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Pêches sportives magazine numérique n°110
PÊCHES sportives Gave d’Oloron : des saumons, oui, mais de quelle souche ? PECHES s p o r t i v e s N° 110 Bonnes feuilles La pêche à la verticale La petite classe La pêche en réservoir (2) Où pêcher Les truites de mer de la Tungufjlot Récit Ouverture Mouches de début de […]
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Description
PÊCHES
sportives
Gave d’Oloron : des saumons, oui, mais de quelle souche ?
PECHES
s p o r t i v e s
N° 110
Bonnes feuilles
La pêche à la verticale
La petite classe
La pêche
en réservoir (2)
Où pêcher
Les truites de mer
de la Tungufjlot
Récit
Ouverture
Mouches
de début de saison
La fin d’une géante
J a n v i e r – f é v r i e r – m a r s 2017
M 02526 – 110 – F: 5,90 E – RD
3’:HIKMPC=[UZ^U\:?k@b@b@k@a »;
BELGIQUE 7.10� • SUISSE 10.50 FS • DOM 7.50 � • TOM 900XPF
EDITO
L’ouverture avec
Super Mario
TM
J’ai enfin compris à quoi peut servir l’ouverture de la truite. J’y
ai mis le temps mais j’ai trouvé. C’est ce jour-là qu’il faut
emmener au bord des rivières tous les gamins que notre grande
et belle fédération a appâtés durant le dernier tour de France.
Quel meilleur moment pour tenir les promesses faites à la jeune
génération dans les lacets du Tourmalet : ils verront des rivières
avec des poissons dedans et trouveront peut-être dans l’excitation
de ces premières captures le plaisir d’une nouvelle passion.
Il faut seulement leur dire que c’est le jour de l’année où ils
peuvent laisser la tablette ou le smartphone sans trop de risques.
Les truites qu’ils prendront sont suffisamment virtuelles pour
qu’ils ne soient pas trop dépaysés. Et s’apprêter à affronter la
déception de ceux qui voudront retourner à la pêche le samedi
suivant.
Dans la vraie pêche, du moins au début, même Super Mario
est souvent bredouille.
TM
Vincent Lalu
3
Sommaire
Pêches sportives n° 110
ACTUS p.6
L’ECHO DU RADIER p.20
RÉCIT p.26
RÉCIT p.32
– Fermer le bar (suite)
– 14ème prix Charles C. Ritz
– Plombières-les-Bains se fait
plomber !
– Gave d’Oloron, des saumons, oui,
mais de quelle souche ?
– Le pêcheur et la truite
– La fin d’une géante
BONNES FEUILLES p.38
FOCUS SHOPPING p.42
FOCUS p.46
MONTAGE p.56
– Les secrets de la pêche à la verticale
– Tiemco, porte bobine magnétique
– Tiemco, outil perce-soie
– Spinnerbaits Iaconnelli Molix
– Simms, Camp Gift pack
– La Petite Classe : la pêche en
réservoir (seconde partie).
– Six mouches à tout faire pour la
montagne, le lac et la rivière.
MONTAGE p.56
OÙ PÊCHER p.70
LIBRAIRIE p.80
PETITES ANNONCES p.82
– La mouche de légende : le sculpin
– Islande : les truites de mer de la
Tungufjolt
– La librairie de Pêches sportives
– Les petites annonces de Pêches
sportives
Administration, rédaction,
publicité :
Editions La Vie du Rail/
Pêches sportives
29, rue de Clichy, 75009 Paris Tél. : 01 49 70 12 11.
[email protected]
Mise en page :
Frédéric Demarquette
Directeur de la publication :
Vincent Lalu.
Publicité : Nicolas Demongeot
Tél. : 01 49 70 73 13
[email protected]
Rédacteurs en chef :
Vincent Lalu et Philippe Boisson.
Ont collaboré à ce numéro :
Pierre Affre, Florent Bailly, Philippe
Boisson, Vincent Lalu, Jean-Chrisitan
Michel, Jean-Marc Theusseret.
Abonnements :
www.peches-sportives.com/6-Abonnements.htm
Tél. : 01 49 70 12 20.
Eléments techniques
publicitaires :
Maryline Renaud.
[email protected]
Chef de fabrication : Robin Loison.
Photogravure : La Vie du Rail.
Impression :
Imprimerie Loire Offset Titoulet (42)
Commission paritaire : 1117 K 82373
ISSN : 1252-8358.
Dépôt légal : à parution.
Marketing et diffusion presse :
Destination Média
Un DVD est inclus dans
ce numéro pour les abonnés
Actualités
Fermer le bar ( suite)
On pêchera encore un peu en 2017
au nord de Brest
On pourra encore manger du
bar en 2017 au nord du 48°
parallèle. Mais, si l’on en croit
la nouvelle réglementation
que le Comité International
pour l’Exploitation de la Mer
(CIEM) propose de faire
adopter par les ministres européens, on en mangera
beaucoup moins.
Aux partisans d’une interdiction totale de la pêche (notamment les Anglais pour qui
cet interdit sera effectif à l’intérieur des 12 milles de leurs
eaux territoriales) le CIEM a
demandé un délai supplémentaire d’un an qui ménage
notamment les ligneurs et les
pêcheurs récréatifs.
Ainsi, au delà d’Audierne et
sur toutes la côte nord de
Brest à Calais, la règle géné-
6
rale du point 1 de l’article 10
du règlement du conseil est
bien l’interdiction totale de la
pêche. Elle sera effective et
sans dérogation possible pendant les mois de février et
mars pour enfin laisser tranquille les poissons pendant
leur période de reproduction.
Les exceptions acceptées par
le CIEM concernent d’abord
les pêcheurs professionnels à
la ligne qui devront toutefois
respecter un quota de
10 tonnes par bateau et par
mois. Les pêcheurs de loisirs,
dont on nous dit qu’ils sont
responsables de 30 % des
captures actuelles, seront eux
limités à 10 bars par pêcheur
et par mois.
Enfin les grosses unités, chalutiers, fileyeurs, bollincheurs
et pélagiques ne pourront détenir à bord plus de 1 % de
bar dans leur cargaison. Ce
tonnage résiduel étant limité
à une tonne par mois.
Ces quelques dérogations
sont en contradiction avec
l’avis du CIEM de juillet 2016
qui « face à l’état alarmant
du stock en zone nord, recommandait pour 2017, un
moratoire total pour la zone
Manche, mer Celtique, et mer
du Nord. »
Si l’on en croit l’Ifremer,
« c’est la prise en compte
dans le modèle d’évaluation
de nouvelles données, notamment sur les structures
démographiques des captures, qui a conduit à une
révision du diagnostic par
rapport à l’an dernier. »
Pour autant « le nouveau diagnostic confirme la poursuite
d’une baisse de la biomasse
de reproducteurs. »
En fait les experts du CIEM
ont pris en compte le grave
problème social qu’aurait
constitué une interdiction totale pour les artisans pêcheurs. La pêche touristique
ayant bénéficié de considérations équivalentes.
Reste qu’aucune mesure
sérieuse ne sera cette année
encore prise pour les zones
situées au sud du 48° parallèle. Sans doute parce que comme le nuage de Tchernobyl – l’effondrement des
stocks de bar s’arrête au sud
d’Audierne.
Vincent Lalu
Belgique
22e édition de la Fête
de la pêche à la mouche
de Roselies (Charleroi)
Tous les ans en janvier se déroule le
plus important salon de pêche à la
mouche d’Europe continentale. Ainsi, l’Amicale des pêcheurs à la
mouche de Charleroi organisera la
vingt deuxième édition de ce salon international très attendu
les 28 et 29 janvier 2017. Comme toujours, se sera l’occasion
de rencontrer des exposants, belges, allemands, néerlandais,
suisses, anglais, italiens, polonais, tchèques, slovènes et français. Partenaire de longue date de ce salon, Pêches sportives
sera présent. Fly Fishing in Poland et Polishquills seront les
invités d’honneur de cette édition.
Entrée libre et gratuite, de 9h30 à 18h00.
Renseignements : www.apmc.be
Adresse : Hall Sambrexpo Rue J-F Kennedy 150, à Roselies.
(Aiseau-Presles).
Vosges
Plombières se fait plomber !
La Commission européenne
avait annoncé en avril 2015
qu’elle poursuivait la France
devant la Cour de justice de
l’Union européenne (CJUE)
pour absence de conformité
à la directive sur les eaux résiduaires urbaines (DRU)
des assainissements d’une
série d’agglomérations. Celle
de
Plombières-Les-Bains,
cette ville d’eaux qui compte
des établissements de soins
thermaux dont certains nécessitent un traitement médicamenteux lourd était entre
autre dans le collimateur.
La dynamique association basée à Besançon CPEPESC
avait filmé et mis en ligne en
2009 (“les dessous chics”) le
sous sol de cette ville avec
ses problèmes d’eaux sales,
négligés pendant des décennies, et qui nuit à la qualité
des eaux et à la vie aquatique
de l’Augronne. En audience
publique à Luxembourg, le
23 novembre 2016, la CJUE
vient de condamner la France
pour n’avoir pas « assuré un
traitement secondaire ou un
traitement équivalent des
eaux urbaines résiduaires
provenant des agglomérations de Goyave, de Bastelica,
de
Morne-à-l’Eau,
d’Aiguilles-Château-Ville Vieille,
de Borgo-Nord, d’Isola, de
Plombières-les-Bains,
de
Saint-Céré,
de
Vincey,
d’Etueffont ainsi que de Volx
et Villeneuve…»
« La République française a
manqué aux obligations lui
incombant en vertu des dispositions de l’article 4, paragraphes 1 et 3, de la directive
91/271/CEE du Conseil, du
21 mai 1991, relative au traitement des eaux urbaines
résiduaires, telle que modifiée par le règlement (CE)
n°1137/2008 du Parlement
européen et du Conseil, du
22 octobre 2008 ». La République française est condamnée aux dépens. D’après arrêt
de la cour (sixième chambre)
du 23 novembre 2016 dans
l’affaire C 314/15.
www.cpepesc.org/La-Francecondamnee-pour.html
Saint-Etienne
20e Salon International de la Mouche
Artificielle
Le plus important salon de pêche à la mouche français, qui se
produit tous les deux ans, sera sans aucun doute très attendu
cette année encore. Comme d’habitude, ce sera l’occasion de
trouver les matériaux de montage de mouches les plus communs comme les plus rares, d’essayer un grand nombre de
cannes avec des aires de lancer spacieuses. Guides de pêche,
voyagistes, monteurs de mouches, pêcheurs de renoms ne
seront pas en reste pour cette vingtième édition. L’Irlande sera
l’invitée d’honneur. Pêches sportives sera présent comme exposant. Attention, cette année, le salon changera de hall (ce
sera le B) mais restera toujours au Parc des Expositions de la
Plaine Achille à Saint-Etienne.
L’événement se déroulera le samedi 25 février 2017 de 9 h à
19 h et le dimanche 26 février de 9 h à 17 h 30.
Renseignements : www.sanama.fr
7
Actualités
Saône-et-Loire
Le renouveau des
bas de lignes tissés
Guy Plas
L’association des Monédières en Corrèze
récompensée par le 14ème Prix Charles C. Ritz
L’AAPPMA des Monédières a reçu, le mercredi
9 novembre, le Prix Charles C. Ritz pour ses
multiples actions en faveur de la promotion
et de la préservation de leur rivière, la Corrèze. Décerné par un jury composé de
membres de l’International Fario Club et de
personnalités de la société civile, du lauréat
de l’année précédente et d’experts du milieu
halieutique, ce prix récompense une action
en faveur de la protection des rivières et de
leur biodiversité.
L’auteur Charles Gaidy, corrézien et membre
d’honneur IFC a remis le prix, en compagnie du
président du jury, Jean Marc Vervelle, une sculpture de Joachim Belmas et un chèque d’un
montant de trois mille euros à M. Bouvard, président de l’AAPPMA lors d’une cérémonie dans
les salons du Travellers Club à Paris.
Devant un auditoire attentif M. Bouvard a fait
une présentation détaillée des actions de son
équipe, de reconquête du milieu, de sauvegarde des souches de poissons sauvages, de
sensibilisation du public et de formation des
scolaires. C’est d’ailleurs à ces derniers que
seront consacrés les fonds reçus, puisqu’un
partenariat d’éducation à la protection des
milieux aquatiques sera lancé dans les collèges ainsi qu’une mise en place d’aquarium
et de frayères pédagogiques dans les écoles
primaires.
« Nous tenons à remercier tous nos membres,
pour leur fidélité, tous nos bénévoles, pour
leur investissement au quotidien et évidemment tous nos partenaires, passés, actuels et
8
futurs, sans qui le travail de notre association
depuis 10 ans n’aurait pas été reconnu : les
communes, communautés de communes
et les offices de tourisme tout d’abord.
Nos partenaires «historiques» ensuite sans
qui rien ne serait possible : la fédération de
pêche de la Corrèze et les AAPPMA voisines
du bassin Corrèze ainsi que la Maison de
l’Eau et de la Pêche de la Corrèze. Nos dépositaires chargés de la vente de nos cartes, les
écoles primaires et les instituteurs/trices qui
nous accueillent toujours chaleureusement.
Nous tenons à remercier toutes les autres
structures qui nous aident au quotidien à restaurer les cours d’eau et promouvoir la pêche
dans les Monédières : le conservatoire des
Espaces naturels du Limousin, le parc naturel
régional de Millevaches en Limousin, la maison des Monédières, l’association MIGADO,
les stations sport Nature, l’association gobages, et enfin la gendarmerie et l’ONEMA pour
la surveillance de nos cours d’eau. Nous tenons enfin à remercier les membres du jury
du prix Charles Ritz pour cette récompense
qui nous incite à poursuivre nos efforts pour
la défense et la restauration de nos cours
d’eau ainsi que la promotion de la pêche de
la loisir dans les Monédières. »
L’équipe de l’AAPPMA des Monédières
La Truite des Monédières, 19800 Corrèze.
[email protected]
http://aappmacorreze.jimdo.com
Christophe Busselier (par ailleurs détaillant en articles de
pêche à Autun) nous informe
qu’il reprend la fabrication
des célèbres bas de lignes tissés Guy Plas. Ces produits légendaires compte toujours
de nombreux adeptes. Ils seront donc toujours fabriqués
et qui plus est en France. Les
modèles classiques (flottants,
plongeants, carnassiers, etc.)
seront toujours proposés.
N’hésitez pas à contacter le
nouveau fabricant :
S.A.S B.C Diffusion,
Christophe Busselier
1 bis, rue de la Vieille Halle,
71400 Autun.
[email protected]
Salmo Tierra
Salva Tierra
Une poignée de passionnés
et de motivés s’associent
pour la défense des poissons
migrateurs et de leur environnement dans le Béarn mais
leur combat dépasse cette
seule frontière et rencontre
depuis un an nombre d’échos
et de soutiens positifs en
France et en Europe.
Salmo Tierra – Salva Tierra,
association d’intérêt général,
de défense de l’environnement, (déclarée au J.O. le
17/10/2015) a pour objectifs :
– Restaurer la totale libre circulation des poissons migrateurs et obtenir la fin de
la pêche aux filets dérivants
dans le bassin versant de
l’Adour et sur l’ensemble
des bassins versants de la
façade atlantique.
– Protéger, restaurer et reconquérir l’environnement très
dégradé du bassin versant
de l’Adour et ce pour une
qualité de l’eau et une vie
aquatique optimales.
salmotierra-salvatierra.com
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le nouveau site de
PECHES
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Pour vendre un exemplaire en magasin, on en gaspille trois.
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La première collection
La pêche mode d’emploi avec les meilleurs spécialistes
PÊCHES
S P O R T I V E S
Pêche du brochet en étang au début de l’hiver
avec Gaël Even
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Pêche du brochet
en étang au début
de l’hiver avec Gaël Even
7
Frais de port compris
Pour commander les anciens DVD (les numéros manquants sont épuisés)
• DVD n° 9 : Pêche à la nymphe au fil avec Yann
Caléri sur le Drac en Isère
• DVD n° 18 (Pêches sportives n° 83):
L’Orne, nouvelle destination pêche. Présentation des
atouts du département avec les meilleurs spécialistes
locaux
• DVD n° 20 (Pêches sportives n° 85):
1re partie: pêche automnale du black-bass: montages
texans et “inch wacky” avec Manu Alvarez
2e partie: pêche à vue au réservoir du Martinet dans
le Jura avec Nicolas et Thibaut Germain
• DVD n° 21 (Pêches sportives n° 86):
Pêche de l’aïmara en Guyane française sur le fleuve
Sinnaramy
• DVD n° 22 (Pêches sportives n° 87):
Pêche à la nymphe au fil avec Yannick Rivière sur
l’Aude. Pêche du loup en kayak sur les étangs salins
du littoral audois.
• DVD n° 23 (Pêches sportives n° 88):
Pêche du brochet à la mouche: montage waddington
adapté par Philippe Boisson
• DVD n° 25 (Pêches sportives n° 90):
1re partie: pêche du brochet en montage texan au
plan d’eau d’Hermeville dans la Meuse avec
Sébastien Golly
2e partie: pêche du brochet à la mouche et au lancer
sur le lac de Madine avec Yves Omhovère et
Sébastien Golly
• DVD n° 26 (Pêches sportives n° 91):
1re partie: montage d’une mouche à brochet selon la
méthode du tube fly avec Alain Barthélémy
2e partie: montage d’un streamer pour plomb palette
en tube fly
• DVD n° 27 (Pêches sportives n° 92):
1re partie: technique de l’école italienne de pêche à la
mouche avec Marcel Formica
2e partie: nage et maniement des leurres pour le bar
• DVD n° 28 (Pêches sportives n° 93):
1re partie: à la découverte du Chéran en
Haute-Savoie avec Pascal Grillet et Stéphane Jan
2e partie: pêche du brochet aux leurres sur le lac du
Bourget avec Quentin Dumoutier
• DVD n° 29 (Pêches sportives n° 94):
1re partie: pêche aux leurres en mer dans le Cotentin avec
Gaël Even et Sylvain Lauzier
2e partie: pêche à la mouche en “washing line” au
réservoir de la Salamandre dans l’Aisne avec Philippe Collet
• DVD n° 30 (Pêches sportives n° 95):
Les secrets de l’oreille de chevreuil avec Gérard Picard
• DVD n° 31 (Pêches sportives n° 96):
Trois techniques de montage de mouches avec Cyril
Bailly
• DVD n° 32 (Pêches sportives n° 97):
Pêche à la nymphe au fil. Test des produits Hanàk et
Mouche Ellipse avec Philippe Boisson
• DVD n° 33 (Pêches sportives n° 98):
1re partie : Présentation du programme de renaturation de
la Doller, de la Thur et du vieux Rhin par Maxime Gerber
2e partie: Pêche du sandre en linéaire avec
Christophe Baudot sur la Saône en Côte-d’Or
• DVD n° 34 (Pêches sportives n° 99):
Pêche du brochet aux leurres en ballastière avec
Emmanuel Favin, guide de pêche dans l’Aube.
