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Pêches sportives magazine n°89
PECHES sportives PECHES sportives n°89 DVD est à l’intérieur • Pêchessportives • numéro 89 3:HIKMPC=[U]^U]:?a@a@s@t@a; M 02526 – 89 – F: 8,90 – RD Belgique : 9,55 euros • 14,25 francs suisses Octobre – novembre – décembre – 2011 Présentation, dragage, bruits FOCUS : Lunker City SwimFish • Savagear Sandeel • Sakura Shinjin Spinning • […]
Rupture de stock
Description
PECHES
sportives
PECHES
sportives
n°89
DVD
est à
l’intérieur
•
Pêchessportives
•
numéro 89
3:HIKMPC=[U]^U]:?a@a@s@t@a;
M 02526
– 89 –
F:
8,90
– RD
Belgique : 9,55 euros • 14,25 francs suisses
Octobre – novembre – décembre – 2011
Présentation, dragage, bruits
FOCUS :
Lunker City SwimFish
• Savagear Sandeel
• Sakura Shinjin Spinning
• Illex Ashura S-250 XH
• Colle Spike-It
PÊCHES
sportives
Leurres souples :
une question de densité
Actualités
Méditerranée: la
Caulerpa taxifolia
voie de disparition?
Probablement échappée d’un aquarium du musée océanographique de Monaco en 1984,
l’algue tueuse
Caulerpa taxifolia
a envahi progressivement d’immenses territoires en Médi-
terranée. Apparemment originaire de Brisbane en Australie, cette algue est appréciée des ama-
teurs d’aquarium qui s’en servent de décoration. En 1990, 15000 hectares avaient été colonisés
en France, en Espagne, en Italie, en Croatie et en Tunisie. Le problème étant que cette expan-
sion s’est accomplie au détriment des autres espèces d’algues (près de 1200 en Méditerranée),
car la taille imposante de la
Caulerpa taxifolia
gêne leur développement. Les poissons furent
également touchés, notamment en privant certaines espèces de poissons d’espaces pour
les alevins. Mais les observateurs ont découvert que cette expansion s’était non seulement
arrêtée, mais que les surfaces colonisées disparaissaient rapidement. Le Professeur Meinesz,
spécialiste de l’algue interrogé par le journal Le Monde, explique: «nous avons déployé un
réseau de surveillance sur les 152 zones où l’algue prospérait. À partir de 2004, ces observa-
teurs nous ont alertés sur le fait qu’elle commençait à disparaître. Et nous le confirmons:
aujourd’hui, 80% des surfaces colonisées auraient disparu et doucement la vie reprend ses
droits… Enfin une bonne nouvelle!
Le modèle
économique
du gaz de schiste
remis en question
Alors qu’on nous présentait
cette source d’énergie,
comme la nouvelle poule aux
œufs d’or, la réalité serait tout
autre. En plus d’être
extrêmement polluante (voir
notre précédent article ici),
cette activité ne serait
également pas vraiment
rentable. Le
New York Times
a publié une enquête
démontrant que les réserves
et les profits envisagés étaient
largement surestimés.
En conséquence, le cours
des grandes compagnies
exploitant le gaz de schiste
a chuté à Wall Street.
Alors que le Texas fait face
actuellement à la pire
sécheresse jamais enregistrée
dans son histoire, l’industrie
des gaz de schistes dilapide
toujours des milliards de litres
d’eau. Dans cet Etat, en
particulier, un pétrogéologue
de Houston, Art Berman,
également cité dans l’enquête
du quotidien new-yorkais,
explique que les industriels
du secteur ont surestimé les
réserves disponibles de 73
à 350% ! En espérant que
cette enquête soit parvenue
jusqu’au bureau du ministère
de l’Environnement français!
En tout cas, elle devrait
apporter de l’eau au moulin
des antigaz de schiste, qui
sont de plus en plus
nombreux à se mobiliser.
Les espèces océaniques
en danger d’extinction
Les océans affichent tous les symptômes des grandes phases
d’extinction. C’est du moins la conclusion d’un rapport pro-
duit par 27 experts venus de six pays et qui travaillent sur des
problématiques différentes. Pour la première fois, ils ont croisé
leurs réflexions pour dresser un tableau plus général et plus
précis de la situation.
Réunis à l’université d’Oxford en Angleterre, leur constat est
sans appel: « les océans du monde entier risquent fortement
d’entrer dans une phase d’extinction des espèces marines ».
Surpêche, pollutions en tout genre, réchauffement climatique,
acidification provoquant l’hypoxie (baisse des taux d’oxygène
dans l’eau et créations de « zones mortes »), ces facteurs
combinés soumettent les océans à une série de pressions qui
inquiète.
Les chercheurs, eux-mêmes, semblent être surpris par la gra-
vité de la situation. Alex Rogers, chercheur à l’université de
zoologie de Londres et directeur scientifique du Programme
international sur l’état des océans (IPSO), a déclaré: « les
résultats sont choquants ». La vitesse à laquelle le milieu se
dégrade a également surpris les scientifiques. Les océans se-
raient donc au bord d’une crise biologique comme la terre
n’en a plus connu depuis 55milliards d’années.
Les Bouches de Bonifacio
enfin classées
La ministre de l’Écologie, Nathalie Kosciusko-Morizet, a offi-
ciellement annoncé le 25août dernier le classement des
Bouches de Bonifacio en Zone maritime particulièrement vul-
nérable (ZMPV). Ce détroit abrite un écosystème unique et
représente une réserve naturelle de près de 80000 hectares
qui héberge 37% des espèces remarquables de Méditerra-
née. Mais il est aujourd’hui en danger, car il accueille égale-
ment chaque année 4000 navires de transport, notamment
de matières dangereuses. Maintenant, les autorités italiennes
et françaises doivent mettre en place un certain nombre de
mesures pour faire respecter ce classement. A suivre…
Votre magazine se décline
aussi sur
le web
https://www.peches-sportives.com/
Les coins de pêche
L’espace pour trouver
son coin de pêche est
également un lieu
d’échanges. Base de
données participative,
vous pouvez partager avec
le plus grand nombre vos
coins préférés. Grâce aux
commentaires, il vous sera
facile de mettre à jour
les bons coins d’antan
qui ne le sont pas
forcément aujourd’hui.
La boutique
L’espace marchand du site. Vous y trouverez
tous les ouvrages publiés par nos soins,
ainsi que ceux que nous avons appréciés.
Des tee-shirts et des casquettes y sont
également mis en vente. La gamme devrait
très prochainement s’agrandir…
Pêches Sportives.com
vous propose un
voyage en plein cœur de l’actualité
halieutique. Tous les jours, retrouvez sur le site
de
Pêches Sportives
, les actualités les plus
marquantes du monde de la pêche, consultez
les dossiers du magazine, faites vos courses
dans notre boutique, visionnez notre sélection
de vidéos, tenez-vous au courant des meilleurs
coins de pêches et profitez des conseils des
rédacteurs de notre revue !
Actualités
Les méduses, futures maîtresses
des océans?
Adieu Jean-Claude…
Guide de pêche normand bien
connu, compagnon de pêche
cherchant toujours et avant tout
à faire partager et découvrir les ri-
vières de sa région, Jean-Claude
Delange nous a quittés début
septembre, emporté par une
crise cardiaque à l’âge de 63 ans.
La Touques, l’Orne, la Rouvre, le
Noireau ont perdu un ami, tout
comme nous. Toute l’équipe de
Pêches sportives
s’associe à la douleur de sa famille, de ses
proches et de son fils Pascal.
L’association Océan2012 a publié le 18août
une étude sur la surpopulation brutale des
méduses. Parmi les principales causes de
cette prolifération, la surpêche est notam-
ment montrée du doigt. La pression sur les
stocks de poissons, comme les sardines, les
maquereaux ou encore les mulets, consom-
mateurs de zooplanctons comme les mé-
duses, laisse le festin à ces dernières. Le
rapport souligne: «le prélèvement d’un trop
grand nombre de poissons dans ces écosys-
tèmes offre à ces méduses une niche écolo-
gique où elles peuvent prospérer. La
disparition d’espèces, comme le thon ou les
tortues, consommatrices de méduses, n’ar-
range bien sûr pas les choses. Le dérègle-
ment de la chaîne alimentaire profite ainsi
aux méduses».
Selon l’ONG, la surpêche n’est pas l’unique
responsable de la prolifération des méduses.
Le réchauffement climatique, l’évolution de
la salinité ou de la température des océans
ou encore la modification des courants sont
autant de facteurs à prendre en compte. Les
scientifiques considèrent que cette proliféra-
tion nous alerte sur les conséquences des
graves dérèglements que subissent actuelle-
ment les océans. Espérons que les gouver-
nements sauront entendre cette nouvelle
sonnette d’alarme…
vers cette zone. Ce gyre
subtropical du Pacifique Nord
agit comme un tourbillon
et enferme ces millions
de tonnes de déchets, les
concentrant en son centre.
Aujourd’hui la couche de
plastique peut atteindre
jusqu’à 30 mètres. Dans cette
zone, nous trouvons six tonnes
de plastiques pour une tonne
de plancton. Selon des calculs
de l’Algalita Marine Research
Foundation (AMRF), une ONG
de l’Ouest des Etats-Unis qui a
conduit une étude sur la
question, la superficie de cette
plaque de déchets a triplé
entre 1997 et aujourd’hui.
L’association estime qu’elle
pourrait encore être multipliée
par dix d’ici à 2030. Les effets
sur la faune marine sont
dévastateurs. Les plastiques
ne sont pas biodégradables
et avec le temps ils se
désagrègent en de petits
morceaux minuscules qui
finissent dans les estomacs
des poissons et des oiseaux
marins. L’association
Greenpeace a recensé au
moins 267espèces marines
gravement affectées par
ces plastiques. Il existerait
également le même genre
de «continent» dans
l’Atlantique Nord.
