Pêches sportives magazine n°77

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PECHES sportives PECHES sportives Réservoir Tout sur la pêche en bateau : dérive, mouches, techniques, etc. Où pêcher Pologne, Nouvelle-Calédonie, Mexique Bilan saumon : Islande, Russie, Ecosse et Norvège L’Anguille européenne : une espèce en danger F: Belgique : 9,55 euros • 14,25 francs suisses Novembre-décembre 2008 n°77 n°77 Une saison de gros brochets Le […]

Rupture de stock

UGS : PS77
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Description

PECHES
sportives
PECHES
sportives
Réservoir
Tout sur la pêche en bateau :
dérive, mouches, techniques, etc.
Où pêcher
Pologne,
Nouvelle-Calédonie,
Mexique
Bilan saumon :
Islande, Russie,
Ecosse et Norvège
L’Anguille européenne :
une espèce en danger
F:
Belgique : 9,55 euros • 14,25 francs suisses
Novembre-décembre 2008
n°77
n°77
Une saison
de gros brochets
Le journal des détaillants p. 88
Administration, rédaction, publicité :
Editions La Vie du Rail /Pêches sportives
11, rue de Milan, 75009 Paris –
Tél. : 01 49 70 73 11.
Télécopie : 01 49 70 12 69.
E-mail : [email protected]
Comité éditorial :
Philippe Bertin, François
Boucheix, Bertrand Bourgeois, Alain Gugenheim,
Vincent Lalu.
Directeur de la publication :
Vincent Lalu.
Rédacteur en chef :
Philippe Boisson.
Ont collaboré à ce numéro :
Pierre Affre,
Philippe Boisson,
Philippe Collet,
Jean-Pierre Piccin, Jérome Gaillard, Jean-Marc
Theusseret, Vincent Lalu.
Réalisation graphique et révision :
amarena.
Relecture :
amarena.
Chef de fabrication :
Robin Loison.
Abonnements :
Françoise Bezannier.
Tél. : 01 49 70 12 56.
Publicité :
Jérome Gaillard Tél. : 01 49 70 12 05 –
[email protected]
Virginie Merlin. Tél. : 01 46 03 04 42 –
Fax : 01 46 05 45 02.
E-mail : [email protected]
Éléments techniques publicitaires :
Maryline
Renaud. E-mail : [email protected]
Inspection des ventes :
Cityrail, Hervé Novello.
Tél. : 01 49 70 12 59.
Photogravure :
La Vie du Rail.
Impression :
Aubin Imprimeur, 86240 Ligugé.
Commission paritaire :
1112 K 82373
.
ISSN : 1252-8358.
Dépôt légal : à parution.
Marketing et diffusion presse :
Destination Média.
La rédaction ne renvoie uniquement
les documents originaux
(diapositives et négatifs).
Pêches sportives n° 77
Sommaire
LES PETITES ANNONCES
p. 97
OÙ PÊCHER
p.66
– Mexique, Pologne,
Nouvelle-Calédonie
– Bilan saison saumon :
Russie, Islande, Norvège.
LE JOURNAL DES DÉTAILLANTS
p. 88
LE CARNET DU PÊCHEUR
p. 94
– Le carnet de pêche de Frédéric Jeudy.
SHOPPING
p. 51 et 57
– Les nouveautés matériel du moment.
TENDANCE
p. 52
– Street Fishing : la pêche dans la rue.
TECHNIQUE LEURRE
p. 58
– Les écrevisses leurres-souples.
FICHES LEURRE
p. 63
– Gary Yamamoto Flapping Hog.
– Damiki Charade.
ACTUS
p. 6
– La pratique du no-kill interdite en Suisse.
– Vers un plan de sauvetage de l’Anguille
européenne.
– L’association Vive l’Alagnon interpelle
le ministre de l’Ecologie.
– Une parodie de gestion du thon rouge.
L’ÉCHO DU RADIER
p. 24
– L’Anguille européenne :
une espèce en danger.
TECHNIQUE MOUCHE
p. 32
– La pêche à la mouche en barque.
TECHNIQUE MOUCHE
p. 36
– Une partie de pêche avec Greg.
MONTAGE
p. 44
– Sept valeurs sûres pour le réservoir.
Un DVD est inclus
dans ce numéro
EDITO
Merci !
Dans une carrière professionnelle, il est des décisions – parfois
dures à prendre – qu’il faut savoir assumer avec sérieux et séré-
nité. Depuis dix années, mon investissement au sein de la rédac-
tion de
Pêches sportives
m’a permis de vous faire partager mon
expérience de pêcheur, de vous faire découvrir des collaborateurs
reconnus pour leurs compétences halieutiques solides et réelles.
Depuis dix ans,
Pêches sportives
s’est efforcé de vous communi-
quer un vrai contenu, fait d’applications directement transpo-
sables pour tout un chacun. Nous sommes très attachés à cela,
car c’est le rôle d’un journal. Mais il n’est pas d’enseignement qui
soit infini et, dans mon cas, j’ai beaucoup donné ! Il faut avoir
l’honnêteté de le reconnaître simplement. Aussi, le temps est
venu pour moi de tourner la page et de laisser à d’autres la pos-
sibilité de vous offrir leur expérience. La pêche à la mouche et la
pêche aux leurres sont si variées, si vastes, que leur approche est
infinie. Jamais les pêcheurs n’ont autant voyagé qu’aujourd’hui,
jamais ils n’ont abordé autant d’espèces de poissons mer-
veilleuses à travers le monde, et jamais ils ne l’ont fait avec un
matériel aussi performant. Le monde de la pêche évolue et
Pêches
sportives
continuera d’en être à la fois le reflet mais aussi un des
acteurs. Merci à tous pour votre fidélité et votre soutien au cours
du joli bout de chemin parcouru ensemble.
Philippe Boisson
Décathlon magazine
Devinette : comment fait une société qui a perdu
1,7 million d’euros en 2007 pour, dès 2008, en acquérir
une autre pour 1,3 million d’euros. Cette devinette, on
ne peut pas ne pas la poser aux acteurs de la reprise de
La Pêche et les poissons
et de
Pêche mouche
par Sofimav,
société basée à Toulouse et qui édite, entre autres,
Pêche de la truite
et
La Pêche des carnassiers.
La réponse est, en fait, très simple : ce n’est pas l’impé-
cunieuse Sofimav qui achète, c’est son propriétaire. Car
si Sofimav n’est pas riche, l’actionnaire principal de son
actionnaire principal, lui, l’est. Il s’agit de Michel
Leclerc, le fondateur de Décathlon qui, par l’intermé-
diaire d’un fonds d’investissement – le bien nommé
Clorophylle –, continue de faire son marché parmi les
supports de presse magazine qui traitent des sports et
loisirs de plein air qui ont fait le succès de son enseigne.
Après cette opération, le numéro 1 français de la distri-
bution de matériels et de vêtements de plein air dispose-
ra, toujours par l’intermédiaire de son fondateur, d’une
influence qui ressemble fortement à une mainmise sur
plus de la moitié – en diffusion – des titres consacrés à
la pêche.
Nous n’avons rien contre Décathlon, sinon de l’admira-
tion pour les performances de cette enseigne qui séduit
de plus en plus de consommateurs. Mais il nous paraît
préoccupant qu’un distributeur prenne ainsi le contrôle
de supports de presse qui traitent des activités et pro-
duits (dont la pêche) composant l’essentiel de son offre.
Surtout que Décathlon ne se contente pas d’être un dis-
tributeur. On trouve dans ses rayons ses propres pro-
duits, vendus sous des marques qu’il pourrait tenter
d’imposer dans les colonnes de sa presse, s’arrogeant
ainsi un avantage concurrentiel dans un secteur déjà très
mal en point.
En lançant, le 2 octobre dernier, les Etats généraux de la
presse écrite, Nicolas Sarkozy a fait de l’indépendance des
journaux une question vitale pour la démocratie. Il a éga-
lement souligné que la clé de l’indépendance était une
bonne santé économique. Et il aurait pu prendre l’exemple
de la presse halieutique pour souligner son propos.
Car, si Décathlon fait aussi facilement ses emplettes,
c’est parce que les magazines de pêche ne sont pas en
grande forme : ils sont à l’image du secteur, qui n’en finit
plus d’affronter une crise profonde marquée par l’ap-
pauvrissement des rivières et la désaffection des
pêcheurs. Beaucoup de journaux sont à vendre, certains
sont menacés de disparition pure et simple. Et les ragots
vont bon train qui font le bonheur des colporteurs de
fausses nouvelles. Ainsi
Pêches sportives
a-t-il été victime
de l’un de ces professionnels de l’intox qui, depuis le
printemps, fait le tour de nos annonceurs pour les infor-
mer de notre fin prochaine.
Si l’on en croyait ce corbeau (surtout connu dans le
métier comme inventeur d’une ligne de cannes à
mouche à poser dans les coins et comme l’unique expert
halieutique officiel, par ailleurs incapable de faire la dif-
férence entre un moulinet Luxor et une mobylette),
Pêches sportives
devait fermer ses portes en juin dernier.
Je dédie donc ce numéro ainsi que les prochains à tous
ceux que ce maudit corbeau a abusés. Et profite de l’oc-
casion pour vous parler de l’année qui vient. Philippe
Boisson vous explique dans le texte ci-contre pourquoi il
a décidé de prendre de la distance avec la chronique de
pêche (il va prendre dès ce mois-ci des responsabilités
dans un autre titre du groupe.) Je profite de l’occasion
pour lui dire, en mon nom et celui de tous les lecteurs
de
Pêches sportives
, à quel point il a compté et comptera
encore dans l’histoire de la chronique halieutique, fai-
sant de
Pêches sportives
un lieu incontournable de l’ex-
cellence et de l’innovation dans les techniques de pêche
de loisir. Grâce à lui,
Pêches sportives
est aujourd’hui un
magazine respactable et respecté par tous ceux qui
vouent à notre sport favori un attachement qui res-
semble assez souvent à de la passion.
Pour remplacer Philippe nous allons dans un premier
temps faire appel de façon plus systématique à nos col-
laborateurs habituels, Philippe Collet, Bernard Dalmas
ou Achile Gan, auxquels se joindra, pour l’édition,
Samuel Delziani. Le titre lui-même évoluera pour
concentrer son propos sur quatre numéros exception-
nels, qui seront autant de rendez-vous annuels avec votre
magazine préféré.
– Le premier paraîtra début janvier et sera consacré aux
préparatifs de la nouvelle saison de pêche, matériels et
techniques, avec un cahier spécial ouverture présen-
tant les 200 meilleurs coins de pêche à la truite.
– Le second, début avril, lancera la saison de la mouche,
avec en fiches de montage les 100mouches pour être
efficace toute la saison.
– Le troisième, début juin, sera un spécial leurres mer et
rivière avec, là aussi, les fiches des 100leurres incon-
tournables.
– Le quatrième, début septembre, traitera des destina-
tions et voyages de pêche, histoire de préparer effica-
cement votre saison 2010.
Ce regroupement en quatre thématiques s’accompagne-
ra d’un développement du site Internet, d’un fil d’ac-
tualités et d’un espace podcast réservé aux abonnés et à
ceux de nos lecteurs qui voudraient s’initier ou se per-
fectionner dans telle ou telle technique.
Rendez-vous donc en 2009…
Et bonne année à nos lecteurs, à tous les pêcheurs et aux
corbeaux qui les regardent lancer.
Vincent Lalu
de Saint
Pierre
Actualités
la gazette
Le lobby écologiste suisse a
gagné. La pratique du no-kill a
été récemment interdite dans
toute la Suisse. Cette mesure
radicale ne touchait jusqu’alors
qu’une partie de l’Allemagne.
Pour les mêmes raisons, les
poissons capturés doivent
désormais être tués dans le res-
pect des quotas journaliers. Le
texte de loi, appliqué depuis le
septembre, est énoncé
comme suit :
Art. 23
Pratiques interdites sur les pois-
sons et les décapodes mar-
cheurs (écrevisses).
Il est en outre interdit de prati-
quer les interventions suivantes
sur les poissons et les déca-
podes marcheurs :
pêcher les poissons à la ligne
dans l’intention de les remettre
à l’eau
b.
utiliser des poissons vivants
comme appâts
c.
utiliser des hameçons avec
ardillons
d.
transporter des poissons
vivants sur de la glace ou de
l’eau glacée
e.
recourir à des moyens auxi-
liaires lésant les parties molles
des décapodes marcheurs.
