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Pêches sportives magazine numérique n°112
PÊCHES sportives La pêche au sanglier PECHES s p o r t i v e s N° 112 La nymphe à vue pour les nuls L’intégrale du montage pour les pros Pêche aux leurres, la grande indigestion Juillet – août – septembre- 2017 M 02526 – 112 – F: 5,90 E – RD 3’:HIKMPC=[UZ^U\:?k@l@b@c@a »; BELGIQUE […]
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Description
PÊCHES
sportives
La pêche au sanglier
PECHES
s p o r t i v e s
N° 112
La nymphe à vue
pour les nuls
L’intégrale du montage
pour les pros
Pêche aux leurres,
la grande indigestion
Juillet – août – septembre- 2017
M 02526 – 112 – F: 5,90 E – RD
3’:HIKMPC=[UZ^U\:?k@l@b@c@a »;
BELGIQUE 7.10€ • SUISSE 10.50 FS • DOM 7.50 € • TOM 900XPF
EDITO
Court-bouillon écolo
Les vacances de Monsieur Hulot risquent d’être sportives. Pas
seulement parce que l’icône de l’écologie gauloise va être très
vite confrontée à la dure réalité de l’exercice du pouvoir, mais
aussi parce que certains des dossiers que sa fondation portait
risquent de revenir dans l’actualité.
Ainsi de la convention “pour le développement d’une
hydroélectricité durable en cohérence avec la restauration des
milieux aquatiques”. Ce texte qui date de Jean-Louis Borloo
prévoit la construction de 250 à 1000 micro-centrales (selon les
interprétations) en échange de la destruction de quelques
barrages obsolètes comme ceux de la Sélune. Il s’agit de
contribuer à la réalisation du fameux objectif de 23% d’énergies
renouvelables tout en restaurant la biodiversité des cours d’eau,
deux objectifs inconciliables, fruits des noces incertaines de la
bureaucratie européenne et des démagogies locales.
France Nature Environnement et la FNPF avaient refusé de
mettre leur nom au bas d’un projet que n’auraient pas désavoué
les Marx Brothers, tandis que Ségolène Royal, ne le trouvant
pas assez hydroélectrique, l’avait vidé de son peu de substance
en s’opposant au démantèlement des barrages de la Sélune.
Que fera le Hulot nouveau ? suspense et spéculations. Sauf que
cet été encore, dans pas mal de retenues, les milieux aquatiques
vireront au court-bouillon pour les poissons…
Vincent Lalu
3
INDISPENSABLE
Prix public
59 €
Réf. : 110310
Voici l’encyclopédie qui manquait aux pêcheurs à la mouche,
avec 464 pages de fiches de montage consacrées aux mouches
avec lesquelles on pêche réellement. Tous les modèles sont
éprouvés et conviennent pour la pêche en France, en Europe et
un peu partout dans le monde. Un ouvrage conséquent et unique
en son genre.
Nous avons voulu que cette encyclopédie soit accessible aux monteurs de tous niveaux. Ainsi, une place importante est réservée au
“tour de main” et à la bonne utilisation de certains outils. Dix catégories de mouches : mouches sèches, émergentes, nymphes,
mouches noyées, streamers, terrestres mouches à saumons, à
truites de mer, à brochet et pour la pêche des espèces marines.
Pour autant, quelque soit la catégorie, les modèles choisis
s’adressent avant tout à la pêche en France ou en Europe. Et souvent “nos” mouches sont souvent utiles partout dans le monde.
Caractéristiques techniques :
Format : 200 mm x 280mm. 464 pages
Sommaire
Pêches sportives n° 112
ACTUS p. 6
L’ÉCHO DU RADIER p. 20
TECHNIQUE MOUCHE p. 26
TECHNIQUE LEURRE p. 34
– Franche-Comté, le grand ras-le-bol !
– Pays-Bas, 1 200 euros par vache
en moins !
– Le point sur les remontées de
saumons sur le gave d’Oloron
– L’évolution des lacs naturels du Jura
– Détendez-vous, allez à la pêche* !
– Vers une double crise de la pêche
aux leurres ?
BONNES FEUILLES p. 36
FOCUS p. 44
MONTAGE p. 58
– L’intégrale du montage de mouches
– La Petite Classe : la pêche à la
nymphe à vue
– Shopping
– Les surprenantes vertus du poil
naturel de sanglier
UNE MOUCHE
DE LÉGENDE p. 70
L’ANNUAIRE DES GUIDES
ET DES RÉSERVOIRS p.78
LIBRAIRIE p. 80
PETITES ANNONCES p. 82
– La librairie de Pêches sportives
– Les petites annonces de Pêches
sportives
OÙ PÊCHER p. 72
– Roumanie, le delta du Danube…
Au pays des becs dans l’eau
– Publicités
– La elk wing caddis
Administration, rédaction,
publicité :
Editions La Vie du Rail/
Pêches sportives
29, rue de Clichy, 75009 Paris Tél. : 01 49 70 12 11.
[email protected]
Mise en page :
Frédéric Demarquette.
Chef de fabrication : Robin Loison.
Photogravure : La Vie du Rail.
Abonnements :
www.peches-sportives.com/6-Abonnements.htm
Tél. : 01 49 70 12 20
Directeur de la publication :
Vincent Lalu.
Publicité : Pierre Lancien
Tél. : 01 49 70 73 14.
[email protected]
Impression :
Imprimerie Loire Offset Titoulet (42)
Commission paritaire : 1117 K 82373
ISSN : 1252-8358.
Dépôt légal : à parution.
Marketing et diffusion presse :
Destination Média
Rédacteurs en chef :
Vincent Lalu et Philippe Boisson.
Ont collaboré à ce numéro :
Florent Bailly, Philippe Boisson,
Vincent Lalu, Jean-Chrisitan Michel,
Jean-Marc Theusseret.
Eléments techniques
publicitaires :
Maryline Renaud.
[email protected]
Un DVD est inclus dans
ce numéro pour les abonnés
Actualités
Rivières de Franche-Comté, le grand ras-le-bol !
Alors que l’administration n’a pas le courage d’affronter un modèle agricole qui ne respecte rien, les rivières de FrancheComté ont plus que jamais un pied dans la tombe. Ce printemps encore, les poissons défilèrent le ventre en l’air. Il serait temps
que les pêcheurs se mobilisent en très grand nombre, car bientôt, il sera trop tard.
Le 29 avril, le Collectif SOS Loue & Rivières comtoises et la Fédération de pêche du Doubs ont organisé des ralentissements routiers dans quatre villes de Franche-Comté pour dénoncer l’inaction des services de l’État alors qu’un nouvel épisode de mortalités
pisciaires a touché les rivières de la région ce printemps.
6
Les rivières de FrancheComté et notamment celles
du département du Doubs
n’en finissent pas de mourir.
Ce printemps, les habitués
du Doubs, du Dessoubre et
du Cusancin, mais aussi de
la Bienne jurassienne, ont de
nouveau assisté à un triste
spectacle, celui que l’on
connaît malheureusement
trop bien depuis 2009. Ce
morne tableau représente
des rivières malades avec
son cortège de poissons
morts. Le printemps 2016
avait été très arrosé avec des
crues permanentes depuis
l’hiver jusqu’à fin juin. Cela
avait permis aux ombres et
aux truites de passer le cap
de la fraie sans trop de dégâts. Quand les eaux étaient
redevenues claires dès juillet, on pouvait revoir des petits bancs d’ombres adultes
un peu partout. Ce sont ces
poissons qui sont en grande
partie morts ce printemps.
Parce que rien n’a été fait
pour que ça change. Le com-
té reste plus que jamais un
produit issu de l’agriculture
intensive. On dépasse largement le million de tonnes de
lisier de vache pour le seul
département du Doubs et
ses 105 000 vaches laitières
(chiffre datant de 2013). Le
préfet Christian Decharrière
avait promis une réglementation spécifique pour les
zones karstiques, le président du conseil général
Claude Jeannerot voulait que
le lisier soit stocké sur six
mois et non sur quatre afin
d’éviter les épandages hivernaux, lorsqu’aucune pousse
ne peut profiter de ce fertilisant dont tout le monde sait
bien qu’il ne s’agit que d’un
déchet, d’autres brandissaient la méthanisation pour
régler le problème. Du côté
des politiques et de l’administration rien n’a ne serait-ce qu’été tenté. Sept ans
de mesurettes dans le meilleur des cas, car les services
de l’État s’enrhument quand
la FNSEA tousse. Sept an-
Le 29 avril à Saint-Hippolyte, la veille de la Fête de la saucisse ! En haut côté Doubs, on remarque un colmatage généralisé du fond.
Regardez bien, il reste une truite, mais c’est un poisson d’élevage qui n’a que quelques jours de rivière. Ci-dessus, côté Dessoubre, un
ombre ou ce qu’il en reste… Le fond des deux rivières n’est plus qu’un substrat stérile, colmaté par les algues. En ville, l’assainissement
« aux normes » nous dit-on, des eaux usées s’ajoute à une pollution d’origine agricole provenant de plus d’un million de tonnes de lisier
de vache (sans compter les porcs et l’ensemble des bovins) épandu dans ce département.
nées durant lesquelles la
production de comté a continué d’augmenter : 14 000
tonnes il y a une trentaine
d’années, 80 000 en 2015. Et
l’arrêt des quotas laitiers
n’est pas seul responsable
de cette augmentation, car
l’AOP comté régule plutôt
bien ses quotas depuis longtemps. L’administration sait
que les prairies ne sont plus
que de la culture d’herbe
d’environ dix espèces de végétaux, que le comté est une
publicité mensongère scandaleuse aux vaches au bout
du rouleau piquées aux antibiotiques trop souvent. Elle
sait aussi que les champs
sont régulièrement passés
au glyphosate (Roundup),
plutôt hors AOP, mais parfois
dedans. Mais elle laisse faire
et par là même cautionne ce
système qui est tout autant
une réussite économique
remarquable qu’un désastre
écologique majeur.
Des solutions existent pour
minimiser l’impact du lisier,
comme la méthanisation
(à condition que les digestats très riches en azote ne
soient pas épandus). Mais la
décision, comme le courage,
est politique. Dans la pratique, transformer la totalité
d’un million de tonnes d’un
lisier liquide qui ne méthanise pas sans l’aide de 90 %
de déchets verts n’est sans
doute pas possible sans déforester la région ! La méthanisation est une solution
partielle qui doit s’accompagner d’autres mesures. Tout
doit être fait pour sauver
les rivières et l’eau potable
comme l’arrêt (d’urgence)
des épandages hivernaux
lorsque rien ne pousse et
tout est lessivé.
Le 29 avril 2017, le collectif
SOS Loue & Rivières comtoises et la Fédération de
pêche du Doubs ont mis en
place des barrages filtrants
sur les routes de quatre villes
de Franche-Comté : Ornans,
7
Actualités
Une publicité datant de 2010
et que l’on peut taxer de mensongère. À quelques exceptions
près, les prairies n’en sont plus
et ressemblent à du gazon !
Saint-Hippolyte, Saint-Claude
et Morteau. Au programme,
distribution de tracts pour
sensibiliser les gens aux problèmes agricoles, mais aussi
à celui de l’eau potable et des
eaux usées. Cette journée
prévoyait également un dépôt d’algues puantes et de
poissons morts provenant du
Dessoubre devant l’hôtel de
ville de Saint-Hippolyte. Malgré des annonces répétées
et l’utilisation des réseaux
sociaux pour rameuter les
troupes, les participants à
cette journée furent relativement peu nombreux. Et que
dire des gens d’Ornans, la Venise de la Loue, où mis à part
deux ou trois pêcheurs, ce fut
l’AAPPMA de Pontarlier qui
s’est chargée de venir soutenir SOS LRC… Et du côté des
professionnels de la pêche,
détaillants, guides, hôte-
576 espèces de plantes dit la publicité ? Hormis le pissenlit qui
réagit à un excès d’azote, les fleurs sont très rares sur les plateaux
du massif du Jura ! Dès que les pissenlits disparaissent, les plateaux de la zone Comté ressemblent à un green de golf composé
de moins de quinze espèces de végétaux dans la plupart des cas.
Ces graminées et légumineuses sont choisies et semées pour
accroître les rendements. C’est l’un des maillons essentiels de
l’industrialisation du comté. Quant aux montbéliardes, elles
doivent assurer jusqu’à 8 000 1 de lait par an, ce qui pousse à
bout leur organisme. Elles sont réformées après cinq années en
moyenne. Un produit de terroir le comté ?
liers… ? Pas mieux, à l’exception de quelques trop rares
guides de pêche, venus pour
certains de… Haute-Savoie !
Le bilan n’est donc pas brillant, d’autant qu’à Saint-Hippolyte, une plainte pour dépôt d’immondices attendait
les manifestants. Il n’y avait
plus qu’à la signer. L’adjoint
au maire de cette petite ville
située à la confluence du
Doubs et du Dessoubre n’a
pas hésité à faire pression sur
les pêcheurs, demandant à
ce que soit retiré ce conglomérat aux mauvaises odeurs
de marées dans la foulée, en
menaçant de sucrer le local
de l’AAPPMA prêté par la mairie ainsi que le parcours
de pêche en ville. Minable.
Étrangement, lorsque la
FNSEA arrose une préfecture
de lisier, casse du mobilier
public ou brûle des pneus,
elle n’est généralement pas
poursuivie.
À ne pas s’engager, ou à faire
l’autruche en ne regardant
que les rares parcours qui
semblent en bonne santé,
les pêcheurs francs-comtois
n’auront au final que ce
qu’ils méritent. Des rivières
mortes dans une indifférence qui commence par la
leur.
Il existe peut-être encore un
petit espoir de voir les choses
changer, mais cela demande
une mobilisation générale.
Les bénévoles qui rament
pour l’intérêt général depuis
sept années s’épuisent à se
battre contre des moulins à
vent alors que la pollution
augmente chaque année un
peu plus.
Texte et photos, Ph. B.
Pays-Bas
1 200 euros par vache en moins !
Pour respecter les normes environnementales imposées par
l’Europe, les Pays-Bas doivent réduire leur nombre de vaches.
Et Bruxelles met la pression en brandissant des amendes qui
ne tarderont pas à être infligées à l’État. Pour aider les agriculteurs à passer à l’acte, l’État néerlandais propose 1 200 euros par vache abattue. Depuis l’arrêt des quotas laitiers en
2015, les taux de phosphate dans les terres et les eaux du
plat pays ont augmenté de 24 %. Les agriculteurs doivent
8
retrouver le cheptel qui était celui des Pays-Bas au 2 juillet
2015. Et pour cela, environ 60 000 bêtes doivent être abattues avant la fin de l’année pour un coût dépassant les
70 millions d’euros. Évidemment, la mesure est très mal perçue par le monde agricole et plus encore par la population,
qui devra payer la facture d’un excès qui ne concerne que le
monde agricole, qui comme dans notre pays, est incapable
de s’autoréguler.
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Pour vendre un exemplaire en magasin, on en gaspille trois.
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qui se passe vraiment dans la pêche de loisir de notre pays.
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La première collection
La pêche mode d’emploi avec les meilleurs spécialistes
Pour commander le DVD de ce numéro (n° 47)
Le lancer de la mouche avec Philippe Boisson
– Technique de rotation de l’épaule
– Comment lancer malgré le vent
– Le lancer roulé en tenant la mouche
dans la main
7€
Frais de port compris
Pour commander les anciens DVD (les numéros manquants sont épuisés)
• DVD n° 9 : Pêche à la nymphe au fil avec Yann
Caléri sur le Drac en Isère
• DVD n° 20 (Pêches sportives n° 85):
1re partie: pêche automnale du black-bass: montages
texans et “inch wacky” avec Manu Alvarez
2e partie: pêche à vue au réservoir du Martinet dans
le Jura avec Nicolas et Thibaut Germain
• DVD n° 21 (Pêches sportives n° 86):
Pêche de l’aïmara en Guyane française sur le fleuve
Sinnaramy
• DVD n° 22 (Pêches sportives n° 87):
Pêche à la nymphe au fil avec Yannick Rivière sur
l’Aude. Pêche du loup en kayak sur les étangs salins
du littoral audois.
• DVD n° 23 (Pêches sportives n° 88):
Pêche du brochet à la mouche: montage waddington
adapté par Philippe Boisson
• DVD n° 25 (Pêches sportives n° 90):
1re partie: pêche du brochet en montage texan au
plan d’eau d’Hermeville dans la Meuse avec
Sébastien Golly
2e partie: pêche du brochet à la mouche et au lancer
sur le lac de Madine avec Yves Omhovère et
Sébastien Golly
• DVD n° 26 (Pêches sportives n° 91):
1re partie: montage d’une mouche à brochet selon la
méthode du tube fly avec Alain Barthélémy
2e partie: montage d’un streamer pour plomb palette
en tube fly
• DVD n° 27 (Pêches sportives n° 92):
1re partie: technique de l’école italienne de pêche à la
mouche avec Marcel Formica
2e partie: nage et maniement des leurres pour le bar
• DVD n° 28 (Pêches sportives n° 93):
1re partie: à la découverte du Chéran en
Haute-Savoie avec Pascal Grillet et Stéphane Jan
2e partie: pêche du brochet aux leurres sur le lac du
Bourget avec Quentin Dumoutier
• DVD n° 29 (Pêches sportives n° 94):
1re partie: pêche aux leurres en mer dans le Cotentin avec
Gaël Even et Sylvain Lauzier
2e partie: pêche à la mouche en “washing line” au
réservoir de la Salamandre dans l’Aisne avec Philippe Collet
• DVD n° 30 (Pêches sportives n° 95):
Les secrets de l’oreille de chevreuil avec Gérard Picard
• DVD n° 31 (Pêches sportives n° 96): Trois
techniques de montage de mouches avec Cyril Bailly
• DVD n° 32 (Pêches sportives n° 97):
Pêche à la nymphe au fil. Test des produits Hanàk et
Mouche Ellipse avec Philippe Boisson
• DVD n° 33 (Pêches sportives n° 98):
1re partie : Présentation du programme de renaturation de
la Doller, de la Thur et du vieux Rhin par Maxime Gerber
2e partie: Pêche du sandre en linéaire avec
Christophe Baudot sur la Saône en Côte-d’Or
• DVD n° 34 (Pêches sportives n° 99):
Pêche du brochet aux leurres en ballastière avec
Emmanuel Favin, guide de pêche dans l’Aube.
