Pêches sportives magazine n°95

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Nouveau prix 5,90 au lieu de 7,90 PÊCHES sportives Actualités L’article 3 de cet arrêté stipule que : les associations qui dé- sirent obtenir l’agrément pour bénéficier du titre d’associa- tion agréée de pêche et de protection du milieu aqua- tique et des avantages qui leur sont accordés par les articles L. 434-3, L. 434-4 […]

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Nouveau
prix
5,90

au lieu de 7,90

PÊCHES
sportives
Actualités
L’article 3 de cet arrêté stipule
que : les associations qui dé-
sirent obtenir l’agrément pour
bénéficier du titre d’associa-
tion agréée de pêche et de
protection du milieu aqua-
tique et des avantages qui leur
sont accordés par les articles
L. 434-3, L. 434-4 et L. 436-1
du code de l’environnement
doivent remplir les conditions
ci-après : « La justification des
droits de pêche détenus col-
lectivement dans le départe-
ment où la demande est dé-
posée. Ces droits doivent être
suffisamment importants et
représenter une ou plusieurs
unités de gestion pour que
l’association présente un inté-
rêt général certain. A cet effet,
les droits de pêche détenus
ne pourront être inférieurs à
10 kilomètres de rives ou
30hectares de plans d’eau
(article 3.2) ».
« L’indication du nombre de
ses membres actifs, qui ne
Doubs
Les nouveaux statuts des AAPPMA
face à la réalité de terrain
Par un arrêté du 16 janvier 2013, fixant les conditions d’agrément et les statuts types des associations
agréées de pêche et de protection du milieu aquatique, la ministre de l’écologie, du développement
durable et de l’énergie, sur avis de la Fédération nationale de la pêche et de la protection du milieu
aquatique (FNPPMA) en date du 28 décembre 2012, impose aux AAPPMA de nouveaux statuts, beau-
coup plus stricts que les précédents, qui dataient du 27 juin 2008.
L’Onema en eaux troubles…
A l’heure où la défense de l’environnement n’est plus qu’un sim-
ple argument commercial, l’organisme chargé de défendre les
milieux aquatiques s’est fait épingler par la Cour des comptes.
Passations de marchés contestées, contrats illégaux, manque de
fiabilité des comptes, la liste des faits reprochés à l’Office natio-
nal de l’eau et des milieux aquatiques (Onema) est longue. Une
plainte contre X a été déposée par le Syndicat de l’environne-
ment (SNE – FSU) au parquet de Créteil en juillet 2012. Régu-
lièrement, la Cour des comptes passe au crible les
administrations et trouve souvent beaucoup à redire. Dans le cas
de l’Onema, l’examen rendu public le 12 février 2013 dénonce
des dérives graves. Etablissement public administratif national,
l’Onema relève du champ d’application du code des marchés
publics, mais, lit-on dans le rapport de la Cour :  » les carences de
l’archivage des dossiers de marchés ne permettent pas un bon
suivi. (…) Il en est résulté que les dossiers étaient très incomplets
et divers documents n’ont pu être produits « . De plus, la Cour
dénonce « un budget mal maîtrisé sans procédure formalisée
d’engagement de la dépense, une gestion des systèmes d’infor-
mation défaillante, des sous-traitances non déclarées”. Tout ceci
explique sûrement le départ précipité du directeur général
Patrick Lavarde, remplacé à l’automne par Mme Elisabeth
Dupont-Kerlan. Le Procureur de la République près le tribunal
de grande instance de Créteil a lancé une enquête préliminaire,
qu’il a confiée aux policiers de la brigade de répression de la
délinquance économique. Le 11 octobre 2012, la ministre de
l’écologie, Delphine Batho, informée quelques jours plus tôt de
la gravité de la situation dans l’établissement public, a reçu une
dizaine de salariés de l’Onema – non syndiqués pour la majorité
– ainsi que le secrétaire général du SNE-FSU. Ils lui ont remis une
lettre signée de quinze agents du siège, certains toujours en
poste, d’autres ayant récemment quitté l’établissement, mais
tous dans des services clés (exécution budgétaire et des mar-
chés publics, achats, développement informatique, etc.). Les
signataires l’alertent sur « les pressions », « les pratiques managé-
riales brutales « ,  » le climat de terreur  » dont le personnel fait
l’objet :  » Il est demandé aux agents, de plus en plus fréquem-
ment, de faire des actes ou des contrats illégaux. (…) Ils sont per-
dus et ne savent plus comment réagir.  »
Cette situation trouve en partie son origine dans la création
même de l’Onema, cet organisme qui a succédé au Conseil
supérieur de la pêche (CSP), né de la Loi sur l’eau du 30 décem-
bre 2006. Il s’avère que lors de sa création sous le gouvernement
Villepin, dans le décret d’application, les missions, les rôles et les
moyens dont dispose l’Onema ont été très mal définis (décret du
25 mars 2007, signé par Nelly Olin, alors ministre de l’écologie).
Plus que jamais, la France a besoin d’un organisme chargé de
rendre publiques les données sur l’eau, d’évaluer sa qualité, de
travailler sur la sauvegarde des zones préservées, de mener des
recherches, d’acquérir de nouvelles connaissances pour antici-
per et pour protéger. Or, le rôle de l’Onema est réduit à faire en
sorte que soient respectées des normes imposées par la Direc-
tive cadre sur l’eau (DCE), normes très discutables car souvent
très insuffisantes, mais qui doivent garantir un bon état écolo-
gique des masses d’eau pour 2015. Les missions de l’Onema
semblent être finalement du même tonneau que l’organisme lui-
même, créé dans l’urgence pour répondre à une demande, celle
imposée par l’Europe. Quel gâchis ! Au final, cette situation fait
le jeu des autres services de l’Etat (agriculture, travaux publics,
assainissement…). L’Onema était pourtant le seul organisme
capable de faire appliquer la réglementation sur l’eau. Mais,
toutes les vérités ne sont pas bonnes à dire et à entendre…
peut être inférieur à 150, ainsi
que du montant de la cotisa-
tion annuelle et de la liste des
membres du bureau (article
3.3) ».
On apprend à l’article 8 que
ces dispositions ne s’appli-
quent pas : “aux associations
de pêche et de protection du
milieu aquatique déjà agréées
à la date du 1
janvier 1986“,
ainsi qu’aux “associations is-
sues du regroupement d’as-
sociations agréées de pêche
et de protection du milieu
aquatique existantes à la date
de publication du présent ar-
rêté”.
On peut se demander à quoi
servent ces restrictions,
puisqu’en France, la grande
majorité des AAPPMA sont
antérieures au 1
janvier
1986. Pour les autres, car il y
en a, adieu la pêche publique,
vive la privatisation… La
FNPPMA et les fédérations
départementales concernées
perdent ainsi des adhérents
car les lots en question seront
repris par leurs propriétaires.
Il est vrai que le service com-
munication de la FNPPMA
(qui n’est autre que la FNPF,
dont l’intitulé fait l’impasse
sur la protection des milieux
aquatiques), vante la bonne
santé des effectifs de pê-
cheurs, qu’elle estime à
1,4million. Peut-elle se per-
mettre de perdre des adhé-
rents ? Pourquoi alors faire
une campagne de publicité
qui vise à en gagner ? Au ni-
veau départemental, nom-
breuses sont les fédérations
qui voient le nombre de pê-
cheurs s’étioler d’année en
année. C’est une réalité de
terrain parmi d’autres. La
vente des cartes de pêche par
Internet apporte pourtant un
plus dans les cas où il est par-
fois très difficile de trouver
des dépositaires. C’est là une
bonne chose, qui était de-
mandée depuis longtemps.
En revanche, certaines
AAPPMA reprochent à la
FNPPMA de vouloir imposer
les prix (cartes Découverte Fé-
minine, cartes hebdoma-
daires). Elles craignent que
dans un avenir proche, cette
tendance se généralise aux
autres formules de cartes de
pêche. En France, on dis-
tingue deux types d’AAPPMA:
Celles qui ne payent pas de
location pour les parcours de
pêche dont elles ont la ges-
tion (la majorité), et celles qui
doivent louer les parcours,
parfois très cher.(Certaines
ont même un ou plusieurs sa-
lariés). On imagine aisément
que dans ces conditions, le
prix des cartes de pêche ne
peut être le même pour tout
le monde. Les AAPPMA qui
œuvrent en faveur de la
conservation des milieux na-
turels ont besoin de moyens
financiers, et les pêcheurs ac-
ceptent de payer un permis
un peu plus chers si le par-
cours jouit d’une bonne répu-
tation. Pourquoi vouloir
pénaliser les (rares) AAPPMA
qui s’investissent corps et
âme pour le bien général ?
Certes, la plupart des
AAPPMA ne font rien de valo-
risant ou, pire, jouent aux ap-
prentis sorciers avec les
poissons, voire avec les cours
d’eau. Il serait temps que la
gestion halieutique ne soit
plus aux mains de ceux qui ne
pensent qu’à déverser des
poissons d’élevage dans le
seul but de vendre des cartes
et d’être ré-élus. Nous pou-
vons douter que la FNPPMA
puisse assurer ce rôle de
façon totalement profession-
nelle, faute de moyens et de
personnels compétents. Aux
seins des fédérations dépar-
tementales en revanche, les
choses bougent, avec des
chargés de missions, des
techniciens ou des ingénieurs
qui généralement font un ex-
cellent travail. Le comble, c’est
que ces mêmes fédérations
soient dans le collimateur de
la FNPPMA car leur politique
est estimée dissidente de
celle voulue par la fédération
nationale, une politique que
les pêcheurs français connais-
sent bien, au point de préférer
aller pêcher à l’étranger…
A vouloir tout contrôler, la FNPF se coupe de la réalité de terrain.
Hormis les initiatives locales, il n’existe pas de solutions nationales
venant des pêcheurs, qui permettent aujourd’hui de travailler en
faveur des milieux naturels à l’échelle des bassins versants.
Actualités
Epizootie de septicémie hémorragique virale
dans une pisciculture, plusieurs réservoirs touchés
L’année 2013 commence mal
dans l’est de la France. Cou-
rant janvier, la mairie de So-
court (Vosges), gestionnaire
d’un réservoir de pêche à la
mouche, tire la sonnette
d’alarme. Environ deux cent
truites flottent le ventre en l’air
sur ce plan d’eau et cette mor-
talité exceptionnelle donne
lieu à une série d’analyses par
les services vétérinaires. Le ré-
sultat est terrifiant : la septicé-
mie hémorragique virale
(SHV), maladie que l’on
croyait éradiquée du territoire
national, reprend du service.
La SHV est un mal infectieux
qui, dans le code de l’Environ-
nement, figure sur la liste des
maladies qui doivent donner
lieu à déclaration au préfet et
à application des mesures sa-
nitaires. Nous ne pouvons que
féliciter Jean-Luc Martinet,
Maire de Socourt, ainsi que
Jean-Louis Thomas, responsa-
ble du plan d’eau, d’avoir au
plus vite prévenu la Direction
Départementale de la Cohé-
sion Sociale et de la Protec-
tion des Populations des
Vosges (DDCSPP) et d’avoir
joué la plus totale transpa-
rence. Cela a permis à d’autres
plans d’eau présentant des
poissons malades ou morts,
d’engager rapidement des
procédures de contrôle. Ainsi,
à l’heure où nous écrivons
ces lignes, nous savons que
les réservoirs de Wittenheim
et de Saint-Louis dans le
Haut Rhin ont été également
touchés par la SHV. Les sites
ont été fermés au public. La
maladie proviendrait d’une
pisciculture située dans le
Jura. Cet établissement
compte parmi ses clients de
nombreux réservoirs, d’où la
contamination de plusieurs
plans d’eau, mais aussi bon
nombre de rivières gérées par
des AAPPMA. Afin de bien
prendre conscience de la gra-
vité de cette maladie, nous
publions en annexe le cour-
rier d’information que nous a
adressé le Maire de Socourt
le 5 février 2013.
Le statut “d’eaux closes”
en question
Ce tragique épisode suscite
une multitude de questions
et rappelle les risques que
prennent les pêcheurs en dé-
versant des truites d’élevage
dans les cours d’eau ou les
plans d’eau. La grande majo-
rité des réservoirs français de
pêche à la mouche est cen-
sée être constituée d’ “eaux
closes” et donc coupées des
milieux naturels. En pratique,
la plupart des plans d’eau bé-
néficient de ce statut, alors
que, sur le terrain, tout le
monde peut constater qu’il
n’en est rien. Il suffit de cher-
cher un peu pour tomber sur
un tuyau ou une petite rigole
qui permet à la retenue
d’évacuer son trop-plein.
Nous connaissons tous des
réservoirs où ce trop-plein
finit quelques mètres plus
loin, dans les rivières, y com-
pris des rivières à salmonidés
sauvages en têtes de bassin
(cherchez un peu et vous ver-
rez…). Nous avons contacté
des spécialistes en pathologie
des poissons. Ils sont una-
nimes pour dire que, dans
une rivière qui ne pose pas
de problèmes particuliers,
des poissons sauvages n’ont
aucune raison de contracter
une SHV. En revanche, ils re-
Peut-on jouer avec le feu sans se brûler ? Visiblement, non. Dans l’est de la France, les élevages de
truites sont sous contrôle des services vétérinaires par suite d’une épizootie de septicémie hémorra-
gique virale. Une maladie qui soulève de nombreuses questions de fond et qui remet en cause l’évo-
lution même, en France, de la pêche à la mouche et de la protection de l’environnement.
