Pêches sportives magazine n°99

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PÊCHES sportives BONNES FEUILLES La Truite en héritage de Nicolas Germain Coup de gueule Pourquoi nos mouches ont pris du bide Émergentes + sèches Le montage des mouches de légende 3. L’Andelle Brochet : stratégie d’ouverture au leurre Oui, je désire recevoir De la pêche à la nymphe au prix de 29 + 7 de […]

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UGS : PS99
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Description

PÊCHES
sportives
BONNES FEUILLES
La Truite en héritage
de Nicolas Germain
Coup de gueule
Pourquoi
nos mouches
ont pris
du bide
Émergentes + sèches
Le montage
des mouches
de légende
3. L’Andelle
Brochet :
stratégie d’ouverture au leurre

Oui,
je désire recevoir
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Comité éditorial :
Philippe Bertin,
François Boucheix, Bertrand Bourgeois,
Alain Gugenheim,
Vincent Lalu.
Directeur de la publication :
Vincent Lalu.
Rédacteurs en chef :
Vincent Lalu et Philippe Boisson.
Ont collaboré à ce numéro :
Philippe Boisson, Nicolas Germain, Sébastien Golly,
Vincent Lalu, Jean-Chrisitan Michel, Guy Périat,
Sylvain Richard, Jean-Marc Theusseret.
Réalisation graphique :
amarena.
Chef de fabrication :
Robin Loison.
Abonnements :
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Tél. : 01 49 70 12 20.
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Photogravure :
La Vie du Rail.
Impression :
Imprimerie Moderne de l’Est, Baume-les-Dames (25)
Commission paritaire :
1117 K 82373
ISSN : 1252-8358.
Dépôt légal : à parution.
Marketing et diffusion presse :
Destination Média
Pêches sportives n° 99
Sommaire
RÉFLEXION
p.30
– Au bonheur des porte-bobines
BONNES FEUILLES
p. 36
– La truite en héritage : la maline
TECHNIQUE LEURRE
p. 50
– Stratégie d’ouverture
CAHIER FOCUS
p. 56
– Shopping
– Canne Thelo 9’ #5 CTS MX
– Petitjean Knotter Bobbin I
– Les mouches de légende (3):
l’Andelle
OÙ PÊCHER
p. 74
– Nature sauvage, pêches fines et
grand slam à Punta Allen
MONTAGE
p. 62
– Mouche sèche et émergente :
raisonnez par paire
PETITES ANNONCES
p. 81
– Les petites annonces
de
Pêches sportives
COULISSES
p. 42
– Vos coins pêche. Les pros (2)
ACTUS
– Franche-Comté : Bonnets rouges,
bonnets verts
– consultation FNPF, le vrai visage
des pêcheurs
L’ÉCHO DU RADIER
p. 16
– Restaurer les cours d’eau en mi-
lieu urbain: espoir ou arnaque ?
Un DVD est inclus dans ce numéro
pour les abonnés
COUP DE GUEULE
p. 22
– Pourquoi nos mouches ont pris
du bide ?
Islande
Nouveaux repré-
sentants français
pour le Lax-a An-
La plupart des pêcheurs
connaissent le Lax-a Angling
Club qui organise depuis
vingt-six ans des voyages de
pêche en Islande. Petit à
petit, le club a grandi et
opère à présent sur les cinq
continents, proposant ainsi à
ses membres les destinations
de pêche les plus presti-
gieuses (Argentine, Sey-
chelles, Mongolie, Russie,
Norvège, etc). Les pro-
grammes du catalogue of-
frent toujours les meilleures
rivières à truite ou à saumon
islandaises mais la grande
nouveauté, c’est une pêche à
la carte qui permettra d’opti-
miser chaque voyage en étu-
diant les désirs et le budget
de chaque pêcheur. Décou-
vrir l’Islande de rivière en ri-
vière, s’installer au bout du
monde dans un gîte confor-
table en famille, avec des
amis ou pourquoi pas seul,
faire un saut juste une jour-
née sur une rivière à moins
d’une heure de Reykjavik,
ou s’installer quelques jours
dans un des lodges
luxueux… Tous les pro-
grammes sont envisageables
et toujours organisés avec
minutie pour des pêcheurs
par des pêcheurs.
Nos collaborateurs, Kathleen
et Jean-Pierre Piccin, sont les
nouveaux responsables de
Lax-a-France. Ils ont parcouru
la plupart des rivières pré-
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on en gaspille trois.
C’est ruineux et écologiquement stupide.
En vous abonnant à
Pêches sportives
, vous lui donnez
les moyens de continuer à être le seul magazine qui dit ce
qui se passe vraiment dans la pêche de loisir de notre pays.
Le contexte de la restaura-
tion des écosystèmes
aquatiques est aujourd’hui,
en France mais également
dans d’autres pays euro-
péens, assez particulier. Des
millions d’euros d’aides
publiques sont en effet dis-
ponibles pour garantir un
quota suffisant de « bon état
écologique » qui nous met-
tra à l’abri des sévères
amendes de l’Europe. Mais,
finalement, peu de projets
voient concrètement le
jour… Les mentalités ont
bien du mal à évoluer :
pourquoi restaurer une
rivière que les anciens se
sont évertués à corriger en
chenal rectiligne pour éva-
cuer les crues ? Pourquoi
perdre les surfaces agricoles
péniblement gagnées au fil
du temps sur la zone inon-
dable ? Et puis, bien sur, la
peur des dégâts causés par
les débordements des
débits exceptionnels fait
toujours craindre le pire…
La situation est telle que la
volonté politique de réorga-
niser l’occupation foncière
et les terrains, condition
impérative pour une réelle
restauration des corridors
fluviaux, fait très souvent
défaut en milieu rural. De
surcroît, c’est en ville que les
élus citadins montrent plus
régulièrement une sensibi-
lité aux problèmes de
qualité écologique des
milieux aquatiques, et ce
malgré la demande de pro-
tection contre les crues, de
leurs administrés.
En conséquence, les cours
d’eau « des champs », possé-
dant les meilleurs potentiels
de restauration et les plus
prometteurs pour la pêche,
sont rarement restaurés, ou
alors après d’interminables
négociations. A contrario, ce
sont des projets sur les
cours d’eau « des villes »,
dans des environnements
très contraints et halieuti-
quement peu intéressants,
qui voient le jour en pre-
mier.
Tout cela est-il bien
logique? C’est en tous les
cas une des conséquences
pernicieuses de la politique
de l’eau nationale, soutenue
par les agences de l’eau. Il
faut agir où cela se voit le
plus. Que les points rouges
des cartes de qualité de
notre réseau hydrogra-
phique disparaissent au
plus vite. Tant pis si les gains
écologiques pour les cours
d’eau de ces opérations res-
tent mineures au regard des
millions d’euros investis. Et
tant pis si, en marge de
cette politique du paraître,
nos derniers coins de pêche
continuent à être dégradés
dans l’indifférence géné-
rale…
Un dilemme pour
les pêcheurs !
Les pêcheurs, et à fortiori les
hydrobiologistes, sont un
peu perplexes face à cette
situation : alors que les pos-
sibilités de financement
n’ont jamais été aussi
importantes, les quelques
projets qui se concrétisent
sont pour une grande partie
ceux qui présentent les plus
faibles intérêts pour la faune
aquatique et l’halieutisme.
Alors, faut-il soutenir la res-
Restaurer les cours d’eau en milieu urbain :
espoir ou pis aller ?
La restauration d’une rivière durement chenalisée dans une traversée urbaine est-elle une prouesse
de l’ingénierie de la restauration écologique ? Ou est-ce au contraire un leurre utilisé par les béton-
neurs modernes pour exploiter toujours plus de zones inondables, tout en accaparant des finance-
ments environnementaux publics ? L’expérience acquise sur un projet de restauration d’une traversée
urbaine d’un cours d’eau transfrontalier, l’Allaine, apporte des éclaircissements sur ce sujet souvent
polémique entre les gestionnaires et les protecteurs de la nature.
Par Guy Périat et Sylvain Richard
L’écho du radier
remodeler le lit d’étiage du
cours d’eau, en le resserrant
et en diversifiant les habitats
aquatiques à l’aide de struc-
tures en blocs calcaires (cf.
figure 1). Son objectif était
de dimensionner la forme
du lit mouillé de basses
eaux, tel qu’il pouvait appa-
raître avant les travaux de
rectification. L’idée recher-
chée ici était de modeler
artificiellement le chenal
d’écoulement, afin de
reconstituer une imitation
des plats, radiers et pro-
fonds ainsi que des caches
à poissons que l’Allaine
développait originellement.
Car pour l’équipe favorable
à ce principe, les conditions
hydrodynamiques
contraintes actuelles ne per-
mettent pas à la rivière de
reconstituer d’elle-même
ses habitats : son énergie en
crue, concentrée à l’intérieur
du chenal d’écoulement, est
en effet bien trop forte. Il
faut donc l’aider à recréer et
diversifier la forme de son
lit.