Les pêcheurs doivent donc arrê-
ter la pêche une fois le quota
atteint. Motif : les poissons ne
sont pas des partenaires de jeu,
mais des êtres vivants. Derrière
une volonté d’épargner des
souffrances inutiles aux pois-
sons se cache surtout une ten-
tative, à moyen terme, d’inter-
dire purement et simplement la
pêche. Dès lors que la pêche
devient un acte visant à
consommer le poisson, les
risques sanitaires mènent direc-
tement à l’interdiction éventuel-
le de la pratique de la pêche au
titre de problèmes avérés ou de
principes de précaution face à
tous les toxiques susceptibles
d’être retrouvés dans la chair
des poissons (plomb, mercure,
PCB, etc.). Les “protecteurs” des
poissons sont donc sur la
bonne voie. Les premières
interdictions temporaires de
pêche ont d’ailleurs touché la
haute Sarine, cet été, pour
cause de PCB.
Si ce genre de mesure semble
impossible en France, les ins-
tances gérant la pêche doivent
rester très vigilantes face à des
associations écologistes de plus
en plus extrémistes. Les
eco
warriors,
comme certains
aiment à se dénommer, sont
bel et bien des guerriers…
Qu’on se le dise !
Le no-kill interdit en Suisse !
Thon rouge de Méditerranée :
une parodie de gestion
des pêches
Le WWF salue les conclusions émises par le panel d’experts indé-
pendants indiquant que la pêche au thon rouge en Méditerranée
devrait être suspendue momentanément et que les zones de
reproduction devraient être fermées à la pêche pour répondre à
l’urgence de la survie de cette espèce emblématique.
La Commission internationale pour la conservation des thonidés
en Atlantique (ICCAT) a commissionné elle-même un panel d’ex-
perts indépendants internationaux pour évaluer sa propre efficaci-
té. Les conclusions viennent d’être publiées. Ce rapport, suivi par
le WWF, se montre virulent face aux faiblesses de l’ICCAT à gérer
le thon rouge en Atlantique et en Méditerranée, conduisant ainsi
cette espèce au bord de l’effondrement. La capacité de l’ICCAT à
gérer la pêche du thon rouge en Atlantique et en Méditerranée est
largement considérée comme un échec honteux aux yeux de la
communauté internationale. Au vu du mépris flagrant pour les
avis scientifiques dans l’actuel plan de gestion, le rapport conclut
qu’il est nécessaire de fermer la pêcherie jusqu’à ce qu’un réel
plan de sauvegarde et de gestion soit mis en place.
“En dépit du grand nombre de capture de juvéniles et la diminu-
tion du nombre de reproducteurs, la flotte de thoniers senneurs
continue de s’accroître par de nouvelles constructions. Aux yeux
de la communauté internationale, les parties prenantes n’ont pas
réussi à respecter leurs obligations juridiques en vertu du droit
international, ni à préserver la population de thons rouges. […] Le
comité du panel d’experts recommande que la pêche du thon
soit immédiatement suspendue dans l’Atlantique Est et en
Méditerranée, jusqu’à ce que les pays impliqués dans ces pêche-
ries, leurs ressortissants et les entreprises de pêche opérant dans
ces eaux acceptent de respecter pleinement les règles et recom-
mandations de l’ICCAT et du droit international sur la mer. […] Il
recommande aussi la fermeture immédiate de toutes les zones
de reproduction au moins pendant les périodes de frai.”
“Si celle-ci
[la pêcherie, ndrl]
n’est pas fermée momentanément
et qu’une révision radicale du plan de gestion n’est pas faite, les
apparitions de cette majestueuse espèce se limiteront unique-
ment aux livres d’histoire”, déclare le Dr Sergi Tuleda, responsable
pêche du WWF Méditerranée.
Notes
– Les membres du panel d’experts indépendants sont : Glenn
Hurry, directeur général de la Commission australienne de ges-
tion des ressources halieutiques et actuel président de la
Commission des pêches du Pacifique Ouest, Moritaka Hayashi,
professeur émérite en droit international à l’université de
Waseda au Japon, et Jean-Jacques Maguire, canadien, spécia-
liste des pêches internationales.
– Les parties prenantes de l’ICCAT se rencontreront à Marrakech,
au Maroc, du 17 au 24 novembre prochain.
Vous pouvez suivre la campagne de marquage du thon rouge en
Méditerranée sur le blog http://wwf-columbus.org/
de Saint
Pierre
Actualités
la gazette
L’Etat français aurait-il décidé
d’acter les six plans de bassin du
plan de sauvetage français de
l’Anguille européenne, sans tenir
compte des avis des pêcheurs,
contrairement à ce qui avait été
annoncé par le ministère de
l’Ecologie et de l’Agriculture
(2)
C’est à croire, au vu du déroule-
ment des rédactions des plans
de bassin qui se dessinent par-
tout en France depuis le mois de
juillet 2008. Cette mise à l’écart
volontaire viole le principe
même de la démocratie partici-
pative et outrepasse les “Instruc-
tions techniques pour l’élabora-
tion du plan de gestion de l’an-
guille”, rédigées par le ministère
de l’Ecologie, du Dévelop-
pement et de l’Aménagement
durables et par le ministère de
l’Agriculture et de la Pêche eux-
mêmes.Cette situation confirme
les craintes dénoncées en juin et
juillet 2008
(3)
par la Fédération
nationale de la pêche en
France : le plan de sauvetage
français de l’Anguille européen-
ne est en passe de devenir un
plan factice où les vraies
mesures fortes pour sauver une
espèce en voie de disparition
sont absentes des documents,
qui seront présentés à l’Union
européenne en décembre 2008.
Les pêcheurs amateurs, qui
connaissent les réalités écolo-
giques sur le terrain, avaient
demandé un moratoire total de
la pêche professionnelle et
amateur de l’anguille à tous ses
stades (civelles, anguilles jeunes
et adultes). Des recommanda-
tions balayées par les services
de l’Etat, malgré les craintes du
Conseil International pour l’ex-
ploration de la mer. Le CIEM
annonçait dès 1999 que le
“stock d’anguilles (européenne)
est en dehors des limites biolo-
giques de sécurité”.
Les pêcheurs représentés par la
FNPF veulent :
des garanties réelles sur la
consultation des pêcheurs
concernant ce dossier
connaître les décisions actées
suite à la dernière réunion du
comité national
connaître les décisions actées
dans chaque bassin
que l’Etat s’assure que les
comités de gestion des poissons
migrateurs (CoGePoMi) et des
comités de bassin, dont les
pêcheurs amateurs font partie,
soient consultés avant la rédac-
tion finale des plans.
Les pêcheurs dénoncent un
plan timoré, non respectueux
des avis scientifiques et des usa-
gers des rivières. Ils craignent
que le plan de gestion français
ne permette pas de conserver
l’anguille au sein de la biodiver-
sité européenne. Une fois enco-
re, en plein Grenelle de l’envi-
ronnement et alors que la
France assure la présidence
européenne, il est à craindre
que l’Etat soit mis rapidement
devant ses responsabilités par
un rejet massif au niveau
national par les pêcheurs et un
refus du plan français par
l’Europe fin 2008 (voir notre
dossier spécial anguille p.24).
L’Etat a entrepris ce qui est présenté comme un vaste plan de sauvetage de l’Anguille européenne, reconnue offi-
ciellement “en dehors des limites biologiques de sécurité”. Mais le torchon brûle entre le ministère de l’Ecologie
et la Fédération nationale pour la pêche en France (FNPF), qui se trouve exclue du débat alors qu’elle demandait
un moratoire total de la pêche professionnelle et amateur de l’anguille à tous ses stades (civelles, anguilles
jeunes et adultes). Les services de l’Etat plient une nouvelle fois devant le lobby de la pêche professionnelle.
Plan de sauvetage de l’Anguille européenne :
l’Etat français violerait-il la convention d’Aarhus
(1)
1.
Les dispositions concernant l’information et la participation du public en matière d’environnement ont été confortées, entre autres, par la conven-
tion d’Aarhus, signée le 25 juin 1998 au Danemark par 39 Etats (article 10 de la déclaration de Rio pour la région Europe de la Commission éco-
nomique des Nations unies). Voir le site du ministère de l’Ecologie : www.ecologie.gouv.fr
2.
“Instructions techniques pour l’élaboration du plan de gestion de l’anguille” élaborées suite au règlement européen du 18 septembre 2007,
n°1100/2007, par le minis-tère de l’Ecologie et celui de l’Agriculture.
3.
Communiqués de presse des 11 juin, 12 juin et 3juillet 2008.
Alerte à l’invasion de la jussie
C’est un cri d’alerte qui est lancé par la Fédération nationale de la
pêche en France et de la protection du milieu aquatique et par la
Fédération départementale de pêche de l’Ain : la jussie, plante
invasive importée des Etats-Unis et d’Amérique du Sud, véritable
fléau des zones humides, étouffe désormais une rivière de ce
département : la Veyle. Face à cette invasion sans précédent, la
Fédération départementale de pêche de l’Ain a mis en place une
mobilisation exceptionnelle de ses bénévoles sur le terrain, toute la
semaine, afin d’ôter la plante exogène de la Veyle, rivière du dépar-
tement. Depuis la mi-juillet, aidée par des conditions climatiques
favorables, la jussie prolifère de manière inquiétante et s’étend
pour la première fois sur les eaux libres du département. Cette
plante, prisée par les aquariophiles, et vendue aux particuliers dans
les jardineries, avait commencé son invasion de ce département
l’an dernier, dans deux étangs du village de Curciat-Dongalon, dans
le nord du département. Une tonne de jussie avait été enlevée par
les pêcheurs de loisir de l’Ain.
Cette année, l’ONCFS (Office national chasse faune sauvage) avait
entamé un recensement des zones infestées avec les techniciens
de la Fédération départementale de pêche, aidés par Dombistes
(propriétaires et exploitants des étangs de la Dombes).
Malheureusement, aujourd’hui, le phénomène prend de l’ampleur
et menace la faune sauvage mais aussi les espèces de poissons de
la Veyle. Cette invasion est d’autant plus préoccupante que la jus-
sie pourrait envahir d’autres cours d’eau et atteindre la Saône dans
laquelle la Veyle se jette !
La Fédération nationale de la pêche en France apporte depuis sa
création une aide financière importante aux fédérations départe-
mentales pour lutter contre ces plantes invasives qui malheureuse-
ment prolifèrent partout en France. Ces espèces prennent le pas
sur les espèces indigènes. La jussie, qui pousse au bord de l’eau et
dans l’eau, inquiète particulièrement les protecteurs de l’environ-
nement comme les pêcheurs de loisirs. Elle a trouvé en France des
conditions de développement idéales (elle n’a quasiment pas de
prédateurs). S’ajoute à cela une capacité à se multiplier végétative-
ment : à partir du moindre fragment de l’une de ses feuilles peut
renaître un individu.
La jussie double sa masse toutes les deux à trois semaines et peut
asphyxier très rapidement un plan d’eau : elle forme des herbiers
si denses qu’elle empêche le développement des autres végétaux.
Lorsque cette masse végétale meurt, sa décomposition entraîne
une forte diminution du taux d’oxygène dissous dans l’eau, élé-
ment indispensable à la vie aquatique. Les jolies fleurs jaunes de la
jussie attirent les propriétaires de mare, de moulin, de micro-
centrale et de bassin. Les pêcheurs de loisir lancent un appel aux
aquariophiles et aux particuliers tentés par l’achat de cette plante
aquatique. Elle est devenue, comme l’ambroisie, l’élodée du
Canada, la renouée du Japon ou la balsamine de l’Himalaya, un
fléau pour nos écosystèmes endémiques. L’UNPF demande aux
politiques des mesures d’urgence face à ce phénomène.
de Saint
Pierre
Actualités
la gazette
Les pesticides nous concernent
tous. Présents dans les plantes
cultivées, les fruits, les céréales
et les légumes, ils se retrouvent
également dans l’eau. Produits
chimiques à très haute toxicité,
les pesticides font depuis long-
temps partie intégrante du
mode de production moderne
agricole. La réduction des
usages de pesticides fut l’un
des points importants abordés
lors du Grenelle de l’environne-
ment. Un plan ministériel, pré-
senté le 12 septembre dernier,
vise à mieux contrôler l’utilisa-
tion des pesticides. En complé-
ment du retrait du marché des
pesticides comprenant les sub-
stances les plus préoccupantes,
le plan d’action Ecophyto 2018
a vocation à généraliser les
meilleures pratiques économes
en pesticides et à construire,
grâce à la recherche, de nou-
veaux systèmes de production
viables. Voici quelques détails
du plan ministériel.