Par Philippe Boisson
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connaissent volontiers qu’avec
des poissons immunodéfi-
cients comme le sont ceux de
la Loue, du Doubs ou de la
basse Bienne, les risques sont
très importants. La truite fario,
l’ombre, le brochet et le coré-
gone peuvent être touchés par
ce virus. Je voudrais rappeler
que sur la Loue, les premiers
poissons observés malades ou
morts en 2009, l’ont été au ni-
veau du ruisseau qui passe
sous la route en rive droite à
l’entrée du village de Lods ;
Ruisseau sur lequel est im-
planté la pisciculture Cote,
quelques mètres en amont.
Aujourd’hui encore, plus de
quatre années plus tard, il
reste une population de truites
et d’ombres en amont (amont
du village de Lods, Mouthier-
Haute Pierre et gorges de
Nouailles), alors qu’en aval, la
Loue prend des allures de dé-
sert pisciaire. Certes, c’est bien
l’état de pollution de la Loue
qui rend les poissons fragiles,
mais la pisciculture ne fait
qu’aggraver les choses. La pré-
sence de réservoirs au bord
des cours d’eau situés en têtes
de bassins, fait courir un risque
très important aux rivières et
les pêcheurs à la mouche doi-
vent à tout prix comprendre
cela, sans chercher à se réfu-
gier derrière des prétextes fal-
lacieux.
Le monde obscur
de la pisciculture
Le retour de la SHV a au moins
permis de mettre en évidence
certaines dérives que les pê-
cheurs doivent également
connaître. Les contrôles sani-
taires sont le plus souvent an-
noncés quelques jours à
l’avance, ce qui laisse le temps
aux pisciculteurs d’éliminer les
poissons malades. Pis, les ser-
vices concernés poussent les
exploitants, faute de temps et
de moyens, à s’autocontrô-
ler… Dans le cas du Jura, un
seul pisciculteur possède
l’agrément sanitaire, pourtant
obligatoire. Ces sites sont pri-
vés. Personne ne peut y ren-
trer sans autorisation. Dans
l’affaire du réservoir de So-
court, c’est la bonne volonté
des gestionnaires du plan
d’eau qui a permis de réagir
vite et d’enrayer l’épizootie. Ce
qui se passe dans les piscicul-
tures échappe aux fédérations
de pêche comme à l’Onema
ou à l’ONCFS. Comme les ré-
servoirs, les élevages commu-
niquent avec les milieux
naturels sur des zones proté-
gées car situées près des
sources des rivières. Actuelle-
ment, les services de l’Etat
passent au crible tous les éta-
blissements en Franche-
Comté et les langues se
délient. On apprend par
exemple que tous les pois-
sons ne sont pas produits sur
place et qu’il est courant que
certains pisciculteurs achètent
des poissons parfois très loin,
hors de France. Certains pro-
priétaires de plan d’eau se
vantent d’acheter des truites
arc-en-ciel adultes à trois
euros le kilo. Comment ces
poissons peuvent-ils être
sains à ce prix et que man-
gent t-ils? D’où viennent-ils ?
En huit ou dix heures de ca-
mion, je vous laisse imaginer
la provenance. On est dans
l’affaire des lasagnes Findus…
Pendant que les DDCSPP
cherchaient à en savoir plus,
l’actualité de la mi-février an-
nonçait la possibilité de nour-
rir les poissons d’élevage avec
des farines animales. C’est
mieux qu’avec le bar sauvage,
mais on imagine bien ce que
ce choix peut susciter comme
dérives…
Demande de prise
d’arrêtés préfectoraux
Le Collectif SOS Loue & Ri-
vières Comtoises a demandé
aux quatre préfectures franc-
comtoises que soient pris,
dans les meilleurs délais, des
arrêtés préfectoraux pour in-
terdire l’introduction de truites
d’élevage dans les rivières
avant l’ouverture de la pêche,
le 9 mars. Cette demande rap-
pelle en outre aux services de
l’Etat la réglementation en vi-
gueur sur la plupart des cours
d’eau de première catégorie
de la région :
– Article 6C-05 du Schéma
directeur d’aménagement et
de gestion de l’eau (SDAGE):
“Les organismes chargés de la
gestion de la pêche en eau
douce favorisent une gestion
patrimoniale du cheptel pisci-
cole qui s’exprime selon les
principes essentiels suivants :
les souches génétiques au-
tochtones et les réservoirs bio-
logiques doivent être
préservés…”
– Sont classés en réservoirs
biologiques la totalité du Des-
soubre, le Doubs Franco-
Suisse, la Loue dans sa partie
amont et ses affluents, la
haute rivière d’Ain et ses af-
fluents, pour ne citer que ces
exemples.
– La Directive Cadre Euro-
péenne sur l’Eau fait obliga-
tion pour l’Etat de protection
des réservoirs biologiques et
de restauration du bon état
écologique, évidemment in-
compatible avec les mortalités
pisciaires.
A l’heure où nous bouclons ce
numéro, les préfectures n’ont
toujours pas donné leur ré-
ponse. La fédération de pêche
du Jura, a choisi dans un pre-
mier temps de soumettre les
Actualités
pisciculteurs à la transparence.
Ils devront indiquer la prove-
nance des poissons et la fédé-
ration sera en droit de réaliser
un prélèvement pour faire des
analyses. Les dates de déver-
sement ainsi que l’identité des
pisciculteurs devront égale-
ment lui être communiquées
à l’avance. Après ce qui s’est
passé sur les cours d’eau
franc-comtois, il est inconce-
vable et surtout illégal d’intro-
duire des truites d’élevages
dans ces rivières. Les poissons
de la Loue sont toujours affai-
blis et en dépit d’excellentes
conditions lors de la fraie cet
hiver, les truites continuent de
mourir.
Les pays de UE,
hors la loi
Adhérer à l’Union Euro-
péenne, cela donne des
droits, mais aussi des devoirs.
Rois de la bassine d’arc-en-
ciel, de farios et d’ombres
dans des milieux soumis à la
DCE et à la notion de réser-
voirs biologiques, l’Autriche et
la Slovénie oublient qu’ils ont
des devoirs vis-à-vis de cette
Europe qui leur a donné des
milliards d’euros pour déve-
lopper des activités commer-
ciales. Cela saute aux yeux en
Slovénie, où la plupart des
gîtes de pêche, refaits à neuf
avec nos impôts, accueillent
des touristes pêcheurs venus
pratiquer leur loisir en toute il-
légalité. Avec un tel dévelop-
pement de piscicultures et des
taux d’empoissonnement sur-
réalistes, comment ces pays
peuvent-ils éviter les épidé-
mies de SHV ou de NHI ? A
court terme cela conduit à la
disparition des populations de
truites et d’ombres sauvages.
C’est inéluctable, et c’est d’ail-
leurs ce qui s’est passé dans
certaines rivières. Comment
des pêcheurs à la mouche
dignes de ce nom peuvent-ils
cautionner de telles pra-
tiques?
Certes, la gestion de la pêche
en France laisse fortement à
désirer, mais ce n’est pas une
raison pour se permettre de
faire pire ailleurs. L’échéance
de la DCE en 2015 se traduira
par des amendes colossales,
estimées à plusieurs milliards
d’euros, payées à l’UE par la
France. Et tous les pays de
l’Union qui n’ont pas pu re-
dresser la barre de la qualité
de l’eau seront soumis aux
mêmes amendes.
L’exemple de la Suisse
En Suisse, les introductions
d’espèces exogènes sont in-
terdites en eaux libres comme
en eaux closes. Même si ce
pays n’est pas toujours un
exemple d’écologie (bien des
rivières ont été canalisées
dans le but de gagner de la
place au fond des vallées), la
rière nous, il faut savoir que
près de 200 poissons ont été
retrouvés morts et évacués.
Dans le but de faire la trans-
parence sur ces événements,
la Commune a fait procéder à
une analyse de l’eau et de
sept truites par le Laboratoire
Départemental d’Analyses du
Jura à Poligny (39), (qui dé-
pend du Conseil Général),
l’un des sept laboratoires
agréés en France pour les
analyses de poissons. Après
deux semaines d’investiga-
tions, les scientifiques ont fini
par identifier avec certitude
l’origine de la mortalité : SHV,
autrement dit « septicémie hé-
morragique virale ». Sans
danger pour l’homme, y com-
pris pour celui qui consomme
le poisson, la SHV est l’équi-
valent de la grippe chez ce
dernier. Mais personne ne sait
aujourd’hui traiter le virus
chez le poisson. Les truites qui
n’ont pas succombé, et elles
sont nombreuses, sont désor-
Suisse ne joue pas avec le feu
en ce qui concerne les éle-
vages de truites.
Nous publions de larges ex-
traits du courrier, rédigé par
Jean-Luc Martinet, maire de
Socourt qui relate les faits qui
se sont déroulés dans le plan
d’eau de la commune. Daté
du 5 février 2013, ce courrier
s’avère très informatif à pro-
pos du virus, de sa propaga-
tion ainsi qu’au sujet des
traitements éventuels pour
s’en débarrasser. Il était des-
tiné aux habitués du plan
d’eau et aux propriétaires
d’autres plans d’eau.
« Vous n’êtes pas sans savoir
j’imagine les difficultés que
rencontre actuellement le ré-
servoir de pêche à la mouche
de Socourt. Celui-ci est en
effet fermé provisoirement
suite à une forte mortalité de
truites arc-en-ciel. Si ce triste
épisode est désormais der-
Le réservoir de l’Albarine situé à Chaley, sur le cours amont de la rivière, est un cas d’école. D’un côté
l’AAPPMA fait un travail remarquable sur la rivière (gestion patrimoniale, emploi d’un salarié,
règlement draconien), mais crée aussi ce réservoir en 2004. Ce plan d’eau n’est pas une “eau close”.
L’Albarine coule derrière le plan d’eau. Le talus éboulé que l’on voit au loin sur la photo, l’a été par l’eau
de la rivière qui est entrée dans l’étang lors d’une crue cet hiver. Elle est ressortie dans le ruisseau (à
droite sur la photo), puis a fini dans l’Albarine une trentaine de mètres plus loin. En cas de maladie des
poissons dans l’étang, c’est la roulette russe. De plus, les pêcheurs doivent savoir que ce type d’étang chauffe
beaucoup en été et que cela a très souvent une influence directe sur le cours d’eau situé en aval.
C’est l’histoire d’une
équipe de passionnés
de pêche aux leurres,
organisateurs du plus
grand rassemblement
de streetfishers (littéra-
lement pêcheurs de
rue) au monde, l’Open
Street de Paris, dont la
dernière édition a ras-
semblé près de 400
participants. FTF est très
attaché au respect du
poisson et à une pratique simple et saine de la pêche aux
leurres. Chaque mercredi à midi, la pose déjeuner se trans-
forme en initiation au canal Saint-Martin. FTF, c’est aussi des
marques et un catalogue 2013 très riche, avec Reins, Tiemco
lures, Sworming Hornet, Tulala et Hookers, une marque créée
par FTF. Hookers est née avec une génération qui a grandi de
concert avec le développement de la pêche aux leurres en
France. L’objectif de la marque est de développer des produits
en collaboration avec des designers et des ingénieurs japo-
nais, qui soient adaptés à la pêche en France et être utilisés
notamment avec des micro-leurres.
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Actualités
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A découvrir dans votre DVD !
Les secrets de l’oreille de
chevreuil avec Gérard Picard
Monteur passionné et passionnant,
Gérard Picard est à l’origine du mon-
tage avec de l’oreille de chevreuil.
Dans ce DVD, il nous livre ses mé-
thodes pour réaliser différents types de
mouches : araignée, sedge, nymphe
de surface, mouche d’Ornans, etc. Les
poils d’oreille de chevreuil sont creux,
ce qui assure une excellente flottaison
sans trop charger les mouches. Elles
pêchent ainsi d’autant mieux. Techni-
quement, ce matériau demande de
réaliser des dubbings loops à l’aide
d’une pince à dessin et d’un twister à
dubbing. Le résultat obtenu est diffé-
rent des montages conçus avec des
oreilles de lièvre ou du poils de corps
de chevreuil. Bien montées, les
mouches en oreille de chevreuil sont
étonnantes de réalisme tout en
conservant un côté rustique. La recette
idéale pour des mouches destinées à
pêcher, dans la lignée des Peutes,
oreilles de lièvres et autres palmers.
(Voir bon de commande pour les non
abonnés page 16)
Les lecteurs de
Pêches sportives
connaissent Ludovic Delacour
(“Un moucheur dans la brume”). Déficient visuel, Ludovic a re-
levé le défit de pêcher à la mouche malgré son handicap. Sou-
cieux de faire partager cette expérience à d’autres personnes
handicapées, il est à l’origine d’une association qui a vu le jour
en février : Handicap Passion Pêche .