… suite de la p.10
Le 8ième concours “mouche imposé” s’est déroulé le samedi 10 septembre au cé-
lèbre parcours du Moulin de la Chaise Dieu du Theil. Cette rencontre amicale et
unique en son genre implique la participation de quatre monteurs de mouches
professionnels qui proposent chacun deux mouches avec lesquelles les concur-
rents devaient pêcher. Alain Barthélémy (AB Fly), Jacques Boyko (Mouches De-
vaux), Andrew Ayer et Emmanuel Vialle (Mouches de Charette), Florian Stéphan
(artisan). A ce petit jeu, les mouches proposées par les Mouches de Charette se
sont imposées, devant celles de Florian Stéphan, celles d’AB Fly et enfin celles des Mouches Devaux. Les monteurs profes-
sionnels étant hors concours, mais participants, la première place, occupé par l’équipe Alain Barthélémy et Éric Foissotte et la
seconde par Jacques Boyko et Olivier Lauzanne, ne comptaient donc pas. La première place officielle revient donc au tandem
Actualités
Organisé par L’AAPPMA de Périgueux et
la Fédération Départementale de Pêche
de la Dordogne, l’open AFCPL float tube
de Périgueux s’est tenu le 10septem-
bre. Trente compétiteurs embarqués
dans leur float tube ont tenté de
séduire sur la rivière l’Isle, perches, bro-
chets, sandres et black-bass.
Mathieu Lesage, jeune pêcheur pas-
sionné de 23 ans, a remporté
l’épreuve. Dans un communiqué de
l’AFCPL, il explique: «J’ai tout de suite
apprécié l’ambiance et l’implication des
organisateurs présents sur chaque date.
Sur l’Isle, J’ai péché avec une Garbilono
Microlure muni d’un Shimano Biomas-
ter, tresse powepro 8 centièmes. Mon
leurre du jour a été le diving chubby
ainsi que le TN 50 pour prospecter plu-
sieurs couches d’eau rapidement.» Il
dévoile également ses objectifs: «Ma
team est composée de Maxime Rapin
et de Frédéric Ratte.
Nous visons le podium à Clermont-Fer-
rand, réussir les meilleures perfor-
mances en individuel et parcourir la
France pour montrer une image positive
de la pêche.»
Renseignements: www.afcpl.eu
Mathieu Lesage domine l’open de Périgueux
Dans le cadre de sa 39
édi-
tion et pour la quatrième
année consécutive, le Grand
Pavois a mis en avant la
pêche de loisir grâce à un es-
pace d’exposition spéciale-
ment dédié de 400m
Egalement au programme:
une compétition de pêche en
mer regroupant une dou-
zaine de semi-rigide Valiant
DR Fishing fourni par Bruns-
wick Marine et dont l’organi-
sation a été confiée à l’AFCPL.
Baptisé «Grand Pavois Fi-
shing», ce tournoi de pêche
en mer fédère six équipes
professionnelles durant cinq
jours.
A bord des Valiant DR fishing,
une cinquantaine d’invités
issus de la presse, du milieu
halieutique ou des pêcheurs
expérimentés viendront par-
tager leur expérience. Les ba-
teaux seront équipés d’un
sondeur-GPS Humminbird et
d’une VHS Navicom et seront
propulsés grâce à des mo-
teurs Mercury de 150 ou
300cv Verado. Yann Dique-
reau de Brunswick Marine in
France explique: «depuis
quatre ans, Brunswick Marine
s’est engagé aux côtés de
l’AFCPL dans cette compéti-
tion de pêche en mer. Ce
challenge est un excellent
moyen de faire essayer nos
bateaux par des compéti-
teurs confirmés. Les désidé-
ratas des uns et des autres,
nous ont permis de dévelop-
per deux semi-rigides spéci-
fiques répondant aux
exigences de la pêche en
mer avec notamment l’inté-
gration d’un vaste vivier de
120l ou 250l alimenté par
une pompe à eau de mer.
Nous sommes aujourd’hui
les seuls à proposer cet avan-
tage. De nombreux compéti-
teurs chevronnés (Didier
Courtois, Yannick Des-
landes), des professionnels
du monde de la pêche
(Charles Bastien – Rod&Pod,
Christophe Soares – Navi-
com), des guides de pêche
(David Doussot) ou des jour-
nalistes de la presse halieu-
tique (Guillaume Fourrier)
naviguent à bord de Valiant
toute l’année.
Ces deux prototypes Valiant
DR Fishing seront lancés en
grande série et mis en com-
mercialisation dans le réseau
Valiant dès la fin septem-
bre.»
www.brunswick-marine.com
www.valiant-boats.com
www.mercury-marine.eu
Renseignements:
www.afcpl.eu
L’AFCPL a organisé le tournoi du Grand Pavois
Photo: AFCPL
Photo: AFCPL
Le 8
concours “mouche imposé” s’est déroulé le samedi
10septembre au célèbre parcours du Moulin de la Chaise
Dieu du Theil. Cette rencontre amicale et unique en son genre
implique la participation de quatre monteurs de mouches
professionnels qui proposent chacun deux mouches avec les-
quelles les concurrents doivent pêcher. Alain Barthélémy (AB
Fly), Jacques Boyko (Mouches Devaux), Andrew Ayer et Em-
manuel Vialle (Mouches de Charette), Florian Stéphan (arti-
san). A ce petit jeu, les mouches proposées par les Mouches
de Charette se sont imposées, devant celles de Florian Sté-
phan, celles d’AB Fly et enfin celles des Mouches Devaux. Les
monteurs professionnels étant hors concours, mais partici-
pants, la première place, occupée par l’équipe Alain Barthé-
lémy et Éric Foissotte et la seconde par Jacques Boyko et Oli-
vier Lauzanne, ne comptaient donc pas. La première place
officielle revient donc au tandem Christophe Taillandier et Sté-
phane Aube, suivis de Michel Chalois et Loïc Masquet. Au
total, vingt-six équipes de deux pêcheurs ont essayé de tirer
leur hameçon du jeu lors de cette journée très conviviale or-
ganisée par la famille Pucci. La saison continue au Moulin de
la Chaise Dieu du Theil, après la période estivale, toujours dif-
ficile car l’activité des truites est réduite, l’automne étant la
meilleure saison pour ce parcours.
Renseignements: www.moulin-de-chaise-dieu.fr
Eure
Moulin de la Chaise Dieu du Theil, un concours réussi!
Actualités
En 2010 la Fédération de Pêche de la Loire a
réalisé une étude stratégique sur le dévelop-
pement du tourisme pêche dans son dépar-
tement. En 2011, elle entame la phase
opérationnelle en mettant en place un certain
nombre de produits pêche.
Ainsi, deux réservoirs destinés à la pêche des
salmonidés à la mouche vont être créés au
nord et au sud du département. Le premier
ouvre cet automne à Usson-en-Forez, dans la
pointe sud-ouest du département, à 50km à
l’ouest de St-Etienne, sur un petit plan d’eau
communal alimenté par un ruisseau de pre-
mière catégorie. Le plan d’eau, d’un peu plus
de deux hectares, était autrefois traversé par
le ru. Il a subi des aménagements importants
et le ruisseau le contourne désormais, ce qui
minimise l’impact qu’il subissait. Il a obtenu
en outre le statut de pisciculture à but de va-
lorisation touristique, ce qui permet d’allon-
ger sa période d’ouverture.
Après une gestion expérimentale de type ré-
servoir sur les derniers mois des années
2008, 2009 et 2010, il a été décidé d’allonger
de façon conséquente la période réservée à la
pêche à la mouche et d’empoissonner de
façon beaucoup plus régulière le plan d’eau.
Une convention a été récemment signée
entre la Fédération de Pêche de la Loire,
l’AAPPMA «La Truite du Haut-Forez» et la
commune d’Usson-en-Forez pour sa gestion.
Ses berges sont parfaitement entretenues et
propices à la pratique de la pêche à la
mouche. Le site comporte un parking et des
sanitaires publics, et il est possible de se res-
taurer à proximité immédiate, sans replier ses
cannes, dans un restaurant qui jouxte le plan
d’eau ou de monter dans le village pour trou-
ver d’autres restaurants.
Le plan d’eau ouvrira dorénavant pour la
pêche à la mouche du 4
samedi de septem-
bre au 3
vendredi de mai inclus, moyennant
l’acquisition d’un «ticket journalier mouche»,
en plus de la carte de pêche (la Fédération de
pêche de la Loire adhère au Club halieutique
interdépartemental).
Le ticket journalier à 20euros pour les adultes
permet de garder deux truites par journée de
pêche. Un tarif préférentiel à 5euros est pro-
posé aux enfants de 10 à 16 ans accompa-
gnés d’un adulte pêcheur. Ils ne peuvent pour
leur part garder qu’un seul poisson.
Pour plus d’information sur les tarifs, le règle-
ment intérieur, la localisation, etc. et sur l’ou-
verture d’un second réservoir qui devrait
suivre sur la commune de Noirétable, n’hési-
tez pas à consulter le site Internet de la
Fédération de pêche de la Loire.
http://www.federationpeche42.fr/
ou téléphonez au 04 77 02 20 00.
L’association Handicap Inter-
national, en partenariat avec
Leroy Merlin, décerne depuis
presque quinze ans des prix
aux papas et aux mamans bri-
coleurs et inventeurs qui
créent des objets à destina-
tion de personnes souffrant
de divers handicaps. Cette
année, dans la catégorie « Loi-
sirs », l’invention de David Fru-
chart, résidant à Souchez
dans le Pas-de-Calais a retenu
l’attention du jury grâce à une
canne à pêche conçue pour
les aveugles et les sourds qui
désireraient pêcher. Un sys-
tème vibrant, fonctionnant
grâce à un moteur de modé-
lisme, est intégré à la canne
permettant ainsi au pêcheur
de savoir lorsqu’un poisson
mord à l’hameçon. Si le fil se
tend alors le moteur se met
en route. Une bonne idée
pour élargir le public des pê-
cheurs…
Bon anniversaire
Greenpeace!
L’association de protection de
l’environnement Greenpeace
fête cette année ses quarante
ans. Créée en 1971 par qua-
torze militants luttant contre
les essais nucléaires améri-
cains, l’ONG a depuis em-
brassé tous les grands
combats écologistes. A cette
occasion, un film, Mind
Bomb, a été réalisé par Chris-
tophe Montaucieux pour re-
tracer la passionnante histoire
de Greenpeace. Vous pouvez
le visionner sur Internet.
