tué et immédiatement signalé à la Fédération
départementale de Pêche
du département. Les mêmes
consignes sont données
dans tous les autres pays européens concernés.
Ph. B.
Péninsule
de Kola
(Russie)
Lieu d’introduction
par les Russes en
mer Blanche et en
mer de Barents dès
les années 1930.
Routes suivies par les saumons pinks cet été depuis la péninsule de Kola (région de Mourmansk, Russie). Le pourcentage de poissons
pris par les pêcheurs est sans doute insignifiant comparé au nombre de poissons présents en mer et qui remonteront une fois la pêche
fermée (fin octobre pour les cours d’eau à truite de mer). Au Royaume-Uni, la chasse au pink est ouverte, car les scientifiques craignent
une très mauvaise cohabitation avec les autres populations de poissons migrateurs, qui n’avaient pas besoin d’une telle concurrence.
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Actualités
PACA
Prélèvements d’eau dans les Alpes-de-Haute-Provence :
jusqu’à la dernière goutte et jusqu’à la dernière truite ?
Les rivières du département
des
Alpes-de-Haute-Provence et leur biodiversité
souffrent de la sècheresse,
ce n’est un secret pour personne. Depuis l’hiver dernier, nous savions que notre
département était en situation de déficit pluviométrique et dès le mois de mai
la préfecture des Alpes-deHaute-Provence a activé le
Plan Action Sècheresse
(PAS), destiné à alerter les
usagers (particuliers, agriculteurs, collectivités) sur la nécessité d’économiser l’eau et
d’avoir une gestion solidaire
et respectueuse des milieux
aquatiques. Les pêcheurs
étaient particulièrement inquiets, car même lors d’une
année normale, les cours
d’eau méditerranéens, de
par leur morphologie (lit en
tresse) et de par leur régime
hydraulique (manque d’eau
hivernal et estival) sont plus
sensibles à la sécheresse
que les autres cours d’eau.
Comment se décline le PAS
des Alpes-de-Haute-Provence ?
Rappelons que la loi française prévoit que le débit
biologique minimal à maintenir dans les cours d’eau est
de 1/10ème du débit moyen
annuel (appelé module). En
dessous de ce débit, il est
strictement interdit de prélever de l’eau. En fonction du
débit des cours d’eau, le PAS
prévoit des niveaux graduels
de restriction des usages et
des prélèvements : stade
d’alerte (moins 20 %), stade
d’alerte renforcée (moins 30
%), stade de crise (interdiction d’arroser, seuls les prélèvements destinés à l’eau potable et réduits de 50 % sont
autorisés.)
L’activation du stade de crise
se fait par arrêté préfectoral,
affiché en mairie. Cette mesure de restriction exceptionnelle vise à assurer l’alimentation en eau potable (santé
publique), ainsi que la survie
Le Collostre, à sec sous le pont de Riez.
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des espèces aquatiques, car
biodiversité et santé humaine marchent ensemble.
La vie des espèces aquatiques est un indicateur de la
qualité des eaux potables,
voilà pourquoi il est important d’avoir des cours d’eau
en bonne santé.
Qu’en est-il précisément
dans notre département ?
Sur les douze bassins versants
des Alpes-de-Haute-Provence,
huit sont actuellement concernés par le Plan d’Action Sècheresse.
Depuis juillet dernier, une étape
de plus a été franchie puisque
nous avons désormais basculé
en situation de crise, situation
qui sera maintenue jusqu’au 15
octobre s’il ne pleut pas.
Dans l’Asse, le débit de crise est
fixé à 230 l/s. A la clue de Chabrière, début août, le débit était
de seulement 233 l, mais en
aval, à hauteur de La Julienne, il
n’était plus que de… 29
litres, avant de disparaître totalement et de changer le lit de
l’Asse en désert de galets
jusqu’à la Durance ! Les pêcheurs sont des usagers de la
rivière, mais ils sont également
là pour protéger les milieux
aquatiques, c’est-à-dire toutes
les espèces, même celles qui ne
se pêchent pas. Rappelons que
l’Asse fait l’objet d’un arrêté de
biotope, car ses eaux abritent
un poisson en voie d’extinction,
l’apron. Entre Chabrière et La
Julienne, désormais, même en
situation d’alerte sècheresse,
des agriculteurs arrosent les
sauges en juin et les lavandes
en juillet… c’est la nouvelle
mode! C’est gratuit, pourquoi
s’en priver ?
Pour ce qui est du Colostre, en
amont de Riez, ce cours d’eau
est totalement sec depuis sa
source jusqu’au village, soit sur
plus de 15 kilomètres. En aval
de la station d’épuration de
Riez, l’eau réapparaît par miracle… Son débit a été mesuré
à 20 l/s le 4 août dernier (au
lieu de 200 l/s). Cela signifie
que pendant tout l’été et le début de l’automne, une bonne
partie du débit du Colostre est
délivrée par le rejet de la station
d’épuration de Riez. S’y ajoute
encore en aval le rejet de la
Step d’Allemagne, puis de la
Step
de
Saint-Martin-deBrômes…Il y a de quoi être inquiet pour les truites, mais également pour la santé publique
des villages situés en aval.
Qu’y pouvons-nous ?
Rien, sinon demander à M. le
Préfet des Alpes-de-HauteProvence de faire appliquer
la loi et de tenir compte de
l’intérêt général (l’eau, “patrimoine commun de la nation”) et de ne pas toujours
privilégier les intérêts agricoles. Comment voulez-vous
demander aux particuliers
d’économiser l’eau et de ne
plus arroser leur pelouse
alors qu’ils voient à 15
heures des canons d’arrosage envoyer des mètres
cubes d’eau sur les cultures,
en plein soleil !
Le PAS a le mérite d’exister,
mais depuis que le stade de
crise a été activé dans notre
département, le monde agricole a déposé 37 demandes
de dérogation aux interdictions d’arrosage et Monsieur
le Préfet en a accordé 36…
Sans commentaire.
Jean-Christian Michel
Administrateur de la
Fédération de Pêche des
Alpes-de-Haute-Provence
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La pêche mode d’emploi avec les meilleurs spécialistes
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7€
Techniques de montage de mouches avec le
système Dubspeed d’Edouard Zauner.
Frais de port compris
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• DVD n° 9 : Pêche à la nymphe au fil avec Yann
Caléri sur le Drac en Isère
• DVD n° 20 (Pêches sportives n° 85):
1re partie: pêche automnale du black-bass: montages
texans et “inch wacky” avec Manu Alvarez
2e partie: pêche à vue au réservoir du Martinet dans
le Jura avec Nicolas et Thibaut Germain
• DVD n° 21 (Pêches sportives n° 86):
Pêche de l’aïmara en Guyane française sur le fleuve
Sinnaramy
• DVD n° 22 (Pêches sportives n° 87):
Pêche à la nymphe au fil avec Yannick Rivière sur
l’Aude. Pêche du loup en kayak sur les étangs salins
du littoral audois.
• DVD n° 23 (Pêches sportives n° 88):
Pêche du brochet à la mouche: montage waddington
adapté par Philippe Boisson
• DVD n° 25 (Pêches sportives n° 90):
1re partie: pêche du brochet en montage texan au
plan d’eau d’Hermeville dans la Meuse avec
Sébastien Golly
2e partie: pêche du brochet à la mouche et au lancer
sur le lac de Madine avec Yves Omhovère et
Sébastien Golly
• DVD n° 26 (Pêches sportives n° 91):
1re partie: montage d’une mouche à brochet selon la
méthode du tube fly avec Alain Barthélémy
2e partie: montage d’un streamer pour plomb palette
en tube fly
• DVD n° 27 (Pêches sportives n° 92):
1re partie: technique de l’école italienne de pêche à la
mouche avec Marcel Formica
2e partie: nage et maniement des leurres pour le bar
• DVD n° 28 (Pêches sportives n° 93):
1re partie: à la découverte du Chéran en
Haute-Savoie avec Pascal Grillet et Stéphane Jan
2e partie: pêche du brochet aux leurres sur le lac du
Bourget avec Quentin Dumoutier
• DVD n° 29 (Pêches sportives n° 94):
1re partie: pêche aux leurres en mer dans le Cotentin avec
Gaël Even et Sylvain Lauzier
2e partie: pêche à la mouche en “washing line” au
réservoir de la Salamandre dans l’Aisne avec Philippe Collet
• DVD n° 30 (Pêches sportives n° 95):
Les secrets de l’oreille de chevreuil avec Gérard Picard
• DVD n° 31 (Pêches sportives n° 96): Trois
techniques de montage de mouches avec Cyril Bailly
• DVD n° 32 (Pêches sportives n° 97):
Pêche à la nymphe au fil. Test des produits Hanàk et
Mouche Ellipse avec Philippe Boisson
• DVD n° 33 (Pêches sportives n° 98):
1re partie : Présentation du programme de renaturation de
la Doller, de la Thur et du vieux Rhin par Maxime Gerber
2e partie: Pêche du sandre en linéaire avec
Christophe Baudot sur la Saône en Côte-d’Or
• DVD n° 34 (Pêches sportives n° 99):
Pêche du brochet aux leurres en ballastière avec
Emmanuel Favin, guide de pêche dans l’Aube.
• DVD n° 35 (Pêches sportives n° 100):
Pêche à la mouche sur l’Arc en haute Maurienne avec
Didier Chapel
• DVD n° 36 (Pêches sportives n° 101):
La pêche au tenkara avec Maxime Miquel
• DVD n° 37 (Pêches sportives n° 102):
Comment aborder un plan d’eau inconnu en pêchant
aux leurres, avec Philippe Boisson
• DVD n° 38 (Pêches sportives n° 103):
Pêches d’exception en Islande et en Russie avec Lax-À
• DVD n° 39 (Pêches sportives n° 104):
Comment bien monter les petites mouches pour
la pêche en été avec Florent Bailly
• DVD n° 40 (Pêches sportives n° 105):
Pêche du brochet à la mouche en Hollande
avec Alain Barthélémy
• DVD n° 41 (Pêches sportives n° 106):
Pêche lente en bateau au lac de Malaguet
en Haute-Loire avec Grégoire Juglaret
• DVD n° 42 (Pêches sportives n° 107):
Pêche aux boobies au réservoir Sensation Pêche
à Montracol dans l’Ain avec Grégoire Juglaret.
• DVD n° 43 (Pêches sportives n° 108):
Réglages et utilisation d’un matériel de baitcasting avec
Philippe Boisson.
• DVD n° 44 (Pêches sportives n° 109):
Pêche du black bass à l’étang du Grand Bernardier
dans le Jura avec Lionel Fumagalli et Pierre Moyniez
• DVD n° 45 (Pêches sportives n° 110):
Pêche du brochet en étang au début
de l’hiver avec Gaël Even
• DVD n° 46 (Pêches sportives n° 111):
Montage du cycle de la mouche de mai,
de la nymphe à l’imago, avec Florent Bailly.
• DVD n° 47 (Pêches sportives n° 112):
Le lancer de la mouche avec Philippe Boisson
– Technique de rotation de l’épaule
– Comment lancer malgré le vent
– Le lancer roulé en tenant la mouche
dans la main
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Actualités
Pollution des rivières de Franche-Comté,
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de gestion du Comté
Dans notre dernier numéro, nous avons publié un article d’actualité relatif aux dernières mortalités de poissons dans les
rivières de Franche-Comté survenues ce printemps (Rivières de Franche-Comté, le grand ras le bol !). Cet article qui dénonçait
le productivisme agricole, notamment en zone AOP Comté, n’a pas été du goût du Comité Interprofessionnel de Gestion du
Comté (CIGC) qui a demandé un droit de réponse, que nous vous livrons ici en intégralité (comme le veut la loi).
« Comté et environnement, des intérêts partagés.
Oui, les rivières de Franche
Comté dans les zones karstiques souffrent. Oui la mortalité piscicole est élevée dans
notre région comme ailleurs
du reste. Oui les pêcheurs sont
en colère devant la disparition
progressive de leur sport favori
et l’appauvrissement de l’économie halieutique. C’est une
réalité que personne ne
conteste.
Le Comté ne peut se satisfaire
de cette situation tant les liens
qui l’unissent à l’environnement sont forts. C’est bien du
terroir qu’il tire ses spécificités
et sa grande diversité de goût
qui en font un grand succès
populaire. La préservation de
la qualité du milieu naturel est
pour lui stratégique. Mais, accusé de tous les maux, pris en
otage, il ne peut à lui seul régler tous les problèmes.
Pourtant, loin des invectives,
des raccourcis, des amalga12
mes, des prises de position à
l’emporte-pièce à travers des
propos toujours plus violent, le
Comté œuvre au quotidien depuis de nombreuses années
en faveur du développement
durable.
Ainsi, la filière Comté qui a su
conserver son caractère artisanal à travers la préservation de
ses nombreux emplois dans
de petites structures de production et de transformation
intègre dans son cahier des
charges depuis de nombreuses années, des mesures
en faveur de l’environnement.
A titre d’exemple, le Comté impose par hectare un maximum
d’une vache et une limite de
production de lait pour prévenir d’une intensification. Plafonnée pour l’ensemble de la
zone depuis 2007, cette limite
est individuelle depuis 2015.
Unique en Europe, cette mesure fixe pour chaque ferme,
sur la base d’une référence historique (bien souvent reflet
des potentialités du territoire)
la quantité de lait qu’elle peut
produire. Longtemps refusée
par la Commission européenne, elle a finalement été
acceptée à force de persévérance de la part du Comté qui
ne s’est pas découragé !
Parce que le cahier des charges
d’une AOP ne peut pas tout, et
surtout pas de ce qui relève du
respect de la règlementation
générale, d’autres actions
concrètes ont été engagées
par l’ensemble des filières AOP
du massif jurassien avec leurs
propres moyens humains et
financiers. Depuis 2015, un travail conséquent d’audit environnemental de 120 fermes
représentatives a été entrepris.
A la clé : une appropriation du
sujet par les agriculteurs, des
pistes d’amélioration des pratiques agricoles, la diffusion à
grande échelle d’une plaquette pour la promotion de
bonnes pratiques environne-
mentales. Ce travail reconnu,
comme en témoigne l’invitation d’un de nos membres à la
remise du prestigieux prix de
la fondation Charles C. Ritz en
novembre 2015, va se poursuivre à travers des actions de
terrain auxquelles les associations environnementales et du
monde de la pêches seront
associées.
Des scénarios prospectifs sur
la production laitière du massif
jurassien, élaborés avec la Direction Régionale de l’Agriculture et de la Forêt et la participation active du collectif SOS
Loue mettent clairement en
évidence l’intérêt de l’excellence environnementale. Loin
d’être une révolution, il s’agit
là, ni plus ni moins, de l’approfondissement de ce que le
Comté entreprend depuis de
longues années. Il serait donc
suicidaire de ne pas en tirer les
enseignements. Pour certains,
toutes ces actions sont de la
poudre aux yeux, sans aucun
L’avis du Collectif SOS Loue et Rivières Comtoises
Nous avons demandé au Collectif SOS
Loue & Rivière comtoise, dont le CIGC
vante les actions menées d’un commun accord entre les deux organismes
de nous donner sa vision du monde
agricole en Franche-Comté et plus précisément dans la zone AOP Comté, très
étendue, et située géographiquement
au niveau des têtes de bassins des rivières du Doubs et du Jura :
« SOS Loue et Rivières Comtoises apporte son expertise scientifique et sa
connaissance des milieux au CIGC,
comme à tous les autres responsables
de l’état dramatique des rivières de
Franche-Comté.
Si les discussions avec les décideurs de
résultat probant, des mesurettes sans lendemain. C’est
bien regrettable car l’effort de
la part du Comté est bien réel.
Ne pas le reconnaître, c’est
cultiver un sentiment d’injustice et maintenir la division.
Mais peut-être est-ce une stratégie ? Une chose est sûre : en
matière d’environnement, les
mesures ne sont jamais prises
assez vites, les résultats arrivent toujours trop tard. Mais
la filière comté peuvent sembler
constructives dans les intentions affichées, il semblerait que le message
qu’ils diffusent ait du mal à atteindre le
terrain : avec l’augmentation des volumes de lait, les volumes de lisier
épandus continuent d’augmenter, en
période de dormance végétale, ils sont
des déchets confiés aux rivières. Des
centaines d’hectares sont toujours désherbés au glyphosate, parfois en bordure de rivière, des haies sont toujours
arrachées, des zones entières sont
massacrées au « casse-cailloux »,
même parfois en zone Natura 2000,
pour augmenter les surfaces productives.
Sauver nos rivières et la biodiversité
florale des prairies, c’est également
sauver le comté et les autres AOP. Cela
ne peut se faire qu’avec un changement complet des mentalités productivistes qui restent incompatibles avec
ces impératifs.
La production de comté n’est pas la
seule responsable des méfaits de
l’agriculture comtoise, mais SOS LRC
se mettra toujours en travers des volontés du lobby agricole productiviste,
et de la bienveillance des politiques,
pour qui l’environnement et la santé
humaine ne sont qu’une variable
d’ajustement ne devant pas entraver
leur soif de profit.
Marc Goux, coordinateur du Collectif
SOS Loue & Rivières Comtoises»
sans attitudes constructives et
écoute réciproque, le dossier
environnemental prendra encore du retard. La volonté du
Comté est bien de créer de la
valeur partagée pour tous. Sachons œuvrer ensemble dans
le respect pour y parvenir.»
Claude Vermot Desroches,
Président du Comité
Interprofessionnel de Gestion
du Comté (CIGC).