Le but est de promouvoir la pratique et l’accès de la pêche aux
personnes en situation de handicap ou atteintes de maladies
handicapantes. Actuellement, seule la pêche au coup bénéficie
d’une reconnaissance par le label Handisport. Faire reconnaître
la pêche dans sa globalité comme une activité Handisport est un
gros et long chantier qu’il faut envisager sur le long terme. En at-
tendant, l’association compte développer son activité en parte-
nariat avec l’association Handi Cap Evasion. L’objectif étant de
pouvoir emmener sur certains parcours, qui auront été sélec-
tionnés auparavant par l’association, des personnes qui souhai-
tent pratiquer dans de bonnes conditions de pêche et de
sécurité. Ce projet sera mené en étroite collaboration avec l’école
de pêche du Chéran et les APPMA de l’Albanais et du Chatelard
(Savoie et Haute-Savoie). Handi Cap Evasion mettra à disposition
de l’association une “joëlette” pour l’année 2013, ce qui per-
mettra de tester ce matériel dans le cadre de la pêche. Cette in-
vention de Joël Claudel permet d’emmener une personne ne
pouvant pas marcher sur des sentiers de randonnée, même si
ceux-ci sont légèrement accidentés. A plus long terme, Handi-
cap Passion Pêche souhaiterait proposer des activités pêche pour
les personnes en centre de rééducation, pour les enfants en sé-
jour hospitalier pour des maladies lourdes, et aussi pour les ins-
titutions accueillant des personnes en situation de handicap.
Enfin, l’association a pour projet de créer un réseau de compé-
tences le plus étendu possible géographiquement, qui serait
qualifié par un label Handicap Passion Pêche, synonyme de qua-
lité et de sérieux des encadrants, qui serait à même de propo-
ser l’activité pêche sous toutes ses formes. L’association œuvre
en partenariat avec les fédérations de pêches nationales fran-
çaises ou étrangères, les fédérations de pêche départementales,
les AAPPMA, les associations œuvrant dans le domaine du han-
dicap, les centres de rééducation, les hôpitaux, les établisse-
ments scolaires et toutes autres entités ou établissements qui en
feraient la demande. Mais tous les partenariats qui seront mis en
place devront être basés sur une volonté commune d’œuvrer
dans l’esprit qui anime les membres fondateurs de l’association.
A travers la pêche, beaucoup de personnes handicapées pour-
raient trouver un équilibre et un exutoire qui leur permettraient
de s’évader quelque temps d’un quotidien pas toujours évident
à gérer.
Un site Internet est en cours de création à cette adresse :
www.handicap-passion-peche.org
Naissance de Handicap Passion Pêche
Nouvelle équipe à la FFPML
La Fédération française des
pêcheurs à la mouche et au
lancer (FFPML) nous in-
forme qu’un nouveau co-
mité directeur est en place
depuis le 11février. De
nombreux dossiers atten-
dent Fabien Frère, le nou-
veau président de la
Fédération.
La FFPML souhaite renforcer
son action dans la protec-
tion de l’environnement à
travers l’action Vigie-Rivière,
en place depuis plusieurs
années déjà, qui implique
les clubs et certaines
AAPPMA, mais qui demande
des moyens humains et fi-
nanciers importants.
Les bonnes volontés sont
donc les bienvenues !
www.ffpml.com
Les rivières de Rhône-
Alpes avec Didier Chapel
Didier Chapel, moniteur guide de pêche profession-
nel, vous propose de vous faire découvrir les meil-
leures rivières des départements de la Savoie et de
l’Ain pour cette nouvelle saison 2013. Le Guiers dans
le parc naturel régional du massif de la Chartreuse, le
Chéran, perle du massif des Bauges, la basse rivière
d’Ain et l’incontournable rivière l’Albarine.
Les conditions hydrologiques de cette automne 2012
laissent présager une excellente saison. Didier reste également à votre disposition pour établir
des séjours entre lacs et montagnes.
www.savoiepechemouche.com Tél. : 06 25 06 47 71.
Haute-Loire
Des séjours qui sortent de l’ordinaire
L’association Emotion Pêche a mis en place de-
puis 2007 des « séjours trappeur » de pêche en
canoë ou à cheval. Steeve Colin a eu l’idée d’or-
ganiser ces séjours afin d’accéder plus facile-
ment aux sites sauvages du haut Allier et de la
haute vallée de Loire. Les cessions de pêche en
canoë se déroulent entre Chapeauroux et Pont
d’Alleyras. Les 18 kilomètres du parcours sont
exceptionnels en termes de paysage sauvage,
ainsi qu’au niveau de la densité pisciaire. La pra-
tique du canoë y est très facile, excepté sur
quelques rapides « pour faire monter l’adréna-
line « . Ces séjours ont lieu les week-end du 25
et 26 mai et du 8 et 9 juin. La formule de pêche
à cheval se déroule sur la haute vallée de la
Loire entre le Mazel et Goudet. Ce parcours
classé en première catégorie abrite une belle
population de truites farios et d’ombres com-
muns. Les cessions, qui se dérouleront le sa-
medi 22 et dimanche 23 juin 2013 ne
nécessitent pas de niveau d’équitation particu-
lier. Pour ces deux types de séjours, deux tech-
niques de pêche sont proposées aux
aventuriers : la pêche à la mouche et la pêche
aux appâts naturels. Enfin, c’est autour d’un bon
feu camp le soir que les participants vont pou-
voir se restaurer et apprécier l’ambiance du bi-
vouac. Un moniteur diplômé d’un brevet d’état
dans chaque discipline accompagne les quatre
stagiaires.
Si l’aventure vous tente, vous pouvez
contacter Steeve au 06 23 06 70 58, ou vous rendre
sur le site www.emotionpeche.com
Haute-Savoie
Les moulinets de la vallée de l’Arve
Au lendemain de la Deuxième Guerre mondiale, l’industrie de la pêche connaît un essor
considérable et le marché du moulinet, en pleine expansion, se démocratise. C’est cela
qui a incité certains industriels spécialisés précédemment dans l’horlogerie et le décol-
letage à se lancer dans l’aventure halieutique du moulinet. Une belle histoire, très bien
décrite dans ces deux ouvrages consacrés aux moulinets de la Vallée de L’Arve.
Auto-édités, ces livres ne sont disponibles qu’en contactant l’auteur :
E-mail : [email protected]
Limoges
Adieu Jacky
Pêcheur et monteur de cannes
bien connu, collaborateur de
Pêches sportives
, Jacky Boileau
nous a quittés subitement à
l’âge de 59 ans, quelques jours
après le salon de Paris, où il
nous avait présenté Christophe
Causse, repreneur de sa
boutique et de son atelier de
montage de cannes. Jacky
devait en effet prendre sa
retraite en juillet.
Pêches
sportives
tient à s’associer à la
douleur de son épouse et de
ses deux filles. Elève de Jacky,
Christophe Causse tient à faire
perdurer le nom et les produits
en hommage à celui qui lui a
tant appris.
www.jacky-boileau.com
A nos lecteurs
Au printemps dernier, nous
avions dit tout le bien que
nous pensions de la soie
naturelle Chambord TT.
Nous tenons à porter à votre
connaissance que nous ne
sommes strictement pour
rien dans les problèmes de
livraisons et de paiements
qui nous ont été signalés.
La rédaction
La première collection
La pêche mode d’emploi
avec les meilleurs spécialistes
Cette collection se veut parfaitement complémentaire
des articles consacrés aux techniques de pêche publiés dans nos pages. Ces DVD, sont produits
exclusivement par et pour
Pêches sportives
, ce qui nous autorise une liberté totale dans le choix de nos intervenants et des messages que nous souhaitons
mettre en avant. Vous y découvrirez la pratique des différentes techniques de pêche à la mouche et aux leurres expliquée par les meilleurs spécialistes, les
conseils techniques, astuces, ainsi que des ateliers montage de mouches et des techniques de pêche aux leurres étape par étape.
Une excellente façon de progresser à votre rythme, car ces vidéos sont conçues pour des pêcheurs de tous niveaux, par les meilleurs intervenants :
Philippe Boisson, Yann Caléri, Alban Choinier, Philippe Collet, Quentin Dumoutier, Gaël Even, Yannick Rivière, Marcel Roncari, Wim Van de Velde, etc.
Les secrets de l’oreille de chevreuil
avec Gérard Picard
Je souhaiterais recevoir le ou les DVD Pêches Sportives :
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PECHES
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DVD La leçon de pêche vol.9
1. Pêche à la nymphe “au fil” avec Yann Caléri.
2. Les stickbaits : conception, animation et utilisation avec Alban Choinier.
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DVD La leçon de pêche vol.10
1. Pêche “a vue” au sondeur en verticale avec Frédéric Jullian.
2. Technique de lancer en double traction avec Pierre-Emmanuel Aubry.
Première partie :
Pêche à la nymphe au fil avec Yannick Rivière sur l’Aude
Deuxième partie :
Pêche du loup en kayak sur les étangs salins du littoral audois
PECHES
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Première partie :
Pêche à la nymphe à vue et à la mouche sèche sur la Saulx avec Éric Charpin
Deuxième partie :
Pêche du silure et de l’aspe sur la Moselle avec Sébastien Gauly et Maxime Serron
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Premièrepartie:
Montaged’unemoucheàbrochetselonlaméthodedutubeflyavecAlainBarthélémy.
Deuxièmepartie:
Montaged’unstreamerpourplombpaletteentubefly.
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JMC
Depuis les années 2000 et la
mise en place progressive
de la Directive cadre sur
l’eau (DCE) à l’échelle euro-
péenne, la restauration phy-
sique des cours d’eau a pris
de l’importance. En effet, à
échéance 2015, les états
membres se doivent de tout
mettre en œuvre pour re-
conquérir la qualité globale
de leurs milieux aquatiques,
afin d’atteindre le sacro-saint
bon état. La loi sur l’eau et
les milieux aquatiques de
2006, puis le Grenelle de
l’environnement de 2009,
par l’intermédiaire des
Trame verte et bleue, insis-
tent dans ce sens sur la né-
cessité de reconstituer un ré-
seau écologique cohérent, à
l’échelle du territoire natio-
nal, afin de permettre aux
espèces animales et végé-
tales d’assurer leur survie.
En d’autres termes, parallè-
lement aux diverses inter-
ventions en matière d’amé-
lioration de la qualité de
l’eau, la renaturation de la
morphologie et de la conti-
nuité écologique permet-
tront une sauvegarde dura-
ble du patrimoine aquatique
de nos rivières. Pour le
monde de la pêche, cette
volonté ambitieuse est, sur
le papier en tout cas, une
chance inespérée : dans peu
Toujours plus de cours d’eau restaurés !
Toujours moins de pêcheurs !
Cherchez l’erreur…
La restauration physique des cours d’eau est un élément essentiel pour la reconquête de la qualité
globale des écosystèmes aquatiques. Dans ce sens, les politiques de l’eau actuelles motivent la mise
en place de nombreux projets de reméandrement et/ou d’équipement d’ouvrage pour permettre leur
franchissement, à grand renfort de financements publics. Mais est-ce que l’on se donne collectivement
les moyens d’évaluer l’efficacité de ces programmes ambitieux ?
Par Guy Périat et Sylvain Richard
L’écho du radier
Gérard archive au lieu de jeter,
ce n’est que bien des années
plus tard qu’il prit conscience
des possibilités offertes par ce
matériau très différent du lièvre
ou du poil de corps de che-
vreuil. Le poil d’oreille de
chevreuil est également diffé-
rent de celui provenant des bois
en velours qui s’avère plus long
et plus souple. Comparé au liè-
vre, la principale différence
concerne la flottabilité du
matériau, car les poils de che-
vreuil sont creux, et ceux des
oreilles (comme ceux des bois
en velours) n’échappent pas à la
règle. Cette particularité essen-
tielle doit absolument être prise
en compte par les monteurs de
mouches voulant utiliser les
poils d’oreille de chevreuil, car
elle concerne la quantité de
matériau requise pour faire
une imitation. La plupart des
monteurs, notamment les
débutants, chargent beaucoup
trop les mouches sèches et les
émergentes. Avec des poils flot-
tants, inutile d’en mettre
beaucoup. Sur les photos de cet
article qui montrent des
modèles montés par Gérard
Picard, on peut avoir une idée
précise du résultat à obtenir
(sauf sur les deux modèles où
les poils d’oreille sont enroulés
sur tout le corps). Contraire-
ment à ce que l’on croit, un
excès de matière ne favorise pas
la flottaison, mais au contraire
la perturbe. Mieux vaut peu de
fibres qui s’essorent bien au
lancer, qu’un conglomérat qui
piège l’eau à cœur. On le dit et
le redit, mais rien n’y fait !
Comme on peut le voir sur le
DVD de ce numéro consacré
au montage avec ce matériau,
la principale technique de
montage qui permette de réali-
ser des mouches en oreilles de
chevreuil est le dubbing loop.
Ce tour de main relativement
simple donne souvent l’occa-
sion de couper trop de matière
et de se faire plaisir en faisant
des “pompons” très jolis, mais
peu “pêchants” s’ils ne sont pas
utilisés en torrents.
Pour bien réaliser
Aujourd’hui très répandue, la
technique dite du dubbing
loop nécessite un matériel sim-
ple mais indispensable pour
obtenir le résultat escompté.
Voici ce dont vous aurez besoin
De gauche à droite : du masque de lièvre avec ses longs poils clairs, de l’oreille
de lièvre, plus sombre et enfin de l’oreille de chevreuil. On voit clairement
que la texture des poils d’oreille de chevreuil est plus grossière avec des fibres
de plus gros diamètre. Il faut toutefois savoir qu’avec la technique du dubbing
loop et le recours à une pince, seules les pointes des poils sont utilisées.
Une bonne partie de ce qu’on voit ici ne sert donc à rien.
Un modèle de base, copie d’une oreille de lièvre.
Le côté rustique du matériau saute aux yeux.
