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Pêches sportives magazine n°91
PECHES sportives n°91 20 Des nymphes pas comme les autres Parcours Nouvelle : La Falcon touch Au cas où vous ne l’auriez pas remarqué, nous n’avons plus de ministre de l’Environnement. NKM portant la parole du président candidat, la douce écoministre s’est fait porter encore plus pâle que d’habitude. Nous n’irons pas jusqu’à dire que […]
Rupture de stock
Description
PECHES
sportives
n°91
20
Des nymphes pas
comme les autres
Parcours
Nouvelle :
La Falcon touch
Au cas où vous ne l’auriez pas remarqué, nous n’avons plus
de ministre de l’Environnement. NKM portant la parole du
président candidat, la douce écoministre s’est fait porter
encore plus pâle que d’habitude.
Nous n’irons pas jusqu’à dire que c’est pour protester contre
cette désertion que les truites de la Bienne (haut Jura) se sont
mises à crever par centaines, ni que les bébés rougets grondins
et autres baudroies juvéniles se sont jetés tout seuls sur le par-
vis des Affaires maritimes du port de Sète, mais quand
même. Les poissons sont plus mobilisés que nous. Que l’éco-
logie soit en panne pour cause de campagne ne gêne que
2%de poètes qui veulent voter Eva Joly. Les autres iront
remplir leur devoir électoral le 22 avril. A moins qu’ils aillent
à la pêche. Ce qui finalement ne sera peut-être pas plus mal:
une bonne bredouille faisant peut-être mieux pour prendre
conscience du désastre de l’eau qu’un mauvais bulletin.
Vincent Lalu
EDITO
Et si les poissons votaient ?
Administration, rédaction, publicité :
Editions La Vie du Rail/ Pêches sportives
11, rue de Milan, 75009 Paris –
Tél. : 01 49 70 12 02.
Télécopie : 01 48 74 37 98.
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Comité éditorial :
Philippe Bertin,
François Boucheix, Bertrand Bourgeois,
Alain Gugenheim,
Vincent Lalu.
Directeur de la publication :
Vincent Lalu.
Rédacteur en chef :
Samuel Delziani.
Ont collaboré à ce numéro :
Philippe Boisson, Philippe Collet, Samuel Delziani,
Vincent Lalu, Jean-Chrisitan Michel, Guy Périat,
Jean-Pierre et Kathleen Piccin, Sylvain Richard,
Jean-Marc Theusseret.
Réalisation graphique :
amarena.
Secrétaire de rédaction :
Jean-Luc Roullet
Chef de fabrication :
Robin Loison.
Abonnements :
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Photogravure :
La Vie du Rail.
Impression :
Imprimerie Moderne de l’Est, Baume-les-Dames (25)
Commission paritaire :
1112 K 82373
.
ISSN : 1252-8358.
Dépôt légal : à parution.
Marketing et diffusion presse :
Destination Média
Photo de couverture : Pierre-Emmanuel Aubry
sur la haute rivière d’Ain.
Pêches sportives n° 91
Sommaire
TECHNIQUE MOUCHE
p.46
– Des nymphes pas comme
les autres
TECHNIQUE LEURRE
p. 54
– Le printemps du lancer ?
NOUVELLE
p. 68
– la falcon touch
CAHIER FOCUS
p. 72
– Le brochet au drop shot
– JMC Swing 911
– Illex Method Shad et Ashura
Monster Jerk Spécial
– Shimano Biomaster 4000 FB
-Etc…
MONTAGE
p. 96
– L’essentiel du palmer
OÙ PÊCHER
p. 106
– Rendez-vous en mer inconnue
PETITES ANNONCES
p. 113
– Les petites annonces
de
Pêches sportives
REFLEXION
p. 62
– Eloge de la déconcentration
ACTUS
– Politique: il n’existe plus de
ministre de l’environnement…
– Vienne : campagne de baguage
de brochets
– Aidez le Collectif LRC
L’ÉCHO DU RADIER
p. 24
– Slovénie : réponse de l’Institut
de la pêche slovène
-Vos réactions
L’ÉCHO DU RADIER
p. 30
– Têtes de bassin versant :
l’habit ne fait pas le moine…
Un DVD est inclus dans ce numéro
DOSSIER
p. 36
– 20 parcours de pêche pour
bien démarrer la saison
Actualités
France
Vienne : baguage de brochets
La Fédération de pêche de la Haute-Vienne a
lancé une opération d’empoissonnement le
25 janvier dernier. Près de 600 kg de poissons
ont ainsi rejoint les eaux de la Vienne pour
un budget total de 5 000 euros (300 kg de
brochets, 130 kg de perches et 160 kg de gar-
dons). La Fédération en a profité pour baguer
80 brochets non maillés (entre 40 et 50 cm)
afin de suivre leurs déplacements et leur évo-
lution morphologique. Si d’aventure vous de-
viez capturer un de ces poissons, notez le lieu
de capture ainsi que la taille du poisson, sans
oublier de relever le numéro figurant sur la
bague, de couleur jaune, implantée sur le
flan, à côté de la dorsale. Contacter ensuite
l’AAPPMA Les Ponticauds (06 71 72 65 79 ou
[email protected]) ou la Fédération de
pêche (05 55 06 34 77 ou federation-
[email protected]) afin de communiquer
ces informations.
A noter que l’AAPPMA Les Ponticauds offre un
bon d’achat de 10 euros chez Pacific Pêche à
tous les pêcheurs qui transmettront les pré-
cieuses informations.
2011, l’année la plus
chaude en France
depuis plus d’un
siècle
Selon les services de Météo
France, l’année 2011 a été la
plus chaude depuis le début
du 20
ème
siècle, avec une
moyenne de 13,6°C entre le
1erjanvier et le 26 décembre
pour l’ensemble du pays. Ce
sont les températures les plus
hautes depuis que l’institution
réalise des relevés. Cette
moyenne est de 1,5°C de plus
que la normale (température
moyenne de référence entre
1971 et 2000). Tous les mois
de l’année ont dépassé la
normale saisonnière, à
l’exception notable du mois de
juillet qui s’est révélé être le
plus froid depuis une trentaine
d’années.
Les bassins Rhône-
Méditerranée et
Corse en mauvais
état écologique
La moitié des eaux des bassins
Rhône-Méditerranée et Corse
est actuellement en mauvais
état écologique. L’Agence
régionale de l’eau Rhône-
Méditerranée et Corse a publié
le 6 décembre son rapport
annuel 2010 qui explique que
seules 51 % des rivières des
bassins qu’elle surveille sont
dans un bon état écologique.
L’agence souligne que l’objectif
de 66% d’ici à 2015 inscrit
dans le Grenelle de
l’environnement est encore
loin. Sur le banc des accusés :
les pesticides et les trop
nombreux aménagements et
altérations du lit des rivières.
L’étude s’appuie sur 3 millions
de mesures effectuées dans
1500 stations. A noter que
c’est la première fois qu’un
telle étude est rendue
publique.
Alors que la Semène, un af-
fluent de la Loire, est classée
en « bon état écologique », un
projet de reconstruction du
barrage des Plats, inutilisable
depuis 2006, inquiète les as-
sociations de défense de l’en-
vironnement et de pêcheurs.
Le nouveau projet doublerait
le niveau des prélèvements
d’eau en le passant de 45 à
100 litres par seconde !
Le Collectif Loire amont
vivante, regroupant une
quinzaine d’associations de
défense de l’environnement,
a lancé une pétition afin de
lutter contre ce projet néfaste
pour une rivière encore épar-
gnée. Vous pouvez agir en la
signant et en la diffusant au
plus grand nombre.
La pétition :
http://loireamontvivante.fr/
petition-pour-une-semene-
vivante-non-au-barrage-des-
plats-oui-aux-alternatives/
Action : une pétition pour la Semène
© Collectif Loire Amont Vivante
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lange de bitume brut, de sable,
d’argile minérale et d’eau. Le bi-
tume brut étant une autre forme
du pétrole brut. Le Canada pos-
sède en Alberta le plus grand gi-
sement du monde connu de ce
pétrole non conventionnel. Le
problème ? Pour obtenir un seul
baril, l’exploitant doit traiter deux
tonnes de sables bitumeux.
Selon les spécialistes, le Canada
devrait arriver sur le podium des
pays qui produisent le plus de
gaz à effets de serre et pourquoi
pas détrôner, l’Indonésie.
En Europe, végète un projet de
directive européenne qui devait
officialiser les sables bitumeux comme le pétrole le plus pol-
luant et qui n’a jamais été appliqué devant l’hostilité de cer-
tains pays de l’Union.
Après la décision du gouvernement conservateur de Harper
de désengager le Canada des accords issus du protocole de
Kyoto, l’effarement a touché de nombreux défenseurs de la
nature, au Canada ou ailleurs. Le Canada semble déterminé à
sacrifier sa nature sur l’autel du pétrole. Au Etats-Unis c’est le
projet d’oléoduc qui inquiète.
Le 6 novembre 2011, 12 000 personnes ont manifesté devant
la maison blanche pour protester contre le pipeline, ce qui
constitue un record pour les écologistes américains. Ils sont
particulièrement inquiets pour la zone sensible de Sand Hills
dans le Nebraska, une zone humide fragile et unique. Leur
combat semble donc loin d’être achevé. Cette portion devrait
entrer en service dans la deuxième moitié de 2013 selon
Transcanada.
TransCanada a annoncé le 27 février dans un communiqué
qu’il allait démarrer la construction d’une partie de l’oléoduc
controversé Keystone XL. Cette portion reliera le Texas à l’Okla-
homa et ne nécessite pas l’approbation de Barak Obama (en
janvier le président américain a refusé d’autoriser le lance-
ment du projet dans son ensemble ndlr). Le groupe canadien
estime son coût à 2,3 milliards de dollars (1,7 milliard d’eu-
ros). L’oléoduc doit transporter les hydrocarbures tirés des sa-
bles bitumeux de l’Alberta au Canada jusqu’au Golfe du
Mexique aux Etats-Unis.
Le sable bitumeux a mis le Canada sur la carte des grands
pays producteurs de pétrole. Ses réserves dans l’Alberta se-
raient le deuxième plus grand gisement du monde après l’Ara-
bie Saoudite. Mais à quel prix ? Cette technique d’extraction
est si décriée qu’on qualifie l’hydrocarbure qui en est issu de
« sale », notamment car son mode d’extraction est nettement
plus énergivore que les autres. Le sable bitumeux est un mé-
Amérique
Le mauvais feuilleton de l’oléoduc Keystone XL
Attention ! paysage en danger.
Afrique : un autre regard sur la piraterie
Chaque fois que nous détournons un
navire, nous nous approvisionnons en
denrées alimentaires. Nous achetons
des chèvres pour fournir de la viande et
du khat (une herbe narcotique douce
que l’on mâche – on prononce “tchat“).
Nous introduisons de l’argent dans l’éco-
nomie du pays. Comment les peuples
survivraient-ils sans cela ? Tous les pois-
sons de nos eaux ont été emportés
Ainsi débute l’excellent reportage du Bé-
ninois Christophe Assogba, Les bandits
bienfaiteurs du continent noir, publié
dans La Nouvelle Gazette, le quotidien
béninois dont il est le rédacteur en chef.
Récompensée par le prix Daniel Pearl
2011, cette enquête a été intégralement
publiée par Courrier international dans
son numéro daté du 2 au 8 février 2012
(N° 1109). Elle donne à voir une vérité
bien plus complexe que le portrait ré-
ducteur résumant le pirate à un vulgaire
criminel. Le journaliste s’intéresse tout
d’abord aux pirates agissant à partir de la
Somalie et du Puntland (dans l’Est de
l’Afrique). Construction de bâtiments à
vocation publique, introduction de finan-
cements dans l’économie légale, ces
groupes assurent également un sem-
blant d’ordre dans une zone de non-
droit, où l’Etat est quasiment absent.
Aujourd’hui la piraterie constitue la pre-
mière force économique dans la région
et l’on estime à 38 millions d’euros les
gains annuels de cette activité. A titre de
comparaison, en 2009, le budget total
du gouvernement du Puntland s’élevait
à 13,5 millions de dollars et les pro-
grammes de développement financés
par la Grande-Bretagne ou les Etats-Unis
à près de 3,5 millions d’euros la même
année.
Dans ces conditions, on se demande
bien comment les pirates pourraient
cesser leurs activités. La plupart sont
d’anciens pêcheurs qui devant l’impos-
sibilité de nourrir leur famille avec leur
métier ont mis leur embarcation et leur
connaissance de la mer au service de la
piraterie.