Evaluer les progrès :
une batterie d’indicateurs
Une batterie d’indicateurs de
pression, relatifs à l’usage des
pesticides, sera utilisée pour
évaluer l’efficacité des mesures
décidées dans le cadre du plan
et permettre de mesurer les
efforts accomplis. L’efficacité
des actions mises en place
sera mesurée par le NODU
(nombre de doses unitaires),
calculé comme la somme des
quantités de substances
actives vendues, chacune rap-
portée à la dose unitaire spéci-
fique de la substance active.
Ces indicateurs ont vocation à
être progressivement complé-
tés par des indicateurs d’im-
pact, des indicateurs de risque
et des indicateurs écono-
miques. En complément du
suivi global au niveau national,
un suivi par culture sera réalisé
grâce à un indicateur de pres-
sion basé sur les pratiques
agricoles par type de culture :
l’indicateur de fréquence de
traitement (IFT).
La diffusion de la connaissance
sur les méthodes économes
en pesticides et l’amélioration
des pratiques actuelles sont les
premières actions qui seront
mises en place, dans l’objectif
d’une réduction de 50 % de
l’usage des pesticides sur dix
ans. En particulier, l’expérience
acquise par différents réseaux
et modes de production (agri-
culture biologique et durable,
par exemple), y compris en
dehors du territoire national.
Les exploitations de l’ensei-
gnement et du développement
agricoles devraient jouer un
rôle moteur dans la généralisa-
tion des itinéraires techniques
et des systèmes de culture
innovants.
Le gouvernement s’engage à
mobiliser les outils réglemen-
taires et incitatifs pour la diffu-
sion de la protection intégrée et
de techniques plus économes
en produits phytopharmaceu-
tiques : faciliter la mise sur le
marché des produits alternatifs,
notamment de biocontrôle ;
améliorer le parc de matériel
agricole et développer les solu-
tions alternatives au traitement
aérien en vue de son interdic-
tion. Pour généraliser ses pra-
tiques, le gouvernement s’ap-
puiera sur les organisations du
développement
agricole
(chambres d’agricul-ture, insti-
tuts techniques).
Innover : mobiliser le
développement agronomique
et la recherche
L’innovation dans la conception
et la mise au point de systèmes
de culture économes en pesti-
cides sera un axe stratégique
des contrats d’objectifs et de
moyens de l’Inra, du Cemagref,
des instituts techniques et des
chambres d’agriculture, ainsi
que de la programmation de
leurs travaux et de l’affectation
de leurs moyens humains. La
recherche sera également
orientée sur le matériel agricole
et les techniques d’application
permettant une réduction de
l’usage des pesticides et une
amélioration de la sécurité du
personnel.
La formation sera, elle aussi,
réorientée vers les productions
et protections intégrées. Au
programme : le développement
d’un dispositif de formation
continue spécifique par filière. A
échéance du 1
janvier 2010,
une évaluation des connais-
sances sera instaurée pour l’en-
semble des utilisateurs, applica-
teurs et conseillers. La réussite à
cette évaluation ou à défaut le
suivi d’une formation permettra
de bénéficier d’un certificat uti-
lisateur qui sera à terme (2014)
nécessaire pour l’achat
de produits phytosanitaires.
L’agrément des distributeurs et
des applicateurs en prestations
de service de produits phytosa-
nitaires sera revu en le fondant
sur une certification d’entre-
prise ayant pour base des réfé-
rentiels contrôlés par des entre-
prises professionnelles indé-
pendantes agréées par les pou-
voirs publics.
A l’automne 2008, une enquê-
te d’opinion va être réalisée
auprès des agriculteurs afin de
déterminer les modalités de
communication les plus perti-
nentes, ainsi que les arguments
à exploiter pour atteindre les
agriculteurs.
Une communication spécifique
concernera les gestionnaires
d’espaces publics et les jardi-
niers amateurs, au travers de
partenariats, notamment avec
le réseau de distributeurs spé-
cialisés (jardineries, etc.).
Cibler les usages non
agricoles et les jardiniers
amateurs
Une certification des applica-
teurs de pesticides en presta-
tions de service en zones non
agricoles (ZNA) sera mise en
place ainsi que pour les mairies,
la SNCF, les bailleurs sociaux,
etc. Les gestionnaires d’espaces
verts en zone non agricole (col-
lectivités, autoroutes) seront
formés aux méthodes alterna-
tives disponibles, à la modifica-
tion du type de végétaux plan-
tés, à l’organisation de l’espace
et à la nécessité d’une meilleu-
re utilisation des pesticides…
Ecophyto 2018, un plan de réduction
des usages des pesticides
Massiac, le 15 octobre 2008
Monsieur Jean-Louis Borloo, ministre d’Etat, ministre de l’Ecologie,
du Développement et de l’Aménagement durables.
“Monsieur le Ministre,
Je viens vers vous en tant que président de l’association Vive
L’Alagnon et représentant de ses membres afin d’attirer votre atten-
tion sur la situation du bassin versant Alagnon. Cette tête de bassin
de la Loire, principalement située dans le Cantal, est peu urbanisée,
peu industrialisée avec une activité agricole essentiellement liée à
l’élevage. Sa petite taille est un atout pour définir les enjeux de ce
territoire et les solutions à apporter pour restaurer ses milieux aqua-
tiques.L’association Vive L’Alagnon a été créée pour protéger le patri-
moine naturel et bâti du bassin versant Alagnon, devant la poursui-
te de l’eutrophisation de la rivière Alagnon et de ses affluents. Notre
association sera représentée dans la commission du SAGE Alagnon
qui est en cours d’élaboration. Au sein de ce SAGE, nos objectifs sont
de sensibiliser, d’accompagner, de soutenir les élus, les décideurs et
les éleveurs dans leur démarche d’amélioration de la qualité de
l’eau. Pour ce faire, notre région a besoin de plus de moyens finan-
ciers et humains. Nous souhaitons avant tout que les têtes de bas-
sin soient classées prioritaires pour la restauration des milieux aqua-
tiques. Il est impératif d’avoir des objectifs de résultats tout en abais-
sant les seuils admissibles de polluants (nitrate, phosphate…).
Pourquoi faut-il absolument préserver les têtes de bassin et
plus particulièrement le bassin versant Alagnon ?
Malgré une eutrophisation croissante, la situation au niveau des
têtes de bassin est réversible, contrairement aux autres bassins
situés en aval, avec des résultats visibles très rapidement si des
mesures exceptionnelles étaient prises. Malgré tout, les têtes de bas-
sin représentent des urgences absolues par analogie avec la méde-
cine de catastrophe et nécessitent une prise en charge immédiate.
Elles sont garantes de la biodiversité pour les générations futures.
Le bassin versant Alagnon est un axe majeur et déterminant pour la
remontée du saumon. Les efforts réalisés par l’équipe du contrat
rivière pour lever les obstacles migratoires et l’absence d’ouvrages
EDF permettent actuellement une remontée du saumon jusqu’à la
source de l’Alagnon et favorisent sa reproduction.
Beaucoup d’entre nous prônent la pédagogie du résultat ; la mise
en place d’un bassin témoin de petite taille, à la problématique bien
identifiée, sur lequel les efforts seraient concentrés, permettrait de
vérifier de manière certaine les résultats d’amélioration de la quali-
té de l’eau. (…)
Quelles solutions avons-nous identifiées pour la reconquête de
la qualité de l’eau du bassin Alagnon ?
Pour reconquérir la qualité de l’eau du bassin Alagnon, il faudra lut-
ter contre la pollution domestique et agricole avec des moyens
financiers et humains adaptés.
1.
L’assainissement collectif des communes du bassin versant
Alagnon est actuellement peu performant si l’on se réfère aux
données de la MAGE. Les eaux parasites entraînent dans la majo-
rité des cas une surcharge du système d’assainissement. Il existe
incontestablement un problème d’efficacité et d’attractivité des
aides pour notre région. Il est très difficile pour nos communes de
faire face à l’autofinancement, et ce d’autant plus que le revenu
par habitant est souvent faible. Il est indispensable d’obtenir des
méthodes incitatives en proposant par exemple une première
tranche de travaux financée à 100% (avec ou sans plafond) et
demander ensuite un engagement ferme des communes sur la
programmation et la réalisation de travaux complémentaires sub-
ventionnés. Ces mesures permettraient de régler instantanément
les points majeurs de dysfonctionnement de l’assainissement de
chaque commune et d’améliorer la capacité épuratoire de l’en-
semble des ouvrages d’un cours d’eau.
2.
Nous souhaitons préserver l’activité socio-économique de notre
région et particulièrement l’activité agricole liée à l’élevage en la
réconciliant avec l’environnement. Il faut pour cela relancer un
programme de maîtrise des pollutions d’origine agricole et clas-
ser le bassin versant Alagnon prioritaire pour pouvoir proposer
des moyens financiers conséquents aux exploitants. Les ouvrages
de stockage des lisiers, l’imperméabilisation des aires bétonnées,
la séparation des eaux pluviales et des eaux souillées, l’améliora-
tion des matériels d’épandage doivent bénéficier d’aides à des
taux de 100 % en relevant les plafonds en contrepartie de l’ad-
hésion des éleveurs à un programme de maîtrise des épandages.
3.
Nous avons besoin de plus de moyens humains. Toutes les
démarches administratives de demande d’aides, de réalisation
des travaux sont relativement complexes pour les communes qui
ne disposent pas, pour la plupart, dans notre région, de person-
nels formés. Le morcellement de l’habitat, la nécessité de mener
des actions de sensibilisation, d’effectuer la quasi-totalité des
tâches administratives demandent un renforcement en person-
nels et en moyens financiers de l’équipe déjà en place. (…)
Les têtes de bassin, et plus particulièrement le bassin versant
Alagnon pour les conditions favorables qu’il est le seul à offrir pour
la reproduction du saumon, doivent bénéficier de conditions finan-
cières exceptionnelles pour la reconquête de leurs milieux.
Nous croyons, Monsieur le Ministre, que vous serez sensible à nos
propos en pleine consultation publique pour les prochaines orien-
tations de la politique de l’eau.
Je vous prie, Monsieur le Ministre, d’agréer l’assurance de mes sen-
timents distingués.”
Dr Hervé Brun, Président de l’association Vive L’Alagnon
Auvergne
L’association Vive l’Alagnon interpelle
le ministre de l’Ecologie, du Développement
et de l’Aménagement durables
Hervé Brun, président de l’association Vive l’Alagnon, a tenu, à travers un courrier adressé au ministre Jean-Louis
Borloo, à attirer l’attention de ce dernier sur l’urgence de protéger efficacement les têtes de bassin, et en parti-
culière celle de l’Alagnon, cours d’eau à salmonidés menacé par une pollution agricole et domestique croissan-
te et inquiétante. Il y a urgence pour engager des moyens humains et financiers pour améliorer la situation éco-
logique de ce magnifique cours d’eau qui est toujours fréquenté par le saumon.
de Saint
Pierre
Actualités
la gazette
D’après une enquête récente publiée par l’Institut francais de
recherche pour l’exploitation de la mer (Ifremer), les pêcheurs
récréatifs prendraient au moins autant (sinon plus) de bars et
autres poissons nobles que les marins pêcheurs professionnels.
Depuis 2006, l’Ifremer assure la maîtrise d’œuvre, à la demande
de la Direction des pêches maritimes et de l’aquaculture (minis-
tère de l’Agriculture et de la Pêche, maître d’ouvrage), d’une
enquête nationale, cofinancée à parité par l’Ifop (Institut français
d’opinion publique) et l’Ifremer, sur la pêche de loisir (récréative
et sportive) en mer en métropole et dans les DOM, prenant en
compte la diversité des usages (pêche à pied, du bord, en plon-
gée, pêche embarquée). Cette étude vise à établir un premier état
des lieux en ce qui concerne l’activité des pêches récréatives et
sportives, tant au plan des captures que de l’importance écono-
mique des usages. D’une durée de deux années, cette étude a été
centrée la première année sur une délimitation aussi précise que
possible de la population d’usagers récréatifs et sportifs. Au cours
de la deuxième année, les données obtenues à travers le sondage
ont été enrichies par une série d’enquêtes “terrain”, destinées à
affiner les estimations de volume et de nature des captures. C’est
l’Institut BVA qui a assuré la réalisation de ce sondage.
Nous vous livrons en avant-première, “bruts de fonderie”, les
résultats des cogitations ifremeresques validés par BVA. “En
moyenne, un pêcheur a prélevé environ 11 kg en 2005, ce qui
représente un prélèvement total estimé à 15 000 tonnes environ.