Pour ce faire, un examen
minutieux de cartographies
historiques ainsi qu’une
analyse de la morphologie
des secteurs proches encore
préservés de l’Allaine ont pu
servir de guide. En contre-
partie de cet accroissement
de rugosité dans le lit
mouillé, le lit moyen et le
haut des berges ont été
décaissés afin de garantir le
gabarit nécessaire à l’objec-
tif de protection contre les
inondations.
Le projet initial prévoyait de
ne mettre en œuvre que la
seconde stratégie d’aména-
gement, c’est à dire le
resserrement et la diversifi-
cation du lit mouillé. Mais
n’ayant jamais été conduite
auparavant en Suisse, elle
inquiéta d’une part les
hydrauliciens soucieux de la
bonne débitance du chenal
et alarmait d’autre part les
adeptes des techniques
végétales inquiets de voir
autant de blocs dans un
cours d’eau… Au final, ces
réserves ont fini par refroidir
les élus locaux sur ce prin-
cipe de restauration
favorisant la constitution
d’habitats aquatiques par
rétrécissement du lit
d’étiage.
D’énergiques négociations
ont toutefois permis
d’aboutir à un compromis :
une partie du linéaire sera
diversifiée selon le principe
du resserrement et l’autre
partie sera aménagée
selon le principe de l’élar-
gissement . Cette situation
aura eu au moins le mérite
d’apporter des éléments
objectifs permettant d’éva-
luer le bien fondé de l’un
ou l’autre principe de res-
tauration.
L’écho du radier
Figure 1: illustration
des principes restauratoires
dits de l’élargissement et
du resserrement (dans le sens
vertical).
2001 : avant travaux et contrôles
Biomasse observée (kg/ha)
Espèces
typiques
(Chabot, vairon,
loche franche, blageon)
Espèces
atypiques
(Chevesne)
500
300
200
100
2011 : contrôle
Espèces
typiques
(Chabot, vairon, truite,
loche franche, lamproie
de planer, blageon)
Espèces
atypiques
(Chevesne, barbeau,
goujon, épinoche)
500
300
200
100
2011 : secteur élargissement
Biomasse observée (kg/ha)
Espèces
typiques
(Chabot, vairon, truite,
loche franche, lamproie
de planer, blageon)
Espèces
atypiques
(Chevesne, barbeau,
goujon, épinoche)
500
300
200
100
Espèces
typiques
(Chabot, vairon, truite,
loche franche, lamproie
de planer, ombre,
blageon)
Espèces
atypiques
(Chevesne, barbeau,
goujon, épinoche)
500
300
200
100
Figure 2:
résultats des
suivis des
peuplements de
poissons réalisés
par des pêches
électriques
exhaustives à
plusieurs passages
successifs selon la
méthode dite de
« De Lury ».
2011 :
secteur resserrement
2001 à onze espèces en
2011. À ce titre, la diversité
des habitats apportée par la
restauration a vraisembla-
blement contribué à cette
recolonisation réjouissante.
Ces résultats ont ainsi
contribué à décider les
autorités françaises de
mener les opérations de
restauration au niveau de la
traversée de Delle courant
2014. Le principe du resser-
rement du lit et de sa
diversification a été retenu à
la lumière de ce retour d’ex-
périence, avec en complé-
ment une suppression de
l’ensemble des obstacles à
la migration des poissons.
Les pêcheurs suisses et fran-
çais sont impatients de
pouvoir profiter de la future
amélioration de l’Allaine sur
ce tronçon frontalier. Et les
riverains accueillent avec
satisfaction la réduction des
débordements induite par
l’augmentation du gabarit
de crue du cours d’eau.
En zone urbaine,
le resserrement du lit
d’étiage est à
promouvoir…
Ce cas de l’Allaine fronta-
lière montre que la
restauration même partielle
des rivières chenalisées et
corsetées peut induire de
nettes améliorations pour la
faune aquatique. Cepen-
dant, cette reconquête des
capacités biogènes des
cours d’eau en milieux urba-
nisés doit s’appuyer sur une
stratégie tenant compte des
exigences écologiques du
poisson en tant qu’indica-
teur et guide. Dans ce sens,
la recréation d’un lit d’étiage
resserré et hétérogène, per-
mettant de diversifier les
écoulements et les habitats,
apparaît comme un principe
à promouvoir pour assurer
le retour et le développe-
ment des espèces typiques
les plus exigeantes du sec-
teur de rivière concerné,
souvent associé à un fort
intérêt patrimonial.
La réussite de tels projets
n’est par ailleurs garantie
que par l’implication et
l’étroite collaboration de
l’ensemble des acteurs de
l’eau. Fédérations et asso-
ciations de pêche ont bien
sûr un rôle important à
jouer dans cette organisa-
tion. En particulier dans le
portage des opérations de
suivi des travaux mises en
œuvre, permettant d’évaluer
le bien fondé et l’efficacité
des actions de restauration
entreprises. Et surtout, elles
doivent être un allié pour
défendre l’idée et montrer
que les gains écologiques
ne peuvent être optimaux
que dans le cas de restaura-
tions ambitieuses en zones
rurales. Espérons pour l’ave-
nir de nos pêcheurs en
herbe, que les élus et les
financeurs le comprennent
un jour…
Nota : Afin de ne froisser
personne et respecter une
certaine objectivité, ni autorité,
ni financeur, ni concepteur
n’a été cité. Ils sont tous
unanimement et
internationalement remerciés
pour leur engagement et
la mise à disposition de leurs
données pour cet article.
dicté par le fonctionnement de
l’usine) étaient très importants
et particulièrement brutaux.
Cela perturbait beaucoup la
reproduction de la truite à un
point tel que les poissons issus
de l’élevage étaient devenus
majoritaires. Norbert Morillas
qui m’accompagnait parfois sur
cette zone au décor théâtral,
détestait le coté très artificiel de
la pêche sur ce parcours. Car il
était déstabilisant de pêcher des
truites au comportement par-
fois anormal face à une
nymphe. Souvent, une truite
restait sans réaction devant une
pheasant-tail bien présentée
alors qu’elle était capable de se
jeter sur la première perle dorée
qui passait à sa portée, y com-
pris à la suite d’une “erreur” de
dérive, un dragage ou un mau-
vaise choix de lestage.
Hormis dans quelques régions
souvent assez peu peuplées où il
reste des rivières qui ressem-
blent encore à des rivières et des
poissons qui ressemblent… à
des poissons, partout ailleurs,
nous allons vers une sorte de
“standardisation” de la truite
fario à partir des souches d’éle-
vage. Cela change fondamenta-
lement le déroulement de la
pêche et le choix des modèles.
Avec cette dégradation des
souches de truites, on assiste en
parallèle à une dégradation des
modèles de mouches par rap-
port aux standards de ce qui
constituait des modèles de réfé-
rence du temps – pas si lointain
– où ces mouches étaient desti-
nées à des poissons sauvages.
Là où tout n’était que nuance,
finesse, transparence, les
mouches sèches d’aujourd’hui
ont pris de l’embonpoint. Les
monteurs de mouches trouvent
de la facilité à utiliser des appa-
reils conçus pour charger les
mouches à outrance. Les twis-
ters, gouttières et autres pinces
à dubbings ont certes leur uti-
lité dans certains cas, mais leur
généralisation est à l’origine
d’un excès de matière qui au
final, conduit à l’effet inverse de
celui recherché. Il est à cet égard
Un sedge qui
m’est cher : aile
en bécasse et
collerette en
velours de bois de
chevreuil. C’est
très simple et ça
pêche
parfaitement.
L’exemple sur
cette photo est un
peu trop fourni
pour la pêche sur
des zones calmes.

Technique mouche
étonnant de constater que ceux
qui vendent ces outils propo-
sent généralement des maté-
riaux, plumes et poils, et plus
on en met (dessus et à côté),
plus on en vend…
Des éphémères qui ressemblent
à des abeilles n’intéressent plus
guère que des poissons d’éle-
vage. Une mouche chargée à
l’excès ne flotte pas mieux
qu’une autre. Il n’y a que le poil
de cervidé pour qui cela est vrai.
Pour le lièvre ou le CDC, c’est
archi faux. Une fois la mouche
imbibée à cœur, impossible de
la faire flotter haut sur l’eau. J’ai
pris l’habitude de pêcher avec
un petit montage parachute qui
ne comporte au maximum que
trois tours de hackle et une aile
fine en CDC de coloris naturel.
Ses qualités pêchantes et de flot-
taisons sont exceptionnelles.
Même sous la pluie, un faux
lancer et ça flotte impeccable-
ment. C’est une mouche dont
je ne pourrais plus me passer et
qui marche bien partout, à
condition de varier les tailles et
les coloris du corps, du hackle
et de l’aile pour coller au mieux
à l’éclosion du moment. Elle est
très imitative d’un éphémère,
discrète à l’impact, flotte haut
tout en étant collée sur l’eau par
sa collerette horizontale. C’est
une perfection ! Alors pourquoi
vouloir lui mettre quinze tours
de hackle, trois de CDC et une
aile rose fluo. Pour être sûr de
ne pas la confondre avec un rat
qui traverse la rivière ?