• DVD n° 35 (Pêches sportives n° 100):
Pêche à la mouche sur l’Arc en haute Maurienne avec
Didier Chapel
• DVD n° 36 (Pêches sportives n° 101):
La pêche au tenkara avec Maxime Miquel
• DVD n° 37 (Pêches sportives n° 102):
Comment aborder un plan d’eau inconnu en pêchant
aux leurres, avec Philippe Boisson
• DVD n° 38 (Pêches sportives n° 103):
Pêches d’exception en Islande et en Russie avec Lax-À
• DVD n° 39 (Pêches sportives n° 104):
Comment bien monter les petites mouches pour
la pêche en été avec Florent Bailly
• DVD n° 40 (Pêches sportives n° 105):
Pêche du brochet à la mouche en Hollande
avec Alain Barthélémy
• DVD n° 41 (Pêches sportives n° 106):
Pêche lente en bateau au lac de Malaguet
en Haute-Loire avec Grégoire Juglaret
• DVD n° 42 (Pêches sportives n° 107):
Pêche aux boobies au réservoir Sensation Pêche
à Montracol dans l’Ain avec Grégoire Juglaret.
• DVD n° 43 (Pêches sportives n° 108):
Réglages et utilisation d’un matériel de baitcasting avec
Philippe Boisson.
• DVD n° 44 (Pêches sportives n° 109):
Pêche du black bass à l’étang du Grand Bernardier
dans le Jura avec Lionel Fumagalli et Pierre Moyniez
• DVD n° 45 (Pêches sportives n° 110):
Pêche du brochet en étang au début
de l’hiver avec Gaël Even
• DVD n° 46 (Pêches sportives n° 111):
Montage du cycle de la mouche de mai,
de la nymphe à l’imago, avec Florent Bailly.
7€
l’unité
Frais de port compris
Bon de commande À retourner à Pêches sportives – Service abonnements – 29, rue de Clichy, 75009 Paris Cedex 9. Tél. : 01 49 70 12 20
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Actualités
Dans votre DVD
Le lancer de la mouche avec Philippe Boisson.
Technique de rotation de l’épaule. Comment poser
malgré le vent. Le lancer roulé en tenant
la mouche dans la main.
Au même titre que le golf ou le tennis, le lancer de la mouche
demande une bonne compréhension des gestes à effectuer.
Le lancer qui vous est présenté ici permet de pêcher à toutes
distances et pénètre très bien le vent. Il limite au minimum les
risques de voir la mouche rencontrer la canne, la soie ou le bas
de ligne. À partir de la décomposition geste par geste de cette
technique de lancer, Philippe Boisson vous indique comment
réaliser des posers qui favorisent une dérive naturelle sans
dragage de la mouche, notamment en cas de vent latéral.
Cette séquence explique également un lancer que notre pêcheur affectionne particulièrement, notamment pour la pêche
à la nymphe à vue. Il s’agit d’un lancer roulé un peu particulier
puisque la mouche est tenue dans la main pendant toute la
phase de préparation puis lâchée au dernier moment.
Bon de commande pour les non abonnés p. 11.
Lozère
Le charme pittoresque de La Maison du Pêcheur, à deux pas de la Colagne
Guide en Lozère depuis 1999, Stéphane
Faudon fait partie de la Compagnie des
guides de pêche de Lozère. Dans une
ancienne école rénovée dans le vieux
12
village du Monastier, situé au bord de la
Colagne, il a fait naître La Maison du Pêcheur. Chambres et table d’hôtes spécialisées dans l’accueil des pêcheurs.
Elle est le lieu idéal pour profiter de la
variété halieutique du pays des sources.
Une pièce spéciale est prévue pour les
waders et tout l’équipement qui ne demande qu’à sécher durant la nuit. Ambiance et déco pêche, accès à la rivière,
bibliothèque et boutique dédiée à la
pêche. Les chambres sont tout confort
et les repas et paniers repas sont réalisés à partir de produits frais du pays.
Le Monastier se trouve au centre du
département, ce qui permet lors d’un
séjour de pouvoir profiter de toutes les
rivières à truites que compte ce magnifique département :
Colagne, Lot, Bès, Tarn, etc.
Stéphane Faudon,
10, rue du Moulin,
48100 Le Monastier.
Tél. : 06 72 94 64 80.
www.lozerepechemouche.com
Pyrénées-Atlantiques
Le point sur les remontées de saumons
et de truites de mer sur le gave d’Oloron
La saison semble bien
partie sur le gave d’Oloron. Au 1er juin, la barre des 100 saumons pris a été franchie. Pour autant la saison semble en retard
puisque ce chiffre avait été atteint dès fin avril durant les deux
saisons précédentes. À noter que le no-kill fait de plus en plus
d’adeptes sur les gaves. Une pratique à encourager, dans la
lignée de la fête du saumon de Navarrenx qui a eu lieu le
3 juin et son challenge en no-kill.
Un peu moins de 500 truites de mer ont été comptabilisées
fin mai dans le gave d’Oloron. Rappelons qu’en moyenne,
environ 2 500 truites de mer (pour presque autant de saumons) remontent le gave malgré la prédation des « inscrits »
maritimes qui eux pêchent au filet. Sur ce cours d’eau vaste et
profond, les truites de mer du gave sont pour autant très dif-
Un geste pour la nature
La pêche de loisir pollue, il faut bien
l’admettre. Même si l’impact est minime, une campagne nationale
vient d’être lancée pour que chacun
fasse des efforts. La pêche aux
leurres est bien évidemment dans
le collimateur. Ce n’est pas, contrairement à l’image choisie en couverture de la plaquette pour cette
campagne, les leurres durs qui
posent le plus de problèmes (les
ficiles à localiser. La fermeture de la pêche du saumon, de
l’alose et de la truite de mer interviendra cette année le
31 juillet. La pêche à la mouche sera seule autorisée du
16 juin jusqu’au 31 juillet en amont du pont de Navarrenx,
puis sur tout son cours du 4 septembre au 17 septembre. De
même, « en 1re catégorie du gave d’Oloron sur tout son cours,
le port de la gaffe et l’utilisation de nylon ou tresse d’un diamètre supérieur à 20 centièmes de millimètre en bas de
ligne, sont autorisés aux seuls pêcheurs détenteurs de la taxe
CPMA migrateurs et munis d’une marque d’identification,
pendant les temps et dans les zones où la pêche du saumon. » Comme on peut le voir en lisant ces lignes issues de
l’arrêté préfectoral, le no-kill est encore loin d’être une pratique
généralisée…
pertes sur et hors eau sont rares) mais bien les leurres souples
en plastique ou dérivés qui finissent par se décomposer lentement et durant très longtemps au fond des lacs et des rivières.
Si le rôle de chacun est montré du doigt, celui des fabricants
d’autant plus. Les leurres en amidon (de maïs) comme les
Berkley Gulp Alive sont une bonne piste à travailler. Alors au
boulot !
F3P, une fondation… de plus
La Fondation Préservation, Patrimoine, Pêche (Fondation F3P),
créée le 29 août 2016, ambitionne d’acquérir des espaces comprenant des milieux aquatiques et/ou des zones humides dans
l’optique de les protéger. La fondation a pour but de créer des
espaces emblématiques accessibles et non des sanctuaires où
l’homme n’a pas sa place. Ces espaces devront devenir des
zones inédites de partage, privilégiant le loisir pêche, la découverte du milieu aquatique pour l’ensemble des usagers, notamment la jeune génération. Pour François Le Sager, président de
la F3P, « Cette conception novatrice de l’accès aux cours d’eau
proposée aux citoyens, contribuera à la prise de conscience
générale de la fragilité des écosystèmes qui nous entourent et
de leur nécessaire préservation ».
Soutenue par la FNPF, F3P s’attellera à fédérer d’autres partenaires financiers et des donateurs, convaincus de la démarche
et de l’opportunité d’avenir que constitue cette nouvelle approche du loisir pêche dans la préservation des cours d’eau de
l’Hexagone. Si l’action est louable, on peut toutefois lui reprocher d’être dissidente des autres, comme Natura 2000 ou le
réseau Rivières Sauvages. Et au final, toutes manquent de
moyens pour des résultats ambitieux.
13
Actualités
Un guide pour accompagner les porteurs de projet
d’effacement ou d’équipement de barrages
Vous êtes membre d’une AAPPMA, un
propriétaire de barrage, un élu, ou un
simple curieux, et vous voulez savoir
quelles sont les démarches à effectuer
pour supprimer, abaisser ou équiper un
barrage dans le respect de la continuité
écologique. Un guide a été édité par
l’Onema en fin d’année dernière (devenu Agence française pour la biodiversité depuis) pour accompagner les porteurs de projets.
De son côté, le guide de l’association
des techniciens de rivière Demain deux-
Berges (AD2B) a également édité un
guide aidant à l’élaboration de dossiers
en Adour-Garonne. Dans cette région
riche en poissons migrateurs, et sur les
quatre premières années du dixième
programme (2013-2016), 300 opérations de restauration de la continuité
écologique ont été accompagnées par
l’agence de l’eau dont 39 sont des effacements d’ouvrages.
www.demain-deux-berges.fr/guideeffacement-d-arasement-de-seuils-enriviere-133.html
Une campagne à soutenir
et à faire connaître
La maison de Jim Harrison en vente
Au même titre que les lingettes jetées dans les toilettes et qui
finissent par mettre en stand-by les filtres des stations d’épuration, les médicaments périmés ne doivent pas finir dans le
lavabo ou dans les toilettes. Les molécules ne sont pas traitées par les stations d’épuration et se retrouvent en grande
quantité dans les rivières. Les médicaments périmés doivent
être ramenés en pharmacie où ils sont ensuite acheminés
dans des unités spécialisées dans le retraitement de ces déchets toxiques pour l’environnement. Une campagne vient de
démarrer sur YouTube : Résidus de médicaments dans l’eau,
des déchets pas tout à fait comme les autres.
L’auteur de Un beau jour pour mourir, de Dalva, de Légendes
d’automne, et de bien d’autres romans et nouvelles fait partie
des légendes de l’Amérique. La maison de l’écrivain mort l’an
passé était à vendre depuis quelque temps et elle a sans doute
été vendue depuis. Cette maison était son lieu d’écriture au
bord du lac Leelanau dans le nord Michigan, lieu qu’il quittait
volontiers aux beaux jours pour rejoindre sa cabane du Montana, non loin des truites. La cabane comme la maison ont été
mises en vente. C’est bien triste de voir de tels endroits finir
dans les listes d’annonces immobilières. Espérons que les
acheteurs aient la volonté d’en faire des lieux de souvenir.
Soutenez le Collectif SOS Loue et Rivières Comtoises
Faites un don
Soutenir SOS LRC, c’est soutenir un
COLLECTIF qui se bat pour la défense des rivières
en Franche-Comté.
Soutenir SOS LRC, c’est donner les moyens financiers
pour rester indépendant et soutenir les bénévoles qui
luttent au quotidien contre les pollutions qui affectent
nos rivières et menacent notre ressource en eau.
Soutenir SOS LRC, c’est militer pour laisser
aux générations futures le droit d’avoir
un environnement de qualité.
Infos et dons en ligne sur www.soslrc.com
14
BIENVENUE DANS LA NOUVELLE
BOUTIQUE DE PÊCHES SPORTIVES
Les livres, c’est bien, mais il y a toujours un moment où il faut passer aux travaux pratiques.
Désormais, vous pouvez acheter autre chose que des livres sur la BOUTIQUE Web de Pêches sportives. Pour
autant, nous ne souhaitons pas devenir un vrai site de vente par correspondance. Notre projet est seulement
de donner un prolongement à ce que nous écrivons dans le journal. On vous parle de mouches à longueur
d’année. Et il est, certains d’entre vous nous l’ont dit, quelquefois difficile de faire son choix.
Eh bien, nous avons décidé de lancer, en collaboration avec Alain Barthélémy (AB Fly), les sélections Pêches
sportives pour toutes les techniques de pêche à la mouche.
64,50 €
Réf. : 229 235
la boîte
de 18 mouches
Le cycle de la mouche de mai :
• six modèles de la larve au spent pour coller à
l’éclosion du moment. Mouches montées par
Alain Barthélémy (AB Fly) proposées dans une
boîte de 18 mouches (3 par stade).
• Mouches non vendues au détail.
Toutes les mouches AB Fly sont montées sur des
hameçons Tiemco.
Bon de commande en page 81
Ou à commander sur : www.peches-sportives.com
15
67,50 €
La Fressane de Philippe Boisson : la célèbre nymphe de trichoptère enfin disponible
dans sa version originale. 18 mouches, deux tailles, 16 et 18 et trois lestages : pas de lestage
(fil de montage noir), cinq tour de fil de plomb (fil rouille), dix tours de fil de plomb (fil vert).
la boîte de 18 mouches
Réf. : 229233
Une sélection de 18 mouches sèches et émergentes de la collection AB Fly. Des modèles
qui font toute la réputation de la collection d’Alain Barthélémy. Hameçons 14, 16, 18 et
20 selon les modèles.
la boîte de 18 mouches
Réf. : 229236
Une sélection de 18 nymphes de la collection AB Fly parmi les incontournables de cette
collection réputée. Permet de pêcher la truite à vue durant toute la saison.
Hameçons n° 16 et 18.
la boîte de 18 mouches
Réf. : 229234
Assortiment de 6 mouches à saumons pour découvrir cette pêche. Sélection adaptée aux eaux
françaises (Bretagne), à l’Irlande, l’Ecosse ou l’Islande. Hameçons n° 10 à 4 selon les modèles.
62 €
67 €
49 €
la boîte de 6 mouches
Réf. : 229237
Bon de commande en page 81
Ou à commander sur : www.peches-sportives.com
16
Un assortiment de 6 mouches à brochet parmi les meilleures pour la pêche de ce carnassier.
Tailles maxi 20 cm, faciles à lancer.
Un assortiment de 6 mouches mer pour la pêche côtière et notamment pour la pêche du bar.
Tailles 6 à 15 cm.
Une boîte “réservoir” de 18 mouches pour faire face à toutes les situations courantes.
Idéale pour découvrir la pêche en réservoir. Pêche légère avec de petites mouches
et pêche au streamer. Tailles 16 à 6.
66,50 €
L’assortiment de 6 mouches
Réf. : 229240
46 €
L’assortiment de 6 mouches
Réf. : 229239
77,
50 €
la boîte
de 18 mouches
Réf. : 229238
17
Les cannes
Pêches sportives
A force d’analyser les qualités et les caractéristiques des cannes
à mouches, nous avons décidé de lancer les nôtres, dans l’esprit
de ce qui nous plaît.
Deux cannes seulement, sélectionnées par Philippe Boisson et
montées en exclusivité pour les lecteurs de Pêches sportives par
Zéro Limite.
Cannes Pêches sportives
Modèles Progression
Action progressive. Canne sélectionnée pour sa polyvalence, qui convient
pour la pêche à la nymphe à vue ou au fil et la pêche à la mouche sèche.
Action plutôt douce, compatible avec les pêches les plus fines. Grande rapidité de mise en action qui permet de sortir un long bas de ligne facilement.
Canne sobre, qui ne brille pas. Poignée assurant une bonne prise en main.
Porte-moulinet et anneaux titane Pacific Bay. Livré en tube rigide compartimenté. Fortait en cas de casse d’un brin : 60 euros.
Une vidéo de présentation est disponible sur notre site Internet www.pechessportives.com
Modèle présenté : 9’ # 4/5 en 4 brins.
Ce modèle est désormais disponible en 9’ # 5/6 en 4 brins.
431,10 €
Réf. : 229 231
Bon de commande en page 81
Ou à commander sur : www.peches-sportives.com
18
Cannes Pêches sportives
Philippe Boisson signature
“La canne dont j’ai toujours rêvé ! Ce blank est un modèle d’équilibre et de
progressivité sans le moindre “rebond” ou section délicate à contrôler durant
le lancer. Il permet de pouvoir entrer en action de pêche rapidement et de réaliser le lancer et le poser souhaité très naturellement. Ces deux modèles de
cannes, identiques, mais de puissances différentes permettent de rapidement
obtenir de la vitesse et une excellente pénétration de la soie et du bas de ligne
dans l’air et le vent. Elles conviennent pour les pêches fines d’aujourd’hui avec
de longs bas de ligne. Le modèle pour soie n° 6 est éprouvé pour les gros poissons ou les pêches à la mouche sèche en grande rivière lorsqu’il faut lancer
loin. Le modèle pour soie n° 5, très agréable, est particulièrement adapté à la
pêche de tous les jours où il apporte confort et légèreté. Ces deux modèles
sont devenus mes cannes exclusives pour la pêche à la nymphe et à la mouche
sèche (à utiliser avec une soie Lee Wulff Triangle Taper n° 5). Plutôt adepte des
cannes en deux brins depuis longtemps, je dois reconnaître que ses quatre éléments se font totalement oublier.”
Ph B.
Blank “green forest”, mat, qui ne brille pas. Anneaux titane très haute qualité qui
ne vibrent pas et ne s’usent pas. Porte-moulinet à vis avec insert carbone. Poignée qui offre une bonne prise en main pour plus de précision (différents diamètres et formes possibles). Livré en tube compartimenté. Montage Daniel
Guyot (Zero Limite). Forfait en cas de casse d’un brin : 60 euros.
Philippe Boisson signature 9′ # 5 en 4 brins.
Philippe Boisson signature 9′ # 6 en 4 brins.
780 €
Réf. : 229 241
19
Echo du radier
L’évolution des lacs naturels du massif jurassien
Lacs naturels d’origine glaciaire, les plans d’eau du massif jurassien situés de part et d’autre de la frontière franco-suisse
semblent inchangés depuis des millénaires. Au siècle dernier, ces lacs ont connu leur lot de dérèglements liés aux activités
humaines. Ils sont aujourd’hui mieux protégés mais restent d’une grande fragilité. Voici l’histoire de ces lacs, qui de nos jours
connaissent un regain d’intérêt de la part des pêcheurs.