• DVD n° 35 (Pêches sportives n° 100):
Pêche à la mouche sur l’Arc en haute Maurienne avec
Didier Chapel
• DVD n° 36 (Pêches sportives n° 101):
La pêche au tenkara avec Maxime Miquel
• DVD n° 37 (Pêches sportives n° 102):
Comment aborder un plan d’eau inconnu en pêchant
aux leurres, avec Philippe Boisson
• DVD n° 38 (Pêches sportives n° 103):
Pêches d’exception en Islande et en Russie avec Lax-À
• DVD n° 39 (Pêches sportives n° 104):
Comment bien monter les petites mouches pour
la pêche en été avec Florent Bailly
• DVD n° 40 (Pêches sportives n° 105):
Pêche du brochet à la mouche en Hollande
avec Alain Barthélémy
• DVD n° 41 (Pêches sportives n° 106):
Pêche lente en bateau au lac de Malaguet
en Haute-Loire avec Grégoire Juglaret
• DVD n° 42 (Pêches sportives n° 107):
Pêche aux boobies au réservoir Sensation Pêche
à Montracol dans l’Ain avec Grégoire Juglaret.
• DVD n° 43 (Pêches sportives n° 108):
Réglages et utilisation d’un matériel de baitcasting avec
Philippe Boisson.
• DVD n° 44 (Pêches sportives n° 109):
Pêche du black bass à l’étang du Grand Bernardier
dans le Jura avec Lionel Fumagalli et Pierre Moyniez
7
l’unité
Frais de port compris
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Actualités
PÊCHES
S P O R T I V E S
Dans votre DVD
Pêche du brochet en étang au
début de l’hiver avec Gaël Even
Si à l’automne, les conditions de pêche du brochet en étang
sont encore calquées sur celles de l’été, avec des herbiers
très présents, le début de l’hiver marque une transition
déroutante pour les pêcheurs. A cette période, la température chute, les herbiers disparaissent et tous les poissons
bougent. Gaël Even, plusieurs fois vainqueur du circuit national de pêche des carnassiers en bateau, champion de France
2013 et vice-champion du monde 2014, nous fait découvrir
en exclusivité sa façon d’aborder un étang à cette saison si
particulière.
Bon de commande pour les non abonnés p. 11.
Pêche du brochet en étang au début de l’hiver
avec Gaël Even
Minn Kota Terrova BT
Le moteur électrique
avant Minn Kota Terrova est depuis longtemps le préféré des
pêcheurs aux leurres
exigeants. Ce fut le
premier moteur électrique à disposer d’un
système
d’ancrage
virtuel, grâce au GPS
(i-Pilot). On appuie
sur la touche au picto
qui représente une
ancre et le bateau
doit tenir sa position. En pratique le Terrova première génération avait du mal à tenir ce point sous l’influence d’un vent
même modéré ou de courant. Et depuis, la concurrence faisait
mieux. Ainsi la nouvelle version dite Terrova BT (comme Bluetooth) se devait d’améliorer certaines choses comme l’ancrage en particulier. Pour cela, le nouveau Terrova fait appel à
une borne Bluetooth qui assure une précision accrue. On
trouve déjà sur Internet plusieurs vidéos qui montrent le nouveau système en situation. Apparemment, cette nouvelle version tient ses promesses. Le système de basculement et de
relevage est désormais plus facile, grâce à un système incluant un ressort qui force à votre place. Pour le reste, le Terrova reste le moteur ultra fiable et robuste que l’on connaît et
qui satisfait les pêcheurs les plus exigeants. A noter que pour
l’occasion, la télécommande a été refaite. Fini la pile bouton
dont l’autonomie était plutôt limitée, surtout l’hiver, remplacée par trois piles AAA. De plus, vous pourrez piloter votre
Terrova BT avec votre smartphone, dont l’écran affichera les
fonctions de la télécommande ! La pédale a également été
revue. Elle est très inspirée de celle de l’Ulterra, avec entre
autre, la possibilité d’ancrer le bateau grâce à un bouton ancrage. La télécommande Link, qui commande le moteur en
lien avec l’échosondeur devrait être disponible dans les semaines à venir. www.navicom.fr
12
Eure
Un nouveau club mouche en
Basse Normandie
Sur les rives de la Risle vient
de naître un nouveau club
mouche intitulé l’Entente
Risloise. A la différence de
beaucoup d’autres clubs de
ce type, l’Entente Risloise ne
propose pas uniquement du
montage de mouches et des
cours théoriques, mais l’accès à un parcours de pêche
de 18 km en no-kill pour
l’ombre sur la Risle entre
Rugles et La Houssaye (2,5
km en no-kill total) et d’un
étang. Le but de ce club
consiste surtout à partager et
à échanger avec d’autres pêcheurs à la mouche, d’autres
clubs, d’autres contrées.
Siège social : Club Mouche
Entente Risloise
24, route de la Barre-enOuche, 27410 Ajou.
Contacts :
J. Legay : 06 20 16 05 81.
C. Beaufils : 06 80 04 89 11.
Pyrénées-Orientales
Photo : fédération pêche 66
La sécheresse
hivernale sévit
toujours
Eure
Concours mouches imposées
à la Chaise Dieu du Theil
C’est un concours de pêche à la mouche que
l’on peut incontestablement qualifier de
“classique”, d’incontournable, en cela qu’il se
déroule entre équipes de monteurs de
mouches professionnels. Quatre équipes
composées des maisons Petitjean, AB Fly,
Mouches de Charette et Mouches Devaux.
Quelque chose nous dit que la version 2017
sera le théâtre d’une lutte acharnée pour la
victoire… Cette rencontre se déroulera le dimanche 23 avril 2017 sur le site de pêche à
la mouche de la Chaise Dieu du Theil. Le
principe, particulier à ce concours, impose
des modèles de mouches aux pêcheurs, qui
ne peuvent être modifiés, lestés ou délestés.
Chaque monteur propose deux modèles.
Chaque pêcheur part donc au bord de l’eau
avec seulement huit mouches. Les mouches
perdues ne peuvent être remplacées.
A noter dans votre agenda un autre concept
très original qui se déroulera le 15 octobre à
la Chaise Dieu du Theil et au golf Center
Parcs avec le 17ème Trophée Pêche-Golf.
Chaque équipe de deux pêcheurs doit disposer d’un pêcheur à la mouche et d’un golfeur. Le coup se joue en 9 trous et en
9 postes. Original on vous dit !
En parallèle se déroulera sur toute la saison
le concours individuel Trout Master Fish Off,
chaque mois, du 21 au 20 du mois suivant,
où sont comptés les trois plus gros poissons.
Le vainqueur représentera la Chaise Dieu du
Theil lors de la finale qui aura lieu en Angleterre.
Renseignements :
La Chaise Dieu du Theil,
Jean Pucci, Le Moulin,
27380 Chaise Dieu du Theil.
Tél. : 06 07 60 72 67.
www.moulin-de-chaise-dieu.fr
Beaucoup moins médiatique
que la sécheresse estivale,
celle qui s’opère en hiver est
tout aussi problématique
pour les poissons, mais pour
des raisons bien différentes.
Un peu partout dans le pays,
les cours d’eau sont redescendus bien vite suite aux
précipitations de novembre,
attendues durant plusieurs
mois dans bien des cas. Depuis, la pluie se fait attendre,
comme dans les Pyrénées-Orientales. Durant la
période de la reproduction
des truites, le manque d’eau
réduit les surfaces de frayères,
faute de profondeur et surtout de courant. Le courant
joue un rôle déterminant
dans la reproduction des salmonidés (répartition des sédiments lors de la ponte et
ensuite durant l’incubation,
au cours de laquelle il assure
l’oxygénation). La saison de
sports d’hiver fait craindre le
pire sur certains cours d’eau
de ce département.
Rise festival 2017
Le festival de cinéma consacré entièrement à la pêche à la
mouche entame une nouvelle tournée française avec pas
moins de 23 projections. Des films venus du monde entier,
mais aussi un film français constitueront le programme. Des
poissons magnifiques, des paysages grandioses, des films
pour rêver… voila l’essentiel du Rise Festival, un concept lancé pat Nick Reygaert il y a une dizaine d’années. L’équipe sera
présente au Carrefour de la pêche à Cournon d’Auvergne (15
au 17 janvier) et au SANAMA à Saint-Etienne (25 et 26 février
2017).
www.films-de-peche.fr/ (pour suivre la mise en place du festival, les dates de la tournée ou sur facebook en tapant Rise).
13
Actualités
Les saumons de l’Allier ont pris
un coup de chaud
Le difficile retour du saumon dans les eaux du bassin Loire/
Allier se serait bien passé de la canicule de 2015 ainsi que de
la sécheresse qui a suivi. Alors que pour une fois, les remontées de saumons avaient dépassé le millier, les eaux chaudes
du grand fleuve et de ses affluents auront été fatales à 40 %
des géniteurs. Depuis 2003, c’est la première fois que les remontées dépassent le millier, avec 1177 saumons comptés à
la passe de Vichy. La sécheresse a perturbé les remontées et
l’eau trop chaude a favorisé le développement de divers parasites. Ce n’est pas gagné pour l’emblématique poisson dont la
sauvegarde sur cet axe devient un véritable acharnement thérapeutique. Il faut savoir que les salmonidés migrateurs sont
particulièrement sujets aux maladies. Sur un très long fleuve
comme la Loire, parsemé de dizaines de barrages artificiels,
l’épuisement est proportionnel à l’effort effectué pour gagner
les zones de frayères.
Honda revoit sa gamme de petits moteurs
hors bord
Plus d’un million de cartes de pêche
délivrées via Internet en 2016
Le constructeur de moteurs
thermiques japonais Honda
est unanimement réputé pour
la fiabilité et la robustesse de
ses produits, que ce soit sur
route ou sur l’eau. De toute la
gamme des moteurs hors
bord BF, les petites motorisations de 4, 5 et 6 cv sont les
dernières à bénéficier d’une
remise en forme et aux
normes. Les nouvelles ver-
14
sions sont plus économiques
en carburant, moins polluantes et plus performantes.
Ces petits moteurs utilisables
sans permis sont désormais
équipé du système d’allumage électronique qui équipe
toute la gamme. Un système
directement emprunté à l’automobile, qui permet de démarrer en une seconde tant à
froid qu’à chaud.
Nouveau dans l’esprit des pêcheurs français, l’achat de cartes de
pêche sur Internet, mis en service en 2015 avec le site cartedepeche.fr n’a pas tardé à devenir une habitude pour bon nombre
de pêcheurs. A un tel point qu’en 2016, un million de cartes de
pêche furent délivrées via Internet (record de 46 112 cartes délivrées pour l’ouverture de la pêche de la truite le 11 mars !). Toutes
les AAPMMA n’ont toutefois pas accepté ce système de vente en
ligne, qui se voit reprocher d’avoir ”dématérialisé” un service qui
depuis fort longtemps maintenait un lien entre le consommateur,
un lieu et des gens sur le territoire convoité. Dans la pratique, le
lieu en question est souvent introuvable, quand il n’est pas fermé
ou quand par chanche, il est ouvert mais que la dernière carte
journalière à été vendue la veille. Nous avons tous connu de véritables parcours du combattant qui nous ont baladé de l’office du
tourisme au boulanger, du tabac/presse au trésorier de l’AAPPMA
en passant par la Poste… Vu sous cet angle, la vente de cartes de
pêche en ligne est une belle invention !
Yonne
Un “troc-pêche” original
Le groupement des pêcheurs sportifs de l’Yonne nord organisera une brocante originale “troc pêche” pour tous types de
pêche. L’occasion d’échanger du matériel, de vendre et
d’acheter. Cette journée qui sera également animée par des
démonstrations de lancer mouche et de montage aura lieu le
26 février, salle des fêtes à Malay-le-Grand (proche de Sens).
Renseignements : tél. : 03 86 65 06 00 ou 06 71 16 10 04
BIENVENUE DANS LA NOUVELLE
BOUTIQUE DE PÊCHES SPORTIVES
Les livres c’est bien, mais il y a toujours un moment où il faut passer aux travaux pratiques.
Désormais, vous pouvez acheter autre chose que des livres sur la BOUTIQUE Web de Pêches Sportives. Pour
autant, nous ne souhaitons pas devenir un vrai site de vente par correspondance. Notre projet est seulement
de donner un prolongement à ce que nous écrivons dans le journal. On vous parle de mouches à longueur
d’année. Et il est, certains d’entre vous nous l’ont dit, quelques fois difficile de faire son choix.
Et bien, nous avons décidé de lancer, en collaboration avec
, les sélections Pêches
Sportives pour toutes les techniques de pêche à la mouche.
64,50 �
Réf. : 229 235
la boîte
de 18 mouches
Le cycle de la mouche de mai :
• six modèles de la larve au spent pour coller à
l’éclosion du moment. Mouches montées par
Alain Barthélémy (AB Fly) proposées dans une
boîte de 18 mouches (3 par stade).
• Mouches non vendues au détail.
Toutes les mouches AB Fly sont montées sur des
hameçons Tiemco.
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Ou a commander sur : www.peches-sportives.com
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La Fressane de Philippe Boisson : la célèbre nymphe de trichoptère enfin disponible
dans sa version originale. 18 mouches, deux tailles, 16 et 18 et trois lestages : pas de lestage
(fil de montage noir), cinq tour de fil de plomb (fil rouille), dix tours de fil de plomb (fil vert).
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Une sélection de 18 mouches sèches et émergentes de la collection AB Fly. Des modèles
qui font toute la réputation de la collection d’Alain Barthélémy. Hameçons 14, 16, 18 et
20 selon les modèles.
la boîte de 18 mouches
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Une sélection de 18 nymphes de la collection AB Fly parmi les incontournables de cette
collection réputée. Permet de pêcher la truite à vue durant toute la saison.
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Assortiment de 6 mouches à saumons pour découvrir cette pêche. Sélection adaptée aux eaux
françaises (Bretagne), à l’Irlande, l’Ecosse ou l’Islande. Hameçons n° 10 à 4 selon les modèles.
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Un assortiment de 6 mouches à brochet parmi les meilleures pour la pêche de ce carnassier.
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Un assortiment de 6 mouches mer pour la pêche côtière et notamment pour la pêche du bar.
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Une boîte “réservoir” de 18 mouches pour faire face à toutes les situations courantes.
Idéale pour découvrir la pêche en réservoir. Pêche légère avec de petites mouches
et pêche au streamer. Tailles 16 à 6.
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L’assortiment de 6 mouches
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Les cannes
Pêches sportives
A force d’analyser les qualités et les caractéristiques des cannes
à mouches, nous avons décidé de lancer les nôtres, dans l’esprit
de ce qui nous plaît.
Deux cannes seulement, sélectionnées par Philippe Boisson et
montées en exclusivité pour les lecteurs de Pêches sportives par
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Cannes Pêches sportives
Modèles Progression
Action progressive. Canne sélectionnée pour sa polyvalence, qui convient
pour la pêche à la nymphe à vue ou au fil et la pêche à la mouche sèche.
Action plutôt douce, compatible avec les pêches les plus fines. Grande rapidité de mise en action qui permet de sortir un long bas de ligne facilement.
Canne sobre, qui ne brille pas. Poignée assurant une bonne prise en main.
Porte-moulinet et anneaux titane Pacific Bay. Livré en tube rigide compartimenté. Fortait en cas de casse d’un brin : 60 euros.
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Modèle présenté : 9’ # 4/5 en 4 brins.
Ce modèle est désormais disponible en 9’ # 5/6 en 4 brins.
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18
Cannes Pêches sportives
Philippe Boisson signature
“La canne dont j’ai toujours rêvé ! Ce blank est un modèle d’équilibre et de
progressivité sans le moindre “rebond” ou section délicate à contrôler durant
le lancer. Il permet de pouvoir entrer en action de pêche rapidement et de réaliser le lancer et le poser souhaité très naturellement. Ces deux modèles de
cannes, identiques, mais de puissances différentes permettent de rapidement
obtenir de la vitesse et une excellente pénétration de la soie et du bas de ligne
dans l’air et le vent. Elles conviennent pour les pêches fines d’aujourd’hui avec
de longs bas de ligne. Le modèle pour soie n° 6 est éprouvé pour les gros poissons ou les pêches à la mouche sèche en grande rivière lorsqu’il faut lancer
loin. Le modèle pour soie n° 5, très agréable, est particulièrement adapté à la
pêche de tous les jours où il apporte confort et légèreté. Ces deux modèles
sont devenus mes cannes exclusives pour la pêche à la nymphe et à la mouche
sèche (à utiliser avec une soie Lee Wulff Triangle Taper n° 5). Plutôt adepte des
cannes en deux brins depuis longtemps, je dois reconnaître que ses quatre éléments se font totalement oublier.”
Ph B.
Blank “green forest”, mat, qui ne brille pas. Anneaux titane très haute qualité qui
ne vibrent pas et ne s’usent pas. Porte-moulinet à vis avec insert carbone. Poignée qui offre une bonne prise en main pour plus de précision (différents diamètres et formes possibles). Livré en tube compartimenté. Montage Daniel
Guyot (Zero Limite). Forfait en cas de casse d’un brin : 60 euros.
Philippe Boisson signature 9′ # 5 en 4 brins.
Philippe Boisson signature 9′ # 6 en 4 brins.
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19
Echo du radier
Gave d’Oloron
Des saumons, oui, mais de quelle souche ?
Pierre Affre, qui pêche le gave d’Oloron depuis un demi-siècle est persuadé que les saumons qui sont revenus assez
nombreux ces dernières années sur l’axe Adour/gaves, ne s’arrêtent plus une fois passé le barrage de Masseys, dans les
pools à mouche d’anthologie, qui ont fait en été, la réputation de cette rivière entre Navarrenx et Oloron. Enquête…
Vendredi 8 juillet 2016. Dominique est venu me chercher ce soir à la gare de
Bayonne. Le lendemain,
nous avons décidé de nous
arrêter au pool Masseys, côté
Susmiou, pour prendre la
température du gave, au
propre comme au figuré…
Comme il est déjà huit
heures et demi, nous nous
20
attendions à trouver au
moins trois ou quatre pêcheurs à la queue leu leu
dans le courant en aval du
barrage plus quelques autres
assis dans la cabane, à attendre leur tour. Mais non,
surprise ! Il n’y a tout en tête
du coup, qu’un seul moucheur qui allonge comme un
métronome avec sa 16 pieds,
au moins 15 m de “shooting
head” suivis d’une bonne
vingtaine de mètres de running line… Personne dans la
cabane, pour les infos, nous
repasserons ! Pour la température, je profite des trois petites marches qui descendent
au bord de l’eau, pour sans
avoir besoin d’enfiler les waders, constater qu’elle est
“seulement” à 15,5 °c… Les
nuits doivent être encore
fraiches en montagne dans
les vallées d’Aspe et d’Ossau.