Pour les nymphes, le constat est
similaire. Les couleurs des
nymphes que j’observe dans les
boîtes de quelques pêcheurs qui
parfois me demandent des
conseils au bord de l’eau, sont
généralement surprenantes par
leur diversité. Mais le manque
de logique d’ensemble me
choque avant tout. Trois
comme ci, quatre comme ça…
Un exemple
révélateur de la
dérive génétique des
truites :
cinq des dix-sept
truites qui ont choisi
mes mouches le 12
juillet 2013 sur le
Doubs. La robe de
ces truites trahit des
gènes d’origines non
autochtones. Il n’y en
avait pas deux
semblables !
Sur ce parcours,
les alevinages ont été
arrêtés à la fin des
années 1990. Autant
de différence d’une
truite à l’autre se
ressentent au niveau
des réactions de ces
poissons face à nos
mouches. Plus la part
de gènes domestiques
(issus de poissons
d’élevage) est
importante, plus les
mouches peuvent être
parées de teintes
fantaisies (dans une
certaine mesure).
Une bille cuivrée, un
fin tinsel doré ou
argenté, un corps
orangé et cela fait
très souvent la
différence.
ça refuse. Le pire dans tout ça,
c’est que le succès ou l’échec
tient à pas grand-chose, à des
petits détails et à un peu de
bonne volonté. Avec quelques
amis, j’ai fait la fermeture 2013
à Goumois pour les trois der-
niers jours de la saison. Ce que
j’y ai vu m’a laissé sans voix.
Des pêcheurs qui ne veulent
plus faire l’effort nécessaire
pour approcher une truite.
Oui, ramper au bord de l’eau
équivaut à se rabaisser physi-
quement et psychologiquement
devant un animal que l‘on
considère comme beaucoup
moins évolué que l’homme.
Mais l’approche d’un animal
sauvage exige cet effort. Au
final, après X échecs face à des
poissons qui fuient vite et loin,
nos pêcheurs se promènent,
font fuir la plupart des truites
du parcours sans même respec-
ter leurs collègues qui eux ten-
tent des approches longues et
réfléchies. Triste spectacle…
Tant mieux pour la rivière, qui
dans le cas présent se remet
(plutôt bien pour le moment)
des tourments de 2010.
En résumé, je trouve que le
niveau moyen du pêcheur à la
mouche français en rivière est
moins élevé que celui des
années 1980 ou 1990.
Le développement de la pêche
en réservoir est en grande partie
responsable de cette dégringo-
lade. En pêchant des eaux sans
courant avec des poissons d’éle-
vage, il ne fallait pas s’attendre
à autre chose. Mais bon nombre
de nos rivières suivent le pas
d’une artificialisation des peu-
plements sous l’effet des pollu-
tions qui perturbent la
reproduction. En cherchant un
peu, on trouve encore des cours
d’eau où les poissons ont des
comportements normaux et
sont par nature farouches. Je
pense aux Cévennes notam-
ment (Sorgues aveyronnaise,
Tarn, Dourbie, Vis, Lot,
Colagne, etc), au Béarn, à ce
qui reste des cours d’eau de
Franche-Comté (Doubs franco-
suisse, haute rivière d’Ain,
Saine) et à certains cours d’eau
du sud-est du pays (Sorgue vau-
clusienne, Roya, Verdon,
Ubaye, etc).
Cet article à surtout pour but
de faire prendre conscience aux
débutants de la tendance
actuelle du “marché” qui pro-
pose des matériaux destinés
avant tout à attraper les
pêcheurs.
J’ai toujours trouvé un grand
intérêt à pêcher des truites diffi-
ciles et farouches. C’est le seul
moyen pour progresser, pour
réussir une approche, pour
poser délicatement un long bas
de ligne. Qui peut le plus, peut
le moins…
Technique mouche
Deux mouches qui
peuvent trouver une
utilité en eaux
rapides avec des
poissons peu sélectifs.
Souvent emballés
par leurs progrès
encourageants en
matière de montage
de mouches, les
débutants chargent
beaucoup trop leurs
modèles.
Avec des mouches trop grosses, trop
fournies, des bas de lignes trop courts,
une technique perfectible, ça drague
et ça refuse. Le pire dans tout ça,
c’est que le succès ou l’échec ne tient
à pas grand-chose, à des petits détails
et à peu de bonne volonté
Quand l’hiver joue les prolongations, le monteur n’a plus que les couleurs de ses bo-
bines et de ses fils pour le relier au printemps… C’est le moment de s’enfermer dans
le “coin de pêche” devant l’étau et de reconstituer les bataillons de mouches artifi-
cielles tombées au champ d’honneur. Vous savez quoi ? En période de déprime sai-
sonnière, les matériaux de montage devraient être remboursés par la Sécurité sociale!
Mais comme chacun aime bien se faire sa petite ordonnance… Gare à l’automédi-
cation colorée ! Refaire ses boîtes à mouches, c’est se poser des questions sur la cou-
leur des mouches. On peut observer le comportement des truites face à nos mouches,
mais on ne saura jamais ce qu’elles voient vraiment.
Par Jean-Christian Michel
arfois l’esprit du
pêcheur monteur de
mouches s’emballe.
Tous les grands mys-
tiques, un jour, ont connu ça :
le monteur a des visions. Il se
prend à rêver au printemps. Le
vert des feuillages, le rouge,
l’orange et le jaune des fruits…
et pourquoi pas quelques jolis
éclairs de tinsels ? Ah si seule-
ment les neurones des truites
pouvaient flasher comme ceux
des monteurs de mouches ! On
enroule alors des fils de couleurs
audacieuses. La déprime saison-
nière y est pour beaucoup. On
se risque à monter des séries de
nymphes dans de “jolies” teintes
en se disant : pourquoi pas ? Et
quand à l’autre extrémité de
l’hiver on les présente à une
fario, la truite refuse sans vous
dire pourquoi. Et on se retrouve
avec une jolie série de nymphes
de teintes inutiles pour encom-
brer les rayonnages de la boîte.
Voici quelques conseils straté-
giques pour ne pas confondre
mouches d’artistes et mouches
de pêche…
Ce qui est certain, c’est que dans
l’acte de pêche, la couleur de la
Au bonheur
des porte-bobines…
modèles de chaque ! Parmi ces
teintes marginales, on peut citer,
le blanc, le rose framboise, le vert
chartreuse. Vous pouvez en mon-
ter quelques unes si vous avez des
billes, mais ne faites surtout pas
un crédit à la consommation
pour en acheter ! Ces couleurs un
peu aberrantes dans une rivière
peuvent provoquer un coup de
folie avec des farios sauvages
mais, souvent elles vous vaudront
de vilains refus. Les casques noirs
ou chocolat peuvent avoir un
intérêt mais surtout pour le les-
tage et le coordonné avec un
abdomen noir ou marron. En
elles-mêmes ces teintes ne sont
pas incitatives. Je ne sais pas si des
scélérats commercialisent des
casques bleus ou gris… Mais si
c’est le cas il faut les éviter abso-
lument !
Les cas métalliques
On ne présente plus les casques
d’or et leurs petits cousins
argent et cuivre. Les trois sont
efficaces ; en revanche cette effi-
cacité varie considérablement
d’une rivière à l’autre. Je crois
que celle-ci est beaucoup liée à
la luminosité d’ensemble de la
rivière : teinte de l’eau ajoutée à
celle du fond et peut-être même
la teinte du ciel !
Avec des poissons sauvages
l’emploi de ces casques est un
exercice de funambule : ils doi-
vent attirer l’attention sans faire
peur pour autant. Dans les
rivières trop claires, et très lumi-
neuses, les modèles cuivrés sont
souvent un bon compromis.
Fond sombre et ciel sombre, les
casques d’or peuvent faire
fureur même sur des poissons
méfiants. Fond de galets gris,
eaux légèrement teintées
comme c’est souvent le cas en
montagne, les casques argentés
peuvent être très intéressants…
Il faut essayer sur chaque rivière
et c’est aux truites de vous dire
où se trouve la vérité !
Au soleil de midi, en été, quand
le ciel est au grand bleu et la
lumière flashante, les truites se
méfient de tout. Pourtant ces
casques peuvent continuer à
être efficaces s’ils ne lancent pas
des reflets de miroir aux
alouettes. On peut atténuer le
brillant de ces casques tout en
conservant leur teinte en les
trempant dans le vinaigre afin
de les patiner… C’est un truc de
pêcheur à la cuillère simple mais
efficace ! Cela permet d’obtenir
une nuance de plus et souvent la
réussite ne tient qu’à cela.
Tout ce que nous venons de dire
pour les nymphes casquées est
valable pour la pêche à vue avec
des nymphes non plombées à
condition de remplacer le
casque par quelques tours de fil
de montage coloré, de tinsel ou
des perles en plastique.
Les teintes neutres
Beaucoup plus nuancé et déli-
cat est le choix des teintes des
nymphes non plus incitatives
comme nous venons de le voir
mais imitatives ou plutôt “neu-
tres”. Les coloris dont il va être
question valent surtout pour les
nymphes. Les mouches sèches
qui pêchent en pleine lumière
pouvant se permettre de possé-
der des teintes plus claires et
plus lumineuses. Que le corps
de la nymphe soit réalisé à l’aide
de matériaux naturels comme
les fibres de plumes enroulées,
les dubbings de poils, ou à
l’aide de matériaux synthétiques
(corps en fil de montage, corps
peints ou corps en plastiques),
chacune de ces façons de procé-
der peut présenter un intérêt
dans des cas précis mais là
encore, plutôt que de multiplier
à l’infini le nombre des modèles
bariolés, c’est la nuance de
teinte qui va être importante.