Où se situe la responsabilité finale-
ment? Chez ces populations, qui déjà
fragiles, ont perdu toutes possibilités de
vivre dignement dans la légalité et qui
du coup s’adonnent à la piraterie ? Ou
du côté des grands groupes européens
qui pillent les ressources halieutiques
des pays africains ? Notamment grâce à
une surcapacité de pêche en partie fi-
nancée par nos impôts, alors que dans
le même temps, l’Europe met en place
de laborieuses politiques de dévelop-
pement à l’attention de l’Afrique et que
des flottes militaires des pays riches ont
lancé de vastes opérations de sécurisa-
tion aussi coûteuses qu’inefficaces. Ainsi
Greenpeace vient de publier une en-
quête dénonçant le pillage des océans
par une flotte européenne toujours plus
vorace. Cette flotte a déjà quasiment
vidé les ressources halieutiques com-
munautaires et « délocalise » mainte-
nant toujours plus loin ses moyens
surdimensionnés. Alors qui sont les pi-
rates ?
Actualités
Après un passage à Caen et Pau, la dernière
étape du Rise festival s’est déroulée au Puy-
en-Velay le 3 mars dernier. 650spectateurs se
sont réunis pour faire le plein d’images de
pêche à la mouche sur grand écran. Le Club
Mouche de la Haute Vallée de la Loire
(http://cmhvl.over-blog.com/) porte l’évène-
ment depuis l’année dernière et, en collabo-
ration avec la société de production Gin Clear,
a permis la diffusion du festival en France.
Grâce au travail de quelques bénévoles pas-
sionnés, les films ont été traduits et sous-ti-
trés et ces mêmes passionnés ont même
doublé le film phare de la soirée : «Éclo-
sions». L’une des ambitions du festival est de
porter une vision de la pêche respectueuse
de l’environnement et du poisson. La syner-
gie trouvée entre les différents partenaires
constitue ainsi un espoir dans l’évolution du
loisir pêche et dans la prise de conscience de
la protection de nos milieux aquatiques.
Présenté par Gin Clear, le festival s’arrêtera
également dans de nombreuses villes euro-
péennes.
Pari réussi pour la seconde édition
du Rise Festival
La Fédération de pêche de la Haute-Vienne crée son team
La Fédération de pêche de la Haute-Vienne organise depuis plusieurs années des stages de
pêches durant les vacances scolaires à l’attention des jeunes âgés de 8 à 16 ans (8 stages de 4
jours et 82 jeunes cette année). Elle se lance également aujourd’hui dans la compétition de
pêche au leurre. Alors qu’une des AAPPMA du département, « Les Ponticauds », organise de-
puis trois ans un open AFCPL « Street Fishing » sur les bords de la Vienne à Limoges, la fédéra-
tion a décidé de créer un nouvel événement de Street Fishing.
Cependant, cette AAPPMA s’est rendue compte que très peu de pêcheurs de la région osaient
se confronter aux compétiteurs du circuit. Afin de palier à cette carence, le « Team FD87 » vient
tout juste d’être créé par la Fédération de pêche. Dans l’optique de donner une identité à cette
nouvelle équipe, des sweat-shirts ont été créés. Floqués « Fishing Attitude », ils véhiculent une
certaine idée de la pêche, c’est-à-dire une attitude de pêche responsable. Bonne chance à ce
tout nouveau team !
Contacts :
Les animateurs Julien BARRET et Julien PACHERIE de la Fédération de pêche 87
Tel : 05 55 06 34 77 – [email protected] – www.federation-peche87.com
Bourgogne
Un club mouche
dynamique en
Côte d’Or
Le Club Mouche Saint-Apolli-
naire (CMSA), affilié à la
FFPML, est un club mouche
proche de Dijon. Il œuvre au
sein du comité Bourgogne à la
promotion de la pêche à la
mouche. Les juniors du CMSA
ont rejoint dernièrement les
rangs d’une école de pêche
nouvellement créée : l’Ecole
de pêche du Grand Dijon,
émanation du Comité Bour-
gogne, du GPS Dijon et de
l’APPMA de la Truite Bourgui-
gnonne.
Le CMSA soutient cette struc-
ture qui favorise l’accès des
jeunes à la pêche à la mouche.
Du côté des seniors, le CMSA
se réunit tous les quinze jours
pour parler technique et mon-
tage de nouvelles mouches. Le
club organise également des
sorties de pêche. (coups du
soir dans la proche banlieue
de Dijon, sorties dans le
Doubs, le Jura, voire les Vosges
ou l’Alsace.) Le club, dont la
devise est « Pêcher ensemble
pour progresser », se fixe
comme objectif de recruter
des moucheurs expérimentés
de l’agglomération dijonnaise,
afin de partager avec les mou-
cheurs néophytes leur amour
et leur connaissance de la
pêche.
Renseignements :
http://clubmouches-
tapo.canalblog.com
cmsapechemouche@gmail
.
com
Agenda
Pro Am : une compétition d’un genre
nouveau
Déjà fort populaire aux Etats-Unis, où ce type de compétition
rencontre un fier succès, un circuit « Pro Am » vient d’être créé
en France. La Bassboat Pro-Am Cup est une compétition de
pêche des carnassiers (Brochet, Sandre, Perche) au leurre artifi-
ciel exclusivement. Le principe est simple. Un plateau de pê-
cheurs « Pro » possédant un bateau et un plateau de pêcheur «
Co-Angler » qui n’en possède pas. Après tirage au sort, deux pê-
cheurs issus de plateaux différents feront équipe, le « Pro » à
l’avant de l’embarcation, le « Co-Angler » à l’arrière. En cas de vic-
toire au classement général, les deux sont récompensés : le «
Pro » par une somme d’argent importante, le « Co-Angler » par
un bass-boat Tracker complet (ensemble bateau + moteur + re-
morque). Le droit d’engagement est de 600 euros par personne.
Renseignements :
http://www.proamfishingcup.com/index.html
Forum mondial de l’eau de Marseille :
le temps des solutions ?
A l’heure où nous bouclons ce nouveau numéro, le 6e Forum
mondial de l’eau se tient à Marseille (12-17 mars). Avec plus
de 300 conférences, plus de 800 heures d’échanges et de dé-
bats, une vingtaine de réunions politiques de haut niveau, ,
plus de 1 200 solutions en ligne publiées et un « Village des
Solutions », le 6ème Forum Mondial de l’eau se veut l’événe-
ment incontournable dans l’agenda politique de préservation
de cette ressource plus que jamais en danger.
A noter qu’un contre forum, le FAME (Forum alternatif mondial
de l’eau), regroupe les représentants de la société civile et
d’associations écologistes et tente de faire valoir un autre
point de vue. Notamment, ils militent pour que l’eau soit dé-
clarée « non privatisable », estimant qu’elle est le bien com-
mun de l’ensemble de l’humanité.
Renseignements :
http://www.worldwaterforum6.org/fr/accueil/
http://www.fame2012.org/fr/
Le concours de montage du salon de
Paris a rendu son verdict
Le concours de montage de
mouche organisé par Pêche
à soie, Lapeyre Pêche, Du-
mont Rods et Bruno Pimpa-
nini à l’occasion du Salon de
la pêche sportive qui s’est
tenu les 17 et 18 février der-
nier au Parc floral de Paris, a
rendu son verdict.
Le jury composé de Michel
Rigault, Bruno Pimpanini,
Marc Petitjean et Jean-
Claude Lapeyre a décerné les
différents prix (plus de
1000euros d’équipement).
Les gagnants sont :
1- Henri Calavia
2- Vincent Kluska
3- Florent Zemor
A noter que l’argent récolté
sera consacré à un projet
dont le but est de recréer
une souche de truite sauvage
en région Vendômoise.
Un concours culinaire
pour promouvoir
une pêche responsable
A l’occasion du salon Prorestel, qui s’est tenu le 28 février der-
nier, les professionnels de la restauration ont honoré quatre
jeunes chefs français et six élèves en lycée hôtelier lors de la
remise des prix du concours « Produits de la mer durables ».
Originalité de ce prix : les concurrents ont dû travailler des
produits de la mer respectueux des ressources aquatiques. Ils
ont reçu le précieux Graal de la main d’Olivier Roellinger, chef
des Maisons de Bricourt à Cancale, vice-président de l’asso-
ciation Relais & Châteaux et parrain du concours, l’un des re-
présentants les plus importants de la cuisine française
contemporaine. Plus de 50 jeunes chefs de moins de trente
ans et élèves d’écoles hôtelières de la France entière ont par-
ticipé à la première édition de ce concours culinaire national
organisé par l’Alliance Produits de la mer (un programme de
l’ONG Seaweb) et l’Ecole Ferrandi, une école de cuisine parmi
les plus réputées de France. Les candidats ont dû argumenter
le choix de l’espèce travaillée sur des critères de durabilité de-
vant un jury de professionnels. Saluons un moyen original de
sensibiliser les chefs et les futurs chefs aux dangers qui pè-
sent sur les ressources aquatiques. Bravo donc aux organisa-
teurs et aux participants.
Les lauréats :
Catégorie des professionnels de moins de 30 ans :
1er prix : Jean-Louis Hello, second de cuisine, « Henri et Jo-
seph», Lorient.
Catégorie élèves pré-bac :
1er prix : Sébastien Renard du lycée hôtelier du Touquet
Catégorie élèves post-bac :
1er prix : Dimitri Vitry du lycée hôtelier de Saint-Paul,
La Réunion.
Renseignements :
http://www.allianceproduitsdelamer.org/home.php
J’ai lu avec intérêt et dépit vos commentaires sur votre
excursion slovène dans votre dernier numéro. J’ai pu en
trouver de semblables sur les forums ces dernières
années. Voici les miens.
Je me suis rendu trois fois à Most Na Soci entre 1998 et
2001 à chaque fois à la mi-juillet : ça date donc un peu.
J’ai pêché essentiellement la basse Idrijca et ses deux
affluents, Baca et Trebusisca, anecdotiquement la Soca et
deux de ses affluents Ucja et Lepena. Ces rivières sont des
joyaux, relativement peu pollués et très agréables à
pêcher à la mouche, les très nombreux insectes aqua-
tiques comme terrestre offrant de belles opportunités. La
pollution est faible, d’origine domestique : cette zone de
moyenne montagne ne se prête pas à l’agriculture inten-
sive et il n’y a pas d’industrie. Côté pêche, il y a à boire et
à manger et j’ai tout de même pu noter une certaine
dégradation de la qualité de la prestation d’un séjour à
l’autre. Le bassinage est certes la règle et le fait est qu’il
doit correspondre à une certaine demande, ne serait ce
que des Italiens et Autrichiens frontaliers qui viennent pour
conserver les trois poissons auxquels ils ont droit, ou tout
simplement pour les locaux, en particulier sur la Soca et
la Lepena. Il y a tout de même de très beaux coups de
ligne à faire, enfin peut-être faut-il désormais en parler au
passé?
A noter aussi que:
– lors de mon premier voyage, j’ai observé énormément de
juvéniles « 0+ » de toutes espèces, ce qui n’a pas été le cas
par la suite.
– l’hiver précédent mon dernier séjour avait été marqué
par des crues très fortes.
J’ai donc pris des arcs en manches courtes, aux couleurs
ternes… Cependant, j’ai aussi capturé de nombreux pois-
sons sauvages, des arcs qui étaient manifestement nées
dans la rivière (Baca, Ucja, Trebusisca, et dans une moin-
dre mesure Idrijca, mais jamais sur la Soca). Leur couleur,
leur condition physique, leur combativité et leurs moeurs
en étaient les preuves évidentes, surtout qu’il était aisé de
comparer avec leurs comparses issues de pisciculture. Ces
poissons, parfois majoritaires en 1998 sur certains sec-
teurs, étaient malheureusement beaucoup moins
nombreux lors de mon dernier séjour. Lors de celui-ci, j’ai
pu constater que certaines zones étaient quasi-désertiques
alors qu’à quelques centaines de mètres de là, les arcs
étaient presque en banc! L’artificialisation du peuplement
est dès lors très clair.
J’ai pu aussi prendre des farios (hélas pour les marmora-
tas…) qui elles aussi étaient pour le coup évidemment
sauvages, mais bien sûr très, très minoritaires (tant mieux
pour les marmoratas!).
La situation des ombres m’a paru se dégrader plus
encore. Lors de mon premier séjour, il y avait d’immenses
bancs d’ombres de toutes tailles. Difficile de dire s’ils
étaient tous natifs, en tout cas, les populations avaient l’air
équilibrées et dynamiques, les poissons étaient sains avec
un comportement tout sauf domestique. Je me souviens
d’une retombée de fourmis hallucinante… La dernière fois,
j’en ai pris très peu et certains mal conformés, aux
nageoires rognées et aux couleurs ternes, peu combatifs
de surcroît…
Quant aux marmoratas, je ne sais qu’en penser. L’animal
L’écho du radier
Slovénie, vos réactions
Buzz sur Internet, courriers à la rédaction, l’arti-
cle de Philippe Boisson au sujet de la pêche en
Slovénie n’est pas passé inaperçu. Voici
quelques échantillons représentatifs parmi les
centaines de réponses reçues. J’encourage nos
amis slovènes à les lire, car elles montrent l’évi-
dente artificialisation des peuplements pisciaires
dans les rivières du pays.