Le bar se démarque comme l’espèce la plus recherchée (24 %
des pêcheurs en mer) pour un prélèvement global de l’ordre de
5 000 tonnes. Le maquereau (15 % des pêcheurs et environ
3 300 tonnes) et les daurades (11 % des pêcheurs et environ
1 600 tonnes) viennent ensuite. Les autres espèces de poissons
sont plus rarement citées (aucune d’entre elles n’apparaît chez plus
de 5 % des pêcheurs).“ Bigre ! quelle précision dans les
résultats : 24 % des pêcheurs en mer prélèveraient de l’ordre de
5000 tonnes de bars, 15 % des effectifs 3 300 tonnes de maque-
reaux, et encore 11 % des pêcheurs environ 1 600 tonnes de dau-
rades.
Pourtant, il n’y a pas si longtemps, on a vu ce que valaient les son-
dages (dont ceux de BVA d’ailleurs). Rappelons-nous lors de
l’avant-dernière élection présidentielle, quand aucun de ces pres-
tigieux instituts, comme ils s’autoproclament, n’avait prévu l’arri-
vée du représentant du Front national au second tour. Et encore,
lors des sondages politiques les questions sont assez simples et
les réponses devraient être assez fiables… Alors, quand il s’agit de
“deviner” les tonnages de bars, daurades et maquereaux capturés
annuellement par les pêcheurs récréatifs sur nos côtes à partir de
l’interrogation téléphonique de 20 000 ménages français, on peut
émettre quelques doutes quant à la fiabilité des résultats de l’en-
quête… Enquête qui, rappelons-le également, a servi de base à
Madame la Ministre de l’Environnement pour caresser les profes-
sionnels dans le bon sens… Puisque c’est l’Ifremer qui le dit, la
raréfaction, voire la disparition, des poissons marins sur nos côtes
n’est pas la faute des professionnels mais des pêcheurs amateurs,
sportifs, récréatifs ou plaisanciers… Il est vrai que le ridicule ne tue
pas, ni les hommes ou femmes politiques, ni les scientifiques et
techniciens de l’Ifremer… Ainsi, sur 20 000 ménages interrogés
par téléphone à travers toute la France (au fait, combien a coûté
une telle enquête ?) et dont les neuf dixièmes n’ont jamais vu un
bar et n’en ont sûrement jamais mangé non plus (vu son prix,
même quand il est d’élevage), BVA nous dit que “la part des
ménages comprenant au moins un pêcheur de loisir en mer en
2005 (c’est-à-dire ayant réalisé au moins une sortie de pêche en
2005) s’établit à 6,7 %, avec en moyenne 1,57 pêcheur de 15 ans
et plus par foyer : au total, 5,1 % de la population française âgée
de 15 ans et plus pratiquent la pêche de loisir en mer”. Admirons
là encore la précision des chiffres. Et de poursuivre : “L’enquête a
permis d’établir le profil des pêcheurs de loisir en mer. En métro-
pole, ce profil se caractérise par :
une très large surreprésentation des hommes (82 %)
un âge plus souvent situé dans les tranches intermédiaires
(84% de 25 à 64 ans)
une surreprésentation des cadres, professions intermédiaires et
employés (34%),
une représentation deux fois plus importante en zone littorale
(essentiellement en Bretagne, Basse-Normandie et dans les
Pays de la Loire) que sur le reste du territoire.”
Alors là, bravo ! Arriver à la conclusion qu’il y a au moins deux fois
plus de pêcheurs en mer sur nos côtes qu’au cœur de l’Auvergne
ou du Limousin… il fallait y penser et le dire… Dans le prochain
numéro de
Pêches sportives
, nous reviendrons plus en détail sur
la méthodologie de l’enquête et ses résultats désopilants.
Pierre Affre
De qui se moque
l’Ifremer ?
Le domaine piscicole du Lac
du Château, situé dans le nord
du département de l’Eure-et-
Loire sur la commune de Vert-
en-Drouais, élargit son offre
de pêches sportives. Les pra-
tiques de la pêche des carnas-
siers aux leurres et des carpes
à l’anglaise y trouveront des
conditions excellentes. La qua-
lité de ses eaux, sa configura-
tion et la gestion piscicole pro-
fessionnelle par Günter Klein
garantissent aux clients des
parties de pêche intéres-
santes. Le règlement de pêche
prévoit d’ailleurs une pêche
no-kill pour toutes les espèces
afin de conserver la forte den-
sité du cheptel.
Tarifs : Journée carnassiers :
20 euros, Journée carpe et
poissons blancs 10 euros.
Ouvert de 8h à 18h du 1
mai
au 23 décembre.
www.marsalin-peche.com
Le nouvel aménagement des
berges ne changera, en
revanche, rien aux habitudes
des moucheurs au lac du
Château. Au contraire !Une
nouvelle digue leur permet
désormais de faire le tour
complet des berges pendant
une partie de pêche. Ainsi,
une idée de longue date s’est
réalisée pour Günter Klein qui
voulait, depuis longtemps,
rendre la partie supérieure du
lac plus accessible et plus
attractive. Cet aménagement,
qui demandait la mise en
place de plus de 3 000 m
terre, a créé en même temps
une nouvelle possibilité de
pêche fort attractive. Quand
les vents dominants de l’ouest
créent un courant à la surface
de l’eau, toute la nourriture va
se concentrer devant la digue.
Les truites s’y rassembleront
quelques heures après et puis
les pêcheurs à la mouche
pourront profiter de ce nou-
veau poste intéressant.
Et, comme tous les ans, les
célèbres truites arc-en-ciel du
lac du Château se sont bien
reposées dans les eaux
fraîches des profondeurs pen-
dant la fermeture estivale du
mois d’août. Elles ont la
pêche, comme on dit, et les
moucheurs ont tout d’intérêt à
soigner leurs bas de ligne,
parce qu’ils doivent résister à
des bagarres puissantes et
nerveuses. En effet, l’automne
est depuis toujours la période
la plus propice pour apprécier
la qualité de pêche au lac du
Château et faire la majorité
des prises à la sur-face, soit à
la mouche sèche, soit avec des
« chiros ». Et pour informer des
dernières évolutions des
conditions de pêche, Günter
Klein publie un bulletin de
pêche dans les pages « Lac du
Château» sur le site
www.streamerflyfishing.com
Tarifs : Carte donnant droit à
une truite : 35 euros (une trui-
te de moins de 50 cm à
conserver). Carte donnant
droit à deux truites : 45 euros
(deux truites, dont une de plus
de 50 cm à conserver). Les
samedis sont vendues unique-
ment les cartes à 45 euros.
Location de barque : 20 euros
la journée (réservation au :
02 37 82 95 13). Horaires d’hi-
ver : du 16 novembre au
15 février, ouverture de 9h à
17h. La boutique Streamer
accompagnera l’inauguration
de la nouvelle digue par une
période des promotions très
attractives. Du 20 octobre au
novembre prochain,
Streamer vous fait profiter
d’une remise exceptionnelle
de 20 % sur tous les articles
disponibles à la boutique (à
partir de 20 euros d’achat). Les
mouches en détail seront ven-
dues à 1 euro pièce (sèches,
émergentes, nymphes et strea-
mers à truite, pour un mini-
mum de 10 mouches ache-
tées). Ouverture de la bou-
tique : lundi, mardi, vendredi,
samedi de 10h à 12h et de 14h
à 16h. Le lac sera ouvert le
samedi 1
novembre.
Eure-et-Loire
Du nouveau au lac du Château
Remise du Trophée de l’année à la Landie
Comme chaque année, le lac de la Landie a procédé à la remise
du trophée de la plus belle prise de la saison écoulée. C’est le
Suisse Laurent Ischy qui devient le détenteur du trophée, signé
Charles Gaidy, avec une truite de 5,550 kg. Cette remise s’est
effectuée le 7 septembre en présence de Marc Mauvielle, pro-
priétaire du site, de Fred et Olympe Jeudy, gérants, et de nom-
breux habitués. Nous avons pu constater que la pêche à la
de Saint
Pierre
Actualités
la gazette
Landie, dans ce cadre magnifique et préservé, était toujours aussi
intéressante. La pêche à la mouche sèche en dérive est l’une des
grandes spécialités du lac. Les nouveaux aménagements du site
(barques en aluminium soudé La Maltière, nouveaux aménage-
ments du port) contribuent au confort des pêcheurs. L’accueil est
toujours chaleureux à la Landie, un lac qui demeure dans le trio
de tête des plus beaux réservoirs français. http://lalandie.free.fr/
Les habitués du lac de la Landie ont pu reprendre leurs habitudes
durant une saison 2008 où la pêche fut très bonne. Les nouvelles barques
en aluminium équipées de moteur électrique apportent confort et sécurité.
Leur fond plat permet une pêche aisée à deux personnes. Le cadre est
toujours aussi magnifique autour de ce lac d’une superficie de 30 hectares.
Des normes européennes
pour les eaux de surface
Une directive “fille” de la directive-cadre sur l’eau devrait être
définitivement adoptée le 17 juin 2009. La liste de substances
prioritaires pour lesquelles des normes de qualité sont fixées a
été au centre des débats. Etablir des normes de qualité environ-
nementale pour les eaux de surface de l’Union européenne afin
de limiter la quantité de substances chimiques présentant un
risque pour l’environnement ou la santé : c’est l’objectif de la
directive dite NQE.
Proposée en juillet 2006 et visant à l’atteinte du bon état chi-
mique des eaux européennes d’ici 2015 imposé par la directive-
cadre sur l’eau (DCE) de 2000, elle devrait être adoptée le
17juin en deuxième lecture par le Parlement européen, après
que le Conseil aura arrêté une position commune en décembre
2007. Les Etats membres devront ainsi “faire des progrès” pour
respecter les normes d’ici 2018.
Suite à la constatation de taux
élevés de concentration en
PCB (PolyChloroBiphényles)
chez certains produits de la
pêche en eau douce, la pré-
fecture de la région de Haute-
Normandie a interdit la
consommation et la commer-
cialisation des poissons
pêchés dans la Seine, respec-
tant ainsi les recommanda-
tions émises par l’AFSSA
(Agence française de sécurité
sanitaire des aliments).
Daté du 2 octobre dernier, cet
arrêté préfectoral fait suite aux
résultats issus du plan de
contrôle de la contamination
aux PCB mis en place dans
cette région au début de l’an-
née 2008. Grâce à des prélè-
vements effectués sur de
nombreuses espèces de crus-
tacés et de poissons, on a
constaté que plus de 60 %
des données récoltées
n’étaient pas conformes au
seuil maximum réglementaire
appliqué à la somme des PCB
et dioxines.
Sont concernés, entre autres,
par ces excédents la brême, le
brochet, la carpe, le gardon, le
mulet, le sandre ou encore
l’écrevisse. A la lumière de ces
conclusions, la préfecture de
la Haute-Normandie a ainsi
estimé que ”une consomma-
tion réitérée des poissons
de la Seine peut constituer
un risque pour la santé
humaine”. Ce cas n’est pas
une première, des contamina-
tions aux PCB similaires ayant
déjà été observées l’année
passée sur des populations
d’anguilles adultes dans
l’estuaire de la Seine. Elles
avaient pareillement donné
lieu à la prise d’arrêtés préfec-
toraux interdisant la consom-
mation et la revente de l’espè-
ce en question. Fléau des
voies fluviales, les PCB ne
concernent pas uniquement
la Seine, loin s’en faut.
Egalement gravement touché
par cette pollution, le Rhône
enregistrait en mai dernier
des taux records de contami-
nation.
Les PCB ou encore polychlo-
robiphényles désignent une
famille de 209 composés
organochlorés classés comme
polluants organiques persis-
tants (POPS).
Produites industriellement
depuis 1930, ces molécules
ont fait l’objet de multiples
utilisations massives jusque
dans les années soixante-dix
pour la fabrication des trans-
formateurs électriques et
comme additifs dans les pein-
tures, les encres et les huiles
de coupe.
Très peu biodégradables, leur
rejet dans l’environnement a
entraîné des phénomènes
de bio-accumulation préoccu-
pants. Son aptitude à se fixer
dans les masses graisseuses
le rend potentiellement dan-
gereux pour la santé humaine,
pouvant entraîner des retards
de croissance, des problèmes
de stérilité, voire des cancers.