Pendant longtemps j’ai été un
Le choix de
la mouche ?
Une histoire
de taille, de forme
et de coloris
(par ordre
d’importance).
Ces couleurs un peu aberrantes dans une
rivière peuvent provoquer un coup de folie
avec des farios sauvages, mais souvent elles
vous vaudront de vilains refus.
Bourg-de-Sirod. C’est un parcours qui se situe en
amont de la confluence avec la Saine, le principal
affluent de l’Ain amont avec la Serpentine qui
coule en bas du village de Nozeroy. L’Ain à cet
endroit n’est pas très large et les caches à truites
sont pour l’essentiel le fait des racines de saules
qui longent la rivière. C’est le parcours à touristes
par excellence car il est bordé par la route. Il est
donc très facile d’accès et possède un profil assez
varié. J’aime le pratiquer au mois d’août car j’y
trouve des truites d’une redoutable intelligence et
j’avoue que cela me plaît énormément. Des pois-
sons bien éduqués à force de voir dériver au-des-
sus de leur tête des centaines de nymphes et
mouches différentes. On apprend encore plus
rapidement avec de tels poissons. On a l’obliga-
tion d’aller au-delà de ses propres limites tech-
niques pour chercher, comprendre, et faire la
bonne dérive qui trompera la truite. C’est une
pêche totalement différente de celle que l’on peut
pratiquer au printemps. De mon point de vue,
elle présente un intérêt bien supérieur. De plus,
on commence à retrouver des poissons qui vien-
nent se nourrir en surface. Et la pêche en sèche
avec un étiage estival n’a rien à voir avec une
pêche en sèche lors d’une éclosion de march
brown en avril où l’on emploie de grosses
mouches et du gros fil. Si l’on souhaite, et c’est
mon cas, continuer à apprendre et progresser, il
faut s’étalonner auprès de ces poissons éduqués.
C’est finalement eux et les progrès qu’ils nous
font faire qui font que les truites du printemps
un peu plus naïves finissent plus facilement dans
nos épuisettes.
J’avais donc dans l’idée d’aller voir sur ma gra-
vière avant de rentrer à la maison. La dernière
chance de voir une truite en activité. Le coup en
question se pêche en fin d’après-midi en été. Il y
a une zone d’ombre rive droite de deux ou trois
mètres qui permet de rentrer très légèrement dans
l’eau pour avoir le bon angle de vision afin d’éli-
miner certains reflets. Le but étant de voir le long
des saules rive gauche. Le fait de rentrer dans l’eau
n’est pas gênant dans ce cas. De plus, je marche
en chaussures légères l’été, l’impact sur le fond
n’ayant rien à voir avec celui des bottes ou des
waders conventionnels. Ainsi la zone d’ombre me
rend totalement invisible des truites.
À peine installé je constatai que j’avais fait le bon
choix : il y avait bien un poisson en activité. La
truite était en train de se nourrir, tantôt en sur-
face, tantôt sous l’eau. Elle m’apparut comme une
merveilleuse exception au milieu de ce désert
liquide. Et oui, il y en avait une, la survivante, la
rescapée, ou l’insomniaque si l’on considérait
qu’elle était bien la seule à ne pas faire la sieste.
C’était un spectacle magique tant le reste de la
rivière était vide.
La truite était postée à un petit mètre d’une
branche de saule qui venait percer la surface de
l’eau en face de moi sur la berge opposée. Entré
dans l’eau jusqu’au dessus des chevilles pour me
donner de l’espace afin de dérouler la longueur
de soie nécessaire, j’étais idéalement placé pour
l’attaquer et toujours bien caché dans l’ombre de
la végétation. Une tentative en sèche ainsi que
deux autres avec des nymphes différentes n’eurent
pour effet que de la voir s’enfuir sous sa branche
en allant même plus profondément sous le saule
à mon grand désarroi. J’avais eu l’impression
d’avoir fait les choses correctement et je n’avais
Et oui, il y en avait une, la survivante,
la rescapée ou l’insomniaque si l’on
considérait qu’elle était bien la seule
à ne pas faire la sieste
Les récits de Nicolas Germain sont ceux d’un pêcheur authentique, qui pratique une rivière
encore sauvage, avec laquelle il partage une forme d’intimité, celle de la vie secrète des
truites. Son livre vaut tous ceux où on vous apprend de vagues généralités, où les
contradictions se multiplient au fil des pages. En prime du partage de ce rapport étroit avec
les choses et les êtres, la leçon de pêche est permanente, décrite dans le détail. Comprendre
pourquoi une truite fuit les pêcheurs qui arrivent tous par le même sentier, pourquoi il est
souvent nécessaire d’analyser les erreurs des autres pour en prendre le contre-pied.
C’est l’une des clés du succès et
La truite en héritage
vous en donne un véritable trousseau !
Ph. B
pas réellement d’explications pour cet échec. Ce
que je ne savais pas, c’est qu’on allait se revoir
assez vite…
Le lendemain, je suis allé pêcher sur un autre par-
cours où j’ai trouvé quelques poissons. Je me suis
bien amusé. Par habitude, bonne ou mauvaise, je
suis revenu sur ma gravière à peu près à la même
heure pour profiter de l’ombre rive droite. Fran-
chement, je ne pensais plus du tout à la truite de
la veille. Je viens souvent finir mes journées de
pêche l’été en ce lieu car ce coin me parle, j’ai de
nombreux souvenirs ici et je m’y sens bien tout
simplement. De plus, les truites y sont retorses et
comme je l’ai déjà dit, j’adore ça ! Il y avait un ou
deux poissons de plus que la veille. J’ai pris une
truite assez vite en arrivant. Elle nymphait
comme une folle à une cadence peu commune.
Un poisson de taille modeste mais d’une telle
bonne volonté que c’en était trop tentant. C’est
alors que je progressais très lentement à la
recherche de nouveaux poissons que je me suis
retrouvé au même endroit que vingt-quatre
heures auparavant. Et la truite de la veille était à
la même place.
« Mais on se connaît tous les deux ! »
Elle se comportait de la même façon. Gobant de
temps en temps et nymphant le plus souvent.
Elle se tenait pile au bout de sa branche de saule,
à croire qu’elle ne voulait pas s’en éloigner à plus
d’un mètre. Sauf pour nympher puis revenir très
vite à sa place.
« Toi, tu ne vas pas me blouser deux jours de
suite.»
Je me souviens avoir vérifié ma longueur de
pointe. J’ai choisi de la retenter une première fois
en sèche avec une imitation classique sur un petit
hameçon. Mais elle n’est même pas venue voir la
mouche ! Je me suis alors dit qu’elle aurait pu au
moins avoir la politesse de se déplacer et cette
réflexion n’a fait qu’augmenter ma détermination.
Il fallait voir à quelle cadence elle mangeait, le
genre de scénario où on se dit que c’est impossible
de ne pas la faire mordre. Et bien il faut croire
qu’elle était bien plus maline que moi car au pre-
Bonnes feuilles
La maline en image
et la satisfaction de
Nicolas, qui a su
trouver la faille pour
tromper sa méfiance.
arler de « coin de pêche » à propos du local
où Yann Giulio range son matériel est
tout à fait insuffisant. « Camp de base,
plateforme logistique, quartier général,
centre de ressources » sont autant de qualificatifs
mieux à même de résumer l’incroyable dispositif
qui sert de base arrière à la moindre partie de pêche
de ce passionné professionnel.
Avec Yann Giulio une virée au brochet se prépare
comme une expédition dans l’Himalaya. Les sher-
pas en moins mais du matériel en plus. Car pour
Giulio la pêche ce n’est pas que sérieux, c’est vital.
Et on ne plaisante pas avec l’organisation de ce dont
dépend votre vie. Vous l’aurez compris, le mot
improvisation est absent du « petit Giulio illustré».
Rien ici n’est laissé au hasard. Yann contrôle tout,
de la canne au panier. Tout est prévu, pensé, pesé,
disponible en autant d’exemplaires que l’exigent les
glorieuses incertitudes de ce sport où hasard et
nécessité ne font pas toujours bon ménage.
« Tout cela vient de ce qu’un jour de 1992, je me suis
retrouvé comme un couillon au lac de Vaivre à Vesoul,
devant des dizaines de carpes affamées que je n’ai pu
attaquer faute du matériel adéquat.»
Ce jour-là, Yann Giulio a serré les poings, consi-
déré d’un oeil noir le matériel inutile qui encom-
brait ses boites et s’est juré à lui même en respirant
à fond :
« Plus jamais ça… »
Et il s’est mis en devoir de construire une machine
de guerre (le terme n’est pas exagéré) qui lui per-
mette de faire face à toutes les situations.
Ainsi quand on a le privilège de pénétrer à l’inté-
rieur des arsenaux de M. Giulio on tombe d’abord
sur un modeste meuble en bois, construit comme
tous les autres par le maître des lieux dont les éta-
gères sont garnies d’une dizaine de sacs et d’autant
de grosses boites en plastique qu’il faut ouvrir pour
en connaître la destination.
