Mouches sèches et émergentes, raisonnez par paire

Bien pêcher à la mouche impose une certaine rigueur dans le choix des mouches qu’on propose aux poissons. Aidé par les magazines, les vidéos, les clubs, la diversité des matériaux de montage, le niveau général des monteurs s’est considérablement élevé au fil du temps. L’occasion de mettre à profit tout ce talent de la meilleure façon qui soit, avec une logique qui prend en compte les différents stades d’évolution d’une même espèce d’insecte.

De nos jours, la plupart des pêcheurs à la mouche rejoignent le bord de l’eau au printemps les boîtes pleines de mouches. Des centaines de spécimens censés imiter toutes sortes d’insectes aquatiques. A l’observation de ces boîtes qui fourmillent de couleurs et de textures, on note généralement assez peu de logique dans la façon d’aborder une espèce d’insecte aux différents stades de son évolution. Pour les mouches flottantes, une bonne méthode consiste, pour une même espèce, à disposer d’une émergente et d’un subimago. A cela on peut dans certains cas ajouter un imago. Mais déjà les deux stades de l’émergente et du subimago permettent de pêcher juste, à des hauteurs de flottaisons différentes. J’ai depuis longtemps pris l’habitude de fonctionner de cette manière et souvent l’une des deux versions provoque plus de montées que l’autre.

Le cas est flagrant avec les mouches de mai en début d’éclosion. Parfois les truites préfèrent les émergentes et plus on avance dans l’éclosion, plus un modèle flottant haut s’avère plus efficace. En fin d’éclosion, l’imago, voire le spent (femelle morte les ailes en croix) devient alors encore plus utile. Mettre au point ces paires de mouches demande à la fois de l’observation et de l’expérience . Rien ne remplace une bonne connaissance de sa rivière, des éclosions qui se succèdent tout au long de la saison et de la préférence des truites ou des ombres pour telle espèce à tel stade. Attention aux idées reçues souvent simplistes et schématiques. En effet, un subimago d’une même espèce peut avoir des couleurs très différentes selon qu’il s’agit d’un mâle ou d’une femelle. Sans aller se perdre dans des détails qui ne sont pas toujours utiles pour le pêcheur à la mouche, une bonne connaissance générale des insectes de sa rivière suffit à pêcher juste. Les modèles de cet article sont quelques exemples parmi ceux que j’utilise tout au long de la saison. Au départ, ils avaient surtout été mis au point pour les cours d’eau de Franche-Comté, mais ils donnent de très bons résultats dans beaucoup d’autres régions, où souvent, je manque de connaissance des lieux. En appliquant ce principe d’une double solution à chaque fois, cela augmente ainsi mes chances de succès.

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