En pêche, cette mouche flotte très bien
car tous les poils de chevreuil sont creux.
La technique du dubbing loop permet aussi
le montage parachute. Flottaison maximale
pour ce modèle parfait pour les eaux rapides.
Trois versions nouvelles de “l’araignée”, mouche de base
imitant un éphémère à utiliser en eaux courantes.
Ces modèles sont tout désignés pour découvrir l’oreille
de chevreuil et la technique du dubbing loop.
Montage
Pêcheur avant tout !
Gérard Picard est à l’origine
de l’utilisation de l’oreille de
chevreuil pour le montage
des mouches. Les modèles
présentés dans cet article
sont faits pour pêcher,
avec juste ce qu’il faut de
matériaux nécessaires
à la flottaison et à l’allure
souhaitée des imitations.
Pour Gérard, les mouches
en oreille de chevreuil
remplacent de plus en plus
celles en oreille ou en
masque de lièvre.
C’est un signe !
Un modèle passe-partout pour les eaux rapides ou le coup du soir
en eaux plus calmes. Le dessous de la mouche a été taillé pour
une flottaison plus basse. Comme toujours avec les mouches
d’ensemble qui ne ressemblent à rien, elle donne de très bons
résultats. Non taillée, elle serait alors une sorte de gros palmer.
Spécialiste du montage des
mouches d’Ornans, Gérard
n’a pas résisté à la tentation
d’en monter avec de l’oreille
de chevreuil ! Le résultat est
plutôt réussi.
Truite au streamer,
le point sur
la méthode
Mouches, soies, cannes, l’attirail du pêcheur de truite au streamer a beaucoup
évolué ces dernières années. L’heure est donc peut être venue de faire le point
sur une technique souvent pratiquée de façon approximative, lorsque la ri-
vière ne permet pas de pêcher autrement, et qui peut vous donner pourtant
l’occasion de réaliser de très belles pêches. A condition bien sûr de pêcher juste
et de savoir vraiment comment s’y prendre.
Par Philippe Boisson
onsidérée comme
une technique sauve-
bredouille pour les
jours où la rivière se
trouve gonflée par les pluies ou
comme une pêche de début de
saison quand aucune autre
méthode n’est envisageable, la
pêche au streamer est rarement
prise au sérieux. C’est vrai que
rien ne remplace un beau
gobage ou le ballet d’une truite
qui monte prendre des
nymphes. Alors, bien sûr, la
pêche au streamer ne rempla-
cera peut être jamais ces
moments magiques et sera de ce
fait reléguée au second plan et
réservée à ces jours où seule l’ar-
tillerie lourde est susceptible de
permettre la prise de quelques
poissons ; Mais qu’on ne s’y
trompe pas, la pêche au strea-
mer en rivière, même sur des
poissons sauvages et difficiles,
peut donner de très bons résul-
tats, à condition de faire l’effort
de raisonner à la manière d’un
pêcheur au vairon… C’est une
technique que j’ai toujours
pratiqué, surtout lorsque j’habi-
tais au bord de la Loue à Che-
necey-Buillon. J’avais alors
recours au streamer principale-
ment dans ceux cas : en premier
lieu lors des périodes de crues
au printemps – qui parfois pou-
vaient durer plusieurs semaines,
voire plusieurs mois – car, au
départ, lancer un streamer dans
des eaux boueuses est le meil-
leur moyen de prendre l’air et
de continuer à pêcher un peu.
Et en second lieu, lors des fraies
de vairons, qui provoquaient
de véritables rassemblements
de truites dont le seul but était
de se gaver littéralement. Mais,
petit à petit je me suis pris au
jeu, j’ai vu ce qui n’allait pas et
réfléchi à ce qu’il faudrait faire
pour bien passer. La soie, le bas
de ligne, la mouche, tout a ainsi
très vite évolué pour donner
naissance à une vraie technique
qui permette de prendre un
Technique mouche
Sur un parcours mouche en effet, les truites
voient rarement passer autre chose que des
nymphes ou des mouches sèches et elles sont
donc beaucoup plus curieuses quand on
leur présente quelque chose d’inhabituel
toutes les touches sont ratées. Il
faut par conséquent savoir si
l’on pêche où si l’on lance. Ce
n’est pas du tout le même exer-
cice. A longue distance, lors de
la dérive, la soie se retrouve à
califourchon sur plusieurs
veines d’eau dont la vitesse dif-
fère. Elle n’est donc pas tendue
et, à la touche, le poisson se
décroche la plupart du temps. Il
faut savoir que la truite attaque
un streamer par réflexe et le
recrache très vite. On est très
loin de la prise d’une mouche
noyée par un saumon par exem-
ple, qui monte la prendre et
redescend avec le plumeau au
coin du bec. A la truite, tout va
très vite et il faut pouvoir assu-
rer le ferrage efficacement, d’où
cette pêche à courte distance sur
des postes identifiés (rocher,
souche, etc.) La seconde raison
qui plaide en faveur de cette
pêche de proximité tient au fait
que dans bien des cas, notam-
ment par eau très froide, une
truite sauvage ne fera pas l’effort
de monter chercher un strea-
mer. Il faut donc le lui présenter
à son niveau. Elle peut faire
trente ou cinquante centimètres
sur le côté pour s’en saisir, mais
c’est rarement le cas dans le sens
vertical. J’ai longtemps accom-
pagné d’excellents pêcheurs au
vairon sur le Doubs et la Loue.
Alors que la plupart des
pêcheurs lançaient perpendicu-
lairement à la rive et pêchaient
ensuite en dérive vers l’aval, eux
pêchaient le plus souvent fran-
chement vers l’amont, dans le
seul but de trouver de la pro-
fondeur et de passer leur mon-
ture au niveau des poissons et
non au-dessus. Parfois, cette
pêche ressemblait autant à une
pêche au toc qu’à une pêche au
lancer. La monture roulait sur le
fond et le fil était récupéré légè-
Technique mouche
Les cannes “switch”
de 11,6 pieds sont
parfaites pour
pêcher au streamer.
Elles permettent
de lancer sans
recul, de bien
accompagner
la dérive… et de
s’entraîner au spey
cast ! Ci-dessous,
le must des cannes
switch, la Sage One.
On ne peut empêcher la soie de suivre
les veines de courant et on ne peut donc
s’opposer à la formation d’un ventre de
soie, mais il faut s’efforcer de le limiter
C’est rarement lors
des grandes dérives
que ce prennent les
truites sauvages.
Souvent, le streamer
ne pêche bien que
sur deux ou trois
mètres sur des postes
marqués, à courte
distance.
rement détendu, canne tenue
en position haute. Les pêcheurs
au devon, méthode aujourd’hui
oubliée, mais qui par le passé
comptait ses as sur la Loue, pra-
tiquaient également très
“creux”. Les pêcheurs slovènes
qui recherchent les truites mar-
brées ont rencontré les même
problèmes, qui plus est dans des
rivières de montagne profondes
et puissantes comme peut l’être
la Soca. La pêche au lancer étant
interdite sur la plupart des par-
cours, les pêcheurs à la mouche
locaux ont fini par adapter leur
matériel afin de pouvoir pêcher
à la bonne profondeur. Si la soie
est bien dans le moulinet, elle
n’en sort pratiquement jamais !
La pointe du bas de ligne
mesure une bonne vingtaine de
mètres et la canne est utilisée
comme le serait une canne à
lancer. Les streamers sont mon-
tés sur des hameçons jig de 4 à
15 g. Cette méthode est une
façon claire de manifester leur
mécontentement quant à l’in-
terdiction de la pêche au lancer
dans ce pays.
Sans en arriver là, il est possible
dans nos rivières de prendre
beaucoup de truites au streamer
en pêchant encore à la mouche.
J’ai eu l’occasion de pêcher avec
le champion Yann Caléri sur
l’Isère, large rivière aux eaux
grises et au courant soutenu.
Yann pêche très régulièrement
cette rivière de cette façon et
prend ainsi de très belles truites.
Angle de lancer,
suivi de la dérive
La difficulté de la pêche au
streamer vient de la soie. C’est
elle qui, une fois en pêche,
prend une direction, suit les
veines d’eau et le streamer se
trouve à sa remorque. Or, on
voudrait que ce soit l’inverse !
Mais non, c’est ainsi. L’angle de
lancer est donc primordial, car
c’est lui qui déterminera la suite
de la dérive. Le meilleur conseil
que je puisse vous donner est de
toujours anticiper la trajectoire
de la soie et du streamer. L’un
ne va pas sans l’autre. L’ensem-
ble doit pouvoir dériver dans un
même axe. Si un gros ventre de
soie se forme, les touches seront
manquées. On ne peut empê-
cher la soie de suivre les veines
de courant et on ne peut donc
s’opposer à la formation d’un
ventre de soie, mais il faut s’ef-
forcer de le limiter. C’est pour-
quoi tout cela n’est vraiment
possible qu’à courte distance.
Plus le courant est marqué et
parsemé d’obstacles, plus la
pêche doit se faire à distance
réduite. J’ai ainsi pris des
dizaines de truites à moins de
cinq mètres en passant le long
d’une pierre, d’un morceau de
tuf ou d’une souche.
Cannes switch et soies
“low stretch”
Depuis quelques années, le
matériel de pêche à la mouche
s’est considérablement étoffé
sous l’impulsion de certaines
techniques comme la pêche en
mer, la pêche en réservoir de
compétition ou encore celle du
brochet à la mouche. Une
marque comme Airflo propose
une gamme de soies dites “low
Bonnes feuilles
Petit dictionnaire
philosophique du pêcheur
de truites en pédalo
Vous étiez pêcheur, quand vous aurez lu ce livre vous serez devenu philo-
sophe. Ce
Petit dictionnaire du pêcheur de truites en pédalo
est l’œuvre de
notre ami et collaborateur Jean-Christian Michel. L’homme est un expert de
la nymphe à vue, il est aussi apiculteur. Et il est arrivé là par la philosophie
qu’il a d’abord appris à l’université avant d’en faire profiter ses abeilles et les
truites du Verdon.
Sa canne à pêche n’est qu’un prétexte pour vivre au contact de l’eau, dans la
magie de ces rivières qui sortent des entrailles de la terre pour s’en aller vers
la mer en charriant avec une égale constance peines, espoirs et humeurs du
monde.
La rivière de Jean-Christian Michel fourmille de personnages qui ont bâti la
légende des siècles, de Platon à Melville, de Homère à Beckett, de Kafka à
Freud. Tout ce petit monde s’agite sous le regard bienveillant et peu rancunier
des truites que la fée Electricité a condamné aux rivières toboggan et aux
grandes mares à pédalos.
Ce livre est une première. Il ne ressemble à aucun autre. Il vous apprendra
chers pêcheurs que vous n’êtes pas seulement des champions de la mouche ou
du leurre, mais bien des citoyens de l’onde. De l’onde vient ce message d’in-
telligence empathique que
Pêches Sportives
se fait un plaisir d’éditer…
En sachant qu’il n’a aucune chance de figurer un jour sur les rayons de la
fédérale bibliothèque de nos loisirs encartés.
V. L.
Cabane 1
La « cabane du pêcheur » a déjà
été chantée. Ce n’est pas un
hasard, car les pêcheurs sont
friands de ce genre d’endroit. Il
constitue en quelque sorte le
prolongement nocturne de la
rivière mais sous un toit et avec
des murs. Car il n’a échappé à
personne qu’il est impossible de
dormir dans une rivière… Si la
rivière est en quelque sorte le
soleil qui remplit nos jours, la
cabane est sa nuit. L’habitation
halieutique se doit d’être
ouverte à la rivière de tous les
côtés : c’est une vraie passoire.
Le mobilier est éprouvé : on y
trouve invariablement un ou
plusieurs râteliers pour les
cannes à pêches, un porte-man-
teau XXL ainsi qu’un local ven-
tilé pour faire sécher tout ce qui
se mouille. Ce local n’est pas
superflu car il permet de sauver
du chaos l’habitation en ques-
tion. Pourquoi ? Parce que au
bord d’une rivière, tout ce qui
se mouille a le don de libérer en
séchant des fragrances d’outre-
tombe. Cela n’est pas spécifique
au pêcheur. Encore qu’on puisse
parfois tomber sur de mauvais
camarades. En fait, ce que je
crois c’est qu’il existe une bar-
rière psychologique qui ne peut
pas être sautée par certains cer-
veaux. Pour un pêcheur, l’eau
d’une rivière est toujours une
eau baptismale. Une eau d’ini-
tiation et de purification. C’est
pour cette bonne raison qu’il
vient rarement à l’esprit –même
des meilleurs d’entre nous- de
frotter avec du savon puis de
rincer à grande eau ce qui a été
touché par l’eau sacrée. Résul-
tat, après deux ou trois « bap-
têmes » ça sent l’algue, la vase et
la vielle cuissarde Le Chameau.
On s’y fait. En revanche, et
contrairement à une idée reçue,
les pêcheurs ne sentent pas le
poisson. Ou rarement… ou
quand ils le sentent, ils en sont
fiers… bref, la cabane du
pêcheur est un espace de virilité.