Sur n’importe quelle rivière à
saumons, 15,5°C est une
température idéale en été
pour faire monter un saumon sur une mouche… Le
ciel est très couvert, la tête
du pool Masseys est splen-
La fin du courant et l’entrée du
trou de Coutubi.
du gave : Coutubi. En arrivant,
nous croisons dans la grande
allée qui mène à la ferme,
une voiture immatriculée
dans les Côtes d’Armor, avec
deux pêcheurs qui viennent
de terminer la passée. Il n’y a
pas d’autre voiture, et nous
serons seuls, sinon les premiers, dans l’ombre de la petite forêt de grands bambous
qui bordent la fin du courant
et l’entrée du trou de Coutubi. Dominique me laisse faire
la première passée. Le niveau
est parfait, peut-être encore
un petit peu fort pour le milieu du courant, mais c’est
surtout en tête et encore
plus, en fin de courant, juste
avant l’entrée de la fosse, que
ça se passe où plutôt devrais-je dire, que ça se passait
autrefois. En fin de courant, le
fond remonte sensiblement
et il est facile sans surtout
trop s’avancer, de couvrir les
deux grandes dalles presque
blanches qui marquent au
milieu du gave, la fin du courant.
dide et si le pêcheur qui la
peigne consciencieusement
avançait un peu plus vite, je
me serai volontiers mis derrière lui. Nous décidons d’aller voir plus haut…
Dix minutes plus tard nous
sommes à la sablière de Sus,
splendide petit courant à
mouche, encore bien à
l’ombre. Je reprends la tem-
pérature, toujours 15,5 °c et
d’un coup mon moral remonte… Si un saumon sorti
du trou en fin de nuit, est
venu s’oxygéner dans les petites vagues du courant, sans
doute une petite mouche ne
le laissera pas indifférent. La
veine d’eau contre la petite
falaise ombragée est tellement belle et rapide à pei-
gner que j’y ferai même un
deuxième passage avec une
mouche un peu plus grosse,
mais sans plus de résultat…
De là, nous décidons d’aller
voir plus haut, là où à défaut
de saumons, il y aura surement des pêcheurs avec qui
discuter… Il est dix heures et
demi, quand nous arrivons
sur un de mes coups favoris
La fin des gros saumons
En juillet 1973, alors que je
venais de lui gaffer un petit
6 kg, le forgeron de Gurs,
monsieur Loustalet, me les
avais indiquées et m’avait dit
que les saumons qui sortaient du trou, tôt le matin
ou tard le soir, aimaient à s’y
reposer et y étaient très mordeurs. J’y avais pris l’année
suivante, un joli 5,8 kg tout
blanc, mais surtout en 1976,
j’y avais pris le deuxième de
mon unique doublé du
gave… Joseph Peyran, le
propriétaire de la ferme de
Coutubi m’avait raconté que
juste avant-guerre et alors
qu’il avait à peine dix huit
ans, il avait gaffé pour mon-
21
Echo du radier
Le coup de Coutubi, avec rive gauche la “forêt” de bambous.
sieur Steward, un Anglais qui
pêchait assidument le gave
dans les années trente, un
grand mâle assez rouge d’un
peu plus de 18 kg… Ce
grand saumon avait-il pris la
Jock Scott de monsieur
Steward sur l’une des dalles
blanches. Il ne le savait pas,
mais c’est à l’entrée du trou,
alors que l’immense poisson
tournait depuis plus d’une
demi-heure en eau profonde, et que Steward
s’époumonait à appeler à
l’aide, qu’il l’avait gaffé. Pour
le remercier Steward lui avait
fait cadeau de la mouche.
Jusqu’au milieu des années
soixante, il se prenait en été,
essentiellement à la mouche
entre trente et quarante saumons sur ce seul coup de
Coutubi. Comme d’ailleurs
sur la plupart des grands
pools “classiques” entre Na-
22
varrenx et Oloron : La
Crampe de Dognen, le pont
de Préchacq, le bac d’Aren,
Les platanes, le couloir
d’Orin, le plateau de Biteille,
pour ne citer que ceux là.
Après Coutubi, nous nous
sommes arrêtés sur le Pont
de Préchacq, qui enjambe le
gave une bonne quinzaine
de mètres au dessus de
l’eau. Il y a un seul pêcheur
en vue en amont dans le magnifique virage dit de la laiterie, où le grand Lucien
Bonnenfant a pris autrefois
tant et tant de saumons. Personne en aval où les grandes
barres de schiste appelées
loses en Béarn, barrent le
gave sur les deux tiers de sa
largeur. Je n’ai jamais tellement aimé ce coup du pont
de Préchacq, sans doute
parce que je n’y ai jamais
rien pris ou manqué, et
comme il est bientôt midi,
nous poussons jusqu’au bac
d’Aren, probablement le pool
le plus pêché du gave en été.
Un seul pêcheur termine la
passée mais nous apprend
qu’il y a trois ou quatre “touristes” qui depuis ce matin
font le coup des Platanes,
juste en amont. La veille un
tout petit saumon d’1,6 kg y
a été capturé, ce qui explique
sans doute cet engouement
ce matin pour ce pool où il
faut marcher un bon kilomètre depuis le parking du
camping du bac d’Aren. Nous
nous mettons à l’eau, devant
le tas de cailloux et attaquons la descente du courant du bac. Je passe devant
avec ma 12 pieds Farlow
“spliced” en deux brins que
j’ai équipé d’une shooting
head flottante bricolée à partir d’une soie Spey n° 9/10.
Comme le niveau est assez
bas, je peux m’avancer suffisamment pour que ma
mouche tombe là où il faut,
dans la bande d’ombre que
les acacias, ménagent encore contre la rive opposée.
Le courant assez uniforme
du bac est un des plus beaux
coups à mouche, où que ce
soit dans le monde.
du bac. Neuf fois sur dix, ces
poissons n’étaient pas mordeurs, ayant vu des dizaines
de mouches tous les jours
depuis le début juin… mais
au moins étaient-ils là, stationnés dans l’immense et
profonde fosse, sous le moulin de Saucède, à attendre le
mois de décembre, pour
s’installer sur les frayères
d’Aren.
Je ne pense pas que la rareté
des tacons constatée cet été
(jeunes saumons) soit due à
une toxicité directe aux pesticides des maïs ou un
manque de nourriture, pour
la bonne et simple raison
qu’il n’y a tout simplement
plus de juvéniles de saumons sur cette portion du
gave entre Navarrenx et Oloron, là où se reproduisaient
avant les années quatrevingt, 80 à 90% des saumons de la souche du gave.
Ces dernières années, alors
que la qualité de l’eau, du
moins en hiver, au moment
de la fraye, est bien meilleure qu’elle ne l’était il y a
trente ou quarante ans, aucune frayère n’a été recensée sur les coups de Sus, de
Dognen, de Préchacq, d’Aren,
d’Orin, de Biteille ou de Lé-
Depuis les repeuplements massifs
à partir de souches écossaises et…
autres, de la fin des années 70 et 80 et
surtout depuis la réouverture des hautes
vallées en amont d’Oloron, il y a un bon
quart de siècle, ils sont devenus des
saumons de souche Aspe et Ossau
Quand je pêchais assidument le gave, tous les mois
de juillet de 1967 à 1976, il
était rare le matin ou le soir
de ne pas voir bouger un ou
plusieurs saumons à l’entrée
du trou ou dans le courant
gugnon. Cherchez l’erreur,
quand dans le même temps
et surtout depuis ces trois
dernières années, on estime
entre cinq et dix milles saumons les remontées sur l’axe
Adour-gaves. Oui, mais voilà,
ces saumons dont “officiellement” d’après les déclarations à la Capitainerie de
Bayonne, 1200 à 1500 s’emmèlent les nageoires dans
les filets dérivants de l’estuaire et des gaves réunis,
dont 300 à 500 sont déclarés
selon les années par les pê-
cheurs à la ligne, dont 800
ou 900 sont comptabilisés
par les caméras de surveillance au barrage de Charrite
sur le Saison et dont plus de
2000 sont dûment filmés
dans l’échelle à poissons du
barrage de Masseys à Navarrenx (sans parler de ceux
Mon ami Dominique Dufau avec un des rares saumons pris l’année dernière entre Navarrenx et Oloron
qui par bons niveaux sautent
le passe-lit), ces saumons ne
sont pas des saumons de la
souche gave d’Oloron.
Depuis les repeuplements
massifs à partir de souches
écossaises et … autres, de la
fin des années 70 et 80 et
surtout depuis la réouverture
des hautes vallées en amont
23
Echo du radier
d’Oloron, il y a un bon quart
de siècle, ils sont devenus
des saumons de souche
Aspe et Ossau, qui une fois
passé Navarrenx, à partir du
début juin, n’ont qu’une idée
ou plutôt un tropisme en
tête: rejoindre au plus vite,
avant que l’eau ne baisse
trop et ne se réchauffe (pour
cause de pompage pour l’irrigation du maïs), la fraicheur des eaux de leur jeunesse, dans les vallées
pyrénéennes d’Aspe et d’
Ossau. C’est là qu’ils sont
nés et ont grandi jusqu’à leur
smoltification, et c’est sur ces
deux affluents qu’avec une
précision infaillible de “homing”, ils reviennent retrouver les frayères mêmes où
leurs mères ont retourné les
galets et enfouis les œufs fécondés par les mâles. Biensûr, une fois passé Navarrenx,
ils pourraient s’arrêter dans
une bonne dizaine de
grandes fosses, aux eaux
fraiches en profondeur,
comme à Sus, Dognen, Pré-
24
chacq, Aren, Poey, Orin et
beaucoup d’autres, pour y
passer l’été et attendre
l’époque hivernale de la reproduction. Mais voilà, ils ne
sont pas nés sur les frayères
des coups précités, et n’ont
donc aucune raison de stationner entre Navarrenx et
Oloron, là où autrefois les
saumons de la souche gave
étaient cantonnés de force
(puisqu’au delà d’Oloron, ils
n’avaient pas accès à l’Aspe
ou à l’Ossau) ou de raison
(puisqu’ils étaient nés là, sur
les nombreuses frayères réparties entre Navarrenx et
Oloron).
Une fois passé Navarrenx,
personne ne les revoit !
L’année dernière à partir de la
fin mai et surtout en juin-juillet, plus de deux mille saumons ont été contrôlés par
vidéo dans la passe du barrage de Masseys à Navarrenx… 2207 pour être précis d’après Migradour, en fin
de saison. Or cette année là,
en 2015 donc, seuls une ving-
Le bas du couloir d’Orin, où il se prennait autrefois à la mouche
plus de cent saumons.
taine de saumons ont été déclarés capturés au dessus de
Navarrenx.
Les saumons ne
s’arrêtent plus sur
le cours médian du gave
Cette année, au 31 juillet,
date de la première fermeture, un peu plus de mille
saumons ont emprunté la
passe, mais seulement sept
ont été déclarés pris en
amont de Navarrenx, soit 2%
des 317 captures déclarées
depuis le début de l’année
sur l’ensemble du gave d’Oloron. Sept captures pour mille
saumons, qui auraient dû se
trouver sur la vingtaine de kilomètres de gave entre Navarrenx et Oloron, cela ne reflète pas la pression de pêche
locale et touristique, qui sévit
sur cette portion du gave en
juin-juillet. Un fois qu’ils ont
passé Navarrenx, ces mille
saumons (deux milles l’année dernière), personne ne
les revoit ! S’ils s’arrêtaient, ne
serait-ce que seulement
quelques jours, cela ferait
entre 20 et 50 saumons par
fosse de repos, et vu le
nombre de pêcheurs en
juin-juillet qui lancent leurs
mouches dans les courants
qui aboutissent à ces fosses,
il s’en prendrait cent ou deux
cent selon les années (10%
au moins de ce qui a passé
Masseys) et à tout le moins
on en verrait marsouiner ou
sauter, des dizaines tous les
jours et sur tous ces grands
coups d’anthologie. Mais voilà, si on en prend si peu et on
en voit encore moins, c’est
que dans une eau dont la
température varie en juin-juillet entre 12 et 17 °c, ils ne
s’arrêtent pas et avalent cette
portion du gave au cours de
la première nuit qui suit leur
Au pool de Masseys, il y a toujours plus de monde dans la cabane
que dans l’eau.
passage dans l’échelle, tant
ils sont pressés d’arriver dans
les vallées sanctuarisées
d’Aspe et d’Ossau. Leur destination finale ne peut être que
les eaux fraiches et peu polluées de ces deux affluents
où ils sont nés et redonneront la vie à leur tour. Pour
être persuadé de ce comportement migratoire accéléré
une fois passé Navarrenx, il
suffirait que l’ONEMA ou Migradour, équipent une petite
dizaine de saumons piégés
dans la passe de Masseys,
d’émetteurs de radiopistage
miniaturisés, pour connaître
avec précision, leur vitesse
de remontée vers l’amont.
Une telle expérience a bien
été réalisée l’année dernière
sur la Dordogne pour suivre
la montaison des lamproies.
Cette année, donc entre le
12 mars et le 31 juillet,
317 saumons ont été décla-
rés capturés à la ligne sur le
gave d’Oloron, 32 sur le Saison et 8 sur la Nive, soit 357
au total pour les cours d’eau
autorisés à cette pêche dans
le département des Pyrénées Atlantiques. Dix neuf de
ces poissons ont été graciés
et remis à l’eau, devant témoins ou “Go Pro”… D’après
la Fédération 64, en matière
de techniques de pêche, la
répartition des captures est
la suivante : mouche: 44%,
cuiller/devon: 34%, leurres
(poissons nageurs, leurres
souples): 11%, ver : 11%.
Plus de 90 % des captures
ont été réalisées entre l’ouverture et le 10 juin, dans la
portion basse du gave, sur la
zone située entre Carresse-Cassaber et Sauveterre-de-Béarn (particulièrement sur les communes
d’Auterrive ou Abitain) ainsi
qu’en aval de Navarrenx. A
l’inverse au mois de juillet en
amont de Navarrenx n’ont
été enregistrées que 2% des
captures de la saison.
Ces statistiques précises,
émanant des déclarations
obligatoires, sont intéressantes à plus d’un titre.
Même à l’ouverture et en début de saison, quand l’eau
est froide, haute, voire teintée et que sa température
varie entre 5 et 8 °C, conditions qualifiées autrefois
d’eau à “ferraille”, une majorité des pêcheurs actuels ne
pratiquent qu’à la mouche,
question plus de mode direz-vous, que d’efficacité.
Quoi que…. car les grands
tubes colorés type “norvégiens” propulsés à longueur
de journées, par de très bons
lanceurs maniant à la perfection le style scandinave de
lancer avec des 15 ou 16
pieds, passent beaucoup
plus de temps dans l’eau et
s’accrochent
beaucoup
moins que les ondulantes ou
les lourds devons d’autrefois.
J’avais pourtant été enchanté
de retrouver le gave, ces
deux dernières années avec
de surcroit quelques saumons dans les bas de la
rivière, et surtout cette ambiance de pêche publique,
qu’on ne trouve qu’en Béarn.
Et j’espérai qu’à partir de juin
et surtout en juillet, je pourrais comme autrefois, peigner
en “greased line” ou soie flottante si vous préférez, les
splendides courants qui se
succèdent entre Navarrenx et
Oloron quand la température
de l’eau a passé les 12 ou
13° C. Bien-sûr, je prends toujours du plaisir, surtout avec
une 12 pieds en refendu et
une soie de 9/10, à promener une petite “poils de blaireau” juste sous la surface,
dans les courants de Sus,
Dognen, Coutubi, Préchacq,
Aren, Orin ou Biteille, mais de
Paris, cela me revient cher en
ferroviaire ou péages et carburant, pour des week-end
de bredouilles quasi garanties.
25
Technique
La truite et le pêcheur
Dans la vie, j’ai deux règles : je n’embrasse jamais les poissons sur la bouche
avant de les remettre à l’eau et je ne leur donne pas de surnom. En cette période pré-électorale où les crispations identitaires de droite ou de gauche nous
amènent à affirmer haut et fort nos valeurs, je tenais à le dire avec courage.
Pourtant, je dois bien reconnaître que le hasard ou les circonstances peuvent
conduire à nouer d’étranges liens entre un homme et un poisson.
Par Jean-Christian Michel
D
éontologie oblige,
je ne vous conterais
donc pas mes
amourettes avec Sidonie la zébrée ou avec Hans le
black-bass mais avec une truite,
une simple truite, mais une
truite de Goumois avec laquelle
26
j’entretiens une relation halieutique depuis trois ans. Cette
truite n’est pas une géante, mais
il faut quand même reconnaître
que capturer à plusieurs reprises
un poisson sauvage de cette
taille est chose rare. Nous avons
fait connaissance en 2014 et de-
puis elle visite régulièrement le
filet de mon épuisette.
Le plus surprenant c’est que je
ne pêche dans sa rivière seulement quelques jours dans la saison. Le reste de l’année, comme
tout les bons amants, je ne sais
pas ce qu’elle fait de son temps
et d’ailleurs je m’en moque. Je
vis à 500 km d’elle et je ne sais
rien de la glace, des crues et des
étiages qui passent sur ses flancs.
Au téléphone un ami me donne
parfois des nouvelles des copains et du parcours et je
l’écoute avec l’oreille distante de
celui qui sait que ce n’est pas encore l’heure de tirer des plans,
qu’il faut que l’année accomplisse son cycle et que les jours
lentement décroissent pour être
à l’heure à mon rendez-vous de
fin de saison.
Mais quand le calendrier social
coïncide enfin avec le calendrier
cosmique, je saute montagnes,
vallées et plaines avec mes ailes
automobiles et je file vers ces
eaux-mères avec le flair d’un
saumon. Là-bas, une lumière
étrange vous ensorcelle l’œil et
le cerveau. Une lumière venue
d’ailleurs. J’ai mis pas mal de
temps à comprendre pourquoi.
Peut-être est-ce parce que mes
rivières du sud de la France
coulent du nord au sud et que le
Doubs à Goumois coule du sud
au nord. Comme le fleuve Alphée des anciens grecs, pour
moi le Doubs franco-suisse
coule à l’envers. Les eaux de
Goumois me semblent refluer
vers l’amont. Le soleil se couche
à sa source et ses flots partent
vers le levant. Mais si les points
cardinaux de ma boussole sont
inversés je n’en perds pas pour
autant le nord. Au soir de ma
saison, je sais qu’au bout des autoroutes et des routes, au creux
du cours du Doubs la truite
m’attend. “La” truite, me direz-vous ? Mais quelle truite ?
Avec la fausse pudeur des élus,
j’aurais envie de vous répondre :
la truite qui m’a choisit..
Je vois, me direz-vous : l’amour
est aveugle… Mais comment
peut-on encore pêcher à Goumois après ce qui s’est passé depuis 2010 (voir encadré).
