Hand made requillou ! L’épuisette fait maison

TUTORIEL : A la demande générale – de ceux qui ont vu l’outil pour de vrai – voici la méthode de fabrication très artisanale de l’épuisette en bambou de Jean-Christian Michel, l’homme du Verdon. La matière première vient du bord même de la rivière et la méthode de fabrication demande une planche et quelques clous. Un retour aux sources, à la préhistoire, un pied de nez à la mondialisation et au réchauffement climatique !

Des noms régionaux pour dire épuisette, “requillou” est le plus charmant. Il y a dans ce mot hérité du patois franc-comtois un je ne sais quoi de doux et de canaille qui tranche avec la matérialité affreusement pesante de l’objet devant lequel je me suis retrouvé un jour au musée d’Ornans et sous lequel se trouvait une petite étiquette y indiquant justement : “requillou”. Il s’agissait d’une épuisette du siècle passé avec un long manche, vraisemblablement réalisé d’un bloc dans une branche fourchue dont les deux extrémités avaient été réunies et ligaturées, puis sur lesquelles on avait cousu un filet. L’objet massif faisait penser à ces fourches du temps jadis et son manche imposant ressemblait plu à un objet de forçat qu’à nos épuisettes modernes. Pourtant ce truc m’a plus. Ce n’était pas que je le trouvais beau mais je dois vous confesser une nostalgie un peu bête pour l’époque où la valeur d’un pêcheur ne se mesurait pas à son compte bancaire et à sa faculté à s’offrir le dernier brin de carbone à 700 tickets. Certes, je dois reconnaître que l’action du carbone est légèrement meilleure quecelle d’une branche de noisetier, mais pour une   épuisette ce n’est pas pareil. D’abord, on ne la décroche pas tous les jours… ensuite, pour ce qui est de casser une épuisette ou de la voir se refermer lorsqu’un poisson pèse dans son filet, les épuisettes modernes se défendent assez honnêtement ! L’idée a fait son chemin dans mon esprit et un matin, j’ai décidé de fabriquer une épuisette dorsale avec trois lamelles de bois collées, une de ces épuisettes géantes pour faire rentrer une truite de dix-huit livres… La truite n’est pas venue et comme j’ai toujours rêvé de me faire casser une épuisette par une truite géante, j’ai décidé de déplacer le curseur de la solidité du côté de l’épuisette !

Un jour, au bord de ma rivière, j’ai trouvé des cannes de bambou longues, fines et bien vertes. Je me suis amusé à tordre une de ces cannes : le cintre obtenu ressemblait à s’y méprendre à celui de mon épuisette ! Cela m’a fait marrer. J’en ai ramené un, je l’ai cintré sur un gabarit puis laissé séché et je l’ai doté d’un filet…

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