Par Guy Périat et Sylvain Richard
Alors que le nombre de pêcheurs en rivière régresse
depuis plusieurs années, la
pêche amateur en lac se
maintient, voire se porte un
peu mieux. Si l’on prend
l’exemple de la Suisse, les
permis de pêche amateur sur
le lac de Neuchâtel ont augmenté de près de 20 % ces
20
dix dernières années, alors
que dans le même temps
les pêcheurs en rivière ont
été réduits d’autant. En
Franche-Comté, la tendance
semble identique. Les cours
d’eau sont de moins en
moins arpentés par les pêcheurs et la fréquentation des
lacs apparaît mieux résister
à cette érosion. Comment
peut-on expliquer cette situation ? Les lacs seraient-ils plus
intéressants que les cours
d’eau ?
De véritables joyaux
naturels
Tout d’abord, il est important
de rappeler que les lacs du
massif jurassien (Saint-Point
[25], Chalain [39], Clairvaux
[39], Joux [CH], etc.) sont des
plans d’eau naturels, ayant
une origine glaciaire. Il ne
faut donc pas les confondre
avec les étangs ou autres retenues artificielles, édifiés à
l’aide de digues ou de barrages barrant un ruisseau ou
Les pêcheurs sont pour une
part opposés aux suppressions
de seuils, ce qui fait le jeu de
l’hydroélectricité. Le 15 février
dernier, les défenseurs de la
biodiversité ont perdu la bataille.
un cours d’eau. Ces lacs naturels sont de véritables joyaux
environnementaux et ils évoluent depuis plus de 10 000
ans au gré de la dynamique
des vallées jurassiennes. Ils
sont bordés de zones humides riches en biodiversité
et constituent encore, la plupart du temps, des réserves
Après 6 000 ans de conservation
exceptionnelle permise par une immersion
permanente, les abaissements de niveaux
d’eau et les drainages des zones humides
gangrènent la conservation des trésors
archéologiques, protégés par l’Unesco.
d’eau potable d’importance.
Certains sont même classés
monuments
historiques
(Clairvaux [39], Chalain [39])
car ils possèdent des vestiges
néolithiques sur pilotis, dits
palafittes,
protégés
par
l’Unesco. Ainsi, il y a près de
6 000 ans, les hommes
étaient déjà attirés par les
lacs du Jura. Leur écrin naturel, la beauté des paysages
qu’ils dessinent et leurs richesses ont donc depuis toujours été convoités. Cette
situation est d’autant plus remarquable que la concentration de ces lacs sur ce massif
de moyenne altitude est
unique en France. Seule l’Auvergne, avec ses quelques
lacs de cratère, rivalise en
termes de densité de plans
d’eau naturels. Les autres régions de moyenne et basse
altitudes en sont naturellement dépourvues, du fait de
l’absence des processus géologiques et climatiques à
l’origine de leur apparition.
Les lacs naturels constituent
donc une véritable particularité paysagère du massif du
Jura. C’est une carte de visite
touristique et halieutique de
haute valeur. Ce n’est pas
par hasard si leur fréquentation est importante depuis
très longtemps. Se délasser,
se baigner, pêcher ou naviguer sur ces curiosités de la
nature est donc un privilège
qui attire toujours plus de
monde.
Les lacs sont-ils plus
propres que les cours
d’eau ?
Alors que les tragiques mortalités massives de la Loue,
du Doubs franco-suisse ou
encore du Dessoubre sont
récentes, force est de constater que sur les lacs, les
grandes hécatombes de
poissons appartiennent au
passé ! Ce sont dans les années 1970-1980 que ces milieux ont pu connaître des
21
Echo du radier
Figure 1 : Évolution des teneurs en phosphore total dans le lac de Neuchâtel (triangle noir) et du
Léman (courbe bleue) selon la classification trophique de l’OCDE (données CIPEL & BENEFRI).
Évolution temporelle de la surface occupée par la végétation ligneuse (vert foncé) au niveau des
grand et petit lacs de Clairvaux (données à partir de photos IGN).
épisodes de fortes mortalités, dont l’origine était liée
principalement à la désoxygénation des zones profondes. Elles étaient la
conséquence des pollutions
domestiques et agricoles, rejetées sur leur bassin versant
et mal ou non traitées.
Heureusement, ces signaux
d’alarme ont initié une prise
de conscience collective des
problèmes. La mise en place
de systèmes d’épuration a
22
permis, petit à petit, de traiter
et de juguler ces apports excessifs d’eaux usées. À
l’image du lac de Neuchâtel
en Suisse ou encore des lacs
alpins comme le lac Léman
(cf. figure 1), la concentration
en phosphore, marqueur
de pollution, s’est donc améliorée.
Depuis la mise en place des
programmes d’épurations
collectives, tout n’est pas réglé pour autant, et certains
lacs subissent encore des apports excessifs en nutriments. Leurs couches profondes ont toujours des
problèmes de désoxygénation une bonne partie de
l’année, comme le montrent
les suivis réalisés sur les lacs
de Morat (CH), de Joux (CH)
ou encore de Rémoray (25).
Certains plans d’eau ont par
ailleurs subi des dégradations plus récentes et progressives de leur qualité
d’eau. Il s’agit en particulier
du lac de Chalain (39) et,
dans une moindre mesure,
du lac Saint-Point (25).
Si l’on essaie de synthétiser
la situation actuelle, on peut
dire que l’évolution de la
qualité de l’eau des lacs naturels du massif du Jura est
mitigée. Dans l’ensemble, les
pollutions domestiques ont
diminué assez significativement ces trente dernières
années. Toutefois, elles ne
sont encore pas totalement
traitées et certains plans
d’eau souffrent toujours
d’excès d’apports en nutriments, d’origine agricole en
particulier. Et plus récemment, des contaminations
toxiques peuvent être suspectées pour certains d’entre
eux. La qualité d’eau des lacs
apparaît donc assez similaire
à celle des cours d’eau, qui
ont fait l’objet des mêmes
efforts en termes d’épuration
des effluents. Elle ne peut
donc pas à elle seule expliquer le relatif engouement
halieutique observé pour les
lacs naturels par rapport aux
rivières, si ce n‘est l’absence
depuis longtemps de cas de
mortalités massives de poissons.
La morphologie des lacs
est-elle mieux préservée ?
Comme les ruisseaux et rivières, les lacs naturels ont
subi de nombreuses et anciennes modifications de
leur morphologie. Dès le
Moyen Âge, les hommes ont
aménagé l’exutoire de ces
plans d’eau afin de maîtriser
et d’utiliser la force hydraulique pour le fonctionnement des forges, des moulins, etc. Certains ouvrages
ont été transformés au fil du
temps en usine hydroélectrique.
Le cas des lacs de Joux et
Brenet en Suisse illustre bien
cette anthropisation. Ils
Figure 2 : Évolution de l’oxygénation de la colonne d’eau des lacs Chalain et Saint-Point en fin de saison estivale (données : Kreitmann,
1937 et Fédérations de pêche du Jura et du Doubs).
Dans les années 1970-1980, au printemps durant le dégel ou lors d’épisodes caniculaires critiques,
de grandes hécatombes de poissons pouvaient être observées sur les plans d’eau.
avaient à l’origine la même
altitude et il était donc possible de naviguer de l’un à
l’autre. Mais la mise en place
d’une prise d’eau pour alimenter une usine hydroélectrique à partir de la fin du
XIXe siècle au niveau de
l’exutoire du lac Brenet a entraîné son abaissement de
l’ordre de 4 mètres. En
conséquence, près d’un
quart de la surface lacustre a
été perdue en 150 ans !
Sur le lac de Chalain (39), la
situation a été encore plus
problématique. En 1904,
une autorisation d’abaisser
le niveau du plan d’eau de
10 mètres a été accordée
pour produire de l’hydroélectricité. Une des conséquences a été des glissements de terrain au niveau
de certaines plages et une
partie des vestiges palafittes,
datant de près de 6 000 ans,
ont été détruits…
Même sans l’objectif d’une
exploitation hydroélectrique,
les lacs naturels ont pu subir
un abaissement de leur ni-
veau d’eau. Les différentes
corrections des eaux du plateau suisse ont ainsi abaissé
les lacs de Neuchâtel, de
Bienne et de Morat de 1,5 à
2 m. Dans le Jura, l’exutoire
du grand lac de Clairvaux a
été abaissé de 50 cm ; et les
lacs de Bonlieu, de Viremont,
etc. ont subi les mêmes
types d’atteintes. La finalité
historique recherchée par
cette réduction du niveau de
l’eau était de gagner des
terres agricoles, en drainant
et en mettant hors d’eau les
zones humides qui entourent les lacs naturels. Plus
récemment, l’abaissement
estival volontaire du niveau
d’eau, quand il est pratiqué,
a plutôt pour objectif de
mettre suffisamment de surface de plage à la disposition
des baigneurs…
Les conséquences de ces interventions sur le niveau
d’eau des lacs naturels sont
de plusieurs ordres :
– Premièrement, la réduction
et l’assèchement des milieux humides peuvent remettre en cause l’oxygénation pérenne des couches
profondes des plans d’eau.
En effet, le drainage et l’exploitation des sols entraînent leur minéralisation
et, alors que ces horizons
ont naturellement le pouvoir de stocker la matière
organique, ils vont relarguer des nutriments qui
vont être entraînés vers le
lac et accentuer la désoxygénation des fonds.
– Deuxièmement, les volumes lacustres et l’éponge
d’eau fraîche estivale contenue dans les zones humides sont réduits. Les
23
Echo du radier
L’intérêt écologique de ce type
de lac saute ici aux yeux.
On remarque en revanche
que la zone agricole
est toute proche (lac du Maclu,
Jura français)…
températures des eaux des
affluents et du lac vont
avoir tendance à augmenter, pour devenir parfois incompatibles avec la survie
des poissons les plus exigeants comme la truite, le
corégone, etc.
– Troisièmement, la gestion
artificielle des niveaux d’eau
peut réduire drastiquement
les surfaces de frayères pour
les poissons, voire interdire
leur accès. C’est en particulier le cas pour le brochet,
qui apprécie la végétation
rase des rives en pente
douce, inondées au printemps suite la fonte des
neiges, pour aller y déposer
ses œufs.
– Quatrièmement, la biodiversité rare de ces zones humides est très fortement menacée. Le manque d’eau en
été favorise en effet le développement de végétation ligneuse (saule, aulne, bouleau, etc.), qui transforme
progressivement ces milieux
ouverts en forêt arbustive aux
habitats plus communs. Les
24
espèces qui y sont alors observées sont peu diversifiées,
car d’une part, il y a encore
trop d’eau pour permettre le
développement d’un peuplement forestier varié et d’autre
part, il n’y en a plus assez
pour que les cortèges d’espèces d’orchidées et de
plantes carnivores inféodées
aux milieux humides s’épanouissent. C’est alors la porte
ouverte aux taxons peu exigeants et bien souvent
invasifs. Les différents milieux
constituant le pourtour des
lacs se ferment et deviennent
monotones, se banalisent.
Par ailleurs, les sols encore un
peu humides autour du lac
sont peu portants et donc difficilement compatibles avec
une agriculture mécanisée.
Paradoxalement, alors que
ces travaux avaient pour objectif de gagner des surfaces
agricoles, elles ont été progressivement laissées à
l’abandon à partir des années
1950, ce qui a favorisé encore
leur enfrichement par les ligneux.
Enfin, pour ceux qui en possèdent (Clairvaux [39], Chalain [39]), les vestiges archéologiques sont mis au
contact de l’air à cause d’un
manque d’eau récurrent.
Cette situation favorise la dégradation des éléments organiques (bois, cuir, tissus,
etc.) qui constituent l’essentiel des trésors archéologiques palafittes.
Ainsi, après 6 000 ans de
conservation exceptionnelle
permise par une immersion
permanente, les abaissements de niveaux d’eau et
les drainages des zones humides gangrènent la conservation de ces témoins
uniques de notre passé, protégés par l’Unesco.
Promouvoir la restauration
des lacs naturels
Les lacs naturels jurassiens
ne sont donc pas forcément
mieux lotis que les rivières
en termes de fonctionnement morphologique et leur
niveau de conservation est
donc tout aussi inquiétant.
Ils ont quasi systématiquement tous subi une artificialisation de leurs niveaux d’eau
et/ou une transformation de
leurs rives.
Leur intérêt halieutique apparemment supérieur n’est
donc pas clairement lié à
une meilleure préservation
de leur environnement. Ils
demeurent cependant plus
attractifs que les cours d’eau
pour la pêche sportive. En
conséquence, l’intérêt et
l’opportunité de promouvoir
et favoriser la restauration de
ces milieux écologiques si
particuliers sont réels.
Et ce d’autant plus que les
pressions et les velléités
d’aménagement d’antan se
sont estompées au fil du
temps.
Le contexte est donc favorable pour réparer les erreurs
du passé, qui péjorent malheureusement toujours le
fonctionnement et la conservation de ces milieux lacustres, écosystèmes singuliers et fleurons touristiques
de la montagne jurassienne.
Oxygénation des lacs naturels et biodiversité
La quantité d’oxygène des couches les plus profondes d’un
lac naturel est déterminée principalement par la présence
du phénomène de brassage des eaux (cf. Pêches Sportives
n° 79). Pour les lacs jurassiens, il intervient deux fois dans
l’année, lors du réchauffement printanier et du refroidissement automnal.
Dans une situation non perturbée, la dégradation continue
par les bactéries de la matière organique lessivée vers le
plan d’eau n’entraîne généralement pas une consommation de tout l’oxygène dissous dans l’eau. L’ensemble de la
masse d’eau du lac, des couches de surface à celles plus
profondes, reste ainsi bien oxygéné. Les organismes
aquatiques, poissons et invertébrés notamment, peuvent
donc s’y développer de manière optimale en fonction de
leurs exigences et tolérances propres. Un cortège varié et
diversifié d’espèces peut donc y être rencontré à toutes les
profondeurs.
À l’inverse, lorsque les apports de matière organique au
plan d’eau sont excédentaires, sa dégradation par la faune
microbienne va entraîner une consommation excessive
de l’oxygène dissous dans l’eau. Pendant la période de
stratification du printemps à l’automne, il n’y a pas de
possibilité de réoxygéner les couches profondes (aucun
brassage d’eau et aucune photosynthèse). En consé-
quence, si les consommateurs sont plus nombreux que
le volume d’oxygène donné par le brassage printanier, la
concentration des couches profondes va alors diminuer
progressivement jusqu’à, dans certaines situations extrêmes mais malheureusement assez fréquentes, atteindre zéro. Le fond du lac devient donc anoxique. Toute
la productivité du plan d’eau est perturbée, les sédiments
ne sont plus mélangés par la faune benthique (mollusques, vers, insectes), les éclosions de chironomes et
autres insectes sont affectées, les frayères d’omble ou de
lotte sont détruites, etc.
Les couches profondes pauvres en oxygène ou désoxygénées sont alors désertées par les organismes aquatiques
qui ne peuvent plus y vivre. Le volume du lac nécessaire
pour la réalisation de leur cycle biologique se trouve donc
réduit. Dans certains cas sur toute la colonne d’eau, on
ne trouve même plus de couche d’eau froide oxygénée
lors d’étés caniculaires. Les truites, par exemple, n’ont
donc plus d’endroit où se réfugier et la forme lacustre de
ce poisson disparaît. L’ensemble des peuplements est
déséquilibré. Les espèces les plus tolérantes pullulent
dans les bords (gardon, rotengle, perche, brème) et
celles de pleine eau (corégone, truite) ou de profondeur
(omble, lotte, chabot) disparaissent.
25
Technique
Détendez-vous,
allez à la pêche * !
Finesse, discrétion, perspicacité… au secours, la pêche devient trop difficile ! Connaître
les mœurs des poissons et posséder un bagage technique minimum qui permette de les
solliciter dans des conditions normales, c’est une chose… mais parvenir à tirer son
épingle du jeu lorsque les truites sont dérangées tous les jours et que les conditions
d’étiage ne les incitent pas à se mettre à table, c’en est une autre ! L’été est souvent la
saison où l’apathie alimentaire et la surfréquentation des cours d’eau rendent la pêche
infernale… Quelques pistes pour ne pas craquer !
Par Jean-Christian Michel
D
ans
certaines
rivières, la surfréquentation
et l’étiage commencent désormais le jour… de l’ouverture !
Après quinze jours de pêche,
une fois que tout le petit monde
de l’onde a goûté du Tiemco ou
26
bien s’est habitué à fuir à tire
nageoires à la vue d’un scion, les
ardeurs halieutiques n’ont pas
besoin des giboulées pour se
refroidir. Au début, pendant
quelques jours, les truites sont
toujours naïves et peuvent être
capturées presque n’importe
comment. L’explication est sim-
ple : elles ont passé tout l’hiver
tranquilles à vivre leur vie de
truite au grand jour et à reprendre possession de leur rivière,
alors elles ne se méfient pas.
Mais quand les waders, les cuissardes et les silhouettes de
chaque côté des rives recommencent à défiler en bataillon,
* Comme le disait le slogan de l’UNPF dans années 1980 : Détendez-vous, allez à la pêche !
plus efficace que la pêche à la
mouche pour parvenir à ferrer
une truite méfiante dans des
conditions difficiles. Cherchons
à comprendre pourquoi avant
de voir comment ces mêmes
raisons poussées à l’extrême
peuvent nous aider à tirer notre
épingle du jeu sur les parcours
les plus fréquentés.
Avec une canne à mouche, lors
de la mise en œuvre des techniques conventionnelles, c’est la
ligne qui propulse le leurre et
non l’inverse comme c’est le cas
de la pêche au lancer. Il en résulte qu’un pêcheur à la mouche
qui maîtrise sa gestuelle est capable de présenter à une truite
située à 10 ou 15 mètres de lui
une nymphe ou une mouche
sèche microscopique sans que la
truite ne soit alertée. Dans les
parcours surfréquentés c’est cette
course à la discrétion qui va
permettre de ferrer quelques
poissons même dans des conditions difficiles alors que les copains font chou blanc.
elles ne resteront pas longtemps
crédules. Ce qui est vrai les premiers jours de la saison est également vrai plus tard sur des
poissons « neufs », comprenez
qui apparaissent à un certain
moment de l’année, souvent
pour une raison liée à la température et à l’oxygénation (ou
plus rarement à un besoin alimentaire) et qui n’ont pas été
sollicités de toute la saison pour
la bonne raison qu’ils avaient le
gîte et le couvert dans des recoins
inaccessibles. Mais quand une
truite est sur ses gardes, c’est là
que le grand jeu commence et
que la pêche à la mouche prend
toute sa mesure. Si lorsque les
conditions de pêche sont faciles,
bien des techniques permettent
de capturer du poisson, à mon
sens, il n’existe pas de technique
– Finesse :
Le diamètre du fil habituellement utilisé pour confectionner
votre pointe est en lien avec la
taille de la mouche (par exemple, un hameçon n° 18 ou 20
s’accommode bien d’un fil en
10/100 alors qu’avec un n° 24
un 8/100 sera mieux indiqué).