La réponse de Philippe Boisson
En tant qu’auteur de l’article incriminé et à la lecture de ce droit
de réponse, je ne souhaite pas m’étendre davantage sur ce scandale national : celui de la tromperie des consommateurs qui
consiste à faire croire que les vaches broutent des centaines d’espèces de fleurs dans des prairies qui débordent de biodiversité,
alors qu’il s’agit de cultures d’herbe à perte de vue arrosées de
façon massive au Roundup. Un autre scandale, écologique cette
fois, concerne plus d’un million de tonnes de lisier de vache qui
finit sur le terrain karstique local et dans les rivières. Tous les pêcheurs qui luttent contre le déclin des rivières ne demandent
qu’une chose au monde agricole (le comté est la première AOP
française avec plus de 70 000 tonnes de fromage par an) ainsi
qu’aux personnalités politiques locales, nationales et européennes : une véritable volonté de traiter le problème du lisier,
responsable en grande partie de l’asphyxiante eutrophisation
des cours d’eau (avec, il est vrai, l’assainissement des eaux
usées). Or, aucune solution n’est envisagée pour le moment,
même en période de repos végétatif. Non, les plateaux du massif
du Jura ne sont pas une vaste poubelle, gratuite pour les agriculteurs, mais payante pour le contribuable (eau potable).
Ph. B.
Trois photos prises le 27 août : colmatage total du fond de l’Ain à
8 km de la source (page de gauche). Roundup (Monsanto) entre
Le Valdahon et Gonsans. “Prairie” de fauche standardisée entre
Salins-Les-Bains et Champagnole sans aucun intérêt écologique.
Le CIGC craint les “faux” comté, des copies qui utilisent les mêmes
modes de production et qui se retrouvent en concurrence avec le
vrai, qui a perdu son âme depuis longtemps ! Depuis les années
1990, le comté joue la carte d’une fausse image. Un jeu dangereux, car tout se voit et tout se sait. Les Franc-comtois aimeraient
tellement voir cette filière jouer la carte du bio, de la qualité et de
l’environnement. Tout le monde serait gagnant.
13
Actualités
Dans votre DVD
Techniques de montage de mouches avec le
système Dubspeed d’Edouard Zauner
Si les accessoires d’aide au montage des mouches sont souvent des gadgets, le système Dubspeed mis au point par
Edouard Zauner il y a une dizaine d’années, apporte de réelles
facilités pour certains montages, notamment en poils de cervidés. Avec le Dubspeed, les sedges en chevreuil prennent en
quelques secondes une qualité professionnelle, tout comme
les têtes de streamers et autres mouches pour la pêche des
carnassiers. Mais notre inventeur a plus d’un tour dans son sac
et c’est l’objet de ce DVD de 40 mn qui révêle l’ingéniosité
d’un monteur qui sort vraiment de l’ordinaire !
(http://newdubspeed.wixsite.com/new-dubspeed).
Bon de commande pour les non abonnés p. 11.
L’éphémère dans tous ses états
Cantal
Un très beau livre vient
de paraître en Italie
sous le nom de Ephemeridea nuptialis volatus (éphémères en
voyage de noce). C’est
l’occasion de découvrir à
quel point la pêche à la
mouche en Italie est différente de celle pratiquée ailleurs dans le
monde. On connaissait
l’école italienne du lancer de la mouche (TLT) et nous découvrons qu’en matière de montage de mouches, ce pays d’artistes impose également sa patte, notamment avec des
montages réalistes complexes (mais pas forcément
“pêchant”…).
Roberto Messori
Ephemeridea nuptialis volatus édition française.
Editions Fly Line Ecosistemi Fluviali
ISBN : 978-88-89468-18-0
www.flylinemagazine.com
Egalement appelé réservoir de la Jordanne, le Lac des Graves change
de gérant. Thomas Delamaide prend donc les rênes d’un plan d’eau
pas comme les autres dans cette région puisqu’il s’agit d’une ancienne exploitation d’extraction de granulats aux eaux claires. Situé à
750 m d’altitude entre Aurillac et le Puy Mary, ce lac bénéficie d’une
eau très froide même en été car ce plan d’eau comprend plusieurs
fosses dont la profondeur de certaines atteint 25 m. La clarté favorise
les pêches fines à la mouche sèche et bien-sûr à la nymphe à vue.
Hébergement de qualité au bord du lac.
Gestionnaire du lac et guide de pêche diplômé :
Thomas Delamaide. Tél. : 06 61 88 35 75.
[email protected]
www.lacdesgraves.com
Nouvelle équipe au Lac des Graves
Soutenez le Collectif SOS Loue et Rivières Comtoises
Faites un don
Soutenir SOS LRC, c’est soutenir un
COLLECTIF qui se bat pour la défense des rivières
en Franche-Comté.
Soutenir SOS LRC, c’est donner les moyens financiers
pour rester indépendant et soutenir les bénévoles qui
luttent au quotidien contre les pollutions qui affectent
les rivières et menacent notre ressource en eau.
Soutenir SOS LRC, c’est militer pour laisser
aux générations futures le droit d’avoir
un environnement de qualité.
Infos et dons en ligne sur www.soslrc.com
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BIENVENUE DANS LA NOUVELLE
BOUTIQUE DE PÊCHES SPORTIVES
Les livres, c’est bien, mais il y a toujours un moment où il faut passer aux travaux pratiques.
Désormais, vous pouvez acheter autre chose que des livres sur la BOUTIQUE Web de Pêches sportives. Pour
autant, nous ne souhaitons pas devenir un vrai site de vente par correspondance. Notre projet est seulement
de donner un prolongement à ce que nous écrivons dans le journal. On vous parle de mouches à longueur
d’année. Et il est, certains d’entre vous nous l’ont dit, quelquefois difficile de faire son choix.
Eh bien, nous avons décidé de lancer, en collaboration avec Alain Barthélémy (AB Fly), les sélections Pêches
sportives pour toutes les techniques de pêche à la mouche.
64,50 €
Réf. : 229 235
la boîte
de 18 mouches
Le cycle de la mouche de mai :
• six modèles de la larve au spent pour coller à
l’éclosion du moment. Mouches montées par
Alain Barthélémy (AB Fly) proposées dans une
boîte de 18 mouches (3 par stade).
• Mouches non vendues au détail.
Toutes les mouches AB Fly sont montées sur des
hameçons Tiemco.
Bon de commande en page 81
Ou à commander sur : www.peches-sportives.com
15
67,50 €
La Fressane de Philippe Boisson : la célèbre nymphe de trichoptère enfin disponible
dans sa version originale. 18 mouches, deux tailles, 16 et 18 et trois lestages : pas de lestage
(fil de montage noir), cinq tour de fil de plomb (fil rouille), dix tours de fil de plomb (fil vert).
la boîte de 18 mouches
Réf. : 229233
Une sélection de 18 mouches sèches et émergentes de la collection AB Fly. Des modèles
qui font toute la réputation de la collection d’Alain Barthélémy. Hameçons 14, 16, 18 et
20 selon les modèles.
la boîte de 18 mouches
Réf. : 229236
Une sélection de 18 nymphes de la collection AB Fly parmi les incontournables de cette
collection réputée. Permet de pêcher la truite à vue durant toute la saison.
Hameçons n° 16 et 18.
la boîte de 18 mouches
Réf. : 229234
Assortiment de 6 mouches à saumons pour découvrir cette pêche. Sélection adaptée aux eaux
françaises (Bretagne), à l’Irlande, l’Ecosse ou l’Islande. Hameçons n° 10 à 4 selon les modèles.
62 €
67 €
49 €
la boîte de 6 mouches
Réf. : 229237
Bon de commande en page 81
Ou à commander sur : www.peches-sportives.com
16
Un assortiment de 6 mouches à brochet parmi les meilleures pour la pêche de ce carnassier.
Tailles maxi 20 cm, faciles à lancer.
Un assortiment de 6 mouches mer pour la pêche côtière et notamment pour la pêche du bar.
Tailles 6 à 15 cm.
Une boîte “réservoir” de 18 mouches pour faire face à toutes les situations courantes.
Idéale pour découvrir la pêche en réservoir. Pêche légère avec de petites mouches
et pêche au streamer. Tailles 16 à 6.
66,50 €
L’assortiment de 6 mouches
Réf. : 229240
46 €
L’assortiment de 6 mouches
Réf. : 229239
77,
50 €
la boîte
de 18 mouches
Réf. : 229238
17
Les cannes
Pêches sportives
A force d’analyser les qualités et les caractéristiques des cannes
à mouches, nous avons décidé de lancer les nôtres, dans l’esprit
de ce qui nous plaît.
Deux cannes seulement, sélectionnées par Philippe Boisson et
montées en exclusivité pour les lecteurs de Pêches sportives par
Zéro Limite.
Cannes Pêches sportives
Modèles Progression
Action progressive. Canne sélectionnée pour sa polyvalence, qui convient
pour la pêche à la nymphe à vue ou au fil et la pêche à la mouche sèche.
Action plutôt douce, compatible avec les pêches les plus fines. Grande rapidité de mise en action qui permet de sortir un long bas de ligne facilement.
Canne sobre, qui ne brille pas. Poignée assurant une bonne prise en main.
Porte-moulinet et anneaux titane Pacific Bay. Livré en tube rigide compartimenté. Fortait en cas de casse d’un brin : 60 euros.
Une vidéo de présentation est disponible sur notre site Internet www.pechessportives.com
Modèle présenté : 9’ # 4/5 en 4 brins.
Ce modèle est désormais disponible en 9’ # 5/6 en 4 brins.
431,10 €
Réf. : 229 231
Bon de commande en page 81
Ou à commander sur : www.peches-sportives.com
18
Cannes Pêches sportives
Philippe Boisson signature
“La canne dont j’ai toujours rêvé ! Ce blank est un modèle d’équilibre et de
progressivité sans le moindre “rebond” ou section délicate à contrôler durant
le lancer. Il permet de pouvoir entrer en action de pêche rapidement et de réaliser le lancer et le poser souhaité très naturellement. Ces deux modèles de
cannes, identiques, mais de puissances différentes permettent de rapidement
obtenir de la vitesse et une excellente pénétration de la soie et du bas de ligne
dans l’air et le vent. Elles conviennent pour les pêches fines d’aujourd’hui avec
de longs bas de ligne. Le modèle pour soie n° 6 est éprouvé pour les gros poissons ou les pêches à la mouche sèche en grande rivière lorsqu’il faut lancer
loin. Le modèle pour soie n° 5, très agréable, est particulièrement adapté à la
pêche de tous les jours où il apporte confort et légèreté. Ces deux modèles
sont devenus mes cannes exclusives pour la pêche à la nymphe et à la mouche
sèche (à utiliser avec une soie Lee Wulff Triangle Taper n° 5). Plutôt adepte des
cannes en deux brins depuis longtemps, je dois reconnaître que ses quatre éléments se font totalement oublier.”
Ph B.
Blank “green forest”, mat, qui ne brille pas. Anneaux titane très haute qualité qui
ne vibrent pas et ne s’usent pas. Porte-moulinet à vis avec insert carbone. Poignée qui offre une bonne prise en main pour plus de précision (différents diamètres et formes possibles). Livré en tube compartimenté. Montage Daniel
Guyot (Zero Limite). Forfait en cas de casse d’un brin : 60 euros.
Philippe Boisson signature 9′ # 5 en 4 brins.
Philippe Boisson signature 9′ # 6 en 4 brins.
780 €
Réf. : 229 241
19
Echo du radier
Changement climatique,
sale temps pour
la micro-hydroélectricité !
Nous sommes entrés dans l’ère de la restauration des rivières. Nous devons retrouver leur biodiversité, leur beauté, leur
attrait. La loi sur l’eau de 1992 a lancé les premiers grands efforts de restauration des milieux, à la suite de celle de 1964 qui
mettait en place les premiers programmes pour l’épuration de l’eau. L’Europe a accéléré le mouvement de la restauration
avec la directive Cadre sur l’Eau de 2000. Elle nous impose la double obligation de restaurer les milieux aquatiques d’eau
courante, et surtout de ne plus les dégrader. Une situtation qui devient paradoxale lorsqu’on voit apparaître des projets de
microcentrales électriques par centaines au nom de la transition énergétique. Voici donc ce qu’il faut savoir au sujet de cette
mutation indispensable mais où l’hydroélectrique n’est plus en phase avec son temps.
Par Martin Arnould et Denis Caudron, European Rivers Network*
Les épisodes caniculaires de
plus en plus réguliers nous
renseignent sur une obligation fondamentale : il devient urgent de limiter les
émissions de gaz à effet de
serre, de décarboner nos
modes de vie. La France est
en retard. Elle n’atteindra pas
en 2020 les objectifs de 23
% d’énergies renouvelables
fixés par l’Union Européenne
en 2009 dans son “paquet
énergie climat”. Notre pays
20
est à environ 18 % aujourd’hui, contre 29 % en
Allemagne. Le Danemark en
est lui à 48%. Nous devons
donc mettre les bouchées
doubles, ce que demande la
Loi de Transition Energétique
du 18 août 2015 et ce que
compte bien faire l’actuel
gouvernement, avec Nicolas
Hulot à la tête du ministère
de la Transition Ecologique
et Solidaire.
Pour cela, en renforçant en
priorité la sobriété et l’efficacité énergétiques, nous devons développer massivement
les
énergies
renouvelables, notamment
pour la production d’électricité. Historiquement, l’hydroélectricité occupe une
place prépondérante. C’est
elle qui, depuis la fin du
XIXéme siècle, a constitué dans
le monde entier l’essentiel
de la production renouvelable. Des dizaines de mil-
liers de grands barrages hydroélectriques
ont
été
construits et 721 GW de
puissance sont installés à ce
jour sur les cours d’eau, dont
115 en Europe et 25 en
France. Pour donner une
idée de l’échelle, la puissance des deux ouvrages qui
doivent être effacés sur la
Sélune, Vézins et La Roche
qui Boit est de 18 MW. Cette
puissance colossale qui harnache quasiment tout ce qui
La France produit chaque année environ
500 TWh d’électricité, surtout nucléaire.
Elle compte 285 grands barrages
hydroélectriques, pour 67 TWh
de production et près de 2000
microcentrales, produisant 7 TWh,
soit 10 % de l’hydroélectricité,
1,5 % de l’électricité nationale.
coulait librement autrefois
provient principalement des
grands ouvrages. Le barrage
des Trois Gorges (Chine) a
une puissance de 18 GW.
Le plus puissant barrage
français, celui de SerrePonçon et l’ensemble des
centrales sur la Durance ont
une puissance de 2 GW.
Les grands barrages sont
donc la source principale de
renouvelables. Mais il ne
faut pas oublier les dizaines
de milliers de petites centrales, à la puissance inférieure à 10 MW qui fonctionnent sur tous les petits
cours d’eau de l’Himalaya,
des Alpes, sur les calmes
rivières allemandes, et partout en France. En dépit d’un
développement récent très
rapide du solaire, de l’éolien,
de la biomasse, considérées
comme
les
principales
sources de production à
l’avenir, l’hydroélectricité est
prépondérante dans le mix
énergétique global, avec
16,1 % de la production
totale à l’échelle planétaire,
sur une part totale des
renouvelables d’environ 21%.
Pour la “transition
énergétique”,
les promesses sont ailleurs
La France produit chaque année environ 500 TWh d’électricité, surtout nucléaire.
Elle compte 285 grands barrages hydroélectriques, pour
67 TWh de production et
près de 2000 microcentrales, produisant 7 TWh,
soit 10 % de l’hydroélectricité, 1,5 % de l’électricité nationale. 90 % des rivières
ont été équipées durant la
période d’’ennoiement de
toutes les grandes vallées de
montagne, qui s’est achevée
durant les années 80. Pour
l’instant, les puissances et les
productions en éolien et en
solaire restent bien inférieures à l’hydraulique. Seulement 11 000 MW éoliens
terrestres étaient installés en
2015 en France, qui n’a toujours aucun parc offshore,
ainsi que 7500 MW solaires
avec
l’Outre-Mer.
Pour
mémoire, 50 000 MW
éoliens et 40 000 MW
solaires sont produits en Allemagne, qui dispose de moins
21
Echo du radier
En Europe du nord (ici au Danemark), les éoliennes de
dernière génération ne sont plus une utopie défendue par
quelques écolos, mais un moyen de production de premier
ordre. Une éolienne de dernière génération alimente en
électricité environ 2000 personnes.
Figure 1 : Évolution des teneurs en phosphore total dans le lac de Neuchâtel (triangle noir) et du
Léman (courbe bleue) selon la classification trophique de l’OCDE (données CIPEL & BENEFRI).
Tout cela doit pousser, en France, à la plus
grande prudence sur l’hydroélectricité.
Le potentiel de construction de nouveaux
ouvrages est limité, les alternatives
pour l’électricité décarbonée sont là.
de vent et d’une ressource en
énergie solaire nettement
moindre.
Pour relever les défis de l’indispensable transition énergétique, soit 40 % d’électricité renouvelable en 2030,
évitant 16 millions de tonnes
de CO2, il va falloir installer
des dizaines de milliers de
MW électriques, soit un gigantesque effort devant
nous. 78 000 MW totaux
sont prévus pour 2023,
contre 41 000 MW en 2015.
Soit 27 000 MW supplémentaires. La principale augmentation en renouvelables
viendra de l’éolien, avec 15
000 MW d’ici 2023, 6000
MW pour le solaire, 2000
pour la méthanisation. Et
l’hydraulique ? La part de
l’hydroélectricité sera marginale sur le total, quelques
centaines de MW au plus,
22
dont 60 MW avec un premier appel d’offre lancé en
2015. Ce n’est pas de l’hydroélectricité additionnelle
que viendra le salut climatique. Il est très important de
le comprendre, sachant que
la situation est la même
dans le monde, comme le
rappelait un rapport du WWF
en 2011.