Voici – enfin ! – un article intéressant car, s’il n’a effective-
ment échappé à personne ayant pêché en Slovénie ces dix
dernières années que les conditions de pêches étaient pour
le moins étranges… aucun magazine de pêche, aucun jour-
naliste halieutique n’a écrit, du bout de sa plume – même
en tout petit en bas à droite de l’article – qu’il s’agissait d’un
racket savamment organisé. Et pour cause ! Passés maître
dans les vastes campagnes de « Public Relations » les autori-
tés piscicoles slovènes achètent à coups de voyages
organisés les « influenceurs » du milieu halieutiques qui pour-
raient remettre en question cette machine à faire rêver nos
pêcheurs en mal de dépaysement, de pêches miraculeuses
et de marmoratas géantes. Sans les citer, certains de mes
amis très connus du petit monde de la pêche à la mouche
continuent à vous vanter la gestion du bassin de Tolmin sans
jamais aller y pêcher avec vous… Il sont « invités » à y passer
10 jours tous les ans – en juin ou en octobre –, reviennent
très satisfaits… et le font savoir !
Je ferais néanmoins deux remarques…
La première pourrait être la conclusion de l’article de Phi-
lippe Boisson. Pourquoi combattre cette tendance – a priori
inexorable – qui consiste à diriger les pêcheurs vers des
parcs à pêche artificielle ?
En effet, la plupart de ces « pêcheurs », majoritairement cita-
dins, ne connaissent de la pêche à la mouche que l’idée
qu’ils s’en font, forgée par les récits imaginaires des maga-
zines spécialisés ou les vidéos Youtube du bout du monde
qui vous racontent que l’on prend des farios de 80 cm en
nymphe à vue comme on sort une barre chocolatée d’un
distributeur automatique ! Tout le monde n’a pas choisi d’ha-
biter au bord de la Loue ou de la rivière d’Ain.
Ils ont abandonné nos rivières pour diverses raisons plus ou
moins valables, se concentrent sur des réservoirs plus ou
moins bien gérés et se satisfont d’une partie de pêche plus
ou moins bonne selon qu’ils font plus ou moins de 12 pois-
sons par jour… leur crédo : « en avoir pour son argent » dans
un délai d’une journée. Il s’agit d’une autre façon de
consommer la pêche… C’est un fait… On y peut rien…
Pire, c’est sans doute à travers ce type de comportement que
l’économie de la pêche aura un avenir (je parle bien d’éco-
nomie) car elle rapporte des devises. Je pense donc qu’il faut
favoriser ce type d’approche… à condition de la cantonner à
certaines rivières bien définies afin de ne pas polluer les
autres. C’est le choix d’une partie de la Slovénie… Pourquoi
pas ? A partir du moment où les pêcheurs y vont en connais-
sance de cause. Néanmoins, pour que le système reste sain,
une partie de l’argent ainsi récolté devrait être reversé à la
gestion plus « naturelle » des autres rivières, quant à elles pré-
servées (c’est-à-dire gérées plus naturellement).
Ma seconde remarque concerne la Slovénie. Tout le pays ne
me semble pas gangréné… Et, si le tourisme pêche reste
prépondérant, toutes les rivières n’ont pas basculé dans « le
tout à l’arc » !
Je citerais deux belles rivières qui me semblent épargnées :
l’Unec, une rivière de résurgence en plaine et la Kupa , une
rivière de montagne, à la frontière croate qui traverse un
parc naturel avec des populations piscicole dont l’arc sem-
ble exclue, mais avec des pêches plus incertaines. CQFD !
Stéphane Guichard
Bonjour,
Merci pour cet excellent et comme toujours, courageux
article de Philippe Boisson sur la « foire » en Slovénie. Sus-
citer une vraie culture de la pêche : un pêcheur
authentique dans une relation authentique avec une
authentique rivière et ses poissons… Merci.
De tout cœur avec vous. Très cordialement,
Dominique Bouillo.
L’écho du radier
L’écho du radier
Monsieur,
vous avez raison sur la Slovenie, mais avec l’abandon
de mes rivières, je m’amuse dans la Slovenie. Essayez, la
Ribnick et surtout la Pliva, en Bosnie et vous me direz.
Luis Garcia-Noblejas
A qui la faute ?
Certainement à la renommée et à ses trompettes.
Une renommée peut-être autrefois méritée mais aujourd’hui
surfaite et pourtant largement entretenue par tous ceux,
hôteliers, pisciculteurs, marchands du secteur, administrateurs
qui y trouvent intérêt. Sans oublier la presse spécialisée et les
publicitaires dont l’intérêt à entretenir le mythe n’est pas
moins évident. Ni les pêcheurs « sportifs » aux motivations
moins avouables dont les forums débordent de leurs sur-
densitaires épopées. Comment imaginer que les rivières d’un
petit pays qui fait le buzz depuis des décennies dans toute
l’Europe puissent sortir indemnes d’un tel tapage ? Dans le
cadre d’un tourisme de masse, cela n’existe nulle part. Pas
plus en Slovénie qu’en Pologne, pas plus sur les Nives que
sur un parcours d’hôtel en Autriche ou en Suède. Quant à
initier un mouvement de contestation de ces pratiques
halieutistes auprès des Slovènes, on pourrait peut-être en
tester une version bêta auprès de ceux qui en France en font
tout autant depuis encore plus longtemps. Utopie contre
utopie, la démarche “d’épuration ichtyologique » initiée par
le ministère de l’environnement en Espagne paraît autre-
ment plus audacieuse. Même si l’on peut douter qu’elle
puisse être menée à terme au regard de la contestation
qu’elle a fait naître chez les pêcheurs « sportifs ».
Hôteliers, pisciculteurs, pêcheurs, même combat !
Tous ensemble ! tous ensemble ! tous !
cbd.
L’examen d’une carte du
réseau hydrographique
national nous montre que
les petits ruisseaux se ren-
contrent un peu partout et
ne sont pas cantonnés uni-
quement aux zones de
montagnes ou de plateaux
d’altitude. En dehors des
secteurs à la géologie parti-
culière, de type karstique,
les sources qui donnent
naissance aux petits rus
peuvent en effet apparaître
sur tous les terrains natu-
rels. Malheureusement, les
petits cours d’eau des
zones urbanisées à forte
démographie ou sur les ter-
ritoires à agriculture
intensive n’existent plus en
tant que tels depuis long-
temps : recalibrés voire
enterrés, ils s’apparentent
maintenant plus à des
fossés insalubres qu’aux
ruisseaux chantants chers à
Élisée Reclus…
Les têtes de bassins plus
isolées de ces activités
apparaissent quant à elles
en meilleure santé. Point
de rejets d’égouts ou
d’industries, de grands
barrages structurants, d’ex-
tractions massives de
granulats, de recalibrage et
d’endiguements impor-
tants, etc… Et pourtant,
dans certains cas, lorsque
des études hydrobiolo-
giques sont conduites, les
résultats sont sans équi-
voque : très peu de truites
sont capturées, la morpho-
logie du cours d’eau
apparaît dégradée, la
macro faune benthique est
L’écho du radier
Les diverses pollutions de l’eau et la destruction des habitats aquatiques sont les deux principaux
fléaux subis par nos rivières. Ces deux types de pressions se rencontrent en milieu urbain mais éga-
lement dans nos campagnes : rejets agricoles et recalibrages font en effet payer un lourd tribut à nos
cours d’eau. Les têtes de bassin versant semblent encore épargnées et sont considérées en bon voire
en très bon état écologique. Mais, concrètement, est-ce vraiment le cas ?
Par Sylvain Richard et Guy Périat
Têtes de bassin versant :
l’habit ne fait pas le moine…
Les normes de préservation du bois de construction
Le bois est un matériaux de construction susceptible de subir des détériorations affectant sa solidité ou son aspect.
En fonction de l’environnement dans lequel il est utilisé, des normes de préservation contre les divers agents biolo-
giques, chimiques ou physiques ont été mises en place et rangées par classes de risques :
Classes de risquesTaux d’exposition à l’humidité Exemples d’emplois
Agents dégradants,
Classe 1
Bois sous abri,
Meubles, parquets,
Insectes,
non soumis à humidification
lambris, etc…
termites
Classe 2
Bois sous abri, protégé
Charpente, ossatures bois…Insectes, termites
des intempéries, soumis
champignons de surface
à une humidification occasionnelle
Classe 3
Bois soumis aux intempéries,
Fenêtre, porte extérieure…
Insectes, termites,
humidification fréquente
pourriture
Classe 4
Bois en contact avec le sol
Balcons, balançoire…
Insectes, termites,
ou avec l’eau douce
pourriture
Classe 5
Bois en permanence
Pilier, ponton, bois immergésInsectes, pourriture
exposé à l’eau salée
térébrants marins,
Chaque essence de bois possède sa propre résistance naturelle, qui lui permet de respecter une ou plusieurs
classes de risques, et ce jusqu’à la classe 4 pour certaines :
Résistance naturelle des bois européens
Essences
Classe 1Classe 2
Classe 3Classe 4
Bouleau, Charme, Erable, Hêtre, Frêne, Tilleul
Epicéa, sapin
Pin noir d’autriche
Noyer
Mélèze, Pin maritime et sylvestre
Châtaignier, Chêne rouvre et pédonculé, Robinier (faux acacia)oui
Afin d’augmenter la résistance et la durabilité du matériau bois, les industriels ont mis au point différents types de
traitements chimiques. Ils consistent tous à imprégner le bois de produits toxiques comme des sels métalliques
(bore, cuivre, chrome, arsenic), des pesticides (pyréthrinoïdes) et fongicides (triazolés) de synthèse ou encore des
produits dérivés du pétrole. Les types de traitement et leur application, du simple enduit à l’autoclavage, sont adaptés
en fonction des classes de résistance voulues. Plus elles sont élevées, plus le risque de pollution environnementale
des bois traités est fort. En effet, les composés utilisés comptent parmi les polluants les plus rémanents et toxiques
pour les milieux aquatiques. En d’autres termes, lors de l’achat d’un abri de pêche ou la construction d’un ponton, le
robinier (faux acacia), le châtaignier ou le chêne s’impose ! Et à bas le coup de pinceau d’enduits toxiques ou le bois
imbibé de pesticide !
fiques ou en larguant direc-
tement les grumes au fil de
l‘eau. Afin de faciliter la
tâche de l’exploitant, la
dynamite aidait souvent à
supprimer quelques gros
blocs gênant le passage ou,
dans certains cas, le cours
d’eau était tout simplement
recalibré. Regardez pour
vous en convaincre le film
«Les Grandes Gueules » de
Robert Enrico, avec Bourvil
et Lino Ventura, qui se passe
dans les Vosges…
Ces interventions musclées
sur la colonne vertébrale des
cours d’eau ont encore des
conséquences aujourd’hui.
En effet, ils n’ont plus la
dynamique leur permettant
de remplacer ces gros blocs
et éléments minéraux de
grande taille, très attractifs
pour la faune piscicole, et
leur qualité morphologique
s’en trouve ainsi durable-
ment banalisée et altérée.
Afin d’augmenter les rende-
ments sylvicoles, les hauts
bassins versants ont souvent
été plantés de monocultures
de résineux (épicéa, dou-
glas…). Or, ces essences ne
sont pas adaptées aux
milieux humides et des opé-
rations de drainage des
petits cours d’eau et zones
humides ont dans certains
cas été mises en œuvre par
les exploitants, dans l’objec-
tif d’assécher les sols
environnants et de gagner
des terrains aisément acces-
sibles et exploitables.
Plantées trop près des cours
d’eau, ces essences engen-
drent de forts impacts sur
leur morphologie : en fuyant
l’humidité et a fortiori l’im-
mersion, leurs racines
s’enfoncent moins profon-
dément dans les sols et
l’encorbellement des berges
disparaît. Celles-ci s’en trou-
vent alors déstabilisées et,
en s’effondrant, entraînent
l’élargissement progressif du
lit d’étiage et l’altération des
habitats piscicoles.
Enfin, tout en fermant le
milieu à la lumière, ces plan-
tations sont à l’origine d’une
acidification marquée des
sols et demandent égale-
ment des traitements en
herbicides ou fongicides
assez poussés les premières
années, afin d’éviter le déve-
loppement de la végétation
herbacée concurrente ou
l’infestation de pucerons.
La dominance de résineux
aux alentours proches des
ruisseaux de tête de bassin
n’est en général pas signe
de bonne santé du milieu. Il
suggère plutôt de fortes
interventions humaines pas-
sées.
… accompagnée d’une
industrie de traitement
L’activité sylvicole s’accom-
pagne d’une industrie
de traitement du bois, les
scieries, rencontrées tradi-
tionnellement au bord des
cours d’eau : la force
hydraulique servait en effet
à actionner les scies et
autres machines outils
nécessaires à la découpe
des grumes. Là encore,
cette industrie a pu impo-
ser
des
pressions
supplémentaires sur la
morphologie mais égale-
ment
régime
hydrologique des cours
d’eau, en détournant une
partie des débits.
Avec l’essor de l’industrie
chimique, la lutte contre les
insectes xylophages et
autres moisissures, rava-
geurs des bois coupés, a
entraîné l’utilisation de
nombreuses substances
toxiques. Divers cycles de
traitement sont couram-
ment mis en place afin de
préserver les charpentes, les
poteaux téléphoniques, les
traverses de chemins de fer
et autres produits de
construction dérivés du bois
(cf. encadré).