Or, dès que la concurrence entre pêcheurs accentue la méfiance des poissons, pêcher avec un
diamètre de fil inférieur d’une
taille à la moyenne de celui employé par les confrères et allonger la longueur de la pointe
(dans les rivières calmes) est un
premier pas pour renouer avec
la réussite. Passer d’une pointe
de 1,8 m en 12/100 à une pointe de 2,5 m en 10/100 change
grandement la donne et une étape de plus est franchie lorsque
cette même pointe est réalisée en
8/100 ! Pourtant cette course à
la finesse et à la discrétion, toute
nécessaire qu’elle soit, ne doit
pas masquer les vrais enjeux. Ce
qui rend la capture possible, ce
n’est pas le diamètre du fil mais
la qualité du coup de ligne.
Mieux vaut attaquer une truite
avec un diamètre de fil moyen
mais avec un poser qui permet
de présenter correctement la
mouche sans dragage, plutôt
que de mal pêcher avec du fil
fin. Le fil fin permet de cacher
un peu les fautes mais il ne permet pas de changer un bourricot en cheval de course ! Sans
compter que lorsqu’on ferre une
truite de taille correcte en
10/100, les chances de la mettre
à l’épuisette sont réelles alors
qu’en 8/100 la moindre algue
qui croise la trajectoire du
poisson dans sa fuite peut mettre un terme définitif à vos
espoirs !
On peut tenir à peu près le
même discours sur la finesse du
fil que sur la taille des hameçons. Une truite qui a déjà
été capturée avec une taille de
nymphe s’en méfie et lui présenter le même modèle mais
dans une taille légèrement inférieure peut suffire à lui faire
ouvrir la gueule. Pourtant, tout
n’est pas aussi simple. Se dire
qu’en été il faut pêcher plus fin
et plus petit est de bon sens mais
ce n’est pas suffisant. Quelques
fois, une nymphe trop petite est
moins prenante qu’un modèle
standard. Une nymphe numéro
18 non plombée qui passe bien
lors de sa dérive peut être refusée si la truite a déjà été piquée
avec. On aura alors tendance à
vouloir essayer un modèle monté sur un hameçon numéro 20
ou 22… et il risque fort d’être
refusé car pour obtenir la même
dérive avec un modèle plus petit
il conviendra soit de diminuer
le diamètre du fil, soit de choisir
En été, tout
est bon pour
déjouer la
méfiance des
truites. Vous
devez vous
faire oublier.
27
Technique
un modèle lesté par quelques
enroulements de fil de plomb
afin de compenser le poids de
l’hameçon. Ceci permettra à la
fois de faire couler la nymphe à
la bonne profondeur et de neutraliser le dragage si votre poser
est suffisamment détendu.
Côté modèle de nymphes vous
avez le choix… mais quand les
conditions sont difficiles, si
vous voulez miser sur une valeur sûre, je crois qu’avec une
mini-oreille de lièvre sombre
(vert, noir) pour pêcher sous la
surface et une oreille de lièvre
claire (naturelle) pour pêcher
au-dessus, vous avez entre
les mains les deux meilleures
mouches d’étiage pourvu qu’il
ne soit pas question de pêcher
trop profond !
– Discrétion :
Une fois ces repères de bon sens
posés nous pouvons enfin nous
mettre en pêche.
D’abord, si vous décidez de pratiquer en wading, soyez parcimonieux dans vos déplace28
ments. Avec des poissons
méfiants et sur des parcours surfréquentés, l’emploi des waders
ne devrait être autorisé qu’à
ceux qui ont passé un permis de
bonne conduite tant – lorsqu’il
est mal utilisé – il n’existe pas
d’ustensile plus adapté pour
provoquer la fuite des poissons !
Les waders doivent être utilisés
des rivières de plaine, je suis à
peu près convaincu que les truites perçoivent assez précisément
ce qui se passe à 15 ou 20 mètres
d’elles ! Autant dire que si vous
attaquez en wading une truite à
10 ou 15 mètres de vous, vous
vous trouvez en plein dans son
domaine ! Pour ne pas être aussi
discret qu’un éléphant dans un
Méfiez-vous de l’ombre de votre soie
qui passe au-dessus de la tête des truites
et avec des poissons stressés, dites-vous
que le premier lancer doit être le bon…
C’est facile à dire !
pour se placer et non pour se
déplacer. Si dans les eaux rapides il est fréquent de progresser
dans le lit de la rivière de l’aval
vers l’amont sans forcément
mettre en alerte les poissons
dont l’attention est fixée vers
l’amont et sur les quelques
mètres qui les entourent, en revanche, sur les grands miroirs
magasin de porcelaine, ditesvous qu’en grande rivière le wader doit être seulement utilisé
lentement, lentement, lentement afin d’aller se placer à un
point précis (à la façon des
pêcheurs qui vont se placer pour
attendre le coup du soir) mais
jamais pour se déplacer de façon
aléatoire dans le lit du cours
Page de gauche : le coup de la « surprise », joué plein amont et avec une nymphe au lestage bien choisi
qui tombe derrière la tête de la truite est parfois une bonne solution. Mais c’est quitte ou double !
Ci-dessus : l’auteur profite du terrain pour se cacher et pour tenter un lancer arbalète. Chaque geste doit
être mesuré au millimètre. De la détente la pêche ? Plutôt une guerre des nerfs.
d’eau comme on le ferait en eaux
rapides. Méfiez-vous de l’ombre
de votre soie qui passe au-dessus
de la tête des truites et avec des
poissons stressés, dites-vous que
le premier lancer doit être le
bon… C’est facile à dire !
Depuis la berge, la pêche est
tout aussi difficile car depuis le
début de la saison les truites ont
été attaquées à de nombreuses
reprises, si bien qu’il suffit
qu’elles voient une canne à
pêche pour se pétrifier ou prendre la fuite. Si vous le pouvez,
placez-vous 4 ou 5 mètres en
retrait de la berge, lancez de
préférence en vous mettant à
genoux et en vous tenant dans
l’ombre ou en ne laissant dépasser qu’un œil au-dessus de la
végétation rivulaire. Limitez le
nombre de faux-lancers et évitez de fouetter comme un damné pour faire monter votre bas
de ligne entre les anneaux.
L’idéal est de sortir à l’avance le
bas de ligne, de faire un seul
faux-lancer et de poser aussitôt…
Une autre solution, lorsque toutes les possibilités habituelles
semblent
verrouillées
est
d’attaquer les truites selon des
angles impossibles, par exemple,
pêcher depuis une rive boisée en
se faufilant entre les ronces et en
pêchant avec un mètre de soie et
au moyen d’un lancer roulé très
court… Si vous ne craquez pas
après avoir laissé trois pointes
dans les branches et autant de
mouches, vous parviendrez quelquefois à prendre un poisson de
grande, grande valeur !
Pêcher de loin ou de près ?
Dans certaines conditions extrêmes, les truites postées de
façon bien visible ne se laissent
même plus pêcher. Vous avez
beau poser votre bas de ligne de
sept mètres de dix ou quinze
mètres en amont du nez de la
truite pour ne pas qu’elle
perçoive l’onde provoquée par
le poser, lorsque le bas de ligne
arrive à trois ou quatre mètres
d’elle, tout le monde à disparu !
Une solution paradoxale pour
capturer parfois une de ces
truites hyperméfiantes est de
l’attaquer plein amont et de poser une mouche sèche ou une
nymphe légèrement en arrière
d’elle afin qu’elle soit surprise et
se retourne pour prendre par
réflexe. Cela peut également
fonctionner avec une petite
nymphe. Paradoxalement, le léger impact de la nymphe, loin
de provoquer un réflexe de fuite
comme c’est le cas lorsque cela
se passe quelques mètres devant
son nez peut provoquer un
réflexe de préhension. Il ne faut
pas généraliser ce cas particulier :
c’est une sorte de pêche à la
nymphe « à la surprise »… à
utiliser avec modération et sur
ordonnance !
29
Technique
Vers une double crise
de la pêche aux leurres ?
Le constat est général, des lacs landais à la Saône et de la Seine au Léman,
partout le même son de cloche. La pêche aux leurres devient de plus en plus
difficile. Les poissons se sont habitués à une pression de pêche qui n’a cessé
d’augmenter. Les changements climatiques avec de longs mois sans pluie, des
crues marquées mais très courtes, l’apparition de nouvelles espèces, souvent
invasives, sont autant de nouveaux paramètres qu’il faut prendre en compte
pour tenter de s’adapter.
Par Jean-Marc Theusseret
30
Q
u’il est loin le temps
où avec trois leurres
Lucky Craft, on
faisait sa pêche.
C’était il y a une dizaine d’années seulement. C’était l’époque
où, aidés par Franck Rosmann,
alias Achille Gan et Alban
Choinier, qui tenaient tous
deux leur rubrique dans Pêches
sportives, nous nous jetions à
fond dans l’aventure, dont nous
savions qu’elle était plus qu’un
simple complément pour tuer
le temps quand on ne pêche pas
à la mouche. Nous avons connu des moments fantastiques
au bord de l’eau, en rivière
comme en lac. Cet engouement
pour le leurre, qui a d’une certaine façon révolutionné la
pêche en France, a créé une
demande, matérielle, qui fut
naturellement comblée par les
fabricants. En une dizaine d’années, ces quelques leurres confidentiels ont fait place à des
linéaires toujours plus grands,
de produits de toutes sortes
dans les magasins, souvent très
bons d’ailleurs, qui se renouvellent presque chaque année. La
barque en bois a cédé sa place
La pêche en
float-tube
connaît un
fantastique
engouement.
C’est le plus
simple moyen de
prendre le large !
31
Technique
Une crue après cinq mois sans pluie. Rien
de mieux pour faire une belle pêche
de sandres dans une darse où les poissons
se sont rassemblés. Celle-ci, l’hiver dernier,
n’a pas duré plus de quatre ou cinq jours
et il valait mieux ne pas la rater,
car Dieu seul sait quand aura lieu
la prochaine. Trente-huit sandres pris sur
le pic de crue pour ce bateau.
au bass-boat, l’électronique
s’est développée en parallèle
pour aider le pêcheur à mieux
s’en sortir. Et la mayonnaise a
bien pris puisque partout, du
moindre petit lac aux fleuves et
passant par des rivières pas du
tout connues, la pêche aux
leurres s’est développée de
façon exponentielle.
Les poissons, eux, ont tout vu.
Ceux qui sautaient sur le premier spinnerbait venu réfléchissent désormais à trois fois avant
de se lancer. Même les gros brochets du lac Léman ne se prennent plus aussi facilement qu’il
y a seulement cinq ans. Partout
le constat est identique. Le leurre
prend toujours du poisson, mais
c’est de moins en moins facile.
Pour le sandre, c’est un peu la
32
même chose. La saison se résume à deux ou trois moments
forts qui peuvent être courts.
Certains lacs pourtant excellents
il y a quelques années deviennent de moins en moins évidents à pêcher alors que les
poissons sont toujours bien là.
L’échosondeur trouve toujours
des poissons, mais hormis lors
de rares moments fastes, le premier passage sur le poste génère
une touche et souvent une prise, éventuellement une deuxième, puis des touches ratées,
puis plus de touches du tout.
Sur ce même poste quelques
années plus tôt, il était possible
de prendre plusieurs poissons à
condition de chercher un peu le
leurre du moment.
Seules les perches, lunatiques,
voire cyclothymiques, semblent
toujours aussi affamées dans les
phases de frénésie alimentaire
qui les caractérisent, sauf en eau
très claire, où la première prise
au bout de la ligne est observée
par le reste du banc. À la troisième, voire la seconde, le reste
ne se fait plus berner.
On pourrait comparer cette situation avec les truites d’un
parcours peu très pêché qui
soudain s’ouvre au domaine
public et voit défiler beaucoup
de monde. Les truites qui
toléraient un petit dragage de la
mouche ne supportent rapidement plus rien. Les dérives doivent être parfaites sinon c’est le
refus ou la fuite. Contrairement
aux apparences, les carnassiers
ne sont pas plus « limités » que
des truites sauvages. Depuis
l’invention du poisson nageur
par Lauri Rapala dans les années 1950, les concepteurs de
leurres n’ont eu de cesse que de
casser la monotonie de la nage
des leurres pour surprendre les
poissons. Ça a marché et ça
marchera encore longtemps,
sauf lorsque les conditions ne
sont pas favorables. Car on
aborde ici un point essentiel,
celui des conditions hydrologiques et météorologiques.
Les changements
du climat…
Depuis que les poissons se sont
habitués aux leurres, on remarque que les belles pêches ne
se font plus que lorsque les conditions météorologiques et
donc hydrologiques sont favorables. Les hivers très peu pluvieux et doux de ces dernières
années sont à l’origine d’un marasme généralisé pour la pêche
en rivière ou en fleuve. Des eaux
claires, basses et plutôt tempérées, qui ne sont guère propices aux rassemblements des
poissons blancs. Seule une crue
redonne le sourire aux pêcheurs.
Des eaux plus troubles, des
poissons moins méfiants, de
grosses concentrations de
poissons blancs et de carnassiers
sur des postes très marqués à
l’abri des forts courants. Il n’en
faut pas plus pour faire une
belle pêche de sandres. Mais ces
années dernières, il n’était pas
rare de connaître qu’une seule
crue par hiver. Le bon moment
ne dure au mieux une petite se-
Aujourd’hui, la grande diversité de leurres
ne suffit pas toujours à tromper la méfiance
de carnassiers dont certains ont un âge
équivalent au développement
de la technique dans notre pays.
maine. Le niveau des grandes
rivières baisse très vite à cause
des prairies drainées par les agriculteurs, par l’urbanisation ou
en montagne, la monoculture
de conifères. Quelques jours
après la crue, retour au point 0.
En ce qui concerne la rivière qui
traverse mon village, bien peuplée en brochets, il ne faut pas
rater une teinte de l’eau très
particulière, d’un certain vert
presque marron, qui apparaît
après des précipitations régulières et étendues dans le temps.
Les plus gros brochets mordent
aux leurres principalement par
cette eau « tendue » et teintée. Il
est vrai qu’en l’absence de précipitations, la visibilité dans l’eau
atteint trois mètres en été et
cinq en hiver ! Les brochets expérimentés ne se font plus avoir
en eau claire par des leurres
qu’ils ont tout le temps d’observer. L’effet ne marche plus, et
s’inverse même en inspirant davantage de la peur plutôt que
l’envie de faire une embuscade
chez le prédateur.
… et les changements
des milieux
Cette même rivière que je connais depuis mon enfance s’est
mise à s’éclaircir très récemment, depuis une dizaine d’années. Il y a quarante ans, on ne
voyait pas dans trente centimètres en été. L’industrie s’est
mise aux normes ou, c’est plus
radical, a périclité jusqu’à met-
Recherche exclusive au moteur thermique
des gros carnassiers suspendus dans
la couche d’eau au sondeur grâce au Side
Imaging ou équivalent. L’échosondeur
classique prend ensuite le relais. Au poisson
est ensuite présenté un gros leurre souple
placé juste au-dessus de lui. La verticale
« pélagique » est la nouvelle mode en
Hollande. Une technique vouée elle aussi
à s’essouffler lorsque tous les gros poissons
d’un lac auront été pris et remis à l’eau…
33
Technique
L’échosondeur, est souvent accusé de faire
peur aux poissons en raison des bruits
qu’il émet dans l’eau. C’est parfois vrai,
mais il existe aussi des journées riches
en touches où rien ne semble pouvoir
déranger les carnassiers, même si on court
dans le bateau. Mais ces journées de folie
sont très minoritaires.
tre la clef sous la porte. L’arrivée
des palourdes asiatiques Corbicula fluminea contribue aussi
beaucoup à l’éclaircissement de
l’eau. Ces mollusques filtrent en
continu de grandes quantités
d’eau. Leur effet est trompeur,
car les rivières semblent exemptent de pollutions, ce qui n’est
généralement pas du tout le cas.
L’eau claire favorise la photosynthèse, le développement
d’herbiers, qui servent d’habitat
à certains poissons durant la
belle saison. En cas d’excès
de nitrate et de phosphate et
d’eau claire, les herbiers se développent alors de façon parfois
exponentielle. Les algues filamenteuses profitent aussi de
la photosynthèse. L’eutrophisation (1) résultante des excès de
nutriments (agriculture, assainissement des eaux usées défaillant) est alors « dopée » dans
ces eaux claires qui favorisent le
développement de végétaux.
Comme les palourdes asiatiques,
les espèces de poissons exogènes
comme le silure, le « goujon
asiatique » qui ne ressemble pas
du tout à un goujon (Pseudorasbora parva), le gobie à tache
noire, le gobie demi-lune et le
gobie de Kessler prennent possession du territoire. Ces trois
espèces de gobies envahissent
actuellement la Moselle, le Rhin
et ses affluents. Originaires de la
mer Caspienne et du Danube,
ces gobies devraient coloniser la
Marne, la Seine, la Saône, le
Rhône et des dizaines d’affluents
dans les années à venir. Les
pêcheurs doivent tout faire pour
ne pas faciliter l’expansion de
ces espèces. La plus dangereuse
reste toutefois Pseudorasbora
parva, porteuse d’un virus que
ce petit poisson peut inoculer à
d’autres espèces qui se font alors
décimer. Dans ces conditions
où tout change à une vitesse
(1). Eutrophisation : qui vient du grec eu (bien) et de trophein (nourrir). Se dit d’un milieu terrestre ou aquatique qui reçoit plus
de nutriments que ce qu’il est capable d’assimiler et de transformer naturellement. Dans le cas des milieux aquatiques, un milieu
eutrophisé donne généralement un triste spectacle avec un substrat colmaté d’algues filamenteuses qui perturbe fortement la vie
de la rivière, notamment des plus petits organismes (plancton, œufs de poissons, macro-invertébrés). La grande majorité des rivières calcaires (et plus encore lorsqu’elles sont karstiques) de l’est de la France sont eutrophisées depuis les années 1980 dès le
début de l’agriculture intensive.