Innovation:
une canne
pour les
aveugles et
les sourds
Loire
La Fédération de pêche créée
deux nouveaux réservoirs dans
le département de la Loire
Actualités
Sébastien Golly, à qui nous devons l’organi-
sation du DVD joint à ce magazine, nous a
fait découvrir les rivières de sa région, dans
les environs de Verdun. A une longueur de
soie du fameux Domaine de Sommedieue,
Sébastien tient la boutique Cast-again, un
magasin de passionnés loin des zones com-
merciales et du trafic autoroutier. Pêcheur à
la mouche et aux leurres, il saura vous
conseiller, autant pour pêcher à la mouche à
Sommedieue, qu’en Meuse à la recherche
des carnassiers, ou encore en vue d’une sor-
tie sur le lac de Madine. Sébastien Golly dis-
pose également d’une belle expérience de
pêche à l’étranger, en mer comme en rivière.
Distributeur Hardy et Greys, Maui Jim,
Simms, Waterworks, Jmc, TOF… dans sa sé-
lection de produits, Sébastien a donné la
priorité à la recherche du meilleur rapport
qualité prix et à la technicité du matériel. Le
fly-tying n’a pas été oublié, avec une offre qui
évolue en permanence. Côté leurre, Cast-
again (distributeur des cartes du lac de Ma-
dine) offre une sélection de matériel adapté
aux pêches de ce très grand lac, à la Meuse
sauvage, ainsi qu’à la Moselle ou Sébastien
à largement approfondi les techniques de
pêches à l’aspe ou au silure. Du matériel mer
léger pour la pêche du bar ou aux bijagos est
également proposé. On y retrouve des
marques, tels que Smith, Lucky Craft, Reins,
Owner, Matikor, Hart, Maria, Damiki…
L’autre intérêt de la boutique réside dans le
fait que Sébastien, très présent au Domaine
(il y est chargé des initiations) est toujours
au fait du régime alimentaire et de l’activité
des poissons au fil des saisons, ainsi il vous
conseillera au mieux sur les mouches du
moment et vous aidera à perfectionner les
quelques détails techniques qui feront cer-
tainement la différence au bord de l’eau. Il
propose également de vous faire tester
cannes et moulinet en situation de pêche et
vous aidera à choisir l’équipement qui sera le
plus adapté à votre main. Ponctuellement
Sébastien propose en partenariat avec des
voyagistes, des séjours à l’étranger qu’il en-
cadre. Le dernier en date était la Salza en Au-
triche, le prochain étant Punta Allen au
Mexique.
Une visite s’impose donc lors d’un prochain
passage dans l’est de la France.
On peut retrouver une partie du catalogue
sur le site web www.cast-again.com
Horaires: Mardi au samedi: 9h à 19h.
Dimanche 9h à 12h. Tél.: 06 20 10 61 63.
E-mail: [email protected]
Voyage:
la collection
automne
de Frontiers
L’agence de voyage Frontiers
a été créée en 1969 par Mi-
chael et Susie Fitzgerald afin
de palier un manque dans le
voyage de pêche ou de
chasse. Depuis l’agence en-
voie aux quatre coins du
monde des pêcheurs et des
chasseurs assouvir leur pas-
sion. Depuis 20 ans, une
filiale opère en Europe via
son bureau de Londres. Elle
vient de publier son cata-
logue automne 2011 dans
un nouveau format. Pêche en
mer ou en eau douce, chasse
mais également voyages cul-
turels, safaris et vacances fa-
miliales, l’agence de voyage
propose toutes sortes de
voyages. Toujours au cata-
logue de Frontiers, les grands
classiques, comme la Ponoï
sur la presqu’île de Kola ou la
pêche du Dorado en Bolivie,
côtoient des destinations
moins connues, comme
l’Alaska ou la Terre de feu.
Renseignements:
www.frontierstrvl.co.uk
Meuse
Cast-again un magasin
pas comme les autres!
Nicolas Germain ouvre son
Fly Shop sur Internet!
Pêcheur bien connu, ex-champion de France, Nicolas Germain
nous informe du lancement d’une boutique de vente en ligne
de matériel de pêche; ou plutôt de son matériel de pêche de-
vrait-on dire. Pour Nicolas les choses sont claires, les nymphes
et les bas de lignes sont celles et ceux qu’il utilise tous les
jours. “Les nymphes seront montées comme si elles allaient
dans ma propre boite. Je souhaite que ma marque de fabrique
soit la solidité et l’efficacité des nymphes vendues”, nous dit
l’intéressé. Concernant les nymphes, toutes seront montées
sur hameçon Tiemco. Le choix de Nicolas se porte sur peu de
modèles, mais ils seront déclinés en divers tailles et lestages.
Disposer de nymphes du commerce dont les modèles ont fait
leurs preuves dans différents lestages est une première. Elève
d’André Terrier, Nicolas proposera également les bas de ligne
qu’utilisait ce grand pêcheur avec un fil relativement élastique
et sans mémoire. Un service à la carte sera également à l’or-
dre du jour. Vous envoyez vos mesures et le bas de ligne sera
réalisé pour vous avec le fameux fil.
Mise en ligne fin septembre. L’adresse exacte n’étant pas dis-
ponible au moment où nous bouclons ce journal, nous vous
invitons à taper Nicolas Germain Fly Shop sur les moteurs de
recherche Internet.
Bass Boat Europe s’affiche sur le web
Bass Boat Europe, spécialiste des bateaux de pêche en Eu-
rope et distributeur des marques américaines Tracker, Nitro et
Ranger, vient de mettre en ligne son site Internet – www.bass-
boateurope.com – où les internautes pourront retrouver l’en-
semble de ses bateaux et accessoires. Sur le site, tous les
sièges, les aménagements, les viviers, les sondeurs, les char-
geurs, les moteurs électriques, les protecteurs d’étrave Keel-
guard, bref de quoi sustenter les pêcheurs les plus exigeants.
Vous pouvez également commander gratuitement le cata-
logue papier Bass Boat Europe 2011 à partir du site Internet.
Bricopêche:
toute la pêche
en 180 pages
Sous un nom qui peut sembler un peu
“léger”, le catalogue Bricopêche est en
réalité actuellement le catalogue le plus
complet réalisé pour le marché français
en terme de diversité. Une véritable ca-
verne d’Ali Baba de 180pages où l’on
trouve l’essentiel des meilleures
marques mondiales pour la pêche aux leurres et la pêche à la
mouche. Jugez plutôt: Berkley, Illex, Sakura, Xorus, Decoy, Hart,
Savagear, Tiemco, Molix, Reins, Delalande, Flashmer, Wave, Bass
Assassin, Powerline, Castaic, Megabass, Rapala, Mepps, VMC,
Yamashita, Fuji, Simms, Le Chameau, Redington, Sert, Cocoons,
Loon, Sport tools, etc.
Si l’offre en leurres prêts à l’emploi est impressionnante, la
force de Bricopêche est tout autant de proposer un large choix
de têtes lestées, d’anneaux brisés, d’hameçons et de tout le
petit matériel nécessaire pour améliorer ou modifier le maté-
riel avec les meilleurs composants. Ce catalogue laisse égale-
ment une grande place pour le montage et la “customisation”
des cannes (anneaux, colles, poignées, fil à ligature, etc.)
A découvrir sans tarder!
Ardent Pêche
Zone de Tréhonin – BP 84, 56303 Pontivy cedex.
Tél : 02 97 25 36 56. Fax: 02 97 25 13 24.
E-mail: [email protected]
Site Internet www.ardent-peche.com
Quicksilver sort une nouvelle gamme
de bateaux de pêche
Suite au succès de la gamme Quicksilver ACTIV en 2011,
Quicksilver a annoncé le 9septembre dans un communiqué
la commercialisation d’une nouvelle gamme baptisée Captur
pour 2012. Quicksilver présente des modèles à coque open,
des bateaux de pêche pilothouse et une gamme de modèles
propulsés en moteur inboard nommée Arvor. Cette nouvelle
gamme est conçue pour offrir aux pêcheurs un choix très
large, en termes de taille, de niveaux d’équipement et de choix
de motorisation. Pour ses nouvelles gammes, Brunswick
compte investir massivement dans le développement de nou-
veaux produits. Steve Coultate, Vice Président de Brunswick
Marine, se félicite: «Les gammes Quicksilver Activ et Captur
représentent la nouvelle image de la marque: Dans la période
2010 et 2011, nous aurons lancé 9 tous nouveaux modèles.
Ceux-ci ont été extrêmement bien accueillis par nos clients; le
Quicksilver Activ 675 a été élu Bateau européen de l’année, et
nous avons dû doubler la capacité de production sur chaque
nouveau modèle pour répondre à la forte demande».
Renseignements: www.brunswickmarine.com
Deux composantes
essentielles pour un
cours d’eau: le débit
et le transport solide
Les caractéristiques de
forme, de sinuosité, de lar-
geur de lit, de profil de
berges ou encore de pente
locale constituent la mor-
phologie d’un cours d’eau.
Ces éléments, appelés
structures physiques, ne
sont pas le fruit du hasard.
Au contraire, ils sont la
réponse à des processus
complexes d’ajustements et
d’interactions entre deux
composantes majeures: le
débit et les sédiments gros-
siers charriés, dits charge
solide ou transport solide.
Pour rappel, le débit d’un
cours d’eau provient des
précipitations qui tombent
sur le bassin versant et qui
ruissellent ou s’infiltrent
plus ou moins rapidement
selon la nature des sols
(perméables ou imperméa-
bles) et l’importance du
couvert végétal (forêt, prai-
rie, terre cultivée, zone
urbanisée…). Le climat et
les conditions météorolo-
giques régissent la quantité
et la variabilité des précipi-
tations. Ces différents phé-
nomènes influencent ainsi
le régime hydrologique du
cours d’eau, c’est-à-dire la
A gauche: il est facile
d’observer le rôle de piège à
sédiments des barrages lors des
vidanges. Ci-contre: le barrage
de Vouglans (Jura), un ouvrage
qui date de la fin des années
1960 et qui n’est pas prévu
pour être totalement
vidangeable. En bas: l’usine
hydroélectrique du Refrain
(Doubs) qui reçoit l’eau du
barrage par des conduites
forcées. La retenue en amont
montre des signes de saturation
en sédiments.
fréquence et l’intensité de
ses épisodes de hautes
eaux et d’étiage en fonction
des saisons.