Certains produits ont été
développés pour attaquer
directement la carapace chi-
tineuse des xylophages. En
milieu naturel aquatique, ils
sont de ce fait particulière-
ment virulents contre les
écrevisses, les coléoptères
et les gammares. En effet,
contrairement aux Plécop-
tères, Éphéméroptères ou
Trichoptères qui présentent
une phase aérienne et peu-
vent ainsi éviter une
Dans les forêts exploitées, la
plupart des ruisseaux ont été
recalibrés, transformés en
caniveaux. La monoculture de
résineux y est pour beaucoup.
En plaine, les mêmes ruisseaux
montrent également des
altérations importantes.
L’écho du radier
pollution ponctuelle, d’au-
tant plus si celle-ci intervient
après l’émergence des ima-
gos, les écrevisses et autres
gammares vivent tout leur
cycle de vie dans l’eau et
n’ont aucun échappatoire à
de telles contaminations.
Mais c’est toutefois bien
l’ensemble du peuplement
de macro invertébrés qui
apparaît fragilisé par la
présence de polluants
rémanents issus du traite-
ment du bois.
En conclusion, la situation
actuelle de bon nombre de
petits ruisseaux aux eaux
cristallines de nos contrées
est finalement l’héritage de
plusieurs décennies d’artifi-
cialisation ou de conta-
minations diverses subies
sur le bassin versant. En
fonction de leur dyna-
mique, de la nature et de
l’intensité des différentes
pressions, certains cours
d’eau auront pu se recons-
tituer péniblement, d’autres
non. Mal connues, ces
petites masses d’eau peu-
vent donc être dans une
situation très éloignée du
sacro-saint bon état écolo-
gique. Sans investigations
particulières et précises,
la mise en évidence de
certaines altérations perni-
cieuses n’est pas possible…
Des solutions techniques
s’offrent aux gestionnaires :
la situation n’est donc pas
désespérée ! Les financeurs
ont malheureusement plu-
tôt tendance à cibler leurs
aides sur les milieux de plus
grande taille, aux pressions
plus évidentes ou consen-
suelles comme les pro-
blèmes de qualité de l’eau
ou de continuité écolo-
gique.
Il n’est pas ici question d’op-
poser l’intérêt de certains
types de cours d’eau plus
que d’autres : c’est bien à
l’échelle du bassin versant
que la restauration des
fonctionnalités des milieux
aquatiques doit être raison-
née. Mais dans ce contexte,
les têtes de bassins
devraient être quelque peu
reconsidérées car elles méri-
tent toutes nos attentions :
véritables pouponnières à
truites, elles sont la pre-
mière pierre de la
reconquête de la qualité de
nos cours d’eau. Et ce d’au-
tant plus que les rapports
coûts / gains biologiques de
leur restauration sont bien
souvent très intéressants…
Qu’on se le dise !
La situation actuelle de bon nombre de petits ruisseaux aux eaux
cristallines de nos contrées est finalement l’héritage de plusieurs
décennies d’artificialisation ou de contaminations diverses subies
sur le bassin versant.
Valeurs sûres ou bons coins injustement délaissés, les vingt rivières, fleuves ou
lacs retenus dans ce dossier permettent tous de passer de très bons moments de
pêche à la mouche ou aux leurres durant la période printanière. Laissez-vous
guider à travers des régions françaises qui, pour certaines, se trouvent rare-
ment sous les feux de la rampe.
parcours
de pêche
pour bien
démarrer la saison
20
n reproche souvent
aux magazines de
mettre en avant
des rivières ou des
lacs connus de tous. De même,
toujours au chapitre des
doléances, on s’inquiète égale-
ment des retombées négatives
liées à la promotion de parcours
confidentiels. Difficile dans ce
cas de satisfaire tout le monde !
Nous avons donc choisi une
solution intermédiaire qui
consiste à révéler des parcours
procédant un peu des deux cas
de figure. Ce dossier vous
emmènera dans les splendides
gorges de Loire, à la découverte
de l’Odet dans les gorges du
Stangala, sur les hauteurs des
lacs de Lastioulles ou de la Sas-
sière, mais aussi sur la basse
Seine ou au bord des eaux
impétueuses de l’Hérault.
Les parcours de pêche de
l’Hexagone permettent en effet
de très bons moments de pêches
sportives, sur des eaux privées
ou publiques, seul ou en
famille, ou bien même accom-
pagné d’un guide professionnel.
Rivières
à salmonidés
L’Odet dans les gorges
du Stangala
Autrefois fleuve réputé pour ses
saumons bien au-delà des fron-
tières bretonnes, l’Odet compte
encore une petite population de
castillons (saumon d’un an de
mer) qui remontent en été et à
l’automne. Mais c’est surtout
pour la truite, dans les gorges
du Stangala, que l’Odet attire
les pêcheurs à la mouche.
L’Odet fait partie de ce qu’il est
convenu d’appeler « les rivières
de Quimper » : le Jet , le Steir et
l’Odet. C’est le plus imposant
des trois et il compte parmi les
trois cours d’eau les plus consé-
quents du Finistère. Les gorges
du Stangala proposent un déni-
velé d’une centaine de mètres,
véritable écrin de verdure qui
tranche avec le paysage breton
de manière générale, sauf pour
ce qui concerne les gorges de
l’Ellé, qui de toute évidence,
présentent des caractères géolo-
giques tout à fait semblables.
Dans les gorges, l’Odet se pré-
sente comme un très joli fleuve,
de quinze à trente mètres de
large, encore bien peuplé en
truites sauvages, qui certes ce ne
sont pas toujours des monstres
comme souvent en Bretagne,
mais sont tout à fait aptes par
leur qualité à satisfaire la majo-
rité des pêcheurs. La pêche à la
mouche s’y pratique en sèche
bien sûr, surtout au coup du
soir, mais aussi à la mouche
Où pêcher
En photo
d’ouverture,
le Lac de Verrières
dans le cantal.
Ci-contre les gorges
de la Loire en
Ardèche. Un des
plus beaux parcours
de France qui
propose une pêche de
qualité avec des
truites sauvages qui
sur certains postes
peuvent se pêcher
à vue.
la période de la mouche de mai
peut réserver de belles surprises.
Vous pouvez suivre en direct
l’avancée des remontées de
truites de mer sur le site Inter-
net de la Fédération départe-
mentale du Calvados :
www.federation-peche14.fr
La Sorgue aveyronnaise
Dans l’ombre de la Sorgue du
Vaucluse, son homonyme avey-
ronnaise reste principalement
connue des pêcheurs locaux.
Des rivières des Cévennes, cette
Sorgue là est la rivière la moins
capricieuse. Les truites ont la
réputation d’y être souvent
actives, ce qui ne veut pas dire
qu’elles sont faciles, loin de là !
Dans cette région, chaque truite
se mérite et l’approche est déter-
minante. Toute progression
dans l’eau doit se faire façon
Salaire de la peur, car le moin-
dre bruit, la moindre vaguelette
peut faire fuir non seulement la
truite convoitée, mais aussi
toutes celles qui se trouvent en
amont jusqu’au prochain seuil.
Les soies naturelles très fines
(Robinson AA) sont de rigueur.
Une rivière difficile pour vrais
pêcheurs de truites. Ici, on
apprend à chaque sortie, mais la
satisfaction est grande lorsque
quelques truites seulement ont
pu être leurrées. Au printemps,
quelques journées généralement
pluvieuses font sortir les pois-
sons en plus grand nombre que
d’ordinaire et notamment en
cas d’éclosion de mouches de
mai. Rien à voir avec les éclo-
sions normandes, mais les
truites réagissent bien au grand
éphémère. Les bons parcours se
situent en amont de Saint-
Affrique, au niveau de Fonda-
mente et Saint-Felix.
Rivières et fleuves
à carnassiers
La basse Seine
Pour les pêcheurs de carnassiers,
et notamment de sandres du
nord de la France, la basse
Seine, entre l’aval de Paris et les
écluses de Poses proches de
Rouen, est un véritable Paradis.
Alors que le fleuve affiche un
taux anormal de PCB, que la
plupart des poissons changent
de sexe, le sandre semble ne pas
souffrir de tous ces dérègle-
ments car il est le moins atteint.
Non seulement la Seine compte
beaucoup de sandres, mais en
plus, leur taille moyenne est
plutôt élevée (de 3 à 5 kg et
Où pêcher
Plan d’eau bien connu des pêcheurs
à la mouche, le lac de la Landie se réveille
chaque printemps d’un rude hiver
auvergnat.
L’odet dans les
splendides
gorges du
Stangala dans
la région de
Quimper.
des problèmes liés aux PCB, de
nombreux pêcheurs ont “rac-
croché”, ne pouvant plus
consommer leur poisson. Il en
résulte que la plupart des sec-
teurs sont désormais vides de
toute pression de pêche. Il y a
donc de très belles pêches à faire
dans cette rivière, surtout à
l’aide d’une embarcation (float-
tube, barque ou bateau). En
revanche, le Doubs est anorma-
lement clair depuis environ
trois ans. Trop clair pour que les
seuls efforts effectués ponctuel-
lement sur l’assainissement des
eaux usées permettent une visi-
bilité parfaite dans trois mètres
d’eau en plein été. Les corbi-
cules (palourdes asiatiques inva-
sives) jouent sans doute un rôle
de filtre, mais selon le service
technique de la fédération de
pêche, elles sont en nombre
insuffisant pour un tel résultat.
Des recherches sont en cours
pour mieux comprendre ce
phénomène.
à salmonidés
Le lac de Tignes
Le plus urbain des lacs de mon-
tagne du massif alpin n’en reste
pas moins l’un des plus intéres-
sant à pêcher à la mouche. Per-
ché à 2100 mètres d’altitude au
cœur de la station de ski, le lac
de Tignes est accessible en voi-
ture. Certains y verront un
inconvénient, d’autres un avan-
tage ! La pêche est à mi-chemin
entre celle d’un réservoir, car
une population de truites arcs-
en-ciel et farios y est entretenue
par des introductions de pois-
sons de tailles variables, et celle
d’un lac de montagne au sens
où certains poissons sont issus
de la reproduction naturelle.
Une population de cristivomers
est également bien présente et
compte des poissons dont la
taille peut atteindre le mètre. La
superficie du lac, de 25 hectares
d’eau pour une profondeur
maximale de 40 mètres, en fait
l’un des plus grands lacs natu-
rels du massif à cette altitude.
Hervé Genet, guide de pêche :
http://herve.genet.pagesperso-
orange.fr
La Landie
Plan d’eau bien connu des
pêcheurs à la mouche, le lac de
la Landie se réveille chaque
printemps d’un rude hiver
auvergnat. Situé a un peu plus
de 1000 m d’altitude, la Landie
est un lac tardif. Le mois d’avril
peut cependant s’avérer excel-
lent si la saison est en avance.
Dans le cas contraire, mieux
vaut attendre le mois de mai
pour être certain de profiter
pleinement des possibilités
Où pêcher
Damien Penaque
avec un beau
brochet du Doubs
dans les environs de
Besançon, un
parcours très riche
en carnassiers. A
droite et ci-dessous,
un aspe de la
Moselle dans la
région de Pont-A-
Mousson.
Réservation obligatoire.
www.lac-de-malaguet.com
Tél. : 04 71 00 21 48.
Le lac de la Sassière
Géré par l’AAPPMA de Bourg
St Maurice, le lac de la Sassière
est un véritable lac de haute
montagne, qui trône à 2300 m
d’altitude. Non loin du lac de
Tignes, mais sur le versant
opposé (le versant nord) de la
vallée de l’Isère, la Sassière se
trouve dans la réserve naturelle
de la Grande Sassière. Il s’atteint
après une petite heure de
marche depuis Le Villaret-du-
Nial. Ambiance garantie et tran-
quillité assurée autour de ce très
beau lac qui se prête très bien à
la pêche à la mouche. A éviter en
début de saison car ce lac de
montagne est particulièrement
tardif. Plusieurs guides de pêche
pratiquent le lac de la Sassière.
Renseignements :
www.savoiepeche.com
à carnassiers
Bon d’accord, c’est le lac à la
mode chez les pêcheurs de bro-
chets. Mais quel lac ! Immense,
véritable mer intérieure. La
taille moyenne des brochets y
est plus élevée que dans les
autres lacs alpins. C’est bien ce
qui attire les pêcheurs aux
leurres, qui laissent du même
coup respirer un peu les bro-
chets des lacs du Bourget et
d’Annecy. Attention tout de
même à la réglementation de la
navigation très stricte tant sur la
partie suisse que française. La
houle peut être très forte sur le
Léman. Un bateau à hauts
francs bords d’au moins 4,50 m
est indispensable pour ne pas se
mettre en danger. La pêche se
déroule le plus souvent dans 8 à
12 m de profondeur sur les
tombants. Les leurres utilisés
sont à l’image des poissons,
lourds (20 à 60 g) et long (15 à
…25 cm). L’utilisation d’un
sondeur permet de trouver faci-
lement les tombants, les bancs
de perchettes mais aussi les plus
beaux prédateurs.