34
ahurissante comparée à l’échelle
de l’évolution, bien malin qui
peut prédire l’avenir, même à
l’échelle de 5 ou 10 ans.
S’adapter
En dépit de ce triste constat, le
pêcheur n’a pas d’autre choix
que de s’adapter en permanence
au milieu qu’il fréquente. Pour
cela, il faut d’abord essayer de le
comprendre en prenant en
compte son évolution depuis
un demi-siècle, voire plus. Dans
le cas d’un lac de barrage, se
renseigner sur son origine et son
évolution : envasement excessif
éventuel, présence ou non
d’espèces invasives, évolution de
l’habitat. Un pêcheur conscient
de l’évolution du milieu qu’il
fréquente s’adapte beaucoup
mieux que celui qui n’en a aucune idée. Dans une eau plus
claire, la finesse est de mise et la
discrétion aussi. Il faut rallonger
les bas de ligne, les affiner, soigner son approche, le « plouf »
du leurre dans l’eau, ne pas rater
les journées pluvieuses, pêcher
tôt le matin ou tard le soir. Bref
toujours avoir un coup d’avance
sur les autres pêcheurs qui font
souvent tous la même chose.
Aujourd’hui, la grande diversité
de leurres ne suffit pas toujours
à tromper la méfiance de carnassiers dont certains ont un
âge équivalent au développement de la technique dans notre
pays. On se retrouve donc avec
une offre matériel qui tourne en
boucle, avec de multiples déclinaisons sur des familles de
leurres sans apporter de solution capable de nous faire sortir
de l’ornière. Quand un leurre se
démarque, son effet ne dure jamais plus de deux ou trois saisons. Ce fut le cas dans les lacs
alpins avec le Biwaa Divinator
(un shad à palette), avec les
poissons nageurs segmentés de
type Biwaa Seven ou dans une
moindre mesure avec le Sawamura One Up Shad. Au fond,
cette situation a du bon, en
nous obligeant à trouver d’autres façons de pêcher, souvent
très différentes de ce que font
les autres pêcheurs. Il est même
passionnant de trouver par
soi-même des alternatives sans
être influencé par une méthode.
Dans les eaux hollandaises, on
s’aperçoit que les pêcheurs pratiquent tous de la même façon,
en l’occurrence, à la verticale et
au leurre souple. En pêchant
différemment (plomb palette,
linéaire au leurre souple, avec
des lipless, en drop shot voire
avec des éperlans), les touches
ne manquent jamais à se manifester.
35
Bonnes feuilles
L’intégrale…
Jamais un livre consacré au montage de mouches n’aura été aussi complet,
présentant dans le détail chaque matériau, chaque outil, chaque hameçon,
avec leurs utilisations, leurs limites, et les substitutions possibles avec de très
nombreux exemples de montages détaillés.
Tradition et modernité sont présentées en plus 364 pages où les auteurs s’efforcent de ne présenter que ce qui est utile au pêcheur. Ce livre très accessible
au débutant est également indispensable au monteur confirmé, qui y trouvera
les dernières techniques et les nouveaux matériaux pour la pêche en rivière ou
en lac en France, mais aussi à l’étranger.
Cette véritable encyclopédie grand format a été rendue possible par l’association particulièrement complémentaire des auteurs : Philippe Boisson, journaliste halieutique depuis 1993 et pêcheur réputé, et Florent Bailly, un monteur
de mouches parmi les plus doués de sa génération.
Un ouvrage indispensable qui deviendra rapidement une référence en la matière. Voici quelques bonnes feuilles consacrées aux hackles.
Florent Bailly & Philippe Boisson
L’intégrale
du montage des mouches
Pour monteurs débutants et confirmés
Parution novembre 2017.
Profitez de l’offre de souscription en page 42.
Format : 200 mm x 280 mm. 364 pages.
Q uai des Plumes
36
Les hackles
Un terme dont la traduction ne vient pas du
monde du montage de mouches ni ne le concerne
puisqu’il détermine simplement une attitude, qui
est celle de hérisser, de mettre quelqu’un hors de
lui. Le hackle représente donc une plume de cou
de coq, qui une fois enroulée sur l’hameçon, se
hérisse obligatoirement. Toutes les plumes de cou
de coq ou de poule sont donc pour nos amis anglais des hackles. Il est parfois difficile d’éviter
quelques termes anglais et autres anglicismes utilisés dans une activité développée en grande partie
par les Anglais et à une époque où la mondialisation impose des terminologies dictées par la
langue anglaise. Ainsi les catalogues de plumes
étrangers parlent de hackles plutôt que de plumes.
Alors, mieux vaut savoir de quoi il s’agit.
Dans De Natura Animalium, Claudius Aelianus,
fait état de plumes de coqs pour prendre des
« poissons tachetés », dont on peut imaginer qu’il
s’agissait de truites dans les rivières de ce qui
forme aujourd’hui la Macédoine. Ce livre date du
IIe siècle ! En Espagne, le manuscrit d’Astorga de
Juan de Bergara décrit 33 modèles de mouches
montés avec des plumes de coqs de la province du
Léon. Nous sommes cette fois en 1624 !
Depuis des temps immémoriaux, s’il ne restait pas
quelques traces écrites, les pêcheurs ont cherché
à sélectionner des coqs dont les plumes étaient
longues, brillantes, solides et dont les teintes
correspondaient au mieux à celles des insectes
aquatiques.
En France, c’est surtout dans le Massif central et
notamment en Corrèze que les éleveurs ont développé des races de coqs de pêche sur le long terme.
Le Concours national des coqs de pêche de Neuvic (Corrèze) fêtera d’ailleurs en 2017 sa quarantième édition. Certains grands pêcheurs à la
mouche français comme Jean-Louis Poirot ou
Guy Plas avaient leur propre élevage, avec des ani-
Un superbe coq Whiting Farms de lignée Miner/
Hebert, d’où viennent les souches américaines.
Le premier à avoir industrialisé le coq de pêche fut
Buck Metz, à partir d’œufs offerts par Andy Miner,
avocat par ailleurs passionné par l’élevage de coqs
de pêche.
Ce spécimen naturalisé est vendu sur son socle par
Whiting Farms.
37
Bonnes feuilles
Un autre coq Whiting
Farms dont la lignée a
subi plusieurs mutations
génétiques. Ces coqs sont
désormais plus grands, de
façon à ce que les longues
plumes de selle (saddle)
ne traînent pas par terre !
maux sélectionnés depuis des lustres. Ces coqs
rarissimes sont plumés tout au long de leur vie et
ne sont donc pas tués. Les plumes sont vendues
en pochettes de 25, 50 ou 100, classées par grade,
teinte et taille. La tradition du coq de pêche français fonctionne ainsi, à toute petite échelle mais
avec une qualité exceptionnelle.
La tradition du coq de pêche continue toujours
dans la province du Léon en Espagne avec des
productions remarquables, notamment avec les
races pardos, dont les plumes au pointillisme très
fin font le bonheur des monteurs. Là encore, on
achète la qualité, pas la quantité.
Du hackle au cou industriel
Pour combler la demande mondiale en plumes
pour la confection des mouches, les productions
se sont industrialisées. Aux États-Unis, la marque
Metz, fondée en 1972 fut la première à proposer
des cous entiers sur peau, avec une qualité, exprimée en grades très satisfaisante. Pour la petite histoire, Buck Metz, pêcheur mais pas du tout éleveur de coqs de pêche reçu un beau matin 144
œufs comme cadeau provenant d’un ami pêcheur
et avocat, Andy Miner, qui lui-même les tenaient
de coqs de Harry Darbee, un pêcheur très connu,
auteur d’un des premiers livres sur le fly tying de
l’histoire, Catskill Flytier. My life, times and techniques (1977). Miner a amélioré les lignées originales de Darbee. Puis Buck Metz s’est à son tour
38
passionné pour l’élevage et a lui aussi sélectionné
des animaux pour obtenir des plumes qui collent
aux critères demandés par les pêcheurs à la
mouche. Tant et si bien que Metz est aujourd’hui
le second plus gros producteur de cous de coqs au
monde. Entre-temps, les animaux sélectionnés
ont subi diverses mutations génétiques, pour arriver à de nouveaux standards. Pour Thomas Whiting, (Whiting Farms, le leader mondial) le coq
de pêche n’existe que pour ses plumes, à l’image
du mouton qui n’existe que pour sa laine. Ainsi le
coq de chez Whiting Farms est aujourd’hui plus
haut sur pattes afin d’éviter que ses lancettes, par
ailleurs passablement rallongées ne traînent par
terre. Whiting Farms a réussi l’exploit d’industrialiser l’élevage d’oiseaux rares, très éloignés des robustes races ancestrales. Une des souches de coqs
espagnols du Léon est également au catalogue.
À l’image des cépages français, le coq espagnol
s’exporte !
Les cous bas de gamme indiens
ou chinois
Plumes courtes, présence de duvet à la base et
bien au-delà, mauvaise teinture tout juste sèche
lorsqu’on ouvre la pochette (le laisser s’aérer à
l’extérieur à l’abri des attaques de chats !), le cou
indien ou chinois ne se vend pas plus de trente
euros, souvent beaucoup moins. Avec un tel tableau, on se demande pourquoi ces produits sont
La souche espagnole du
Leon est désormais
vendue sur peau par les
américains. Heureusement, les petits élevages
européens proposent
toujours des plumes
exceptionnelles.
encore proposés. Pourtant, certains pêcheurs et
non des moindres ne jurent que par ces plumes
qui pour eux n’ont que des qualités, bien supérieures en ce qui concerne la pêche des poissons
difficiles à leurrer de nos rivières françaises, comparées aux plumes américaines « génétiques ».
Car ces très belles plumes aux fibres de longueur
régulière qui font des mouches parfaites, sont très
raides. Comprenez par là que les fibres ellesmêmes sont raides. Une fois la mouche posée sur
l’eau d’un grand lisse, l’artificielle semble figée
malgré une belle brillance et une fière allure. Pour
la pêche en eaux rapides en revanche, les plumes
américaines sont parfaites, car la mouche doit
avant tout flotter haut sur l’eau. Ici, c’est le courant qui lui donne vie.
Qu’ils soient chinois, indiens ou américains, personne ne sait comment sont élevés ces animaux et
comment ils finissent. À la casserole pour les coqs
asiatiques mais pour les autres, mystère. Et en cas
de risque avéré ou non de grippe aviaire, les animaux sont abattus et les belles plumes perdues.
Cou sur peau Whiting Farms
On peut voir sur la pochette qu’il s’agit bien d’un
cou « genetic » et qu’il est issu des lignées Herbert
et Miner. Les hackles sont longs et fins. Ce cou est
beaucoup plus imposant qu’un cou chinois (trois
ou quatre fois plus). De quoi monter des centaines de mouches. Ce cou est valable pour toutes
les tailles d’hameçons, mais il présente en plus
l’avantage de favoriser le montage des très petites
mouches en tailles 20, 22, voire même 24 car les
petites plumes, sont à l’image des plus grandes,
relativement longues et presque totalement dépourvues de duvet à la base.
Cou sur peau Whiting Farms Leon
Très beau cou de coq dont l’origine génétique est
espagnole (les fameux coqs de la province du
Léon). Attention, il s’agit juste du cou et non des
pelles, ces plumes provenant du dos du volatile
(« saddle »), beaucoup plus larges, qui sont les fameuses plumes de coq pardo. Les plumes de ce
cou ont une nervure très sombre, qui permet
d’imiter le thorax de la mouche.
Saddle sur peau de coq du Léon
Whiting Farms
Voici donc les plumes du dos d’un coq du Léon,
les plumes de selle (saddle) qui, pour ce coq
d’origine génétique du Léon, se caractérisent par
un pointillisme très prononcé et du plus bel effet
sur des plumes brillantes de teinte brun fumée.
Il s’agit donc des plumes pardos version américaines sur « pied ». Ces longues plumes larges
sont utilisées pour le montage de certaines
mouches à saumon, certaines mouches noyées
pour la pêche de la truite et de la truite de mer.
Ces fibres font aussi de superbes cerques, et
39
Bonnes feuilles
A gauche : hackles de coqs de pêche du Limousin. Seuls les petits
élevages assurent une multiplicité de teintes et de nuances.
pourquoi pas des ailes de sedges (en mélange par
exemple avec du CDC ou d’autres plumes de
canard, en sous-couche).
Plumes de cou de coq du Limousin
Les fameuses plumes françaises issues d’élevages
très anciens. La brillance est subtile, les teintes
très naturelles et les fibres sont beaucoup plus
souples que celles des cous américains. Nous
sommes ici dans le domaine des teintes naturelles
qui couvrent toutes les nuances de gris, de beiges
de rouille. Ce sont des plumes exceptionnelles,
classées par teintes, grades et tailles d’hameçons.
Cou de coq sur peau indien
Le cou low cost aux fibres plus souples que celles
des cous « génétiques » américains. Seules quelques
teintes sont naturelles, comme le roux et le brun
dans une large gamme de variantes ou le blanc
crème. Les autres teintes, y compris le noir, sont le
résultat de teintures. La brillance est dans ce cas
absente, mais est-ce systématiquement un inconvénient en pêche ? Pas sûr !
Trois plumes très différentes (ci-contre)
Un hackle, ou plume si vous préférez, provenant
d’un cou indien. On remarque que le duvet remonte jusqu’à plus de la moitié de la hauteur de
la plume. Ce duvet est en théorie néfaste à la
mouche puisqu’il est censé l’aider à la faire couler.
40
Là encore, la tendance actuelle (ce que veulent les
poissons et non les pêcheurs) est plutôt à tendance basse au niveau de la flottaison. Le seul vrai
inconvénient de ces plumes courtes, c’est qu’il en
faut deux si on souhaite faire une collerette en évitant la zone de duvet en bas de la plume.
Au centre, une plume d’un coq américain « génétique ». Le duvet est contenu tout en bas d’une
plume interminable. Le travail de sélection et de
mutation des animaux est ici flagrant entre la
plume indienne et celle-ci !
À droite, une pelle de coq pardo, très différente et
qui ne convient pas pour faire des collerettes mais
des ailes et des cerques. En Espagne, mais aussi
dans le Massif central, les plumes de coqs pardos
sont proposées en différentes teintes sous les appellations incendido, flor de escoba, aconchado,
medio, corzuno. Les plumes pardos existent aussi
en lancettes plus longues. Elles conviennent pour
les grands streamers.
De gauche à droite :
un hackle, une lancette
(ou saddle) et une plume
de cape pardo.
À droite : une collerette
réalisée avec une plume
de cou chinois. Cette
plume courte ne permet
que quelques enroulements. À droite : avec
un saddle “génétique”,
on peut enrouler sur
toute la hampe et il en
reste encore beaucoup !
La différence entre une
longue plume de saddle
“génétique” et une
plume de cou bas de
gamme. Pour la pêche,
le cou premier prix n’a
toutefois pas que des
inconvénients.
41
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de substitution. L’expérience de Philippe Boisson, auteur
et journaliste halieutique depuis plus de vingt ans et le talent
de monteur de mouches de Florent Bailly font de cet ouvrage
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La petite
La petite classe est une section de Pêches sportives consacrée à
l’initiation et au perfectionnement. Cette séquence, cela fait des années que nos lecteurs la demandent :
“Vous êtes trop techniques, trop pointus, pensez aux débutants,
aux pêcheurs qui veulent découvrir de nouvelles techniques, à
ceux qui veulent progresser…”
Nous avons fini par comprendre qu’ils avaient raison. Enfin, il est
plus juste de dire que nous étions conscients du problème, mais
que l’on ne savait pas trop comment l’aborder.
La vulgarisation est souvent proche de la caricature. En matière de
pêche, c’est encore plus vrai : que de clichés ressassés année après
année par de soi-disant spécialistes sous couvert de pédagogie.
La presse halieutique a vécu pendant des décennies sur l’idée
qu’une mauvaise illustration pouvait suffire à donner le sens de
l’eau (pas celui du cours d’eau).
Le contraire de ce que nous voulons faire aujourd’hui dans La petite
classe avec cette septième séquence consacrée à la pêche à la
nymphe à vue.
Elle s’adresse tout à la fois aux débutants et à ceux qui veulent se
perfectionner dans cette technique exigeante qui demande à la
fois des connaissances entomologiques, piscicoles et de la technique pour pouvoir présenter une mouche en profondeur. Autant
de points abordés dans cette petite classe pour, très vite on l’espère, passer aux travaux pratiques au bord de l’eau.
44
classe
7. La pêche
à la nymphe
à vue
45
La petite classe
5. La pêche
à la nymphe à vue
De toutes les techniques de pêche à la mouche, la pêche à la nymphe à vue est sans doute
celle qui demande le plus long apprentissage. Cette pêche est avant tout une chasse et à ce
titre, elle demande certaines qualités, au premier rang desquelles figure la patience. Cette
Petite classe met volontairement l’accent sur la compréhension de l’action de pêche, le
comportement des poissons face aux nymphes plutôt que sur le matériel qui de nos jours,
n’est plus un secret pour personne.
Le tempérament propre à chacun d’entre nous détermine assez précisément le type de pêcheur à vue
que l’on est. À chasser le naturel, il revient au galop. Ainsi donc, l’impatient est impatient à la
pêche, le pressé reste pressé et le contemplatif passera sa vie à observer discrètement la nature en prenant tout son temps. Ces différences orientent les
pêcheurs naturellement vers la pêche de l’ombre ou
au contraire, celle de la truite. Les deux espèces (on
parlera dans cette rubrique de poissons sauvages)
ont des comportements très différents. L’ombre vit
à découvert et peut toujours s’intéresser à une
nymphe même s’il ne se nourrit pas au moment où
le petit leurre coloré lui passe devant le nez. L’ombre
est curieux, et c’est à ce trait de caractère qu’il doit
le fait de se retrouver pendu à un fil plus souvent
qu’à son tour. Sa disponibilité fait le bonheur de
l’impatient et du pressé. Le contemplatif n’a rien
contre le fait de trouver des poissons disponibles à
pêcher, mais son côté rêveur ne lui interdit pas d’at-
Sur un nouveau parcours, toujours prendre quelques
minutes pour regarder sur et sous les galets…
Ici une mue de larve de plécoptère.
46
tendre une truite, pas n’importe laquelle, pendant
des heures. À la différence des ombres, les truites
sauvages sont dépendantes de leurs caches. Un habitat qui leur sert d’abri pour les périodes d’inactivité. Et ça peut durer longtemps, mais qu’importe,
le chasseur de truites sait attendre. Il sait aussi
qu’après une attente plus ou moins longue, il devra
se mettre en action en quelques secondes et que
tout devra être parfait.