Car c’est ici, sur ce hub halieutique que tout com-
mence.
Chaque sac, chaque boite, chaque caisse est là,
réservoirs pleins et matériels révisés, en attente,
parés à décoller pour le rivage, la mer, la berge ou
le continent prévus par sa feuille de route. Il y a
L’atelier de Yann Giulio est
une véritable machine de guerre qui
lui permet de faire face à toutes
les situations
Coulisses
Coulisses
ainsi, entre autres bardas, le sac brochet à pieds, le
sac black-bass à pieds, la boite bateau, le sac ultra
léger, la boite float tube, et la boite « exo» (pour
expédition). Et ne comptez pas trouver dans cha-
cun de ces précieux bagages autre chose que le par-
fait nécessaire – fils, tresses, hameçons, émerillons,
leurres, plombs, têtes plombées, pinces et outils
divers – à la pratique du type de pêche envisagé.
Tous les modes de pêche pratiqués par le maître
des lieux, à l’exception de la carpe qui requiert un
hall d’embarquement particulier, ont ainsi leur
pole position avec le matériel qui convient pour
passer à l’action. Et le dispositif est si bien huilé
que même le float-tube, à l’entrée de la pièce, est
déjà tout gonflé, prêt à naviguer, avec waders,
chaussures et palmes impatientes.
Dans l’autre sens chaque partie de pêche se termine
par un détour à la réserve avec un remplacement
minutieux de tout ce qui, dans chaque boite, a été
cassé, perdu ou simplement consommé. Chacune
des trois disciplines que pratique Yann (leurres,
mouche et carpe) a son coin atelier propre avec son
établi, ses outils et le rangement d’autant de pièces
détachées qu’il peut y en avoir dans un airbus. Des
centaines de boites en plastique, toutes référencées
sur un tableur excel, avec un fichier par boite, his-
toire de faire face à toutes les situations. Et croyez
moi ce stock ne dort pas. Certaines pièces sont là
depuis dix ans. Et elles y resteront tant qu’elles
pourront être utiles. L’hiver toute la famille est mise
à contribution pour la grande révision annuelle, le
remplacement des hameçons rouillés, des fils usés
et des crinnelles fatiguées.
Tout doit être impeccable parce que tout doit pou-
voir servir à tout instant. Comme l’armement
d’une division en campagne.
Et Giulio déteste le gaspillage. Alors il stocke, net-
toie, révise, recycle. Sa spécialité, son plaisir c’est le
multi canal, la bille de tungstène du nympheur qui
sert à équilibrer le montage du carpiste. Il y a de
l’inventeur chez cet homme là. Et quand il a une
idée, il ne la lâche pas. Parce que les têtes plombées
du commerce ne lui convenaient pas il s’est ainsi
mis en devoir de fabriquer les siennes. Depuis le
lingot de plomb jusqu’au séchage de la peinture
dans l’armoire prévue à cet effet. Il aime aussi croi-
ser les expériences, passer avec profit d’un univers
Bienvenue au Royaume
des boîtes
Coulisses
à un autre. Il est sans frontière. Enfin jusqu’à un
certain point : les dents du robot ménager crachées
sur des bouillettes en plastiques récalcitrantes lui
ont valu un carton jaune de la part de Stéphanie,
sa chère et tendre, qui est pourtant de bonne com-
position.
Elle préfère le rugby et la photo à la pêche. Le
savant désordre des mêlées à la mécanique horlo-
gère parfaite de la fishing machine de son compa-
gnon. Mais chacun aime bien ce qui passionne
l’autre. Et ensemble ils sont assez efficaces pour
agrémenter un voyage de pêche d’un safari photo.
Quant aux enfants, ils ont été prénommés «Orient»
comme le lac de la forêt du même nom et
«Amance» comme le lac voisin du premier nommé.
C’est d’ailleurs dans cette région entre Champagne
et Ardennes où les hommes ont creusé d’immenses
retenues pour protéger Paris des crues, que Yann
est tombé dans la pêche, quand il était petit.
D’abord sur les rives du lac de Charmes et dans la
Marne avec ses parents. Ses premières prises ont
été des gardons et des goujons. Très vite il est
devenu un pêcheur de brochets d’abord au vif, puis
à la cuiller.
Jusqu’au jour où pêchant des carpeaux à la graine
dans une mare chez sa tante il a accroché une petite
carpe de deux kilos qui a changé sa vie. Il avait 10
ans, un carpiste était né.
« A l’époque, la carpe c’était un pêche de petits vieux,
à la graine ou à la patate. On amorçait comme des
mules en se disant que le poisson finirait bien par pas-
ser par là. Et puis un jour des Allemands sont venus
Brochet
Stratégie d’ouverture
vec l’ouverture au
mai pour la troi-
sième année consé-
cutive, les pêcheurs
de carnassiers doivent revoir
leur copie pour aborder la pêche
en fonction de cette date pré-
coce. Trop précoce d’ailleurs,
car ne comptez pas sur nous
pour vous indiquer comment
pêcher les sandres à l’ouverture
quand on sait que ceux-ci sont
encore en train de défendre
leurs nids… Tout pêcheur res-
ponsable se doit de ne pas cibler
cette espèce à cette période de
l’année. Et le no-kill n’excuse
pas tout… Le constat est le
même pour le black bass, qui
fraye en mai. Les pêcheurs fran-
çais se plaignent de la médio-
crité de la pêche dans notre
beau pays, mais il faut savoir ce
que l’on veut. Et la moindre des
choses consiste à respecter les
périodes de reproduction de nos
poissons. Plutôt profiter de l’oc-
casion pour tenter de prendre
un beau brochet. “En mai, fais
ce qu’il te plait” dit le dicton,
mais la météo dicte aussi les
conditions de pêche. Et début
mai, il peut faire 5 ou 30°c, ce
qui n’est pas du tout la même
chose ! D’une année à l’autre,
les conditions de pêche peuvent
ressembler à l’été comme à l’hi-
ver. C’est ce temps générale-
ment instable, avec des
différences brutales de tempéra-
ture de l’eau qui fait que la
pêche du brochet reste aléatoire
à cette période. C’est souvent
tout bon ou tout mauvais. Il
faut donc faire avec et mettre les
chances de son côté en profitant
d’un élément essentiel, duquel
dépend le choix des leurres: les
brochets sortent de trois mois
de tranquillité où ils n’ont pas
vu le moindre leurre. A vous
d’en profiter.
La fraie du gardon
On peut prendre des brochets
en pêchant un peu au hasard
avec un leurre dont on a
entendu le plus grand bien, en
le lançant au raz des saules.
Mais pour pêcher plus juste, il
faut essayer de comprendre ce
qui se passe à cette saison dans
nos lacs et cours d’eau. Dans
A l’ouverture,
les brochets sont
encore peu méfiants.
Un spinnerbait de
bonne facture (ici
un Lucky Craft RV
150) constitue un
leurre idéal très
polyvalent, sur
lequel on peut
compter.
Les brochets n’ont pas vu un leurre depuis trois mois et nos rivières et nos lacs
vont connaître l’immuable ballet des poissons blancs en parure de noces.
Deux éléments essentiels dont il va falloir tenir compte pour réussir sa pêche.
Par Jean-Marc Theusseret
Technique leurre
Technique leurre
avec lesquels le taux de réussite
au ferrage est très convenable, à
condition de les monter sur des
hameçons adaptés. Le Owner
Beast convient très bien. Vous
pouvez aussi profiter de l’ouver-
ture pour ajouter une palette
amovible à votre shad. C’est
une astuce très intéressante qui
certains jours, marche beau-
coup mieux qu’un shad sans
palette.
Un “power fishing”réfléchi
Comme toutes les méthodes
“préfabriquées” le power
fishing, exercice qui consiste à
lancer et relancer un leurre à la
même distance alors que le
bateau avance à vitesse régulière
afin de trouver des poissons
actifs, est souvent pratiqué de
manière mécanique sans grande
réflexion au préalable. Parfois ça
paye, mais parfois seulement !
Par expérience, je sais que si
mon bateau suit parallèlement
La pêche au leurre
souple ne s’impose que
si la végétation
interdit l’usage des
poissons nageurs et de
tous les leurres aux
hameçons apparents.
Un montage texan
est alors inévitable
si l’on veut pêcher
efficacement
ces zones.
une rive dont les postes sont
nombreux et identiques (pro-
fondeur et type de substrat) et
que je n’ai enregistré aucune
touche ou suivi sur 200 ou
300m, il faut changer de stra-
tégie. Soit changer pour un
autre type de leurre, soit chan-
ger de type de postes, soit les
deux. Lorsqu’on connaît bien
un parcours, on se rend compte
que, même si les postes se res-
semblent beaucoup, certains
sont productifs en brochets
durant toute la belle saison,
alors que d’autres, pourtant
similaires, semblent vides. C’est
un paramètre important à ana-
lyser, mais il arrive aussi qu’on
reste sans réponse face à ce phé-
nomène. Dans tous les cas, il
faut être conscient du temps qui
passe (vite) en pêchant ainsi et
ne pas “s’enfermer” dans une
mauvaise option. Chaque situa-
tion d’échec doit être l’occasion
de réfléchir à tout ce que l’on a
pas vu ou compris. Chaque sai-
son a ses particularités, liées aux
cycles de la rivière, à la tempé-
rature de l’eau et à des paramè-
tres importants de teinte de
l’eau et de niveau. Des années
sont nécessaires pour compren-
dre cet ensemble de choses.