Renseignements, réglementa-
tion et guidages : fédération
pour la pêche et la protection
des milieux aquatiques de
Haute-Savoie.
www.pechehautesavoie.com
Le lac de Villerest
Traversé par la Loire non loin
de Roanne, le lac de Villerest est
une retenue de 770 hectares qui
s’étend sur plus de 30 kilomè-
tres et qui date du début des
années 1980. Réputé pour ses
sandres, le lac est aujourd’hui
fréquenté par des pêcheurs
sportifs amateurs de pêche à la
verticale. La chaine Seasons dif-
Malgré sa petite taille, le lac de
Rabodanges est plutôt bien pourvu
en percidés. Sandres et perches se plaisent
sur ses fonds rocailleux omniprésents.
Où pêcher
Vue partielle du lac
de Tignes. Si vous
considérez la marche
d’approche des lacs
d’altitude comme du
temps perdu, Tignes
est accessible en
voiture…
Expertise
Moment attendu par tous les pêcheurs à la nymphe, le printemps voit la ri-
vière s’animer. Les truites reprennent leurs circuits à la recherche de nourri-
ture. Les premiers pêcheurs qui peuvent profiter de ces moments-là sont les
premiers servis. Une fois passés ces quelques jours de pêche facile, tout se com-
plique et seule la miniaturisation des imitations de nymphes et du fil permet
d’enregistrer de bons résultats. Certains modèles de nymphes atypiques peu-
vent aussi surprendre les truites. En voici un très particulier, mais qui vaut
le coup d’être essayé.
Par Jean-Christian Michel
Des nymphes pas
comme les autres…
chose…Mais parce qu’il trompe
quelqu’un !
Est-il vraiment nécessaire de dis-
tinguer entre danica mâle et
femelle ou entre subimago et
imago ? Un confrère me soute-
nait avec un aplomb de sénateur
qu’il fallait impérativement figu-
rer une tâche brune à la jonction
des ailes du subimago mâle…Je
lui ai dit oui…
Plus sérieusement, si on trompe
un poisson, très souvent c’est
parce qu’on le sollicite d’une
façon qui n’a rien de magique
mais qui est tout simplement
inhabituelle pour lui.
Une nymphe coule et drague :
elle est refusée.
Une nymphe coule sans draguer,
elle est prise une fois, deux
fois…mais elle le sera rarement
trois fois ! Les truites ne sont pas
des bécasses.
Et même quand tout est correct,
les truites parviennent à s’édu-
quer et refusent les meilleures
nymphes et les plus belles dérives.
Comment trouver une nymphe
qui ne dérive pas comme les
autres ? Presque toujours, nos
nymphes se tiennent dans l’eau
de façon verticale, comme pour
reproduire l’émergence. Pour-
quoi ne pas tenter de présenter
une nymphe…à l’horizontale ?
Parce que ce n’est pas naturel ?
Faux ! Bon nombre des nymphes
dont se nourrissent les truites
sont d’excellentes nageuses et les
farios sont habituées à les chasser
prés des bordures, au raz du fond
et même prés de la surface. De
plus, les exuvies se tiennent à
horizontale dans la pellicule de
surface, et que dire des alevins !
Pour les lecteurs de Pêches Spor-
tives – je ne le dirais à personne
d’autre – je veux bien entrouvrir
ma “black box”, celle qui se cache
dans la poche interne à double
fond de mon gilet…Vous verrez,
Expertise
Avec des truites de tailles moyennes,
le phénomène est le même quand elles ne
sont pas en activité alimentaire : si elles se
réveillent et se déplacent, c’est rarement
pour saisir un microbe.
Les nymphes
“secrètes” de Jean-
Christian, dont les
très longs cerques
imitent des exuvies.
jamais ! Ce phénomène est bien
connu de ceux qui s’adonnent à
la recherche spécifique des
grosses truites. Les mémères ne
bougent pas pour rien ! Ici
comme ailleurs, il n’est pas facile
de doser « le trop » et le « pas
assez » !
Avec des truites de tailles
moyennes, le phénomène est le
même quand elles ne sont pas en
activité alimentaire : si elles se
réveillent et se déplacent, c’est
rarement pour saisir un microbe.
Est ce par jeu, par curiosité, par
agressivité que les truites sortent
ainsi de leur torpeur ? Je n’en sais
rien, il y a certainement un peu
de tout ça à la fois, en tout cas
c’est souvent pour saisir une
proie de taille intéressante.
Avec la nymphe en question,
vous présenterez sur un hameçon
numéro vingt une nymphe dont
la silhouette esquissée serait celle
obtenue à l’aide d’un hameçon
numéro seize ou quatorze, mais
la courbure et la grossièreté du fer
en moins.
Il peut s’agir d’un alevin esseulé,
d’une larve nageuse de danica ou
de tout autre éphémère. La saisie
de nymphes qui émergent verti-
calement dans la même colonne
d’eau est surtout l’apanage des
secteurs où le courant est un peu
marqué. Sur les grandes gravières,
dans les bras morts, dans les
seuils, dans les retournes, une
présentation à l’horizontale
prend tout son sens et à plus forte
raison si les eaux sont basses et
dépourvues de courant.
Cette nymphe-leurre figure une
silhouette composée de plus de
transparence et d’imagination
que de matière ! Libre à la truite
d’y voir ce qu’elle a envie de
manger !
La hampe de l’hameçon qui
accueille le dubbing de lièvre
cerclé et la collerette fait vague-
ment penser à une tête de pois-
sonnet ou de larve nageuse et
les cerques qui s’allongent très
loin après la courbure peuvent
figurer une ligne latérale de
poisson blanc ou un quel-
conque corps à peine sug-
géré…Tout ceci est très
subjectif…
Expertise
Cette nymphe-leurre figure une silhouette
composée de plus de transparence et d’ima-
gination que de matière ! Libre à la truite
d’y voir ce qu’elle a envie de manger !
Un éphémère et son
enveloppe nymphale
appelée aussi exuvie.
Mais l’essentiel est que cela fonc-
tionne en tant que piège à truite!
Ce sont les cerques qui ont un
rôle capital pour ce qui est des
qualités pêchantes de cette artifi-
cielle. Ils doivent mesurer une
fois à une fois et demi la longueur
de la hampe de l’hameçon. C’est
très long ! Sur un modèle tradi-
tionnel destiné à pêcher dans un
plan vertical, les cerques sont
toujours un obstacle à l’enfonce-
ment et leur proportion idéale se
situe entre un quart et un tiers de
la longueur totale de la nymphe.
Visuellement, leur présence doit
être évanescente et se réduire au
minimum soit cinq ou six fibres,
pas plus. En revanche c’est leur
longueur qui importe car c’est
elle qui va contrarier l’enfonce-
ment vertical de la nymphe et la
maintenir à l’horizontale comme
un gentil petit sous-marin en
plongée.
La hampe de l’hameçon ne doit
pas être trop longue afin de ne
pas déséquilibrer le modèle vers
l’arrière. Un Tiemco 9300 est
acceptable dans les petites tailles
mais pour les spécimens plus
importants, mieux vaut
employer des modèles à hampe
plus courte.
Pour les mêmes raisons, il ne
faut pas la plomber, sous peine
là encore de voir l’hameçon
reprendre une position verticale.
Cette nymphe est efficace dans
les petites tailles (surtout dans
les numéros dix huit et vingt),
en revanche un hameçon
numéro seize devient trop lourd
et la nymphe entraînée par le
poids de la courbure coule de
travers.
Ce modèle est destiné aux sec-
teurs où le courant est très fai-
ble, mais quand le fil se tend en
fin de dérive sous l’effet du vent
ou du courant, cette nymphe est
toujours pêchante : Le dragage
se convertit en animation régu-
Expertise
Montage d’un streamer alevin
Hameçon numéro 16 ou 18
1. Fixer un tinsel à l’aide d’un fil de montage rouille
2. Réaliser une queue à l’aide de cinq ou six fibres de marabout olive et laisser
leur base en attente.
3. Réaliser un corps fin en tinsel puis vernir.
4. Torsader les fibres de marabout sur elles-mêmes, les rabattre par dessus le dos
du streamer sur le vernis encore frais et les bloquer à l’aide du fil de montage.
5. Réaliser une tête rouille.
Le printemps
du lancer ?
u début de la saison
et même quelque fois
durant tout le prin-
temps, il n’est pas
rare de rencontrer des eaux trop
fortes ou trop teintées pour être
pêchées selon nos techniques de
prédilection. C’est dommage,
car nos chères farios reprennent
peu à peu possession de leur
rivière… Et que nous ne pou-
vons pas nous empêcher d’aller à
leur rencontre même si les condi-
tions ne s’y prêtent pas vraiment
! Dans ces circonstances difficiles,
la pêche au lancer vous permet-
tra alors de retrouver le chemin
de la rivière et de prendre
quelques truites, en attendant des
jours meilleurs…
Je me souviens encore de l’ou-
verture 2008 : de l’eau, de la
pluie, de l’eau de la pluie : un
mois de mars qui ne vaut rien,
un mois d’avril du même ton-
neau et au mois de mai. Des
barrages pleins à craquer et
contraints d’ouvrir leurs éva-
cuateurs de crue !
Après quelques sorties à pêcher
à la nymphe au fil à l’abri d’une
pile de pont – soit dans vingt
mètres carrés – j’ai raccroché
naturellement ma canne à
mouche et l’envie de passer à
autre chose m’est venue !
Du moment que l’on respecte la
rivière, les poissons et les autres
pêcheurs, il n’y a pas de mau-
vaise technique, il n’y a que de
mauvais pêcheurs.
Vouloir comparer le lancer à la
pêche à la mouche n’a pas de
sens. Les partisans du
fly fishing
vous diront qu’il est tou-
jours possible de prendre
quelques poissons avec une
canne à mouche, même dans
des eaux tendues et des condi-
tions extrêmes. C’est bien pos-
sible, mais ce qui m’intéresse
avant tout lorsque je me rends
au bord de l’eau, ce n’est pas de
prendre du poisson, mais de
prendre du plaisir.
L’impression de ne pas aller au
fond des choses me déplait par-
ticulièrement. Quand on s’obs-
tine à pêcher sous la canne et à
racler le fond à l’aide de
nymphes doubles billes toute
une journée, je ne suis pas
convaincu que l’on ait le droit
de considérer la pêche aux
leurres ou au toc comme immo-
rales… De même, lancer un
streamer de 8 grammes à l’aide
d’une shooting de 600 grains
cela peut se comprendre dans
les pays où seule la pêche à
la mouche est autorisée. Mais
quand on peut propulser le
même leurre avec une canne à
lancer et plus de confort, d’effi-
cacité et de discrétion, pourquoi
s’en priver ?
En raison de la beauté du geste?
Ah… Pardon !
Vouloir prendre à tout prix des
truites « à la mouche » n’est pas
forcément un signe d’excel-
lence. Cela conduit même à de
vilains travers ! Je considère que
les techniques de pêche doivent
être avant tout une façon de
faire connaissance avec la
rivière… Et ne doivent surtout
pas être une occasion, pour le
pêcheur, de se replier sur soi !
Dans certaines rivières puis-
santes, pêcher à la mouche ne
permet pas d’aller au fond des
choses, surtout en début de sai-
son. Pourquoi donc s’entêter à
pêcher en sèche ou en nymphe
des postes qui n’abritent jamais
rien d’autre que des juvéniles,
alors que des poissons adultes se
trouvent un peu plus loin, un
peu plus profond, mais deman-
dent d’être atteints selon un
mode de prospection plus
adapté ?
Lorsque je sors ma canne à lan-
cer, c’est souvent pour pêcher
au poisson nageur.
Il existe deux façons d’envisager
cette pêche : soit on explore des
cours d’eau petits à moyens et
peu profonds en pêchant sou-
vent vers l’amont et à l’aide
d’un équipement habituel pour
Que c’est dur parfois d’attendre durant des semaines que le niveau des
rivières baisse pour pouvoir pratiquer la pêche à la mouche ! Alors pourquoi
ne pas tenter quelques sorties au lancer, à la recherche de jolis poissons sau-
vages? Hameçons simples, ardillons écrasés, no-kill, la pêche au lancer n’est
pas uniquement la technique de ceux qui pêchent pour la viande.
Par Jean-Christian Michel
Lancer un streamer de 8 grammes à l’aide
d’une shooting head de 600 grains, cela
peut se comprendre dans les pays où seule
la pêche à la mouche est autorisée…
En attendant
des conditions
meilleures pour
la mouche, la pêche
au lancer permet
de retrouver la
rivière est de
prendre de très
belles truites.