Protéger et restaurer la
biodiversité des eaux
courantes : un impératif !
Considérer avec circonspection le développement de
l’hydroélectricité est d’autant
plus nécessaire que l’état des
connaissances sur son impact est précis. La transformation des continuums fluviaux en suite de retenues
d’eau stagnantes a certes eu
des effets positifs pour le développement économique
classique. Mais elle a aussi
entraîné des érosions du lit
des fleuves et des littoraux,
des atteintes graves à la biodiversité, des dégradations
de la qualité de l’eau, la disparition de millions d’hectares de terres fertiles, des
émissions de gaz à effet de
serre, des déplacements
massifs de population, des
atteintes
majeures
aux
cultures de peuples premiers
en corollaire d’une culture du
gaspillage de l’eau et de
l’énergie. Le rapport Planète
Vivante 2016 du WWF
montre que les milieux d’eau
douce sont les plus touchés,
avec un effondrement des
populations des 3700 espèces étudiées, évalué globalement à 81 % en 4 décennies. Un des emblèmes de
cette érosion est la disparition des poissons migrateurs.
Tout cela doit pousser, en
France, à la plus grande prudence sur l’hydroélectricité.
Le potentiel de construction
de nouveaux ouvrages est
limité, les alternatives pour
l’électricité décarbonée sont
là. Hiérarchisons. Les nouvelles installations doivent
l’être dans des zones de
moindre intérêt écologique,
en privilégiant les ouvrages
existants : écluses de navigations, seuils d’anciens moulins patrimoniaux avec des
potentiels intéressants. Le
turbinage des débits réservés sur les ouvrages de franchissement des grands barrages EDF du Rhin ou Engie
du Rhône sont une autre
voie. Mais ce sens commun
est absent. La pression de
l’hydroélectricité sur les dernières rivières libres ne
baisse pas, au contraire. Depuis la remise en cause en
2014 par Ségolène Royal,
alors ministre de l’environnement, des effacements de
grands barrages programmés dès 2009 sur la Sélune,
l’hydroélectricité est redevenue une grande source
d’électricité
propre
et
mythologique. Les lobbies
s’activent, les permis fleurissent, l’Etat regarde ailleurs. Les rivières souffrent.
Des rivières sauvages pour
les générations futures
C’est dans ce contexte que
se révèle l’intérêt de Rivières
En Europe, les besoins en électricité augmentent chaque année un peu plus. L’électricité nucléaire nous a habitué à une disponibilité
totale et immédiate. Sortir de ce mode de production demandera à chacun de changer ses habitudes ! Et pourtant, le monde qui nous
est promis est un énorme consommateur d’énergie !
Sauvages. Ce programme a
été lancé pour accompagner
la fin du cycle d’aménagement systématique de la
moindre vallée, du plus petit
torrent. Rivières Sauvages
est né afin que les derniers
trésors en eau courantes fort peu de choses en termes
de linéaire – puissent devenir
créateurs de richesses à
l’échelle de territoires ruraux
qui vivent l’effondrement de
la petite agriculture. En 2007,
juste après le vote de la
LEMA, EDF a lancé le chantier d’un grand barrage sur le
Rizzanese, en Corse du sud.
Les 200 millions d’euros
prévus pour édifier un grand
barrage sur un des derniers
fleuves côtiers intacts du
bassin méditerranéen ont
été une tentation trop forte
pour les élus de l’Ile. L’importance du tourisme pêche,
d’eau vive, de randonnée, la
présence de la truite macrostigma, la belle population
d’anguilles, les paysages sublimes, les services écologiques rendus par un fleuve
en excellent état écologique,
l’importance des sédiments
du Rizzanese, les plages de
Propriano, tout cela n’a rien
pesé face aux turbines, aux
tuyaux, aux euros. Ni le fait
qu’il existait des alternatives
pour l’approvisionnement
en électricité. Plus complexes, plus longues à
mettre en œuvre, elles n’ont
pas été étudiées. Malgré la
résistance des riverains du
Rizzanese, dont Georges
Mattéi, de l’Adre, appuyés
par le WWF-France, European Rivers Network, diverses associations locales
et nationales, dont la Fondation Nicolas Hulot, le barrage s’est construit.
Le WWF-France et ERN, avec
l’appui de quelques pêcheurs récréationnels a lancé en réponse Rivières Sauvages. Un premier travail
pilote a été fait sur l’Ellé en
2009, révélant l’intérêt des
collectivités bretonnes pour
un projet générateur de
conscience, d’image et de
richesses potentielles partagées. En 2010, un fonds de
dotation, le Fonds pour la
Il n’y a qu’en zone côtière que les cours d’eau ont pu garder une
relative liberté, grâce aux populations de poissons migrateurs qui
doivent regagner leurs frayères sur les zones amont dans de
bonnes conditions. Pour le reste du pays, le manque d’eau constaté de façon générale et récurrente ne plaide pas pour les microcentrales hydroélectriques, en chômage de plus en plus fréquemment.
23
Echo du radier
Les seuils en amont des
barrages favorisent la
stagnation, le réchauffement
et cela favorise grandement
le colmatage par les algues,
qui par leur couleur verte
foncée ou brune, accentuent
encore plus ce réchauffement. Tant que la rivière
court, les fonds restent
propres. Et donc, tant que les
apports de matière
organique dans les cours
d’eau seront excessifs, il
faudra éviter de ralentir le
cours de l’eau. .
Conservation des Rivières
Sauvages a été créé, grâce
au soutien d’un généreux
donateur, Claude Dumont,
ancien président du WWFFrance aujourd’hui disparu.
Puis un conseil scientifique
multi-disciplinaire a produit
une grille de 47 critères permettant, au terme d’un processus d’allers et retours
constants avec les acteurs
de terrains des 4 premières
rivières pilotes du programme (la Valserine dans
l’Ain, le Chéran en Savoie, la
Vis dans le Gard et le Léguer
dans les Côtes d’Armor) de
qualifier, ou non, une rivière
à haute naturalité. En parallèle, un travail a été fait avec
l’Afnor, l’Association Française de Normalisation,
l’Ecole Centrale de Paris
24
pour construire le label
« Site Rivières Sauvages »,
premier label de ce type en
France et en Europe. Avec
ses trois niveaux, il est délivré pour cinq ans à une
structure qui va pouvoir valoriser l’image de son territoire remarquable, à condition de mettre en œuvre un
plan d’action exigeant. Des
travaux divers de restauration, des études, des actions
de sensibilisation, d’éducation, des dispositifs d’amélioration des pratiques sur le
bassin versant impliquant
tous les acteurs locaux sont
quelques unes des actions
possibles.
En octobre 2014, une première rivière, la Valserine a
obtenu le label. 11 autres rivières ont suivi, témoignant
de la vitalité d’un processus
qui construit une forme de
conservation de nos plus
belles rivières non règlementaire, participative, amitieuse,
qui intéresse les gens, les pêcheurs, les naturalistes, les
institutions. Ainsi, des crédits
importants ont pu être accordés par les agences de
l’eau Rhône Méditerranée et
Corse ou Loire Bretagne sur
les bassins du Léguer ou la
Valserine. Des fédérations de
pêche, comme celles de
l’Aisne, de l’Ardèche s’impliquent fortement, ainsi que
diverses AAPPMA.
Des microcentrales sur les
dernières rivières
sauvages, au sein même
des Parcs ?
Rivières sauvages est com-
plémentaire de ce qui existe
en matière de conservation.
Il montre qu’il est possible
de co-construire de la valorisation exigeante de l’eau qui
court sur un mode ouvert,
dans un contexte de relance
sans limites de la petite hydroélectricité, puisque nous
voyons même fleurir des
projets de microcentrales
sur des rivières remarquables dans des Parcs Nationaux ou Naturels Régionaux. Ainsi, l’entreprise GEG
veut construire des microcentrales sur le Nant Bénin, dans le Parc National de
la Vanoise et sur le Guiers
Mort, dans le Parc Naturel
Régional de Chartreuse.
Dans le Parc National des
Ecrins, c’est EDSB qui veut
construire une microcentrale
sur le Petit Tabuc. ERN, le
Fonds pour la Conservation
des Rivières Sauvages, soutenus par la Frapna, Mountain Wilderness relaient le
travail de petites associations locales pour stopper
ces projets dépassés.
7 % des cours d’eau sont
considérés comme en très
bon état dans notre pays. Ce
très peu est convoité par
une petite hydroélectricité
qui ne peut accepter ni la finitude du monde, ni que la
beauté liée à la naturalité
nous est indispensable, ni
Mis en service en 1968, le barrage de Vouglans dans le Jura
(620 millions de m3) avait pour habitude de garantir une cote
constante et plutôt haute des eaux du lac en été pour ne pas
perturber l’activité nautique et touristique. Ce fut remis en cause
cet été, tant l’eau manque, y compris dans l’Est de la France. Et
il fallait de plus alimenter la basse rivière d’Ain, qui comme
chaque été subit un étiage sévère accentué par la culture de
maïs. (Photo : © EDF).
que les rivières sans barrages créent des richesses. Il
semble que certains acteurs
de cette industrie ne voient
pas la mue sérieuse de leur
activité. Observons ce qui se
passe avec le chantier du
Nouveau Poutès, sur le Haut
Allier. Dans 5 ans, un barrage d’un type nouveau permettra de réparer 70 ans de
dévastation des habitats du
saumon atlantique. L’ouvrage de 18 mètres de hauteur, construit en 1941 va
être rabaissé de 14 mètres.
Sa retenue passera de 3,5
kilomètres à 350 mètres, ce
qui ne posera plus de problème pour la dévalaison
des smolts. Il sera équipé de
divers dispositifs de franchissement pour les migrateurs
et les sédiments et continuera à produire une électricité
renouvelable. Le « Nouveau
Poutès » est un exemple, à
l’échelle européenne, de ce
que peut faire une grande
entreprise qui a sérieusement endommagé nos rivières. Saluons cela. Dans la
Manche, sur la Sélune, le cycle d’effacement des ouvrages de Vezins et La Roche
qui Boit, va lui aussi être
réenclenché. Il suffira là de
quelques éoliennes – et des
centaines de MW sont prévus en offshore sur le secteur
– pour compenser la disparition des quelques dizaines
de GWh produits par deux
barrages d’un autre temps.
Place, avec un échange
mieux conduit avec les riverains, à un petit fleuve côtier
coulant dans un continuum
rarissime. Place là aussi à
une première en Europe,
avec une hydroélectricité qui
sait s’effacer totalement.
L’homme ne vit pas plus uniquement de pain que
d’énergie ou d’hydroélectricité. Il a un besoin intime,
profond de nature, et de
« nature sauvage ». Il lui faut
des espaces de nature
vierge, ce qu’a reconnu une
résolution du Parlement européen de 2009. Il aime,
comme le dit le grand scientifique et conservationniste
Richard Leakey, « la diversité
du vivant, qui lui est psychologiquement nécessaire ».
Dans nos sociétés si artificialisées, il a besoin de ce que
les anglo-saxons appellent la
« wilderness », et nous Français la « naturalité ». Les ONG
de la conservation, les pêcheurs, les entreprises, les
paysans, les personnes qui
soutiennent Rivières Sauvages et l’opposition à des
microcentrales inutiles le
savent. Il faut largement renforcer les liens entre tous ces
acteurs pour bâtir le nécessaire
changement
de
conscience et de pratiques.
Nous comptons sur votre
soutien. Nous en avons profondément besoin pour
poursuivre ce travail en faveur des rivières sauvages.
*http://www.rivernet.org
Photos : CC – Murphyz – Flickr
Commons et Philippe Boisson.
25
MONTAGE
10 techniques
ou matériaux
qui ont révolutionné
le montage
des mouches
Vous ne vous êtes peut-être pas posé la question, mais les petites choses qui
rendent vraiment service au monteur, au pêcheur et souvent aux deux à la fois
n’ont pas toujours existé. Voici ce qui a fait évoluer le montage des mouches
depuis les années 1990, période de transition qui a vu l’arrivée de nouveaux
matériaux et ensuite de nouvelles techniques.
Par Jean-Marc Theusseret
A
l’origine, c’est bien
connu, il n’y avait rien
ou presque… Ou plutôt si, plein de poissons, plein
de pêcheurs, mais pas grand
chose pour faire des mouches,
mis à part des plumes souvent
glanées auprès des chasseurs,
voire ramassées à même le sol
lors de la balade du dimanche
autour des étangs et des cours
d’eau. Si vous avez ne serait-ce
qu’une cinquantaine d’années,
vous vous souvenez forcément
des magasins d’articles de pêche
façon pharmacie à l’ancienne,
tels qu’ils étaient du temps où
nous n’avions pas un accès direct aux produits qui y étaient
proposés.
Dans bien des cas, la situation
était cocasse, surtout si le détaillant aimait se faire passer pour
un gourou. Bon pêcheur, et de
bon conseil, tout le monde
n’avait d’autre choix que de lui
témoigner une confiance totale.
J’ai connu un de ces détaillants
comme on en fera jamais plus,
aussi rassurant que terrorisant,
surtout vu du haut de mes 16
ans.
– « Bonjour, vous auriez du dubbing de phoque ? »
– « C’est pour quoi faire ? »
– « Euh, des nymphes de sedges,
j’ai vu ça dans un magazine… »
« Vous avez déjà vu une nymphe
de sedge Mooonsieur ? Et pourquoi pas du dubbing de mammouth ou de la plume de ptérodactyle pendant qu’on y est ? »
Et vous repartiez avec ce qu’il
avait décidé de vous vendre,
après vous avoir dit ; « Vous savez Mooonsieur, on lit beaucoup d’âneries dans les journaux de pêche ».
Il faut bien reconnaître que ce
détaillant avait à la fois raison et
tort. Car avec un peu de poils
de lièvre, quelques plumes de
faisan et de coq, on prendra
toujours des truites, mais en revanche, ne pas avoir accès aux
nouveautés nous privait d’un
terrain d’exploration fantas-
montage fins Danville et même
un large choix de matériaux de
montage pour le saumon, le
bonefish et tous les poissons qui
se pêchent à la mouche.
L’évolution du montage de
mouches s’est faite comme un
puzzle. Il y a eu la plume de cul
de canard, qui a véritablement
révolutionnée la pêche de la
truite et de l’ombre (voire la
mouche de légende de ce numéro p. 70), puis les techniques
ont évolué avec le twister à dubbing, puis les pinces pour travailler ces plumes qui, au départ, étaient systématiquement
enroulées ou plus tard posées
droites façon “voilier”.
Et vous repartiez avec ce qu’il avait décidé
de vous vendre, après vous avoir dit : « Vous
savez Mooonsieur, on lit beaucoup d’âneries
dans les journaux de pêche »
tique. Mais au milieu des années 1980, les nouveaux matériaux étaient rares. Il aura fallu
attendre le milieu des années
1990 pour que la situation se
débloque. Avec un ami, nous
commandions au Luxembourg
chez Tony Van Der Molen, qui
à l’époque (c’était le tout début
d’Internet, mais il n’était pas
encore possible d’acheter en
ligne) éditait un catalogue avec
toute la gamme des hameçons
Tiemco, les premiers fils de
Pour les nymphes, les billes métalliques, tout d’abord en laiton,
puis bien plus tard en tungstène
ont favorisé la miniaturisation
des modèles. Depuis peu, la résine UV est à la mode, pour son
aspect lisse qui améliore l’immersion.
Mais c’est surtout les streamers
et les mouches pour la pêche en
mer qui ont le plus bénéficié des
produits dérivés du textile et qui
font merveille pour imiter des
petits poissons et des crustacés.
27
MONTAGE
Florent Bailly & Philippe Boisson
L’intégrale
du montage des mouches
Pour monteurs débutants et confirmés
Q uai des Plumes
Ce dossier, qui fait le point sur l’évolution du montage des mouches artificielles coïncide quasiment avec la sortie de l’Intégrale du montage des
mouches de Florent Bailly et Philippe Boisson. Il est illustré et renseigné
avec des extraits de ce livre de 352 pages, dont plus de 200 pages de montages étape par étape. A paraître en novembre.*
Un kit de pinces Marc Petitjean,
développé pour la réalisation de dubbings
de CDC. Le Stacker (outil avec la lame)
est le dernier né de la gamme. Il sert à
faire glisser les fibres sur la pince pour les
rassembler (pour poser une aile en
“voilier” par exemple).
1. Les pinces pour travailler
les plumes de CDC
L’utilisation de la plume de croupion de canard (CDC) est à l’origine de diverses techniques de montages spécifiques qui ont nécessité l’emploi de pinces. Marc Petitjean fut le premier à proposer un kit
spécifique de pinces de différentes tailles et modèles dans le but de travailler les plumes de CDC. Il
s’agit de pouvoir prélever les fibres facilement et de les utiliser en dubbings. Grace aux pinces, elles
restent bien perpendiculaires à la boucle de fil de montage, sont très bien réparties et la longueur des
fibres est régulière.
*Une offre de souscription valable jusqu’au 31octobre est proposée page 4.
28
2. Les twisters à dubbing
Une petite révolution dans le monde du montage. Inconnus en France pour les monteurs amateurs
jusqu’à la fin des années 1980, les twisters à dubbings ont ouvert les portes d’un monde ébouriffant, où
la matière prend forme en quelques secondes. Le principe consiste à répartir des centaines, voire des
milliers de poils naturels ou artificiels, placés à 90° de deux fils torsadés dans lesquels ils sont emprisonnés, le tout réparti uniformément tout autour. Ebouriffant, on vous dit !