En dépit de ce qui lui est arrivé,
le Doubs Franco-Suisse reste
une rivière admirable. En terme
de peuplement elle n’a sans
doute plus grand chose de la rivière qu’ont connue nos aînés et
il serait irresponsable de faire
comme si des années de mortalités piscicoles “multifactorielles” pouvaient être balayées
d’un revers de manche. Pourtant, par ses paysages, ses truites
et ses pêcheurs le Doubs Franco-Suisse reste le Doubs Franco-Suisse et si cet eldorado
Franc-Comtois de la pêche à la
mouche n’est plus totalement synonyme d’un “wilderness” à la
française comme il l’a longtemps
été, il est en revanche devenu un
emblème de la lutte des hommes
pour la défense de leur rivière
contre l’indifférence et la pente
passé et si certains “pêcheurs”
ont mis les voiles, d’autres sont
restés, fidèles au charme austère
de cette vallée et à ses truites
dont la pêche est une des plus
belles. Je ne me suis jamais expliqué ma fidélité à ce parcours.
C’est curieux… C’est curieux
car pour être fidèle à une personne ou à un lieu, il faut avoir
eu une aventure inoubliable
avec elle ou lui et comme pour
mon compte, je suis arrivé au
temps du déclin, mes amours
avec le Doubs Franco-Suisse
ont le parfum des fleurs maladives… C’est un fait, le temps
des grosses truites à Goumois
est passé. Même s’il doit bien en
rester quelques-unes, Saprolénia (un parasite qui achève les
poissons affaiblis) leurs a réglé
leur compte pour encore pas
La troisième
prise d’un seul
et même
poisson dont
deux fois à
trois jours
d’intervalle
sur le Doubs
à Goumois.
Et pourtant,
cette superbe
truite n’a rien
d’un poisson
d’élevage, bien
au contraire !
Et, comme c’est à chaque fois le cas pour
les justes, c’est à cet instant que Saint-Pierre
m’ouvrit les bras.
mortifère du “progrès”. En ce
sens, l’intérêt des pêcheurs pour
cette rivière a quelque chose
d’éminemment moderne même
si l’insouciance de nos pères est
interdite à tout ceux qui
trempent encore du fil à Goumois.
Il est vrai que certains d’entrenous ne s’embarrassent pas de ce
genre de réflexions : qu’ils soient
amateurs de no-kill ou viandards
patentés, ils font comme les cormorans et se posent sur les meilleurs parcours tant que tout va
bien puis lèvent les voiles dès
qu’il y a mieux à faire ailleurs…
Pendant ce temps, les rivières
peuvent bien crever, ce n’est pas
grave, ils iront s’amuser un peu
plus loin ! Après eux, le Déluge.
Malheureusement pour les
truites du Doubs le Déluge est
mal d’années… Mais les pêcheurs sont des êtres admirables
car même si les rivières ne sont
plus ce qu’elles devraient être,
ils continuent à les aimer et parfois elles leurs rendent.
Alors, voilà : il y a trois ans de
cela, alors que je m’entêtais avec
des eaux trop hautes pour que la
pêche à vue soit optimale, mon
œil fut attiré par une forme posée sur le fond qui se découpait
à la lisière du visible, oblique,
légèrement orientée vers la
berge et à peine discernable
dans le contre-courant de cette
eau dont la veine centrale courrait avec une vitesse qui ruinait
par avance les espoirs des moucheurs les plus optimistes.
Il me sembla que l’objet de ma
convoitise était à portée d’arbalète et comme un peu plus tôt
27
Technique
La même truite
va visiter trois
fois le fond du
filet de l’épuisette
du même
pêcheur…
Ici en 2014,
alors qu’elle
mesurait 51 cm.
j’avais vu de gros trichoptères
cannelles agrippés aux tiges des
orties, je nouais une Fressane et
allongeais mon bras pour gagner les quelques décimètres
qui permettraient à ma nymphe
de couler jusqu’à cette truite
soupçonnée. La réponse ne se
fit pas attendre. Lorsque j’animais ma nymphe, – pourtant
bien trop loin d’elle – la forme
prit aussitôt corps de poisson et
s’avança franchement avant de
lever légèrement la tête et de
bloquer son élan. Je ferrais
comme pour prolonger le mouvement et une fraction de seconde plus tard elle se tortillait
sous la canne puis roulait en
surface sans avoir compris d’où
venait sa bévue. J’en profitais
pour la “pocher” à la hussarde,
sans gloire, mais content de voir
enfin de près une belle truite. Je
28
la mesurais à cinquante et un
centimètres et la photographiais
avant de la rendre à ses eaux. Et
ce fut tout pour deux saisons.
Cette truite du Doubs était
d’une taille respectable car à
cette époque je pensais que seuls
Cette truite était à coup sûr une
miraculée qui périrait sans aucun doutes quelques mois plus
tard. Je ne pensais plus à ce
poisson lorsque je revenais sur
le même poste deux ans plus
tard. Ce jour là il pleuvait
En trois jours, la truite avait changé de
comportement et de poste : elle se tenait au
milieu de la fosse et j’avais dû lui envoyer
une nymphe casquée sous deux mètres d’eau
mais c’était bien elle ! Comment peut-on
être aussi vieille et naïve ?
les jeunes poissons, ceux qui ne
s’entaillaient pas les flancs à
gratter les algues puis les galets
pour déposer leurs œufs sur les
frayères, pouvaient survivre.
comme montbéliarde qui pisse
et j’avais regardé toute la matinée le Doubs étirer son cours
paisible et narquois sous les
averses, le nez collé aux carreaux
Quelques nouvelles du Doubs
Dans sa belle histoire, Jean-Christian Michel fait référence à l’épizootie pisciaire survenue sur le Doubs franco-suisse au début du printemps 2010, un an après celle qu’a connue la Loue et trois ans avant avant celle
qui a touché le Dessoubre. Depuis, la situation reste fragile, mais cette année, les ombres adultes ont pu
frayer dans de bonnes conditions et ils ont pour la plupart survécu aux efforts importants que demande la
reproduction. Depuis 2010, la période de la fraie signait presque systématiquement leur arrêt de mort. Les
pluies abondantes durant tout le printemps sont sans doute à l’origine de cette réussite. Les populations de
truites sont également en hausse (nous attendons les chiffres des pêches d’inventaire de septembre menées
par la fédération de pêche du Doubs qui dit-on, devraient être encourageants). Pour les pêcheurs que nous
sommes, il n’est pas toujours évident de se faire une idée. Moins de pêcheurs signifie des poissons qui
sortent plus volontiers et qui sont moins méfiants, ce qui laisse facilement croire que le Doubs est en bonne
forme. Côté Suisse, les STEP de La-Chaux-de-Fond et de Le Locle devraient être reconstruites (c’est dans les
tuyaux mais ça traîne depuis 2011) et les barrages du Theusseret et du Moulin du Plain devraient être arasés
ou dérasés (enlèvement partiel ou total).
Pour autant, le modèle agricole Suisse et Français reste intensif et ce dans une région karstique. Le Collectif
SOS Loue & Rivières Comtoises, l’AAPPMA la Franco-Suisse et quelques très rares autres organismes continuent seuls à défendre les rivières du Doubs, malgré une indifférence quasi générale, y compris du côté des
pêcheurs, sportifs ou “traditionnels”…
froids de la Verrerie. On dit que
la Franche-Comté est belle sous
la pluie, mais là, elle le devenait
vraiment trop… N’y tenant
plus, j’enfilais waders, polaire,
casquette,
imperméable,
sur-imperméable et sur-sur-imperméable et je sortais promener ma canne comme un escargot
ses
cornes.
Bien
évidemment, au bord de l’eau,
la visibilité était archi nulle. Pas
grave, j’arpentais une bordure
de tuf en aval, à l’abri de grands
arbres et en espérant que les
branches atténuent quelque peu
l’impact des gouttes. Peut-être
qu’une imprudente roderait
près de la berge. Par chance le
fond devint enfin visible. Le robinet des nuages s’était fermé. Je
prenais une petite truite en aval
de la fosse et remontais vers l’arrivée du courant en espérant
rencontrer quelque chose de
plus sérieux. Les truites elles
aussi devaient en avoir marre de
voir la pluie frapper au carreau
et elles longeaient la berge
comme si elles n’avaient pas
mangé depuis plusieurs jours.
Mais
le
quart
d’heure
franc-comtois écoulé l’averse reprit de plus belle et c’est à ce
moment que se produisit ce qui
devait se produire : une ombre
plus que respectable – mais criblée par les gouttes qui la rendaient impossible à identifier me passa sous la visière de
l’imper. Avec l’agilité d’un Patrick Dupont, j’exécutais un
saut carpé arrière et une succession d’entrechats waderisés qui
me portèrent jusqu’à un bosquet à l’intérieur duquel je glissais mon fleuret bandé en espérant couper la trajectoire du
poisson fantôme et lui mettre
sous le bec la mou-mouche à
tonton. La pluie en avait décidé
autrement. Je vis trop tard l’animal paraître sous les reflets hachés de la surface et plutôt que
de l’assommer, je passais mon
tour en espérant mieux anticiper l’affaire à la prochaine tournée de la bête. Mais à Goumois,
quand il pleut, il pleut vraiment. L’eau s’infiltrait par les
coutures des vêtements. En plus
d’être à l’humide, maintenant,
j’avais froid. J’ai attendu et attendu un temps déraisonnable
mais comprenant que la pneumonie rodait avec le brouillard
au dessus des eaux, la goûte au
nez, les sourcils humides, je levais le camp… Et, comme c’est à
chaque fois le cas pour les justes,
c’est à cet instant que SaintPierre m’ouvrit les bras. La
truite apparaît : je me place, je
met la nymphe à l’eau, elle arrive, j’anime, pendue ! Elle secoue trois fois la tête, je ne parviens pas à la décoller du fond,
elle prend appui et tzz ! et tzz !
Bas de ligne et soie filent entre
les anneaux en direction du
profond, je rend la main pour
que le 12/100 encaisse, la truite
revient vers ma rive, je me mets
à l’eau, décroche l’épuisette et
après deux rush plus courts, elle
roule en surface, je la déséquilibre et la mène à portée de bras
et hop ! Dans le filet ! Mètre
pliant, appareil photo et elle
repart : cinquante huit centimètres.
Pas un instant je n’ai fais le lien
avec la truite capturée trois saisons plus tôt. Il a fallu que je
prenne trois jours plus tard une
truite de cinquante sept centi29
Technique
L’opercule de la
truite est une
véritable carte
d’identité.
Aucun doute
possible.
Seconde prise
sous une pluie
battante.
mètres dans le même trou pour
me dire que la cinquante sept et
la cinquante huit centimètres
étaient peut-être le même poisson à une erreur de mesure
près… En comparant les points
de son opercule droite sur mon
ordinateur plusieurs jours après
je n’eus plus de doute : c’était
bien la même truite ! J’ai alors
fouillé dans mes archives de
2014 et je n’ai eu aucune peine
à reconnaître la même truite fario et ses cinq points groupés à
l’arrière de l’oeil. En deux ans
cette truite avait pris six centimètres et je serais curieux de
connaître son âge.
En trois jours, la truite avait
changé de comportement et de
poste : elle se tenait au milieu de
la fosse et j’avais du lui envoyer
une nymphe casquée sous deux
mètres d’eau mais c’était bien
elle ! Comment peut-on être
aussi vieille et naïve ? Bien évidemment le génie du pêcheur qui, sans mentir, si son ramage
se rapporte à son plumage est
sans conteste le Phénix des
30
hôtes de ces eaux – y est pour
l’essentiel, mais cette vérité d’airain ne me semble pas totalement satisfaisante vu la fréquentation du parcours. Il est
probable que certains poissons
ne sortent de leur repaire qu’à
certains moments de l’année.
Cette truite du mois de septembre n’avaient peut-être pas
vu une seule nymphe de toute
les saisons passées et trois fois de
suites elle avait ramassé les
miennes !
On peut penser ce qu’on veut
du no-kill, mais sans cette pratique, je n’aurais pas attrapé
trois truites de plus de cinquante centimètres mais une
seule. Ceux qui veulent développer le tourisme pêche
feraient bien d’y penser car un
poisson comme celui-là justifie
à lui seul un séjour et les dépenses qui l’accompagnent.
Alors bien évidemment, ce n’est
pas le no-kill qui va transformer
une rivière moribonde en rivière vivante. Cette pratique n’a
pratiquement aucune influence
sur le fonctionnement de la rivière si ce n’est de répartir différemment la pyramide d’âge et
de privilégier les gros poissons
au détriment des petits. Mais
que ceux qui s’inquiètent du
vieillissement des populations
se rassurent : depuis la nuit des
temps, dans les rivières originelles les gros poissons mangent
les petits et ce n’est pas pour
cette raison que l’espèce truite
fario est en voie d’extinction : il
y a seulement que cette façon de
concevoir la pêche remet en
cause notre “modèle agricole”
de gestion des rivières. Mais j’ai
quelques espoirs car il semblerait que la génération de pêcheur qui vient soit plus sensible à la qualité des peuplements
qu’à sa quantité. Ce qui doit
être démocratique dans la
pêche, c’est le droit de chacun à
accéder à des parcours de qualité et non pas celui de prélever
démocratiquement la “ressource” ! On ne sauvera pas les
rivières de France avec le nokill, en revanche, avec cette pra-
Ma truite dans les bras d’un autre !
Photo : Lax-A Angling Club
Avec le no-kill se pose le problème de l’adultère halieutique. Votre truite peut passer par les bras d’un autre,
à votre insu, il faut le savoir. Alors que je venais de lire l’histoire de la truite de Jean-Christian, le hasard a fait
que, tout en visitant la version française du site islandais du Lax-A Angling Club, une photo d’une truite de la
Varma, un cours d’eau à truites de mer du sud du pays a attiré mon attention. En effet, ce poisson à une
malformation à la mâchoire supérieure. Immédiatement, la prise d’une truite semblable sur la même rivière
me revint à l’esprit. J’ai retrouvé cette photo qui figure également sur le site du Lax-A Angling Club. En comparant la pigmentation sur l’opercule aucun doute (par chance, les deux photos ont été prises du même
côté). J’ai pris cette truite en 2004 et elle fut reprise quelques années plus tard, sans savoir exactement
quand. En fin de saison, les truites de mer se colorent et ressemblent beaucoup aux farios. Mais la truite en
question semble plutôt être une fario sédentaire de taille très respectable prise en pêchant la truite de mer.
S’il s’agissait d’une truite de mer, cela voudrait dire qu’elle aurait survécu à la reproduction (les poissons
migrateurs se fatiguent beaucoup lors de la fraie) et à un ou plusieurs séjours en mer. Ce genre d’aventure
doit arriver plus souvent qu’on ne le pense, mais comme on ne photographie généralement que les plus
gros poissons, nous n’avons aucun moyen de le savoir concernant les plus petites. Sur la basse rivière d’Ain,
la truite de 81 cm (mesurée un peu vite) prise par Frédéric Zanella fut reprise un an plus tard, mesurée à 88
cm ! J’ai la certitude que dans chaque rivière, c’est toujours les mêmes poissons qui collaborent avec les
pêcheurs. Les pêches électriques d’inventaire révèlent la présence de poissons que les pêcheurs ne voient
ou ne ratent jamais. Sur ces parcours, notamment ceux qui sont en no-kill, les poissons vulnérables sont
toujours les mêmes. Est-ce lié à la génétique ? Au mode d’alimentation ou de chasse différent d’un poisson
à l’autre ? Le mystère reste entier. Ph. B.
A gauche, “ma” truite de la Varma en 2004 et à droite “ma” truite dans les bras d’un inconnu.
Peut-être n’est-il pas le seul d’ailleurs à l’avoir “tripotée” !
tique, peut-être évitera-t-on de
dégoûter les pêcheurs en trois
semaines de pêche.
Alors voilà, la truite est repartie
une troisième fois dans les eaux
du Doubs et au moment ou
j’écris ces lignes je me plais à
penser qu’elle est toujours vivante et quelle y coule des jours
heureux. Peut-être regarde-telle, l’oeil amusé, les copains de
la franco-suisse tendre leurs ficelles anti-cormorans près de sa
fosse. Peut-être regarde-t-elle
passer les crues, les troncs
d’arbres ou peut-être s’est elle
approchée du radier aux cailloux dorés où, avec ses congénères, elle vient semer tous les
ans sa progéniture. Mais peutêtre, surtout se dit-elle que ce
pêcheur qui vient la tirer de ses
eaux tout les ans à la même
époque est décidément un drôle
de bonhomme… Très sérieusement, si je devais capturer cette
truite tous les mois de septembre jusqu’à la fin des temps,
serais-je heureux ou désespéré ?
N’a-t-il pas lu l’histoire d’Orion
ou bien celle de Sisyphe ?
Mais de grâce, la truite, pardonne moi si la confusion est
possible, car à travers toi, ce que
je recherche, ce n’est pas à
dompter une pauvre petite bête
mais à entrevoir l’intégrité d’un
monde et d’une certaine façon
d’être homme !
31
Récit
La fin
d’une géante
Ce soir je souffre, il faut que je vous le dise. Je souffre car avec mes frères nous avons
perdu une truite que nous aimions en secret. Elle accompagnait nos vies en silence mais
ce soir elle n’est plus. Elle nous a quittés. Notre fleuve a perdu sa géante.
Par Gian Pipi-Santucci
32
33
Récit
N
ous avions découvert
son
existence
au
moi de mai.
C’est Ange qui
l’avait trouvée, mon frère Ange.
Il ne pêchait pas, il l’avait sauvée. Elle était pourtant en bien
mauvaise posture. Elle baillait
sur le flanc contre un rocher.
Avec un bâton il était parvenu à
la rapprocher de la plage. Notre
truite était exténuée ; sans doute
à cause de ce maudit nylon
qu’elle traînait depuis des semaines. L’archange avait coupé
le fil au plus profond de la
gueule (l’hameçon était invisible) et pendant une demi-heure il avait tenu la truite
face au courant afin qu’elle reprenne ses esprits. Puis il avait
peu à peu vu disparaître sa caudale d’éléphant dans le rapide
avec la satisfaction des justes.
A le croire, cette truite était
haute comme un sanglier,
longue comme une bûche et
pleine comme un œuf. Il l’avait
tenue dans ses mains et photographiée avec son portable. Il la
donnait à 85 ou 90 cm.
Pour moi cela ne faisait pas de
doute : il avait rêvé.
L’exagération rendait l’histoire
plus humaine. Sacré Ange ! Je
n’avais rien dit car je sais qu’il a
l’emplâtre facile et puis il
connaît le fleuve aussi bien que
moi. Alors j’ai préféré la boucler.
Je me suis pensé : je la mesurerai
mieux quand elle sera dans le
filet de mon épuisette. Je savais
qu’elle ne faisait pas plus de 75
cm sa truite… et tout le reste de
la saison j’ai cherché à la voir
mais en vain.