Il existe toutes sortes de
cabanes. Des spartiates « tram-
ping-hut » chères à nos cousins
des antipodes, aux regrettés
relais de Saint-Pierre en passant
par toute sorte de gites ruraux,
refuges, cabanons retapés au
mortier maladroit du courage et
à l’huile de coude, cabane de
jardin améliorée, caravane posée
sur quatre parpaings ou
coquette résidence secondaire,
leur seul dénominateur com-
mun est qu’un pêcheur puisse y
pénétrer en gardant la tête
haute, c’est-à-dire sans plier sa
Bonnes feuilles
Résultat, après deux ou trois « baptêmes »
ça sent l’algue, la vase et la vieille cuissarde
Le Chameau.
comme cabane
Oui, ce que vous avez lu dans
la Critique de la faculté de
juger, l’analytique du Beau et
du Sublime, ce n’est pas pour
ici. Encore que par certains
aspects le goût halieutique n’est
pas le dernier lorsqu’il s’agit de
faire violence aux catégories de
l’entendement ! L’œuvre qui est
sensée faire art dans la cabane
n’est pas là pour permettre au
sujet esthétique de jouir du
libre jeu de ses facultés, non, à
la cabane, le sujet, c’est le
pêcheur, son jeu, c’est la pêche
et la pêche, c’est dehors que
cela se passe… L’art qui orne-
mente la cabane a pour fonc-
tion de donner envie de
sortir… voilà le fondement
ontologique de la décoration
halieutique !
Cabane 3
Dans une cabane de pêcheur, il
y a toujours un bel objet qui
donne le la. Cette chose sensée
faire œuvre apparaît presque tou-
jours sous les traits d’un poisson.
C’est de bon sens. Le machin a
quelque chose d’un totem. On ne
lui demande pas de faire tomber
la pluieou de résoudre les pro-
blèmes d’argent mais de stimu-
ler le penchant suicidaire des
habitants de l’onde. En fer, en
marbre, en bois ou empaillé ; la
proximité de la rivière semble
pourtant le ressusciter et le ren-
dre impatient de vous accom-
pagner… pourvu que lui aussi
ait le droit de sortir ! Entre le
poisson d’art et le poisson d’eau
le même sens circule.
Mais l’apogée de l’art cabane est
photographique… A tel point
Bonnes feuilles
’ouverture, le 1
mars,
à Goumois, s’est très
bien passée. Il a fait
beau, le Doubs était
propre, ses gravières soigneuse-
ment lessivées par les crues de
l’hiver et les truites au rendez-
vous.
Comme si le parcours mythi-
que de la Franco-Suisse avait
voulu rendre un dernier hom-
mage à Pierre Choulet fonda-
teur du Moulin-du-Plain, parti
cet hiver créer de nouveaux
relais chez Saint-Pierre.
Pierre Choulet était notre ami.
Comme des centaines de
pêcheurs et clients du moulin
nous avons profité de son
incroyable talent de compteur,
de sa façon truculente et drôle
de parler de pêche en expert
(qu’il n’était pas), de sa
connaissance parfaite du genre
humain dont quelques remar-
quables spécimens ont défilé
dans sa cuisine.
Il était à la fois l’auteur, l’acteur,
le metteur en scène, et le costu-
mier de son petit théâtre. Les
spectateurs que nous avons été
n’oublieront jamais ce maître
de la comédie franc-comtoise.
Dix histoires
du Père Choulet
Il n’avait rien d’un pêcheur. Mais quelle star de la mouche ou du toc peut se
vanter d’avoir aussi bien raconté les histoires de pêche que Pierre Choulet ?
Hommage au fondateur du Moulin du Plain, disparu cet hiver.
Par Philippe Boisson et Vincent Lalu
Les gros vers 1
Il y a eu des dizaines de versions « des gros vers », l’une des his-
toires les plus célèbres du Moulin du Plain. En réalité il n’y a pas
une mais deux histoires qui s’imbriquent l’une dans l’autre.
Cela commence par l’arrivée inopinée d’une belle femme, appe-
lons la Irma, qui prend sa carte de pêche au Moulin et dit tout de
go à Pierre qu’elle s’arroge le droit de pêcher au vers sur le parcours
mouche. Pierre fait ce qu’il peut pour la dissuader mais la dame
n’écoute rien et déverse jour après jour des paniers de truites sur
l’évier de la cuisine. Les autres pêcheurs sont furieux. D’une part
parce qu’un régime de faveur viole la sacro-sainte règle du « fly
only» et d’autre part parce qu’on est en avril et que les moucheurs,
eux, sont bredouilles.
Et non contente de réaliser des pêches miraculeuses, la pêcheuse
fait le soir le tour des tables de l’hôtel pour narguer les bredouil-
lards. En fait la dame se venge. Elle veut faire payer à l’ensemble de
la gent des pêcheurs masculins, les infidélités de son pêcheur de
Les gros vers 2
Le problème avec la pêche au vers c’est qu’il y a toujours un
moment où l’on vient à manquer de vers. Ce moment pour Irma
arriva au soir du 4° jour de pêche. Impossible d’en ramasser, impos-
sible d’en trouver dans un rayon de 50 km. Pierre Choulet crut un
instant que la pénurie allait le débarrasser de son encombrante pen-
sionnaire. Erreur : un personnage encore plus étrange, M. Wolf
venait de débarquer au moulin avec un break 404 dont l’arrière
était occupé par deux grandes caisses en bois remplies de terreau et
de quelques dizaines de splendides lombrics. M. Wolf n’était même
pas venu pour pêcher. Il voulait juste promener ses vers, leur faire
prendre l’air du haut Doubs, pour les fortifier avant de les ramener
en Alsace. Sa rencontre avec Irma acheva de semer la zizanie dans
l’hôtel.
A la fin de la semaine l’épouse trahie avait mis au sec une bonne
douzaine de truites et rendu furieux autant de pêcheurs à la
mouche. Sa vengeance était accomplie. Elle ne revint jamais.
Pas la maille
« – Alors M. Rouffaneau, encore une truite trop courte ? »
« – comment ça trop courte ? Quand je l’ai mesurée elle faisait la
taille … »
« – Mais bien sur, ils disent tous ça… »
Il n’a pas l’air de rigoler le père Noroy. Ce n’est pas le genre de
garde-pêche qui aime rigoler. Avec lui, « la loi, c’est la loi ! » Il tient
dans la main une zébrée qu’il vient de pointer à 24 cm. Et en face
de lui, le père Rouffaneau n’en mène pas large. Car ce n’est pas la
© Kokhanchikov / Fotolia
Quand les truites
disent non !
Nous savons que la pêche de la truite sauvage à vue demande des nerfs d’aciers
et qu’il s’agit de la technique la plus ingrate. Voici, en cinq étapes, les raisons
pour lesquelles les truites décident de dire “non” ! Comprendre ses erreurs pour
ne pas les répéter, les admettre pour mieux les corriger, c’est la meilleure voie
pour réussir.
Par Jean-Christian Michel
lle y va… elle y va !»,
ces mots viennent
toujours avec la même
vivacité à l’esprit du
pêcheur lorsque la truite avance
vers la nymphe artificielle
comme pour s’en saisir…
L’homme retient son souffle, la
truite incline la tête et s’apprête
à entrouvrir les lèvres… Et puis
non ! Elle reste bouche cousue
et retourne à sa place en deux
coups de nageoires dédaigneux
ou pire, passe tranquillement
devant vous et continue sa pro-
menade sur la gravière en igno-
rant superbement votre exis-
tence ! Sur les parcours les plus
fréquentés par les pêcheurs à la
nymphe, ces deux cas de figure
peuvent devenir le quotidien…
Essayons de comprendre pour-
quoi les truites nous disent trop
souvent « non ! ».
jours intéressé par ce que nous
lui proposons. Voir ce qui se
passe sous la surface permet de
comprendre que les poissons
sont des êtres curieux. Ils n’ont
pas besoin d’être poussés par la
faim pour happer une friandise
bien présentée ou pour donner
un coup de dent à un petit
machin en fibres de faisans
qui ose passer à portée de
mâchoires. Alors qu’est-ce qui
les arrête ? Voyons cela des
causes les plus lointaines aux
causes les plus proches.
Allez, maintenant le compte à
rebours entre notre nymphe et
la truite est enclenché !
Premier cas : quand les causes
de refus se situent à dix mètres,
vingt mètres, trente mètres de la
truite. La cause la plus lointaine
et la plus rédhibitoire de refus
est liée à une approche man-
quée ou à des gesticulations
démesurées lors du lancer. Une
truite qui vous a vu sait qu’elle
doit rester bouche cousue ou
prendre la fuite. Parfois elle
attend de voir la nymphe pour
décamper, mais sa décision était
prise bien avant !
Autant de cas différents
Premier cas :
sur les parcours
fréquentés presque quotidien-
nement par des pêcheurs, les
truites s’habituent à notre pré-
sence et elles ne disparaissent
pas toujours en nous voyant
arriver. Elles restent à leurs
postes à la fois sûres d’elles et un
peu anxieuses. Elles vous sur-
veillent d’un œil. Souvent elles
se placent juste un mètre ou
deux au-delà de votre possibilité
de lancer et semblent prendre
un malin plaisir à constater les
limites d’une technique indi-
gente. Parfois, elles peuvent
même s’alimenter entre deux
lancers, mais dès qu’un fil se
pose à la surface de l’eau, la
truite convoitée sait par avance
ce qu’elle va voir passer et com-
ment elle va le voir passer si
vous réalisez une dérive conven-
tionnelle. Si vous ne tentez pas
de la surprendre (au risque de la
faire fuir…), ses réactions
seront presque toujours néga-
tives quel que soit le modèle de
nymphe proposé. Avec une
truite qui vous a vu, une
nymphe incitative est encore
moins prenante qu’un modèle
plus neutre. Dans ce cas de
figure, il est impératif d’amener
au poisson la nymphe de façon
inattendue. Tromper une truite
qui sait qu’elle est pêchée est ce
qu’il y a de plus difficile… et de
plus gratifiant.
Deuxième cas :
le refus dont la
cause naît à environ cinq mètres
du poisson. Dans les rivières
calmes, avec une nymphe légère
et un long bas de ligne posé de
façon détendue, il est habituel
de placer la nymphe entre trois
et dix mètres en amont de la
tête de la truite afin de ne pas
l’alerter et de laisser le courant –
aussi lent soit-il- porter discrè-
tement le leurre jusqu’au
poisson. Oui mais voilà : un
posé maladroit, une grosse
nymphe qui fait plouf ou un
bas de ligne qui passe sur la
truite avant la nymphe et adieu
Berthe ! Là encore le salmonidé
ne prendra pas la peine de se
déplacer pour voir.
Troisième cas :
le refus dont les
causes naissent à peine à un ou
deux mètres de la nymphe.
La forme de refus la plus fré-
Sur les parcours
no-kill, seuls les plus
jeunes poissons
se font prendre.
Cette truite adulte
deviendra très
difficile à leurrer
après sa remise à
l’eau. Tant mieux
pour le sport !
L’auteur est un
observateur qui sait
se fondre dans
l’environnement.
La pêche de la
truite à la nymphe
à vue demande
de bien connaître
le comportement
des poissons
convoités.
ça ne va pas bien de mettre de
tels machins dans l’eau ?
Il est également possible que les
truites refusent un diamètre de
fil trop fort. On croit générale-
ment que les diamètres en ques-
tion sont trop visibles, mais la
plupart du temps ils sont refusés
car ils produisent une présenta-
tion trop rigide et constituent
une source accentuée de dragage.
Si près du but, il est également
possible que ce soit le modèle de
nymphe utilisé qui constitue la
cause du refus. Que ce soit en
raison d’une artificielle tirée à
quatre épingles, moche de trop
de réalisme et d’une couleur
trop vive ou bien pour la simple
raison que la truite a déjà connu
une expérience « piquante »
quelques jours plus tôt avec un
modèle semblable à celui que
vous tentez de lui faire saisir, la
parade habituelle consiste à pré-
senter un modèle de taille légè-
rement inférieure à celui qui a
été refusé.
Une truite qui refuse un modèle
de nymphe prend sa décision
assez rapidement et n’a pas
besoin de procéder à un examen
minutieux : elle se déplace nor-
malement mais stoppe nette-
ment son élan et fait demi-tour
sans avoir eu besoin de venir
coller son museau sur l’artifi-
cielle avec laquelle vous tentez
de la leurrer.
Cinquième cas :
le refus dont
les causes sont à moins de dix
centimètres du nez du pois-
Le cas des truites dites « dor-
meuses » n’est pas représentatif
des cas de refus de la nymphe
lorsque cette dernière se trouve
juste au ras de la gueule de la
truite. Les dormeuses ne dor-
ment que d’un œil et restent
posées sur le fond de la rivière
sans bouger (parfois plusieurs
heures et même quelquefois
plusieurs jours) au point
d’adopter un mimétisme diffé-
rent des poissons qui évoluent
décollés du fond. Elles peuvent
se réveiller brutalement pour
happer une nymphe habilement
lancée si elle leur arrive tout
droit sur le bout du nez, mais
dans ce cas marginal, la truite
saisit la nymphe plus par agace-
ment que par faim.