Ce tour de magie n’est possible que grâce au pouvoir rotatif de l’outil et à son poids qui assure une
certaine tension de la boucle de fil de montage. Plus l’outil tourne vite (à condition qu’il ne soit pas trop
léger), plus l’effet est rapide et la répartition des poils homogène. Certains twisters sont montés sur
roulements à billes. Ces modèles sont les champions des vitesses élevées. Comme les porte-bobines, les
twisters ne doivent pas être trop longs, car ils doivent tourner dans le vide, entre l’hameçon et le socle
de l’étau (ou la table si c’est un modèle à pince), sans oublier la longueur de la boucle à dubbing elle
même. Un bon twister est donc métallique, pour gagner en poids et plutôt compact.
1 : modèle lourd, monté sur roulements à
billes. Excellent pour la plupart des montages.
Le résultat est à la fois rapide, bien tendu et les
poils en trop sont éjectés en raison de la vitesse
élevée de rotation. Un très bon choix.
2 : ce twister a été conçu spécifiquement pour les collerettes en
CDC par Gerhard Laible, un des meilleurs spécialistes du travail
de cette plume délicate. Son modèle possède des tiges très souples et
longues qui permettent une tension progressive. Un lest amovible
assure la vitesse de rotation et une tension correcte.
29
MONTAGE
3. Z-Lon,
Sparkle Emerger
Yarn et micro-fibres
Matériau synthétique hydrophobe, qui s’essore très rapidement, le Z-Lon est idéal pour imiter des ailes d’éphémères
ou des exuvies (enveloppe nymphale). On peut lui reprocher
un diamètre des fibres qui le compose un peu trop gros pour
les petites tailles d’hameçons à partir du 16 et en dessous. On
lui préfèrera alors des produits similaires, plus fins, comme
l’excellent Sparkle Emerger Yarn ou encore plus fin, la microfibre. Pour les mouches au dessus de la taille 16, le Z-Lon
est parfait car il flotte très bien même sous la pluie.
Excellent substitut au Z-Lon, le Sparkle Emerger Yarn
est un peu plus fin, ce qui autorise le montage de mouches
un peu plus petites.
Le Z-Lon (ci-dessous) est ici présenté dans une très belle
teinte intitulée “beige” mais qui en réalité est une sorte
de jaune pâle qui imite très bien les exuvies. Pour les ailes,
ces matériaux peuvent être utilisés seuls ou mélangés avec
du CDC ou d’autres matériaux selon les goûts de chacun.
4. Résine et lampe UV
Deux produits inséparables. Ils ne vont pas l’un sans l’autre. La
résine remplace dans certains cas la colle et le vernis. C’est surtout pour les corps de nymphes lisses à l’effet plastique que la
résine trouve son intérêt. La lampe ne sert qu’à sécher la résine.
Toutes les résines ne se valent pas (et toutes les lampes non
plus). La marque Deer Creek propose des produits qui sèchent
bien et ne restent pas poisseux.
Les pêcheurs confondent souvent les vernis UV,
qui sont de simples vernis mais qui réagissent à
une lampe UV (certains poissons y seraient
sensibles) et les résines UV qui sèchent simplement sous l’effet de la lampe.
30
5. Vinyl D rib
Un matériau dont la section forme la lettre
D. Il est donc plat d’un côté et arrondi de
l’autre. Une fois enroulé face plate contre la
hampe de l’hameçon, le vinyl D rib forme
un corps annelé du plus bel effet. Les nymphes montées avec ce corps sont très efficaces. S’il est relativement nouveau en
France, ce produit est utilisé depuis longtemps aux Etats-Unis. La nymphe ANR (absolut no refuse), très à la mode en France est
présentée à l’identique dans Top to Bottom de
Shane Stalcup publié en 2002. Le panel de
couleurs du vinyl D rib est très intéressant
mais pour la pêche en rivière, on choisira
surtout le noir, l’olive et le brun (qui tire légèrement sur le rouge). Ces trois couleurs
imitent la plupart des larves et nymphes
d’éphémères. Les autres couleurs comme un
jaune pas très convainquant et un rouge vif
seront réservées à l’imitation des chironomes
pour la pêche en réservoir. A noter que certaines marques distribuant ce produit le
nomme simplement vinyl rib sans autre précision. Il peut donc être confondu avec la
version plate, que l’on trouve également parfois sous le même nom. Avec les couleurs les
plus claires, on peut accentuer l’effet de
transparence avec une sous-couche en tinsel
argenté, doré ou d’une autre couleur. Une
très bonne astuce pour les imitations de chironomes pour la pêche en réservoir.
La section du vinyl D rib,
parfaite pour imiter les corps
de nymphes. En revanche ce
produit est trop lourd pour les
mouches séches et les
émergentes.
31
MONTAGE
6. Les off beads
C’est surtout à partir du début des années 2000 que l’usage des billes pour le lestage des nymphes s’est
généralisé. Les raisons de cette transition du lestage interne avec du fil de cuivre ou de plomb sont
multiples. Premièrement, un gain de temps à l’étau, car une bille s’enfile sur l’hameçon en deux secondes. Deuxièmement, les éclosions sont plus rares que dans les années 1970/80. Les poissons regardent moins souvent en l’air à la recherche de nymphes en train d’éclore. Il faut donc désormais non
seulement bien passer, sans dragage de la nymphe mais aussi au niveau où se trouvent les poissons.
Troisièmement l’offre des billes est tellement variée que l’on trouve toutes les teintes, tous les diamètres
et plusieurs densités (laiton, tungstène). Mais depuis très peu de temps, de nouvelles formes de billes
ont fait leur apparition. Ce sont des billes en forme de goutte d’eau dont le perçage n’est pas au centre
mais excentré. L’hameçon n’est pas partiellement obstrué par la moitié du volume de la bille, et la
nymphe évolue pointe de l’hameçon en l’air. En théorie et dans certains cas, en pratique, ça limite les
accrochages sur le fond (pêche au fil en aveugle). Cela fonctionne plutôt bien sauf en cas d’algues filamenteuses. Les off beads en tungstène présentent essentiellement un avantage pour la pêche au fil dans
le but de minimiser le nombre de ratés au ferrage. Quand le poisson prend, il se retrouve en contact
direct avec la pointe de l’hameçon. Il semblerait au contraire que les pêcheurs à vue enregistrent des
ratés au ferrage avec ces modèles et cela serait dû à la forte densité du tungstène au moment où la
nymphe pivote (avant le ferrage, elle n’est pas soutenue). Dans une version beaucoup plus légère, en fil
d’étain fondu, le grand pêcheur à vue Jean-Michel Radix monte depuis plus de quarante ans des nymphes (jusqu’à la taille 24 !) dont la bille est placée exactement de la même façon. La soudure au fer à
souder est faite alors que l’hameçon est inversé dans l’étau. Et dans ce cas, le ferrage ne pose aucun
problème. Eh oui, la pêche n’est qu’un éternel recommencement…
Exemple d’une nymphe pour la pêche
au fil. La bille se trouve très en avant,
ce qui n’est pas une obligation, et sur
le dessus de la mouche, libérant
complètement l’hameçon. C’est bien-sûr
avec les petits numéros d’hameçons
que l’on a besoin d’avoir de la place.
32
7. Les dubbings UV
Depuis un an ou deux, les leurres et les mouches aux ultra-violets envahissent le marché. Le géant du
leurre Rapala fut l’un des premiers à proposer des poissons nageurs avec un vernis UV. Pour les pêcheurs à la mouche, cela est tout nouveau. Ce sont les pêcheurs de truites de mer, et en France Gaël
Even qui ont révélé l’attirance de ces poissons taciturnes pour les UV, des couleurs qui se situent en
bordure du spectre lumineux invisibles pour les humains et qui, pour nous, se voient sous l’effet d’une
lampe UV. Les dubbings UV sont donc aujourd’hui proposés, notamment par Hemmigway’s dans un
large panel de couleurs. Un dubbing idéal pour faire des corps de mouches noyées ou de nymphes.
8. Les quills artificiels
Nous avons pu voir que rien ne vaudra jamais un quill de paon naturel. Mais nous avons aussi pu voir
que ces très beaux quills étaient d’une part limités en longueur et qu’ils étaient aussi très cassants. C’est
pourquoi un substitut synthétique a vu le jour, pour d’une part pouvoir faire des corps plus longs et
d’autre part ne plus craindre la casse. Et le résultat est assez réussi. Les quills Heminway’s sont autocollants, ce qui permet de les enrouler en toute sérénité, sans craindre un effet “ressort” en cas de manque
de tension.
33
MONTAGE
9. Les fibres Enrico Puglisi
Ça ressemble à une barbe à papa, un truc volumineux dans lequel on peut tailler aux ciseaux, sculpter
des formes, donner la vie. Et dans l’eau, les fibres Puglisi sont souples. La mouche nage avec une souplesse suffisante pour jouer son rôle de leurre. La gamme de teintes est vaste et les fibres se teintent très
facilement au feutre. Le meilleur moyen pour monter facilement des streamers à carnassiers et des
mouches pour la pêche en mer. Il existe quelques copies, mais qui n’apportent rien de plus sinon des
nuances de teintes différentes comparées à l’original.
Les fibres Enrico Puglisi se présentent en mèches qui peuvent facilement se dédoubler. Le montage se fait par
plusieurs superpositions de matière. Ces trois photos nes ont que des exemples. Dans L’intégrale du
montages des mouches, la séquence de montage est évidemment complète. Une fois la mouche montée, elle
est ensuite taillée aux ciseaux pour obtenir la forme voulue.
34
10. Le montage “intruder”
Quasiment pas utilisé en Europe, le montage “intruder” est très courant sur la côté ouest du continent
nord Américain pour la pêche de la steelhead. Et il s’avère également utile pour la pêche de la truite de
mer européenne, car son hameçon situé à l’arrière de la mouche limite les décrochages. C’est une alternative intéressante aux tubes-flies, qui ne conviennent pas pour certains montages en raison de leur
diamètre important. La mouche est montée sur un waddington, comme elle le serait sur un hameçon
simple ou double. Avec les tubes tous les montages ne sont pas possibles. Ce montage convient pour la
pêche à la mouche noyée tardive le soir et par eau teintée en journée.
Un waddington, une tige avec deux anneaux aux extrémités qui sert de support
pour monter la mouche mais aussi pour recevoir une crinelle d’acier ligaturée et
collée. Ces trois photos ne sont que des exemples. Retrouvez la séquence complète
dans L’intégrale du montage des mouches.
Verrerie à vendre à Goumois
Sur les bords du Doubs franco
suisse, à Goumois. Ancienne
verrerie. 200 m2 aménagés
plus 400m2 aménageables.
Très grand double séjour plus
cuisine ouverte, à l’étage trois
chambres, dont suite parentale,
deux salles de bain. Terrain
2000m2. Face à la Suisse.
Aucun vis à vis. Parcours
à truites sous les fenêtres.
Gobages visibles de toutes
les fenêtres. 300 000 €
Renseignements :
06 80 96 69 79
35
Réflexion
Petit éloge
de la curiosité
Pourquoi allons-nous à la pêche ? La question mérite d’être posée. Chacun
donnera sa réponse mais au final il n’y en a qu’une seule de valable : on va à
la pêche par curiosité… Analysez donc votre trajectoire !
Par Jean-Christian Michel
P
renons l’exemple de cet
ami que je connais bien et
dont ses copains pêchaient les truites à l’indicateur de
touche alors que lui ne voulait
pas capturer sans voir… Ce
n’était pas qu’il leur reprochait
de confondre “pêche à la
mouche” avec “pêche avec une
canne à mouche” Il n’en faisait
pas une question d’éthique, il ne
prétendait pas que c’était plus
36
réglo, plus noble, plus beau…
Non, il regardait les truites dans
la rivière -vivantes truites- et
son plaisir naissait de là.
La conversion s’était faite peu à
peu. Avant de découvrir la pêche
à vue, il avait expérimenté presque toutes les autres pratiques.
De l’ablette au brochet, du goujon à la perche, de la tanche au
barbeau. Au coup, au toc, à la
longue coulée, au lancer et
même à la mouche sans voir.
Mais au milieu de ce chemin de
Damas, il n’eut pourtant pas de
révélation soudaine. Ce fut
plutôt quelque chose qui s’éclaircit peu à peu en lui. Une sorte de
mue étalée sur plusieurs saisons
et au terme de laquelle il comprit
un peu mieux qui il était et ce
qu’il aimait.
Il avait remarqué que certains
jours, alors qu’il ne pêchait pas
encore à vue, une sorte de distraction s’emparait de lui. Il devenait
moins attentif à ses dérives. Son
œil se prenait à scruter le fond
mouvant de la rivière et les
silhouettes presque indiscernables des truites tandis que l’indicateur descendait au fil de
l’eau… Il prenait alors plus de
plaisir à noyer son regard dans
les courants qu’à ferrer les truites. Un jour le fruit fut suffisamment mur pour se détacher de la branche et il jeta le
mouchard aux orties. Adieu
pompon, pâte fluo et fausse
mouche sèche !
La même force qui l’avait
poussé à devenir pêcheur l’orientait désormais à pêcher autrement. Ses yeux s’étaient décillés.
Cette rivière, il la connaissait
depuis des années comme la
connaissaient également ses
amis pêcheurs sportifs ou
pêcheurs prédateurs. Elle était
bien toujours la même, elle coulait toujours aux mêmes endroits
avec les mêmes radiers et les
mêmes fosses. Pourtant quelque
chose avait changé. Son œil
devenait réceptif à des détails
qu’il ne voyait pas avant. La
couleur de la lumière, celle de
l’eau, les ombres, les reflets, le
friselis du vent. Son regard ne
transperçait plus les veines des
courants. Il se laissait guider. Sa
rivière avait gagné une altérité
et une profondeur qu’il ne
connaissait pas alors qu’il
pêchait en aveugle et qu’il se
préoccupait seulement de mettre en œuvre une technique
pour capturer des poissons.
Peut-être voyait-il enfin la
rivière pour ce qu’elle était. Il
s’inventa alors une autre façon
de pêcher.
L’indicateur n’obnubilait plus
son regard. Il n’avait plus besoin
de ce bâton d’aveugle.
Débarrassé de cette verrue entre
lui et la rivière, tout devenait
source d’étonnement. Désormais il allait à la pêche pour voir
le spectacle du visible. Voir
les poissons, les oiseaux, les
éphémères. Voir tout un monde
en équilibre, assemblé autour
des courants.
Observer une truite même sans
la prendre ce n’était pas rien. Le
pêcheur rendu à la visibilité du
monde n’était plus crispé sur sa
quête et ses grigris. Désormais
le mot « bredouille » ne voulait
plus rien dire et lorsqu’il l’entendait, il souriait.
Parfois il ne voyait même pas la
queue d’un chevesne mais l’envie de glisser un indicateur sur
le bas de ligne pour sonder les
courants en aveugle ne le prenait plus. Il savait qu’il était dans
le vrai et c’était suffisant. Plusieurs fois il avait profité de ces
temps morts pour se demander
comment il en était arrivé là.
Pourquoi diable était-il devenu
pêcheur ? Il y a tant d’autres
choses à faire dans une vie
d’homme ! Au début de tout
cela, sans doute n’y avait-il presque rien. C’est ce néant vertigineux que l’on camoufle souvent
après coup sous le terme rassurant de vocation ! Peut-être n’y
avait-il là qu’un mécanisme de
projection et de reconnaissance.
dans laquelle on se projette. Il
fouilla au plus profond de ses
souvenirs. Oui, c’était bien
cela : d’aussi loin qu’il se souvenait il avait dans sa mémoire la
silhouette distante d’un homme
en cuissardes qui traversait les
courants de l’Ubaye un lancer à
la main. Un homme qui marchait vers l’amont entre les
reflets. Sur la berge, du haut de
ses 6 ans, il avait bien essayé de
le suivre, mais le pêcheur s’était
éloigné d’un pas agacé, abandonnant l’enfant tout entier à sa
curiosité.
Alors oui, un jour, dès que
l’occasion s’en présenta, pour
lui ce fut la pêche. Les premiers
chevesnes, les ablettes, les goujons, les bambous que l’on coupe avec les copains, les cannes
de supermarché et les magazines.
C’est curieux, tout de même !
Que les passionnés et les champions me pardonnent, mais
quand même, pourquoi diable
faut-il qu’un homme se sente
obligé de capturer un poisson ?
Pour être le plus fort ou seulement pour dire qui on est ?
Dans ses jeunes années ce fut
une étape importante. Il lui
avait sans doute fallu passer par
là pour devenir lui-même.
Les galets, prodigieux les galets !
En apparence insignifiants comme
es ricochets d’enfants mais pourtant chair et
poumon de la rivière, vertèbres telluriques,
réservoir purificateur, toujours naissant de
formes et de métamorphoses.
C’est sans doute ainsi que l’on
devient pêcheur, oui. Une simple projection. Pas un instinct,
pas une passion, pas un besoin.
Juste une image. Une simple
image qui vous attire l’œil et
Ce regard en arrière le portait à
sourire. Le pathétique de l’affaire était que certains de ses amis,
trente années, cinquante années
après avaient encore besoin de
se prouver ce genre de choses.
37
Réflexion
Derrière certains champions il y
a des enfants qui ont manqué
leur rite d’initiation et qui passent une vie à redoubler ! Redoubler les bredouilles, redoubler les victoires, redoubler les
trophées.
Mais bon, lui était passé plus ou
moins bien à travers ces épreuves alors pourquoi continuer ?
Peut-être était-ce pour cette raison qu’il pêchait autrement.