Le transport solide peut
quant à lui avoir plusieurs
origines. En amont des bas-
sins versants montagneux,
c’est le phénomène d’éro-
sion, sous l’action des pré-
cipitations notamment, qui
arrache des matériaux aux
terrains et les transporte
gravitairement vers le cours
d’eau. Historiquement très
productifs en charge solide,
ces secteurs le sont moins
aujourd’hui, en raison des
nombreuses actions de
l’homme, destinées à limi-
ter l’érosion des sols, ainsi
que du reboisement natu-
rel progressif des paysages
montagneux.
Les matériaux peuvent éga-
lement provenir des stocks
d’alluvions déposées par
les cours d’eau au Pléisto-
cène (Ère des glaciations)
et accumulées dans le lit
majeur et les terrasses des
fonds de vallées. Ceux-ci
sont alors remobilisés dans
le lit mineur actif du cours
d’eau par les processus
naturels d’érosion latérale.
En raison de la diminution
des apports issus des hauts
bassins versants, ces allu-
vions des fonds de vallées
constituent l’essentiel des
matériaux aujourd’hui dis-
ponibles pour le transport
solide.
Un ajustement perma-
nent du cours d’eau vers
son profil d’équilibre
Les matériaux arrachés des
hauts bassins et des ter-
rasses latérales, injectés
dans le cours d’eau, sont
continuellement charriés et
remobilisés vers l’aval lors
des épisodes de crues,
selon des processus d’éro-
sion et de sédimentation.
En fonction de l’intensité de
la crue, les matériaux trans-
portés seront différents:
logiquement, plus le débit
est important et plus la
taille moyenne des maté-
riaux transportés augmente.
D’autres composantes
interfèrent également dans
la dynamique de propaga-
tion des alluvions. Ainsi, la
pente de la vallée condi-
tionne la puissance d’éro-
sion du cours d’eau et son
énergie maximale lors des
crues. La largeur du fond de
la vallée va quant à elle per-
mettre l’étalement et la
mobilité du cours d’eau, lui
permettant alors de pouvoir
déposer plus ou moins faci-
lement les matériaux char-
riés. Enfin, la présence et la
densité de la végétation
rivulaire vont largement
contrôler les possibilités
d’érosion latérale et d’élar-
gissement du lit.
Il est difficile de mesurer la
vitesse de propagation du
transport solide. Quelques
études ont essayé de quan-
tifier ces déplacements.
Pour ce qui est des allu-
vions grossières (galets)
situées dans le lit, elles ont
été estimées à près de 20
kilomètres par siècle pour
l’Hérault et 10 kilomètres
par siècle pour l’Isère. Sur
des rivières ayant moins de
pente, donc moins d’éner-
gie, comme celles des
Ardennes, la vitesse de pro-
pagation a été estimée à
environ 3 kilomètres par
siècle. Le déplacement des
bancs latéraux apparaît
moins important: de 20 à
30 mètres par an jusqu’à
près de 200 mètres par an
pour le Danube ou encore
270 mètres par an pour le
Rhin.
Il en résulte que le cours
d’eau doit s’ajuster en per-
manence pour trouver un
point d’équilibre entre les
fluctuations de la charge
L’écho du radier
Cette souche, qui semble vouloir s’enfuir en courant sur ses
tentacules, en dit long sur l’évolution des sols une fois les barrages
mis en eau. L’érosion est ici évidente, mais les sédiments arrachés
se retrouvent bloqués dans les retenues au lieu d’être charriés par
la rivière comme c’était le cas auparavant.
d’une biodiversité optimale.
Il est donc évident que fonc-
tionnement morphologique
et fonctionnement écolo-
gique sont très liés. Toute
modification des capacités
de charriage d’un cours
d’eau se répercute en effet
directement sur ses habitats
et donc sur la qualité de ses
biocénoses aquatiques.
Seuils et barrages: élé-
ments perturbateurs du
transport solide
Les ouvrages transversaux
comme les seuils ou les
barrages, sont susceptibles
d’impacter plus ou moins
fortement le transport des
sédiments grossiers.
En remontant la ligne d’eau,
un ouvrage transversal va
tout d’abord réduire l’éner-
gie des écoulements et la
capacité du cours d’eau à
charrier ses matériaux sera
diminuée. Ils auront donc
tendance à se déposer plus
facilement et nécessiteront
une puissance plus impor-
tante pour être mobilisés. En
outre, pour franchir l’ou-
vrage, les sédiments devront
être mis en suspension et
non charriés près du fond: là
aussi, seuls de gros débits le
permettent et au final les fré-
quences de transfert vers
l’aval pour les éléments les
plus grossiers seront très
limitées.
La plupart des ouvrages
transversaux bloque la tota-
lité ou une partie seulement
de la charge alluviale de
fond. Si l’ouvrage est de
taille modeste, l’effet blo-
quant va durer jusqu’à ce
qu’il soit plein et laisse de
nouveau transiter une par-
tie des matériaux venant de
l’amont. Mais dans le cas
d’un barrage de grande
dimension, c’est la totalité
du transport solide qui est
piégée, et ce définitive-
ment…
Et même lorsque l’ouvrage
est plein, le nouveau profil
d’équilibre correspond à
une pente plus faible
qu’initialement, ce qui
contribue également à
réduire l’efficacité du char-
riage du cours d’eau par
perte de puissance. Les sédi-
ments bloqués dans la rete-
nue de l’ouvrage vont alors
faire cruellement défaut au
cours d’eau. Lors des épi-
sodes de crues, les coups
d’eau vont alors continuer
de charrier les alluvions
situées en aval de la retenue,
mais sans apport nouveau
venu de l’amont. Un phéno-
mène d’érosion dite pro-
gressive peut alors
apparaître, engendrant l’en-
foncement plus ou moins
marqué du lit mineur. Dans
les cas les plus extrêmes,
c’est la totalité du substrat
alluvial qui peut alors dis-
paraître, laissant à nu la
roche mère…
Enfin, en aval des ouvrages
équipés d’une prise d’eau, la
mise en débit réservé se tra-
duit par une réduction des
capacités de transfert dans
le tronçon court circuité.
Comment limiter les
impacts ou restaurer?
A vrai dire, peu de solutions
techniques sont réellement
efficaces pour limiter les
incidences des ouvrages
sur le transit des sédi-
ments… Seul son efface-
ment garanti la reprise des
processus naturels de
transfert, après un temps
plus ou moins long d’ajus-
tements. Mais cette solu-
tion ne peut être envisagée
que sur des ouvrages sans
usage avéré, et dans cer-
tains cas, le remède peut
être pire que le mal car les
nouvelles érosions induites
peuvent totalement dés-
tructurer le cours d’eau si
celui-ci est déjà en proie à
une incision importante.
Dans certains cas, la mise
en place d’une vanne de
dégravement permet, si sa
dimension est suffisante et
ses modalités de gestion
éclairées, de faire transiter
un volume de granulats
intéressant lors des épi-
sodes de hautes eaux. C’est
rarement le cas car ces dis-
positifs sont la plupart du
temps largement sous
dimensionnés. Ils sont alors
utilisés pour faire des
chasses destinées à évacuer
les fines et la matière orga-
nique accumulées juste en
amont du barrage, élé-
ments intéressants pour la
rivière et qui provoquent
Certains poissons payent un
lourd tribu aux barrages,
comme ces aprons du Rhône,
espèce aujourd’hui au bord de
l’extinction. Comme les
chabots, ils ont besoin de limon
et de graviers pour se
reproduire.
Si l’ouvrage est de taille modeste, l’effet bloquant va durer
jusqu’à ce qu’il soit plein et laisse de nouveau transiter
une partie des matériaux venant de l’amont.
L’écho du radier
es poissons sont des
êtres bizarres. Ils ont des
yeux pour voir, des na-
rines pour sentir et des
ouïes, non pas pour ouïr, mais
pour respirer… De plus, un pois-
son, selon nos perceptions hu-
maines, c’est muet comme une
carpe, on le sait depuis toujours.
Mais même s’ils ne possèdent pas
d’oreilles, en sont-ils sourds pour
autant ? Certainement pas !
Que les poissons soient sensibles
aux vibrations n’est pas une nou-
veauté. En disant que les vibra-
tions qui atteignent les poissons
sont perçues comme un bruit, je
ne veux pas dire que ces animaux
ont des oreilles (en nos temps de
« dangereux » anthropomor-
phisme, je tenais à le préciser !),
mais qu’il existe une dimension
d’apprentissage dans la percep-
tion de certaines vibrations et
dans le sens que les poissons leur
donnent : à savoir soit de la
confiance, soit de la méfiance.
Pour toutes les espèces, les vibra-
tions qui parcourent l’environne-
ment dans lequel elles vivent re-
montent jusqu’à leur cerveau par
l’intermédiaire de la ligne latérale
qui court de la nageoire caudale
Expertises
Cette photo montre
le “bruit” généré par
un bas de ligne
dragué sur l’eau.
Le nœud baril entre
deux brins de fil
Maxima de 40 et
35/100 produit un
mini-tsunami !
Un détail de plus
qui plaide pour les
très longs bas
de ligne.
Et que dire de cette
cigale tombée
à l’eau…
Les truites ressentent
les ondes produites
bien au delà de leur
champ de vision.
jusqu’au crâne et qui, par analo-
gie, peut être qualifiée d’ « oreille
». Certaines espèces possèdent en
plus des pores ou des glandes spé-
cifiques qui sont autant de ter-
minaisons nerveuses supplé-
mentaires pour les informer sur
les vibrations produites par leurs
proies potentielles. Ce qu’enten-
dent les poissons n’est certaine-
ment pas comparable aux
modulations articulées de sons
que perçoivent nos oreilles, mais
le « monde du silence » dans le-
quel ils vivent n’est certainement
pas aussi silencieux qu’on le vou-
drait ! Mettez la tête dans une
piscine, pendant que quelqu’un
plonge, vous verrez si l’on n’en-
tend rien !