La pêche à la nymphe à vue a ceci de fascinant de
toujours se renouveler même si on pêche toujours
le même parcours. À chaque nouvelle sortie, une
question se pose : les truites sont-elles en vadrouille,
au contraire plutôt postées ou malheureusement
invisibles ? Idem pour les ombres : sont-ils toujours
bien visibles sur les radiers ou au contraire plus difficiles à voir dans les fosses ? L’expérience s’acquiert
par comparaison des situations, de façon empirique. La routine s’installe parfois avec son lot d’en-
En grande rivière calcaire,
la pêche à vue réserve
parfois de grosses surprises !
nui. Il y a des périodes où les poissons ne sont pas
très coopératifs, d’autres où le vent (d’est notamment) ride la surface et font jeûner la faune aquatique. Malgré les nombreuses années à pratiquer
cette pêche assidûment, l’apparition d’une grande
truite, longtemps espérée et enfin là, vous mettra
dans un état second. Quelques instants où la réalité
devient une notion très relative, où vos jambes ne
vous tiennent plus autant que d’habitude, où votre
vision se focalise sous une forme « d’effet tunnel »
qui vous fait ignorer la périphérie. Ces instants-là
sont très particuliers et résument à eux seuls le côté
chasse de cette pêche. Car contrairement à la plupart des autres techniques où rien ne se passe avant
la « touche », à celle-ci vous prenez du plaisir avant,
pendant et même après, lorsqu’un beau poisson relâché repart dans l’eau claire et que vous pouvez le
suivre du regard.
Une histoire d’eau claire
Sans eau claire, pas de pêche à vue. On associe à
juste raison le plus souvent la pêche à vue aux eaux
calcaires. Mais cela ne veut pas dire pour autant
que les eaux granitiques, plus acides, ne s’y prêtent
jamais. Elles s’y prêtent moins, mais dans certains
cas de fonds sombres mais d’eau claire, il est possible de voir les poissons sur les radiers et les zones
peu profondes. Même si ces zones sont très minoritaires, la pêche à vue à la mouche sèche ou à la
nymphe se pratique alors comme une technique
occasionnelle fort sympathique qui change de l’ordinaire.
Apprendre à voir les poissons
La légende veut que les grands pêcheurs à la
mouche aient une vue exceptionnelle. Mais de
quoi parle-t-on ? De la capacité à lire le journal ? De
voir la forme d’une truite à quarante mètres dans
un courant, ou bien la teinte de celle-ci sous forme
d’infimes nuances qui se détachent sur un fond
d’une autre couleur ? Pour fréquenter ou avoir
fréquenté assidûment la plupart des meilleurs pêcheurs à vue français depuis une trentaine d’années, je sais plutôt bien de quoi il s’agit lorsqu’on
parle de « bonne vue ». Pour porter des lunettes à
verres progressifs depuis quelques années, je sais
que ma vue d’aujourd’hui n’est plus la même que
celle de mes vingt ans. J’ai perdu un peu, mais les
47
La petite classe
Les poissons ne font pas le lien entre le fil et la nymphe.
Seul le comportement de celle-ci dans l’eau leur importe.
Heureusement, parce que le fil se voit bien !
verres compensent. La différence se joue sur la difficulté à se concentrer sur une journée complète
avec ces lunettes sur le nez. La fatigue s’installe plus
tôt qu’avant. Mais comme toujours, le cerveau essaie de compenser et ne manque pas de ressources.
En fin de journée, la fatigue oculaire ne me permet
souvent plus de me concentrer sur les détails. Dans
ces cas-là, je suis beaucoup plus attentif aux différences de couleurs. J’ai toujours été très sensible
aux infimes différences de couleurs qui m’ont toujours beaucoup servi pour détecter la présence de
poissons dans les courants ou par une eau pas tout
à fait claire. Et depuis que je porte des lunettes de
vue, ce mode de recherche a tendance à se généraliser, comme compensation en cas de fatigue. Bref,
ce « colorimètre » compte plus pour moi que le fait
de voir des détails. Alors l’acuité visuelle légendaire
des pêcheurs à la mouche n’est peut-être pas celle
que l’on croit.
48
Il existe aussi une méthode pour trouver des poissons dans un courant. Elle consiste, lunettes polarisantes si possible aux verres jaune clair sur le nez, à
descendre le courant des yeux et à sa vitesse naturelle
ou avec une vitesse légèrement inférieure. C’est le
meilleur moyen pour minimiser l’effet des remous et
autres « aberrations chromatiques », dues au mouvement permanent de la surface de l’eau.
On peut aussi profiter des remous remontant la colonne d’eau. En surface se forme un miroir qui
dévoile le fond de la rivière. On peut le suivre en descendant en espérant qu’il ne s’estompe pas trop vite.
Profondeur et vitesse du courant
Animaux sauvages craintifs, les truites et les ombres
tolèrent très mal le « plouc » d’une nymphe qui retentit à la surface de l’eau au-dessus de leur tête.
Une certaine distance est nécessaire entre le poser
de la nymphe et le poisson. Dans le cas des truites
au cœur de l’été, cette distance peut être très
longue, jusqu’à parfois une bonne dizaine de
mètres. Dans la majorité des autres cas, il faut tout
de même compter entre trois et cinq mètres. Le
courant même très faible étant chargé d’amener la
nymphe dans le champ de vision de la truite (à propos de ce champ de vision, voir la Petite classe du
précédent numéro). L’appréciation de la vitesse du
courant, de sa complexité et de la profondeur à laquelle se situe le poisson demande beaucoup de
pratique. Un pêcheur qui pratique régulièrement la
pêche à vue doit être capable de « jauger » l’affaire
en un coup d’œil. Cela doit lui donner une indication précise du lestage idéal de la nymphe et de la
distance du poisson à laquelle il devra poser cette
nymphe. La troisième dimension complique beaucoup les choses. L’appréciation de ces paramètres
vitesse du courant/profondeur est la première
chose que perd un pêcheur qui ne pratique plus
très souvent la pêche à la nymphe à vue. Cela se
traduit par des erreurs de choix de lestage de
nymphe et de distance de poser. Sur ce plan, la
pêche à la nymphe à vue s’apparente à toutes ces
activités de tir où la cible ne doit pas être visée mais
au contraire évitée en tenant compte de paramètres
externes chargés d’acheminer le projectile jusqu’à
bon port. C’est le cas du tir à l’arc à longue distance
où l’archer doit tenir compte du vent et de la
« flèche » de la flèche due à l’effet de la gravité. Le
tir de chasse ou de ball-trap voit le tireur expédier
Avec l’ombre, qui vit sur le fond, les petites nymphes
très denses permettent de tricher un peu pour rester
dans un plan vertical, même après une animation
de la nymphe.
dans le vide, en avance sur la cible, le contenu de sa
cartouche. Il doit anticiper la vitesse, la distance et
la trajectoire de la cible pour « calculer » très rapidement l’avance nécessaire qui parfois atteint une
dizaine de mètres pour les tirs de plateaux lointains. En tirant directement sur la cible en mouvement, il est constamment en retard en raison de la
vitesse des projectiles qui mettent un certain temps
à arriver jusqu’à elle.
Avec quelques notions de physique, on comprend
facilement que la profondeur et le courant sont à la
fois des amis, qui permettent d’effectuer le poser
loin du poisson pour ne pas l’effrayer, et des ennemis, qui compliquent beaucoup les choses.
“Lire” une veine
de courant avant de pêcher
Peu de pêcheurs à vue prennent le temps de voir à
quoi ressemble la veine de courant en amont du
poisson repéré. Pourtant sa surface nous dit pas
mal de choses. Elle nous indique la forme de ce
courant, révèle la présence ou l’absence de remous
dans la couche d’eau qui créent des « miroirs » en
surface. Même si généralement, le courant de fond
est souvent différent de celui de surface, l’indication lue en surface permet vraiment d’ajuster le tir.
Je me souviens d’une truite d’une taille respectable,
49
La petite classe
Pas de waders, juste des baskets en nylon et
un pantalon en microfibres qui sèche rapidement.
Moins on patauge, moins les poissons se méfient.
Ce petit rocher tombe bien…
d’environ trois livres postée assez loin du bord en
aval du pont de Goumois. C’était en septembre
2015 peu de temps avant la fermeture. La journée
touchait à sa fin car la lumière baisse très vite en cette
saison. Avant de plier les gaules et d’aller passer un
bon moment chez Cachot, à l’Hôtel du Doubs côté
Suisse, nous étions quatre à essayer cette truite, prétexte idéal pour clore cette journée. Les trois autres
pêcheurs, fervents de pêche à vue et connaisseurs du
Doubs passèrent avant moi. La truite se situait à environ 17 ou 18 m de notre rive, sous un mètre d’eau
et le long d’une petite roche. En amont d’elle, le
courant faisait un léger S sur environ cinq mètres.
C’est le genre de situation inhabituelle, car la pêche
des truites sauvages n’est pas une activité de groupe,
où de plus, ça « chambre » facilement et il faut bien
le dire, amicalement. Je regardais du coin de l’œil les
différents posers de mes camarades et observais que
la truite semblait ignorer le passage de leurs nymphes. En réalité, ces nymphes passaient trop loin
d’elles pour qu’elles s’y intéressent. Le S, que visiblement personne n’avait vu ou pris suffisamment en
compte, déviait la nymphe de sa trajectoire à chaque
passage. Passer en dernier fut un avantage car l’effet
50
de ce courant sautait ainsi aux yeux. Au second passage de ma nymphe, la truite l’a prise en toute
confiance. Pour cela, il m’a fallu tenter deux posers
très détendus au ras du bord externe du courant en
amont afin que la nymphe finisse sa course en restant dans la veine sans se faire « éjecter ». L’histoire
s’arrêta à la seconde suivante, car à près de deux
mètres au-dessus de l’eau depuis le mur qui borde le
Doubs et à cette distance, le ferrage ne fut pas
évident. Dans un cas comme celui-là, la nature et la
précision du poser à dix ou vingt centimètres près
déterminent le succès ou l’échec. Car il est facile de
poser hors de la veine et « d’engluer » sa nymphe
dans l’amorti qui jouxte le courant. Tellement facile
que c’est à la portée de tout le monde sans exception.
Sur un lancer de ce type, il ne faut pas réfléchir, se
lancer pour lancer et poser sans ralentir ou arrêter
son geste. One shot et advienne que pourra. Essayez
de lancer une boule de papier dans une corbeille instinctivement sans réfléchir une seule seconde. Souvent ça marche. À l’inverse, plus le geste est préparé,
plus le risque de rater la cible augmente. À la pêche
à vue, il y a des choses que la meilleure pédagogie
n’explique pas.
Pêche à la nymphe et dragage
Voici le point le plus important à connaître et à
toujours avoir à l’esprit. Il concerne la capacité à
faire couler verticalement sa nymphe dans la
couche d’eau. C’est aussi ici que se trouve toute la
différence entre un pêcheur moyen et un très bon
pêcheur. Comme à la mouche sèche, le dragage
alerte les poissons qui se méfient, refusent ou même
fuient. Dans une rivière, tous les éléments qui se
promènent dans la couche d’eau sont libres, totalement libres. Ils suivent les courants, tournoient
dans les remous mais n’ont aucun moyen de s’y opposer, hormis les éléments minéraux, que leur forte
densité s’obstine à plaquer sur le fond. Les poissons
ne s’enfuient pas lorsqu’un débris végétal noyé
dérive en virevoltant dans leur direction sous l’effet
du courant. Mais si n’importe lequel de ces éléments, vivant ou mort, végétal ou animal, se met à
prendre une direction autre que celle dictée par le
flux, cela sonne alors comme une alerte. Pour le
poisson, cela signifie que cet élément est vivant et
peut-être comestible. Mais pour un poisson qui
voit passer beaucoup de pêcheurs, ce réflexe est
aussi associé au dragage d’une nymphe artificielle.
Et c’est contre ce dragage que vous devrez lutter
durant toute votre vie de pêcheur à la nymphe.
Pour imager ce propos, disons qu’une truite ou
qu’un ombre prendra plus volontiers un petit morceau de brindille qui ne drague pas et refusera une
belle imitation de nymphe qui est bridée par un fil.
Ce n’est pas la vue du fil qui pose problème mais le
fait qu’il bride la mouche. Un poisson n’est sans
doute pas capable d’associer le fil et la mouche au
sens du lien entre les deux et de leur interaction.
C’est uniquement le comportement de la mouche
qui est en cause. D’ailleurs, imitative ou d’ensemble, les imitations de larves et de nymphes ne
sont jamais complètement convaincantes. Les pêcheurs comme les monteurs ne voient que les matériaux dont se parent leurs belles imitations mais
ignorent la présence de l’hameçon qui, hormis pour
les modèles noirs, brille et n’est en rien imitatif.
La seule façon de rester crédible aux yeux des poissons est de travailler sur le bas de ligne et la façon
de le poser. Les pêcheurs à la nymphe à vue ont
besoin de longs bas de ligne, de 5,50 à 7,50 m selon les rivières pêchées et les affinités de chacun.
Plusieurs formules bien connues aujourd’hui sont
recommandables. Hormis la longueur totale de ces
bas de ligne, nécessaire pour gagner en discrétion,
Les truites aussi savent loucher pour ne pas avaler n’importe quoi !
Une situation idéale : le pêcheur reste dans
l’ombre et la rivière est au soleil. Voir sans être vu.
51
La petite classe
Cette truite de 62 cm prise non pas la main dans le pot de confiture mais le nez dans les gammares n’a pas
résisté à une imitation pourtant bien différente des vrais amphipodes. C’est une très faible animation
de la « nymphe » qui a été repérée par le poisson, qui n’a pas hésité à se décaler de trente centimètres pour venir
prendre l’imitation, ignorant les dizaines de gammares naturels pourtant bien visibles et mobiles pour certains.
À force de sélectionner des modèles de nymphes, on arrive parfois à des résultats surprenants, qui semblent
marcher mieux que le naturel qui, lui, ne comporte pas de fil et pas d’hameçon ! Après plusieurs décennies
de pêche à la nymphe à vue, on finit par ne posséder dans ses boîtes que des modèles qui sont de véritables
aimants à truites et à ombres !
52
l’élément le plus important reste la pointe, qui doit
être longue pour pouvoir être posée soit selon la
technique du parachute pour un poser en « accordéon » ou en « paquet » pour obtenir un effet semblable encore plus marqué. Avec une pointe de
2,60 m, on arrive à limiter le dragage par une immersion verticale de la nymphe, enfin à peu près
verticale, car dans ce domaine, la perfection est relative. Vus à dix mètres, certains posers paraissent
parfaits. Disons simplement qu’ils sont moins pires
que les autres…
L’animation de la nymphe
Souvent confondue avec une tentative de viol.
L’animation de la nymphe artificielle imite en
théorie les déplacements sous l’eau d’une véritable
larve ou nymphe. Mais c’est un piège, car plus on
en fait, plus la mouche drague et plus le poisson le
voit. Ce qui ne veut pas dire qu’il ne faut pas animer, mais il faut le faire dans le seul et unique but
d’attirer l’attention. Comme nous l’avons vu à propos du dragage, le moindre élément qui prend vie
et ne suit pas uniquement l’influence du courant
est repéré instantanément par les poissons. Une
simple impulsion de trois ou cinq centimètres suf-
L’ombre se laisse approcher plus facilement que
la truite mais ce n’est pas parce qu’il ne fuit pas
que votre présence ne le dérange pas…
fit largement à attirer l’attention sans prendre le
risque de faire draguer la mouche. C’est pour cela
que je préconise d’animer le plus tard possible, afin
de déclencher la prise par réflexe sans que le poisson ait le temps de voir le dragage lorsque la
mouche redescend. Dans le cas d’un poisson posté
et d’une dérive, cela n’est possible que si on sait
exactement où est sa nymphe. Les ombres tolèrent
mieux les animations longues que les truites. Cela
vient aussi du fait que des nymphes plus denses
leur sont présentées. Par leur masse élevée, elles
compensent assez bien le dragage.
Suivre sa dérive
Le bel ombre que vous voyez comme une vache
dans un couloir sur sa gravière est posté devant
vous à une dizaine de mètres. Vous pouvez l’attaquer en étant perpendiculaire au courant. La situation est idéale, parce qu’ainsi placé, vous pouvez
poser comme vous le souhaitez bien en amont sans
qu’il ne détecte l’impact de la nymphe et du bas de
ligne. De plus, le bas de ligne restera discret puisque
seule la pointe en 8 ou 10/100 lui passera à proxi-
53
La petite classe
Pour pêcher à vue, la distinction entre les nuances
de teintes est plus importante qu’une vue d’aigle. Cette
truite qui est ici au bout d’un fil était plus dure à voir
lorsqu’elle était sur sa gravière (en premier plan).
mité. Tout se présente donc pour le mieux. Une
fois la nymphe posée à cette distance, elle disparaît
de la vue du pêcheur. Un manque de repère s’installe tout naturellement. On pense que la nymphe
se situe à tel ou tel endroit mais le doute est là, et
d’autant plus là que la dérive est longue. Avec des
années d’une pratique régulière, on arrive à savoir
où elle se trouve à 10 ou 20 cm près sur une dérive.
Mais aujourd’hui encore, il m’arrive très souvent de
prendre des repères sur la surface, pris au départ à
proximité de l’impact de la nymphe. Une feuille
qui dérive, une fleur de pissenlit ou que sais-je encore, tout est bon pour coller à la dérive de sa
nymphe. Le point de plongée de la pointe du bas
de ligne constitue également un repère efficace.
54
Une situation mal partie sur un lit de rubaniers
dont le bord des feuilles est coupant. La pêche
à la nymphe à vue et ses imprévus…
Cela forme un petit point sur l’eau dû à la tension
superficielle de la surface. Il faut tout de même
prendre en compte au départ la distance entre la
nymphe et le fameux point.