Non, s’il continuait, ce n’était
pas seulement une question de
reconnaissance. Et d’ailleurs,
depuis toutes ces années qu’il
pêchait à vue, ses amis le comprenaient de moins en moins…
Pourquoi s’user ainsi les yeux et
les nerfs, pensaient-ils, alors
38
qu’il n’y aurait qu’à glisser un
indicateur sur le bas de ligne et
ferrer à la disparition du pompon ? Faut qu’ça saute et que ça
s’tortille, c’est le but, non ?
Degré zéro de la pêche à la
mouche. Bien vite il s’était rendu compte que les contorsions
du poisson secouant le blanks de
la canne et la satisfaction de pouvoir dire « J’en ai pris une, deux,
dix… » n’était plus ce qu’il attendait. Il avait laissé derrière lui ces
satisfactions adolescentes. Etre
plus rusé qu’un poisson, devenir
champion du village, s’afficher
sur les photos… Cela va bien un
temps mais il n’allait plus au
bord de l’eau pour cela.
Il comprit alors que s’il conti-
nuait à pêche c’était par curiosité. Par curiosité ! Rien d’autre ! Cette curiosité, maintenant
il le comprenait distinctement,
c’était-elle qui l’avait conduit à
aimer les pêches à vue car, par
elles, il recevait un surcroit de ce
qu’il s’attendait à recevoir. Il
attendait seulement un poisson,
elle lui avait donné le monde…
Peut-être un peu au même sens
où l’on dit d’une mère qu’elle
donne le jour.
Récapitulons : au début il y
avait seulement la truite puis il
avait appris à connaitre les secteurs où elle se nourrissait. De
quoi ? Comment ? Quand ? Des
bestioles, une multitude de
petites bestioles. Des qui sau-
tent, des qui rampent, des qui
volent. Avec des pattes, des ailes, des carapaces, des fourreaux
(il voyait quelquefois même des
nymphes sans maillot). Ces animaux riquiqui vivaient sur le
sable, dans la vase ou les algues,
dans les racines, sous les galets…
Les galets, prodigieux les galets !
En apparence insignifiants
comme les ricochets d’enfants
mais pourtant chair et poumon
de la rivière, vertèbres telluriques, réservoir purificateur, toujours naissant de formes et de
métamorphoses. Il avait aussi
appris à voir tout ce qu’on ne
voudrait pas voir. Les traces de
chlorure de fer laissées par les
boues des stations d’épurations,
le lisier qui s’infiltre dans le karst et change les rivières en
cloaques, les méfaits des barrages hydroélectriques, les endiguements. Et puis les hommes.
Les politiques conscients et sincères, les fieffés faux-culs, les
incompétents et inconscients.
Des fonctionnaires passionnés
et méthodiques (et quand
même aussi quelques branleurs…) et puis l’inertie des
structures sans visage : les
SMAM, les SBIM, les SAGE
(comme des images), les
CLONG, les SKLUG et
toujours, toujours, les intérêts
de ceux qui ne savent pas voir la
rivière pour ce qu’elle est et qui
ne risquent surtout pas de devenir curieux.
La pêche à vue lui avait ouvert
les yeux. Au début il croyait
pêcher pour attraper des
poissons, mais maintenant il
avait compris qu’il pêchait seulement pour le plaisir d’être là. Et
même à deux pas d’une station
d’épuration ce “là” avait quelque
chose de prodigieux. C’était
désormais au beau milieu de
tout ce concert mal accordé qu’il
était lui-même.
Le pêcheur était devenu un
homme
Une vie durant il aurait pu rester enfermé bien au chaud dans
les préjugés de sa chapelle. Il
aurait pu vivre au rythme de sa
“passion”, parler “fishing”, errer
de clubs en salons pour s’extasier devant les derniers brins de
carbones que les philanthropes
du marketing destinent à tous
ceux qui sont gravement passionnés… Mais non, la pêche lui
avait ouvert les yeux et il
préférait plutôt regarder en
face la boue des stations d’épuration que les ronds de coude
des fly-fishermen de catalogues… Et de toute façon, côté
matériel, pourvu qu’il trouve
une plume de queue de faisan
sur la berge il était autonome
pour deux ans ! Maintenant
dans sa tête, la trajectoire était
claire. Si la pêche lui avait permis de devenir lui-même, la
pêche à vue, elle, lui avait appris
à se déprendre de soi. Désormais, il ne voyait plus le monde à
travers les verres déformants de
sa passion. Il voyait le monde
tel qu’il était.
Il aurait pu être bien d’autres
choses mais il était devenu
pêcheur.
C’est curieux.
L’article ci-dessus est illustré avec la truite de l’histoire qui suit, envoyée par Jean-Christian par e-mail quelques jours
avant la fermeture, à l’heure du bouclage de ce numéro. C’est presque du morse, on l’entend chuchoter avec son accent
provencal « pour pas que les truites entendent ».
Eté indien
Truites dehors… bonheur. Six avant-avant-hier, quatre
avant-hier, bredouille hier, une aujourd’hui mais une belle.
Je l’avais vue le premier jour, elle chassait les chevesnes
sous deux mètres de flotte, pas moyen de lui présenter
une nymphe : quand j’étais à droite, elle sortait à gauche.
Même cinéma le lendemain. Hier, je la vois pas. Et cet
après-midi, je me cale derrière mon arbre et j’attends plus
d’une heure. Sous deux mètres d’eau, y a un remous et
deux gros blocs, elle chassait dans le remous les jours
d’avant et je me suis dit : “tu la prendras le jour où elle se
postera entre les blocs”. En l’attendant, j’ai fait mordre trois
truitelles démineuses pour qu’elles se cassent et quand le
soleil a déplacé l’ombre, je l’ai vue au fond… entre les
blocs : premier passage, j’anime, elle avance, elle était
presque indiscernable et je la vois prendre. C’est marrant,
j’ai toujours l’impression qu’elles sont plus grosses ! Je me
suis mis à la flotte jusqu’au cou pour la mener en bas de la
fosse. Ce qui est super, c’est que je suis allé dans un autre
trou après : j’en vois une belle au milieu des algues, je retourne à la bagnole mettre le wader. Je rentre dans l’eau.
Premier passage : elle bronche pas et je comprends que
l’angle n’est pas bon, je vais pour me replacer, mais je vois
10 mètres derrière elle une autre qui est aussi grosse que
celle de la photo ! Et là, l’angle est bon ! Je mets une pointe
en 18 centièmes, tête orange n° 14, six bons mètres devant. Quand la nymphe arrive à un mètre de la truite, je la
vois qui démarre comme une folle et qui prend, elle part
dans les algues en tirant la soie à travers, je lâche tout : 18
centièmes cassé en 20 secondes ! J’ai fini l’après-midi sur
l’autre truite qui était à 12 mètres de moi : elle a nymphé
quatre fois, trois fois, elle est venue se coller à la nymphe
sans prendre… On dira ce qu’on voudra, de temps en
temps, c’est beau la pêche !
39
Technique
Le brochet façon
nymphe à vue
Certaines rivières de première catégorie regorgent de brochets et souvent du
grand bec –maigre ou ventru- mais toujours avec des dents de tueur et une
gueule et des écailles de belle-mère. En première catégorie il y a du gros brochet
sauvage que presque personne ne pêche et c’est un tort…
Par Jean-Christian Michel
L
es brochets d’eau claire ne
sont pas pêchés et je crois
que ce n’est pas un hasard
car ceux qui pêchent ces poissons
de première catégorie comme
des brochets d’étangs turbides se
trompent. C’est encore plus vrai
quand ce sont les pêcheurs de
truites qui tentent de prendre un
brochet en faisant comme si
l’ogre mangeur de farios n’avait
pas plus de cervelle qu’un vairon.
En fait, le brochet est un radar à
nageoires qui possède des yeux
40
de lynx et ne mange qu’une fois
par semaine… c’est beaucoup en
comparaison des farios qui s’alimentent bien plus régulièrement ! Un gros brochet de rivière
de première catégorie peut-être
aussi délicat à attaquer qu’une
vieille truite à tel point que leurs
captures sont souvent accidentelles : cela se produit à l’ouverture
de la pêche, lors d’une fin de
crue ou encore au lever du jour,
bref, à chaque fois que les circonstances aident le pêcheur et jou-
ent contre la méfiance habituelle
du poisson.
Je me souviens très bien d’une
conversation tenue il y a quelques saisons avec Jean-Michel Radix à la Verrerie, à propos des
brochets qui hantent les grandes
fosses de sa rivière. Celui-ci m’assurait que les brochets du Doubs
ne se prennent au streamer que
lorsque l’eau est trouble et que le
reste du temps ils sont imprenables. S’il y a quelqu’un qui connaît la pêche des brochets de cet-
Grand observateur, Jean-Christian Michel a trouvé une parade pour
prendre des brochets réputés imprenables en cours d’eau à truite. Des
brochets qui ont vu passé des milliers de vairons, cuillers et autres
poissons nageurs qu’il ne prennent plus que par eau trouble.
te rivière c’est bien lui ! Or, l’ami
Jean-Michel pêche avec du vrai
matériel dimensionné pour le
brochet : canne pour soie 8 ou 9,
bas de ligne en acier ou fluorocarbone et un de ses streamers
magnifiques, tirés de sa boite,
monté de main experte sur du 4
ou 6/0 et qui doit bien mesurer
une quinzaine de centimètres. Et
effectivement, avec ce vrai
matériel à brochet, je vois mal
comment en pleine journée et
par eau claire on peut capturer
un de ces grands becs malins de
première catégorie qui vous a vu
lancer, qui a entendu claquer la
soie sur l’eau et qui voit arriver
votre leurre de très loin.
Jean-Michel s’était montré quelque peu incrédule lorsque je lui
avais affirmé avec aplomb qu’il
m’arrivait parfois de capturer à la
régulière un de ces mêmes
poissons, mais par eau claire…
Dans sa moue dubitative j’avais
cru comprendre : “tu parles, tu
dois les prendre par les bretelles !”. J’aimerai vous convaincre
du contraire mais pour cela il ne
vous faudra plus raisonner comme un pêcheur de brochet au
streamer mais comme un
pêcheur de truite à la nymphe à
vue. Je ne prétends pas que ma
façon de procéder est infaillible
mais seulement que tous les ans
elle me permet de capturer quelques uns de ces grands brochets
de première catégorie et… d’en
casser presque autant sinon
plus ! Le matériel ? Strictement
le même que celui utilisé pour la
pêche à vue : canne soie 6, bas de
ligne de 6 ou 7 mètres et pointe
en 12 ou 14 centièmes… Et le
bas de ligne acier me direz-vous ?
C’est bien tout le problème en
eaux claire… mais commençons
par examiner la stratégie avant
de nous intéresser aux moyens !
C’est lorsque les brochets sont
postés dans un contre-courant
presque dépourvue de courant et
donc l’hypothèse que vous avez
un brochet presque sous la canne, que vous voyez parfaitement
le moindre frémissement de ses
nageoires et la moindre orientation de ses yeux. Le brochet ne
vous a pas vu il ne vous voit pas
lancer. Le brochet va repérer votre leurre au moyen de sa ligne
latérale avant qu’il ne pénètre
dans son champs visuel et s’il est
en appétit, ses nageoires vont
immédiatement se mettre à onduler pour orienter son corps
dans la direction de la proie potentielle. Jusque là tout va bien.
Le leurre entre dans son champ
visuel… mais nous sommes en
eau claire… et si le brochet sait
ce qu’est un leurre, un fil et un
pêcheur, c’en est fini de vos
chances à moins d’un coup de
bol. Je n’ai jamais vu un brochet
de première catégorie s’élancer
comme une fusée pour saisir un
streamer… nous ne sommes pas
en étang ! Comme le poisson a
plusieurs mètres pour le voir
arriver et l’examiner vous avez
peu de chances de le tromper à
moins qu’il ne soit affamé. Tous
Je ne prétends pas que ma façon de procéder
est infaillible mais seulement que tous les
ans elle me permet de capturer quelques uns
de ces grands brochets de première catégorie
et… d’en casser presque autant sinon plus !
que l’on peut les observer avec
des lunettes polarisantes que l’on
comprend le mieux ce qui ne va
pas dans la façon habituelle de
pêcher au lancer, au poissonmort manié ou bien au streamer
ces brochets d’eau claire. Faisons
ceux que je parviens à faire mordre aspirent le streamer presque
sans se déplacer !
En fait, je crois que ces brochets
d’eau claire sont comme les truites : pour les capturer, il faut les
surprendre. Les surprendre non
41
Technique
Montage du streamer
Matériaux :
2 hameçons Kamasan B175 n° 10.
Nylflex 3,5 kg.
Bille tungstène diamètre 3,8 mm.
Rabbit strip noir ou olive zonker “cross-cut”.
1. Mettre l’hameçon simple à l’étau et attacher un brin de Nylflex.
2. Ligaturer le zonker à 2 cm de son extrémité.
3. Enfiler la bille sur le second hameçon et le mettre à l’étau à la place
du premier.
4. Attacher le Nylflex à l’œillet et ligaturer le zonker.
5. Enrouler un cross-cut derrière la bille. Ligaturer. Coller.
6. Couper à la pince la courbure de l’hameçon de tête.
7. Prier pour que le brochet n’engame pas !
42
pas par une animation extravagante ou par une couleur ou un
modèle de streamer inconnu
mais les surprendre tout simplement, par un effet de tout ou
rien : il n’y avait rien et soudain
il y a quelque chose à portée de
gueule. Comprenez par là qu’il
faut amener votre leurre à quelques décimètres de lui sans l’animer, sans que le brochet ne s’en
aperçoive et l’animer presque sur
place deux ou trois fois et c’est
tout.
Un pêcheur au lancer anime
son leurre sur 20 mètres (et en
deux lancers, tous les poissons
du pool calme d’eau claire sont
alertés par sa présence !), un
pêcheur à vue le fait trembler
sur 5 centimètres mais seulement au bon moment : toute la
différence est là.
Toute la difficulté consiste à
amener le leurre à proximité de
la gueule du brochet sans que
celui-ci ne le voie venir. D’où
l’importance – comme pour la
pêche à vue des grosses truites de ne pas utiliser des diamètres
de pointe trop forts afin d’éviter
sillage et vibrations (les brochets
les perçoivent encore mieux que
les truites), d’où l’importance
d’utiliser un streamer petit et
terne (ceux que j’utilise pour
cette technique ne sont pas plus
gros qu’un vairon et permettent
quand même de faire mordre
un bec du mètre). La façon
dont on va amener le streamer
devant la gueule du brochet
sans qu’il ne s’en aperçoive dépend de la position du poisson.
Bec face au courant, l’idéal est
d’attaquer le brochet plein aval
en laissant le courant amener le
streamer en arc de cercle au ras
du fond et de le relever juste devant son bec pour qu’il ne devienne visible qu’au moment où
il se trouve à hauteur de ses
yeux. A cette pêche, les nympheurs sont particulièrement
En eau claire, les brochets sont dans 90 % des cas immobiles. Ils sont
sensibles aux vibrations des pas des pêcheurs de truites sur la rive et
ont une excellente vue qui leur permet d’observer nos faits et gestes.
Tromper ce radar vivant impose un sans faute !
avantagés car ils sont habitués à
suivre des yeux la dérive d’une
nymphe numéro 14 alors avec
un streamer de 5 cm c’est presque un jeu d’enfant de savoir où
le leurre se trouve ! En revanche,
comme à la nymphe à vue, il faut
que les streamers soient plombés
de façon précise afin de parvenir
jusqu’au poisson sans se poser
sur le fond ni passer trop haut (il
faut posséder trois lestages différents : un modèle sans plombage, un modèle plombé à l’aide
d’une bille de 3,8mm et un autre
lesté avec une bille de 3,8 mm en
renfort d’une hampe de fil de
plomb.) Si vous parvenez à
attaquer le brochet plein aval et
que le streamer vient finir son
virage juste sur le côté de sa
gueule (entre l’œil et le bec !), le
brochet va le happer sur place en
tournant à peine la tête et dans
un grand écartement d’opercules, un peu comme le ferait une
truite posée sur le fond.
Si le brochet n’est pas face au
courant, l’idéal est qu’il soit orienté vers la berge et de lancer
derrière lui et laisser le streamer
arriver doucement à hauteur de
sa tête par l’arrière.
Si vous devez attaquer un brochet qui voit arriver le streamer
face à lui, je ne connais pas de
recette miracle et je vous souhaite qu’il ait très faim… Le comportement du brochet parle de
lui-même : le cas d’un poisson
qui se déplace d’un mètre pour
prendre dans son élan fulgurant
le streamer que vous venez de
stripper comme pour un tarpon
est très rare en première catégorie… d’où les échecs à répétition
des pêcheurs de brochet
de seconde catégorie lorsqu’ils
déballent leur quincaillerie en
rivière d’eau claire !
Se pose enfin la douloureuse question du bas de ligne acier…
J’ai pendant longtemps eu dans
une poche de mon gilet une petite boite avec des crinelles en
Nylflex de 3,5 kg de résistance.