C’est ce qui fait que lors des
compétitions de pêche aux
Les chatterbaits
sont à réserver aux
zones d’herbiers ou
de bois immergés.
Ils passent bien
dans les endroits
encombrés et
émettent de grosses
vibrations.
leurres, certains s’adaptent très
vite alors que d’autres passent à
côté de la pêche qui était réali-
sable. L’ouverture de la pêche
des carnassiers constitue une
bonne occasion d’étudier la
rivière ou le lac que l’on a
choisi. C’est toujours gratifiant
de réfléchir à une stratégie, de la
mettre en œuvre et de réaliser
des prises. Un plaisir simple
mais tellement agréable !
FOCUS
Vraiment utile
Pêches sportives.
Dans ce cahier Focus prend place
toute l’expérience, la critique, la pratique des journalistes et des experts à qui nous avons
demandé de prolonger par la pédagogie, l’explication et surtout le mode d’emploi, l’offre des
ETITJEAN
Magic Tool Stacker
En complément des Magic Tool Regular et Magnum, le Stacker
est un outil qui sert à tasser tous types de poils sur une pince.
Si ce type d’appareil n’est pas nouveau, celui-ci présente
l’avantage de fonctionner même avec de faibles quantités de
matériaux et avec divers poils mélangés, qu’ils soient rigides
(poils de cervidés) ou souples (CDC, plumes diverses, maté-
riaux synthétiques). Un petit peigne terminé par deux pointes
permet de démêler les fibres.
Notre avis :
un outil très utile pour une opération difficile à faire
manuellement.
Prix conseillé : 21 euros.
Liste des points de vente : www.petitjean.com
IWAA
Seven 15 cm
EUX
L’entonnoir passe-mouche
Voici un petit appareil très astucieux qui nous a été présenté par Françis
Nydegger au salon de Charleroi (visiblement à l’état de prototype), qui
permet de passer facilement un fil fin dans l’œillet d’une petite mouche.
Cette opération délicate lorsque la lumière fait défaut se trouve facilitée.
Il suffit de placer l’œillet dans les mors de l’appareil et de passer le fil par
un petit entonnoir situé dessous. Il fallait y penser !
Ce produit sera disponible dans le courant de l’année.
Notre avis :
une très bonne idée. La qualité de fabrication est au rendez-
vous car Peux est un fabricant suisse de moulinets dont la réputation
n’est plus à faire.
Renseignements : [email protected]
www.peuxreels.com
AVAGE
EAR
Lure Specialist Chestpack
Cette trousse permet d’emporter douze leurres.
Très peu encombrante, elle est idéale pour une
pêche aux leurres itinérante.
Notre avis :
une trousse idéale pour la pêche à
pieds du bar pour un coup du soir ou un coup du
matin sans s’encombrer d’un sac à dos ou d’une
musette. Une poche ventrale aurait été la bienvenue
pour la pince et une bobine de fluorocarbone.
Prix conseillé : 27,90 euros.
Dans le monde prolifique des hard swimbaits, le Seven de la
marque française Biwaa est une réussite incontestable. On le
verrait bien en décoration dans un restaurant chinois, mais il
faut bien reconnaître qu’il permet de prendre beaucoup de
poissons. Son utilisation est des plus simples puisqu’il suffit
de mouliner lentement. Sa nage en S fait le reste (à voir dans
le DVD de ce numéro). Trois tailles de 10, 12 et 15 cm.
Notre avis :
un leurre très onéreux mais très efficace. Ce
leurre coulant peut être utilisé jusqu’à environ cinq à six
mètres de profondeur dans sa version 15 cm de 57 g. Un
matériel casting “big bait” convient parfaitement à la récupé-
ration de ce type de leurre.
Prix conseillé : 24 euros pour la version 15 cm.
FOCUS
Du très haut de gamme sur mesure, c’est ce que propose Thelo avec ce modèle
exigeants, les performances se doivent d’être au rendez-vous. Direction le bord de
Thelo
Premium 9’#5 blank CTS MX
Testée au printemps dernier, la
gamme de cannes à mouche pro-
posée par la jeune entreprise alsa-
cienne Thelo nous avait enthou-
siasmé. Plus particulièrement les
modèles montés avec les fameux
blanks néo-zélandais CTS. Le
moment est venu de tester un des
modèles les plus demandés
puisqu’il s’agit d’une canne de 9
pieds pour soie n°5 en quatre
brins. Ces blanks sont proposés
sous deux formes d’actions, la X,
très typée “de pointe” et la MX plu-
tôt semi-parabolique. C’est cette
dernière que j’ai souhaité tester
car elle correspond à ma façon de
pêcher à la mouche sèche et à la
nymphe à vue. Chez Thelo, la
gamme Premium correspond au
haut de gamme, avec de multiples
variantes concernant les éléments
qui habillent les blanks. Par son
prix élevé, de 649 euros, cette
canne se doit de représenter ce
qui se fait de mieux en la matière.
La comparaison avec la G.Loomis
GLX Classic de même longueur et
même puissance est inévitable,
car les deux cannes sont censées
boxer dans la même catégorie
avec les mêmes spécifications : un
blank rapide mais progressif, qui
permet d’être à l’aise à toutes les
distances de lancer, mais aussi la
possibilité de sortir un très long
bas de ligne en quelques
secondes. La distribution des
cannes G.Loomis en France étant
devenue très aléatoire, la place est
donc libre pour une éventuelle
remplaçante de cette canne de
légende…
Un modèle de référence
Le défi est donc de taille, car
depuis près de vingt-cinq ans,
aucun modèle n’a jamais pu nous
faire oublier les GLX Classic. Ne
pêchant qu’avec elles depuis l’an-
née de leur arrivée en France (je
possède deux 9 pieds pour soie de
6 en deux brins), je suis bien placé
pour en parler et je sais à quel
point cet exercice de comparaison
est délicat. La franchise me
pousse à dire que la Thelo
Premium n’est l’exacte copie d’au-
cune autre canne. Mais pour
autant, je ne pouvais plus la lâcher
tellement elle répond à ce que j’at-
tends d’une canne à mouche ! J’ai
essayé tous types de lancers, à
quelques mètres, à grande dis-
tance, en roulés, en simple arra-
ché/poser afin de la pousser à la
faute, mais en vain ! Le comporte-
ment est très franc quelle que soit
la distance. En pêche, on est
confronté à toutes les situations et
une canne de ce prix doit permet-
tre au pêcheur de pouvoir se
concentrer sur sa pêche et non sur
sa canne ! Pour un modèle en qua-
tre brins, le confort est d’autant
plus étonnant. J’ai en revanche
assez mal apprécié la forme de la
poignée, trop fine pour mes longs
doigts avec un manque de matière
au niveau de l’annulaire et de l’au-
riculaire qui a généré de la fatigue
et donc de la gêne. Elle est toute-
fois d’un diamètre dans le stan-
dard de celles proposées sur la
plupart des cannes actuellement.
Thelo propose de nombreuses
options de montage et ceux qui
Pour ce test, nous
avons demandé à
Thelo une canne
sobre, au blank mat,
sans talon
additionnel (qui ne
sert à rien sur ce
type de modèle,
sinon à piéger
la soie). Une canne
pour la pêche
à vue qui doit se
fondre dans
l’environnement.
La qualité du blank
CTS MX fait le reste
et de ce coté là,
il n’y a pas
a être déçu !
L’essai s’est déroulé
avec une soie
JMC Symbol R2T
n°5 qui lui allait
parfaitement
(pas de sous
ou surcharge).
FOCUS/
montage
Bien pêcher à la mouche impose une certaine rigueur dans le choix des mouches
qu’on propose aux poissons. Aidé par les magazines, les vidéos, les clubs, la
diversité des matériaux de montage, le niveau général des monteurs s’est
considérablement élevé au fil du temps. L’occasion de mettre à profit tout ce talent
de la meilleure façon qui soit, avec une logique qui prend en compte les différents
stades d’évolution d’une même espèce d’insecte.
Par Philippe Boisson
Mouche sèche et émergente,
raisonnez par paire !
e nos jours, la plupart des pêcheurs à la
mouche rejoignent le bord de l’eau au prin-
temps les boîtes pleines de mouches. Des
centaines de spécimens censés imiter toutes
sortes d’insectes aquatiques. A l’observation de ces
boîtes qui fourmillent de couleurs et de textures, on note
généralement assez peu de logique dans la façon
d’aborder une espèce d’insecte aux différents stades de
son évolution. Pour les mouches flottantes, une bonne
méthode consiste, pour une même espèce, à disposer
d’une émergente et d’un subimago. A cela on peut dans
certains cas ajouter un imago. Mais déjà les deux stades
de l’émergente et du subimago permettent de pêcher
juste, à des hauteurs de flottaisons différentes. J’ai
depuis longtemps pris l’habitude de fonctionner de cette
manière et souvent l’une des deux versions provoque
plus de montées que l’autre. Le cas est flagrant avec les
mouches de mai en début d’éclosion. Parfois les truites
préfèrent les émergentes et plus on avance dans l’éclo-
sion, plus un modèle flottant haut s’avère plus efficace.