La ligne latérale est une « longue
oreille » qui parcourt tout leur
corps. Soyez certains que si les
poissons n’ont pas un organe de
l’audition semblable au nôtre,
ils entendent et comprennent
quand même ce qui se passe au-
tour d’eux, et peut-être perçoi-
vent-ils des choses que nous ne
concevons même pas.
Pour nous, êtres humains, la vue
est l’organe primordial et nous
extrapolons volontiers notre per-
ception du monde aux autres es-
pèces, en croyant que là où nous
ne voyons rien, il n’y a rien. Mais
l’eau n’est pas l’air. C’est un mi-
lieu bien plus opaque et plus
dense. Et souvent, les poissons
perçoivent la présence d’une
proie avant de la voir…Nous
pouvons peut-être en tirer
quelques enseignements pour la
pêche !
Les bruits qui mettent
en confiance
Pour le pêcheur aux leurres, l’in-
térêt des carnassiers pour le
vrombissement d’une cuillère ou
le bruit de castagnettes d’un pois-
son nageur à billes n’est pas un
scoop. Les pêcheurs à la mouche
ont plus de difficultés à intégrer
ce type de donnée…pureté du
geste oblige ! Je ne veux pas vous
inviter pour autant à monter des
nymphes bruiteuses, ou quelque
autre leurre machiavélique truffé
de micro-boules de geisha et
dont l’efficacité relèverait princi-
palement du fantasme halieu-
tique.
Avec des poissons sauvages, de
telles créations douteuses n’effa-
ceront jamais une mauvaise pré-
sentation et si les arcs de
réservoirs peuvent prendre des
streamers équipés de cages brui-
teuses, là, ce n’est certainement
pas le bruit mais la nouveauté qui
est efficace !
Avec nos nymphes, les vibrations
produites par l’animation sont
suffisantes et il ne faut surtout
pas chercher à trop en faire !
Il m’est arrivé à plusieurs reprises
de capturer à la nymphe des pois-
sons aveugles. Comment est-ce
possible ? Une nymphe présentée
en dérive inerte ne les intéresse
pas, à moins qu’elle leur arrive di-
rectement dans la gueule. En re-
vanche, ces poissons réagissent
Car ce qui fait qu’une truite est « imprenable »,
c’est qu’elle a appris à se méfier de certains
détails (visuels, sonores et même peut-être
olfactifs) et à bloquer sa curiosité naturelle.
normalement à une animation
sèche et tournent la tête comme
s’ils avaient vu la proie : ils per-
çoivent quelque chose qu’ils ne
voient pourtant pas. La vue est
souvent plus importante que la
perception des vibrations mais si
ces deux stimuli fonctionnent
ensembles, ils peuvent parfois
être découplés, et c’est au pê-
cheur de savoir en tirer parti…
Les bruits qui font peur
Plus la vitesse du courrant est
importante, et plus le champ
perceptif, (visuel ou “sonore”)
est restreint. En revanche, dans
les rivières très calmes ou dans les
secteurs dépourvus de courant,
je suis convaincu que les truites
peuvent percevoir ce qui se passe
à plusieurs mètres autour d’elles
et que dans ce cas les vibrations
ont plus d’importance que la vue
dans le cadre du déclenchement
d’un comportement (de fuite ou
de curiosité).
Le bruit de nos pas sur une berge
creuse, le crissement de nos cuis-
sardes sur les galets, les remous
provoqués par les mouvements
bibendum d’un confrère wadé-
risé, tout cela est « entendu » par
les truites, et bien connu des pê-
cheurs, et ce d’autant plus que
les eaux sont basses, calmes et
que l’on progresse vers l’aval.
De même un posé trop plaqué,
un arraché trop vif, un impact
du leurre trop prés du poisson (à
l’exception d’une pêche à la sur-
prise !), constituent des défauts
qui ne sont pas très difficiles à
corriger une fois qu’on en a pris
conscience.
En revanche les vibrations syno-
nymes de danger qui sont liées
au déploiement de la soie ou du
bas de ligne une fois qu’ils sont
posés sur l’eau, sont plus diffi-
ciles à maîtriser…voir même pas
Jean-Christian
Michel et sa truite
aveugle qui a
pourtant pris son
imitation de
nymphe, preuve
que la vue n’est
pas le seul sens
dont disposent
les truites pour
se nourrir.
maîtrisable du tout dans cer-
taines circonstances, et dans ce
cas, le seul stratagème valable sera
de faire en sorte de… changer les
circonstances !
Les vibrations parasites perçues
par les poissons proviennent
alors essentiellement du dragage
de la nymphe, du bas de ligne,
puis de la soie. Je suis convaincu
que les poissons perçoivent le
déploiement de notre bas de
ligne au fil du courrant chaque
fois que celui ci ne se fait pas
exactement à la bonne vitesse.
Plus on va couper de veines
d’eau, et plus le dragage va être
rapide et perceptible.
Ces vibrations peuvent provenir
de trois facteurs :
– du dragage de la pointe et de
la nymphe immergés (posé
trop tendu, nymphe trop
lourde ou trop légère).
-du point où la pointe ou le
porte pointe percent la surface
pour s’enfoncer dans l’eau en
produisant un léger sillage.
Phénomène autant visuel que
générateur de vibrations, l’ac-
célération du courrant qui en-
traîne le leurre pouvant aller
jusqu’à produire un léger sil-
lage que les poissons éduqués
savent très bien interpréter…
à la mouche comme au lancer
! Il faut alors faire en sorte que
ce point soit éloigné le plus
possible du poisson et dégrais-
ser convenablement pointe et
porte pointe.
– du talon et de la soie qui se dé-
plient au fil du courrant. Peu de
pêcheurs résistent au plaisir
d’une soie bien lubrifiée afin
qu’elle flotte et file dans les an-
neaux de la canne comme un
javelot. De même le talon du
bas de ligne, flottant bien à la
surface, on évitera les retards au
ferrage. Hors, ce confort appré-
ciable se paie par une augmen-
tation de longueur de ligne qui
va lentement « scier » la surface
au fur et à mesure que la dérive
s’effectue…
Un poisson peu ou pas sollicité
ne s’alarmera pas forcément de
tous ces détails qui peuvent pas-
ser pour un pointillisme mala-
dif aux yeux de beaucoup. En
revanche, lorsqu’on se pas-
sionne pour la pêche de ces
truites qui ont la réputation
d’être imprenables, on a tout à
gagner à intégrer le maximum
de ces paramètres… Car ce qui
fait qu’une truite est « imprena-
ble », c’est qu’elle a appris à se
méfier de certains détails (vi-
suels, sonores et même peut-
être olfactifs) et à bloquer sa
curiosité naturelle.
Expertises
Un poisson peu ou pas sollicité ne
s’alarmera pas forcément de tous ces détails
qui peuvent passer pour un pointillisme
maladif aux yeux de beaucoup
Plus l’eau est basse,
plus les truites sont
en état d’alerte
permanent et
deviennent sensibles
aux vibrations, aux
bruits, aux éclats
provoqués par les
cannes en action et
aux ombres portées.
sonnable, mais cependant, par
deux fois, la truite tourna son
gros œil pour regarder passer la
nymphe, mais sans la prendre.
Sous une telle hauteur d’eau, il
était difficile d’estimer sa taille.
Pour s’en faire une idée, il aurait
fallut prendre cette autre truite
qui l’accompagnait bien qu’elle
fut de deux têtes plus courte…
Bientôt, ce fut chose faite. Au
troisième lancer du jour fati-
dique, la plus petite fut pendue.
Mais ce ne fut pas elle qui servit
d’étalon car elle explosa la
pointe en deux coups de reins.
Non, l’étalon, ce fut un che-
vesne.
Après avoir cassé, il refit une
pointe plus solide ; mais,
comme lors des premières ten-
tatives, la nymphe bridée par le
fil de fort diamètre ne passa pas
correctement et ce fut un che-
vesne qui s’en saisit presque en
surface, comme pour lui indi-
quer qu’il pêchait trop haut…
Le chevesne qui secouait la tête
en essayant d’éjecter la nymphe
à laquelle il s’était piqué tout
seul n’avait pas encore compris
que c’était lui qui était devenu
l’appât…
C’est alors qu’une scène épous-
touflante se produisit. Les zé-
brures de la truite jusque là
impassible cachaient en fait un
tigre qui s’élança entre les ro-
chers pour saisir le chevesne
changé en vif tenu en laisse ;
tournant sa tête massive et
triangulaire de droite à gauche
pour essayer d’engamer sa proie
par l’avant. Le cyprinidé ne dut
son salut qu’à un herbier que les
coups de bec de la fario patibu-
laire ne parvinrent pas à
contourner. Le bécard était trois
fois plus long que le chevesne.
Il attendit quelques secondes à
quatre ou cinq mètres, sans se
soucier du pêcheur qui en
croyait à peine ses yeux. Puis la
grande truite inclina la tête
comme à regret, pour être bien
sure que sa proie n’était plus là.
Quand elle eut regagné ses pé-
nates, le pêcheur remonta le vif-
malgré-lui… et se gratta le
menton. Ce n’était pas possi-
ble… le chevesne faisait bien
trente centimètres… la fario ne
pouvait quand même pas être
trois fois plus longue !
Il réalisa quatre ou cinq passages
avec cette pointe rebelle, mais la
truite comprit et se plaqua sur
le fond. Il s’arrêta alors de pê-
cher. Sa présentation était un
véritable épouvantail et il ne se
sentait pas capable de changer
son angle de lancer…
Il n’était pas en confiance. Le
choix lui apparut ainsi : soit
faire fuir le poisson, soit conser-
ver quelques chances de le faire
mordre, mais presque aucune
d’en venir à bout.
Il aurait pu attendre toute la
saison que la truite devienne at-
taquable sous un angle permet-
tant l’emploi d’un gros
diamètre. Mais il savait qu’il ne
la reverrait pas ailleurs car la vé-
gétation allait envahir le cours
d’eau en quelques semaines…
Alors il refit patiemment sa
pointe avec le nylon le plus fin
en sachant pertinemment qu’il
nouait là la trame de sa propre
perte.
Il passa cinq minutes à refaire
ses nœuds et quelques autres à
tout inspecter. Puis il se remit
en action de pêche. En quelques
lancers la dérive fut réglée. Il pé-
Juste avant de regagner son poste,
une petite nymphe lui passa à hauteur
de la mâchoire et elle la croqua.