Ultra fines et ultra souples…
sauf que dans l’eau claire, elles ne
sont pas moins visibles qu’un
câble de vélo. Sans compter que
si vous raisonnez comme un
pêcheur de truite à vue qui recherche la souplesse du fil, leur
rigidité est effrayante ! Pas question d’utiliser du fluorocarbone :
même avec du 35 centième on se
ferait couper et ce diamètre est
aussi rigide que le Nylflex. La solution que je vous propose n’est
pas miraculeuse mais à ce jour je
n’ai pas trouvé mieux. Elle est
venue le jour où j’en ai eu marre
que les brochets détournent la
tête de mon streamer après s’y
être intéressés. J’ai totalement
supprimé la crinelle et noué directement le streamer à la pointe
fine qui me sert pour pêcher à la
nymphe. Ainsi les streamers sont
beaucoup moins refusés mais 9
fois sur dix on est coupé en
moins de temps qu’il ne faut
pour le dire, sauf grâce à un coup
de chance. La seule parade que
j’ai trouvée pour perdre un peu
moins de poissons est de monter
le streamer non pas sur un grand
hameçon simple mais sur deux
petits qui sont reliés par une crinelle acier. L’hameçon de tête
reçoit le lestage et il est coupé à
sa courbure afin de glisser entre
les dents du bec. Ainsi, c’est l’hameçon de queue qui se pique et
laisse environ 5 cm de crinelle
acier pour protéger le fil… sauf
lorsque le leurre est totalement
coffré ! Avec ce stratagème on se
fait encore couper souvent mais
on parvient quand même ainsi à
mettre au sec quelques becs. De
toute façon, je n’ai jamais de regrets car sans ce stratagème ils
n’auraient sans doute pas mordus.
43
La petite classe
La petite
La petite classe est une section de Pêches sportives consacrée à l’initiation et au perfectionnement. Cette séquence, cela fait des années que
nos lecteurs la demandent :
“Vous êtes trop techniques, trop pointus, pensez aux débutants, aux pêcheurs qui veulent découvrir de nouvelles techniques, à ceux qui veulent
progresser…”
Nous avons fini par comprendre qu’ils avaient raison. Enfin, il est plus
juste de dire que nous étions conscients du problème, mais que l’on ne
savait pas trop comment l’aborder.
La vulgarisation est souvent proche de la caricature. En matière de
pêche, c’est encore plus vrai : que de clichés ressassés année après année par de soi-disant spécialistes sous couvert de pédagogie.
La presse halieutique a vécu pendant des décennies sur l’idée qu’une
mauvaise illustration pouvait suffire à donner le sens de l’eau (pas celui
du cours d’eau).
Le contraire de ce que nous voulons faire aujourd’hui dans La petite
classe avec cette huitième séquence consacrée à la recherche active
des carnassiers, qui n’est autre que le power fishing.
Elle s’adresse tout à la fois aux débutants et à ceux qui veulent se perfectionner dans cette technique exigeante qui demande à la fois des
connaissances de l’espèce recherchée, de ses tenues et des leurres qui
peuvent convenir. Autant de points abordés dans cette petite classe pour,
très vite on l’espère, passer aux travaux pratiques au bord de l’eau.
44
classe
8. La recherche
active des
carnassiers
(power fishing)
45
La petite classe
6. La recherche
active des carnassiers
(power fishing)
Que l’on adhère ou pas à ce concept qui vient de la pêche du black-bass, tous les pêcheurs de carnassiers, tout comme les pêcheurs de truites au vairon ou aux leurres, pratiquent sans le savoir le power
fishing. Tous les pêcheurs “au lancer” se déplacent en lançant de poste en poste dans l’espoir de
rencontrer un poisson réceptif à l’appât ou au leurre qui leur est proposé. Alors, puisqu’elle est
inévitable, autant pratiquer cette technique de prospection le mieux possible !
Technique à part entière, le “power fishing” n’est
rien d’autre qu’une option parmi d’autres, que le
pêcheur peut choisir de mettre en œuvre s’il dispose d’une mobilité lui permettant de battre du
terrain. Cette technique est généralement appliquée en cas d’absence de renseignements qui permettraient d’insister sur un ou plusieurs types de
postes présumés contenir des poissons mordeurs.
Le power fishing trouve son origine dans les grands
lacs et dans tous les grands milieux où les pêcheurs
sont souvent perdus. Les tournois de pêche des carnassiers et notamment du black-bass aux EtatsUnis ont permis de développer cette technique qui
Un assortiment nécessaire pour
passer rapidement d’une technique
à l’autre en fonction des postes
rencontrés le long du parcours.
46
au départ n’était qu’un réflexe naturel qui consiste
à ne pas toujours lancer au même endroit.
Les grands champions américains de pêche du
black-bass sont tous des experts du power fishing.
Lorsqu’ils participent aux compétitions en Europe,
difficile de les déloger du podium, y compris pour
les locaux de l’étape. La légende Kevin Vandam,
quatre fois vainqueur du Bassmaster Classic (gains
en compétition de 6,2 millions de dollars !) a remporté le Caspe Bass Tournament sur le lac de Mequineza en Espagne, long de 110 km alors qu’il le
découvrait. En deux jours, il s’était déplacé en pêchant sur les deux tiers du lac. Grace à son expé-
6.2. Les moyens de locomotion
Avec les brochets, les suivis sont
nombreux avec des touches parfois
très près du bateau qu’il faut
apprendre à anticiper.
rience et à la connaissance de l’espèce de poisson
recherchée, il avait compris que sur ce grand lac, il
devait exister un nombre non négligeable de poissons actifs prêts à intercepter un leurre rapide. Il a
trouvé les postes où ils se tenaient (caps entre deux
baies) et affiné le choix des leurres. Sa stratégie a
consisté à passer en revue toutes les pointes formées
par la berge en n’effectuant que quelques lancers en
éventail sur chaque poste, et hop, au suivant !
Cette démonstration, qui en a surpris plus d’un,
n’a rien à voir avec de la chance ou du hasard. Tout
a été prémédité et ensuite mis en œuvre en adaptant les choses petit à petit en fonction des observations.
6.1. A la rencontre
des poissons actifs
Le long des berges d’un lac ou d’une rivière, il
existe toujours des poissons inactifs, qui représentent la grande majorité et d’autres qui sont en
chasse mais sur des postes identiques. Le power fishing s’impose donc le long de rives à la configuration monotone. Il en existe dans de nombreuses
contrées. Ce sont les dizaines de kilomètres de roselières en Hollande, en Irlande, en Suède ou en
Finlande, ou les interminables tombants pêchés
par les pêcheurs de brochets des lacs alpins où la
profondeur passe de 4/6 m à 12/15 m. Dans des
milieux moins vastes, beaucoup plus fréquents en
France, on peut parfaitement appliquer la méthode
du power fishing pour faire 300 ou 500 m d’une
bordure de saules par exemple.
On recherche une régularité du déplacement, une
vitesse constante qui permettra de prendre un
rythme. Le power fishing peut se pratiquer à pieds.
Si la rive n’est pas trop encombrée, l’idéal est de
lancer son leurre un peu vers la gauche si on se déplace vers la gauche et de continuer de marcher très
lentement pendant la récupération et ainsi de
suite. Ainsi le leurre n’évolue pas perpendiculairement à la rive mais légèrement en biais couvrant
plus de terrain, ce qui augmente les chances de
croiser un poisson actif. Une embarcation s’avère
idéale pour pratiquer un power fishing efficace,
mais pas n’importe laquelle. Très lent dans ses déplacements, le float-tube n’est pas l’outil le plus
adapté pour cette pratique, sauf à avoir des jambes
de grimpeur ! La zone prospectée est moindre
mais c’est beaucoup mieux que rien. Le moteur
électrique à variateur, qui permet de régler la
vitesse du bateau avec précision constitue le meilleur outil, mais à condition qu’il s’agisse d’un moteur avant muni d’un autopilot capable de tenir
un cap. Une barque avec un moteur électrique
arrière est en effet incapable d’aller tout droit sur
plus de cinq mètres si on lâche la barre. Il vaut
mieux dans ce cas avancer en marche arrière (le
moteur se retrouve donc à l’avant). C’est un peu
plus facile, mais loin d’être idéal. Et les moteurs à
vitesses ne sont pas adaptés car c’est un miracle si
on trouve la bonne, qui généralement n’existe
jamais… Seul un moteur électrique à variateur
placé à l’avant permet de pêcher en power fishing,
comme en verticale, à vitesse constante. Une fois
l’autopilot activé, parallèle à une berge, le bateau
va la suivre. Il sera nécessaire de parfois corriger le
tir à l’aide de la pédale ou de la télécommande,
surtout si un vent arrière ou latéral fait pivoter le
bateau. Mais au moins, celui qui pilote l’embarcation pourra lui aussi pêcher, chose plus compliquée à faire avec un moteur arrière dont il faut
sans cesse corriger le cap en lâchant la manivelle
du moulinet pour reprendre la barre. Et ce cas de
figure est parfait pour s’accrocher et pour rater des
touches…
En lac, on essaiera de placer le bateau nez au vent
et en rivière, nez au courant. C’est le meilleur
moyen pour ne pas zigzaguer.
6.3. La bonne vitesse
Tout un programme, qui dépend avant tout de la
vitesse de récupération du leurre que vous avez choisi. Pour bien pêcher en power fishing, il ne suffit pas
d’avancer aveuglément en se disant que plus on aura
couvert de terrain, mieux ce sera. Comme pour
toutes les pêches aux carnassiers sans exception, il
47
La petite classe
faut un certain “feeling”. En voulant suivre un long
linéaire, le pêcheur oublie qu’un leurre doit évoluer
à son rythme naturel. Le spinnerbait, leurre couramment utilisé en power fishing, doit se tenir verticalement pendant la récupération et non pas sur le côté,
preuve d’une cadence trop élevée. Après quelques
lancers, la vitesse est adaptée et le rythme se met en
place. Si les poissons suivent le leurre, font demi-tour
avant d’avoir vu le bateau, un changement de leurre
s’impose, mais la vitesse de récupération du leurre
peut aussi être tout simplement la cause. Bref, le
power fishing peut vite faire tomber le pêcheur dans
des automatismes par toujours productifs.
6.4. Le matériel
Le power fishing est une technique où les lancers
doivent s’enchaîner rapidement et pour une
longue durée. Pour cela, un ensemble pour moulinet à tambour tournant (baitcasting) apporte un
confort et une vitesse d’exécution très supérieure
au classique tambour fixe. Sur une journée de
pêche, c’est environ 20 % de lancers en plus en
faveur du tambour tournant. En fin de récupération, pas besoin d’ouvrir un pick-up, le lancer suivant se fait dans la foulée. De même, le baitcasting est plus adapté au lancer et à la récupération
des gros leurres, de plus de 50 g dont il est facile
d’amortir l’impact (pitching). Il n’y a qu’avec les
leurres de moins d’une douzaine de grammes que
le tambour fixe aura l’avantage.
Le power fishing est indispensable lorsqu’on pêche le
brochet, surtout si comme ici, les rives sont rectilignes et
n’offrent que très peu de renseignements.
48
Chaque leurre dispose d’une vitesse naturelle de nage
qui doit être respectée. Si l’embarcation avance trop
vite, le leurre ne pêche pas correctement. Ici un
Dexter Shad 250 Illex (25 cm).
Les leurres adaptés au power fishing
Pour le choix des leurres, tout dépend des lieux
prospectés, de leur profondeur, de la saison et bien
sûr de l’espèce recherchée. Le choix est très large car
tout est possible à partir du moment où un leurre
peut nager normalement sans être lent. Finalement, seuls les leurres souples sous-lestés posent
un problème. Si le bateau n’arrive pas suivre un
cap parce que la récupération du leurre est trop
lente, alors le power fishing n’est pas possible…
Parmi les grandes familles de leurres compatibles
avec cette technique, citons les jerkbaits, les
crankbaits, les lipless, les swimbaits, les spinnerbaits et les shads. A la belle saison, les leurres de
surface ne sont pas exclus car avec une bonne technique, on peut pêcher vite.
Le matériel pour la pêche du brochet
Si l’on pêche le brochet, cas le plus fréquent en
France, on prévoira trois ensembles, composés de
deux à tambour tournant et un à tambour fixe.
Les deux ensembles pour le tambour tournant
doivent permettre de lancer des leurres de poids
différents, avec d’un côté une canne de puissance
“heavy” ou “medium heavy” qui servira à lancer
des leurres dont le poids est compris entre 15 et
40 g et un ensemble “extra heavy” pour les gros
leurres dont le poids peut aller jusqu’à plus de
100 g. Le troisième ensemble sera réservé aux petits leurres qui conviendront si les brochets sont
réactifs aux petits crankbaits par exemple, ou si les
perches sont de sortie. Sans tomber dans l’excès,
on peut être très efficace avec trois ensembles, à
condition de connaître un minimum les lieux et
de savoir quels leurres sont généralement appréciés des brochets à l’endroit ciblé.
En lacs alpins, les choses sont différentes, car c’est
surtout le premier tombant qui est pêché et cela
fait appel à un ensemble de baitcasting capable de
lancer, d’animer et de ferrer avec des leurres imposants, de 40 à 120 g à une distance importante
et sous 8 à 15 m d’eau, ce qui impose une longue
canne de 2,20 à 2,50 m. Mais là encore, disposer
de trois ensembles permet de profiter d’un large
panel de leurre et de changer instantanément.
Dans tous les cas, privilégiez les forts ratios sur les
moulinets, car en fin de récupération, le leurre se
trouve à la traîne du bateau, il ne pêche plus depuis quelques mètres, alors mieux vaut l’enlever
rapidement pour pouvoir relancer à nouveau.
49
La petite classe
Le matériel pour la pêche
du black-bass
Dans les lieux où une population de black-bass
est présente (bas cours du Lot, certains secteurs
sur la Saône et ses affluents, divers étangs parfois
assez grands…) il est souvent nécessaire de chercher les poissons le long des berges, notamment
dans les bois morts. Cela prend beaucoup de
temps et il n’y a généralement pas un black-bass
sous chaque branche ! Le pêcheur a donc le choix
entre une prospection lente pour “décortiquer”
chaque recoin d’un arbre mort immergé ou au
contraire opter pour un power fishing qui devra
simplement intéresser les poissons réceptifs à des
leurres plus rapides mais moins insistants. Le
black-bass est l’espèce qui demande le plus grand
choix de matériel, puisque ce poisson peut
prendre un minuscule leurre souple de la taille
d’un têtard tout comme un big bait de 25 cm
qu’il considère davantage comme étant un
“concurrent” plutôt qu’une proie. Si ne on doit
emmener que deux ou trois ensembles, on fera la
même chose que pour le brochet, à savoir deux
ensembles baitcastings de deux puissances diffé-
50
rentes et un ensemble spinning (tambour fixe)
pour lancer des petits leurres, notamment des
leurres souples non lestés (weightless). Les “pros”,
vrais ou faux, préparent à l’avance jusqu’à une dizaine d’ensembles pour différentes techniques
(drop shot, linéaire, crankbait, spinnerbait,
leurres de surface, rubber jig, etc.) de manière à
être prêt à pêcher chaque nouveau poste. Plus on
bricole dans le bateau pour changer de montage,
plus les poissons sont alertés, plus on perd du
temps, plus le bateau dérive (rarement dans le
bon sens, etc.).
Le matériel pour la pêche du sandre
Eh oui, le sandre peut aussi se pêcher en power fishing et autrement qu’en verticale, technique très
lente mais qui consiste aussi en une recherche mobile. En linéaire sur les bordures, notamment lorsqu’on peut suivre un tombant régulier sur une grande
distance, la recherche des sandres demande également de la méthode et une régularité du déplacement. C’est d’ailleurs une technique qui redevient à
la mode dans certains grands lacs, notamment au
printemps et en été, lorsque la pêche à la verticale
L’autopilot (Minn Kota) d’un
moteur électrique avant est
muni d’une boussole qui garde
en mémoire un cap. Moins
sophistiqué que le I-Pilot, qui a
recours au GPS, mais très
efficace pour suivre une ligne
droite, pour longer la rive par
exemple.
donne moins de résultats. Il ne s’agit pas de faire le
tour d’un lac de 800 ha en faisant un lancer tous les
trois mètres, mais de cibler un long tombant prometteur, soit parce que des échos ont été repérés à l’échosondeur, soit parce qu’il s’y est déjà pris des poissons
à cette période et de le passer au peigne fin. Les pêcheurs aux leurres redécouvrent ce que faisaient tous
les pêcheurs au poisson mort dans les années 1980,
comme quoi la pêche n’est qu’un éternel recommencement ! Quand on pense pêche du sandre, on pense
inévitablement aux leurres souples en plastique et à
tous ses dérivés. C’est effectivement avec des shads en
plastique que se déroule la pêche. On lance vers la
rive, et on descend le tombant soit en moulinant très
lentement sans s’arrêter, soit en faisant de grandes
animations verticales afin que le leurre soit pris à la
descente. Voilà pour la théorie, car en pratique, il faut
trouver le couple idéal entre l’action du shad (dont la
caudale selon le modèle, freine plus ou moins la descente) et le poids de la tête plombée. En pêche, le
shad doit pouvoir descendre verticalement en battant
tranquillement de la queue. Les leurres les plus efficaces pour cette pêche ne sont pas toujours les plus
connus pour la pêche du sandre car dans certains cas,
il ne faut pas hésiter à présenter de bonnes bouchées
au carnassiers, de 15 ou même 20 centimètres. Le
5 erreurs à ne pas commettre en power fishing
1.
2.
3.
A deux pêcheurs dans le bateau, choisir deux leurres qui ne se récupèrent
pas à la même vitesse.
“Tirer” sur le leurre pour suivre la cadence du bateau.
Garder le même leurre en cas d’échec.
4.
5.
Mal placer son bateau par rapport à la
rive (trop loin ou pas assez)
Ne pas anticiper les changements de
postes (si la rive est monotone, le fond
l’est rarement)
51
La petite classe
Une bonne surprise après une prospection
laborieuse durant laquelle le doute ne
nous quitte que rarement…
leurre Fox Pro Shad 18 cm un bon exemple, réputé
pour décider les plus gros sandres. Mais les leurres
souples ne sont pas les seuls à permettre la pêche sur
les tombants. Les lipless crankbaits (sans bavette) planent très bien à la descente et séduisent des sandres
qui ont parfois une allergie aux leurres en plastique,
que tout le monde utilise de nos jours. Pour favoriser
l’effet planant, on choisira une tresse plutôt forte, de
15 ou même 17/100. Car n’oubliez jamais que le
sandre prend rarement les leurres sur une remontée,
mais plutôt à la descente.