Le dernier acte s’est joué six
mois plus tard alors que la pêche
était fermée. Avec les Amis du
fleuve, nous avions mis en place
un plan de “surveillance” des oiseaux qui font des misères à nos
truites…
34
Car notre fleuve est malade.
Ceux qui ne respectent rien ont
construit des barrages pour
l’électricité et nos truites s’entassent sur les quelques gravières
qui restent. Alors en attendant
que la Justice libère notre fleuve,
on aide les truites comme on
peut.
Il était midi, nous avions passé
la matinée à arpenter les berges
pour surveiller les premières
frayères et sur la place du village, maintenant, nous sirotions
une anisette bien méritée. Soudain mon portable a vibré.
C’était le petit Domi, que, bons
pédagogues, nous avions laissé
de faction au bord de l’eau le
temps de l’apéro.
« -Les oiseaux du diable sont arrivés… ils plongent sur les
truites comme des damnés !»
le portable sonna à nouveau :
« – Je suis à la hauteur de l’hôpital, vous êtes où ? »
« – Nous aussi… »
« – Je vois les oiseaux, je mets en
joue ! »
Avec Ange, nous nous regardons :
« – Attends… tu es où ? »
« – Sur la rive droite. »
« – Droite en regardant vers en
haut ou droite en regardant vers
en bas ? »
« – Attends un peu… j’ai peur
qu’on ne regarde pas vers la
même droite ! »
« – Il y a des piétons en face ? »
« – Oui, alors c’est qu’on est du
même côté… »
Doumé est musicien. Entre ses
doigts les mites filent dans l’air
comme les trilles des moineaux
et les oiseaux du diable qui
La truite est bien là mais ce n’est pas
une arc. Ange reconnaît aussitôt celle
qu’il avait tenu dans ses mains au
printemps. Seulement cette fois la pauvre
bête a les yeux qui lui sortent de la tête
et des hématomes minuscules perlent
sous ses écailles.
Ange se redressa d’un bond:
« -Doumé, va chez Patoucci
prendre ce qu’il faut… Moi, je
pars avec le Poète (le Poète, c’est
moi, votre serviteur, Gian PipiSantucci), on passe à la discothèque récupérer l’harmonica…
Ils vont danser. On se retrouve
tu sais où. »
Et, laissant nos anisettes à demi
sirotées, Ange me souleva de la
chaise par le col du treillis et
m’assit dans la 4L fourgonnette
dont le moteur rugissait déjà.
Les oiseaux avaient mis le couvert sur la grande frayère.
Doumé était certainement déjà
en place mais invisible lorsque
sèchent leurs serviettes s’affaissent les uns après les autres
comme les braves après plusieurs tournées de Casanis.
Mais cette fois l’instrument est
enrayé.
Ange sort son harmonica. En
une seconde, c’est la guerre :
Ange lâche en rafale les trois
coups, comme sur le parking de
la boîte les soirs de dispute. Les
oiseaux poivrés explosent. Tourbillon de becs et de plumes. Les
piétons sont à plat ventre. Doumé exulte :
« -Il en a, il en a ! »
Ange recharge et finit le boulot.
Au café, nos anisettes nous at-
tendaient religieusement. Mais
à peine attablés, le portable
vibra à nouveau. Cette fois
c’était Siméoné :
« – Dans le trou de la géante il y
a une arc-en-ciel de 80 cm couchée sur le flanc, venez vite ! »
« – Une arc de 80 cm ? » Nous
nous regardons, interloqués.
Nous vidons les verres cul-sec et
nous voilà à nouveau en chemin
vers la rivière avec un vilain
pressentiment. La truite est
bien là mais ce n’est pas une arc.
Ange reconnaît aussitôt celle
qu’il avait tenu dans ses mains
au printemps. Seulement cette
fois la pauvre bête a les yeux qui
lui sortent de la tête et des hématomes minuscules perlent
sous ses écailles. Un reflet rouge
et incongru irise ses flancs. Le fil
maudit dépasse toujours de ses
entrailles.
Nous étions consternés. Ange
ne voulait pas voir l’évidence :
« – Va chercher le légiste… Dis
lui qu’une vie est en jeu. Et qu’il
n’oublie pas la petite trousse
grise avec le matériel pour les
extractions délicates. »
« – Ça servira à quoi ? »
« – Ne me mets pas en colère, va
vite le chercher.»
Le légiste arrive bientôt sur les
galets avec cuissardes, lunettes
mais sans stéthoscope. L’auscultation se fait en un coup d’oeil
et le diagnostic tombe :
« -Oesophage tuméfié… d’où
difficultés à se nourrir… d’où
carences alimentaire… d’où
78 cm pour 7,6 kg, telles étaient
les mensurations exceptionnelles
de cette truite. L’auteur de cet
article n’a pas souhaité révéler le
lieu de la découverte. Dans le
sud, on aime la tranquillité…
production d’azote par l’organisme… d’où nerf optique…
enflammé… d’où exophtalmie
et … »
« -Ça suffit ! On ne te demande
pas une leçon de chose ! On te
demande juste de faire revivre
cette truite… Si la science ne
peut pas ça, alors ce n’est pas la
peine ! »
En cercle autour de la truite,
tous les quatre en waders, le
35
Récit
Un poisson rare,
assassiné par un
hameçon avalé,
qui fut la cause
de son lent déclin.
front baissé, nous commencions à comprendre.
« – C’est la faute à la fatalité… »
Le légiste leva les yeux vers
nous :
« Il n’y a plus rien à faire… Cela
va finir tout doucement »
Nous l’avons tenue le nez au
courant presque deux heures
mais peu à peu elle se couchait.
Ses pauvres yeux exorbités
étaient fixes, la pupille étonnamment petite. (Peut-être
était-elle déjà aveugle.) A trois
reprises elle donna un semblant
de coups de reins et nous nous
prîmes à rêver :
« -Elle reprend, elle reprend ! »
Mais sa queue cessait aussitôt de
battre et retombait sur les galets, comme doucement attirée
vers le fond par une triste volonté. Le légiste leva plusieurs
fois les yeux vers nous en disant
qu’elle était foutue… Nous ne
voulions pas le croire. La géante
ne pouvait pas finir comme ça.
De toutes nos âmes nous voulions qu’elle retourne enchanter
36
les eaux de notre fleuve… Mais
pourtant c’est ainsi que la truite
est morte entre nos mains.
Elle qui n’avait jamais été vue de
nos yeux ni vaincue à la régulière, venait de jouer son dernier
round, empoisonnée par l’hameçon assassin d’un maladroit.
Une vieille dame s’approcha
pour regarder la dépouille qui
gisait devant nous sur les galets.
« -Oh, qu’elle est grosse ! Je
peux faire une photo ? »
« -Il n’y a pas de quoi avoir envie
de faire des photos, la Vieille. »
répondit Doumé d’un ton sans
équivoque. « Est-ce que chez vous
on photographie les morts ? »
Alors voilà, ils sont partis chacun de leur côté en me laissant
le corps à moi, l’aède. Je ne savais qu’en faire, j’ai hésité. En
la ramenant à la voiture par
l’opercule, je me suis juré de lui
dresser un mémorial même
avec des mots, même avec des
courants d’air pour que
quelque chose d’elle reste avec
nous à jamais.
Alors la nuit qui a suivit sa mort
j’ai écris l’histoire que vous lisez.
Mais un peu avant la nuit, nous
nous sommes quand même retrouvés avec mes frères. La
peine était dans nos cœurs.
Nous sommes montés ensemble
sur la montagne puis nous
avons marchés en silence jusqu’à
la petite chapelle qui domine la
vallée. En haut, le soleil se
noyait devant nous dans son
sang noir. On eut dit qu’en
contrebas, le fleuve tirait un linceul. Et tant que dura le crépuscule – une main sur le cœur,
l’autre sur l’oreille- nous avons
unis nos voix et chanté pour la
truite.
Les secrets
de la pêche
à la verticale
de Philippe Boisson
La pêche à la verticale est née aux Etats-Unis pour la pêche du
walleye, proche cousin du sandre européen, puis importée en
Hollande par Bertus Rozemeijer. Avec un temps de retard, les
pêcheurs français l’ont adoptée et cette technique est actuellement en plein développement. Etroitement liée aux progrès
des échosondeurs, du GPS et des moteurs électriques, cette
pêche place le leurre au plus près des poissons à l’aplomb du
bateau. Bien différente des classiques pêches à la “dandine”, la
verticale de type “hollandaise” devrait plutôt s’appeler “la pêche
à l’horizontale”, car le leurre suit le relief du fond au plus près.
Cet ouvrage fait un point nécessaire sur l’origine de cette
pêche, sa définition, ses particularités techniques, le choix du
bateau, de l’équipement, du matériel et vous explique comment mieux utiliser votre échosondeur pour tenter cet insaisissable, mais passionnant poisson qu’est le sandre.
Philippe Boisson
Les secrets
DE LA PÊCHE
à la verticale
Quai des Plumes
Caractéristiques techniques :
Format : 182 mm x 257 mm
192 pages
Réf. : 110358
Bon de commande p. 81
29�
Bonnes feuilles
Les secrets de la
pêche à la verticale
La pêche à la verticale est née aux Etats-Unis pour la pêche du walleye, proche
cousin du sandre européen, puis importée en Hollande par Bertus Rozemeijer.
Avec un temps de retard, les pêcheurs français l’ont adoptée et cette technique
est actuellement en plein développement. Etroitement liée aux progrès des
échosondeurs, du GPS et des moteurs électriques, cette pêche place le leurre au
plus près des poissons à l’aplomb du bateau.
Bien différente des classiques pêches à la “dandine”, la verticale de type “hollandaise” devrait plutôt s’appeler “la pêche à l’horizontale”, car le leurre suit
le relief du fond au plus près. Les secrets de la pêche à la verticale est le dernier livre de Philippe Boisson. Cet ouvrage fait un point nécessaire sur l’origine de cette pêche, sa définition, ses particularités techniques, le choix du
bateau, de l’équipement, du matériel et vous explique comment mieux utiliser
votre échosondeur pour tenter cet insaisissable, mais passionnant poisson qu’est
le sandre. Extrait.
Les animations
Les techniques de pêche traditionnelles bien connues en
France dites à la “dandine”, où
l’animation du leurre est verticale comme avec le poisson
d’étain ou le plomb palette,
sont à l’origine de la confusion
qui existe et perdure avec la
pêche à la verticale. Pour comprendre la différence et comme
nous l’avons vu au chapitre de
la définition, la pêche à la verticale est surtout horizontale,
avec un bateau qui avance au
ralenti et un leurre qui suit le
fond.
Avant de parler d’animations,
les
pêcheurs
hollandais
prennent en compte l’action de
nage d’un leurre, qui, à elle
38
seule, est déjà une manœuvre
d’aguichage très différente d’un
leurre à l’autre. Entre un shad
tonique de type Shaker et un
slug qui ne vibre pas du tout, il
existe tout un panel de variantes
et les carnassiers préféreront
toujours un type d’action à un
moment donné.
La température de l’eau indique
si l’on doit plutôt se diriger vers
l’option shad ou au contraire
vers celle de leurres qui ne
vibrent pas. La limite se situe à
15 °C en surface. Plus l’eau est
froide, moins un leurre doit être
démonstratif. A l’inverse, dans
une eau à 20 °C, un shad qui
bat fortement est en principe
plus adapté. Mais nous avons
vu qu’avec le sandre, plus
qu’avec les autres carnassiers, la
seule vérité est celle du moment
et parfois, un shad très actif
réussi à séduire des sandres dans
une eau à 4 °C. Certains pêcheurs n’animent quasiment
pas les leurres alors que d’autres
le font quasiment systématiquement. J’ai pu remarquer que par
eau froide ou très froide, on a
intérêt à très peu animer, alors
qu’au printemps ou à l’automne, une animation plus ou
moins ample séduit très bien les
poissons actifs et arrive parfois à
décider les indécis. Mais en général, on anime très peu les
leurres lorsqu’on pêche en verticale. Car la difficulté reste de
suivre le fond. Pour cela, on
doit très régulièrement reprendre contact avec le fond et
éviter qu’un leurre décollé s’emballe au point de ne plus pouvoir revenir sous le bateau.
Un leurre qui a touché le fond
et que l’on décolle de cinq ou
dix centimètres peut très bien
être maintenu ainsi durant cinq
à dix secondes avant d’être redescendu pour reprendre le
contact et être redécollé de nouveau. Cette non-animation, très
conseillée par eau froide, permet de faire sa pêche sans trop
se fatiguer… Le décollement
s’effectue d’un coup sec de façon à permettre à votre shad de
se mettre en action. Avec un
leurre qui ne vibre pas du tout,
ce mouvement est tout de
même attractif, surtout si votre
agrafe permet une certaine mobilité au leurre qui “s’ébroue”
avant de se stabiliser.
Les jours où rien ne marche,
une animation différente peut
alors sauver la journée. J’ai parfois vu des novices réussir mieux
qu’un spécialiste en faisant un
peu n’importe quoi. Mais cela
arrive toujours lors de journées
très difficiles avec seulement un
ou deux poissons pris. Un mau-
vais suivi du fond, une animation pas très académique
peuvent surprendre des poissons qui se lassent très vite d’un
comportement monotone des
leurres. Parfois, les gens qui
m’accompagnent veulent pêcher avec leur canne plutôt
qu’avec une des miennes. Souvent, les cannes de ces novices
sont un peu faibles pour soutenir une plombée de 21 ou 24 g.
Je n’aime pas pêcher en verticale
avec des cannes dont le scion
monte et descend en permanence, car j’ai du mal à suivre le
fond. Mais ce type de canne
confère aux leurres une animation naturelle.
Vive la déconcentration !
Une chose étrange me perturbe
beaucoup depuis que j’ai commencé à pêcher à la verticale il y
une dizaine d’années. J’ai très
souvent remarqué qu’une
bonne partie des touches ont
lieu lorsqu’on tripote l’échosondeur, lorsqu’on envoie un SMS
ou lorsqu’on tente de se rouler
une cigarette ! Que fait le leurre
lorsque l’esprit est accaparé par
autre chose que le suivi du fond
ou l’animation ? Il faudrait filmer la scène pour savoir ce qui
La récompense après l’incertitude des
choix de navigation, d’observation à
l’écran et de stratégie de pêche.
se passe réellement. Si vous regardez des vidéos de pêche à la
verticale, hormis en Hollande
où, dans certains cas, les touches
s’enchaînent, vous verrez que
très souvent, le pêcheur n’est
plus complètement là. Il vient
de vivre une traversée du désert
plus ou moins longue, sans
touche et la châtaigne qu’il
vient de prendre le surprend autant que le poisson qui est au
bout de la ligne ! Dans la grande
majorité des cas, le pêcheur
n’est pas attentif et le leurre est
immobile. Enfin presque, car il
n’est jamais complètement immobile, et en tous cas, cette
touche arrive lorsque le leurre
descend, même si c’est infime.
Les sandres prennent quasiment
toujours un leurre ou un poisson mort manié sur le relâché
ou sur une phase statique, mais
très rarement à la montée. C’est
l’une des grandes clés de la
pêche de ce poisson.
Il faut donc toujours apporter
une grande attention à la descente du leurre pour bien pré39
Sous l’effet du moteur électrique qui fait avancer très lentement le bateau, la tresse
forme un angle avec la canne. Cet angle ne doit pas dépasser 15°. Au delà, ça ne
pêche plus correctement.
40
senter son shad pendant cette
phase. Si le leurre n’a été décollé
que de cinq ou dix centimètres,
la phase de descente est très
courte. Bien souvent, la touche a
lieu lors de la phase de suspension qui a précédé. On peut
jouer pleinement la carte de
cette descente du leurre lorsqu’il
a décollé d’au moins 30 cm. Le
choix du tandem lestage-leurre
est alors primordial. Par sa caudale qui freine un peu l’ensemble, un shad est alors tout
indiqué. Le lest idéal doit alors
lui permettre de descendre tranquillement en battant de la
Sans aucun vent, la maîtrise du bateau
est totale. On peut gérer la vitesse à 0,1
km/h près, passer avec une grande
précision sur les postes. Il faut être
discret pour décider les beaux poissons.
Parfois, le leurre est pris à l’arrêt, mais sur une remontée du sandre, ce qui se
traduit par la sensation de s’être fait couper par un brochet !
queue le plus naturellement du
monde. On peut également opérer par paliers plus ou moins
longs entre deux phases de descente ou descendre en une seule
fois. Sur un fond plat, une bonne
combine, dont il ne faut pas
abuser pour ne pas griller son joker bêtement, consiste à monter
le leurre par paliers jusqu’à une
quarantaine de centimètres, puis
à le lâcher d’un coup avant de le
stabiliser à 5 ou 10 cm du fond.
Tous les carnassiers peuvent attaquer un leurre qui se comporte
ainsi. Face aux animations rapides, le comportement des percidés est différent de celui du brochet. Ce dernier peut lancer des
attaques très rapides, notamment
sur une grande tirée du leurre,
même si celle-ci est verticale. Parfois, alors que nous n’avons pas
vu une écaille de brochet de toute
la journée, une vive accélération
du moteur électrique en raison
d’un fausse manœuvre ou de la
nécessité d’éviter un autre bateau
suffit à déclencher une touche.
Les perches et les sandres attendent en revanche que le leurr e
se calme ou s’arrête pour s’en emparer.
Dans tous les cas, il faut éviter de
s’enfermer dans un schéma s’il
ne donne rien ou s’il ne donne
plus. Et si rien ne va, pourquoi
ne pas essayer des choses plus ou
moins académiques ? On peut
faire tapoter le fond à sa tête
plombée, faire trembloter le
leurre sur place ou que sais-je
encore !
Bon de commande page 81.
41
F O C U S
Vraiment utile
C’est l’ambition de cette section de Pêches sportives. Dans ce cahier Focus prend place toute
l’expérience, la critique, la pratique des journalistes et des experts, à qui nous avons demandé de prolonger par la pédagogie, l’explication et surtout le mode d’emploi, l’offre des
concepteurs de matériels.
Tiemco / porte-bobine ST Premium
Pour 2017, Tiemco propose un porte-bobine original, très bien pensé,
magnétique et ajustable avec précision. Certes, c’est tout l’inverse d’un
modèle de base où la simple pression des deux tiges métalliques servent de
frein. Pour tirer pleinement parti de cet outil, nous vous conseillons de
visionner la video de démo sur le site Tiemco : www.tiemco.co.jp
Prix conseillé : 100 euros.
Notre avis : pour monteurs exigeants. Bien réglé, ce porte-bobine assure
toujours une tension optimale du fil même avec les plus fins. Pas donné, mais
bien pensé.
Tiemco / outil perce-soie
Pas toujours facile de percer une soie pour y passer le
premier brin du bas de ligne. Tiemco offre un des rares
appareils, sinon le seul, à ne servir qu’à ça. Deux canaux
pour d’une part les soies n° 2 à 6 et d’autre part n° 7 à 10.