Ici sur le Verdon.
le lancer léger, – à savoir une
canne de deux mètres à deux
mètres quarante et d’une puis-
sance de cinq à quinze
grammes, un moulinet adapté
et un bon nylon de seize à vingt
centièmes-
soit on procède en grandes
rivières, qu’elles soient torren-
tueuses ou plus homogènes, et
alors la pêche se fait souvent
vers l’aval à l’aide d’une canne
de deux mètres quatre vingt à
trois mètres vingt et d’une puis-
sance de vingt à quarante
grammes. Il ne s’agit plus vrai-
ment d’une pêche au lancer
léger et le nylon devra être alors
un bon vingt ou vingt quatre
centièmes. Dans les torrents
puissants et parsemés de gros
blocs même, l’emploi d’une
tresse n’est pas inconcevable.
En petits cours d’eau, les leurres
sont souvent des modèles de
quatre à six centimètres.
Qu’ils soient suspending,
countdown ou flottants, ces
Expertise
Fario sédentaire
(ci-contre) ou de lac
(en bas) réagissent
bien aux poissons
nageurs.
poissons nageurs seront très
souvent choisis parmi les
modèles moyennement ou peu
plongeants.
Les cranck baits sont rarement
utilisés, même si leur emploi
peut s’avérer pertinent, tout
particulièrement contre les
berges creuses. En pêchant vers
l’amont, leur faculté à racler le
fond et à se coincer entre les
rochers plus facilement que les
autres leurres ne plaide en
faveur de leur utilisation…
Dans le cas d’une pêche aval, s’il
est toujours possible de rendre
la main afin de laisser le courant
libérer notre leurre. Ce n’est pas
le cas en pêche amont !
Pour que les leurres propulsés
vers l’amont soient pêchants, on
procède souvent à une récupé-
ration rapide et linéaire, canne
basse, et l’action de pêche res-
semble assez à ce que connais-
sent les pêcheurs à la cuillère
tournante : la truite laisse passer
le poisson nageur, elle se
retourne pour le poursuivre et
l’engame par l’arrière.
La difficulté de cette pêche vers
l’amont vient du peu de discré-
tion liée au fait que l’on peigne
la rivière et que, si l’on ne
connaît pas bien les tenues des
truites, il arrive souvent que le
fil leur frôle les nageoires avant
qu’elles n’aient vu le leurre…
Un coup de chance est toujours
possible, mais en procédant
ainsi, il est difficile de capturer
de beaux poissons autrement
que par un heureux concours de
circonstances.
Dans ces cours d’eau peu
importants, la pêche vers l’aval
est rarement pertinente car le
pêcheur se trouve souvent en
plein champs visuel latéral de la
truite : rester invisible deman-
derait de progresser le long de la
rivière à quatre pattes. Chose
qui amuse volontiers cinq
minutes, mais rarement plus !
En outre, lorsque l’on progresse
dans le lit du cours d’eau
d’amont en aval, il est difficile
de ne pas soulever des nuages de
vases. Cela n’est peut-être pas
rédhibitoire pour la truite, qui
ne sait pas d’où vient la pertur-
bation, à condition bien sûr
qu’elle ne soit pas produite
immédiatement devant son
C’est surtout en grandes rivières ou
en torrents alpins au débit soutenu que
la pêche aux leurres vers l’aval prend
tout son sens…
Une belle lacustre
du Verdon.
Comment expliquer que pour certaines techniques de pêche comme la
pêche aux leurres ou la pêche à la mouche du saumon atlantique, plus
de la moitié des touches ont lieu lorsque l’esprit du pêcheur est occupé par
autre chose que le moment présent ? Pêche-t-on mieux lorsqu’on tripote son
téléphone portable ? Ou quand le regard et l’esprit vagabondent ?
Indéniablement oui.
Par Philippe Boisson
Éloge de
la déconcentration
ous pouvez lire l’in-
tégrale de Duborgel,
apprendre par cœur
toutes les méthodes
d’animations des leurres, vous
pouvez aussi être concentré de
la première à la dernière minute
de vos parties de pêche aux car-
nassiers, une bonne part de vos
prises le seront uniquement
lorsque votre esprit est complè-
tement accaparé par autre chose
que la pêche. Dans notre avant
dernier DVD, Maxime Ferron
nous en fait une très belle
démonstration avec une touche
de silure en direct. Lui qui d’or-
dinaire y croit en permanence,
anime sa cuiller constamment,
se trouve le temps de quelques
lancers complètement ailleurs.
Il se contente de ramener son
leurre mécaniquement, assez
lentement. Les animations ont
disparu. Maxime est là sans y
être vraiment. Et bam, c’est la
touche et la prise d’un silure
pour qui cette “absence” du
pêcheur semblait convenir.
Toutes les pêches aux leurres
sont concernées par l’efficacité
inexpliquée de ces phases de
déconcentration. Les pêcheurs
de sandre en verticale sont
parmi les premiers touchés par
ce phénomène. Combien de
fois, la touche se produit-elle
alors que l’esprit vagabonde ?
Combien de fois a t-elle lieu au
moment où l’on cherche ses
cigarettes, répond au téléphone,
envoie un sms aux copains pour
dire justement que la pêche
n’est pas terrible en ce
moment? Dans ce cas, le leurre
n’est plus animé de façon méca-
nique de haut en bas. La canne
suit bêtement les mouvements
du corps qui cherche le télé-
phone ou les cigarettes. Obser-
vez bien cela si vous pêchez à
plusieurs dans un bateau. Au
bout du fil, le leurre adopte
alors un comportement qui est
infiniment plus naturel que
celui dicté par la méthode
consciente d’animation. Même
constat pour les pêches aux
leurres en lancer/ramener du
brochet, de la perche, du san-
dre, du silure, du saumon ou du
bar. La part de touches qui sur-
viennent au moment où on s’y
attend le moins n’est pas du
tout anodine. Si l’on fait les
comptes sur une saison, elles
doivent au moins représenter
40 ou 50 % du total, sinon
plus.
L’école des rêves
Essayons d’analyser ce qu’il se
passe dans ces moments-là. Le
cerveau du pêcheur est en ser-
vice minimum puisque l’esprit
est très occupé à penser à autre
chose. Du coup, le suivi du
fond n’est plus garanti. Le leurre
vit sa vie plus librement, explo-
rant des zones de la couche
d’eau que notre esprit conscient
lui aurait interdites. Il est évi-
dent que les poissons pris lors
de ces moments de décon-
nexion du cerveau ne sont pas
des coups de chance, loin de là.
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p. 82
Vraiment utile.
C’est l’ambition de cette section de Pêches sportives. Dans les 34 pages de ce
cahier Focus prend place toute l’experience, la critique, la pratique des journalistes
et des experts à qui nous avons demandé de prolonger par la pédagogie,
l’explication et surtout le mode d’emploi, l’offre des concepteurs de nouveaux
matériels. Utiles, vraiment utiles, les descriptifs et les manières d’utiliser tel ou tel
leurre, telle ou telle canne, tel ou tel moulinet. Utiles, vraiment utiles, les conseils, les
mises à jour techniques, les précautions d’utilisation, que ne vous donnent pas
toujours ceux qui vous vendent ces matériels. Utile, vraiment utile, le retour sur des
heures et des heures, des mois et des mois de bancs d’essai de l’année passée.
Pêches sportives vous aidera dorénavant à mieux choisir votre matériel, à mieux
vous en servir, à le rendre plus efficace. Plus de prises, plus de plaisir, et plus de
pêcheurs au bord de l’eau. Au-delà d’une nouvelle formule, c’est bien d’une nouvelle
ambition qu’il faut ici parler.
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p. 85
FOCUS
Le Method Shad possède une
échancrure sur le ventre et le dos
pour loger un hameçon texan à
large ouverture et permettre à ce
dernier de bien sortir lors du fer-
rage. Le dos du leurre est en plus
légèrement concave ce qui limite
encore le risque d’accrocher la
pointe de l’hameçon dans les obs-
tacles lorsqu’on pêche en texan.
Ainsi monté, le Method Shad se
skippe (lancer en ricochet) avec
une facilité déconcertante, ce qui
est très utile pour atteindre cer-
tains poissons postés sous les
branches. Il passe facilement dans
les endroits les plus encombrés.
La palette caudale du Méthod
Shad entre en mouvement à la
moindre sollicitation. Elle bat rela-
tivement lentement et génère un
rolling (roulement latéral) important
du leurre du plus bel effet.
Le leurre est imprégné de l’attrac-
tant crustacé Nitro Booster Illex qui
a déjà fait ses preuves. Son corps
est strié, ce qui permet d’y accro-
cher de l’attractant en gel quand
cela semble nécessaire. Le Method
Shad est décliné en 12 coloris dont
bon nombre sont très imitatifs. Il est
proposé en trois tailles : 2,8’’, 3,8’’,
4,8’’ soit respectivement 7, 9,6 et
12,2 cm. Il peut être utilisé en mon-
tage texan, que ce soit en surface,
en buzzing (sillage de bulles) ou
plus profondément lorsqu’on l’arme
d’un hameçon texan lesté ou qu’on
y plante un insert tungstène. Le
plus gros modèle sera équipé d’un
hameçon texan de 6/0. On pourra
équiper le modèle moyen d’un
hameçon de 2/0 et le petit modèle
d’un hameçon de 4. La matière de
ce leurre est très légèrement flot-
tante, son simple armement avec
un hameçon texan suffit à le faire
couler lentement.
Le Method Shad peut aussi être
utilisé, monté sur une tête plom-
bée. Il permettra alors de pêcher
en linéaire, à gratter ou en verti-
cale. Il est à ce moment là possi-
ble de lui ajouter un hameçon tri-
ple placé en queue. Ce shad sup-
porte aussi très bien une petite
palette additionnelle, qui ajoute un
signal supplémentaire à sa nage
nonchalante et chaloupée et peut
le rendre encore plus attractif sur
nos amis perches et brochets
notamment.
P.C
Ce brochet a
succombé à un
Pearl, monté
hameçon 3/0 et
armé d’un triple
voleur.
Le leurre était
animé en
linéaire lent
entre deux
Le “gros”
4,8’’, 12 cm
monté en
3,8’’, 9,6 cm
monté sur une
7 grammes et
un hameçon
Le Method Shad
Illex
Ce nouveau leurre de la gamme Illex Gambit présente une palette caudale reliée
au leurre par une articulation annelée et fine qui n’est pas sans rappeler celle
du Gambit Shad Tail de la marque. La comparaison s’arrête là car le corps du
Method Shad est beaucoup plus massif, en forme de bateau ventru, et sa caudale
presque ronde est imposante.
En choisissant de produire des
leurres de faible prix comparé aux
leurres souples techniques d’ori-
gine japonaise ou américaine,
Pezon & Michel s’adresse aux
petits budgets, notamment aux
enfants qui peuvent accéder à des
leurres souples parfaitement per-
formants. Car tout le monde n’a
pas les moyens de mettre 12 ou
15 euros dans une pochette de 3
ou 4 leurres. Chez les Gunki, la
pochette à 14,90 euros contient
25 Roller Gun, un shad qui nage
parfaitement ! La version avec
queue en forme de “vigule”, le
Grubby Gun, est quant à elle pro-
posée à 11,90 euros les 25.
Faciles à équiper d’une tête lestée,
ces deux leurres d’adressent à la
pêche du brochet, du sandre, de
la perche, des petits silures et
même du bar. A noter que le shad
existe aussi en version Gunki Still
Gun, à queue “finesse” pour les
pêches hivernales du sandre ou
pour les pêches rapides avec tête
plombée nageuse. Ces leurres
peuvent également être risqués
sur des postes très encombrés ou
leur perte éventuelle ne vous rui-
nera pas…
Les Gunki sentent assez fortement
l’anis, un attractant simple, mais
qui a fait ses preuves depuis long-
temps. La gamme comprend trois
modèles pour des longueurs de 5,
8 et 12,5 cm.
Renseignement et liste des points
de vente :
www.pezonetmichel.com
JM.T
Pezon & Michel a présenté cette année sa gamme de leurres souples Gunki, des
leurres qui présentent l’avantage d’un prix très doux et d’un conditionnement par
pack de 4, 8 ou 25 leurres.
Leurres souples
Pezon & Michel Gunki
FOCUS
Les montages que nous vous pré-
sentons ici sont discrets et per-
mettent de laisser nager le leurre
en toute liberté. Ils utilisent un fin
bas de ligne en titane. Outre sa
résistance aux dents du brochet,
ce matériau a l’immense avantage
de ne pas coquer malgré les
innombrables tractions qu’il subit,
garantissant une présentation et
une discrétion optimale. Plus visi-
ble que le fluorocarbone, il est par
contre beaucoup plus fin et n’en-
trave pas la nage du leurre. En
drop shot, le montage souvent
détendu et non lesté est très faci-
lement engamé par le poisson.
Les risques de coupe d’un fluoro-
carbone de gros diamètre sont
réels, d’autant plus que vous
pêcherez en montage texan et
devrez ferrer vigoureusement pour
assurer la sortie de l’hameçon du
leurre. Pour avoir eu à subir pas
mal de coupes nettes sur de gros
fluorocarbones, reliés à des
leurres légers ramenés lentement,
je préfère recourir au titane, quitte
à l’utiliser dans de faibles diamè-
tres.