6.5. L’action de pêche
Cela peut paraître enfantin de lancer un leurre
pendant que le bateau avance lentement, mais c’est
un peu plus compliqué que ça. Le leurre doit être
lancé un peu en amont du bateau et évidemment
dans le sens d’avancement de celui-ci. La vitesse de
récupération du leurre, la distance entre le point de
Une bordure variée aux multiples tenues pour les
carnassiers.
52
chute du leurre et le bateau sont les deux paramètres à prendre en compte. Car au final, le leurre
ne pêche vraiment bien que sur une courte distance. Surtout s’il s’agit d’une pêche de buissons de
saules en bordures. Le carnassier doit sortir de son
repaire, attaquer le leurre rapidement ou au
contraire le suivre sur plusieurs mètres, ce qui arrive très souvent. Si en fin de cette phase, le bateau
a pris de l’avance, votre leurre s’emballe même si
vous ne moulinez plus. Et c’est le refus presque assuré. Alors que faire, ralentir l’allure du bateau ou
lancer un peu moins en amont ? A vous de voir
mais il y a un équilibre à trouver. Et à deux dans
l’embarcation, surtout si elle est petite, ça se complique, surtout si celui qui est en tête ne lance pas
assez loin en amont, car les deux seront à la peine.
Et certains pêcheurs ne comprennent pas quand
on leur dit pour la vingtième fois de lancer plus
en amont… Dans une eau trouble où il est difficile de déceler les poissons suiveurs, vous devez,
comme à la pêche en réservoir avec une soie plongeante, vous préparer à avoir une touche alors que
le leurre arrive au bateau. Dans l’exemple de la
soie plongeante, le novice se trouve avec la soie
dans l’axe de la canne. Et à bout portant, la touche
se traduit le plus souvent par une casse. Au leurre
c’est un peu différent mais tout est possible, y
compris rater la touche et prendre les deux triples
du leurre dans la figure. Donc si possible, quand
le leurre arrive au bateau, apprenez à garder la
canne à l’horizontale et faites le nager sur un petit
mètre le long de la coque. Non seulement la
touche sera mieux amortie mais en plus, vous
pourrez ferrer à peu près normalement (mais ça
surprend toujours un peu !).
A la mouche, le power fishing est également
possible, à condition d’avoir un peu de temps
devant soi, car l’action de pêche est lente.
6.5.1. A la pêche aux renseignements
Que l’on pêche pour soi ou en compétition, le
power fishing permet de se renseigner en passant
en revue de nombreux postes et en allant chercher
des renseignements. Comment réagissent les poissons ? Dans quel herbiers sont-ils, sur quel tombant ? Quels leurres prennent-ils ? Sont-ils pris
franchement ou après un long suivi ? Autant de
questions auxquelles deux heures de power fishing
apporteront quelques réponses qui permettront ensuite d’adapter sa partie de pêche en fonction des
résultats obtenus.
6.6. Et à la mouche ?
Il n’existe pas de termes particuliers pour décrire
l’action qui consiste à peigner méthodiquement un
pool lorsqu’on pêche le saumon à la mouche. En
français, les saumoniers disent alors qu’ils font une
“passe”. Et cette passe n’est ni plus ni moins que du
power fishing. Un pas, un lancer, telle est la règle
appliquée, ou en tous cas recommandée un peu
partout où l’ont pêche sérieusement le saumon Atlantique. Cette règle est évidemment incontournable lorsque d’autres pêcheurs attendent leur tour,
mais pas seulement. Insister sur un saumon qui
s’est manifesté en surface (ce qui ne veut pas forcément dire qu’il soit mordeur) et souvent la meilleure façon de le caler. Alors il faut passer son chemin et réessayer plus tard.
Les pêcheurs de brochets à la mouche procèdent
eux aussi sur de grandes longueurs de rives. C’est le
cas dans les canaux hollandais, d’une monotonie
complètement déconcertante. Dans d’autres lieux,
la lenteur d’une prospection à la mouche plaide
pour l’adoption d’une stratégie de déplacement efficace. Cette pêche peut se pratiquer à pied, en
float-tube ou en bateau, si possible avec un moteur
avant. L’action est plus lente qu’avec des leurres car
il faut le temps de lancer et de récupérer la mouche,
mais certains jours, il faut bien le reconnaître, la
mouche supplante le leurre.
Avec les soies plongeantes ou intermédiaires, la lenteur de l’action de pêche laisse tout son temps à la
soie pour couler profondément sur toute la partie
qui est dans l’eau. Et en fin de récupération, la
mouche suit la soie à travers tous les obstacles du
bord des rives et s’accroche souvent dedans même
munie d’un anti-herbe. Ce détail ralentit beaucoup
la progression et devient agaçant pour le pêcheur.
C’est pourquoi une soie de type shooting head, avec
un fuseau de 7 à 9 m plongeant et le reste flottant
évite en grande partie ce problème. Certaines soies
sont vendues dans cette configuration sur le modèle
des célèbres Jim Teeny. Ce type de soie très bien
équilibrée, est préférable aux modèles à extensions
que l’on peut rajouter à la partie flottante. Si le principe de disposer de plusieurs extensions de différentes densités est intéressant, les raccords sont souvent grossiers et le lancer en souffre.
Les swimbaits rigides qui partent en glissades
latérales demandent une allure lente du bateau.
Les jerkbaits (à bavette) sont plus rapides. Chaque
famille de leurres demande un réglage adapté
de la vitesse.
53
F O C U S
Vraiment utile
C’est l’ambition de cette section de Pêches sportives. Dans ce cahier Focus prend place toute
l’expérience, la critique, la pratique des journalistes et des experts, à qui nous avons demandé de prolonger par la pédagogie, l’explication et surtout le mode d’emploi, l’offre des
concepteurs de matériels.
Tiemco / Dry Magic et Dry Dip Super
Si vous cherchez désespérément une solution efficace
pour faire flotter vos mouches sèches, la marque
japonaise Tiemco connue pour ses hameçons
d’excellente qualité propose deux très bons produits
parmi les meilleurs que nous connaissons.
Prix conseillé : environ 13 euros
Notre avis : le Dry Magic est une graisse qui convient
surtout pour les hackles et tous les poils et fibres
“raides”, alors que le Dry Dip Super est un liquide
dans lequel on trempe la mouche. Ce second produit
convient également avec les fibres souples comme
le CDC. La flottaison des mouches obtenue avec
le Dry Dip Super est à la fois haute et durable.
TOF / Extensions articulées
Ces extensions de 15 ou 25 mm sont très utiles pour
élaborer des streamers articulés de type leech, sculpin ou
des streamers à brochets. Ils servent également à réaliser
les montages “intruders” très prisés actuellement des
pêcheurs de steelheads.
Prix conseillé : environ 10,99 euros le sachet de 50 pièces.
Notre avis : avec ces petites choses, les applications sont
beaucoup plus nombreuses qu’on ne le croit. TOF
propose en complément une gamme d’hameçons des plus
sérieuses, y compris sous leur propre marque.
www.tof-flyfishing.com
54
Prêtàpêcher / Blue Shad texan
Dans un numéro précédent, nous vous avions
présenté la société française Prêtàpêcher, qui a
eu la bonne idée de proposer des têtes lestées
adaptées aux modèles de leurres souples avec
lesquels il est parfois bien difficile de trouver
chaussure à son pied parmi les solutions du
commerce. Et depuis, l’offre de Prêtàpêcher
continue de grandir, avec par exemple ce leurre
souple Blue Shad (Flashmer) disponible en
montage texan. Les têtes sont disponibles
de 15 à 55 g.
Tête exclusive Prêtàpêcher VDshad texan
et hameçon de taille 3/0, 7317 TI VMC.
Prix conseillé : prix de 5,5 à 6,40 euros selon
les lestages.
Notre avis : du très bel ouvrage qui optimise
la nage du leurre et garantit un excellent
maintient. Ce modèle texan est adapté
à la pêche en mer dans les laminaires et autres
algues qui rendent les montages normaux
inopérants.
http://pretapecher.com
Guideline / 4 Cast Sink -Tip
Avec les soies plongeantes, il n’est
pas toujours nécessaire de disposer
de l’immersion sur toute la longueur de
soie. Si en bordure traîne des branches
ou des herbiers, ça devient même un
handicap car la mouche suit la soie en
profondeur et finit par s’accrocher
systématiquement en fin de récupération.
Dans la lignée des Jim Teeny T (200, 300,
500 grains), Guideline propose une soie
dont la partie arrière flotte. Les 4 Cast
plongeantes sont disponibles en trois
densités (I, III, et V) de la WF 5 à la WF 8.
Ce type de soie est largement préférable
aux modèles à extensions plongeantes
amovibles beaucoup moins équilibrées.
Prix conseillé : 84,90 euros.
Notre avis : avec un fuseau de 10,90 m
dont 4,5 m plongeants, cette soie est utile
pour pêcher les poissons migrateurs en
petits fleuves côtiers (truite de mer,
saumon) ou encore la truite au streamer
en début de saison. Par son profil
atypique (la partie plongeante est courte)
la 4 Cast répond à une attente et elle est
la seule à correspondre à ce besoin.
55
FOCUS/montage
Une mouche oubliée,
le sedge “rustine”
Tombé dans l’oubli, ce sedge très particulier était très utilisé sur la Loue à la fin des années
1980. Son origine serait italienne et s’expliquerait par le fait qu’à cette époque sur la célèbre
rivière, les pêcheurs italiens, dont de fantastiques monteurs de mouches, venaient chaque
printemps à Cademène ou à Cléron pour y retrouver la superbe rivière.
Par Philippe Boisson
Plutôt réaliste cette aile de
sedge ! Et en prime, elle est très
légère et suffisement solide pour
prendre plusieurs truites (avec
un hameçon sans ardillon, on
préserve sa mouche).
C’était au temps de mes débuts,
sur la Loue à Cademène (désolé
de parler encore de cette rivière,
mais j’habitais à 20 mn), un fameux parcours où l’on pouvait
croiser toutes les fines gaules du
moment et pas uniquement françaises. C’est Piam qui m’a fait
connaitre ce sedge pas comme
les autres, aux qualités que peu
d’autres modèles peuvent se
vanter d’avoir. D’ordinaire, lorsqu’un sedge flotte bien, c’est
qu’il est bardé de poils de chevreuil (creux). La mouche n’est
donc pas fine et pour autant, la
flottaison n’est pas toujours par56
faite sous une forte pluie. Sur ce
point, le sedge “rustine” n’a que
très peu de concurrents car son
aile est enroulée pour former un
cône à la base duquel se loge
généralement une bulle d’air qui
assure une excellente flottaison.
Ce montage très astucieux serait
italien. Il se compose d’une portion de remige de plume d’aile de
perdrix, poule faisanne, faisan,
faisan doré ou argenté. Pour que
l’aile puisse former un cône, la
face interne est enduite de colle à
rustine. C’est ce qu’on prenait à
l’époque car elle reste extensible
et souple. Et pour pouvoir tenir
ouverte, cette portion de plume
est enroulée à l’envers (face externe de la plume à l’intérieur de
l’aile). C’est ni plus ni moins que la
technique de la clé de voute, principe architectural qui permet la
construction des caves voûtées,
des nefs et des arches de ponts
de pierre. Si la plume est enroulée
dans l’autre sens, elle s’enroule
sur elle-même et ne tient pas.
Une variante consiste à remplacer
la colle à rustine par du bas nylon
collé sous l’aile, plus solide mais
moins discret. A réserver aux gros
modèles à partir d’une taille d’hameçon n°14.
Il n’y a pas de contre indication à l’utilisation des
remiges d’ailes d’oiseaux de la taille d’un faisan
(coq et poule) ou d’une perdrix grise, mais ces deux
oiseaux conviennent très bien pour imiter des ailes
de sedges. Les plumes de queue de coq de faisan
doré (ci-dessous) sont également parfaites à condition de ne pas en choisir des trop grosses.
La colle à rustine reste souple, ce qui est indispensable, résiste parfaitement bien à l’eau et n’a
au final que des qualités. Il existe peut-être une
colle plus moderne et mieux adaptée, mais la
colle à rustine convient.
La flottaison de ces sedges est excellente, mais il
faut que l’aile soit bien montée pour former un
cône.
57
FOCUS/montage
L’aile vue de dessous avec sa forme de cône. La mouche ne
comporte pas de corps, parfaitement inutile et juste bon à
allourdir la mouche. Il est en revanche difficile d’obtenir
exactement le même résultat sur une série de mouches.
Certaines ailes se ferment plus que d’autres. Cela dépend de
l’endroit où la portion de plume a été prélevée et de sa largeur.
Un modèle très réaliste dont l’aile est en
portion de plume de queue de faisan doré.
Une mouche légère qui n’a pas besoin d’une
grosse collerette (chevreuil).
Pour la pêche dans les zones courantes, avec
une collerette “twistée” en masque de lièvre
(sans la bourre évidemment).
Avec le montage parachute,
l’aile se couche totalement sur la
surface. Pour les poissons
regardants et les grands lisses.
58
L’aile se fond dans la collerette en perdrix
grise (l’aile est aussi de la même nature)
pour une mouche moins imitative d’une
phrygane mais qui merite d’être essayée.
Le CDC produit des collerettes qui se
marient bien avec ce type de mouche. A
éviter par temps pluvieux.
Avec une aile fine et longue la
mouche est plus proche d’un
plécoptère que d’un trichoptère.
Le chevreuil convient bien
pour “équiper” le sedge
rustine.
59
FOCUS/montage
Préparation
et pose de l’aile
Tans pis pour ceux qui ne
veulent pas prendre le temps de
lire ces quelques lignes. Car
notre sedge rustine ne prend
forme qu’en respectant quelques petits principes. Premièrement, la largeur de la portion de
plume : par exemple 7 mm pour
un hameçon TMC 100 n°16 (hameçon utilisé pour cet exemple).
Deuxièmement et c’est là le plus
important, l’aile doit être fixée
côté pointes et non côté nervure
de la plume d’aile. Cela favorise
une aile évasée.
1. Le fil de montage démarre
au niveau du thorax. L’aile
est présentée face externe
en haut, côté pointes et a
été préalablement passée à
la colle à rustine sur la face
interne uniquement.
2. Elle se fixe partiellement au
début sur un demi tour.
3. Cette étape est la plus délicate, car le cône doit se former sans que l’aile ne se retourne. Pour cela, il est
souvent nécessaire de faire
un tour mort et de serrer
d’un coup comme pour la
pose des ailes d’une
mouche d’Ornans.
4. Avant de finaliser l’aile et
d’ajouter une goutte de
colle ou de vernis, on peut la
faire pivoter pour la remettre bien droite.
1.
2.
60
3.
4.
61
FOCUS/montage
Avec une collerette
en hackle
C’est le modèle de base avec
une classique collerette en
hackle de coq.
1. Choisir un hameçon à hampe
et fer standard n° 16 et réaliser une aile comme vu précédemment.
2. Pour que la mouche reste
équilibrée, la collerette doit
être courte. Pour cela, rien
de mieux que les fines lancettes Whiting Farms ou
équivalent.
3. Enrouler le hacke sur quatre
ou cinq tours après l’avoir
posée face brillante contre
soi.
4. Terminer la mouche. La voici
à l’envers, avec son cône très
bien formé.
5. A l’endroit, on ne devine pas
qu’une partie du corps est
“fermée”.
1.
2.
3.
62
4.
5.
63
FOCUS/montage
Avec une collerette
en dubbing de CDC
Matériau génial à utiliser avec un
twister, le CDC convient très bien
sur ce modèle.
1. Ce modèle de petite taille
(18) comporte une aile en
perdrix grise. Faire une
boucle à dubbing à l’aide du
twister.
2. Insérer le dubbing (prélevé
avec une pince Petitjean) et
le twister.
3. Enrouler le dubbing en
rabattant les fibres vers l’arrière avec les doigts à chaque
tour. Tailler les fibres parasites et terminer la mouche.
1.
2.
3.
64
Avec une collerette
en masque de
lièvre
Avec ce genre de poil, le risque
est de surcharger la mouche. Elle
ne flottera pas mieux, bien au
contraire. Ces sedges dont l’aile
est fine doivent rester équilibrés.
1.
1. Faire une boucle à dubbing à
l’aide du twister.
2. Insérer et torsader le dubbing à l’aide du twister. Eliminer au maximum la bourre au
départ.
3. Enrouler le dubbing sur deux
tours en rabattant les poils
vers l’arrière à chaque tour.
Cet exemple montre le maximum recommandé. Un peu
moins de dubbing aurait été
préférable.
2.
3.
65
FOCUS/montage
Avec collerette en
chevreuil (1)
Ma préférée en raison de sa position plate et basse sur l’eau et de
son côté imitatif. L’aspect “brouillon” n’évoque-t-il pas le côté désordonné du trichoptère mobile
à la surface ?
1. Pour obtenir cette collerette
peu commune, la technique
est empruntée à la plus célèbre des mouches en poils
de cervidés, le Goddard
Sedge. Les poils sont posés
en un “fagot”. Faire deux
tours non serrés avec le fil de
montage. Attention à bien
régler la longueur des poils à
l’arrière, car c’est définitif.
2. Serrer d’un coup et dans le
mouvement, faire trois autres
tours serrés. Sous la tension,
tous les poils se redressent.
3. Repasser en tête avec le fil
de montage. Rabattre les
poils vers l’arrière avec les
doigts et former une tête
avec le fil de montage qui les
maintient ainsi.