Truites qui louchent…
Les cas de refus ou le poisson
vient coller son museau contre
la nymphe et se laisse porter par
le courant pour se rendre
compte que la proie potentielle
dérive bien à la même vitesse
qu’elle est de loin le plus ins-
tructif. Bien évidemment la
truite inspecte l’aspect visuel de
la nymphe mais pour cela elle
n’a pas besoin de coller son nez
contre. Elle veut prendre la
nymphe et si elle ne lui avait
pas paru vraisemblable, elle
aurait fait demi-tour avant de
se coller contre elle. En fait,
dans ce cas là, la truite s’ap-
proche de la nymphe presque à
en loucher afin de vérifier si la
proie potentielle est vraiment
vivante. Elle tente de détecter le
moindre micro-dragage ou le
moindre indice qui pourrait lui
indiquer le contraire. Il est vrai-
semblable que quand une truite
ralentit avant de prendre une
nymphe afin d’inspecter la
façon dont elle se meut, c’est
probablement qu’elle a connu
de mauvaises expériences avec
des nymphes qui lui semblaient
inertes mais qu’elle a saisies
quand même «pour voir »…
Avant de secouer la tête en
découvrant le goût du fer.
Qu’est-ce qui fait qu’une
nymphe parait vivante ? Certai-
nement pas des pattes qui gesti-
culent ni des trachéobranchies
hyperréalistes qui palpitent,
mais le mouvement d’ensemble
de cette nymphe qui s’immerge
ou remonte vers la surface au
bon rythme suite à un posé
détendu ou à une animation
correctement placée… Facile à
dire !
Voilà, maintenant la nymphe
est à moins d’un centimètre des
lèvres de cette truite intraita-
ble… Mais nous sommes tou-
jours bredouilles !
1 – « bonne pêche »
C’est le plus connu des porte poisse. Celui qui fait
le plus de dégats. J’ai personnellement réussi à en
guérir après une semaine de bredouille qu’aucun  »
bonne pêche » n’avait précédée sur une des meil-
leures rivières à saumon de Russie, la Varzina. Le
« bonne pêche » n’est valable que s’il est proféré en
toute innocence par quelqu’un qui veut être aima-
ble. Le « bonne pêche » intentionnel ne compte pas.
Mais la victime fait rarement le tri.
Ce voeu innocent a ruiné des amitiés, brisé des
ménages, déchiré des familles. Ceux qui le subis-
sent à l’excès préfèrent parfois renoncer à une par-
tie de pêche pour en éviter les effets. Et quand ils
se trouvent dans une situation où il n’y a rien d’au-
tre à faire qu’à tremper du fil ( par exemple lors
d’un voyage de pêche à l’étranger) ils s’arrangent
pour faire durer le mauvais sort toute la semaine.
2 – Le curé en soutane
Moins fréquent que le « bonne pêche » sa rencontre
a toutefois la particularité de rendre hystériques
certains pêcheurs sans doute libre penseurs. En
revanche je ne peux vous dire ce qu’il en est des
popes, des rabbins ou des mollah.
3 – Passer sous un pont en travaux
Les ponts sont les échelles des rivières. Du moins
en matière de superstition. Enfin il faut qu’un
chantier soit en activité manifeste. (Par exemple
avec des ouvriers au travail, des échafaudages ou
des outils entreposés…). Pour les non superstitieux
sachez que les poissons en général et les saumons
en particuliers, adorent les ponts qui sont autant
d’abris qui les protègent du soleil et donc les ras-
surent quand ils sont lucifuges comme les truites.
4 – Dire certaines phrases
– “On a de la chance, il n’y a pas de vent” (la tor-
nade n’est pas loin)
– “On a du pot le barrage ne turbine pas” (sortez
vite de l’eau cela va changer.)
– “Super, il n’y personne” (les kayaks arrivent)
5- Doubler ou croiser le camion du pisciculteur
Le poisson s’éloigne du pêcheur. C’est forcément
mauvais signe. Et puis un poisson qui est sur la
route, c’est un poisson qui n’est pas dans la rivière.
6 – L’oeillet de votre première mouche est bouché
Vous l’avez prise en confiance dans votre boite.
Mais l’hameçon de cette première mouche de la
partie de pêche a un oeillet obstrué par le vernis
ou par un bout de nylon. Ce n’est pas bon signe.
Recommencez avec une autre mouche. Si son oeil-
let est encore bouché. Rentrez vous coucher.
7 – La mauvaise bobine
Vous avez trois bobines de fils différents dans la
même poche. Vous envoyez la main pour prendre
le 18/100°. C’est le 10/100° qui sort. Renvoyez la
main. Si c’est le 8/100° qui montre son nez, c’est
mauvais pour la suite. Si le 10/100° ressort, pensez
à vous mettre au golf.
8 – Le mauvais pied dans la mauvaise botte
Si c’est le droit dans la gauche, ça va. A moins que
ce ne soit l’inverse. Je ne me souviens plus.
9 – Toucher un poisson au premier coup de ligne
Ce n’est jamais bon, non plus, pour la suite. Sur-
tout si on le rate. Les débutants croient que cela va
être une formidable partie de pêche. Ils auront
droit à la Bérézina.
10 – S’engager à rapporter du poisson
Ne vous avancez jamais, évitez les commandes. Sauf
si vous êtes surs que votre poissonnier sera ouvert.
Une partie de pêche n’est jamais gagnée. Et tant que
le poisson est dans la rivière il n’est pas dans la
musette. Elémentaire. Et valable aussi pour les paris.
La Pêche
pour les Nuls
First Editions
Prix conseillé :
22,95 euros.
ISBN :
978-2-7540-4457-8
Le coin de pêche
de Jules Drouot. Paris.
Coulisses
coin de pêche
Une soupente, un coin, un bout de garage,
une penderie, même un cagibi ferait l’affaire :
les malheureux pêcheurs que nous sommes
doivent composer avec un environnement
domestique rarement acquis à leur cause.
C’est l’objet de cette nouvelle rubrique
et du concours qui l’accompagne, de vous
permettre de confronter idées et solutions
d’aménagement. Pour que votre matériel
de pêche, bien aussi sacré que leurs rayons
cosmétiques à rallonge, trouve enfin
sa place dans la maison.
Envoyez-nous vos photos et commentaires sur
[email protected]
Les photos les plus appréciées seront publiées
dans le magazine et seront classées pour gagner
un séjour de pêche à Goumois dans le Doubs.
Jules Drouot est agent d’assurances spécialisé dans les objets d’art.
Son appartement parisien et sa nombreuse famille ne lui ont laissé
qu’un angle de couloir pour aménager son atelier de montage de
mouches et ses casiers de rangement. Il lui a donc fallu trouver des
solutions pour optimiser l’espace et décorer l’ensemble pour le faire
accepter dans le cadre d’un appartement pas vraiment conçu pour
le bonheur du pêcheur.
Les cannes ayant trouvé, elles, place dans un placard aménagé entre
deux portes condamnées.
Coulisses
D’abord un lieu où il se sent bien.
Avec des dessins, des toiles chinées çà
et là (un zodiac sortant du port de
La Rochelle). Et puis des trucs
d’organisation comme cette idée
d’enfiler sur des baguettes de
restaurant asiatique les bobines de soie
de montage par famille de couleur.
Les baguettes étant elles-mêmes
piquées dans les orifices du « métier »
en bois spécial mouche acquis chez
JMC il y a quelques années.
Sur la page précédente, on remarque
l’étau auto bloquant la grosse loupe à
tige flexible et la classique lampe
d’architecte. L’ensemble occupe
vraiment un petit coin de couloir,
entre deux chambres
et une salle de bains.
Les blocs de rangement
sont
des basiques d’Ikéa que Jules a repeint
avec ses enfants pour obtenir cet effet
patchwork qui a contribué à ce
que le coin de pêche soit bien accepté
par le reste de la famille.
Un bloc est consacré à la mouche,
un autre aux leurres et au manié,
un autre enfin à la mer.
Tresses et fils
sont à portée
de main dans des rangements
improvisés à partir de caisses
de Véga Sicilia, sublime vin espagnol
de Ribera del Duero.
FOCUS
• Le renouveau des résines UV
p. 68
• Leurres souples Pezon & Michel Gunki
p. 74
• Canne JMC Triumph 9 pieds soie 10 et soie Compétition
WF 10 intermédiaire
p. 78
• Gilet Simms Pro Vertical Vest
p. 82
• Petitjean Swiss Bobbin Knotter
p. 84
• Shopping
p. 90
• Montage
p. 92
p. 82
p. 84
p. 92
p. 90
FOCUS
Ce n’est que récemment, avec
l’arrivée du Bug Bond et le battage
fait sur le marché autour de ce
produit, que je me suis de nou-
veau intéressé aux résines poly-
mérisant aux ultraviolets.
J’ai donc acheté un petit tube de
Bug Bond à la va-vite en quittant
le salon de Charleroi en janvier
dernier et me suis dit que je trou-
verais bien une lampe plus tard,
disposant entre autre une
ancienne lampe UV de détecteur
de faux billets, achetée à
l’époque pour faire mes dos de
gammares. J’ai essayé le produit
en rentrant chez moi et très déçu,
je n’ai pu que constater qu’il ne
polymérisait pas mieux sous
cette lampe que lors de mes
essais anciens. J’ai par la suite
retrouvé une mini lampe UV en
aluminium gris de détecteur de
faux billets du format d’une pile
AA et, après avoir eu du mal à
trouver des piles adaptées pour
faire re-fonctionner l’engin, je n’ai
pu que constater que la polymé-
risation de la résine ne se faisait
qu’en surface. Dès le lendemain,
j’ai essayé alors de profiter du
rare soleil hivernal mais le résul-
tat ne me satisfaisait qu’à moitié
et sortir à tout bout de champ
pour polymériser chaque étape
d’un montage ne me convenait
pas, d’autant que je monte en
principe mes mouches essentiel-
lement le soir !
La polymérisa
tion fut quasi-
instantanée
et réussie,
soit avec
la lampe
ou avec
le tunnel.
Les résines UV sont présentes depuis longtemps sur le marché. Je les ai utilisé avec
un succès mitigé à une époque, pour réaliser des dos de gammares, des chironomes,
mais aussi pour tenter de réparer des waders puisqu’ils étaient aussi vendus pour ça.
J’avais alors rencontré des problèmes pour réussir une bonne polymérisation
systématique des produits et avais finalement rangé les tubes au fond de mes tiroirs,
plutôt déçu.
Par Philippe Collet
Le renouveau des résines
FOCUS
Ces leurres constituent de
grosses bouchées capables de
mobiliser de gros poissons, mais
aussi de faire bouger tous les bro-
chets, même les plus petits du
secteur. Les poissons finissent
forcément par s’intéresser à un
moment ou un autre à ces leurres
très réussis, ainsi qu’en attestent
les photos des nombreux bro-
chets pris lors de nos essais.
Le Grubby Gun 6,7’
Le Grubby Gun est une virgule
remise au goût du jour en version
XL par Pezon. Elle mesure 17 cm
et pèse déjà 36 grammes non
montée. Son appendice caudal
nage à la moindre sollicitation et il
est possible de la faire nager à
toute petite vitesse, armée d’une
tête plombée de ne serais-ce que
de 3.5 grammes. A partir d’un
poids de 5 grammes en tête, ce
leurre travaille à la perfection. Il
pulse tranquillement sur les
phases de descente un peu à la
façon du Real Eel Savagear pré-
senté dans le précédent numéro
Pêches Sportives
, dans lequel
Philippe Boisson avait d’ailleurs
signé un article intitulé «N’oubliez
pas la virgule ». Ce leurre peut être
animé en surface en buzzing. Il
Lors de nos
essais, nous
avons utilisé
les leurres
dans des
limites
extrêmes de
faibles
grammages.
Chez Pezon & Michel, la gamme de leurres souples Gunki, lancée l’année dernière,
s’est enrichie cette année de gros, voire de très gros modèles destinés spécifiquement
à la traque de nos chers brochets. Il s’agit de la gamme Pike Addict.
Par Philippe Collet
Leurres souples
Gunki Pike Addict
Chez Pezon & Michel
réussite au ferrage nous avons
ouvert leurs dos avec une lame de
cutter pour favoriser le dégage-
ment de la pointe de l’hameçon.
Nous les avons équipés de deux
ou trois petits inserts tungstène
de 0,9 grammes dans le menton.
Que ce soit la Sweep Gun ou le
roller Gun, tous deux ont nagé à
merveille, parfaitement droits car
quillés par l’hameçon et les
inserts. Ils avaient un rolling et une
nage de swimbait particulière-
ment attractifs et ils passaient
partout au ras du fond. Ils ont
déclenché plusieurs belles
attaques, bien ciblées (ainsi qu’en
attestaient les traces de dents).
Malgré des ferrages appuyés ils
sont ressortis sans encombre de
la gueule des poissons dont celle
d’un beau brochet, pris à vue à un
mètre du bord, ferré sans succès
après qu’il se soit retourné vers le
large. Ces leurres ne sont pour le
moment pas faits pour cet arme-
ment, mais de petites modifica-
tions pourraient peut être, à
terme, les rendre plus efficaces
dans ce cas.
Nous avons été séduits en tout les
cas par la gamme Gunki Pike
Addict et ces leurres souples ne
sont pas prêts de quitter nos
boîtes. Je crois savoir par ailleurs
qu’ils sont aussi utilisés avec suc-
cès, beaucoup plus lestés, dans
les lacs alpins ou en Espagne où
Vincent de Bruyne guide de pêche
et membre du Team Pezon a usé
jusqu’à la corde sa première dota-
tion d’essai la saison dernière.
Le Roller Gun
16 cm monté
en texan, avec
deux petits
inserts
tungstène de
0,9 g. Une
nage parfaite,
mais que des
poissons
loupés car
l’hameçon 10/0
ne sort pas
suffisamment à
la touche. Un
bon outil pour
le faire sortir
des obstacles
et les tenter de
suite avec un
autre leurre
armé.