Les montages
Un premier montage consiste à
enfiler un hameçon texan ou non
sur un bas de ligne titane, orienté
pointe vers le haut. Cet hameçon
est encadré par deux perles. Il est
ainsi toujours placé perpendiculai-
rement au bas de ligne, pointe
Soyons clairs, la pêche en drop shot n’est généralement pas la plus efficace pour
traquer le brochet. Elle ne permet pas une prospection rapide en effet et se révèle
souvent moins productive que les techniques de power fishing. Toutefois, dans certaines
conditions – postes précis à côté ou au cœur d’obstacles, cassures marquées, tapis
dense d’herbiers irréguliers, poissons apathiques ou éduqués- elle peut permettre de
mieux tirer son épingle du jeu. Inutile alors de tenter de pêcher ce cher prédateur sur un
bas de ligne nylon. Le montage est le plus souvent aspiré profondément et les coupes
sont trop fréquentes. Pour ne pas perdre de nombreux poissons et risquer de les
abimer, il est préférable d’utiliser l’un des montages décrits dans cet article, parfaitement
adapté et tout à fait résistant à la dentition acérée du brochet.
Par Philippe Collet
Le brochet
au drop shot
vers le haut et peut tourner en
totale liberté autour, sans jamais
s’emmêler. Cette liberté de l’ha-
meçon entraîne une nage du leurre
beaucoup plus dynamique que s’il
était noué sur du nylon. Le mon-
tage le plus fiable est réalisé en
prenant un morceau de titane
d’environ 30 cm et en «sleevant»
une petite boucle à une de ses
extrémités. Il faut ensuite passer
un sleeve puis une perle puis l’ha-
meçon dans le bon sens (de façon
à l’orienter, au final, pointe vers le
haut) puis une autre perle, puis un
sleeve sur la partie libre du bas de
ligne. On boucle alors ce dernier
de façon à repasser dans le
sleeve, la perle, l’hameçon, l’autre
perle et le dernier sleeve. On sertit
les deux sleeves en ménageant
quelques millimètres d’espace
libre entre l’hameçon et les perles.
En choisissant des perles de verre,
ce petit jeu dans le montage va
générer un cliquetis attractif pour
les poissons. On peut aussi mettre
deux perles sous l’hameçon, qui
en s’entrechoquant vont amplifier
le phénomène. Le titane utilisé
dans mes montages est du
Titanium 5 kg ou 20 centièmes de
millimètre de chez Cannelle,
vendu en rouleaux de 2,5 mètres.
Pour assurer, si les poissons son
peu regardants on peut passer au
8 kg pour 30 centièmes. Une
attention particulière doit être por-
tée à la qualité du « sleevage». Si
l’on souhaite obtenir un résultat
fiable (le titane est très glissant) il
convient d’utiliser des sleeves fins
et une pince à sleeves de bonne
qualité et mieux vaut toujours tes-
ter ses montages avant usage
pour éviter des déconvenues. Les
sertissages peuvent aussi être
consolidés par un petit point de
colle cyanoacrylate appliqué à
chaque extrémité des sleeves.
Une autre alternative un peu plus
discrète consiste à remplacer la
perle et le sleeve situés au dessus
de l’hameçon par un stop flotteur
enfilé sur le titane, lequel doit être
collé par un point de colle cyanoa-
crylate sur ce dernier afin d’éviter
qu’il puisse remonter. Quels que
soient les montages, l’hameçon
ne doit pas coulisser sur le titane
sinon à chaque relâcher du plomb,
le leurre remonte jusqu’à la boucle
supérieure du bas de ligne entraî-
nant un risque certain de coupe si
le brochet s’en saisit à ce moment
là, prenant en gueule une partie du
corps de ligne.
Une autre solution encore plus
simple nous est proposée par la
société VMC avec un hameçon
drop shot articulé autour d’une
tige métallique terminée par deux
boucles, le Spinshot. Ce montage
innovant, réalisé sur la base d’un
hameçon drop shot de référence
VMC 7119 à pointe pioche Spark
Point, permet lui aussi une rotation
totale du leurre de 360°. Il suffit de
connecter, à l’aide d’un sleeve, le
titane relié au corps de ligne à la
boucle du haut et le fil relié au
plomb à la boucle du bas. Cet
hameçon spécial a été vainqueur
du « Terminal Tackle of the Year
Award » à l’Icast 2011. Il est
décliné du 8 au 1/0 en blisters de
4 ou 5 hameçons selon la taille. On
préfèrera le 1/0 et le 1 pour le bro-
chet. Ce montage n’est pour le
moment pas proposé avec des
hameçons texans.
Des animations spécifiques
Avec un montage drop shot, il est
possible de «titiller» de longues
minutes un brochet embusqué
dans un poste encombré sans s’y
accrocher. Il est aussi possible de
pêcher très lentement dans les
herbiers les plus denses en lais-
sant le plomb se bloquer dans
l’herbe et en faisant sautiller le
leurre au dessus. Ainsi, contraire-
ment à un montage texan qui tom-
bera dans la végétation obligeant
le pêcheur à le ramener et à sortir
le leurre du champ de vision du
poisson, un montage drop shot,
permettra de faire virevolter le
leurre sur place. Le nuage de
petites bulles décollées des her-
biers par le plomb, à proximité du
leurre, ne fera qu’ajouter à l’attrac-
tivité de l’ensemble.
Animation en glissades
latérales
En choisissant un leurre à la queue
pointue, il est possible de déclen-
cher de longues glissades laté-
J de la marque
18cm monté
hameçon Texan
rouges ajoutent
intéressant.
Ce montage
replié peut être
facilement
FOCUS
rales de part et d’autre du plomb.
Une forme de walking the dog sur
place. Après chaque tirée, venant
buter sur le plomb sans le dépla-
cer, le leurre redescend vers le
fond en planant ou même pour
certains modèles en dodelinant,
provoquant ainsi l’intérêt du car-
nassier. Pour donner un maximum
d’amplitude à l’animation du
leurre, il convient que les tirées se
fassent canne haute. Il faut en
outre qu’elles soient sèches et sui-
vies d’un relâché immédiat du fil,
un peu comme lorsqu’on anime un
gros jerkbait sans bavette, à la dif-
férence que l’on ne mouline pas
entre chaque tirée. Avec cette
technique, le pêcheur n’est pas
toujours en contact avec son
leurre et la touche n’est pas tou-
jours ressentie dans la canne.
L’observation constante du fil ou
de la tresse est nécessaire pour ne
pas rater les tirées les plus sub-
tiles. On doit équiper son moulinet
d’une ligne visible et se placer de
façon à bien voir cette dernière.
Pour ce type d’animation, le vent
n’est pas un allié s’il vient de tra-
vers car il forme un ventre dans le
fil et entrave le mouvement du
leurre. On essaie alors de se pla-
cer de façon à l’avoir dans le dos
ou en pleine face. Avec un peu
d’habitude, et surtout après s’être
exercé à vue, à ses pieds dans
peu d’eau, on peu faire virevolter
son leurre de façon irrésistible
comme un, ou plutôt des petits
poissons fuyant l’attaque d’un car-
nassier. Chaque leurre a sa propre
vitesse de descente et sa cadence
d’animation. Il convient de la trou-
ver en le regardant évoluer préala-
blement. Si l’on sépare le plomb et
le leurre de 1 mètre par exemple,
on obtient des glissades de
grande amplitude même à dis-
tance du pêcheur. Si le vent n’est
pas trop fort on voit aussi le fil
détendu continuer à filer après
chaque animation.
Selon le poids du plomb utilisé et
la nature du fond, il est possible de
ramener plus ou moins vite le
montage. Un plomb léger ramené
sur un fond propre a tendance à
riper sur des tirées sèches sur le
leurre et à se déplacer sur l’inertie
de ce dernier, même si vous ne
tendez pas directement la ligne en
butée sur le plomb. Le même
plomb posé sur un tapis d’her-
biers s’ancre superficiellement et
permet une animation tout aussi
saccadée mais plus lente à revenir
vers le pêcheur car le plomb
bouge beaucoup moins. A vous
de doser le poids du plomb en
fonction de la taille du leurre et
aussi de la nature du fond. Plus
votre plomb est lourd par rapport
au leurre, plus le montage est
facile à lancer et directionnel, le
plomb n’étant pas dévié dans sa
trajectoire par les mouvements
erratiques du leurre. Vous pouvez
aussi alterner des phases d’ani-
mation sur place de quelques
secondes avec un long relevé de
la canne destiné à décoller le
montage et à le reposer plus loin.
Avec cette technique vous reste-
rez plus longtemps sur les secteurs
favorables comme les cassures,
les trouées d’herbiers… où un
leurre ramené de façon linéaire ne
peut pas insister. Vous pourrez par
contre passer rapidement dans les
secteurs qui ne vous plaisent pas.
Animation minimaliste
Le drop shot peu aussi permettre
de réaliser de micro animations,
des sautillements sur place, avec
des leurres souvent plus petits
que ceux utilisés pour de longues
glissades. Ces leurres peuvent être
Le même
plomb posé
sur un tapis
d’herbiers
s’ancre
superficiellem
ent et permet
animation
tout aussi
saccadée
mais plus
lente à
revenir vers
lepêcheur
car le plomb
bouge
beaucoup
moins.
Si la gamme
propose plus
de dix
coloris, nous
pensons que
les teintes
naturelles
sont celles
s’accordent
le mieux avec
le réalisme
de ce leurre.
Cela faisait longtemps que l’on
n’avait pas vu un shad aussi bien
fini. Le réalisme est donc bien le
cheval de bataille de la très confi-
dentielle marque japonaise Fish
Arrow, dirigée par Takeshi
Matsumoto. La gamme des Flash J
se décompose en deux versions :
shad et “finesse”, le tout disponible
en 3, 4 et 5 pouces. Nous avons
choisi de tester le modèle 5 pouces
en version shad, car il s’agit du plus
polyvalent dans nos eaux. Grâce à
lui nous avons pu aussi bien recher-
cher le brochet ou le sandre, que le
silure, le black-bass ou bien le bar.
Si la gamme propose plus de dix
coloris, nous pensons que les
teintes naturelles sont celles qui
s’accordent le mieux avec le réa-
lisme de ce leurre. Les teintes
watermelon (vert foncé tirant sur le
brun) ou “neon flick” (un bleu clair
très naturel ) sont celles qui sem-
blent les plus à même de simuler un
petit poisson.
Les Flash J sont tous pourvus
d’une lamelle métallique argentée,
dorée ou rouge, dont l’effet est
très naturel. C’est ainsi que dans
l’eau, lorsqu’il nage, le leurre
envoie des éclats latéraux très
significatifs. C’est ce qui fait du
Flash J un leurre souple très parti-
culier, qui évoque autant une cuil-
ler ondulante qu’un poisson mort
animé. Très efficace pour la pêche
du brochet, il l’est aussi pour celle
du sandre. Nous avons pu le tes-
ter cet hiver en Hollande, notam-
ment à Goimeer, lac réputé difficile
car très pêché aux leurres sou-
ples, et il s’en est très bien sorti.
Techniquement, le Flash J Shad
est un leurre souple relativement
FOCUS
Difficile de ne pas être tenté par ce leurre souple hyper réaliste qui fait dans l’imitatif.
Par les éclats qu’il envoie lors de sa nage, le Flash J Shad joue clairement sur le
terrain des cuillers ondulantes ou du poisson manié.
Par Jean-Marc Theusseret
Fish Arrow
Flash J Shad 4 et 5 ’’
L’actualité des fabricants et importateurs de matériel de pêche sportive, avec
les dernières nouveautés, innovations techniques et mises à jour de produits.
FOCUS
Toujours du nouveau…
ISTERTWISTER
/
Cigar Shad,
Micro Shad et Mini Tube
La célèbre marque américaine de
leurres souples Mister Twister est
l’auteur de trois nouveaux modèles très
singuliers, qui se démarquent des
autres productions. Tout d’abord le
Cigar Mino, un shad de 10 cm au corps
de section triangulaire très fin. Cette
forme de corps laisse au pad caudal
une très grande liberté, qui le laisse
s’exprimer même à très faible vitesse,
ou avec très peu de lest.
Le Micro Shad mesure quant à lui
seulement 3 cm. Il peut être monté sur
une micro tête plombée pour le “rock
fishing” de moins de un gramme, placé
devant un poisson nageur ou un leurre
souple sur un hameçon simple ou
encore présenté en drop shot. Le mini
tube, mesure 4,2 cm. Monté sur un
hameçon triple n° 14 ou 12, il est parfait
en accompagnement d’un plomb
palette.
Notre avis : bon marché, les leurres Mister
Twister sont fonctionnels. Le Cigar Mino dispose
d’une nage peu commune et les couleurs des
Mini Tube plaisent beaucoup aux perches.
ANÀK
/
Bicolour Indicateur
La marque tchèque Hanàk est spécialisée dans le matériel dédié à la
pêche à la nymphe au fil. Ce fil indicateur bicolore d’un diamètre de
16 à 25/100, marqué tous les 50 cm permet d’éviter de faire un nœud
entre deux fils de différentes couleurs.