Le pêcheur comprit que c’était pour lui :
il ferra… Et rien ne se passa.
lorsqu’il s’agissait d’anticiper les
réactions du poisson et de le
désorienter, venait de se faire
fixer dès les premières minutes
du combat… La truite allait
jouer de lui comme d’un cerf
volant.
Il prit le bouillon une première
fois. Il se cramponna aux ar-
bustes et parvint à hauteur de la
souche. Il avait de l’eau sous le
menton, il ne voyait rien. Il
passa la canne vraisemblable-
ment au-dessus de l’obstacle,
puisque la truite recourba le
fleuret de carbone et redescen-
dit lentement où il l’avait ferrée.
Première victoire : la souche
avait été évitée !
Mais retour au point de dé-
part…
Il lui fallait absolument sortir de
l’eau et reprendre l’initiative,
mais il n’y parvenait pas. Il se
laissa donc emporter par le cou-
rant à sa suite. Loin vers l’aval,
la berge était creuse et abritait
un enchevêtrement de ra-
cines… Il ne voulait pas lâcher
le bécard d’une semelle. Il l’avait
sorti de la souche et il le sorti-
rait de tous les obstacles, avec les
dents s’il le faut ! « Pourvu que
ce maudit fil à coudre veuille
bien tenir encore un peu… »
– « Tu pourras aller au diable,
j’irais aussi ! »
La truite sembla l’avoir en-
tendu. Toujours collée au fond,
elle remonta, en passant à
quelques mètres de lui, comme
pour l’entraîner. La canne salua
ce passéo aval-amont avec une
certaine incrédulité. De mé-
moire de GLX, elle n’a jamais
vu une truite emporter son pê-
cheur.
Maintenant, il fallait encore re-
monter à contre-courrant cette
maudite digue, de l’eau jusqu’au
torse. L’animal se stabilisa. Les
premières spires du bas de ligne
regagnèrent le moulinet.
Deuxième victoire ! Le pêcheur
fut pris d’un espoir fou. Il dé-
crocha l’épuisette et pensa que
la truite allait se mettre à nager
face au courant, juste devant
lui, contre la berge, et qu’il
pourrait, peut-être, la pocher
par l’arrière sur un coup de
poker… Tu parles ! L’animal te-
nait le fond comme une en-
clume !
– « Allez ! Allez ! monte ! » dit-il
en espérant qu’elle vienne se
mêler aux remous de la surface.
Encore une fois, la truite com-
prit son injonction, mais de
travers. Pour monter, ça, elle
monta !
Elle démarra résolument vers
l’amont en emportant bas de
ligne, soie et backing dans un
déroulement vexant qui le laissa
sur place.
Il fut pris d’une rage folle.
– « Allez ! Allez ! Suis-là, tu vas
l’avoir ! » « Tu ne peux pas la
perdre ! » se dit il comme un
boxeur à moitié sonné qui tente
de revenir dans son combat. Et
il reprit la lutte contre cette eau
glacée qui semblait vouloir l’en-
sevelir.
Il avançait, se cassa encore une
fois la figure et enroula peu à
peu cette soie étendue dans le
courant comme une corde à
linge. La truite semblait remon-
tée vers le commencement du
monde. Le pêcheur ne s’était ja-
mais à ce point fait embarquer
vers l’amont. Cela avait quelque
chose d’irréel. Il se battait
contre la rivière. Pour la pre-
mière fois de sa vie, elle lui
apparut comme un ennemi.
Elle le repoussait. Les coups
d’épaules qu’elle donnait contre
son torse avaient quelque chose
de maléfique. Sûr que ce n’était
pas lui son enfant chéri !
Son souffle devint court. il n’en
pouvait plus de repousser toute
cette eau. Elle lui brisait les reins.
Cela allait finir. Il était foutu…
et d’ailleurs, la truite avait du se
mettre sous un rocher.
Il parvint enfin à remonter en
tête de courant où l’animal ne
bougeait plus. De sa main, il
toucha à nouveau le talon du
bas de ligne. L’animal magique
était à moins de six mètres. Il
eut alors une seconde bouffée
d’adrénaline.
– « Allez ! Allez ! Viens au
bord…» « Allez ! Echoue-toi !»
La truite restait invisible sous la
veine principale. Il avança dans
l’eau, canne cintrée à la verticale
du poisson. Elle avait certaine-
ment la tête coincée sous un
bloc. La réponse ne fut pas
longue à venir. Le bloc en ques-
tion obliqua sur la gauche et se
laissa emporter vers l’aval, tou-
jours collé au fond…
Il se laissa emporter à sa suite et
comprit que cela n’aurait jamais
de fin.
-« Allez, allez, je vais t’avoir ! Le
pays des merveilles existe! » se
dit-il en buvant une dernière
tasse à la santé de Lewis-Carrol!
Et il dévala encore une fois le
courrant en brandissant sa
canne comme Alice l’épée Vor-
paline.
Mais il savait depuis le début
que tôt ou tard, il faudrait bien
repasser de l’autre côté du mi-
roir, quitter le pays des mer-
Récit
La boîte à mouches
mystère
C’est la deuxième fois que cela m’arrive: en
pêchant cet été sur le Doubs à Goumois, j’ai
trouvé une boîte à mouches qui flottait gen-
timent sur les rives du pré Bourrassin. En
voici son contenu. En espérant que son pro-
priétaire reconnaîtra son bien.
Un des rares modèles en hackles de cette
boîte, sans doute réservé à la pêche des
courants les plus forts du parcours.
Encore une imitation d’émergente
d’éphémère très simple, mais efficace.
Objets trouvés
’est une mésaventure assez fré-
quente: un faux mouvement au
coup du soir, un moment d’inat-
tention et on découvre en ren-
trant de la pêche qu’il manque une boîte.
Les pêcheurs se classent ainsi en deux caté-
gories. Il y a ceux qui perdent et il y a ceux
qui trouvent. Cette fois, j’étais dans la
deuxième. La petite boîte grise, une CF
Design, est venue buter dans la botte de
mon wader, une fin d’après-midi plu-
vieuse où les eaux du Doubs étaient en
train de devenir impêchables à la mouche.
Elle avait déjà fait pas mal de chemin, car
les mouches – une centaine au total –
étaient largement imbibées d’eau, les hame-
çons de certaines d’entre-elles commençaient d’ailleurs à
rouiller. A première vue, il s’agit de la boîte d’un excellent pêcheur
à la mouche sèche doublé d’un monteur plutôt habile, puisque de
nombreux modèles sont réalisés sur des hameçons n° 20 et 22.
Ainsi, toute la panoplie des petits insectes que l’on trouve sur le
Doubs entre mars et septembre y est efficacement représentée.
Voici un descriptif de quelques modèles.
N’hésitez pas à nous appeler si vous vous reconnaissez. Le vrai pro-
priétaire devra toutefois être capable d’identifier et de décrire un
modèle très particulier qui figurait dans la boîte mais pas sur les
photos.
Pour nous contacter, envoyez un e-mail au journal à l’adresse
suivante: [email protected]
La Murg,
toujours la Murg
our la Murg, la partie
n’était pas gagnée
d’avance : de nom-
breuses scieries jalon-
nent son parcours et plusieurs
communes lui prennent pas
mal d’eau. Et pourtant, cet af-
fluent du Rhin qui ressemble en
plus large au cours supérieur de
l’Ognon, a su garder une bonne
population de truites fario qui
trouvent dans plusieurs petits
tributaires le renfort d’écloseries
naturelles.
Ainsi, entre Obertal et Schön-
münzach, sur les 20 kms de ce
parcours géré par le groupe-
ment des pêcheurs de Baiers-
bronn, plusieurs petites rivières
donnent à la fois de l’eau et des
juvéniles à la Murg. C’est le cas,
par exemple, du ruisseau de
Tonbach qui regorge de truites
entre 10 et 20 cm, les mèmères
de plus de 35 cm n’y étant pas
rares. Or, ce genre de cours
d’eau n’étant pour ainsi dire ja-
mais pêché, il constitue pour la
rivière un précieux fournisseur
de poissons sauvages. J’ai eu la
chance et la malchance –
puisque je m’y suis cassé quatre
côtes- de pêcher le ruisseau de
Tonbach, à l’invitation du pro-
priétaire de mon hôtel.
A l’ultraléger, ce fut vite lassant,
ces petites truites se jetant
comme des mortes de faim sur
ma petite cuiller à hameçon
simple sans ardillon.
La réglementation de la pêche,
sur la Murg, est toute entière
dédiée à la protection du pois-
son. Le parcours est divisé en
9secteurs dont quatre seule-
ment sont « toutes pêches », les
cinq autres étant réservés aux
pêcheurs à la mouche. Et encore
sur le secteur « toutes pêches »
(voir encadré) l’utilisation des
Les Allemands sont souvent plus
pragmatiques que nous et leurs réglements
s’adaptent aux nécessités de la gestion
piscicole. Ainsi sur la Murg, il faut
relâcher les truites entre 35 et 45 cm.
C’est une jolie petite rivière de Forêt Noire où les truites se sentent bien.
Un modèle de gestion touristique à un peu plus d’une heure de l’Alsace.
Vincent Lalu
Truites sauvages
et d’alevinage
cohabitent sur
la Murg qui a
bien besoin de
ce coup de pouce
pour compenser
les ravages
des cormorans.
L’Aspe ou les frasques
d’un cyprin pas comme
les autres…
Dix ans après son développement spectaculaire dans le Rhin, puis dans la Moselle,
l’aspe continue discrètement son évolution sur le territoire français. Le temps est
donc venu de faire le point sur sa situation géographique, sa pêche et ses mœurs. Le
plus chasseur de tous les cyprins n’a pas fini de faire rêver les pêcheurs aux leurres,
tant son activité en surface est spectaculaire. Le DVD joint à ce magazine en est la
preuve !