Haute-Normandie
La consommation des poissons interdite
en basse Seine
“Lettres d’un pêcheur
de saumons à ses fils”
de Saint
Pierre
Actualités
la gazette
Loire
Salon international
de la mouche artificielle
Le Club de pêche sportive Forez-
Velay, Union des clubs français des
pêcheurs à la mouche – Tradition,
annonce que le 16
Salon interna-
tional de la mouche artificielle
(SA.NA.MA) se teindra à Saint-
Etienne les 21 et 22 février 2009.
L’équipe de bénévoles de l’asso-
ciation ainsi que les collectivités
locales, départementales et
nationales qui soutiennent cet
événement mettent tout en
œuvre pour que cette édition
soit une réussite. Comme les
années précédentes, les organi-
sateurs souhaitent que ce salon
soit très “centré” sur l’aspect
montage des mouches artifi-
cielles, activité “historique” de
ce salon. D’ores et déjà vous pouvez consulter le site
www.sanama2009.org où de nombreuses informations et docu-
ments sont mis en ligne.
Club de pêche sportive Forez-Velay
Maison de la nature, 4, rue Richelandière,
42100 Saint-Etienne.
E-mail : [email protected]
Voici la première traduc-
tion française du classique
d’Alfred Chaytor, les
Lettres
d’un pêcheur de saumons
à ses fils.
Avocat de profes-
sion, Chaytor pêcha le sau-
mon à la mouche essen-
tiellement dans plusieurs
rivières du nord de
l’Angleterre. Il a résumé sa
longue expérience sous
forme de lettres à l’inten-
tion de ses deux fils, sou-
vent rédigées dans le train
qui le ramenait à Londres
après un week-end de
pêche au saumon. Comme
le souligne Hugh Falkus
dans la préface de la dernière édition anglaise, Chaytor était un
remarquable “preneur” de saumons. Ce livre, édité pour la pre-
mière fois en 1910, a connu sept rééditions jusqu’en 1992,
toutes en langue anglaise. Poursuivant sa logique de nous faire
découvrir les plus intéressants livres anglais, Claude Belloir signe
ici une excellente traduction d’un livre d’une incroyable richesse
et qui vaut nombres de parutions actuelles traitant de la pêche
du grand poisson.
Format 160 x 40 mm, 250 pages. Planches couleurs de Yves Petit
et photos originales noir et blanc.
Une édition de tête, composée de 150 exemplaires numérotés,
est proposée au prix de 50 euros (plus 5 euros pour les frais de
port). L’édition ordinaire compte seulement 350 exemplaires, au
prix de 30 euros (plus 5 euros pour les frais de port).
Editions du Trieux, 15, Kerhon, 22200 Pommerit-le-Vicomte.
Tél. : 02 96 21 75 20. www.editionsdutrieux.com
Adieu Jacky Montagnac
C’est avec une profonde émotion que nous avons appris,
cette deuxième quinzaine de septembre 2008, le décès
suite à une terrible maladie de Jacky Montagnac. Nous
avions souligné les talents de ce formidable pêcheur, cette
même année, dans les lignes relatives à l’article
“Mouches
noyées, vive les cannes à deux mains légères”
(numéro de
Pêches sportives
de mars-avril 2008). Il est, avec le talent de
Guy Plas, le père de la fameuse corrézienne (13,1 pieds). Ce
grand homme et grand pêcheur, un des derniers de l’école
limousine, pratiquait avec cette “pelaude” ses rivières favo-
rites telles que la Corrèze, le Mars, le Doustre, la Nive…
Avant le pêcheur, la générosité de Jacky était reconnue de
tous ses amis. Pas une bonne plumée de ses fameux coqs
corréziens sans qu’il m’en adresse dans une enveloppe
quelques exemplaires.
De l’Islande pour le saumon en passant par la Norvège ou
encore la Mongolie pour le Taïmen, c’était un compagnon
de choix pour de tels périples. Jamais fatigué, toujours moti-
vé, même après de longues journées sans poisson qui
bouge, Jacky de par cette extraordinaire motivation au bord
de l’eau était le coéquipier “grande classe”. De même, sa
convivialité était reconnue de tous. Comme a pu l’avancer
Guy Plas durant ses obsèques, nous avons été tous des pri-
vilégiés de pêcher avec lui et nous l’en remercions encore
tous. Nous adressons à toute sa famille et à son gendre
Pilou, son plus proche camarade de pêche, nos plus sin-
cères condoléances.
Meurthe-et-Moselle
Nouvelle saison pour le Moulin Neuf
Proche de la Belgique, du Luxembourg et de l’Allemagne, Le
domaine du Moulin Neuf rouvrira ses portes aux pêcheurs à la
mouche pour la période hivernale dès le 1
er
novembre prochain
jusqu’au 6 mars 2009. Le peuplement sera un peu plus diversifié
que la saison précédente, avec de nombreux saumons de fontai-
ne et truites “gold”, qui accompagneront les arc-en-ciel. La pêche
se déroule essentiellement au chironome et au streamer, avec un
maximum de trois mouches, sans ardillon.
La faible profondeur du plan d’eau d’un hectare (2mètres maxi-
mum) ne nécessite l’emploi des boobies et soies plongeantes
que lorsque l’eau devient très froide, en février. La pêche à vue,
surtout sur les bordures, est possible lorsque la Crusnes qui ali-
mente le réservoir n’est pas en crue. Pour l’animation des
mouches, le maître mot est la lenteur, voire le sur-place, même si
parfois une tirée un peu plus rapide peut décider un poisson
récalcitrant.
A noter qu’à 10 km du domaine du Moulin Neuf coule la Chière,
rivière classée en seconde catégorie et qui a retrouvé une petite
population d’ombres, ce qui peut permettre de faire varier les
plaisirs pour ceux qui veulent profiter un peu plus longtemps du
beau paysage de cet ancien pays minier (il n’y a pas que le
Nord !). A noter que, pendant l’été (du 1
er
mai au 30 septembre),
il sera possible de pêcher la carpe à la mouche de 18h à 22h. Le
prix par demi-journée est de 14 euros, la journée 25 euros et le
coup du soir spécial carpe 12 euros.
Domaine du Moulin Neuf, Pêche et Pisciculture,
54620 Boismont.
Tél./fax: 03 82 89 71 59.
E-mail : [email protected]
www.domainedumoulinneuf.com
La Fête de la pêche à la
mouche de Fleurus, 14
édi-
tion, est la plus grande exposi-
tion de matériel de pêche à la
mouche de Belgique. Les plus
grandes marques y seront
représentées.
La Fête de la pêche à la
mouche aura lieu les 31 jan-
vier 2009 et 1
février 2009
au hall polyvalent du
Vieux-Campinaire, rue de
Wangenies, 6220 Fleurus.
Le salon ouvrira ses portes
gratuitement aux visiteurs.
Parmi les exposants seront
présents : Fédération de
l’Ardèche (Fr), Domaine de
Sommedieue (FR), Comité
départemental du Doubs (Fr),
Fishing in Poland (Pol),
Gobe Trotters (Fr), Grand
Frisson (USA), Iktus (Fr),
Lo Tamaro (E), Le Moulin du
Plain (Fr), Pêche Passion (Irl),
Pêche en Pologne (GRD),
Planet Flyfishing (Fr), Clubs
et fédérations APMC (B),
Centre d’interprétation de la
Rivière(B), Fédération provin-
ciales des pêcheurs du
Hainaut (B), Fédération sporti-
ve des pêcheurs francophones
de Belgique, Maison wallonne
de la pêche (B).
De nombreux guides de
pêche, monteurs profession-
nels de mouches, des maga-
zines, du matériel et des vête-
ments, une brocante toutes
pêches, et la présence d’ani-
mations diverses feront tout
l’intérêt de ce salon réputé.
Un aquarium géant présenté
par la Fédération provinciale
des pêcheurs du Hainaut
fera également partie des
animations.
Renseignements :
www.apmc.be
Belgique
Fête de la pêche
à la mouche 2009
de Charleroi-Fleurus
Eure
Calendrier des compétitions
au lac Générale
Ce réservoir bien connu de la région parisienne nous commu-
nique ses dates de compétitions pour l’année 2009.
Internationaux de France Fly Country Club : dimanche 5 avril.
Journée portes ouvertes : dimanche 29 mars.
Coupe du Générale, épreuve individuelle : dimanche 6 décembre.
Renseignements : http://fly.countryclub.free.fr
Un site Internet pour River2sea
Le site www.river2sea.fr, spécialement dédié à la marque phare
du catalogue Sakura, est désormais en ligne. Au travers d’une
navigation structurée et sans fioriture, vous trouverez la présen-
tation de chaque leurre de la gamme River2sea : les textes des-
criptifs, les photos, les coloris et tailles disponibles, et les vidéos
des nages pour les trois quarts des produits. La rubrique ”News”
vous permettra de suivre les tests de terrain du team Sakura.
Doubs
Quatrième Masters
Pêches sportives
à Goumois
Pour la quatrième année consécutive,
Pêches sportives
l’AAPPMA la Franco-Suisse ont organisé leurs Masters sur le par-
cours no-kill de Goumois, le 23 septembre dernier. Cette ren-
contre amicale fut l’occasion pour les 12 compétiteurs venus de
Suisse et des quatre coins de France de pêcher dans de très
bonnes conditions hydrologiques (niveau bas, eaux très claires),
en dépit d’un vent du nord farceur. Quasiment tous les pêcheurs
ont pris des poissons (essentiellement des ombres). Vincent Roy
remporte cette édition (déjà vainqueur il y a deux ans) devant
Philippe Boisson qui, sur six poissons, compte deux centimètres
de moins…
André Triboulet, président de l’AAPPMA la Franco-Suisse, a quant
à lui rappelé les enjeux et les problèmes rencontrés sur cette
merveilleuse rivière, parmi les plus belles d’Europe : la sauve-
garde de la truite et de l’ombre sauvage, la création prochaine
d’un parc naturel régional où les pêcheurs devront faire entendre
leur voix, l’augmentation du débit réservé du Refrain en cours,
mais aussi la fréquentation du parcours par les pêcheurs, en bais-
se cette année. Il semblerait que les pêcheurs du Doubs, déçus
par les niveaux d’eau restés
très hauts l’an passé, aient
confondu, non pas vitesse et
précipitations mais lâchers de
barrages et précipitations.
Petit rappel : l’année 2007 fut
la plus pluvieuse depuis plus
de soixante ans et si, sur
le Doubs, nous avons peu
pêché, ce fut pire sur la Loue,
en crue de la fin avril au
30août.
Pourtant la Loue ne com-
prend aucun barrage compa-
rable à ceux du Doubs. En
substance, le discours pro-
noncé par le président Triboulet était aussi un appel aux
pêcheurs, car le risque de privatisation du parcours est bien réel
et deviendra même inévitable si la chute des ventes de cartes
continue. Le Doubs est en quelque sorte un sanctuaire, remar-
quablement bien peuplé en truites et en ombres aux alentours
de Goumois, un parcours comme il en existe de moins en moins
en Europe.
C’est aux pêcheurs de choisir s’ils veulent soutenir cette AAPPMA
très dynamique, et profiter encore longtemps d’un grand par-
cours public de qualité, ou s’ils veulent quitter le navire pour aller
trouver ailleurs une pêche plus facile et artificielle. Il est très facile
de contenter tout le monde en déversant des poissons d’élevage
dans un cours d’eau. Pour le Doubs, il s’agit juste d’un crime
contre l’environnement.
Ont participé à cette édition : Pascal Pradier, Claude Gatti (Gatti
Fishing Tours), Stéphane Nicars, Jean-Luc Roulé, Michel Flénet,
Philippe Boisson, Yann Giulio (Starbaits), Gérard Cromelacher,
Thierry Cristen, Pierre-Emmanuel Aubry, Vincent Roy, Vincent Lalu.