L’aiguille dispose d’un chas assez inutile pour y recevoir un
45/100.
Prix conseillé : 29,90 euros.
Notre avis : une très bonne idée même si cet outil est
perfectible (perçage sur une longueur un peu plus longue,
aide au passage du fil dans l’âme de la soie). En fait, il est
surtout pratique sur le terrain et en voyage où il se loge
facilement dans une poche du gilet. Les raccords
improvisés au bord de l’eau sont souvent ratés…
42
Molix / Mike Iaconelli Lover Spinnerbait
Mike Iaconelli, l’un des plus attachants pêcheurs pro
de pêche du black-bass aux Etats-Unis propose
un spinnerbait très original, inspiré des “umbrella rigs”,
ces leurres multiples qui comptent jusqu’à six
combinaisons palettes/leurres. Avec trois palettes,
le Lover Spinnerbait Molix vibre beaucoup et ne passe
pas inaperçu. Ensemble de baitcasting très conseillé
pour utiliser ce leurre qui oppose une forte résistance
sous l’eau. Existe pour le moment qu’en une seule version
de 14 g (1/2 oz) mais en huit coloris.
Prix conseillé : 14,50 euros.
Notre avis : leurre universel pour le brochet, les grosses perches et bien-sûr le
black-bass, le spinnerbait est appelé à évoluer. Cette version est une évolution logique
qui permet au leurre d’avoir un volume plus important. En revanche, à réserver aux
postes peu profonds car les palettes freinent beaucoup la descente. Une version plus
grande et lourde serait encore plus intéressante pour la pêche du brochet.
Simms / Camp Gift pack
Imaginons que vous venez de faire 24 h
d’avion et qu’aux antipodes, toutes les
rivières du coin roulent des flots boueux
qui anéantissent toute chance de
pouvoir pêcher avant votre départ.
La réputée marque de vêtements
techniques de pêche Simms à penser
à tout, même à vous rendre alcoolique
grâce à cette flasque qui tentera de
vous remonter le moral et de noyer
votre solitude dans le whisky. Et si vous
trouvez deux ou trois acolytes dans votre
cas, rien de tel qu’une partie de cartes
pour tuer le temps…
www.flyfishingeurope-shop.de
Prix conseillé : 39 euros.
Notre avis : deux gadgets par pires mais
plus utiles que l’oreiller truite arc-en-ciel
ou que le black-bass qui chante…
43
La petite
La petite classe est une section de Pêches Sportives consacrée à
l’initiation et au perfectionnement. Cette séquence, cela fait des années que nos lecteurs la demandent :
“ Vous êtes trop techniques, trop pointus, pensez aux débutants,
aux pêcheurs qui veulent découvrir de nouvelles techniques, à
ceux qui veulent progresser…”
Nous avons fini par comprendre qu’ils avaient raison. Enfin, il est
plus juste de dire que nous étions conscients du problème mais
que l’on ne savait pas trop comment l’aborder.
La vulgarisation est souvent proche de la caricature. En matière de
pêche c’est encore plus vrai : que de clichés ressassés année après
année par de soi-disant spécialistes sous couvert de pédagogie.
La presse halieutique a vécu pendant des décennies sur l’idée
qu’un mauvais dessin pouvait suffire à donner le sens de l’eau (pas
celui du cours d’eau).
Le contraire de ce que nous voulons faire aujourd’hui dans La petite
classe avec cette quatrième séquence consacrée à la seconde et
dernière partie consacrée à la pêche en réservoir.
Elle s’adresse tout à la fois aux débutants et à ceux qui veulent se
perfectionner dans cette technique complexe qui a beaucoup évolué en une trentaine d’années. Bref à tous ceux qui voudraient tenter l’expérience mais ne savent pas par où commencer. Cette
petite classe sur le sujet du réservoir est prévue en deux parties
parce que le sujet n’est pas simple. Pour plus d’efficacité vous
pourrez vous procurer les DVD n°41 et 42 tournés récemment avec
Grégoire Juglaret (voir p.11) qui traite de ce sujet.
Et très vite, on l’espère, passer aux travaux pratiques au bord de
l’eau.
44
classe
4. La pêche
en réservoir
2e partie
45
La petite classe
4. La pêche
en réservoir 2
nde
partie
Dans la première partie de cette petite classe, dédiée à la pêche en réservoir, nous avions
vu l’historique de cette pêche, le matériel et les différentes techniques utilisées. Voyons
maintenant comment se comportent les poissons au fil de la saison, l’influence des conditions météorologiques dont dépend directement l’activité des poissons. Nous verrons
également comment multiplier les touches et éviter la casse.
Comme nous l’avons vu lors dans la première partie de cette petite classe consacrée à la pêche en
réservoir, cette pêche en plan d’eau nous vient
d’Angleterre où elle se pratique sur d’immenses
réservoirs de plusieurs centaines d’hectares. En
comparaison, nos plans d’eau de 3 à 10 ha sont des
confettis. Mais peu importe, nous devons faire avec
ce qu’on a ! Il est bien évident que les truites d’élevage déversées en eaux closes n’ont pas le même
comportement dans un étang de deux hectares que
dans l’immense réservoir Anglais de Rutland. Les
truites arcs-en-ciel d’élevage s’adaptent parfois très
mal hors de leurs bassins, où les granulés tombent
du ciel à heures fixes. On remarque que plus les
plans d’eau sont grands et riches en nourriture,
mieux les poissons s’adaptent. Ainsi, les truites
introduites en réservoir découvrent à la fois les
mouches artificielles, dont elles apprennent rapidement à se méfier et la vraie nourriture comme les
chironomes et diverses autres bestioles aquatiques.
Les truites des réservoirs sont donc conditionnées
par une sorte de réflexe pavlovien qui leur fait associer les mouches les plus farfelues à de la nourriture. Certaines truites d’un même réservoir ne par-
46
viennent jamais à se nourrir toutes seules, alors que
d’autres gobent et recherchent de quoi se nourrir. Il
arrive aussi qu’une truite prenne une mouche ou
un débris flottant par simple curiosité. Pour le pêcheur, il s’agit de jouer sur deux tableaux, celui de
la mouche imitative, un chironome par exemple et
celui de la mouche leurre pure et dure. Les truites
arcs-en-ciel d’élevage ont parfois un comportement incompréhensible que leur fait souvent préférer une mouche énorme et fluorescente à une
imitation réaliste d’insecte. En Europe, les truites
arcs-en-ciel des rivières allemandes, autrichiennes,
slovènes croates ou serbes, également issues de
l’élevage s’activent de façon cycliques, trait de caractère également constaté en lacs. A l’état sauvage
en Amérique du Nord, Oncorhynchus mykiss est un
animal qui ne se jette pas sur n’importe quelle
mouche, loin de là même sur des rivières très riches
en insectes comme la Henry’s Fork où elle sont très
sélectives dans l’élaboration de leur menu du jour.
Qu’on le veuille ou non, la pêche en réservoir est
étroitement liée aux poissons d’élevage et leur comportement dicte la pêche. Reste à savoir si les
truites prélevées (c’est un mot politiquement cor-
Une petite brise suffit pour aiguiser l’appétit
des truites et atténuer leur méfiance. Pêche
de bordure au Lac de Malaguet.
recte qui évite de dire tuées) par les pêcheurs d’un
réservoir sont régulièrement remplacées ou non. Si
ce n’est pas le cas, le stock se verra de moins en
moins coopératif avec les mouches des pêcheurs.
En général, les gérants des réservoirs ont intérêt à
faire tourner le stock et pour cela, des truites
doivent être sacrifiées. Avec un bon roulement, la
pêche reste ludique avec toujours une partie des
poissons faciles à prendre et en bonne santé. Il faut
aussi savoir que dans bien des cas, ce gibier de potence ne passe pas le printemps en raison de la chaleur. Rien à voir donc avec les lacs anglais et leurs
truites acclimatées aux grands espaces. Pour autant,
la pêche “à la française” n’est pas sans intérêt, loin
de là. Même en petits milieux, les truites adoptent
un comportement étroitement lié au climat avec
des réactions presque en temps réel. Le pêcheur
doit comprendre comment les poissons réagissent
aux changements de temps.
4.1 L’influence de la lumière
et de la température
Les poissons sont comme nous, lorsqu’il fait froid,
ils aiment se chauffer au soleil alors qu’en été, le
soleil brûlant les pousse à regagner les profondeurs
pour rechercher la fraicheur. Au printemps ou à
l’automne, les truites changent parfois de hauteur
d’eau plusieurs fois dans la journée. Si le temps est
frais et gris et que soudain, une éclaircie pointe son
nez, les truites viendront dans la couche de surface.
Ce petit coup de soleil peut aussi déclencher une
éclosion. C’est assez fréquent en hiver en fin
d’après-midi où les éclosions de chironomes ont lieu
quasiment toujours après un infime réchauffement
des eaux, de l’ordre d’un degré ou deux. Les pêcheurs sont sur le point de partir après une journée
difficile dans le froid et sans grande activité alors que
soudain, le lac s’anime de dizaines de beaux gobages ! A l’inverse, lorsque les truites plongent pour
fuir la chaleur, les pêcheurs aux boobies – ces
mouches flottantes utilisées avec des soies très plongeantes – ne manquent jamais d’adapter la longueur
de leur bas de ligne pour présenter les mouches au
niveau des poissons. En plan d’eau, l’eau se sépare
naturellement en deux couches de températures
bien distinctes. Cette thermocline s’observe facilement avec un échosondeur sensible. Un trait visible
à l’écran sépare les deux couches. Malheureusement,
l’échosondeur n’est pas autorisé en réservoir et c’est
tant mieux pour les poissons car ils seraient très faciles à trouver ! Plutôt que de se fier par paresse à
l’électronique, il est beaucoup plus intéressant de
comprendre ce qui se passe sous l’eau par l’observation des changements climatiques.
47
La petite classe
Le fluorocarbone s’immerge rapidement
et passe inaperçu dans l’eau. Ci-dessous
à gauche, le fameux mégot (un modèle
de Nicolas Germain) et à sa droite
un “bonbon”. Deux mouches dont
les qualités se résument à leur tenue
“suspendue” dans l’eau.
4.1.2 L’influence du vent
Le vent qui ride la surface “réveille” les truites. En
théorie, on a coutume de dire que les truites partent
ainsi à la recherche de nourriture face au vent, tout
autant que la barque du pêcheur part à la recherche
des truites en sens inverse. Mais le vent a plusieurs
autres vertus cachées. Il “excite” les truites qui deviennent plus agressives face à des mouches qui
étaient ignorées quelques temps auparavant. Et
plus il souffle, plus les poissons perdent de leur méfiance. En lac, le vent remplace le courant même si
son action reste limitée à la surface. Malgré toute
l’imagination du pêcheur et de l’observateur, l’exci-
48
tation des truites d’élevage dans le vent reste tout
de même un mystère, car cela ne répond pas toujours à un simple besoin alimentaire. Comme en
mer, un bon pêcheur en réservoir saura repérer les
“coulées de vent” qui sont très souvent d’excellents
postes. Si une île existe sur le plan d’eau que vous
pêchez, une rive sera obligatoirement “au vent”.
Les caps de cette île seront alors à l’origine de “coulées de vent” qui partiront de ces pôles et feront
une jonction nette entre la zone au vent et celle à
l’abri derrière l’île. Cette ligne fine, comparable à
un fin courant en rivière tient très souvent les
truites. Lire le vent s’apprend en regardant par
exemple l’écume qui très souvent s’étire en une
En dérive, on part à la rencontre des truites, qui, en
principe, remontent au vent. Cette pêche de
prospection est très informative. Elle renseigne sur les
préférences des truites : bordure, pleine eau, haut
fond, profondeur, etc.
mince ligne. Avec l’écume se trouve tout un tas de
choses diverses et variées, végétales ou animales que
49
La petite classe
Une truite se fatigue au bout de la ligne alors qu’une “aguabonita”,
ne semble pas s’en préoccuper. Comme toutes les truites arcs-en-ciel,
Oncorhynchus mykiss aguabonita est une espèce sauvage en Amérique
du Nord. En Europe, les souches élevées depuis des décennies ont perdu
la plupart de leurs instincts naturels.
le vent à concentré ici. Les poissons d’élevage apprennent rapidement à déceler ces zones qui
concentrent la nourriture.
4.1.3 Le comportement des truites
face aux mouches
Avec des truites arcs-en-ciel qui ont grandit en bassins, croiser des mouches est un événement inattendu, qui ne correspond en rien à de la nourriture.
Tout est nouveau dans l’environnement du poisson. A un animal qui n’a connu que des granulés,
un insecte ne semble pas plus comestible qu’un
brin d’herbe ou qu’une fleur de pissenlit. On pourrait croire que les truites d’élevage sont incapables
d’apprendre mais il n’en est étrangement rien. Cela
va beaucoup plus vite qu’on ne le croit. Lorsque
certains gérants de réservoir de pêche à la mouche
ouvrent leurs portes aux pêcheurs aux leurres en fin
de saison, on peut vérifier que l’élan kamikaze des
premières heures passe très vite face à la nouveauté
des leurres ! En fin de journée, plus aucune truite
ou presque ne se fait leurrer, alors que le matin,
même d’énormes leurres à brochet étaient attaqués
bille en tête… Lorsqu’elles voient des mouches régulièrement les truites d’élevage adoptent plusieurs
50
comportements finalement très logiques face au
danger :
– Indifférence
Face aux mouches, les truites arcs-en-ciel peuvent
avoir des comportements très changeants. Le plus
vexant étant l’indifférence la plus totale. C’est fréquent par temps calme, sans vent. Vous lancez dans
un banc de truites et aucune ne marque le moindre
changement de trajectoire, pas la moindre attention. On remarque ce comportement surtout avec
les mouches qui restent en suspension à dix ou
vingt centimètres sous la surface. C’est la cas du
“mégot”, cette mouche qui n’a pas toujours bonne
presse, réalisée avec du filtre à cigarette blonde. Si
la matière qui réalise cette mouche n’était pas du
vulgaire mégot mais, imaginons un nouveau produit lancé par une bonne com, disons du “magic
nano fiber white”, la chose honteuse serait alors un
génial petit streamer blanc ! Bref, revenons à notre
mégot qui est donc souvent ignoré dans un premier temps. Le nouveau converti aux joies de la
clope fly a le temps de dire plusieurs fois “mais ça
marche pas cette m….” avant qu’une truite venue
de nulle part fonce dans sa direction pour lui régler
son compte. Avant la mode du mégot, quelques
rares mouches se comportaient de la même façon,
notamment certaines imitations de tipules, sans
bille métallique évidemment, qui pouvaient couler
très lentement. La collerette en hackle de coq et les
six pattes nouées en herls de queue de coq faisan
jouent un rôle de “parachute” pour stabiliser la
mouche dans la couche d’eau. Ce modèle est toujours redoutable lorsque les poissons ignorent les
nymphes qui descendent sans s’arrêter. On voit ici
à quelle point le comportement de la mouche dans
l’eau prévaut, bien plus que son côté imitatif, qui
n’a que très peu d’importance dans ce cas précis.
– Méfiance
Le pêcheur en réservoir “moyen”, qui est tout
d’abord là pour passer un bon moment au bord de
l’eau pêche de façon classique, par exemple en ramenant un streamer avec une soie intermédiaire
par tirées d’une cinquantaine de centimètres, toujours de la même façon. Et comme environ 90 %
des clients des réservoirs sont aussi des gens qui
comptent passer un bon moment au bord de l’eau
et qui ramènent leurs soies de la même façon, les
truites se méfient très rapidement des streamers qui
évoluent tous selon une progression semblable. Le
salut vient alors de la diversité des animations. La
soie devant être ramenée à la main, le principe des
saccades imprimées à la mouche est bien naturel.
On peut sortir de cette ornière de deux façons ;
premièrement en “chiffonnant” la soie dans la
main gauche. La récupération est lente mais “nouvelle”. Deuxièmement, en adoptant la technique
du roly-poly qui consiste à mettre la canne sous
l’aisselle et a ramener la soie avec les deux mains.
Avec un peu d’habitude, on peut obtenir une récupération linéaire sans à-coups. Le roly-poly est souvent utilisé très rapidement pour déclencher des
attaques réflexes. C’est une technique qui marche
très bien, surtout si vous êtes seul à y avoir pensé et
si vous n’en abusez pas trop car l’effet de surprise
est par définition compté ! On peut toutefois avoir
recours à cette astuce à toutes les vitesses de récupération y compris très lentes.
– Agressivité
A l’encontre de certains gros streamers, les arcs
peuvent vraiment s’énerver. Avec les grosses imitations de “sangsues” de type leech (le “pouic” pour
les français), les touches foudroyantes suivies de
fuites éperdues sont fréquentes. Avec les boobies
également, la touche peut vous surprendre au point
Avec les soies plongeantes, il faut compter
dans sa tête pour retrouver la profondeur qui
procure des touches.
51
La petite classe
Le cristivomer (Salvelinus
namaycush) réagit bien
aux streamers imitatifs
comme les imitations de
vairons. Celui-ci a été pris
dans le lac de Tignes, à
2000 m d’altitude.
de laisser filer un peu de soie avant de réagir. Difficile de prévoir ces moments de folies qui ne durent
jamais très longtemps. Un élément déclenche une
forte activité sans qu’il soit facile de savoir de quoi
il s’agit. On rencontre ce type de réaction avec les
carnassiers, qui parfois ignorent un leurre de 10 ou
12 cm mais attaquent violemment un leurre de 25
cm parce qu’il est alors considéré comme un intrus
ou un concurrent.
– Un comportement… normal
Il arrive aussi (et heureusement) que les truites
arcs-en-ciel ne se fasse prendre que si les mouches
sont bien présentées, avec un fil pas trop grossier.
Les pêcheurs aux chironomes ont noté une augmentation de nombre de touches avec le fluorocarbone par rapport au Nylon. En lac, les contraintes
de dérives se limitent à l’immersion puisqu’il n’y a
pas de courant. Bien que plus raide que du Nylon,
le fluorocarbone s’immerge plus rapidement. Il est
également moins visible dans l’eau. Lorsqu’elles se
nourrissent d’insectes et notamment de chironomes, les truites arcs-en-ciel peuvent avoir un
comportement normal, qui oblige à bien pêcher.
52
4.2 Quelques conseils pour
augmenter le nombre de touches
Les meilleurs pêcheurs en réservoir arrivent à multiplier les touches simplement en faisant attention à
quelques détails qui en définitive changent beaucoup de choses. On peut ainsi passer à côté de nombreuses touches par un simple manque d’observation des truites ou de sa façon de pêcher.