FOCUS
Cette canne de 2,74 m (9 pieds)
est proposée en quatre brins et
livrée dans un tube comparti-
menté. Son encombrement,
réduit, est de seulement 73 cm
pour la canne et 80 cm pour le
tube, des tailles appréciables pour
le transport et les voyages. Sa poi-
gnée en liège, de forme tulipe, est
assez longue et d’un diamètre suf-
fisant pour garantir un bon confort
pendant plusieurs heures de lan-
cer. Son porte moulinet anodisé
argent, simple mais robuste et
esthétique, est prolongé par un
petit talon de combat. Enfin,
l’équipement de cette canne est
prévu pour résister à la corrosion
marine en cas d’usage régulier en
mer.
Je souhaitais depuis longtemps
essayer une canne puissante mais
suffisamment douce ou moelleuse
pour se charger rapidement sur le
premier tiers avant et envoyer
sans à-coups fatigants des
mouches à brochet. Je souhaitais
également une canne capable de
lancer loin avec des soies plon-
geantes et des mouches un peu
plus petites et légères typées
pêche du bar. Sur les conseils avi-
sés de Grégoire Juglaret, commer-
Elle permet
d’effectuer
de longs
lancers,
pendant des
heures, sans
trop de
fatigue
La série Triumph fait partie des plus anciens modèles de cannes de la marque JMC.
C’est un produit efficace, capable d’envoyer de gros streamers et de brider un brochet
record sans broncher. Cette nouvelle version reste fidèle à la tradition de ce modèle.
Nous avons profité du test de cette canne pour lui associer la nouvelle soie JMC
Compétition WF 10 intermédiaire.
Par Philippe Collet
Canne
JMC Triumph SPM et soie JMC
Compétition WF 10 Intermédiaire
FOCUS
canne est donc un très bon outil
polyvalent pour qui souhaite s’es-
sayer aux pêches du bar et du
brochet et aux petites pêches tro-
picales. Il existe également deux
autres modèles, l’un pour soie de
8 destiné à des pêches plus
légères, l’autre pour soie de 12
voué à des pêches plus viriles.
La soie JMC compétition
intermédiaire en forte taille
Constituée d’un fuseau de 12,5 m
prolongé par un long running line
plus fin, la soie JMC compétition
est une soie “à shooter”. J’ai sou-
haité l’essayer en taille 10 et en
version intermédiaire pour les
pêches du brochet et les pêches
en mer. Elle possède une âme
sans élasticité, visible sous la par-
tie intermédiaire vert bleu translu-
cide, ce qui lui confère un avan-
tage énorme à mes yeux lorsqu’il
s’agit de réussir des ferrages sur
des poissons à la gueule pavée
comme les brochets, ou dans les
courants et les remous qui font
onduler la soie en mer.
Essayée à plusieurs reprises pour
pêcher le brochet, dans des
conditions très dures et avec un
vent glacial entre 0 et -2°C, elle est
restée très souple et sans
mémoire malgré la glace qui pre-
nait à sa surface et dans les
anneaux de la canne dès sa sortie
de l’eau. Son running line ne s’est
pratiquement jamais emmêlé.
C’est là une soie destinée aux
eaux tempérées, mais qui sup-
porte sans broncher le froid. Elle
n’est par contre pas adaptée à un
usage tropical car exposée à une
chaleur excessive elle devient trop
molle, comme de nombreuses
autres soies soumises à ce traite-
ment.
Cette soie possède un running line
(partie arrière plus fine) jaune,
assez fin pour bien filer dans les
anneaux mais suffisamment épais
et rigide pour ne pas s’emmêler à
tout bout de champ et s’échapper
des doigts du pêcheur lors du lan-
cer ou d’un ferrage par exemple.
Dès les premiers lancers après la
sortie du moulinet, ce running line
fuse sans souci dans les anneaux.
Il est connecté avec la partie avant
de la soie, sur la même âme, par
changement de matière et fusion
des deux parties et coloris. Il
n’existe pas de point de déforma-
tion et de rupture au niveau de
cette jonction que l’on ne sent pas
sous les doigts. Le revêtement de
cette soie est micro strié, c’est-à-
dire doté de stries disposées sur
tout le périmètre de la soie dans le
sens de sa longueur. En emmaga-
sinant de l’eau, ces stries permet-
Une soie au
profil plus
classique
lancerait
potentiellement
moins loin
mais porterait
plus
facilement et
de façon plus
directionnelle
une grosse
mouche
entre 15 et
20 mètres.
Il n’existe pas
beaucoup
de soies
de ce type
actuellement
sur le marché.
La soie JMC Compétition, marquée
par mes soins à 3,5 m de sa pointe
en réalisant de petits repères en
forme de grain de riz avec de la
résine UV teintée en orange (voir
notre article sur les produits UV)
alors une de ces options par
poche.
Ce système modulable permet de
créer son propre agencement.
Une fois chargé et porté, ce gilet
est un modèle d’équilibre. Rien ne
gêne sur les côtés, ni ne pèse sur
les épaules. Ceux qui ont peur de
manquer de munitions préfèreront
sans doute un modèle à (doubles
voire triples) poches horizontales.
Pourtant, dans la configuration
présentée ici, avec quatre boîtes
(quatre faces), ce gilet emporte
tout de même plus de 1200
mouches ! Une cinquième boîte,
plus petite peut aussi trouver sa
place dans une poche intérieure
ou extérieure. A vous de choisir
entre poids, encombrement et
confort !
Outre l’usage général qui en est
fait par les pêcheurs de truites et
d’ombres, les amateurs de pêche
du saumon ou de la truite de mer
trouveront en ce modèle un gilet
parfait pour n’emporter que le
strict nécessaire : deux boites à
mouches, quelques bobines de
nylon, un imperméable dans la
grande poche arrière et c’est
parti!
Fait pour durer
Les produits Simms bénéficient
d’une excellente réputation. Ce
gilet 100% nylon présente un
revêtement DWR (durable water
resistant). Les fermetures Eclair
sont de grande qualité et ne vous
lâcheront pas de sitôt. La preuve
que les grandes marques de vête-
ments de pêche à la mouche
savent proposer des produits qui
ont su évoluer au fil du temps. Le
Vertical Guide Vest est une évolu-
tion des modèles précédents et on
voit bien que Simms maîtrise son
sujet.
Prix conseillé : 149 euros.
www.ardentflyfishing.com
Les deux grandes
poches verticales
permettent, grâce
à un système
d’ouvertures latérales
d’emporter quatre
boites de 13 x 9 cm
(C&F Design,
To-Tho…). Il reste
alors cinq autres
poches extérieures
pour le rangement du
nylon (sans compter
les quatre micro-
poches situées sur
la poche verticale
droite, relativement
inutilisables).
A l’intérieur, on trouve
quatre poches de
grand volume et au
dos, une classique
grande poche ainsi
que deux plus petites
de 19 x 15 cm.
A cela s’ajoute
quatre anneaux
porte-accessoires,
un “rétractor”
et un anneau porte
épuisette.
FOCUS
Nés avec le développement de la
pêche au lancer des poissons
marins de grande taille (carangues
ignobilis, thons à dents de chiens,
et autres poissons à rostres), les
PR et FG knots sont des raccords
mis au point par des pêcheurs
japonais afin d’assurer des jonc-
tions solides entre une tresse et un
fluorocarbone. Ces deux raccords
sont similaires. Seule la finition
change, selon que l’on choisit de
terminer le raccord avant (FG) où
après (PR) l’extrémité du brin de
fluorocarbone. Dans les deux cas,
ils sont très inspirés du fameux
bimini twist, bien connu des
pêcheurs en mer. Le développe-
ment de la pêche aux leurres en
eaux douces et notamment la
généralisation de la pêche du bro-
chet avec des big baits (leurres
dont le poids est compris entre 50
et 150 g environ) génère des
contraintes techniques qui pous-
sent les pêcheurs à utiliser des
lignes et des bas de lignes en tous
points similaires à celles utilisées
pour pêcher en mer. Les raccords
entre tresse et bas de ligne souf-
frent lorsqu’on lance toute la jour-
née de très gros jerkbaits ou d’im-
posants leurres souples. Ce point
Les raccords
entre tresse
et bas
de ligne
souffrent
lorsqu’on
lance toute
la journée
de très gros
jerkbaits
Marc Petitjean aime les défis. L’inventeur du Magic Tool s’est intéressé cette fois à la
pêche aux leurres et a mis au point un petit appareil astucieux, qui permet de réaliser
impeccablement les raccords tresse/fluorocarbone.
Par Philippe Boisson
Petitjean Swiss Bobbin Knotter I et II
Des raccords de pro !
FOCUS
Réalisation
d’un PR knot
1. Pas de joints qui risquent
de mal vieillir. L’emboîtement
des bobines est
intégralement mécanique.
2. La tresse est simplement
enroulée tendue dans
la gorge de la bobine par
7 ou 8 tours.
3. Elle est ensuite passée à
droite du plot de guidage
puis dans la gorge terminale
en sortant à droite.
4. Vue de la molette de
freinage située derrière
l’outil. Elle doit permettre
un dévidement forcé
de la bobine. De ce réglage
très important dépend
le serrage des spires.
5. Le brin de fluorocarbone
passe quant à lui sous le
téton terminal. La mise en
œuvre de l’appareil ne prend
donc que quelques
secondes. Après quelques
essais, tout devient très
naturel.
P
ARALLELIUM
/
Fluorohybrid Pro
Si vous cherchez un fil autre qu’une tresse à
mettre sur votre moulinet casting, le
Fluorohybrid Pro se place en produit idéal.
Moins élastique que le Polyvilon de la
même marque, le Fluorohybrid Pro
bénéficie lui aussi d’une absence de
mémoire qui le rend facile d’emploi. Le
Fluorohybrid Pro convient autant aux
experts, qu’aux débutants. Perruques
beaucoup plus faciles à “gérer” qu’avec
une tresse, discrétion lors des animations,
contact avec le pouce plus doux, tels sont
les atouts de ce fil qui pardonne aussi
beaucoup plus les erreurs de timing au lancer
qu’avec une tresse, dépourvue totalement
d’élasticité. Ce fil possède les avantages d’un
fluorocarbone, sans en avoir les inconvénients. Il
s’agit d’un procédé de fabrication mixte entre un
fluorocarbone PVDF premium et un copolymère (2 CXP).
Prix conseillé : 19,95 euros les 150 m (diamètre 33,5/100).
Notre avis :pour tous ceux qui reprochent au Polyvilon une élasticité excessive, qui occasionne des retards au ferrage ainsi que des
poissons perdus faute de réactivité. Sans conteste la meilleure alternative aux tresses. Ne pas hésiter à choisir un diamètre élevé
(33,5/100) qui n’a rien d’anormal sur un moulinet casting. Le fil idéal pour bien débuter le bait casting.
S
AKURA
/
Gunner
Le moulinet à tambour fixe Sakura Gunner, est l’une des
nouveautés marquante de la marque. Jugez plutôt ; 12
roulements japonais stainless (anti corrosion), bâti, rotor
et carter en aluminium plein, engrenages haute
précision Worm Shaft, guide fil en titane, pignonerie
renforcée, anse de panier creuse également en titane.
Capacités : 100 m de 15/100 (2012 FD) ou 180 m de
20/100 (4012 FD). Poids respectifs de 275 g et 375 g.
Prix conseillé : 149 euros pour le 2012 FD et 166 euros
pour 4012 FD. Fournis avec une bobine supplémentaire.
Notre avis :
le rapport qualité prix du Gunner est
impressionnant. Ce moulinet qui supporte l’eau salée
dispose d’un équipement jusqu’alors réservé aux
modèles fabriqués au Japon, beaucoup plus onéreux.
FOCUS/
montage
Depuis longtemps adoptés par les pêcheurs de salmonidés migrateurs, les mouches mon-
tées sur des tubes en plastique ou en cuivre, permettent de revisiter les modèles connus,
mais aussi laissent l’imagination libre de composer avec un grand nombre de matériaux
naturels ou synthétiques.
Par Jean-Marc Theusseret
Streamers à truites,
osez les tubes flies !
La pêche de la truite en rivière avec des streamers occa-
sionne la perte de nombreux poissons. A la touche tout
d’abord puis lors du combat. La raison de ces échecs
tient au fait qu’en rivière, le courant perturbe sans cesse
la trajectoire de la soie et du bas de ligne qui ne suivent
jamais totalement les veines d’eau. L’attaque d’une
truite sur un streamer est également différente de celle
d’un saumon ou d’une truite de mer. Une truite de rivière
ne garde que très peu de temps la mouche. Si elle n’est
pas piquée très rapidement, elle recrache ce leurre qui
n’a ni goût, ni texture intéressante. Autant de raisons qui
ont poussés certains pêcheurs à sortir du schéma clas-
sique d’un streamer monté sur un hameçon simple à
hampe longue au profit d’un tube fly. Le célèbre mon-
teur de mouches professionnel Alain Barthélémy s’est
penché sur la question. Il importe pour la France les
matériaux de montage Eumer. Les modèles de strea-
mers retenus pour cette rubriques sont montés avec les
tubes et les casques en laiton ou tungstène proposés
par la marque finlandaise. Une partie des matériaux de
montage comme les dubbings et les fourrures sont éga-
lement des produits Eumer. Les résultats obtenus sont
particulièrement satisfaisants. Le casque étant placé en
dernier. il est d’abord collé, puis les toris ou quatre milli-
mètres de tube qui restent sont fondus à la flamme d’un
briquet. Ce montage serti/collé garantit une qualité et
une longévité professionnelle des streamers ainsi mon-
tés. Les modèles présentés ici ne sont que des
exemples car les possibilités sont infinies. A chacun de
choisir en fonction des poissons recherchés (plus ou
moins sauvages) et des conditions de pêche (saison,
eau calme ou plus courante). Comme sur les mouches à
brochets montées avec des tubes, on peut choisir la
position de l’hameçon, plus ou moins en arrière de la
mouche. Une gaine silicone de diamètre adapté à celui
du tube permet une position idéale de l’hameçon, bien
dans l’axe de la mouche. A la touche, l’hameçon reste
mobile et le tube remmonte souvent sur le bas de ligne.
renseignements :
www.abfly.com
Les tubes flies ne sont pas réservés aux mouches à saumon, truite de mer et à brochet. Avec les truites de rivières,
ce type de montage réduit considérablement le nombre de poissons perdus, grâce à la mobilité de l’hameçon.