Philippe Boisson
de Saint
Pierre
Actualités
la gazette
International
Jean-Pierre Coudoux et compagnie
L’un des plus anciens guides de pêche français (eh oui ! le temps
passe…), Jean-Pierre Coudoux, vient de mettre en ligne un superbe
site Internet, à l’image de son travail. Guide de pêche international, il
s’est constitué en compagnie, sur le modèle des guides montagnards,
avec Grégoire Ribet et Cyril de Grégorio. Dix pays sont présentés et
même un onzième, le nôtre, car Jean-Pierre n’oublie pas sa chère
Dordogne pour des stages de pêche à la mouche pour tous niveaux.
www.lacompagnie-jpcoudoux.com
Bouche-du-Rhône
Place au bambou refendu à Miramas
La maison des jeunes et de la lecture organise, les 15 et 16
novembre, une rencontre de fabricants de cannes en bambou
refendu. Les personnes qui désirent y assister doivent s’adresser à :
Monsieur Pierre Perrot, 227 les demeures de Molière
13140 Miramas. Tél.: 04 90 58 44 33.
E-mail : [email protected]
Haute-Savoie
Réouverture du réservoir des Pérouses
Le réservoir des Pérouses, géré par l’AAPPMA de l’Albanais, a
rouvert depuis le 13 octobre, soit le lendemain de la fermeture
rivièreen Haute-Savoie. Petit réservoir de proximité très agréable
situé en bordure du Chéran à Rumilly (74, sortie autoroute A41
à Alby/Chéran), l’endroit ne manque pas de charme et saura
vous faire vivre un moment de pêche à la mouche. Bien peuplé
en truites arc-en-ciel acclimatées dont le poids varie de 800 g à
3 kg, il permet de pratiquer en toute quiétude la pêche à la
mouche pendant l’hiver.
Les tarifs sont de : 25 euros la journée avec 1 poisson, 20 euros
la demi-journée avec 1 poisson, 15 euros la journée en no-kill,
10 euros la journée en no-kill pour les moins de 16 ans et les
étudiants.
A noter : la possibilité de faire le coup du soir (à partir de 16h) en
no-kill pour 8 euros.
N’hésitez pas à contacter l’AAPPMA de l’Albanais pour les réser-
vations (obligatoires pour les samedi et dimanche) et les rensei-
gnements !
Tél. : 04 50 52 11 07. E-mail: [email protected]
Pêche des carnassiers
La pêche moderne des carnassiers n’a cessé de faire de nouveaux adeptes ces dernières
années, car elle est devenue plus sportive et aussi plus technique. L’engouement pour les car-
nassiers – brochet, black-bass, perche, sandre – s’est accompagné d’un renouvellement des
techniques halieutiques et d’une évolution du matériel (les leurres par exemple). Pour les
débutants comme pour les pêcheurs plus confirmés, il n’est pas toujours facile de s’y retrou-
ver. Cet ouvrage, rédigé par Pascal Durantel, répondra à leurs questions en leur offrant un
panorama complet des poissons, du matériel et des techniques. Artémis Editions.
Ce livre de 120 pages qui fait la part belle aux illustrations (plus de 150) est vendu au
prix de 22 euros. ISBN : 978-2-84416-657-9
Perversion
Lu sur un site Internet de “mouchistes” réputé pour sa logique écologique, à propos de l’ouverture de la pêche en no-kill sur le lac
de Charpal en Lozère :
« Oui, c’est ouvert depuis qques temps. Il s’est fait des pêches monstrueuses de brochets
ce printemps. Nokill aussi à cause de la pollution au mercure. Sinon, ça ne serait pas en
nokill. Mais bonne nouvelle. Vive le nokill. » Fred (
s Freddie Mercury, c’est du lourd !
Auvergne
Le Carrefour
national Pêche
& Loisirs a 20 ans
Ce grand salon qui se déroule
chaque année à Cournon-
d’Auvergne rencontre toujours
un grand succès. Il fêtera ses
20 ans en mars 2009. Cet évé-
nement, en cours de prépara-
tion, sera l’occasion de mettre
en avant tout un panel d’activi-
tés liées à la pêche, au nautisme
et à l’eau. L’édition 2009 se
déroulera les 16, 17 et 18 jan-
vier, toujours à la Grande Halle
d’Auvergne à Clermont-Ferrand.
Outre les fabricants et distribu-
teurs de matériel de pêche, les
fédérations de pêche et les
associations halieutiques, vous
retrouverez aussi des agences
de voyages, des guides de
pêche, des barques et bateaux,
des comités régionaux et dépar-
tementaux de tourisme et bien
d’autres exposants. Des anima-
tions ludiques, conviviales et
accessibles à tout public, per-
mettent de découvrir la pêche,
la nature et l’eau. Ce salon
généraliste très complet permet
de découvrir les nouveautés de
l’année. Les plus grandes
marques sont toujours pré-
sentes : Sakura, Illex, JMC,
Devaux, Daïwa, Garbolino,
Pezon & Michel, Lucky-Craft,
Smith, Marrayt…
acquis par équipe aux USA l’an
passé. Pendant l’entraînement,
la pêche, principalement en
sèche et à la nymphe à vue ou
“au fil”, convenait bien à
l’équipe, encadrée par Jan
Astier et Jean-Michel Gillion, la
sélection ayant eu lieu sur les
truites et les ombres du Guiers
(Isère) où la pêche avait été très
fine. Dès les premières rota-
tions sur les cinq secteurs des
rivières, Alva (parties amont et
aval), Ceira (parties amont et
aval) et le Mondégo, situés
dans le centre du Portugal, nos
cinq jeunes compétiteurs (Fred,
Jérémy, Alexis, Bastien et Jo)
prennent la tête de la compéti-
tion devant les Slovaques et les
Américains. Ils ne la lâcheront
plus jusqu’au final, laissant la
deuxième place à la Slovaquie
et la médaille de bronze aux
Espagnols. La joie fut complète
grâce à Jo Letexier qui, après
son frère Fred l’an passé aux
USA, gagne le titre suprême en
individuel.
Nos lecteurs connaissent les
deux frères à travers le
“Carnet
du pêcheur”
qui leur était
consacré dans notre n° 71. Il
est en revanche dommage de
signaler que 32 pays avaient été
invités, et que seulement huit
fédérations, venues de loin
pour certaines (USA, Afrique du
Sud), ont été motivées pour
envoyer leurs plus jeunes
pêcheurs à ces championnats. Il
est aussi désespérant de voir le
peu de retour de la part des
médias nationaux pour relater
ce type d’information. Pourtant,
la
Marseillaise
a été chantée au
Portugal comme à Pékin à la
même époque…
C’est en août dernier, trois ans
après leurs aînés, que les
jeunes moucheurs venus de
huit nations se sont retrouvés
sur les rivières portugaises pour
essayer de conserver le titre
Championnat du monde Junior 2008
au Portugal : la France, encore !
de Saint
Pierre
Actualités
la gazette
de Saint
Pierre
Actualités
la gazette
La loi sur l’eau et les milieux aquatiques du 30 décembre 2006 a
modifié fondamentalement le mode de fonctionnement du monde
associatif de la pêche en France. Elle a institué une Fédération natio-
nale de la pêche en France et de la protection du milieu aquatique
(FNPF) en lieu et place de l’Union nationale pour la pêche en France
(UNPF), et surtout l’a dotée d’un budget conséquent, perçu auprès
des pêcheurs de base adhérents des AAPPMA à la place de la taxe
piscicole.
Article L434-5 du code de l’environnement (extraits)
“Une Fédération nationale de la pêche et de la protection du milieu
aquatique regroupe les fédérations départementales et interdépar-
tementales des associations agréées de pêche et de protection du
milieu aquatique pour assurer leur représentation au niveau natio-
nal et coordonner leurs actions. Elle a le caractère d’un établisse-
ment d’utilité publique.
Elle est chargée de la promotion et de la défense de la pêche de loi-
sir aux lignes, aux engins et aux filets. Elle participe à la protection
et à la gestion durable du milieu aquatique et contribue, notam-
ment financièrement, à des actions de gestion équilibrée, de pro-
tection et de surveillance du patrimoine piscicole, ainsi qu’à des
actions de formation et d’éducation à l’environnement.” […]
La Fédération nationale de la pêche et de la protection du milieu
aquatique perçoit des cotisations versées par les fédérations adhé-
rentes proportionnellement au nombre des pêcheurs adhérant aux
associations que ces dernières regroupent. Elle assure une péré-
quation entre ces fédérations en fonction de leurs ressources, de
leurs charges et de leurs activités de service public.”
Le budget de la Fédération nationale s’élève à environ 20 millions
d’euros et est réparti, notamment pour 60 %, dans l’aide à l’emploi
dans les fédérations départementales, 25 % dans les actions des
fédérations départementales, le soutien aux associations migra-
teurs, aux actions européennes, 10 % dans le financement de la
gestion de la FNPF.
Cette Fédération nationale redistribue cet argent sur divers pro-
grammes d’actions en effectuant une péréquation entre les fédéra-
tions départementales. Ce budget permet surtout de financer des
postes de techniciens (agents de développement et chargés de mis-
sion) au sein des fédérations départementales. Ces nouveaux per-
sonnels, diplômés, salariés des structures, ont pu, selon les dépar-
tements, constituer les premiers techniciens embauchés ou renfor-
cer des effectifs déjà en place. Le dispositif a permis de pérenniser
des postes dans les fédérations les plus en avance. Ces salariés
amènent de la technicité (en atteste la richesse du programme des
Journées nationales d’échanges techniques de la FNPF de Saint-
Malo, l’an dernier, et de Périgueux, cette année) et déchargent leurs
élus de certaines missions auxquelles ils n’étaient pas formés. Ils
sont en train d’engager une gestion plus réfléchie et globale des
milieux aquatiques, de mettre en place des produits pêche plus
adaptés à l’évolution des modes de consommation des loisirs et
commencent à former de nouveaux pêcheurs à la pêche et à l’envi-
ronnement. Leur appui et la pédagogie, qu’ils pourront distiller
auprès des AAPPMA, ne peuvent que faire évoluer la situation posi-
tivement. Les fédérations, par le soutien qu’elles devraient progres-
sivement apporter à leurs associations, grâce à ces techniciens,
devraient pouvoir obtenir progressivement plus d’elles en matière
de gestion des milieux, de réciprocité, etc.
La mutation que devrait connaître la pêche associative en se “pro-
fessionnalisant” est un réel espoir.
Changements de statuts et renouvellement des mandats
Les associations agréées devaient changer leurs statuts avant le
15 octobre 2008 (arrêté du 27 juin 2008). L’alinéa 3 de l’article 6
des nouveaux statuts est un des principaux changements :
“D’élaborer et de mettre en œuvre un plan de gestion piscicole pré-
voyant les mesures et interventions techniques de surveillance, de
protection, d’amélioration et d’exploitation équilibrée des res-
sources piscicoles de ses droits de pêche. Ce plan doit être compa-
Renouvellement des mandats au sein
des AAPPMA et des fédérations départementales,
des places sont à prendre…
Un changement fondamental dans l’organisation de la pêche en France a eu lieu le 30 décembre 2006 avec
l’adoption de la nouvelle loi sur l’eau et les milieux aquatiques. C’est la possibilité pour les AAPPMA d’avoir plus
de moyens techniques et financiers pour gérer les milieux naturels. Et les élections approchent…
Par Philippe Collet
tible avec le plan départemental de protection des milieux aqua-
tiques et de gestion des ressources piscicoles, conformément à l’ar-
ticle R. 434-30 du code de l’environnement”. Il instaure en effet une
réelle obligation de gestion piscicole concertée.
Les fédérations doivent elles aussi adopter de nouveaux statuts
(arrêté du 17 juillet 2008) avant la fin de l’année.
Le renouvellement des conseils d’administration des AAPPMA doit
avoir lieu cet hiver, leur mandat commençant au 1
janvier 2009.
Celui des fédérations départementales, au printemps, avant le
avril.
Des places sont à prendre dans ces conseils d’administrations. Les
fédérations ont maintenant un certain nombre de moyens, cités
plus haut (embauche d’ingénieurs et de techniciens, financement
d’actions…), et des objectifs à tenir notamment en matière de ges-
tion des milieux et de développement de la pêche. C’est le moment
de s’engager pour jouer un rôle dans une politique de renouveau
de la pêche associative.
La cotisation payée par le pêcheur prévoit une part pour l’AAPPMA,
une part pour la fédération départementale, une part pour la fédé-
ration nationale : la cotisation pêche et milieu aquatique ou CPMA,
qui s’élève à 19,20 euros en 2008. Elle englobe aussi une rede-
vance protection du milieu aquatique versé à l’Agence de l’eau
s’élevant à 8,80 euros pour une carte annuelle personne majeure
en 2008. Notons au passage que la pêche est la seule activité de
loisir à verser une redevance aux agences. Les parts des AAPPMA et
fédérations départementales sont prélevées par chaque structure
avant rétrocession du solde à l’échelon supérieur. Le budget
remontant à l’échelon national est suffisant pour que ce dernier
puisse assurer son fonctionnement et qu’il applique sa politique en
rétrocédant un financement aux fédérations départementales.
Il y a un grand intérêt, à tous les niveaux, à engager des actions des-
tinées à remonter les effectifs de la pêche de loisirs. Une politique
globale est maintenant envisageable pour atteindre ce but du fait
de ce nouveau “pouvoir” donné aux instances nationales et
départementales.