Prix conseillé : 10,90 euros les 20 m.
Notre avis : un fil qui doit être graissé pour une flottaison parfaite.
Très bonne résistante, facile à nouer et très visible.
Disponible sur : www.moucheshop.com
Le Spin Shot est un hameçon conçu pour la pêche en
drop shot qui a l’avantage de tourner sur lui-même, ce
qui évite de brider le leurre lors de l’animation. Existe en
taille 1/0 à 8, ce qui permet de l’équiper de la plupart
des leurres souples pour la pêche du sandre,
voire du brochet.
Prix conseillé : 4,90 euros les 5
(sauf taille 1/0 à 4,90 euros les 4).
Notre avis : le Spin Shot évite à avoir à réaliser un
montage tournant à l’aide de sleeves et de stops floats.
De plus, la qualité de l’hameçon (identique au WMC
VMC /
Spin Shot
Construit en aluminium le nouveau moulinet sage 4250 est
équipé d’un mécanisme de frein étanche « SCS floating tripod »
qui procure douceur et précision. Le réglage du frein se fait sur
un tour complet de la molette, pour plus d’efficacité pendant le
combat. Quatre modèles disponibles pour soies 3-4, 5-6, 7-8 ou
9-10. Le modèle 5-6 pèse 116 g pour un diamètre de 92 mm.
Disponible en noir ou alu.
Prix conseillés : 245 à 270 euros selon le modèle. Bobines
sup. : 126 à 136 euros.
Notre avis : Léger et construit en aluminium, le 4200 se distingue
surtout par son système de freinage progressif et efficace.
Produit disponible sur : www.ardent-peche.com
AGE
4250
FOCUS/
montage
L’essentiel du palmer
Quelque peu oublié depuis la généralisation du CDC, le montage dit en “palmer”, n’a
pas dit son dernier mot. Réalisé à l’origine uniquement en hackle de coq et destiné à
la pêche des eaux rapides, le palmer peut, comme nous allons le voir, s’adapter avec
succès à d’autres matériaux, y compris le CDC. Même le montage de certains
streamers peut être réalisé selon cette technique d’enroulement d’une plume sur la
hampe de l’hameçon. Quant aux montages traditionnels en coq, ils sont toujours très
efficaces, notamment dans les courants tumultueux, car ils garantissent une flottaison
hors norme. Cette vieille technique de montage a donc toujours de beaux jours
devant elle, et ce pour une multitude d’applications dont voici quelques exemples.
Palmer mouche de mai
Le montage palmer n’est ici qu’une
des composantes de ce modèle. Il
sert à obtenir une flottaison amélio-
rée. Comme chacun le sait, le grand
éphémère éclot dans les zones
calmes riches en limon. Mais
lorsqu’il dérive, on peut très bien le
trouver dans les courants. Si en
plus il pleut, le corps monté en pal-
mer avec un hackle de coq devient
alors un atout très intéressant.
1. Choisir un hameçon Tiemco
5210 n° 12 ou 10. Commencer
l’enroulement d’un fil de mon-
tage jaune pâle. Fixer des
cerques en portion de plume de
poitrail de canard colvert mâle.
(Attention à l’inclinaison naturelle
des fibres.)
2. Faire le corps avec le fil de
montage (6/0) ou mieux avec
du raphia naturel. Placer un
hackle de coq roux ou gris
moyen par la pointe en ayant
pris soin d’écarter les fibres de
la nervure de la plume (avec les
doigts). Six ou sept tours sont
suffisants.
3. Enrouler le hackle de façon
espacée en cinq à six tours au
maximum pour un hameçon
n°10. Couper l’excédent.
4. Toujours par la pointe et selon la
même technique que pour le
hackle, fixer une longue et belle
plume de CDC.
5. Enrouler cette plume sur trois
tours, en rabattant les fibres vers
l’arrière à chaque tour.
6. Toujours sur le même principe,
fixer une belle plume de poitrail
de mâle colvert, si possible de
teinte un peu “fumée”. (Vous
pouvez aussi la teinter à l’acide
picrique à 2%.)
7. Enrouler la plume sur deux tours
seulement, et faire le nœud final.
On obtient une belle bouchée
composée de matériaux divers,
qui chacun apporte quelque
chose.
FOCUS/
montage
FOCUS/
montage
Palmer coléoptère
Une mouche imposante et très fournie qui fait merveille
sur les chevesnes. Le dos vert n’est pas visible par les
poissons, mais permet surtout une meilleure visibilité
pour le pêcheur.
1. Choisir un hameçon à grande ouverture mais à
hampe droite (Kamasan B 405) en taille 12 à 8. Avec
un fil de montage noir 6/0, commencer l’enroule-
ment et fixer à l’arrière quatre ou cinq herls d’œil de
plume de paon non ébarbés.
2. Fixer cette fois une longue lancette de coq noire
(Hoffman ou équivalent.) Seules les lancettes per-
mettent une longueur totale de la plume suffisante
pour la réalisation de ce modèle.
3. Face à vous et au niveau du début de la courbure,
fixer un morceau de néoprène de section carrée.
4. Même opération de l’autre coté. Le néoprène se
comprimant bien, ne pas hésiter à serrer. Une goutte
de colle assure une solidité sans faille.
5. Sur le haut cette fois, ajouter un morceau de taille
identique de foam vert irisé. Le coller lui aussi.
6. Enrouler les herls de paon après les avoir torsadés.
S’aider d’une pince à hackle pour les laisser en
attente.
7. Le fil de montage sert ici à solidifier les herls par un
aller retour d’enroulements espacés mais croisés,
qui en profitent pour les fixer et ensuite revenir au
point de départ.
8. Rabattre vers l’avant les deux morceaux de néo-
prène, l’un après l’autre. Ne pas hésiter à bien les
tendre. Une goutte de colle est indispensable.
9. Rabattre maintenant le foam vert selon le même
principe.
10. Vernir le dos de la mouche avant de réaliser l’en-
roulement en palmer de la lancette. Vous pouvez
“charger”, cette grosse mouche est faite pour ça !
11. Vu de dessus, on obtient une mouche destinée à
la pêche du chevesne ou à la pêche en réservoir au
printemps lorsque les insectes terrestres tombent
sur l’eau poussés par le vent.
FOCUS/
montage
Variante de Woolly Bugger
Le montage en palmer s’accorde
aussi très bien avec les streamer.
Le Wooly Bugger, streamer histo-
rique s’il en est, était à l’origine
monté avec un corps en hackle en
palmer. Nous avons remplacé le
hackle de coq par une plume qui
provient du haut des cuisses d’un
coq faisan. Cette plume ressemble
à celles provenant du héron cen-
dré, utilisées par les monteurs de
mouches à saumon écossaises
(Spey flies).
1. Choisir un hameçon fort de fer
de type Tiemco 3769 n°10. Le
fixer dans l’étau après avoir
passé une bille de laiton ou de
tungstène.
2. En guise de fil de montage, du
polypropylène en bobine, de
couleur olive (JMC), permet
d’avancer rapidement. Fixer une
belle pincée de fibres de mara-
bou olive.
3. Fixer un ou deux brins de tinsel
doré holographique de chaque
coté du marabou. Arrêter le
montage. Reprendre avec du
Mirage Dub (encore lui !) olive. A
l’origine le Woolly Bugger était
fait avec un corps en laine
(comme son nom l’indique),
mais certains matériaux
modernes peuvent avantageu-
sement la remplacer.
4. Placer la plume de faisan par la
pointe juste au pied de la
“queue” de la mouche. Finir le
corps avec le Mirage Dub.
5. Après avoir verni le dessus du
corps, enrouler la plume selon la
technique du palmer, en rabat-
tant les fibres à chaque tour. La
longueur des fibres de la “colle-
rette” est égale à celle de la
mouche entière.
sur un tapis d’herbe à tor-
tue, mais quand même
prêts à dégainer. Quelques
pas pour se mettre « en
jambes » et voilà déjà
Michael canne tendue vers
la surface de l’eau, immo-
bile, à l’arrêt comme le
ferait un chien de chasse
devant une bécasse, qui
nous montre un premier
banc de bonefishs !
Un lancer maladroit et
ils s’évanouissent, comme
effacés par un coup de
gomme. Je pense alors que
la pêche va être dure et
qu’il ne faudrait pas trop
gâcher de telles occasions.
Mais, au moment où ces
pensées me traversent l’es-
prit, Michael nous montre
« à perpette » d’autres pois-
sons impossibles même à
deviner ! On passe ainsi
durant une demi heure
d’un banc à l’autre sans
pour autant en pêcher un.
A notre décharge il faut
dire que nos yeux n’arri-
vant pas à pénétrer la
surface opaque de l’eau,
Où pêcher
Lieu atypique mais passionnant, les îles du Honduras sont très
riches en bonefishs… pas toujours faciles à prendre.
fait un bon quart d’heure
que nous les poursuivons à
petits pas. Ils sont enfin à
portée de canne, mais sans
rien dire, Michael me fait
signe avec sa main d’atten-
dre encore… Il veut que
nous les contournions pour
avoir le vent dans le dos et
m’offrir ainsi un maximum
de chance. Floc, floc,
floc… Ils sont tout près, en
train de faire du tailing et
on pourrait presque enten-
dre le bruits des carapaces
des petits crustacés qui cra-
quent sous leurs dents. Je
peux enfin lancer!
D’abord maladroitement,
car le crabe accroché au
bout de la ligne paraît être
un boulet après les petites
mouches utilisées jusqu’à
présent. Puis, avec plus de
précision, je lance sans les
inquiéter juste à l’endroit
où ils sont attablés en les
invitant à goutter à mon
amuse gueule. Rarement
j’ai eu l’occasion de tenter
ma chance et d’insister
aussi longtemps avec des
permits et c’est peut-être
après un douzaine de ten-
tatives que j’en vois un se
diriger vers ma mouche.
«Ramène vite. Arrête.
Reprend doucement –
Ok», me dit Michael. Le
poisson n’est plus qu’à 7 à
8 mètres de nous lorsque
j’entends « Ferre ! Ferre ! »
Et comme d’habitude,
n’ayant rien ressenti, bête-
ment, je n’en fais rien et je
vois trois nageoires me
saluer en s’éloignant à
toute vitesse !
« Je l’ai vu prendre ta
mouche et la recracher !
Où pêcher
Le bonefish procure de très
loin le plus grand nombre
d’occasions de touches pour
le pêcheur à la mouche,
mais les babys tarpons
et les permits sont
toutefois bien présents.
Sûr qu’il était pour toi,
celui-la ! Pas de problème,
on en trouvera d’autres ! »
me dit Michael. Un petit
repas au lodge et nous
revoilà sur un autre flat où
nous passons l’après-midi à
croiser encore et encore des
bancs de bonefishs qui se
révèlent très malins (ou
nous pas assez !) et pas du
tout facile à leurrer. Heureu-
sement pour nous que dans
le nombre il y en avait un
par-ci par-là, un peu plus
affamé que les autres et qui
venait jouer avec nous…
La soirée qui suit permet
de mieux connaître les
propriétaires, de grand
baroudeurs qui, loin des
records de vitesse ont fait le
tour du monde à la voile en
six ans et regrettent de ne
pas avoir assez traîné…
Grands respectueux de la
nature, ils ont équipé le
lodge de panneaux solaires
et sont quasiment autosuffi-
sants. Par la même occasion,
ils nous font connaître les
lieux qui ont abrité à tour de
rôle pirates et corsaires espa-
gnols, français ou anglais,
laissant derrière eux de
nombreux galions que
recherchent encore quelques
aventuriers. Il y a juste deux
semaines d’ailleurs, l’un
d’eux a été découvert à
quelques encablures du
lodge .
Y a-t-il un trésor à son
bord? Le secret sera à coup
sûr bien gardé dans la
mesure où le gouverne-
ment du Honduras est
propriétaire des épaves…
D’autres secteurs tout
proches, offrent de très
nombreuses opportunités
mais dans l’ensemble, la
pêche reste plutôt difficile,
c’est aussi ça, la pêche!
En tout cas, nous sommes
vraiment loin des clichés
habituels figurant un
pêcheur au milieu d’une
grande étendue d’eau et, en
arrière-plan, un petit îlot
couvert de cocotiers !
Séjour Pêche
au Mango Creek
Lodge
Un lieu et un accueil
de qualité par un couple
pas comme les autres.
Pour les accompagnants
non pêcheurs des séjours
écotourismes avec
snorkelling ou plongée
et découverte de l’île sont
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Renseignements :
mangocreeklodge.com
E-mail :
[email protected]
Vous pourrez retrouver
toutes les infos pratiques,
ainsi que l’intégralité du
reportage sur notre site :
www.peches-sportives.com
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dans un cadre d’exception. Site vaste et
préservé pour moucheurs du 5 juin au
12 octobre. Tél.: 04 79 01 07 51.
www. lacdetueda-meribel.com
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Tél. : 06 08 82 31 32.
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vétérinaire. Un des plus impor-
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roi des poissons. 719 pages.
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