En fin d’éclosion, l’imago, voire le spent (femelle morte
les ailes en croix) devient alors encore plus utile. Mettre
au point ces paires de mouches demande à la fois de
l’observation et de l’expérience . Rien ne remplace une
bonne connaissance de sa rivière, des éclosions qui se
succèdent tout au long de la saison et de la préférence
des truites ou des ombres pour telle espèce à tel stade.
Attention aux idées reçues souvent simplistes et sché-
matiques. En effet, un subimago d’une même espèce
peut avoir des couleurs très différentes selon qu’il s’agit
d’un mâle ou d’une femelle. Sans aller se perdre dans
des détails qui ne sont pas toujours utiles pour le
pêcheur à la mouche, une bonne connaissance géné-
rale des insectes de sa rivière suffit à pêcher juste.
Les modèles de cet article sont quelques exemples
parmi ceux que j’utilise tout au long de la saison. Au
départ, ils avaient surtout été mis au point pour les cours
d’eau de Franche-Comté, mais ils donnent de très bons
résultats dans beaucoup d’autres régions, où souvent,
je manque de connaissance des lieux. En appliquant ce
principe d’une double solution à chaque fois, cela aug-
mente ainsi mes chances de succès.
Emergente et subimago de baetidae
Emergente
de baetidae
Un modèle inspiré d’une fameuse
émergente de Bernard Maillet qui
n’a pas pris une ride au fil du
temps. L’absence de thorax en
dubbing l’a fait flotter très bas, à la
base de l’aile.
1. Choisir un hameçon de taille
Tiemco 900 BL n° 18 et com-
mencer l’enroulement d’un fil de
montage 8/0 jaune pâle. Fixer
une pincée de fibres de CDC en
guise de cerques.
2. Coupez-les à trois ou quatre mil-
limètres et ajouter quelques
cerques en coq roux sur le des-
sus. Puis fixer un fil de cuivre.
3. Par enroulements de fil de
montage, faire un corps fusi-
forme. Cercler le corps avec le
fil de cuivre. Le bloquer avant le
thorax.
4. Fixer une mèche de CDC gris
foncé sur le haut du thorax.
5. Couper les fibres pour figurer
une aile dont la longueur est
égale à celle de la hampe. Ajou-
ter deux fibres de plume de
sous-aile de canard colvert mâle
(celles qui sont très marquées
blanches et noires). Faire le
nœud final et ajouter une petite
goutte de vernis sur la tête à
l’aide d’une aiguille.
Subimago
de baetidae
(Page de droite)
Un modèle de base qui est bien
pris en cas d’éclosion de
Baetis
rhodani
. Le corps olive est aussi un
passe-partout appréciable.
1. Choisir un hameçon Tiemco 900
BL n° 18 et commencer l’enrou-
lement d’un fil polyfloss JMC
olive. Fixer une pincée de fibres
de hackle de coq roux pour for-
mer les cerques.
2. Fixer un très fin fil de cuivre à la
base de la courbure.
3. Cercler le corps avec le fil de
cuivre. Vernir le corps pour le
rendre lisse.
4. Fixer une mèche de CDC naturel
sur le haut du thorax. La couper
pour former une aile.
5. Avec un twister, faire une boucle
à dubbing et intégrer un
mélange de poils de lièvre et
quelques fibres de poils d’oreille
de chevreuil. Attention à ne pas
trop charger.
6. Torsader la boucle en faisant
tourner le twister.
7. Deux tours suffisent largement
pour former une collerette aérée
et naturelle. Faire le nœud final
et ajouter une petite goutte de
vernis sur la tête à l’aide d’une
aiguille.
FOCUS/
montage
FOCUS/
montage
March brown émergente
Ephémère d’eau vive qui éclôt au début du printemps, la march
brown signe souvent le début de la saison pour le pêcheur à la
mouche. Cette version d’émergente colle à la surface de l’eau.
En général, les truites prennent franchement les subimagos mais
plus les truites apprennent à se méfier des modèles flottants
haut, plus l’émergente devient utile.
1. Fixer dans votre étau un hameçon Tiemco 900 BL n° 14 et
commencer les enroulements avec un fil de montage jaune
pâle jusqu’à la courbure. Fixer une pincée de cerques en coq
roux, mélangée avec quelques fibres de plume pointillée de
flanc de canard colvert mâle.
2. Fixer un herl de condor, ou à défaut un substitut (biot d’oie) de
couleur olive.
3. Enrouler le herl pour former un corps.
4. Placer une longue plume de CDC naturel à plat à l’emplace-
ment du thorax.
5. Couper le pied de la plume de CDC et faire un dubbing
d’oreille de lièvre à l’aide d’un twister.
6. Enrouler le dubbing pour former un thorax et rabattre le CDC
sur le dubbing sans le tendre.
7. Rabattre les fibres restantes de CDC vers l’arrière en prenant
soin de couper la nervure centrale.
8. Ajouter quelques fibres de plume de sous-aile de canard col-
vert mâle à 45° sur l’aile. Faire le nœud final.
Subimago de
march brown
Un modèle très représentatif de cet
insecte athlétique.
1. Fixer dans votre étau un hame-
çon Tiemco 900 BL n° 14 et
commencer les enroulements
avec un fil de montage jaune
pâle jusqu’à la courbure. Fixer
une pincée de cerques en coq
roux, mélangée avec quelques
fibres de plume pointillée de
flanc de canard colvert mâle.
2. Fixer un herl de condor, ou à
défaut un substitut (biot d’oie) de
couleur olive.
3. Enrouler le herl pour former un
corps.
4. A l’aide d’un twister, préparer ,
poisser et torsader une boucle à
dubbing avec des poils d’oreille
de chevreuil.
5. Enrouler le dubbing sur deux
tours seulement.
6. Ajouter quelques fibres de
plume de sous-aile de canard
colvert mâle à 45° sur l’aile.
7. Couper l’excédent de plume de
canard. Faire le nœud final.
estination touris-
tique par excel-
lence, la péninsule
du Yucatan est désormais
très largement urbanisée.
Caricature de l’industrie du
tourisme de masse, resorts,
golf, spa, luxe, etc. Le “all in-
clusive” est ici la règle et le
touriste évolue dans un uni-
vers paradisiaque. Nous ne
débattrons pas ici des rejets
directement déversés par ces
complexes hôteliers dans la
mer des Caraïbes. Ni de la
perte de salinité entraînant
la disparition de la vie aqua-
tique sur cette partie de la
côte. Attachons nous à une
partie de la caraïbe totale-
ment préservée. Direction le
sud, à 50 km du Belize dans
la réserve de biosphère du
Sian Ka’an qui signifie “ori-
gine du ciel” en Maya.
Quelques chiffres pour
mieux comprendre : 120 ki-
lomètres de côte, 520000
hectares, 120 000 km
de ré-
cif, lagunes et mangroves
millénaires. Véritable éden
écologique, classée au patri-
moine mondial de l’Unesco
depuis 1987, la zone reste
vierge de toute pêche com-
merciale. Ainsi, au gré des
marées, les bonefish, permit,
snook, baby tarpons, ca-
rangues, snappers et autres
barracudas envahissent les
Où pêcher
Blottie au fond du Golfe du Mexique, la péninsule du Yucatan offre des possibilités
exceptionnelles pour s’initier à la pêche à la mouche en mer. Mais comme partout,
les poissons apprennent vite à se méfier des pêcheurs. Finesse et discrétion sont les clés
du succès au pays du grand slam.
Par Sébastien Golly
Nature sauvage,
pêches fines et grand
slam à Punta Allen
flats, chenaux, mangroves et
îlots. Ils sont le quotidien
des pêcheurs sportifs dans
la Bahia d’Asencion. Il faut
compter quatre à six heures
pour rallier Punta Allen de-
puis Cancun, par l’unique
route (piste). A chaque
orage, tempête, grandes ma-
rées, la mer des Caraïbes en-
gloutit tout. Y compris cette
seule et unique route qui va
de Boca Paila à Punta Al-
len! Ni les Mayas, ni les au-
torités Mexicaines n’ont
pour le moment la volonté
de restaurer ces 40 kilomè-
tres de piste du diable. Sorte
de zone tampon, elle assure
un rôle de filtre entre le
monde sauvage et la foule
du tourisme de masse.
Stratégie de pêche
A l’instar de la pêche de nos
truites, l’approche et la pré-
sentation de la mouche font
ici toute la différence. Le
choix du lestage de l’imita-
tion en fonction de la pro-
fondeur est déterminant.
Ensuite viennent la taille de
la mouche puis sa couleur.