Tricolore revisitée
Contrairement au poils de lapin, qui s’im-
mergent lentement, le marabou permet
de trouver de la profondeur plus rapide-
ment. Un bon modèle pour le début de
saison et pour les postes profonds.
1. Commencez l’enroulement d’un fil de
montage noir de gros diamètre (type
Gossamer).
2. Par la pointe, fixez une grande plume
de marabou olive. Ajoutez une goutte
de colle.
3. Enroulez sur 3 ou 4 tours en rabattant
les fibres en arrière. Sur le dessus, pla-
cez quelques fibres de Lureflash nacré
de la longueur des fibres.
4. Recommencez l’opération avec une
plume de marabou noire.
5. Enroulez-la sur 3 ou 4 tours en rabat-
tant les fibres en arrière.
6. Veillez à bien couper le pieds des fibres
pour éviter les surépaisseurs. Ajoutez
un nouveau point de colle.
7. Placer un casque plat rouge (noir,
orange, ou doré) après avoir déposé
une petite goutte de colle. Coupez le
tube à 4 mm du casque.
8. Comme vous en avez maintenant l’ha-
bitude, faites fondre le tube pour sertir
le casque.
9. Ce streamer passe très bien partout, et
la tête fait office de bavette. Les fibres
en vibrent d’autant plus. Très bon
modèle pour le début de saison,
lorsqu’il faut “racler” le fond pour faire
bouger des poissons peu mobiles.
Silver Fox
Un modèle inspiré des streamers
pour la truite marbrée. Pour eaux
calmes ou faiblements courantes,
car son immersion est très lente.
1. Commencez l’enroulement d’un
fil de montage noir de gros dia-
mètre (type Gossamer).
2. Faites une boucle à dubbing et
incorporez-y une grosse pincée
de Wild hare Dubbing (AB Fly)
noir après avoir poissé le fil.
3. Torsadez le dubbing.
4. Enroulez le dubbing sur 3 ou 4
tours. Bloquez et coupez.
5. Sous la mouche, placez une pin-
cée de poils de queue d’écureuil
naturel. Point de colle obligatoire
comme à chaque étape.
6. Ce montage peut se faire avec
du lapin (type zonker), mais ici il
s’agit de peau de renard
argenté, plus souple et plus fine.
Fixez-la solidement et collez-la.
7. Sur cette vue, on voit très bien le
sens d’enroulement d’une
bande de lapin “cross cut”.
8. Attention au chargement, la
mouche doit pouvoir couler !
Deux tours maximum.
9. Placez un casque noir après
avoir déposé une petite goutte
de colle. Coupez le tube à 4 mm
du casque.
10. Faites fondre le tube à la
flamme d’un briquet.
11. Souplesse, le maître mot pour
ce streamer qui imite tout
autant un chabot, une loche ou
une lotte.
FOCUS/
montage
Wooly Bugger
Puglisi
Une version du plus célèbre de
tous les streamers (et souvent le
meilleur). Le traditionnel hackle
olive a été remplacé ici par un pro-
duit qui sert à faire des pattes de
tarantules (E. Puglisi Tarantula
Hairy Legs Brush) ! Un modèle
facile à lancer, qui coule bien et …
qui prend !
1. Commencez l’enroulement d’un
fil de montage noir de gros dia-
mètre (type Gossamer).
2. Fixez quelques fibres de Cristal
Flash transparantes.
3. Fixez deux grosses pincées pro-
venant d’une plume de marabou
vert olive foncée (il en existe du
plus clair, moins bien accepté
des truites).
4. Veillez à bien couper le pieds
des fibres pour éviter les suré-
paisseurs. Ajouter un nouveau
point de colle.
5. Fixez la mèche de Tarantula
Hairy Legs Brush. L’âme de ce
produit est constitué de deux fils
de cuivre torsadés. Une goutte
de colle est indispensable,
comme pour toutes les étapes.
6. Enroulez la mèche sur 3 ou
4tours pour former un corps
généreux. Bloquez et coupez
l’excédent.
7. Placez un casque orange (noir
ou doré) après avoir déposé une
petite goutte de colle. Coupez le
tube à 4 mm du casque.
8. Faites fondre le tube pour sertir
le casque.
9. La mouche terminée. Le poids
du fil de cuivre au niveau du
corps contribue à l’équilibre de
ce streamer passe-partout, qui
pêche bien en petit comme en
grand courd d’eau.
FOCUS/
montage
out commence là
bas dès le mois de
mars avec la période
des «duck flies »,
c’est-à-dire les premières éclo-
sions de gros chironomes.
Ma première rencontre avec
le lough Corrib me laisse
le souffle coupé… C’est tout
simplement immense et magni-
fique!Nous le pêcherons dans
sa partie nord aux environs de
Clonbur ce qui nous permettra
en même temps de rendre une
petite visite au lough Mask.
Nous nous dirigeons vers l’em-
barcadère de Roy Pierce, guide
de pêche et propriétaire du
Grasshopper Cottage situé au
bord du lough Corrib. Si vous
recherchez un guide (indispen-
sable selon moi à tel point cette
pêche nous est inconnue) Roy
est la personne qu’il vous faut.
Il connait le lac comme sa
poche et appelle les truites par
leur prénom. Nous mettons
rapidement les barques à l’eau
avec Michael et David. Je fais
équipe avec Michael. Il m’ex-
Malheureusement, malgré la
présence de nombreux insectes
et de quelques gobages épars,
cette truite restera notre seule
invitée temporaire à bord. La
pêche est parfois ainsi faite, mais
le charme n’en est pas gâché
néanmoins. Vers midi, nous
nous laissons échouer sur une
petite île, où nous prenons le
temps de déguster quelques
sandwiches, accompagnés d’une
bonne tasse de thé, préparé à
l’aide d’une bouilloire locale plu-
tôt originale, mais surtout avec
de l’eau du lac !
Nous retournons ensuite assez
rapidement sur l’eau, parcour-
rant les baies à la recherche des
insectes et des oiseaux. Nous
explorons ainsi les baies les plus
prometteuses qui soient en cette
période de l’année, mais sans
aucun résultat.
Puis, le soir venant, Mike m’an-
nonce qu’il estime que je suis
prêt à passer mon examen d’en-
trée. Entrée de quoi ? Je ne sais
pas , mais il m’emmène dans la «
baie des cochons », une baie peu
profonde qui, à priori, donne
vraiment de bons résultats le soir
et où les gros poissons rodent les
jours de vent en s’y goinfrant des
chiros emportés par les courants.
Ok, let’s go !
A peine arrivés, nous apercevons
un poisson en train de se nour-
rir, puis un second et enfin un
troisième !
Les petits cochons sont à table.
Je lance mon train de chiros
dans la veine du courant, loin
Michael
et David,
rédacteurs en
chef de Irish
Angler, guide
de luxe pour
découvrir
l’immensité
du lough
Corrib !
Où pêcher :
Les aventures de Tchouc
devant moi, le laisse descendre
doucement, et ne ramène en tri-
cotant que l’excédent accumulé
par la dérive du bateau afin de
rester bien tendu et en contact
avec mes mouches. Soudain je
sens un toc dans la ligne, je ferre
et le poisson part direct, emme-
nant tout de go une grande par-
tie de mon backing ! C’est gros,
Ça paraît même très gros ! Mike
est comme fou ! Il ne veut pas
que je perde ce poisson; il a ramé
toute la journée pour me faire ce
cadeau et il ne faut pas que je le
loupe ! Le poisson sonde puis
remonte à la surface où il me fait
quelques belles chandelles, mais
reste toujours accroché. Il se bat
comme un beau diable, y met
toute l’énergie qu’il lui reste,
mais perd imperceptiblement de
sa vigueur sous les coups persis-
tants que ma canne lui renvoie et
Comment pêcher le lough Corrib au fil des saisons :
– Du 15 mars au premier week end d’avril :
grande période du duckfly. Mouches :
buzzers émergents de tailles 10 à 14 époxy, et
sèches. La couleur orange fonctionne bien.
– D’avril à mi juin : saison des olives. Montage
utilisé en nymphe : pheasant tail en pointe et
diawl bach en potence. Night buzzers
possibles le soir.
– De mi mai à mi juin : saison de la mouche de
mai. La pêche en noyée donne toujours de
bons résultats avec 2 ou 3 mouches. Si les
poissons sont de sortie, n’hésitez pas à
utiliser de grosses imitations dans la vague et
de gros spents dans les criques lorsque le
vent tombe.
– Mi juin à fin septembre : trop de choses au
menu, les beaux poissons se concentrent sur
les alevins, et la pêche au streamer peut
alors donner de bons résultats mais elle est
beaucoup plus aléatoire qu’en début de
saison. Les sedges sont bien présents et
leurs imitations peuvent bien sûr être tentées
au coup du soir.
– De juillet à fin septembre : Il y a un coup à
faire à cette période sur les rassemblements
de daphnies au large. Les poissons s’en
gavent et les locaux les pêchent en noyée
avec une imitation de daphnie rouge en
pointe et un teaser très brillant en potence.
Le poisson attiré par le teaser monte vers
celui-ci, s’en détourne et prends au passage
l’imitation de daphnie.
Autre pêche intéressante à tenter : prospecter
les criques venteuses avec une imitation de
Daddy long legs (notre cousin français) ou de
sauterelle. Les poissons y rodent souvent à la
recherche de ces proies tombées à l’eau et
poussées par le vent.
– Fin de saison : En fin de saison, les grosses
truites se rassemblent à proximité des
rivières qui se jettent dans le lac et attendent
le bon moment pour remonter.
Hébergement :
Fairhill House Hôtel. Cet hôtel trois étoiles est le lieu de
passage obligé pour les pêcheurs du monde entier venus
se mesurer aux truites du Corrib ou du Mask. Situé à Clon-
bur, il vous place pile entre ces deux loughs ! Quoi de plus
rêvé qu’un lit confortable après avoir passé une journée
sur l’eau et une soirée animée à parler pêche avec les
clients du Eddies Bar, le pub de l’hôtel autour d’une pièce
d’agneau du Connemara arrosé de Guiness ? Vous pour-
rez réserver votre petit déjeuner tôt le matin, et Eddy, le
maître des lieux, se proposera de tout arranger pour vous,
les taxis, les guides de pêche et même la location des
barques. Eddy fait réellement le maximum pour satisfaire
les pêcheurs.
Une bonne adresse en tout cas (le personnel de l’hôtel
parle français (y compris le chef de cuisine), et le maga-
sin de pêche du village est situé juste en face de l’hôtel !
Renseignements : www.fairhillhouse.com
Guide de pêche :
Roy Pierce, propriétaire du Grasshopper Cottage vous
emmènera sans conteste là où se trouvent les poissons,
car je ne connais là personne de plus qualifié que lui pour
vous embarquer !
Meilleure période :
Je ne saurais trop vous conseiller de venir plutôt au prin-
temps, soit à la période du duckfly, soit pour celle de la
mouche de mai. Par la suite, la pêche en septembre
donne de bons résultats aussi. En revanche, l’été est sou-
vent plus aléatoire.
www.troutfishingireland.com
Pour partir : Ryan Air : www.ryanair.fr
Informations diverses :
Ici la monnaie est l’euro, et vous ne devriez pas être trop
perdu dans les magasins. N’hésitez pas à prévoir un gros
bagage en soute avec votre matériel de pêche et vos
vêtements de pluie. Une fois à l’aéroport de Dublin, vous
pouvez soit louer une voiture et vous rendre directement
à Clonbur, avec votre GPS (en français), assez pratique
surtout pour s’adapter à la conduite à gauche, ou alors
prendre un taxi (comptez 38 euros environ). A la gare de
Dublin Heuston il vous faudra prendre un train pour Cla-
remoris (environ 26 euros – ligne Dublin – Wesport ) –
Comptez alors à peu prés trois heures (les trains là-bas
n’avancent pas vite) puis un taxi pour Clonbur (Eddy du
Fairhill pourra vous le réserver) qui se trouve à 30 min
(environ 70 euros).
Pour les horaires de train : www.irishrail.ie
Guide pratique
Petit dictionnaire philosophique
du pêcheur de truites en pédalo
Ce livre est une première. Il ne ressemble à aucun autre. Il vous apprendra, chers pê-
cheurs, que vous n’êtes pas seulement des champions de la mouche ou du leurre, mais
bien des citoyens de l’onde. Accessibles au bienfaits de la réflexion philosophique.
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