4. Tailler les poils de tête et laisser la plupart des grands
poils qui longent l’aile.
1.
2.
66
3.
4.
67
FOCUS/montage
Avec collerette en
chevreuil (2)
Une autre collerette en chevreuil,
cette fois “twistée” pour unemouche à utitliser en eaux vives.
1. Faire une boucle à dubbing à
l’aide du twister.
2. Insérer le dubbing de poils
de chevreuil d’hiver (foncé)
et le twister.
3. Enrouler le dubbing en
rabattant les fibres vers l’arrière avec les doigts à chaque
tour. Tailler les fibres parasites et terminer la mouche.
On remarque qu’avec peu de
poils dans la boucle, on obtient une collerette bien fournie. Attention à l’excès…
1.
2.
3.
68
Avec une collerette
en perdrix
La perdrix grise n’est pas réputée
pour ses qualités de nageuse pas
plus que pour son imperméabilité, mais ses plumes sont très imitatives.
1. Par la pointe et face brillante
contre soi, fixer une petite
plume de perdrix grise foncée (ou les grises claires si
vous devez imiter un sedge
gris clair)
2. Enrouler la plume sur deux
tours en rabattant les fibres
vers l’arrière avec les doigts à
chaque tour. Terminer la
mouche.
1.
2.
69
FOCUS/montage
Comment bien monter les mouches
de légende.
13. La Cul de Canard de Henri Bresson
Cette rubrique se destine au montage des mouches célèbres, aux indémodables modèles
qui, aujourd’hui comme hier, font partie des incontournables que tout un chacun doit savoir
monter convenablement. Ces mouches de légende font souvent appel à un tour de main
très particulier, sans quoi il est impossible d’obtenir un résultat conforme à l’original.
Le “sorcier de Vesoul”, ex pêcheur professionnel à la mouche
reconverti dans le montage de
mouches, également professionnel, après 1962, où fut interdite la
vente des poissons sauvages en
France, aura marqué l’histoire de
la pêche à la mouche sèche par la
création de modèles de grande
renommée comme la “french tri-
colore” ou la “peute”. Mais la
collection des mouches d’Henri
Bresson comptait une cinquantaine de modèles (nous reviendrons très prochainement sur
cette collection), dont un qui était
révolutionnaire pour l’époque
(début 1980) appelé tout simplement Cul de Canard, car il est
monté avec une plume qui à
Un modèle original de la collection
Bresson. Il existait en jaune,
rouge et vert et jusqu’en
très petites tailles (20).
1. Prendre un hameçon Kamasan B 401 n° 16 et commencer l’enroulement d’un fil de montage rouge assez gros (Gossamer).
2. Prendre un herl large de substitut de condor (le modèle original était monté avec du condor, à l’époque
encore autorisé). Ne garder que la partie la plus large.
Le fixer côté “pointe”. La face concave doit être visible sur le corps.
70
l’époque était inconnue de la
plupart des pêcheurs ! La plume
de croupion de canard faisait de
gros “trous” dans les bancs
d’ombres et réussissait à tromper
la méfiance des truites les plus
regardantes. Car avant le CDC,
comme on dit maintenant, les
collerettes des mouches étaient
grossières et en hackle de coq. Et
aujourd’hui encore, c’est un
matériau qui résiste très bien au
temps qui passe. Le modèle de
Bresson est on ne peut plus
simple, dans la lignée de la
“peute”. Un corps, une aile et
c’est tout. Mais c’est assez pour
être une excellente mouche.
La copie que nous vous proposons ici est réalisée avec un hameçon moderne, alors que l’original faisait appel à un modèle
forgé, renversé d’une autre
époque. Il faut bien vivre avec
son temps.
3. L’enrouler sur trois ou quatre tours. Couper l’excédent.
4. Par la pointe, fixer une plume de CDC naturel de la
teinte souhaitée (plus ou moins grise, ou gris/beige).
5. Enrouler la plume sur trois tours. Couper l’excédent et
faire le nœud final.
6. Les fibres sont rabattues en arrière et coupées d’un
coup de ciseaux un tiers plus longues que la longueur
totale de l’hameçon.
1.
2.
3.
4.
5.
6.
71
Où pêcher
Espagne
Les monstres
d’Estrémadure
Cela fait des années que nous entendons parler de la pêche dans la province
espagnole de l’Estrémadure, que nous voyons passer des photos avec des brochets,
tous plus grands les uns que les autres, des black-bass énormes, mais qu’en est-il vraiment ?
Il nous fallait y aller et pourquoi pas, gouter à ce que tous annoncent comme l’un des
paradis de la pêche des carnassiers en Europe.
Par Yann Giulio
72
thieu, conduits à notre
lieu de villégiature, nous
arrivons dans une magnifique maison située à
quelques mètres du lac, où
nous rejoignent bientôt
nos futurs collègues de
pêche, tout droit débarqués de l’Est de la France,
tout aussi excités que
nous pêcherons toute la
semaine. Les trois guides
de l’équipe ont chacun à
disposition un Bass boat
équipé d’un moteur thermique de 150 CV, d’un
moteur électrique à
l’avant, de deux échosondeurs et détail important,
de moyens de communi-
Nous avons amené au bateau
moins de poissons en dessous
des 70 cm que nous en avons pris
dépassant la barre mythique
du mètre.
D
écembre 2016,
comme tous
les ans à cette
époque de
l’année, je vois mon ami
Mathieu Schoetler, qui
est de passage en France
avant les fêtes de fin d’années et qui est venu me
présenter Nil, le nouveau
guide de pêche d’Extramadura Monsters, un
camp de pêche du lac
d’Orellana. Après deux
ans en solo, Mathieu a dû
s’encadrer de nouveaux
guides tant la demande est
forte, tant les clients sont
enthousiastes et souhaitent revenir chaque an-
née. Devant des photos de
dizaines de gros poissons
magnifiques, j’ai les yeux
qui brillent et comme tous
les ans, on se dit que nous
devons y aller, mais cette
année c’est la bonne !
Après un rapide coup
d’œil sur leur agenda de
réservations déjà très rempli et évidement un coup
de fil à mon compagnon
de toujours, Stéphane Nicard, cette fois, c’est décidé, ça sera en mai !
Début mai, après deux petites heures d’avion et autant de voiture de Séville,
nous voici enfin à Orellana. Accueillis par Ma-
nous. Motivés par les
mêmes objectifs, la mayonaise va prendre bien vite
entre nous lors de la préparation de notre matériel
pour le lendemain. C’est
Mathieu et son équipe qui
se sont chargés de notre
hébergement pour ce séjour, comme ils le font
pour chacun de leurs
clients. Ils disposent à cet
effet de différentes locations soit en ville soit en
bord de lac selon les préférences de chacun.
Grand lac,
gros bateau
La nuit a été courte, nous
sommes prêts, plus que
prêts, et depuis longtemps : le sommeil nous
a manqué à l’approche de
cette première journée. A
8h30 comme prévu, ce
sont deux bassboats suréquipés que l’on entend
rugir au loin et qui, en
quelques secondes, apparaissent dans la baie devant la maison. C’est
avec Paul que nous embarquerons et avec qui
cation leur permettant
d’échanger des informations entre eux pendant
toute la journée de pêche.
L’ensemble de ces moyens
n’est pas disproportionné
face à l’immensité qui
s’offre à nous.
L’air du large…
Le
lac
d’Orellana
(5500 ha) est le lac de
prédilection de l’équipe,
mais pas seulement. Selon
les envies des pêcheurs,
les conditions météo et
l’activité des poissons, les
journées de pêche peuvent
aussi se dérouler sur le lac
de la Serena (15 000 ha !),
de Garcia Sola (3 500 ha),
ou encore de Cijara (6
500 ha). D’autre lacs à
proximité offrent un terrain de jeu total de plus
de 40 000 ha !
Ces très grands lacs artificiels offrent des configurations et des paysages
très variés, qui permettent
aux pêcheurs, pour peu
qu’ils soient mobiles, de
toujours trouver des
poissons en activité au
73
Où pêcher
Un tel voyage permet
d’apprendre de nouvelles
techniques, sinon de
nouvelles approches, car
les guides connaissent leur
boulot sur le bout des
doigts.
milieu de forêts d’eucalyptus immergées, ou le
long des tombants rocheux, ou encore dans
des baies peu profondes à
la végétation aquatique
luxuriante. Bien que ces
lacs soient de véritables
paradis pour la pêche,
nous ne croiserons que
très peu de pécheurs locaux, alors que le prix de
la carte de pêche annuelle pour la région
d’Orellana ne coute que
4.95 euros. Quand on
connait la surface totale
de ces lacs, on comprend
aisément que pour être
74
“productif ”, il faut pouvoir être mobile, et surtout être encadré par des
guides qui connaissent le
secteur comme leurs
poches.
Brochet et
black-bass,
mais pas que…
Brochet et black-bass sont
les poissons rois de ces
lacs, mais d’autres espèces
se pêchant aux leurres
sont également présentes,
comme le barbeau comizo ou encore un gros poisson chat originaire du
continent américain. Le
premier poisson auquel
on pense lorsque l’on
évoque l’Extremadura,
c’est évidemment le brochet. En effet, sur Orellana, la population est impressionnante, sans doute
en raison des bancs gigantesques de perches soleils
et d’ablettes qui servent
de garde-manger. Les
brochets sont omniprésents, avec une moyenne
de taille tout aussi impressionnante. La majorité des poissons que
nous avons pris passait
allègrement les 80 cm,
pour ne pas dire les 90.
Nous avons amené au
bateau moins de poissons en dessous des
70 cm que nous en avons
pris dépassant la barre
mythique du mètre. Pour
en avoir discuté avec
d’autres pêcheurs s’y
étant déjà rendus, notre
pêche n’a pas été exceptionnelle, mais dans les
normes de ce qui est tout
à fait envisageable là-bas.
Chaque jour, nous avons
pris entre 15 et 20 brochets. Des pêches fantastiques, surtout quand on
sait que nous n’étions pas
focalisés toute la journée
sur les brochets, car nous
alternions avec la recherche du black-bass
dans des baies moins
Les immenses lacs de barrages
de la province de l’Extremadura servent à la production
d’électricité mais aussi à
l’irrigation dans cette région
très aride de l’Espagne,
frontalière avec le Portugal.
profondes. Les blackbass… parlons en. Là
aussi, la population est
incroyable. Ce sont des
poissons de toutes tailles
qui croisent dans les
baies d’Orellana. Prendre
un poisson dépassant les
50 cm est là-bas une formalité, et la moyenne des
prises bien en dessus de
ce que nous pouvons espérer en France Leur
pêche se pratique donc à
vue dans les baies les
moins profondes du lac.
L’eau cristalline donne
véritablement l’impression de pêcher dans un
aquarium à ciel ouvert,
décuplant encore l’excitation et l’intérêt pour
cette pêche.
Du naturel
Si vous pratiquez la
pêche des brochets et des
blacks en France, vous ne
serez pas déconcerté par
le matériel nécessaire à
une pêche réussie. Ne
négligez pas cependant
les accessoires, tels que
hameçons triples, sleeves, émerillons, fluorocarbone, ou encore têtes
plombées, les montages
étant mis à rude épreuve
et devant donc être refaits pour ne rien regretter, mais là encore, vous
pourrez compter sur l’expertise de Mathieu et son
équipe afin de vous donner la liste exhaustive de
vos besoin avant de partir. Du coté des leurres,
le maitre mot est ‘’naturel’’, en effet que cela soit
pour le brochet ou pour
le black-bass, les coloris
doivent être imitatifs.
Exit donc les fluo et
autres couleurs trop
vives. La pêche reine se
pratique à vue en wacky,
armé d’un hameçon de 2
ou 3, LE leurre à avoir absolument (et en quantité !) est le Flick Shack 4 ‘8
‘’ Illex, que l’on pourra
éventuellement lester avec
des inserts tungstène en
0.2 ou 0.3 gr. On peut
évidemment
prévoir
quelques petits poppers,
leurres de surface, cranks,
ou encore stickbaits,
mais là encore, dans des
coloris naturels.
Pour le brochet, les zones
de pêches peuvent avoir
des configurations radicalement différentes, car
si on pêche les bordures
ou la pleine eau sur les
bancs de perches soleil
ou d’ablettes, le choix
des leurres n’est pas du
tout le même. Quelques
crankbaits pouvant at75
Où pêcher
Pour les amateurs
de pêche du black-bass,
le lac d’Orellana est
également un paradis !
teindre les 4 m, des stick
baits et vos leurres habituels à gros brochets devront être du voyage .
Dans les incontournables
il y a, comme on peut
l’imaginer, des shads qui
devront être armés de
76
têtes plombées en 21 et
en 28 g. Nous avons encore fait confiance à nos
nitro shad 150, et en particulier aux coloris UV
accompagnés de leurres
têtes, qui se sont révélés
excellents lors de notre
séjour. Coté leurres durs,
les incontournables sont
les Illex Mag Squad 128
et Pony Tail 120.
Nous sommes partis avec
trois cannes chacun :
une spinning destinée à
la pêche des black-bass,
une plus forte, plus polyvalente, qui nous a servi
pour le black-bass et le
brochet et une casting de
type MH, destinée au
brochet.
Voyager pour prendre
des espèces que nous
trouvons chez nous peut
rendre perplexe, cependant c’est une pêche variée et très productive
qui attend ceux qui tenteront cette expérience
espagnole. La quantité et
la taille des poissons qui
peuplent ces lacs, sans
parler des nouvelles techniques que les guides
vous aident à appréhender, vaut bien plus qu’un
voyage. Pour ma part j’ai
déjà réservé pour l’année
prochaine !
Renseignements et
réservations :
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Des brochets en pleine forme et en grand nombre. Une population étonnante car dans ce type de lac artificiel très
minéral, les possibilités de reproduction sont généralement médiocres voire quasiment nulles. Apparement, ces
poissons profitent d’un niveau stable des lacs à la fin de l’hiver car l’eau doit être stockée pour l’irrigation en été. Les
herbiers en bordure servent de support, mais les fraient ne supporteraient pas la moindre baisse de niveau du lac.
77
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insolent de la chasse
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Confidences d’une
Histoires de pêche 2
Histoires de pêche 3
La Dame de
Contes et légendes
truite près d’un pont Haute-Savoie
Saint-Pierre était
Rabouin
du Moulin du Plain
Jean-Christian Michel
Belge
Au bonheur des
Muriel Lovichi
Vincent Lalu
Georges Quinot
truites
Les histoires de
Ce livre raconte la saga C’est l’histoire d’une
truite douée de parole
C’est un petit village
Jean-Marie
« La dame de
du Moulin du Plain,
et possède la
franco-suisse à forte
Rouffaneau
Haute-Savoie » vous
il en évoque
particularité de ne pas
population belge. Au
Rabouin vous emmène les personnages les
emmèneront tour à tour
mourir. Elle connaît les
milieu coule le Doubs,
avec bonheur au pays
sur les torrents de sa
plus truculents, les
ses truites, ses mouches des poissons trophées
histoires les plus drôles pêcheurs, leurs désirs et montagne, mais aussi et
leurs vies. Elle a connu
et ses «pêchoux». Dans
et des histoires de
surtout sur la haute
et les moments les
Kant, Pascal et
ce roman, il est surtout
pêche qui vont avec.
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plus forts.
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Histoires de pêche 1
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non-pêcheurs l’envie de
se retrouver au bord de
l’eau.
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80
Trente chasseurs de légende
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Ils ont marqué l’histoire de la grande chasse.
Ce sont aussi des aventuriers qui, au début
du siècle dernier, s’en vont au bout du
monde passer des mois en terrain hostile.
Beaucoup choisissent l’Afrique noire. Selous,
Foâ, Pondoro, Lake, Pretorius, autant de
noms mythiques qui ont forgé la légende
des premiers safaris. 224 pages.
Prix : 19 € Réf. : 110353.
La pêche en nymphe tchèque et autres
méthodes de pêche à la mouche
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Ce livre consacré à la pêche à la « nymphe
tchèque » sous tous ses aspects nous présente
de très nombreux modèles avec les matériaux
nécessaires à leur réalisation.
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Guerre et pêche
Pendant les combats, la vie continue… pour les poissons. Et aussi
pour les rares audacieux qui, malgré les dangers de la guerre, n’ont
pas hésité à tremper leur ligne dans l’eau, même lorsque le cours
de la rivière servait de ligne de front. On a toujours pêché pendant
les guerres, qu’elles aient été grandes ou petites. Pêché pour
manger, pêché pour survivre, mais aussi par passion, par goût du
défi ou de la transgression. Et parfois, le miracle s’est produit :
lorsqu’ils se rencontraient par hasard, les pêcheurs ennemis
« oubliaient » de se tirer dessus. C’est ce que racontent les auteurs
de « Guerre et pêche », qui ont en commun d’avoir affronté les
affres de la guerre une canne à la main.
Prix public : 19 € Réf. : 110361
Les secrets de la pêche à la verticale
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Cet ouvrage fait un point nécessaire sur
l’origine de cette pêche, sa définition, ses
particularités techniques, le choix du bateau,
de l’équipement, du matériel et vous explique
comment mieux utiliser votre échosondeur
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pendant les guerres, qu’elles aient été grandes ou petites. Pêché
pour manger, pêché pour survivre, mais aussi par passion, par
goût du défi ou de la transgression. Et parfois, le miracle s’est
produit : lorsqu’ils se rencontraient par hasard, les pêcheurs ennemis « oubliaient » de se tirer dessus. C’est ce que racontent les
auteurs de « Guerre et pêche », qui ont en commun d’avoir affronté les affres de la guerre une canne à la main.
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