Le système associatif qui gère la pêche en France donne la possibilité à
chacun de s’investir dans son AAPPMA. C’est une chance, qu’il faut saisir !
L’espèce qui colonise nos
lagunes, lacs, étangs et cours
d’eau métropolitains est
l’Anguille européenne,
Anguilla
anguilla.
L’ancêtre préhisto-
rique de l’anguille est apparu il
y a une centaine de millions
d’années. A l’image du premier
salmonidé (cf.
Pêches sportives
n° 74) et au fur et à mesure de
la dérive des continents, ce
groupe s’est diversifié pour
atteindre aujourd’hui une ving-
taine d’espèces, qui peuvent
être séparées en deux
ensembles : les anguilles de
l’Atlantique et celles du
Pacifique. Ce dernier groupe
est le plus riche. En France
d’outre-mer, près de dix
espèces différentes peuvent
être observées : en Polynésie
A. megastoma, A. obscura
), à
la Réunion (
A. marmorata
) ou
salée, et thalassotoques, qui
ont donc une reproduction
ayant lieu en mer et une crois-
sance en eau douce, à l’inverse
des saumons.
Il n’y a qu’à peine un siècle que
le lieu de ponte des anguilles
de l’Atlantique a été localisé
par Schmidt (1922), dans la
mer des Sargasses. De plus,
aucune anguille sexuellement
mature n’a encore été capturée
encore en Nouvelle-Calédonie
A. mossambica, A. australis
australis, A. australis australis
schmidti, A. reinhardtii
Un cycle de vie partiellement
inconnu
Toutes les anguilles sont des
poissons migrateurs dits
amphihalins, c’est-à-dire qu’ils
sont capables de vivre alterna-
tivement en eau douce et eau
Autrefois très répandue dans les rivières et les plans d’eau, l’anguille est en déclin depuis maintenant plus de
deux décennies. Les causes de la régression de cette espèce au cycle de vie extraordinaire sont multiples et
difficiles à appréhender dans leur globalité. Pour tenter d’enrayer cette tendance, un plan de gestion de l’anguille,
d’initiative européenne, a été lancé et un cortège de mesures pour sa restauration se met en place. Voyons
tout cela plus en détail…
Par Sylvain Richard et Guy Périat
L’Anguille européenne : une espèce en danger
L’écho du
radier
Actualités
Écologie
dans le milieu naturel…
Beaucoup de mystère entoure
ainsi la reproduction de l’an-
guille ! Toutefois, nous savons
que, pour déclencher la matu-
ration sexuelle de l’espèce, de
fortes pressions et une tempé-
rature de l’eau de plus de 17 °C
sont nécessaires. Or, ces condi-
tions environnementales parti-
culières ne sont réunies que
dans la mer des Sargasses,
dans l’Atlantique, au large des
Caraïbes.
Après la reproduction de
l’Anguille européenne, les œufs
fécondés donnent naissance à
des larves aplaties latérale-
ment, ressemblant à une
feuille de saule, qui remontent
à la surface et sont appelées
leptocéphales. Incapables de
nager, elles se laissent alors
porter par les courants du Gulf
Stream, qui arrosent les côtes
européennes : de Gibraltar et
la Méditerranée jusqu’aux pays
scandinaves, en passant par le
littoral français. La durée réelle
de cette migration au gré des
courants reste un sujet de dis-
corde au sein du monde scien-
tifique et elle est estimée entre
un et trois ans.
Des civelles, des anguilles
jaunes et des anguilles
argentées
Arrivées au niveau du talus
continental, les leptocéphales
se métamorphosent en civelles
transparentes. Elles deviennent
ainsi cylindriques, ne s’alimen-
tent plus et se dirigent vers les
estuaires : la première phase
marine de l’espèce s’achève ici !
Portées au départ par les
marées, elles entament alors
une migration active, qui leur
permet de remonter progressi-
vement les cours d’eau en
nageant contre les courants. Au
bout de quelques semaines,
les civelles se pigmentent, se
transforment physiologiquement
Des expériences en laboratoire ont
permis de déclencher la maturation
sexuelle en augmentant la pression
hydrostatique, mais cela n’a encore
pas pu être vérifié dans le milieu
naturel. L’ultime phase du cycle de
vie de l’anguille, la reproduction,
reste bel et bien une énigme !
A gauche: une civelle, stade
intermédiaire entre la larve
leptocéphale et l’anguille jeune.
et atteignent le stade non
sexué d’anguillettes, qui leur
permet de poursuivre leur
migration et leur croissance en
eau douce. Certaines resteront
en zone littorale, tandis que
d’autres atteindront la tête des
bassins versants.
Au bout de quelque temps,
l’anguillette va développer ses
attributs sexuels et se sédenta-
riser au sein du réseau hydro-
graphique continental : elle
devient alors anguille jaune, en
référence à la couleur domi-
nante de ses flancs. Cette
période de croissance peut
durer de huit à douze ans pour
les mâles et de douze à dix-
huit ans pour les femelles.
Durant cette période de vie
dulcicole, les anguilles occu-
pent des milieux et des habi-
tats très variés. Des secteurs de
plaine calmes aux rivières
tumultueuses, c’est une espèce
ubiquiste capable de s’adapter
à tout un panel de situations.
A la fin de sa croissance en
eaux douces, de nouveaux
changements morphologiques,
anatomiques et physiologiques
interviennent : la peau s’épais-
sit, le ventre devient argenté
alors que le dos et les flancs
noircissent, les nageoires pec-
torales s’allongent, les yeux
grossissent et l’appareil digestif
se rétracte. L’anguille, appelée
alors anguille argentée, est
prête pour dévaler le cours
d’eau, souvent au gré des crues
d’automne, regagner la mer et
aller se reproduire sur le lieu
qui l’a vu naître : la mer des
Sargasses !
Si l’on a pu suivre des anguilles
argentées sur le bord du talus
continental, il faut reconnaître
qu’aucune information sur ce
qui se passe après n’est dispo-
nible… Certes, des expériences
en laboratoire ont permis de
déclencher la maturation
sexuelle en augmentant la pres-
sion hydrostatique, mais cela n’a
encore pas pu être vérifié dans le
milieu naturel. L’ultime phase du
cycle de vie de l’anguille, la
reproduction, reste bel et bien
une énigme !
Une régression drastique sans
équivoque
Historiquement, la distribution
de l’anguille était très étendue.
Les densités les plus fortes
étaient logiquement rencontrées
dans les secteurs les plus
proches de la mer. La colonisa-
tion vers les parties les plus
amont des bassins était loin
d’être anecdotique : en dehors
des zones de montagne, natu-
rellement inaccessibles, l’an-
guille était présente dans l’en-
semble de nos lacs et cours
d’eau. A tel point que la
réglementation de la pêche l’a
considérée comme nuisible
jusqu’en 1985, et des pêches
de destruction étaient carré-
ment organisées afin de tenter
d’éradiquer ce funeste ogre de
nos rivières !
Si l’on avait su à l’époque…
Aujourd’hui, la régression,
voire la raréfaction, de tous les
stades de développement de
l’espèce inquiète, tant du côté
de la communauté scientifique
que de celui des pêcheurs
professionnels.
Ainsi, un certain nombre de
rapports du Conseil internatio-
nal pour l’exploitation de la
mer (CIEM) ou encore de la
Commission
européenne
consultative pour les pêches
dans les eaux intérieures
(CECPI) mettent en évidence
une diminution drastique des
captures d’anguilles par les
exploitants professionnels. A
l’échelle du continent euro-
péen, le niveau de recrute-
ment, estimé à travers la bio-
masse en civelles, est passé à
partir des années 2000 en des-
sous des 5 % du niveau histo-
rique. De même, les captures
d’anguilles par les profession-
nels ont diminué de manière
Si l’on a pu suivre des anguilles argentées sur le bord du talus
continental, il faut reconnaître qu’aucune information sur ce qui
se passe après n’est disponible… L’ultime phase du cycle de vie
de l’anguille, la reproduction, reste bel et bien une énigme !
L’écho du
radier
Actualités
Écologie
continue depuis les années
1960 et sont actuellement en
dessous de 25 % de leur
niveau historique.
La situation est donc alar-
mante! En outre, l’anguille n’a
pas de statut de protection
réglementaire. Tout au plus elle
est classée comme espèce vul-
nérable depuis 1992 dans le
Livre rouge des espèces mena-
cées en France.
Très récem-
ment toutefois, l’espèce a été
inscrite à l’annexe II de la CITES
(Convention sur le commerce
international des espèces de
faune et de flore menacées
d’extinction), qui entrera en
vigueur en mars 2009. Son
commerce devra ainsi néces-
sairement être strictement
réglementé afin d’assurer son
exploitation durable.
Des causes diverses et
variées expliquent le déclin
de l’espèce
Chaque stade de développe-
ment de l’anguille est particu-
lier. L’espèce est ainsi sensible
à toute une série de pressions
différentes, dont les effets se
cumulent au fur et à mesure de
son développement. A terme,
la réduction des stocks de
géniteurs ne permettra plus
d’assurer un niveau de recrute-
ment nécessaire au remplace-
ment des générations. La
pérennité de l’espèce peut
donc être remise en cause…
Etablir la liste exhaustive des
problèmes rencontrés par
l’anguille étant impossible,
concentrons-nous de préférence
sur les perturbations les plus
évidentes et les plus couram-
ment citées.
Les obstacles
à la migration
Les obstacles à la migration
que sont les barrages, seuils et
autres ouvrages transversaux,
sont considérés comme un fac-
teur important de la fragilisa-
tion de l’espèce. En effet, en
bloquant la migration d’amon-
taison, ils empêchent l’accès
aux zones de grossissement et
réduisent au final les stocks de
géniteurs à l’échelle des bas-
sins versants. Parallèlement, les
ouvrages hydroélectriques per-
turbent également la dévalai-
son, en causant une mortalité
Chaque stade de développement de
l’anguille est particulier. L’espèce est
ainsi sensible à toute une série de
pressions différentes, dont les effets
se cumulent au fur et à mesure de
son développement. A terme, la
réduction des stocks de géniteurs ne
permettra plus d’assurer un niveau
de recrutement nécessaire au
remplacement des générations.
La pérennité de l’espèce peut donc
être remise en cause…Barrages et
anguilles ne font pas bon ménage !
L’écho du
radier
Actualités
Écologie
plus ou moins importante lors
du passage dans les turbines.
Compte tenu de la densité très
importante d’ouvrages trans-
versaux sur le territoire natio-
nal,
a minima
50 000 ouvrages
principaux recensés récem-
ment par l’Office national de
l’eau et des milieux aqua-
tiques, leurs effets doivent se
mesurer en cumulant les
impacts de chacun d’eux à
l’échelle d’un axe fluvial. En
effet, par exemple, si unitaire-
ment une centrale hydroélec-
trique engendre un taux de
mortalité dans les turbines à la
dévalaison de l’ordre de 5 à 10
%, la succession de plusieurs
centrales entraîne une addition
des mortalités, qui au final se
révèlent très importantes et
réduisent de manière drastique
la quantité de géniteurs d’un
bassin susceptibles de retour-
ner en mer se reproduire.
En plus du problème de l’ac-
cès, celui de la destruction
même des habitats de l’an-
guille est également un facteur
important de fragilisation de
l’espèce. L’assèchement des
zones humides, la décon-
nexion des systèmes latéraux,
l’endiguement des cours d’eau
participent ainsi à détruire les
milieux de vie privilégiés de
l’espèce…
Les maladies et épidémies
Parmi les nombreux parasites
susceptibles de contaminer
l’anguille, le plus virulent est
sans aucun doute le nématode
Anguillicola crassus
, originaire
du Sud-Est asiatique et de
l’Australie. Ce parasite hémato-
phage se rencontre dans la
vessie natatoire de l’anguille,
son hôte définitif. Ses effets
pathogènes peuvent être
directs, en provoquant des
lésions et une altération pro-
gressive de cet organe, ou
encore indirects, en diminuant
l’endurance et le niveau de
résistance de l’individu, qui
devient alors plus vulnérable
aux autres pressions environ-
nementales. Au final, les
anguilles argentées fortement
infestées par ce parasite n’ont
aucune chance d’atteindre leur
lieu de ponte…
Le virus dit Evex, apparu pour
la première fois en 1977, est
également reconnu comme
pouvant significativement
affecter la migration de l’an-
guille. Ce virus provoque des
hémorragies et des anémies
sur tous les stades de l’an-
guille, diminuant alors les
capacités de nage. En France,
cette virologie a été observée
sur les civelles de l’estuaire de
Des “passes” à anguilles ont été développées pour leur permettre de passer
les barrages. Le système du “balai-brosse” semble être le plus efficace.