Le ferrage
La légende du pêcheur à la nymphe qui voit sa
pheasant-tail à vingt mètres sous deux mètres d’eau
a la vie dure. Mais dans ces conditions personne ne
voit sa nymphe. Le ferrage n’intervient que sur
l’analyse du comportement du poisson. Il est essentiel de savoir où se situe sa nymphe lors de la dé-
rive. Cela permet de se concentrer uniquement sur
la fenêtre où le poisson peut l’intercepter, dans ce
qui ressemble à une sorte de surface de réparation
au football. L’expérience et les astuces citées plus
haut permettent de savoir exactement où se situe sa
nymphe même si elle a été posée très loin du poisson (cas d’un poisson posté). Parfois le scénario
inverse se produit. C’est la pêche des truites en vadrouille sur les grands lisses au courant très lent
voire inexistant. Dans ce cas, c’est le poisson qui est
mobile et la nymphe ne dérive presque pas. À vous
de faire en sorte d’anticiper la trajectoire du poisson, de préméditer le lancer, le poser tout en restant planqué. D’une manière générale, une truite
postée est plus difficile à approcher qu’une autre
qui se déplace et qui regarde en bas, à la recherche
de nourriture. En cas d’éclosion, les poissons se
postent sur des postes stratégiques où les nymphes
arrivent naturellement. C’est quand la nourriture
manque que les truites sont obligées de partir à sa
recherche. Et dans ce cas, gammares et limnées
constituent en gros du menu. La pire des situations
étant une truite postée à moins d’une dizaine de
mètres et qui ne se nourrit pas. Cette truite-là garde
toujours un œil sur la rive et sait interpréter chaque
mouvement. Si elle ne vous a pas détecté lorsque
vous vous êtes placé, elle verra sans doute le lancer
et le poser. Certaines truites nous voient et attendent que la soie se pose pour déguerpir. Les plus
douées attendent que la nymphe ait parcouru une
bonne distance avant de se laisser aller à quitter le
poste.
Nymphe au fil, nymphe à vue,
même combat ?
Qu’est-ce qui différencie une nymphe pour la pêche
à vue d’une autre pour la pêche au fil ? En théorie
rien. Mais en pratique, même si une nymphe pour la
pêche au fil peut toujours être utilisée à vue, les modèles sont dans l’ensemble très différents, par le
simple fait que les deux techniques se pratiquent
dans des zones de la rivière qui n’ont pas grand-chose
en commun. La pêche au fil se déroule obligatoirement dans les courants, plus ou moins marqués alors
que rien n’empêche de tenter des poissons à vue dans
les zones calmes. C’est donc le lestage des nymphes
qui diffère, ainsi que la taille des imitations qui peut
être minuscule (tailles 20 à 24) dans le cas de la pêche
à vue. Les nymphes pour la pêche au fil sont essentiellement lestées avec des billes, alors que celles destinées à la pêche à vue intègrent également des lestages internes, composés de fil de cuivre ou de fil de
plomb. Il existe aussi des modèles non lestés voire à
« densité compensée », chargés d’alléger le poids de
l’hameçon.
Les débutants ont tendance à trop lester les nymphes
afin de compenser un manque de technique au poser.
Ils craignent également les longues dérives, parce
qu’il faut imaginer où se trouve sa nymphe, gérer la
récupération de la soie et éviter le dragage. Dans le
DVD de ce numéro, consacré au lancer de la mouche,
un mode de lancer idéal pour pêcher à la nymphe (ou
à la mouche sèche) est décrit en détail. Profitez-en !
Ph. B.
55
F O C U S
Vraiment utile
C’est l’ambition de cette section de Pêches sportives. Dans ce cahier Focus prend place toute
l’expérience, la critique, la pratique des journalistes et des experts, à qui nous avons demandé de prolonger par la pédagogie, l’explication et surtout le mode d’emploi, l’offre des
concepteurs de matériels.
The Measure Net /
Medium et Guide
Quelle bonne idée que cette série
d’épuisettes qui comporte
une mesure sur le fond du filet.
Le principe est simple, au centre
du filet et dans le sens de la longueur
se trouve une mesure graduée
en centimètres. Pour faciliter le
calcul, car le poisson se cale
rarement au point 0, les graduations
en centimètres se font en deux
parties égales dont le 0 est au centre.
Ainsi, en additionnant le chiffre 18
qui borde la queue du poisson et
le chiffre 20 qui se trouve au bout
du nez on obtient 38 cm.
Existe en cinq modèles dont trois
« raquettes » et deux à manche long
pour la pêche en bateau. Les filets se
remplacent très facilement au moyen
d’une fermeture Éclair. Filet nylon
ou caoutchouc.
http://measurefish.com
The Measure Net Guide
The Measure Net Medium
56
Prix conseillé : 36 $ pour le modèle
medium (non importé en France).
Notre avis : une excellente façon
de mesurer les poissons, juste pour
indication car ça n’a pas la fiabilité
d’un mètre posé à plat au sol.
Cela évite de raconter des âneries
mais ne peut malheureusement rien
contre la mythomanie… Mais cela
évite surtout d’avoir à manipuler les
poissons, de les sortir de l’épuisette
pour connaître leur taille. Très bonne
solidité en dépit d’un poids qui en
souffre un peu.
Scientific Angler / Mastery VPT
Bon, on vous passe l’argumentaire commercial qui veut
que cette nouvelle soie Scientific Angler Mastery VPT
tire ses initiales de Versatile Presentation Taper. La
nouvelle étant surtout que cette marque très sérieuse
se met enfin à produire une soie à profil triangulaire.
Très bonne glisse et profil idéal pour lancer vite, avec
précision et discrétion. Le fuseau mesure 13,4 m pour
le modèle n° 5, soit un bon mètre de plus que sur une
Triangle Taper Lee Wulff.
Taille 2 F à 6 F (flottante uniquement). Coloris vert pâle
pour le « running line » et orange pâle pour le fuseau.
Prix conseillé : 89,95 euros.
Notre avis : les premiers retours par de très bons
pêcheurs à la nymphe à vue à propos de cette soie
sortie cet hiver sont favorables. Une concurrente
sérieuse pour la légendaire Lee Wulff Triangle Taper,
qui dans ses dernières productions a connu des hauts
et des bas (flottabilité médiocre, tendance au vrillage).
Ce type de profil convient pour toutes les pêches
modernes à la mouche : nymphe à vue ou au fil,
mouche sèche.
OSP / Hightpitcher Max
Marque confidentielle, connue essentiellement des spécialistes, OSP produit
d’excellents spinnerbaits. La version Max
du Hightpitcher est une nouveauté,
plus grande et plus lourde aussi (21 g)
que le Hightpitcher normal. Une
excellente nouvelle car ce leurre devient
plus polyvalent et offre une bouchée plus
imposante sans tomber dans un gigantisme dont c’est actuellement la mode
avec les leurres à brochets.
Prix conseillé : 22,90 euros.
Notre avis : si vous cherchez un très bon
spinnerbait, le Hightpitcher Max vous
donnera entière satisfaction. Une
nouveauté qui tombe bien car certains
modèles de référence dans d’autres
marques se font plus difficiles à trouver
depuis quelque temps. Autre atout
des spinnerbaits OSP, un large choix
de coloris et de formes de palettes.
57
FOCUS/montage
Les surprenantes vertus
du poil naturel de sanglier
Mis à part les pêcheurs de saumons bretons qui connaissent la bourre de sanglier qui figurait
jadis sur les corps des mouches des pêcheurs de l’Ellé et des autres petits fleuves côtiers de
la région, rares sont les monteurs à s’être intéressés à la bête noire.
Montages Philippe Boisson
Les poils de
la bête : en bas
la bourre et
les poils, noirs
à la base et plus
clairs en pointe.
La bête noire, rustique, fonceuse,
capable de passer les ronces
comme les fils barbelés se devait
de posséder un poil indestructible. De section cylindrique, le
poil de sanglier ne s’écrase pas.
On peut donc l’enrouler pour former des corps de nymphes,
d’émergentes ou de mouches
noyées qui ressemblent beaucoup à ce que l’on obtient avec
du vinyl D rib dont la face supérieure est bombée. Plus la bête
est âgée, plus les poils sont gros
et peuvent se marier avec des
58
tailles d’hameçons importantes.
Il existe tout de même une limite
assez vite atteinte, car dans le
meilleur des cas, un poil de dos
d’un vieux sanglier ne dépasse
pas 1,5 mm. Jusqu’à la taille 14,
ce poil est parfait pour être enroulé. Au-delà de cette taille,
d’autres techniques doivent
prendre le relais. Voici quelques
exemples des possibilités qui
s’offrent au monteur de mouches
à partir de poils naturels de
sanglier. Le poil non teinté est
noir à la base et vire progressive-
ment au beige vers les pointes.
Vers les pointes, car très souvent,
ces poils se divisent en deux ou
même en trois, ce qui est très intéressant pour faire des cerques.
Une bourre épaisse et tout aussi
indestructible se trouve au niveau de la base des poils. Elle est
traditionnellement utilisée pour
la réalisation des corps de certaines mouches à saumon.
Voici où se procurer les fameux
poils non teintés :
www.flytyingcompany.co.uk/
natural-wild-boar-patch.html
59
FOCUS/montage
Corps annelé
bicolore
Pour cet exemple, rien de
mieux qu’une larve d’éphémère très sombre, lisse et brillante particulièrement imitative .
1. Prendre un hameçon Tiemco 100 n° 16. Avec un fil de
plomb de 3/10 de mm, faire
quatre tours au niveau du
thorax.
2. Fixer des cerques en hackle
de coq gingembre après
avoir commencé l’enroulement d’un fil de montage
noir 8/0.
3. Fixer un poil de sanglier par
la partie claire. En fonction
du résultat souhaité (corps
intégralement beige, noir
ou beige et noir), placer le
poil à l’endroit voulu.
4. Enrouler le hackle sur le
corps en gardant une tension constante, car le poil de
sanglier est raide. Le bloquer par au moins cinq tours
bien tendus de fil de montage.
5. Sur le haut du thorax, placer une bande de Corplast
noir de 5 mm de largeur.
Sur le fil de montage, faire
directement un dubbing
de poils d’écureuil roux
(Mouches Bailly).
6. Enrouler le dubbing sur environ trois tours pour former
un thorax harmonieux et
rabattre la bandelette de
Corplast en la maintenant
tendue. Là encore, cinq
tours de fil de montage en
tension, pas moins.
7. Nœud final et une goutte
de vernis ou de colle pour
éviter le glissement du Corplast.
1.
2.
3.
60
4.
5.
6.
7.
61
FOCUS/montage
Corps annelé
bicolore (2)
Un autre exemple de corps bicolore avec la teinte beige plus présente que sur l’exemple 1. L’effet
est très réussi.
1. Choisir un hameçon Devaux B
160 n° 14. Passer une bille de
votre choix avant de mettre
l’hameçon dans l’étau.
2. Commencer l’enroulement
d’un fil de montage noir 6/0
sur tout le corps.
3. Fixer un poil de sanglier côté
pointe mais après avoir éliminé cette pointe dont l’extrémité diverge. Il faut bien calculer
l’endroit précis sur la partie
beige pour obtenir un corps
bicolore.
4. Enrouler le poil pour former
le corps. Sur cet exemple, la
partie avant du corps aurait
mérité une sous-couche plus
importante de fil de montage.
5. Sur le fil, placer directement
un dubbing d’oreille de lièvre
avec l’aide d’un peu de poix.
6. Enrouler le dubbing sur deux
tours juste derrière la bille.
Faire un nœud final.
1.
2.
3.
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4.
5.
6.
63
FOCUS/montage
Corps détaché
en poils de sanglier
À force de passer les ronciers, les
pointes des poils de sanglier
sont quasiment toutes divisées
en deux ou en trois. Des cerques
naturels dont on peut tirer profit.
1. Choisir un hameçon à hampe
standard n° 12.
2. Commencer l’enroulement
d’un fil de montage beige 8/0
Uni Thread sur la hampe. Placer quatre poils de sanglier
face concave en haut et selon
les proportions indiquées.
3. Ajouter une goutte de colle
avant de renforcer le corps
avec le fil de montage.
4. Toujours avec le fil de montage, continuer sur les poils
pour former un corps détaché.
5. Continuer de la même façon
sans oublier la jonction courbure de l’hameçon/corps détaché.
6. Revenir sur le corps pour fixer
un brin de raphia naturel.
7. Enrouler le raphia pour terminer le corps.
8. Préparer une boucle à dubbing qui recevra un dubbing
de poils de dos de lièvre teinté
en jaune olive (éliminer toute
la bourre).
9. Enrouler le dubbing sur deux
tours.
10. Par la pointe, fixer une longue
plume de CDC naturel mais
plutôt claire (si plus petits en
mettre deux).
11. Enrouler le CDC en rabattant
les fibres vers l’arrière avec
les doigts à chaque tour.
Nœud final. Couper les fibres
de CDC un peu trop longues.
1.
2.
3.
4.
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5.
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8.
7.
9.
10.
11.
65
FOCUS/montage
Larve plate
d’éphémère
Une utilisation particulière des
poils de sanglier qui joue sur la
couleur et le côté brillant pour
imiter des larves plates comme
celles des Heptageniidea.
1. Choisir un hameçon Tiemco
5210 n° 14.
2. Fixer une pointe de plume de
perdrix grise (mais une plume
« fumée ») en guise de
cerques courts.
3. À la façon d’un fagot, fixer solidement et à l’aide d’une
pointe de colle une dizaine de
poils de sanglier sur le corps la
nymphe.
4. Revenir par un cerclage vers la
partie avec du corps. Ajouter
un peu de vernis.
5. Relever les poils qui formeront
un angle de 90° avec le corps.
6. Sur le fil de montage, placer
directement un dubbing
d’oreille de lièvre à l’aide d’un
peu de poix.
7. Enrouler le dubbing pour former le thorax.
8. Les poils sont ensuite rabattus
en avant, maintenus solidement avec le fil de montage
avant d’être ramenés en arrière, ce qui ajoute une seconde couche en quelque
sorte. Ce montage est également possible sans remonter
les poils à 90°. Le thorax est
dans ce cas un peu moins volumineux.
9. Une ligature est réalisée derrière le thorax. Faire un nœud
final et ajouter un peu de
colle.
10. Même opération vers l’arrière
du corps pour bien aligner les
poils le long du corps. Un fil de
montage transparent est ici
tout indiqué.
1.
2.
3.
4.
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6.
7.
8.
9.
10.
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FOCUS/montage
Corps en bourre
de sanglier
Populaire autrefois en Bretagne,
la bourre de sanglier était utilisée
et vendue par la maison Ragot
(nom qui, outre les racontars, désigne justement un sanglier !)
pour la confection de corps de
mouches à saumon.
1. La bourre de sanglier peut
être utilisée sur tous types
d’hameçons à saumon, y
compris les tubes et les waddingtons.
2. Sur l’hameçon simple Tiemco 7989 n° 4 de cet exemple,
commencer l’enroulement
d’un fil de montage noir 6/0.
3. À l’arrière du corps, fixer un
fil de laiton teinté en vert foncé (Hends ou Mouches de
Charette).
4. Faire une boucle à dubbing
pour y introduire la bourre de
sanglier.
5. Avec un twister lourd, torsader
la boucle et l’enrouler pour
former un corps généreux.
6. Le fil de laiton est tout d’abord
enroulé en spires jointes pour
former un petit « tag » de 3 à
5 mm. Ensuite, l’enroulement
est très espacé. Le bloquer en
tête et couper l’excédent.
7. Placer une aile en bucktail
(poils de queue de veau) teinté en vert selon les proportions indiquées.
8. En tête et par la pointe, placer une plume gris fumée de
perdrix grise face convexe
vers l’avant.
9. Enrouler la plume sur deux
tours. Bloquer, couper l’excédent et faire le nœud final.
Une mouche à saumon bien
montée se reconnaît à sa
tête fine et vernie.
1.
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9.
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FOCUS/montage
Comment bien monter les mouches
de légende
12. La elk wing caddis
Cette rubrique se destine au montage des mouches célèbres, aux indémodables modèles
qui, aujourd’hui comme hier, font partie des incontournables que tout un chacun doit savoir
monter convenablement. Ces mouches de légende font souvent appel à un tour de main
très particulier, sans quoi il est impossible d’obtenir un résultat conforme à l’original.
La mouche qui vous est proposée n’est pas une mouche très
connue des pêcheurs français.
Mais c’est une mouche de légende aux États-Unis où elle est
dans toutes les boîtes depuis
très longtemps. Elle est destinée aux eaux torrentueuses où
elle est censée imiter un trichoptère. Elle cumule plusieurs avantages, tout d’abord celui de flotter très haut sur l’eau et donc de
rester toujours visible. Elle est
presque insubmersible, ce qui
lui fait prendre parfois le rôle
de bouchon qui soutient une
nymphe située quelques dizaines de centimètres en dessous. Les Américains sont en effet des grands amateurs de
cette technique empruntée à la
pêche au coup. Il s’agit surtout
de pêcheurs occasionnels qui se
retrouvent à pêcher au bouchon
sur les conseils des guides qui
font tout pour que leurs clients
prennent quelques poissons
quelle que soit la technique
mise en œuvre.
La elk wing caddis que l’on
pourrait traduire par « sedge
avec une aile en cerf » est utilisée un peu partout dans le
monde, là où les eaux sont tumultueuses et les poissons peu
regardants. Les pêcheurs qui
voyagent beaucoup ont tout intérêt à en monter quelquesunes car ça peut toujours servir,
que l’on se trouve en Laponie,
dans les Rocheuses ou au bord
d’un torrent tyrolien. Dans son
pays d’origine, cette mouche
est montée avec des poils de
cerf, mais rien n’empêche de la
faire avec du chevreuil, beaucoup plus facile à trouver chez
nous. Le montage de la elk wing
caddis demande de bien respecter les proportions, notamment la longueur de l’aile et la
longueur des fibres du hackle.
Un hackle qui est une très
longue plume de selle (saddle)
issus de coqs américains de
chez Withing Farm par exemple.
Il est conseillé de s’aider d’un
aligne-poils de façon à obtenir
une aile dont les pointes sont
bien alignées. Un peu de colle
cyanoacrylate est toujours utile
pour éviter que l’aile ne tourne
autour de la hampe.
1. Prendre un hameçon Tiemco 9300 n° 14 et commencer l’enroulement d’un fil de montage beige
6/0 sur tout le corps.
2. Choisir un hackle roux « saddle » « génétique » de type Withing Farm. Le fixer par la pointe après
avoir orienté les fibres vers l’arrière avec les doigts, face brillante face à vous.