Attention aux derniers mètres de récupération
Un classique. La truite suit la mouche sur une bonne
partie de la récupération sans l’attaquer et se décide
lorsque la mouche remonte, juste avant qu’elle ne
quitte l’eau. C’est une technique de chasse que l’on
rencontre avec différentes espèces de poissons qui
poussent leurs proies à fuir vers la surface comme les
perches et beaucoup d’espèces marines. La plupart
des pêcheurs en réservoir enlèvent leurs mouches de
l’eau trop tôt et trop vite. Les anglais pratiquent le
“lift”, ce qui leur permet de faire remonter la mouche
progressivement, en étant prêt à ferrer. Pour cela, le
geste doit être ample, en amenant tout aussi progressivement la canne en position haute tout en allant
vers l’arrière. Le bas de ligne forme alors une courbe
Deux accessoires très utiles : un marqueur de poste en H pour la pêche
en bateau et un doigtier en Lycra sur lequel glisse parfaitement la soie
lors de la récupération, ce qui révèle certaines touches très discrètes.
parfaite. Là où les mouches remontent vers la surface
à 45°. On peut accélérer le mouvement sur la fin
pour décider les poissons.
4.2.1Compter dans votre tête
pour retrouver la même profon
deur
Difficile de savoir à quelle profondeur on pêche
avec une soie plongeante ! Or les truites sont souvent actives à une profondeur donnée. Celle-ci correspond souvent à une zone de confort thermique
ou à une concentration d’insectes à une profondeur bien précise. Parfois, cela se joue à moins d’un
mètre près. Le seul moyen de renouer avec le succès
est de compter les secondes dans sa tête pendant
l’immersion de la soie. Contraignant mais efficace.
4.2.2 Utiliser un doigtier
Un doigtier en Lycra à enfiler sur l’index donne
une toute autre perception de ce qui se passe au
bout d’une soie plongeante que le simple contact
avec la peau. Au contact de la peau, la récupération
de la soie n’est pas complètement fluide, il y a
quelques à-coups. Un doigtier renseigne sur quasiment toutes les touches qui ne sont pas franches et
que l’on aurait pas ferrées.
4.2.3 Pêcher plutôt la zone au vent
Les jours de brises, la surface d’un lac n’est pas forcément complètement ridée. Lorsque c’est le cas, préfé-
rez la zone soumise au vent, les truites y seront moins
regardantes et plus agressives face aux mouches. Cela
reste valable pour toutes les techniques, autant pour la
pêche en surface que sous l’eau. Seuls les pêcheurs à
vue préfèrent évidemment un lac d’huile.
Changer radicalement de mouches
Rien de pire que l’entêtement lorsque qu’aucune
touche ne vient offrir un peu de distraction. C’est
bien de croire dur comme fer en sa mouche, mais
ce sont toujours les poissons qui décident ? Et tant
qu’à changer de mouches, autant changer pour de
bon en s’orientant vers quelque chose de très différent. En effet, remplacer un petit streamer blanc
par un jaune de la même taille, qui évoluera de la
même façon n’a que très peu de chance de réveiller
les poissons, qui ne sont peut-être même pas à la
profondeur prospectée. Mieux vaut changer radicalement de technique.
4.2.4 Varier les vitesses
de récupérations
Evoqué plus haut, la monotonie est l’ennemi du
pêcheur en réservoir. Ne jamais s’enfermer dans
un schéma qui ne donne rien, surtout si les autres
pêcheurs font plus ou moins la même chose. Parfois le statique paye mieux que le mobile. Avec
une soie intermédiaire, il suffit d’aligner sa soie et
son bas de ligne puis de simplement tenir sa ligne
en tension. La récupération est minime, de l’ordre
de 10 cm en une quinzaine de secondes, juste
pour garder le contact. Certains jours, c’est redoutable, soit avec des mouches noyées de type
dunkeld, viva, Peter Ross, ou des modèles moins
53
La petite classe
Un tel poisson ne pardonne ni les
nœuds mal faits, ni le manque de
flexion de la canne à la touche !
classiques ou encore des chironomes ou même un
petit streamer. Tout est possible, surtout si vous
êtes seul à tenter le coup…
4.2.5 En bateau utiliser
un repère flottant
Encore une astuce qui nous vient de la pêche aux
leurres. Les pêcheurs de sandres en lacs ont recours
aux repères flottants pour retrouver la zone qui
procure des prises. En réservoir, les dérives dans le
vent en bateau ne sont pas toutes bonnes. Le plus
souvent, une dérive se démarque des autres. Pour
ne pas la perdre, un repère dit en H en raison de sa
forme peut être placé pour servir de repère. De
couleur vive, il se remarque facilement. Il est relié
au fond par une cordelette et un plomb d’une centaine de grammes. On trouve ces repères chez son
détaillant, mais un morceau de polystyrène fait
aussi l’affaire, plus discret qu’un repère orange fluo
que les autres pêcheurs convoiteront peut-être
moins.
54
4.3 Quelques astuces pour éviter
la casse
En réservoir, certaines touches sont d’une violence
bien supérieure à ce qu’on peut connaître en rivière, car le poids élevé des poissons s’ajoute à leur
agressivité. En plus de la perte de mouches, de la
nécessité de refaire un bas de ligne, casser n’est pas
très sympa pour les poissons. Heureusement, les
hameçons sans ardillons se libèrent en principe rapidement de la gueule des truites. Voici quelques
astuces pour éviter de vous retrouver avec un
pauvre bout de fil qui pendouille sous le scion de
votre canne…
4.3.1 L’angle entre la canne
et la soie
Ça paraît évident, mais on voit encore beaucoup de
pêcheurs qui récupèrent leurs soie avec la canne
bien dans l’axe. Sa flexion est donc nulle. Si à la
touche le réflexe est de bloquer la soie, le bas de
ligne prend l’intégralité du choc. Nul besoin d’une
Le guide Emmanuel Favin sur l’un des bras du
réservoir du château de la Motte-Tilly dans l’Aube.
En fonction de la température, les truites fuient ou au
contraire recherchent la lumière et surtout la chaleur.
truite de trois kilos pour casser, un poisson trois
fois moins lourd un peu agressif suffit. Lors de la
récupération, un angle d’environ 120° entre la
canne et la soie doit servir d’amortisseur en mettant la flexion de la canne en action.
4.3.2 Des nœuds solides
Les nœuds sont les fusibles de notre matériel. Ce
sont eux qui encaissent les chocs, eux qui lâchent
lorsque ceux-ci sont trop importants. En réservoir,
les choses se compliquent lorsqu’on veut pêcher à
plusieurs mouches. Les potences qui reçoivent les
mouches complémentaires de celle de pointe mesurent au maximum une trentaine de centimètres,
souvent moins. Le manque d’élasticité entre deux
nœuds n’est donc pas favorable à une grande solidité. Pour qu’une potence tienne le coup, elle doit
être réalisée dans le même diamètre que le brin sur
lequel elle est reliée et avec le même fil (marque,
modèle, diamètre). Le nœud de chirurgien est encore le nœud le plus utilisé y compris par les meil-
leurs pêcheurs. Mais attention, ce nœud porte le
même nom quelque soit le nombre de fois où les
deux brins sont passés dans la boucle. Or entre
trois et six fois, la résistance n’est pas du tout la
même. Pour un raccord solide, ne passer pas
moins de quatre fois. Cinq étant parfait. Même
constat avec le nœud qui tient la mouche, qui mérite quelques secondes supplémentaires (même
nœud).
4.3.3 Respects des écarts de
diamètres
Il peut être parfois tentant de sauter quelques diamètres de fil pour faire un bas de ligne. C’est possible avec un raccord boucle dans boucle, mais très
déconseillé avec des nœuds comme le baril ou le
chirurgien. Ces nœuds tolèrent mal les gros écarts
entre les diamètres inférieurs au 20 /100. 4/100 de
mm étant un maximum. Au delà, il faut impérativement doubler le brin le plus faible dans le cas
d’un nœud de chirurgien.
55
FOCUS/montage
Six mouches à tout faire pour
la rivière, le lac et le réservoir
Partout dans le monde, les truites des rivières calmes et des lacs se nourrissent de chironomes, de larves de libellules et craquent aussi pour un streamer noir, même s’il n’imite rien
de particulier. Ces six mouches classiques doivent figurer dans les boîtes de tous les pêcheurs
voyageurs. En réservoir, elles font merveille quelque soit la saison.
Montage Florent Bailly
O
n peut penser que les
modèles de mouches
que nous vous proposons dans ce numéro viennent
directement de la pêche en réservoir. Il est vrai que ce sont des
grands classiques de la pêche des
truites arcs-en-ciel en eaux closes.
Mais il est non moins vrai que les
mouches pour la pêche en réservoir sont toutes nées en lacs, bien
56
avant les premiers réservoirs de
pêche à la mouche. Les Irlandais
notamment ont recours aux imitations de chironomes, de larves de
libellules et de streamers depuis
des lustres sur les immenses
“loughs” peuplés de truites farios
sauvages. Dans l’hémisphère sud,
en Tasmanie notamment, la
pêche en lacs des grosses truites
demande également des mo-
dèles de mouches adaptées aux
eaux calmes. En rivières lentes, les
chironomes font partie de l’alimentation des truites sauvages.
Les pêcheurs à la mouche ont
tendance à l’ignorer, pensant que
ces bestioles moins nobles que
les éphémères ou autres trichoptères ne vivent qu’en lacs ou
dans les rejets des stations
d’épuration. Hormis dans les tor-
rents de montagne, la moindre
portion lente de rivière comme il
est existe un peu partout suffit à
voir se multiplier les chironomes,
qui n’est qu’une famille de diptères nématocères (antennes en
forme de fils) qui compte environ
5000 espèces dans le monde
dont environ 700 en Amérique
du Nord.
Ces insectes aux exigences biologiques très faibles se trouvent
à l’aise partout et d’autant plus
que les eaux sont lentes et dégradées. Pour autant, la diversité de
ces insectes est telle qu’il en
existe pour toutes les eaux, des
plus pures aux plus immondes !
Et si les monteurs de tous les
temps avaient tout faux ?
Est-ce qu’une truite de rivière qui
prend une imitation de gammare
dans un cours d’eau qui en est
presque dépourvu s’apprête à
prendre ce qu’elle considère
comme un petit crustacé ou au
contraire un chironome, ou encore juste quelque chose qui doit
en théorie être comestible parce
que vivant ? Certaines imitations
de gammares en “boby stretch”,
“corplast” ou en “medallion” ont
davantage la plastique d’un vers
de vase que celle d’un gammare !
Voilà qui fait réfléchir. D’autant
qu’en rivière comme en lacs, certains insectes ne sont jamais pris
par les truites. C’est le cas des
gerris, ces grands insectes qui
font du patinage artistiques à la
surface de l’eau avec quatre de
leurs six pattes. Jamais les truites
ne cherchent à s’en nourrir. Encore une belle enigme qui prouve
bien que les truites peuvent peutêtre confondre certaines choses,
mais que d’autres ne les intéressent pas du tout !
Florent Bailly nous propose sa vision du montage de quelques
fameux modèles de chironomes
à trois stades différents, d’un modèle de larve de libellule et d’un
streamer. Ces montages ne présentent pas de difficultés particulières. Ils demandent en revanche
de bien respecter les proportions
de matériaux pour rester dans
l’esprit des modèles.
Fin de saison
en réservoir,
début en rivière,
en mars,
les mouches
se ressemblent
parfois
beaucoup…
57
FOCUS/montage
Chironome corps
détaché
Un montage à corps détaché,
très réaliste et facile à faire. La
mouche se tient bien droite, collée à la surface grâce à l’hameçon, en grande partie séparé du
corps et qui joue le rôle de quille.
Cette excellente mouche figure
au catalogue des Mouches Devaux.
1. Choisir un hameçon Tiemco
2487 n° 20 à 16. Commencer
l’enroulement d’un fil de
montage noir Uni Thread
8/0.
2. Un morceau de micro chenille noire Mouches de Charette est placé au niveau du
thorax sur le dessus. L’extrémité a été brûlée pour éviter
qu’elle ne s’effiloche.
3. Le thorax est réalisé avec un
dubbing Orvis Spectrablend
black, torsadé directement
sur le fil de montage.
4. L’enrouler pour former une
petite boule.
5. La première partie de l’aile
est composée d’une petite
mèche grise d’aérofibre
Mouches de Charette.
6. Devant, vient se placer la seconde partie de l’aile, en cdc
noir teinté. Le fil de montage
constitue la tête, qui peut
être vernie.
1.
2.
3.
58
4.
5.
6.
59
FOCUS/montage
Chironome D Rib
Ce n’est pas la première fois que
l’on vante les qualités du vinyl D
Rib. Avec ce modèle, aucun
risque de ne pas plaire aux poissons ! Toutes les teintes sont
possibles : rouge, olive, brun ou
noir.
1. Choisir un hameçon Tiemco
2487 n° 20 à 16. Commencer
l’enroulement d’un fil de
montage brun Uni Thread
8/0 sur toute la hampe.
2. Juste avant la courbure, placer un brin de vinyl D Rib
brun face arrondie en bas.
3. Enrouler le vinyl pour former
un corps régulier et fin. Laisser un quart de la hampe
libre.
4. Dans une feuille de Medallion (sorte de raphia synthétique teinté), découper une
bandelette de 3 ou 4 mm de
largeur. La fixer sur le thorax
et la laisser en attente.
5. “L’aile” peut être réalisée en
pointes de plumes de perdrix grise, ou comme ici, en
Z-Lon noir.
6. Le dubbing qui colle parfaitement à cette mouche vient
de chez Hareline : Stalcup’s
micro fine mahogany dun.
L’enrouler directement après
l’avoir torsadé sur le fil de
montage.
7. Rabattre la bandelette de
Medallion pour finir le thorax
et la mouche par la même
occasion.
1.
2.
3.
4.
60
5.
6.
7.
61
FOCUS/montage
Nymphe passe
partout
Il s’agit d’une des nymphes de la
collection des Mouches Devaux
de la série Jacques Boyko (réf :
JBNT31). Un modèle qui convient
autant en rivière pour la pêche au
fil notamment ou en lac.
1. Choisir un hameçon Caleri
C123 BL n° 14. Enfiler une bille
de laiton (or) de 3 mm de diamètre.
2. Commencer l’enroulement
d’un fil de montage noir 8/0
Uni Thread pour former une
tête devant la bille. Couper
l’excédent et vernie (ou mieux
coller).
3. Un autre fil de montage,
Hends Twist gris, sera enroulé
sur toute la hampe et recevra
ensuite une pincée de cerques
en pelle de coq pardo.
4. Prendre un herl de paon ébarbé et teinté Polishquills
“green”. Couper la pointe fine
et fixer le herl par la pointe, de
sorte que la bande sombre qui
borde de herl soit orientée
vers l’avant.
5. Enrouler le herl sur le corps à
spires jointives. Le fixer par
quelques tours de fil de montage et couper l’excédent. Ce
corps n’est pas verni mais passé à la résine UV puis séché en
quelques secondes grâce à
une lampe UV Deer Creek.
6. Sur le fil de montage est torsadé un dubbing d’oreille de
lièvre Mouches Devaux.
7. L’enrouler sur deux tours sans
trop charger et en laissant un
peu d’espace entre la bille et
le dubbing.
8. Un fil de montage orange fluo
6/0 Mouches de Charette
vient terminer ce montage,
après l’avoir enduit de résine
UV et séché à la lampe.
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1.
2.
3.
4.
5.
6.
7.
8.
63
FOCUS/montage
Buzzer UV
Imitation classique d’un chironone à utiliser avec une soie
plongeante ou flottante généralement en train de mouches devant une mouche plus lourde. Incontournable en réservoir. Cette
version est passée à la résine UV
et à la lampe pour un rendu lisse
et une immersion plus rapide.
1. L’hameçon très particulier
avec sa pointe rentrante est
un Caleri 2490 BL. Cette imitation peut être montée en
taille 16 à 10. Commencer
l’enroulement du’n fil de
montage noir 8/0.
2. Les branchies sont représentées par une fine mèche de
Z-Lon jaune pâle fixée et
orientée vers l’avant.
3. Le herl de paon ébarbé est
un Polishquills “green”. Il est
fixé à l’arrière du corps.
4. Enrouler le herl pour former
un corps régulier. Une fois
terminé, une couche de résine UV Deer Creek et un
passage de quelques secondes à la lampe UV donnera un aspect lisse et transparent.
5. Le sac alaire est composé de
deux lamelles de Buzzer
Cheek
Klima
Products
orange. Les placer de chaque
côté du thorax, symétriques.
Le fil de montage enroulé
généreusement fait office de
thorax.
6. Les rabattre une à une en les
fixant par trois tours de fil de
montage.
7. Couper l’excédent et passer
également le thorax à la résine UV et à la lampe.
1.
2.
3.
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4.
5.
6.
7.
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FOCUS/montage
Damsel
C’est la larve de libellule, athlétique, véloce et vorace (la larve
est carnassière, n’hésitant pas à
attaquer des têtards et éventuellement des alevins). L’imitation
proposée ici est bien plus paisible…
1. Commencer l’enroulement
d’un fil de montage noir 8/0
Uni Thread derrière l’œillet
d’un hameçon Tiemco 5212
n°10 à hampe longue.
2. Par enroulements croisés,
fixer une paire d’yeux “altères” Hareline Mono Nymph Black Eyes taille small.
3. Revenir en arrière avec le fil
de montage. A l’arrière du
corps, fixer deux pointes de
plume de marabou grizzly
vert foncé.
4. Fixer un fil de cuivre rougeâtre et le laisser en attente
5. Le corps est réaliser avec du
dubbing de CDC vert olive
AB Fly, simplement torsadé
sur le fil de montage.
6. Cercler le corps par quatre
ou cinq tours de fil de cuivre.
Le thorax fait également appel à du dubbing de CDC
mais noir cette fois.
7. Enrouler le dubbing derrière
et entre les deux yeux. Couper l’excédent et faites un
nœud final.
1.
2.
3.
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4.
5.
6.
7.
67
FOCUS/montage
Streamer
noir casqué
Un autre classique, universel, qui
marche bien partout. Attention
toutefois, si le poil de lapin, avec
lequel il est conçu ne manque
pas de vie dans l’eau, il s’immerge lentement. C’est parfois
sa principale qualité, mais à éviter s’il faut descendre profondément. Le marabou est dans ce
cas préférable.
1. Passer une bille de laiton à
facettes Hanàk 4 mm dans un
hameçon Hanàk Competition H 950 BL taille 8.
2. Recouvrir la hampe avec un
fil de montage noir 6/0.
3. Prendre une bandelette de
lapin noir “cross cut” : la bandelette de peau a été préalablement coupée en biais
pour faciliter l’enroulement
sans sur-épaisseur et avec les
poils orientés vers l’arrière.
Laisser dépasser environ 3
cm de poils et 1 cm de peau
derrière la courbure. Fixer
solidement par cinq tours de
fil de montage.
4. Enrouler la bandelette sur
deux ou trois tours de façon
régulière. S’arrêter légèrement en retrait de la bille.