Une fois notre montage ter-
miné, le tout est propulsé à
vive allure. Comme par-
tout, les poissons des eaux
de Punta Allen ont appris à
se méfier des mouches
lourdes qui leur tombent sur
le dos. La version atterris-
sage d’enclume sur la tête
du poisson ne paie généra-
lement plus. Il est plus judi-
cieux d’attendre que le pois-
son se tourne vers le pê-
cheur, plutôt que de tenter
un lancer à la hâte dans le
«dos » du poisson. Rappe-
lons-nous la “ fenêtre de pê-
chabilité” de Lefty Kreh : la
bonne mouche au bon en-
droit au bon moment.
Coté matériel
La stratégie de pêche
consiste à sélectionner la
puissance de son équipe-
ment en fonction des sec-
teurs parcourus et des es-
pèces recherchées. Halte aux
idées préconçues ! Pour pê-
cher mieux, pêcher fin et lé-
ger. En pratique, une canne
de 9 pieds pour une puis-
sance de 6 à 8, fera face à la
plupart des situations. La
soie n° 9 étant réservée aux
pêches fortes et aux journées
très venteuses. Chaque
moulinet de type large ar-
bor, doit être équipé d’au
moins 200 mètres de
backing en 30 lbs et doté
d’un frein à la fois puissant
et progressif. Les soies flot-
tantes au profil weight for-
Le rôle du guide est déterminant. C’est lui qui place le bateau,
repère les bancs de poissons et dicte la conduite à suivre au pêcheur,
qui doit être réactif. Un matériel performant permet de gagner
quelques précieuses secondes. Tout retard est synonyme d’échec.
tion de pattes, fibres souples
et brillantes sont un plus.
Le permit
Même si la pêche du permit
ressemble globalement à
celle du bonefish, elle s’ap-
parente plutôt à une vérita-
ble traque. Poisson ra-
pide, furtif, craintif, ils
évoluent en petits bancs de
trois à quatre individus. Les
gros spécimens sont plutôt
solitaires. La vue perçante
des guides, véritables chiens
d’arrêt de pêche, repère les
permits à plus de 100 mè-
tres. Palometa grande !
Nine hours ! Hundred me-
ters !
Tension maximale sur la
lancha. Plus un bruit sur le
bateau, tous les yeux se fo-
calisent sur cette masse grise
évoluant furtivement à
grande vitesse. Il ne faut
surtout pas perdre sa trace.
Par soucis de discrétion, la
pêche des gros permits à
pieds est à privilégier…
Repérer un tailling à 200m,
l’approcher à 15 mètres avec
de l’eau jusqu’au cou, tenter
l’ultime lancer est la grande
spécialité et raison de vivre
de notre guide Juan. Pen-
dant qu’il saute du bateau,
Juan saisit votre canne d’une
main et de l’autre le col de
votre chemise. Vos pieds
n’ont pas encore touché le
sable, qu’il est déjà en train
de courir, de fendre l’eau en
vous traînant jusqu’à la zone
où se tient le permit. Dès
que vos pieds retrouvent le
contact avec le sable, canne
et mouche en main, soie dé-
roulée, Juan pointe le pois-
son du doigt. Cast ! Cast !
Cast ! L’imitation doit tom-
ber parfaitement dans l’axe à
trois ou quatre mètres du
poisson. WAIT! Le temps
de laisser l’imitation de
crabe ou crevette toucher le
fond. La voix du guide im-
prègne le rythme de l’ani-
mation. Okay, short strip,
strip, strip, strip… wait…
strip… S’il ne s’est pas déjà
enfui à toutes nageoires à
l’impact de la mouche sur la
surface, le permit se conten-
tera très souvent de suivre
votre imitation. Parfois
jusqu’à vos pieds, avant de
disparaître à vive allure dans
l’immensité du flat.
D’après les croyances Maya,
lorsque le parfait alignement
des planètes sera en phase
avec le soleil, le pêcheur au
coeur pur parviendra à sen-
tir ce fameux gratouillis
dans sa soie, ces petits coups
de tête, jusqu’à l’ instant où
la soie va enfin se tendre. Le
ferrage se fait à l’identique
du bonefish. Un permit de
petite taille se rendra assez
vite. Une grosse palometa
videra par contre votre
backing à toute Allure. Le
combat s’annonce long et
bien plus difficile. Une fois
de plus l’habileté du pê-
cheur, l’environnement et la
position des planètes auront
une incidence sur l’issue du
combat. Côté matériel on
conserve du matériel léger.
Un moulinet large arbor de
très grand diamètre, beau-
coup de backing 30 lbs, une
soie de 7 ou 8 wf flottante,
terminée par un long bas de
ligne en 12 lbs dans le cas
présent. Pour les très gros
permit un 16 lbs est consi-
déré comme un maximum à
Punta Allen compte tenue
de la méfiance de la bête.
Les imitations sont princi-
palement des crabes et cre-
vettes, aux coloris en adé-
quation avec la teinte
dominante qui dépend de
celle des sédiments. Le les-
tage dépend quand à lui de
Thierry Couderc en compagnie de Juan avec un superbe permit,
fruit d’une longue approche, d’une bonne technique et de nerfs
d’acier, car avec ce poisson, ce n’est jamais facile.
tus carolinus
) et du bar jack
Caranx ruber
). A marée
haute, les prédateurs vien-
nent chasser dans les passes,
entre les îles et ripaillent près
des mangroves avant de re-
gagner la zone de récites à
marée descendante. Des
mouches de type clouser
minnow et deceiver cou-
plées à des animations ra-
pides et saccadées fonction-
nent à merveille. La touche
est brutale et le moulinet
s’emballe généralement dès
la prise de contact. Le com-
bat se fait canne inclinée sur
le côté afin de désaxer ce
combattant qui prend ap-
pui sur son flanc offrant
ainsi un maximum de puis-
sance. Dix à quinze minutes
de bagarre ne sont pas de
trop pour épuiser une ca-
rangue de 10 lbs. Mieux
vaut assurer les montages
dans le cas où un baby tar-
pon un poil plus gros vien-
drait chasser dans le secteur.
Sensations garanties !
Les snappers (poissons de la
famille des lutjans) sont ter-
ritoriaux, ils se tiennent prin-
cipalement au dessus des ro-
chers, à proximité des
mangroves et des rochers,
leur servant de refuge. Pour
le snapper, un clouser lesté
est la mouche idéale. Ani-
mations sèches et saccadées
entrecoupées de pauses…
Une fois ferré leur unique
objectif sera d’aller rejoindre
leur cache sous la roche. Il
n’est pas rare d’enchaîner des
séries de 40 ou 50 poissons
de 500gr à plus d’un kilo.
Côté culinaire et au risque
de décevoir les extrémistes
du no-kill, il se pratique ici
une pêche alimentaire rai-
sonnées sur quelques es-
pèces. Vous vivrez un mo-
ment fort du séjour
lorsqu’un beau snapper grillé
et arrosé de citron vert (chair
proche de celle de la dorade
royale, en meilleur) vous re-
gardera fixement depuis vo-
tre assiette.
Quel que soit le poisson re-
cherché, j’insiste particuliè-
rement sur le souci du détail.
Comme dans toutes les
pêches, vérifier son bas de
ligne à chaque fois que l’oc-
casion se présente est ici in-
dispensable. Mieux vaut as-
surer les nœuds et montages,
dans le cas ou tarpons, ca-
rangues et baracudas en taille
XL se mêleraient à la fête.
Un bas de ligne trop court,
un bas de ligne éraillé, une
mouche emmêlée dans le
fluorocarbone, voir la pointe
d’un hameçon tordue ou
émoussée conduisent inévi-
tablement à l’échec. Le vent
n’étant pas un allié, il
convient de s’appliquer à li-
miter ses effets par une
bonne maîtrise technique du
lancer et de la double trac-
tion couplée à une anticipa-
tion du sens et de la vitesse
du vent. Surtout pas de pré-
cipitation !
Dans la réserve du Sian
Ka’an, les quatre espèces de
l’inshore super grand slam”
sont protégées. Il s’agit du
bonefish, du permit, du tar-
pon et du snook. Leur pêche
est en no-kill total. Privilégiez
un bateau single, moins
convivial que la possibilité de
partager des moments d’ex-
ception avec un ami, reste la
seule solution pour qui veut
réaliser l’exploit de prendre
ces quatre espèces en une
journée.
En bonus, le sourire indélé-
bile des Mexicains, illumi-
nera vos journées du matin
au soir vous êtes choyé par
vos hôtes. Tout le monde se
salue. Promenez-vous dans
les rues de Punta Allen, sou-
riez. Le temps s’arrête. Vous
êtes au bout du monde.
Ci-dessus un pompano, une trachinote cousine du permit et qui
permet de s’initier à la pêche de ces poissons. Les baby tarpons sont
nombreux à Punta Allen.
Le Sorcier d’Ornans
Par l’auteur de
Autopsie d’une truite
. Re-
trouvez les aventures de Séverin Ménigoz
dans ce nouveau roman passionnant.
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Un tour du monde des plus belles pêches
sportives. Un livre pour rêver mais aussi pour
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dans la vallée le Dessoubre, sur fond
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25 ans après, l’extraordinaire histoire
du pèrede la “french tricolore” enfin
rééditée.
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par l’auteur du Sorcier de Vesoul pour
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Grandes Pêches (réf. 120 435) : 30
La Pêche pour les Nuls (réf. 121 213) : 29,95
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