Par Jean-Marc Theusseret
ignalé pour la pre-
mière fois en 1972
dans le département
du Bas-Rhin, l’aspe
Aspius aspius,
Linné
1758) se conduisit en arlésienne
jusqu’au début des années
2000, comme avant lui le san-
dre et le silure.Voyageurs clan-
destins, ces trois espèces ont
migré discrètement, via les ca-
naux, depuis le bassin du Da-
nube pour rejoindre le Rhin
franco-alémanique. A la fin des
années 1990, le Conseil supé-
rieur de la pêche (CSP) le re-
cense sur six des sept stations
(essentiellement des passes à
poissons) des rivières Lauter,
Sauer, Hot, Modern Rossmoer-
der, l’Ill et bien sûr celle du
Rhin canalisé (grand canal d’Al-
sace). Bien qu’il soit difficile
d’expliquer pourquoi une
espèce nouvelle dans un milieu
peut rester en “sommeil” durant
plusieurs décennies avant de se
développer de façon spectacu-
laire, il semblerait que les an-
nées de fortes chaleurs soient fa-
vorables au développement de
l’aspe. Selon les pêcheurs alsa-
ciens, l’été caniculaire de 2003
fut le déclencheur de son déve-
loppement massif dans l’Ill à
Strasbourg. Comme tous les
cyprinidés, l’aspe se nourrit et se
déplace lorsque les eaux se
réchauffent. Les trois derniers
étés que nous venons de vivre,
particulièrement secs et chauds
dans l’Est de la France, pour-
raient donc parfaitement don-
ner lieu à une nouvelle phase
d’expansion.
Développement
de l’espèce
Depuis qu’il a colonisé le Rhin
sur la quasi-totalité de son cours
canalisé, mais également son lit
originel (vieux Rhin), l’aspe
peut compter sur les canaux
pour conquérir de nouveaux
territoires : celui de la Marne au
Rhin où il est de plus en plus si-
gnalé par les pêcheurs au coup
qui prennent des individus ju-
véniles et celui du Rhône au
Rhin, où il semble en revanche
bloqué depuis presque dix ans
dans la banlieue est de Mul-
house. Ce canal de type Fressi-
ney, littéralement bleu
d’ablettes (sa nourriture préfé-
rée), semble ne pas convenir à
sa migration. Les innombrables
écluses entre Dannemarie et
Belfort, les sections vidangées
en hiver, constituent un frein à
son chemin vers le Doubs tout
proche (Valentigney). Le Doubs
est un cours d’eau où l’aspe se
développerait sans aucun doute
de façon spectaculaire. Les cou-
rants alternent avec les parties
calmes et les ablettes s’y comp-
tent par millions. L’aspe semble
absent des eaux du Doubs, mais
il faut cependant noter qu’un
très beau spécimen a été pris il y
a quatre ans dans le départe-
ment du Jura par un pêcheur
professionnel qui l’a fait identi-
fier par l’Onema. Il s’agissait
d’un individu adulte de trois
kilos. S’agit-il d’une introduc-
tion sauvage ou du signe avant-
coureur d’une colonisation à
venir ? Mystère. Sa présence si-
gnalée (mais à vérifier) dans la
Saône pose les mêmes ques-
tions. La réapparition du projet
du canal Rhin-Rhône à grand
Expertises
Depuis qu’il a colonisé le Rhin (partie
canalisée et vieux Rhin), l’aspe peut
compter sur les canaux pour conquérir
de nouveaux territoires.
ceci près que les jeunes aspes,
d’une douzaine de centimètres,
vivent avec les ablettes et que
seul un œil averti arrive à les dif-
férencier à la surface de l’eau.
Les jeunes aspes se font donc
croquer bien souvent par leurs
aînés. Pour ce qui concerne
d’autres espèces, l’aspe ne sem-
ble pas avoir causé de dom-
mages dans les grands fleuves ou
les grandes rivières où il est pré-
sent. En petits cours d’eau ce-
pendant, son impact est sans
doute beaucoup plus impor-
tant.
Top water oriented
Omnivore mais prioritairement
piscivore, l’aspe se prête parfai-
tement à la pêche aux leurres.
Lorsqu’il chasse, il évolue seul
ou en banc très près de la sur-
face. Chasseur très spectacu-
laire, il est le seul carnassier
d’eau douce dont l’intensité des
chasses rivalise avec celles de
poissons marins de même
poids. Ces moments de frénésie
donnent un spectacle hors du
commun : sillages longs et ra-
pides souvent terminés par de
gros remous, voir un saut hors
Expertises
Leurres de surface
Une sélection de quatre valeurs sûres
pour la pêche en surface. Leur emploi
généralisé les rend parfois victimes de
leur succès. Sur les parcours les plus
pêchés, les aspes se méfient beaucoup
de ces leurres.
De gauche à droite : Lucky Craft
Sammy 65, Illex Water Mocasin. Leurres
de sub-surface, Illex Water Monitor (le
préféré de la plupart des pêcheurs
d’aspes), Lucky Craft Slur Body Blow.
Poissons nageurs de type jerkbait
De gauche à droite : Smith Wavy 80 S.
Un leurre coulant qui garde toujours
son cap dans les courants puissants. Il
peut être animé vivement. Smith Wavy
65 S, Le petit frère du précédent.
Mêmes qualités, efficace en canaux car
plus discret. Jackson Trout Tune 55 s,
encore un mini jerk coulant pour les
canaux. Leurre dense (6g) qui se lance
loin et dont la nage est désordonnée à
souhait.
Cuillers et jigs
La cuiller tournante constitue le leurre
de base pour prendre des aspes.
Efficace, elle prive toutefois le pêcheur
des spectaculaires attaques en surface
et des suivis dantesques. La Mepps
Long Cast (à gauche) permet de longs
lancers.
Les jigs sont les champions des très
long lancer jusqu’à 80 metres et même
un peu plus… De gauche à droite : X Pro
Jig Rocket 21 ou 28 g, Maria Mucho
Lucir 25 g, micro jig Reins Palpuntin
(3,5 g pour 3 cm).
Leurre souple
La pêche de l’aspe au leurre souple
ne semble pas être une technique
des plus efficace. Toutefois certains
modèles utilisés par les pêcheurs
de bars peuvent convenir comme
cette association entre un leurre
fusiforme de type slug et une
tête plombée Decoy Decibo Sv 67.
Cet ensemble permet une nage
très rapide et aléatoire avec de grands
écarts latéraux et des descentes
soudaines et prononcées.
Les longs jerkbaits, de type minnow, sont des jerkbaits effilés qui imitent à la perfection
la nage erratique d’un poissonnet blessé. Leur grande taille, d’environ 17 cm, permet de
séduire les plus gros bars et n’effraie absolument pas les plus petits. Ils n’ont pas leur pa-
reil pour couvrir rapidement beaucoup de terrain et séduire de gros poissons. Ils sont
vraiment efficaces dans 2 à 5 m d’eau. Pierre Toquin les utilise beaucoup et au gré des
sorties avec lui, je n’ai pu que me résoudre à constater leur grande efficacité. Bien ani-
més ils sont redoutables, mais donnent à la pêche un caractère assez physique toutefois.
Par Philippe Collet
La pêche du bar
aux longs jerkbaits
ierre Toquin passe ses
étés en Bretagne Nord
près de l’île de Bréhat.
Il ne doit pas laisser
une seule journée s’écouler sans
aller traquer le bar sur son petit
semi-rigide en bord de côte ou
sur le bateau de son père ou
d’un de ses amis plus au large.
J’ai eu l’occasion à plusieurs re-
prises de pêcher avec lui et l’ai
souvent vu pêcher avec de
grands jerkbaits allongés. Avec
ces leurres, animés d’une façon
très spécifique, il prend très ré-
gulièrement des poissons et sou-
vent beaucoup plus que ceux
qui pêchent à côté de lui à d’au-
tres techniques voire avec le
même leurre !
Quels postes pour
ces leurres ?
Les secteurs de pêche de prédi-
lection de Pierre, pour utiliser
ces leurres, sont les parcs à huî-
tres, dans 3 à 4 mètres d’eau, les
plateaux rocheux peu profonds
et les têtes de roches. La pro-
fondeur ne doit pas excéder
5mètres. Elle peut être de seu-
lement un mètre, sauf sur les
parcs, ou pour éviter de perdre
des leurres il vaut mieux dispo-
ser d’un peu plus d’eau pour
réussir à brider les poissons au
dessus des poches d’huîtres.
Pierre a appris cette technique il
y a déjà longtemps de Franck
Choron, guide de pêche près de
Paimpol avec lequel il pêche ré-
gulièrement depuis pas mal
d’années maintenant. Franck
est un spécialiste de la pêche
avec ce type de leurre dans
l’écume des déferlantes du
Sillon de Talbert par exemple. Il
pêche là où les bars attendent le
fretin déstabilisé par le déferle-
ment des vagues sur les têtes de
roches. Franck conseille de tou-
jours attendre le déferlement de
la vague pour lancer son leurre
dans l’écume. La pêche se pra-
tique dans très peu d’eau et les
émotions sont garanties.
L’animation
Jerk veut dire sursaut, saccade
en anglais. L’animation de ce
leurre ne doit donc pas être mo-
notone et il convient par consé-
quent de lui « taper dedans »
pour qu’il décroche en tous sens
et imite un poissonnet affolé et
blessé. Le leurre ainsi animé
claque, envoie des reflets et ra-
meute les bars se trouvant à
proximité. J’ai le souvenir cui-
sant de mes premières parties de
pêche avec Pierre et son père,
puis son frère, ou préférant ma-
L’animation :
la canne part de
l’horizontale.
On la baisse
sèchement pour
taper la surface de
l’eau en tournant
une fois la
manivelle.
Et ainsi de suite…
canne douce plutôt qu’une
trique, ce qui permet une meil-
leure animation mais est aussi
beaucoup moins fatigant.
Avec un peu d’habitude, on ar-
rive à trouver la cadence et le
geste devient alors plus fluide,
plus naturel et beaucoup moins
éprouvant. Il s’agit là tout de
même d’une pêche qui reste
très physique quand on ne la
pratique qu’à l’occasion.