5. Sur le dessus de l’aile, placer
quelques fibres de Wing’n
Flash Hedron coloris 05
(pearl).
6. Terminer le montage provisoirement en réalisant un
nœud final et en coupant le
fil noir. Avec un fil orange vif
6/0, ajouter une touche de
couleur juste derrière la bille.
Terminer le montage par une
couche de résine UV Deer
Creek et quelques secondes
à lampe UV
68
1.
2.
3.
4.
5.
6.
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FOCUS/montage
Comment bien monter le mouches
de légende. 10. Le sculpin
Cette rubrique se destine au montage des mouches célèbres, aux indémodables modèles
qui, aujourd’hui comme hier, font partie des incontournables que tout un chacun doit savoir
monter convenablement. Ces mouches de légende font souvent appel à un tour de main
très particulier, sans quoi il est impossible d’obtenir un résultat conforme à l’original.
M
ouche inconnue en
France avant les années
1950, le sculpin fait partie des streamers de la famille des
mudlers minnow, dont le premier
modèle aurait été mis au point en
1937 par Don Gapen à Anoka,
dans le Minnesota. Pour le monteur, il s’agissait d’imiter le “slimmy sculpin”, une espèce de chabot (sculpin) plutôt allongée.
Ce n’est un secret pour personne,
les truites adorent les chabots.
C’est donc très naturellement que
les pêcheurs à la mouche ont depuis longtemps cherché à imiter
ce petit poisson de fond cousin
du gobie qui a traversé les âges,
résisté aux périodes glacières et
70
c’est adapté à l’eau douce. La version proposée ici par Florent Bailly est caractéristique avec les
deux grandes nageoires pectorales horizontales et la tête, il est
vrai moderne, très imitative. Ce
gros casque creux est plus léger
qu’il n’y paraît.
C’est tout de même grâce à lui
que la mouche pêche “creux”, là
où vivent les chabot, jamais très
loin des cailloux, du moins en
journée.
Pour pêcher profondément, une
soie plongeante S5 n° 6 et un bas
de ligne très court, d’un mètre au
maximum est préférable à un excès de lest sur la mouche très difficile à lancer.
1. Placer dans l’étau un hameçon Hanàk
Compétition H 950 BL n°8. Commencer
l’enroulement d’un fil de montage noir
6/0 Uni Thread sur la hampe.
2. En queue, placer trois ou quatre plumes
brunes de marabou grizzly. Sur le fil de
montage, torsader un dubbing Turall NY
DO 4 “nymph dubbing”.
3. Enrouler le dubbing pour former un corps
régulier.
4. A plat, placer deux autres plumes brunes
de marabou grizzly pour imiter une
nageoire.
5. Idem de l’autre côté.
6. A l’aide d’un twister, faire une boucle
avec le fil de montage et y insérer une
généreuse pincée de poils de dos de
lièvre.
7. Torsader la boucle. Le dubbing
s’ébouriffe et il reste à l’enrouler sur deux
tours pour former une grosse collerette.
8. La tête est placée en dernier, collée à la
colle cyanoacrylate. Il s’agit d’une tête
Fish Skull Sculpin Helmet mini brown. Un
petit trou au somment sert à insérer la
colle. Les yeux autocollants sont livrés
avec la tête.
1.
2.
3.
4.
5.
6.
7.
8.
71
Où pêcher
Islande
La Tungufljot
in Skaftartungum
Il en faut pour étonner Pierre Affre, l’homme qui a pêché les plus belles et les meilleures rivières de la planète depuis plus de quarante ans. Mais face à des truites de
mer de plus de 6 ou 7 kilos, ce grand spécialiste des salmonidés migrateurs retrouve
la fougue et la fébrilité de ces jeunes années !
Par Pierre Affre
L
e vol Icelandair
541, parti de
CDG à 8 h
du matin, nous
avait déposé en ce 6 octobre à 9 h 20 (heure locale) sur l’aéroport de
Keflavik et à 15 h 30
nous arrivions au lodge
de pêche, après avoir fait
provision de “langoustinurs”, “kotileturs” et spa-
72
ghettis. Les courses sont
rangées plus vite qu’aucune bonne ménagère ne
saurait faire… les grosses
truites de mer nous attendent. A 16 h 30, nos
cannes sont montées et
les waders enfilés. J’ai
distribué de grosses
mouches noires à tout le
monde. Nous nous
répartissons en deux
équipes, une qui montera vers les pools de
l’amont, bien indiqués
sur la carte du lodge.
Quant à moi et Guillaume nous optons pour
l’immense pool juste en
bas du lodge.
Anticipant le mauvais
temps avec nécessité de
lancer contre le vent dans
ce qui m’était apparu sur
le site de Lax-A, comme
une assez large rivière, où
les truites de mer peuvent
atteindre 15 et même
20 livres, j’avais pour une
fois en Islande, délaissé
mes cannes en bambou
“vintage” à une main et
opté pour ma vieille
Loop 12 p Grey Line.
C’est une canne modérément puissante qui avec
Entre la grande chute d’eau qui semble
arrêter les truites de mer, et le confluent avec
la rivière Eldvatn, il n’y a qu’une douzaine
de pools sur sept ou huit kilomètres.
une shooting head 9/10,
permet de lancer sous le
vent et accessoirement de
combattre de gros poissons. Je ne regrette pas
mon choix, car le vent
souffle avec des rafales
à plus de 80 km/h…
Comme dans ce gigantesque pool de l’estuaire,
en fait de la confluence
de la Tungufljot avec la
très large Eldvatn, il est
impossible de changer de
rive, je force comme un
malade pour réussir un
lancer sur trois à placer
un gros streamer noir à
une petite quinzaine de
mètres. Même en lançant à ras des vagues,
deux fois sur trois,
mouche, bas de ligne et
pointe de ma soie intermédiaire, sont rabattus à
quelques mètres de mes
bottes. Heureusement,
même avec ce vent qui
remonte le courant, la
poussée de l’eau est très
puissante, car dès que
mouche et bas de ligne,
une fois sur deux ou trois
– entre les rafales en fait
– touchent l’eau, ils sont
très vite entraînés vers
l’aval et je sens que “ça
pêche”. D’ailleurs, très
vite, alors que ma
mouche venait de quitter
la jonction des deux courants, j’enregistre une
belle tape… dans le vide.
Je signale cette touche à
Guillaume qui derrière
moi avec sa canne à une
main, une Winston de
9’6 p pour soie de 7/8,
peste lui aussi contre les
éléments. Comme il me-
mètres de plus que moi,
mais même avec cette allonge supplémentaire, sa
mouche dans les meilleurs des cas, tombe bien
en retrait de la jonction
Les eaux blanches, glaciaires, opaques,
pleines de bulles d’air arrachées au glacier,
sont toujours plus légères que les eaux
noires et offrent une bonne protection
contre la lumière aux truites de mer, les
plus lucifuges de tous les salmonidés.
sure 1,95 m, il a pu
s’avancer sur ce fond
bien lisse et plat de sable
noir, de quatre ou cinq
des deux courants, là où
se tiennent les truites
avant de décider laquelle
des deux rivières choisir.
73
Où pêcher
Des truites massives ne
présentant pratiquement
pas de pédoncule caudal.
Quelques minutes après
cette photo, mon chapeau
irlandais, ami de plus de
trente ans, sera emporté
par une bourrasque et
doit aujourd’hui dériver
quelque part dans les
eaux glaciales de
l’Atlantique Nord…
La Eldvatn est une puissante rivière glaciaire
dont les eaux sont toujours laiteuses, surtout
au printemps et en été
lors de la fonte des glaces.
Depuis la petite falaise
qui
domine
la
confluence, on distinguait nettement tout à
l’heure, avant qu’en ce
début octobre, la lumière
ne décline rapidement,
les
limites
de
la
confluence de la très
large Eldvatn aux eaux
« blanches » avec les eaux
claires et noires de la
Tungufljot, qui ne se mélangeront que dans les
vagues de l’estuaire à une
quinzaine de kilomètres
en aval.
Ces pools de confluence,
sont un peu monotones
à pêcher, mais stratégi74
quement, surtout en périodes de remontées, il
faut y lancer comme un
métronome et les descendre
mètre
par
mètre… un pas entre
chaque lancer. Vers cinq
heures et demi, alors que
la lumière baisse vite et
que le vent redouble, j’ai
enfin une touche suivie
d’un beau démarrage
vers l’aval. Je me rapproche du bord et dix
minutes
plus
tard,
j’échoue une truite très
blanche de 70 cm que
j’estime à quatre bons kilos. Comme ce poisson a
mordu dans le bas du
pool et que le wading
commençait à devenir
non pas périlleux mais à
la limite de mon petit
mètre soixante-dix, je
profite de ce que je suis
au bord pour remonter
vers l’amont et faire une
deuxième passée avec la
même mouche avant que
la nuit ne s’installe. Guillaume abandonne et
m’attendra dans la voiture en tête du pool.
Connaissant cette fois la
topographie des lieux, je
m’avance au maximum
dans le lit de la rivière,
pour que ma mouche
tombe un bon mètre
dans les eaux de la Eldvatn, avant de commencer sa dérive dans la Tungufljot.
Coup du soir
Les eaux blanches, glaciaires, opaques, pleines
de bulles d’air arrachées
au glacier, sont toujours
plus légères que les eaux
noires et offrent une
bonne protection contre
la lumière aux truites de
mer, les plus lucifuges de
tous les salmonidés. Il
commence maintenant à
faire vraiment sombre, et
je suis tiré de ma rêverie
par un solide arrêt, suivi
d’un saut à un bon mètre
au dessus des vagues qui
se termine par un démarrage m’arrachant d’une
seule traite au moins
80 m de ligne de réserve.
Cette fois c’est du sérieux ! Je me rapproche
du bord, et c’est dans le
noir, après deux autres
longs départs vers l’aval
et plusieurs sauts, que
quinze bonnes minutes
plus tard, j’échoue sur la
pente douce de sable volcanique un splendide
poisson… Cent cinquante mètres plus haut,
Philippe dans la tempête,
prendra dans ce pool en
moins d’une heure, trois
poissons de 88, 84 et 82 cm.
La hure du poisson de 82 cm
avec le grand streamer noir
en marabou bien visible.
bien au chaud dans la
voiture, Guillaume n’a
rien vu de la bagarre. Il
vient d’ailleurs d’allumer
les phares pour me faire
signe qu’il est temps de
rentrer. Je n’ai bien sûr
pas de lampe de poche,
ni de pince et en tâtonnant avec mes doigts, je
sens que la grande
mouche noire a été ava-
lée profondément. Je décide donc de garder ce
poisson, nous le mangerons. En arrivant dans les
phares de la voiture, je
me rends compte que
cette truite femelle que je
mesure à 79 cm, est très
colorée et doit être dans
l’estuaire depuis au
moins un bon mois.
Comme je le craignais,
vu les conditions adverses dans une rivière
inconnue, à part Patrick
qui a pris un poisson très
frais d’environ 2 kg, nos
amis sont bredouilles et
la vue de ma truite qui
marquera 6,8 kg sur le
peson de Philippe, entraîne une deuxième
(peut-être
troisième)
tournée de gin tonic et
fait remonter le moral du
groupe. Exception faite
de celles que j’ai prises
sur le Rio Grande, mais
qui ne se bagarrent pas
du tout, c’est certainement ma plus grosse
truite de mer dans l’hé75
Où pêcher
Une femelle encore
assez blanche
estimée à 7 ou 8 kg.
76
Patrick dit le « ti’griot berrichon » avec
sa petite 9 p au pied de la grande
chute qui barre toute la Tungufljot.
misphère nord et le soir
au dîner, les langoustines, puis les côtelettes
d’agneau m’ont paru encore plus délicieuses que
d’habitude.
Le lendemain matin, le
vent est complètement
tombé et le grand pool
de Sydri Holmur ressemble à un immense
lac. J’y suis, bien sûr,
avant que les autres ne se
soient même levés et un
glorieux soleil rouge
m’accueille au dessus de
la mer. Là où douze
heures plus tôt, des vagues de vingt à trente
centimètres brisaient la
surface, c’est le calme
plat. Je rallonge mon
bas-de ligne d’un bon
mètre cinquante et
monte une mouche de
deux numéros plus petite, mais toujours bien
noire. A troisième lancer,
“poisson !” ou “ fish on”
comme disent les pêcheurs sur Seasons.
C’est une “petite” toute
blanche de 65 cm, suivie
quatre ou cinq lancers
plus en aval d’un splendide mâle, légèrement
coloré de 80 cm… Il est
8 h 30, je rentre au lodge
où je retrouve les amis au
petit déjeuner… Je leur
confirme que le vent est
complètement
tombé
mais que le grand ciel
bleu et le soleil qui
monte ne me plaisent
pas beaucoup… Et effec-
tivement nous ne prendrons plus rien jusqu’au
soir.
Le vent se lève dans la
nuit et une pluie à l’horizontale frappe encore la
grande baie vitrée du
lodge, à l’heure du petit
déjeuner. Vers 9 h alors
que Patrick, Charles et
Philippe décident d’attendre bien au chaud
une amélioration météo,
qui ne viendra pas, avec
Guillaume nous repartons dans la tempête vers
la cascade. L’eau a monté
de trente bons centimètres et s’est bien colorée.
Des finnocks…
de 2 kilos !
Dans le grand pool en
aval de la cascade je
prends un poisson très
blanc de 70 cm qui a certainement profité de la
crue pour arriver jusque
là. Pendant que je le
combats, je vois que
Guillaume qui est resté
au pool du virage, est lui
aussi attelé. Quand je le
rejoins, je l’aide à mettre
à l’épuisette une deuxième truite… 78 cm !
L’eau continue de monter et avec le courant très
fort qui arrive de la cascade, il me dit que les
poissons se tiennent sur
le bord dans quarante
centimètres d’eau. Regarde me dit-il en forçant sur sa Winston pour
expédier tant bien que
mal sa grosse mouche
noire à une quinzaine de
mètres. Elle n’a pas parcouru un mètre vers la
bordure qu’elle est arrêtée et qu’une truite de 7
ou 8 kilos toute blanche
jaillit hors de l’eau et
l’oblige à la suivre en
courant sur plus de 300
m. Heureusement qu’il a
77
Où pêcher
195 cm de Philippe Massus
et 88 cm de Salmo trutta trutta.
des grandes jambes et
qu’il est jeune, et comme
il a raccroché sa grande
épuisette dans son dos, je
ne l’accompagne pas
dans sa folle descente et
le laisse se débrouiller
avec sa truite. Quand je
le rejoins, il est en train
de ranimer un splendide
mâle de 82 cm…. Nous
rejoignons le lodge à 15 h.
Au pool de la confluence,
la Tungufljot est marron et
tranche encore plus avec
les eaux grises de l’Eldvatn. Le soir dans les rafales qui redoublent, je
prendrai deux finnocks
78
juste avant la nuit et Patrick qui m’a rejoint, prendra lui aussi deux autres
finnocks pesant entre trois
et quatre livres.
Pour notre avant dernier
jour, le vent est un peu
tombé et je pêche avec
Philippe en aval de la
cascade, qui derrière
moi, prend en une petite
heure, trois truites de
mer que je mesure à 88,
84 et 82 cm. Il est aux
anges et nous décidons
d’aller rejoindre les
autres plus en aval puis
d’aller déjeuner au lodge.
Durant la matinée,
Charles a pris une belle
truite de 3 ou 4 kg, Guillaume deux splendides
poissons estimés entre 5
et 7 kg et Patrick a décroché dans ses bottes un
gros poisson… L’après
midi, le vent forcit et une
pluie à l’horizontale nous
contraint à rester au
lodge. Toute la nuit, c’est
la tempête et le lendemain, pour notre dernière matinée de pêche,
seuls Guillaume et moi,
décidons de braver les
éléments déchainés. Philippe a prêté sa 13 p à
Guillaume, qui n’a jamais
lancé à deux mains, mais
pige assez vite le mouvement. Très vite il prend
un “petit” poisson mesuré
à 72 cm. Dans ses bottes,
je force comme un bucheron avec ma 12 p pour
expédier ma mouche à
une douzaine de mètres
quand tout va bien.
Des poissons en
pleine forme
Je lance le plus en travers
possible, mais dès que
mouche et bas de ligne
ont touché l’eau, ils sont
entraînés par le fort courant de la Tungufljot.
8 h du matin, devant
le lodge…L’accalmie
durera jusqu’à midi…
Le fameux pool de
la confluence par une petite
brise de vent du sud….
Heureusement que maintenant, nous connaissons
les lieux et surtout les
fonds, car autrement nous
n’oserions pas nous avancer dans ce fleuve rugissant, dont le vent soulève
des vagues glacées. Vivement 13 h, que nous arrêtions cette folie. Plus que
dix minutes à souffrir dans
le froid et le vent, mais je
lancerai jusqu’à la dernière
minute, ce n’est pas tous
les jours qu’on est sur une
telle rivière. Un lancer raté,
ma mouche est retombée
derrière la pointe de la
soie, les doigts gourds, je
“strippe” pour relancer et
c’est l’arrêt lourd et brutal,
à moins de dix mètres de
mes bottes. Dans les vagues je vois la tête d’un
énorme bécard très coloré
qui surpris par la piqure du
fer, n’arrive à sortir de l’eau
qu’à mi-corps. Il replonge,
me prend quatre ou cinq
mètres de ligne et cette fois
s’élance entièrement au
dessus des flots… je le vois
dans toute sa disproportion, il ne doit guère faire
plus de 80 ou 85 cm de
long, mais il me paraît
large d’au moins trente ou
trente cinq centimètres. Il
pique vers le fond, me met
sur la ligne de réserve et
cette fois à trente ou quarante mètres en aval, effectue un salto arrière majestueux, retombe et continue
de me prendre du fil…Je
suis confiant, j’ai plus de
deux cent mètres de ligne
de réserve et j’arriverai
bien à l’arrêter avant
l’océan. Je me rapproche
doucement du bord, tandis que le poisson ralentit
enfin sa folle course vers
l’aval et puis alors que ma
ligne est pourtant tendue,
une secousse dans la canne
et je ne tiens plus rien….
Ce grand mâle devait bien
faire ses neuf ou peut-être
dix kilos… Quelques semaine auparavant, fin
aout, notre guide sur la
Svarta que je questionnais
sur les truites de mer islandaises, m’avait dit que certains poissons de la Tungufljot pris par lui ou ses
amis, passaient la barre des
dix kilos et qu’il avait il y a
quelques années, tenu en
septembre et dans l’eau
claire un poisson qu’il avait
estimé à quinze kilos et qui
lui avait finalement ouvert
son grand hameçon
double…
Inutile de vous dire que
nous avons déjà réservé
pour l’année prochaine, en
espérant qu’Arni nous
trouvera trois ou quatre
jours, un peu plus tôt en
saison, en septembre,
quand les jours sont un
peu plus longs et la météo
plus clémente.
Pierre Affre (représentant Lax-A Angling
Club pour la France.
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