3. Fixer un brin de soie floche jaune d’or à l’arrière du corps.
4. Enrouler la soie floche pour former un corps plutôt oblong.
5. Ajouter un peu de vernis sur le haut du corps avant d’enrouler le hackle à spires espacées.
Bloquer le montage et couper l’excédent de hackle.
6. Au niveau de la tête, placer une pincée de poils de chevreuil préalablement alignés à l’alignepoils. Faire un tour lâche avec le fil de montage avant de serrer d’un coup. Cela évite de faire
tourner les poils. Bien consolider par six ou sept tours. Ajouter une microgoutte de colle (attention au phénomène de capillarité en cas d’excès de colle).
7. Les poils de cervidés étant creux, ils remontent lorsqu’ils sont écrasés. La partie avant forme alors
une sorte de tête. On laissera donc environ 3 mm de poils.
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1.
3.
2.
4.
5.
6.
7.
71
Où pêcher
Huit jours dans
le delta du Danube,
au pays des becs dans l’eau
1 300 ha de petits lacs reliés par des canaux au milieu de 312 000 ha d’une nature
d’un autre âge, voilà, au cœur du delta du Danube, l’un des meilleurs coins à
brochet d’Europe. Gaël Even vous raconte pourquoi.
72
73
Où pêcher
A
ttention sauvage. Pour se
jeter dans la
mer Noire, le
Danube qui vient de traverser dix pays d’Europe
et recueillir les confidences de quatre parmi
les plus prestigieuses des
capitales (Vienne, Bratislava, Budapest, Belgrade)
de ce vieux continent
très civilisé, retrouve un
peu de son identité originelle.
Son delta, presque aussi
grand que celui de la
Volga, a la taille d’un département français. Un
département fait d’eau,
de roseaux, de houblons
74
sauvages, de lierres et de
clématites. Une des plus
belles zones humides de
la planète et la deuxième
réserve d’eau douce
d’Europe.
Les bouches du Danube
que se disputent encore
aujourd’hui Roumains et
Ukrainiens, comme autrefois l’Empire ottoman
et la sainte Russie, sont
un de ces endroits de
notre monde en souffrance où la biodiversité
joue les prolongations :
1 200 variétés de plantes,
300 espèces d’oiseaux,
45 de poissons et 40 000
de bipèdes, sans compter
les chats sauvages et les
chiens énots, peuplent ce
joyau du Patrimoine
mondial de l’humanité
où les bateaux devaient
être capables de ramener
des esturgeons atteignant
la tonne.
miers lieux d’exploitation durable des ressources naturelles, ce,
grâce aux rois de Roumanie Carol 1er et Ferdinand qui en avaient
confié la gestion à Grigore Antipa, un biologiste disciple de Ernst
Haeckel, le fondateur de
l’écologie.
Le delta résista même
aux aménageurs staliniens qui en voulant le
transformer en polders,
faillirent le tuer, envoyant au Goulag les
scientifiques qui s’opposaient à leur projet.
Depuis 1991 et la mise
en place d’une réserve de
Depuis 1991 et la mise en place
d’une réserve de biosphère
de 5 762 km2, heureusement
le Danube et son delta revivent.
Car dans les années
1930, le delta fut le premier producteur mondial de caviar en même
temps qu’un des pre-
biosphère de 5 762 km2,
heureusement le Danube
et son delta revivent.
C’est tout au bout de ce
système complexe, dans
Une destination qui contrairement à d’autres propose une pêche de bordure,
très ludique, notamment aux leurres de surface ou de sub-surface. De ce fait,
elle est très adaptée aux pêcheurs français, souvent désorientés lorsqu’il faut
pêcher de grands lacs à l’échosondeur dans vingt mètres d’eau.
75
Où pêcher
Un camp
de pêche bien
géré et très
confortable. Pas
de bass-boats
surmotorisés
mais des
embarcations
adaptées
aux lieux.
le Sud-Ouest, où des
îlots de végétation dérivent à la façon des icebergs, que le centre de
pêche Holbina Trei Bibani et son hôtel quatre
étoiles accueillent les pêcheurs de brochets.
76
Gaël Even y revenait cette
année pour la deuxième
fois. Notre vice-champion du monde de pêche
au leurre, pourtant expert
en « power fishing »,
n’ayant eu le temps, l’année dernière, de prospec-
ter qu’une petite partie
des 1 300 ha d’étangs et
de canaux de cette ancienne pisciculture aux
eaux toujours claires
grâce à un système de
vannage hérité de l’ancien régime.
C’est d’abord du cadre
que Gaël est tombé
amoureux, la pêche se
pratique dans des couloirs de végétation luxuriante entre les herbiers,
les roselières, les potamots, les renoncules, les
élodées et les sératophiles. On y surprend les
becs aux leurres de surface que la faible épaisseur d’eau libre au-dessus
des herbiers rend particulièrement
efficaces.
L’usage de ces sticksbaits
comme celui des buzzbaits est recommandé au
lever et au coucher du
soleil, quand le chant des
grenouilles rythme la vie
du delta, celle du buzzard des roseaux, des tortues, du pélican et du
butor étoilé.
On peut pêcher avec un
guide, expert dans le maniement des longues
perches qui doivent s’im-
miscer dans l’entrelacs
des herbes et des nénuphars ou se débrouiller
seul dans le dédale des
plans d’eau ; ce qui n’est
pas très compliqué : une
carte où chaque plan
d’eau est identifié et
chaque canal numéroté
est donnée aux clients.
Dans la journée, les
leurres souples, virgules,
grenouilles, shads montés en texan, sont très efficaces dans des tailles ne
dépassant pas 13 cm. Les
spinnerbaits de coloris
sombres, noirs, rouges et
cuivre sont la solution
quand souffle le vent.
On peut varier les plaisirs
avec des buzzers jigs
équipés d’une virgule,
très efficaces aux jonctions entre les canaux et
les plans d’eau.
Des leurres susceptibles
de séduire les perches assez nombreuses et de
tailles respectables sans
être des trophées.
Les brochets sont eux en
nombre très important et
leur taille varie de 60 à
120 cm, des sujets plus
gros, à l’échelle de ce que
sont les amours argentés
(plus de 30 kg), les
carpes, les tanches et les
silures dont la densité est
bien inférieure à ce que
nous avons en France,
n’ont encore jamais pu
être arrachés à leurs refuges d’herbes.
Il faut ajouter pour être
complet que cet éden halieutique se pêche aussi à
la mouche, les barques
avec moteurs atmosphériques et électriques étant
équipées de plateformes
sur le modèle des flatboats de la Caraïbe. Les
mouches étant souvent
des imitations de grenouilles ou des modèles
très légers type angora
flash qui se propulsent
très bien au moyen d’une
soie flottante n° 8.
Les conditions de pêche
n’ont pas été très bonnes,
cette année. Le thermomètre est ainsi passé de
30 à 13° en une nuit. Et
malgré cela Gaël et son
complice ont pris 350
poissons en une semaine,
entre 50 et 90 cm.
On n’ose envisager ce
qu’il en aurait été si le
temps avait été à la
pêche…
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77
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Pour fêter ses 50 ans, le
Big Game Fishing Club
de France, fondé en
1965 par Pierre
Clostermann, a décidé
d’ouvrir ses archives
aux passionnés de
pêche. Pierre Affre
raconte la saga.
160 pages.
Prix : 35 €
Réf. : 110341.
Confidences d’une
Histoires de pêche 2
Histoires de pêche 3
La Dame de
Contes et légendes
truite près d’un pont Haute-Savoie
Saint-Pierre était
Rabouin
du Moulin du Plain
Jean-Christian Michel
Belge
Au bonheur des
Muriel Lovichi
Vincent Lalu
Georges Quinot
truites
Les histoires de
Ce livre raconte la saga C’est l’histoire d’une
truite de parole et
C’est un petit village
Jean-Marie
« La dame de
du Moulin du Plain, il
possède la particularité Haute-Savoie » vous
franco suisse à forte
Rouffaneau
en évoque les
de ne pas mourir. Elle
population belge. Au
Rabouin vous emmène personnages les plus
emmèneront tour à tour
connaît les pêcheurs,
milieu coule le Doubs,
avec bonheur au pays
sur les torrents de sa
truculents, les histoires
leurs désirs et leurs
ses truites, ses mouches des poissons trophées
montagne, mais aussi et
les plus drôles et les
et ses «pêchoux». Dans
et des histoires de
moments les plus forts. vies. Elle a connu Kant, surtout sur la haute
Pascal et Jésus Christ… rivière d’Ain, les grands
ce roman, il est surtout
pêche qui vont avec.
Prix : 29 €
192 pages.
question d’amour, de
176 pages d’histoires à
lacs alpins et jusqu’en
Réf. : 110 305
Prix : 19 €
pêche et de jalousie.
dormir debout.
Nouvelle-Zélande.
Réf. : 110338.
Prix : 19 €
Prix : 19 €
176 pages. Prix : 19 €
Réf. : 110 315
Réf. : 110323
Réf. : 110359.
-30 % pour vous, abonnés, sur tous nos livres de plus de deux ans*. Respect de la loi Lang. Offre valable jusqu’au 30 juin 2017
Histoires de pêche 1
La truite en héritage
Nicolas Germain
Nicolas Germain
inaugure cette
collection avec ces
histoires qui donneront
aux pêcheurs et aux
non-pêcheurs l’envie de
se retrouver au bord de
l’eau.
Prix : 15 €
Prix abonné* : 10,50 €
Réf. : 110 300
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Trente chasseurs de légende
Eric Joly
Ils ont marqué l’histoire de la grande chasse.
Ce sont aussi des aventuriers qui, au début
du siècle dernier, s’en vont au bout du
monde passer des mois en terrain hostile.
Beaucoup choisissent l’Afrique noire. Selous,
Foâ, Pondoro, Lake, Pretorius, autant de
noms mythiques qui ont forgé la légende
des premiers safaris. 224 pages.
Prix : 19 € Réf. : 110353.
La pêche en nymphe tchèque et autres
méthodes de pêche à la mouche
Karel Krivianec et ses amis
Ce livre présente la pêche à la « nymphe
tchèque » sous tous ses aspects et nous
présente de très nombreux modèles avec les
matériaux nécessaires à leur réalisation.
Prix : 24 € Réf : 121401
Guerre et pêche
Pendant les combats, la vie continue… pour les poissons. Et aussi
pour les rares audacieux qui, malgré les dangers de la guerre, n’ont
pas hésité à tremper leur ligne dans l’eau, même lorsque le cours
de la rivière servait de ligne de front. On a toujours pêché pendant
les guerres, qu’elles aient été grandes ou petites. Pêché pour
manger, pêché pour survivre, mais aussi par passion, par goût du
défi ou de la transgression. Et parfois, le miracle s’est produit :
lorsqu’ils se rencontraient par hasard, les pêcheurs ennemis
« oubliaient » de se tirer dessus. C’est ce que racontent les auteurs
de « Guerre et pêche », qui ont en commun d’avoir affronté les
affres de la guerre une canne à la main.
Prix public : 19 € Réf. : 110361
Les secrets de la pêche à la verticale
Philippe Boisson
Cet ouvrage fait un point nécessaire sur
l’origine de cette pêche, sa définition, ses
particularités techniques, le choix du bateau,
de l’équipement, du matériel et vous explique
comment mieux utiliser votre échosondeur
pour tenter cet insaisissable, mais passionnant
poisson qu’est le sandre. 192 pages.
Prix public : 29 € Réf. : 110358
BON DE COMMANDE – LIVRES – À RENVOYER À : PÊCHES SPORTIVES, 29, rue de Clichy, 75009 Paris
Vous pouvez également commander vos livres sur www.peches-sportives.com
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Les petites annonces de Pêches sportives
Vente matériel
de pêche
• Vend moulinet LOOP evotec
FW 5/7 (couleur inox) avec
une bobine suplémentaire. Prix
300 euros (prix neuf: 380
euros sans bobine suplémentaire). Possibilité échange avec
ancien LOOP evotec 5eight
(noir) ou Danielson evotec
5eight (noir).
Tél. : 04 92 77 02 33.
• Vends cannes à mouche
Hardy 10’5 # 7/8, 8’5 # 7,
Browning 7’ #4/5, 10’6 #7/8/9,
Pezon & Michel La Loue 9’
#4/5, Drennan 10’ WF 8/9.
Tél. : 06 42 84 22 11.
• A vendre matériel de
production soies natureslles et
bas ligne tissées.
Stock, matp, site internet et
clientèle. Accompagnement du
repreneur. Renseignements :
04 70 51 71 44.
• A vendre livres et matériel:
Pratiquement tous les grands
classiques “mouche” en
français comme en anglais.
Liste avec prix sur demande.
Egalement cannes et moulinets
“vintage” en bambou refendu
(Pezon & Michel, Hardy, etc.),
“soies” en soie naturelle King
Fisher, King Eider…
Pierre Affre. Tél. : 06 61 71 88
11, [email protected]
• Vends cannes à mouche, très
bon état, Sage One 9’6 #5 4
brins, montage Zéro Limite
Daniel Guyot 530 euros Guide Line LPXe 9p #5 4 brins
250 euros – Imago Launstorfer
Bætis 9 p #4/5 4 brins 210
euros – Gilet pack duo ranger
JMC – État neuf 95 euros. Tél.
heure repas : 06 42 97 55 61.
• Vends canne à mouche
DevauxT.48 10’ # 4/5 PCU+.
Acheté mars 2016 : 320 euros.
Tél. : 06 51 94 43 74.
• Cède ma collection de
cannes Hardy Sovereign (8’
#4/5, 8’6’’ #5/6, 9’ #6/7, 9’6’’
#7/8) dont 1 Sovereign X de
8’6’’ #5; possibilité d’acquérir
en plus 2 cannes saumon dont
1 Hardy Deluxe de 15’4’’#10 et
1 Hardy Deluxe Spey de 15’
#10, ainsi qu’une Hardy
Ultralite de 9’6’’#7 neuve. (Prix
à partir de 150 Euros). Autres
cannes disponibles: Sage RPL+,
Penn, Pfluger, divers.
Nombreux moulinets Hardy en
tbe , dont 1 Ultralite Disc 8/9 et
1 Viscount MKIII LA 5/6 Gold
neufs. Autres moulinets neufs :
Scientific Anglers Mastery 6/7
et 8/9, et 1 System 2 LA-678 +
2 bobines (un bijou).
Nombreuses soies usagées et
neuves , dont la fameuse soie
Cortland Pike rouge, quasiment
introuvable de nos jours, en
7,8,9 et 10. Autres soies: Rio
Outbound, Hardy, Cortland,
Scientific Anglers (soies neuves
à partir de 35 Euros).
Ensemble du matériel made in
USA ou made in England.
Possibilité photos par E-mail.
Tél. : 06 07 78 34 22.
• Vends cannes Marryat Tactical
9 p soie 5. 250 € Tél. 06 95 84 66 08.
Parcours de pêche
• Domaine de pêche à la
mouche
des Fontaines, à une heure
au sud de Lyon, domaine avec
rivières, plans d’eau. Beaux
salmonidés. Lodge chauffé à
disposition. Renseignements
Tél. : 04 74 79 06 26.
• Tueda 73 Méribel. Lac de
montagne dans un cadre
d’exception. Site vaste et
préservé pour moucheurs du 5
juin au 12 octobre. Tél. : 04 79
01 07 51.
www. lacdetueda-meribel.com
• Domaine de la Mordorée,
Charente, réservoir pêche à la
mouche. Black-Bass aux leurres
en printemps/été. Tél. :
06 76 14 38 64.
• Pêche de la truite en Alsace.
Stage adulte et jeune. Chambre
et table d’hôte. www.
peche-alsace.com.
Tél. : 06 10 09 63 16 ou
03 88 47 25 74.
Location
• DESSOUBRE : à louer à 100
m de la rivière, chalet de 5
pièces (6 personnes)
avec piscine privative, terrain
arboré au calme, cheminée,
cuisine de standing,
équipement ménager neuf et
complet. Contact par tél. :
00 41 26 921 34 92.
Rosureux. Tarif : 580 € /
semaine. Restauration sur
place à la demande.
Animaux bienvenus.
Recherche matériel
de pêche
• Cherche hameçons Owner
5135 ou 5136 2/0 à 5/0.
Tél. : 06 08 49 71 50.
• Cherche leurres Storm Seeker
Shad (suspending) 15 ou
18 cm, coloris fire tiger, mullet,
perche ou RH. Recherche aussi
Storm Kickin Shad.
Tél. : 06 80 96 69 79.
• Achète leurres très anciens :
français et anglais. Ainsi que
vieux articles Wyers et Pêcheur
Ecossais.
Tél. 06 83 32 49 85
Immobilier
• Corrèze loue gîte 2 pers.
Label gîte de pêche surplombant la Dordogne. Tout confort
3 épis. Loue semaine et
week-end. Monceaux-sur-Dordogne. Tél. 05 55 28 10 56.
• Vends VALLÉE MEUSE TILLY
(55), F5 MAISON 125 m2,
4 chambres, wc, s.db, séjour,
âtre chauf. central fuel, jardin,
garge, prox. TGV et A4.
110 000€.
Tél. 06 76 17 02 83.
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Une lettre par case. Laissez une case vide entre chaque mot. Evitez les coupures inopinés en fin de ligne.
Pêches sportives étant bimestriel, prévoyez l’envoi de vos textes en temps et en heure.
• Tarifs.
Annonces de particuliers : 6,10 € la ligne
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Annonces commerciales : 9,15 € la ligne (dont TVA 20 %)
Supplément photo noir et blanc 4 x 3 cm : 68,60 €
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envoyez un mail à
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VIENT DE PARAÎTRE
Prix public
19 €
Réf. : 110361
Guerre et pêche
Pendant les combats, la vie continue… pour les poissons. Et aussi
pour les rares audacieux qui, malgré les dangers de la guerre,
n’ont pas hésité à tremper leur ligne dans l’eau, même lorsque le
cours de la rivière servait de ligne de front. On a toujours pêché
pendant les guerres, qu’elles aient été grandes ou petites. Pêché
pour manger, pêché pour survivre, mais aussi par passion, par
goût du défi ou de la transgression. Et parfois, le miracle s’est
produit : lorsqu’ils se rencontraient par hasard, les pêcheurs ennemis « oubliaient » de se tirer dessus. C’est ce que racontent les
auteurs de « Guerre et pêche », qui ont en commun d’avoir affronté les affres de la guerre une canne à la main.
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