Le ferrage
La canne est animée en tapant
le scion contre le fil, semi-tendu
par le leurre, vers l’eau. A la
touche, qui a le plus souvent
lieu à l’arrêt ou à la reprise de
l’animation, il faut la relever
vers le haut et mouliner pour
brider immédiatement le pois-
son. Sur les parcs, il est impéra-
tif d’être très ferme avec le
poisson et de régler son frein
très serré pour éviter qu’il ne
puisse regagner le dessous des
poches d’huîtres et casser net le
bas de ligne. Chaque casse est
sanctionnée par la perte d’un
précieux leurre et, qui plus est,
au coloris souvent très difficile
à retrouver en pleine période es-
tivale à la coopérative maritime
du coin.
Trois leurres de
grande taille,
adaptés pour ce
type de pêche (de
haut en bas) : le
Max Rap 17 cm
chez Rapala, le
Tide Minnow
Slim chez Duo, le
Saltiga Minnow
chez Daiwa.
N’hésitez pas à
tester d’autres
grands leurres,
même s’il ne
semble pas en
exister tant que ça
sur le marché.
Ci-contre : le Tide
Minnow Slim 17
cm dos marron,
un des préférés de
Pierre.
Il est facilement
reconnaissable avec
sa petite bavette
rectangulaire.
Ci-dessous : avec
de beaux poissons
et un combat
mené en force, les
hameçons triples
sont mis à rude
épreuve. Celui-ci
devra être changé.
Le montage
Comme souvent en mer, on uti-
lise une tresse qui pourra ici être
solide puisqu’on ne cherche pas
à pêcher en profondeur. Une
tresse de 16 à 20 /100 fera l’af-
faire. Elle permetra, associée à
une pointe de 1,5 mètre en
fluorocarbone d’un bon
40/100, de brider de beaux
poissons dans les parcs, surtout
si on les a pris au début du ra-
mené, loin du bateau. Avec un
fluorocarbone de 40 centièmes
on peut encore avoir une
chance de s’en sortir si le pois-
son frotte les parcs. Ce diamè-
tre de bas de ligne ne semble
vraiment pas gêner les bars qui,
à priori, ne prennent pas le
temps d’inspecter le montage.
De toute façon avec un diamè-
tre moindre, c’est la casse assu-
rée sur un beau spécimen. Le
montage est terminé par une
agrafe solide qui permet le
changement rapide du leurre et
donne à ce dernier une grande
liberté de mouvement.
La prospection
Avec les longs jerkbaits, la pros-
pection se fait rapidement. Il
convient de placer le bateau en
dérive en amont de postes pro-
metteurs et de lancer le plus
loin possible. Les lancers sont
réalisés dans toutes les direc-
tions et notamment sur les côtés
de l’axe de dérive pour couvrir
le plus possible de terrain. Il
n’est pas nécessaire de réaliser
plusieurs lancers au même en-
droit car le poisson réagit en gé-
néral au premier passage. On
évite simplement de pêcher là
ou le bateau vient de passer et
on privilégie les secteurs
« neufs ». Il peut être tout de
même loisible, certaines fois de
repêcher dans le sillage du ba-
teau ou plutôt sur ses côtés,
quand le bateau a dépassé un
poste où l’on avait fait bouger
des poissons. Il n’est jamais très
utile de s’attarder à trop pinail-
ler. Ces leurres attirent les pois-
sons de loin et doivent en
principe les décider du premier
coup.
Les leurres
Les modèles utilisés par Pierre
mesurent environ 17 cm. Ils lui
permettent de lancer loin et de
faire sortir de beaux poissons de
leurs caches, même s’il arrive
que les plus petits bars, parfois à
peine plus gros que le leurre,
puissent l’attaquer. Pour les
bars, leur forme effilée ne doit
pas être très éloignée de celle
d’un gros lançon.
Expertises
Il n’est jamais très utile de s’attarder à trop
pinailler. Ces leurres attirent les poissons de
loin et doivent en principe les décider du
premier coup.
Les petits bars
n’hésitent pas une
seconde à s’attaquer
à ce grand leurre,
ici le Saltiga
Minnow de Daiwa.
Ils le prennent le
plus souvent en tête
et sont ainsi pris
par le premier
triple.
ous arrivez sur le
site choisi. Vous
savez que les pois-
sons sont là.
Aucune excuse.
Malgré les quarante minutes de
marche vous n’êtes pas fatigué. –
Un peu excité, voilà tout. Vos
gestes sont rapides, vous avez
hâte. Le coin est prometteur, les
conditions excellentes. Le pic
pour la canne. Le sac, avec plus
de leurres qu’il n’en faut, un peu
d’eau, les bobines de rechanges.
Au fur et à mesure que vous en-
foncez le pic, le bruit de la mer se
fait plus présent. Le chuintement
du sable sur le sol. Les vagues
comme des masses solides que le
mistral affronte. Certaines recu-
lent sous la pression. D’autres en-
flent et éclatent en un
crépitement de gouttelettes que
le vent renvoie vers le large. Le
mistral est partout. Vos oreilles
bourdonnent.
Vous avancez dans l’eau. A cha-
cun de vos pas, vous sentez le flux
et le reflux contre vos jambes. Les
vagues qui éclatent dans votre
dos vous renvoient un mur
d’écume emporté par les rafales.
Le choc de celles qui arrivent de
face ; le mur d’eau que le mistral
rabat derrière. Vous êtes à trente
mètres. La houle atteint par mo-
ment votre poitrine. Parfois
quelques centimètres à peine
pour que l’eau pénètre dans les
waders. Vos tirs sont tout d’abord
mesurés. Comme un échauffe-
ment. Retrouver la sensation,
cette pression sur l’index, si fu-
gace. Vous savez que votre exci-
tation peut vous faire parfois
oublier de vérifier que le bas de
ligne ne se soit entouré autour
de l’anneau de tête. Dans le
chaos ambiant, il faut vérifier que
la tresse ne se plaque contre le
blank ou qu’un des triples ne se
prenne dans le fil. Vous ne pê-
cherez bien qu’après vous être
calmé, vous le savez.
il est en pleine forme. –Tant
mieux ! Vous avez l’impression
de sentir chaque tirée de sa
nuque dans votre main. Il
prend le courant, jouant de
toute sa masse. Il prend appui
de toute sa masse sur le flux li-
quide. Son corps est perpendi-
culaire à votre position. Vous le
suivez tant bien que mal. Par
deux, trois fois vous réussissez à
le déséquilibrer dans sa course
en maintenant la pression. Inu-
tile de trop tirer. On est en
plage. Vous avez le temps!
Quelques mètres et il est enfin
dans la zone des troisièmes
vagues. A croire qu’il s’en doute
vu sa réaction, mais il est fatigué.
Vous le voyez enfin dans la trans-
parence d’une vague qui se lève.
Les flancs clairs apparaissent.
L’écume les couvre bientôt. Le
poisson combat encore. Une
deuxième vague joue en votre fa-
veur. Vous le bridez maintenant
– Vous l’avez assez travaillé. Inu-
tile de trop le fatiguer. Il est à
quelques mètres maintenant.
Vous levez la canne. Sa bouche
est grande ouverte, comme pour
reprendre un souffle. Vous tirez
un peu plus encore et mettez le
pouce dans la gueule. Il se cabre
mais vous le maintenez déjà hors
de l’eau par la gueule. Il est lourd
et ses mouvements vous handi-
capent. Les vagues vous ont ba-
layé durant le combat. Une
dernière s’abat sur vous et finit de
vous tremper totalement. C’est à
peine si vous le remarquez. Un
Leurres souples,
si on vérifiait leur densité ?
Le sujet peut sembler farfelu, voire inutile. Pourtant rien n’indique au
consommateur sur les sachets si les leurres souples flottent ou au contraire
coulent. Pour toutes les techniques de pêche, ce détail à une grande
importance, car il détermine l’équilibre des leurres dans l’eau.
Par Jean-Marc Theusseret
FOCUS
Chaque
densité à ses
avantages et
le fait de bien
les connaître
permet
parfois de
mieux
orienter sa
proposant les
leurres de
façons
différentes
aux poissons
permet d’obtenir, on peut dire que
ça lui réussit. D’autres comme le
Sawamura One Up Shad ou le Kei-
tech Live Impact adoptent une po-
sition beaucoup plus horizontale.
Pourtant ces deux leurres figurent
également parmi les plus recom-
mandables. Si les positions des
leurres maintenus en suspension à
l’aplomb d’une embarcation peu-
vent présenter des différences
lorsque ceux-ci se déplacent, la dif-
férence est encore plus marquée
lors des phases d’arrêt. C’est ce qui
fait l’efficacité des deux leurres sus-
cités. Au moindre tremblement sur
place, ils vivent, tremblent à leur tour
de façon très réaliste.
En conclusion, chaque densité à
ses avantages et le fait de bien
les connaître permet parfois de
mieux orienter sa pêche en pro-
FOCUS
posant les leurres de façons dif-
férentes. Avec le sandre en verti-
cale, cela ne tient parfois qu’à ce
genre de détail. Pour les pêches
avec des montages non lestés
(brochet ou black-bass), les fabri-
cants n’ont pas encore exploré la
piste des leurres souples à den-
sité étudiée spécialement pour
obtenir une hauteur de nage pré-
cise. Avec ses leurres chargés en
sel, Gary Yamamoto fut un pré-
curseur, en proposant des leurres
à forte densité qui peuvent se
passer de lestage (Senko, Flap-
ping Hog, etc.). Leur succès mon-
dial tient beaucoup à leur action
dans l’eau, beaucoup plus natu-
relle que celle obtenue avec un
leurre moins dense et alourdi par
des inserts en plomb ou en tungs-
tène. Il reste des choses à mettre
au point et c’est plutôt une bonne
nouvelle, à condition qu’elles
soient clairement indiquées sur
les pochettes !
le découvre au
bord de l’eau car
restent muets sur
leurres souples
qu’ils proposent
prenant en
compte,
l’équilibre des
leurres se verrait
grandement
amélioré.
Leçon de brasses coulées
En quelques années, la forme des têtes lestées s’est considérablement
diversifiée afin de permettre d’autres nages que celle, rectiligne, d’un leurre
souple. L’offre est aujourd’hui large et certains modèles obtiennent sans
problème leur certificat de nage libre. Nous les avons testées cet été sur les
bars bretons, les perches et les brochets.
Par Jean-Marc Theusseret
Avis
Il n’y a pas encore d’avis.