Mais les obstacles ne sont pas les seuls dangers pour l’anguille européenne.
Les micropolluants, tels métaux lourds, pesticides, hydrocarbures, etc.,
rencontrés et accumulés dans l’eau et les sédiments des écosystèmes
aquatiques sont un facteur important de régression de l’anguille.
la Loire au début des années
1980, puis récemment sur les
civelles de Méditerranée.
Cependant, il n’a encore jamais
été observé sur des anguilles
jaunes ou argentées.
Les polluants toxiques
Les micropolluants, tels
métaux lourds, pesticides,
hydrocarbures, etc., rencontrés
et accumulés dans l’eau et les
sédiments des écosystèmes
aquatiques sont un facteur
important de régression de
l’anguille. En effet, les traits de
vie de l’espèce la rendent par-
ticulièrement vulnérable à ces
pollutions : position élevée
dans les chaînes alimentaires,
accumulation de beaucoup de
graisses, longue durée de vie à
reproduction unique. Certaines
substances, comme les pesti-
cides neurotoxiques et les sub-
stances chimiques, agissent de
manière directe sur sa physio-
logie. Par exemple, le lindane,
les dioxines ou certains PCB
perturbent le fonctionnement
de la glande thyroïdienne,
impliquée dans le stockage des
lipides. Les PCB perturbent
également le système neuro-
nal, pouvant induire des
troubles comportementaux. De
graves altérations hépatocy-
taires et branchiales ont été
observées expérimentalement
après une exposition des
anguilles à l’atrazine et au
cadmium.
Enfin, récemment, des cher-
cheurs hollandais ont mis en
évidence l’effet direct des com-
posés de type dioxines
(PCB…) sur le développement
embryonnaire et la survie des
embryons d’anguille, et ce
pour des teneurs près de trois
fois inférieures aux normes de
consommation de l’OMS… ! Par
ailleurs, on peut observer une
Bien des mystères subsistent autour
de l’Anguille européenne, une
espèce menacée autant par
la pollution, les obstacles le long des
cours d’eau que par la surpêche.
Le récent plan de sauvetage engagé
par l’Etat français est, de l’avis de
l’Union nationale pour la pêche en
France, insuffisant pour prétendre
sauver l’espèce (voir nos actualités
dans ce numéro).
corrélation étrange entre les
émissions de PCB dans l’envi-
ronnement et le déclin du
stock d’anguille !
L’exploitation des stocks
L’anguille est exploitée à tous
ses stades biologiques conti-
nentaux pour la pêche profes-
sionnelle, mais également
pour la pêche de loisir. Ces
activités de pêcherie, aux ren-
dements estimés à 100 tonnes
de civelles et plus de
800tonnes aux autres stades
en France, ont une influence
sur la variabilité des stocks
d’anguilles et constituent donc
également un facteur potentiel
supplémentaire de fragilisation
de l’espèce.
A noter qu’en France la pêche
de la civelle ou pibale est inter-
dite en Méditerranée. En ajou-
tant que le prix de ce
mets exquis peut atteindre
500 euros le kilogramme.
Attirant toute la convoitise du
braconnage !
Un plan de sauvegarde
de l’Anguille européenne
La communauté scientifique,
regroupée notamment au sein
du Groupe d’intérêt scienti-
fique pour les migrateurs
amphihalins (GRISAM), a tiré la
sonnette d’alarme.
Le Conseil des ministres de
l’Union européenne, sur propo-
sition de la Commission euro-
péenne, a voté en septembre
2007 un règlement instituant
des mesures de reconstitution
du stock d’anguilles à l’échelle
européenne, qui correspond à
l’aire de répartition de l’espèce.
Ce règlement impose aux Etats
membres d’élaborer un plan
de gestion qui entrera en
vigueur en 2009. Dans le détail,
un état des lieux des popula-
tions d’anguilles par grands
bassins hydrographiques et des
dysfonctionnements rencon-
trés (prélèvements, obstacles à
la migration, pollutions
diverses…) devra être réalisé
pour aboutir à un plan d’ac-
tions regroupant des mesures
de gestion et de restauration à
mettre en œuvre sur une pério-
de de six ans renouvelable. Ces
mesures devront permettre
d’augmenter la biomasse de
géniteurs retournant en mer
pour se reproduire. Nous pos-
séderons alors les outils d’une
gestion durable du stock
d’Anguille européenne. A cha-
cun de faire le nécessaire pour
qu’elle ne nous file pas défini-
tivement entre les doigts…
Le Conseil des ministres de l’Union européenne, sur proposition
de la Commission européenne, a voté en septembre 2007 un
règlement instituant des mesures de reconstitution du stock
d’anguilles à l’échelle européenne, qui correspond à l’aire de
répartition de l’espèce.
Originaire du Sud-Est asiatique
et de l’Australie,
Anguillicola crassus
est un parasite hématophage qui se
rencontre dans la vessie natatoire de
l’anguille, son hôte définitif. Les
anguilles argentées fortement infestées
par ce parasite n’ont aucune chance
d’atteindre leur lieu de ponte…
L’écho du
radier
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La leçon de pêche n° 8
1.
Pêche de la truite au streamer
en rivière avec Yann Caléri
sur l’Isère.
2.
Montage d’un streamer en lapin
pour la pêche en rivière.
3.
Pêche à la verticale avec Wim
Van de Velde au Domaine
de la Vallée.
La leçon de pêche n° 9
Pêche à la nymphe “au fil”
avec Yann Caléri.
2.
Les stickbaits : conception,
animation et utilisation
avec Alban Choinier.
La leçon de pêche n° 10
1.
Pêche “a vue” au sondeur en
verticale avec Frédéric Jullian.
2.
Technique de lancer en double
traction avec Pierre-Emmanuel
Aubry.
La leçon de pêche n° 11
1.
Pêche à la mouche en forêt.
Montage d’une mouche
spéciale sous bois avec
Philippe et Maxime Collet.
2.
Les “soft swim baits”, modèles,
montages, animations,
applications, avec Philippe Collet.
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La première collection
didactique avec les
meilleurs spécialistes
Cette collection se veut parfaitement complémentaire
des articles consacrés aux techniques de pêche publiés
dans nos pages. Ces DVD, d’une durée d’environ
52 mn, sont produits exclusivement par et pour
Pêches
sportives
, ce qui nous autorise une liberté totale dans
le choix de nos intervenants et des messages que nous
souhaitons mettre en avant. Vous y découvrirez la
pratique des dif-férentes techniques de pêche à la
mouche et aux leurres expliquée par les meilleurs
spécialistes, les conseils techniques, astuces, ainsi que
des ateliers montage de mouches et des tech-niques
de pêche aux leurres étape par étape.
Une excellente façon de progresser à votre rythme, car
ces vidéos sont conçues pour des pêcheurs de tous
niveaux.
e nombreux pêcheurs
pratiquent debout
dans les barques.
Dans cette position,
ils sont plus à leur
aise pour lancer. Ils oublient toute-
fois qu’ils alertent beaucoup plus
de poissons qu’en position assise
car leur silhouette se découpe plus
haut dans le ciel. Ils pêchent
debout pour lancer plus loin, mais
doivent lancer plus loin parce
qu’ils sont debout ! En pêchant
debout ils prennent le risque de
tomber plus facilement à l’eau sur
un déséquilibre, surtout si la
barque est petite ou instable et que
le collègue de pêche est peu atten-
tif et bouge de façon brusque.
Il est tout à fait possible de lancer
assis, il faut simplement ne pas être
trop bas. Or, sur les bancs de la
plupart des barques du commerce
on a les genoux plus hauts que le
La pêche
à la mouche
en barque
La pêche à la mouche en bateau offre de nombreux avantages : approche
discrète des postes, dégagement arrière lors des lancers, prospection de
grandes étendues d’eau, présentation optimale des mouches, etc. Dans les
réservoirs qui proposent la location de barques, de nombreux pêcheurs sont
des inconditionnels de cette pêche. Ils apprécient le confort qu’elle pro-
cure, surtout quand un moteur électrique remplace la paire de rames.
Pour autant, beaucoup d’entre nous sous-estiment ce fabuleux outil.
Un petit point sur le sujet ne semble pas inutile.
Par Philippe Collet
Matériel
Méthode
Expertise
Comment
Pêcher
bassin, position plutôt inconfor-
table et peu propice à de bons lan-
cers. Ces bancs bas incitent à se
lever régulièrement pour se
dégourdir les jambes, ne permet-
tent aucun rangement en dessous
et compliquent la progression dans
le bateau puisque les affaires sont
rangées à côté, occupant l’espace
disponible pour les pieds.
Fabriquer son banc
Pour remédier à cela, le plus simple
est retirer les bancs d’origine et
d’utiliser des bancs maison, que
l’on pose en travers du bateau,
appuyés sur les plats bords, en s’as-
seyant à califourchon dessus. Cette
solution est d’après moi la plus
simple, la moins onéreuse et la
plus efficace. Ces bancs peuvent
être glissés où l’on veut vers l’avant
ou l’arrière pour régler l’assiette du
bateau ou l’écart entre les deux
pêcheurs. Ils sont faciles à réaliser
pour moins de 10 euros de maté-
riaux. Il suffit de couper une
planche d’environ 20 cm de large
pour 2,5ou 3 cm d’épaisseur sur
une longueur légèrement supérieu-
re à la largeur du bateau, d’y fixer à
chaque extrémité, à l’aide de deux
ou trois vis, un petit morceau de
tasseau d’un centimètre de côté
dans le sens de la largeur pour for-
mer une butée et éviter que la
planche ne glisse du bord du
bateau. Un petit coup de ponçage
voire de vernis, si l’on veut faire
luxueux, et le tour est joué. Ces
petites butées sont indispensables.
Sur une simple planche le pêcheur
finira tôt ou tard les quatre fers en
l’air en ayant voulu avancer ou
reculer sans vraiment en décoller
ses fesses (croyez-en mon expé-
rience !). Lors de ma première visite
en Angleterre, je n’avais pas de
banc et avais souffert de pêcher,
des jours entiers, assis trop bas au
milieu du bateau ou sur une fesse à
l’avant ou à l’arrière. Lors de ma
visite suivante j’avais emmené mon
banc maison, bien moins cher que
les bancs en aluminium vendus sur
place et avais pêché dans de bien
meilleures conditions. Il m’arrive
encore d’emmener ce bête bout de
bois quand je sais que les bateaux
n’en sont pas équipés. Le plus sou-
vent je regrette de ne pas l’avoir
pris. Messieurs les gestionnaires de
réservoirs, si ce n’est déjà fait, équi-
pez vos barques de cette façon,
vous pouvez proposer un réel
confort à vos clients pour un inves-
tissement minime. Vous verrez
moins de pêcheurs debout et dimi-
nuerez nettement le risque d’en
voir un passer par-dessus bord un
jour ou l’autre.
Travailler son lancer
Si, malgré une assise haute, vous
avez encore du mal à lancer correc-
tement sans toucher l’eau à l’arrière,
vous devez apprendre à relever
légèrement votre bras, au fur et à
mesure de sa progression vers l’ar-
rière, puis à bien le bloquer en
maintenant la canne verticale-
ment. Vous devez proscrire les lan-
cers en rotation autour de votre
poignet ou de votre coude, qui
La pêche en barque
à l’aide d’une ancre
flottante doit permettre
au pêcheur de dériver
face aux poissons
et de leur présenter
la mouche avant
le reste du matériel !
vous conduisent rapidement à cou-
cher votre canne presque à l’hori-
zontale et à ne plus contrôler cor-
rectement votre soie, qui va alors
toucher l’eau.
Pêcher vent dans le dos
On voit aussi de nombreux
pêcheurs lancer de tous côtés, en
étoile, autour de leur embarcation,
voire même contre le vent dans le
sillage de leur dérive. Lorsqu’on est
ancré sur un poste ou accroché à
une bouée, comme l’imposent cer-
tains plans d’eau pour le respect des
pêcheurs pratiquant depuis la
berge, il est possible, surtout si le
temps est calme, de lancer en étoile
autour de la barque. Il est toutefois
rare que le vent ne soit pas un peu
de la partie. A ce moment-là, il
vaut vraiment mieux s’en faire un
allié et l’utiliser pour porter ses
mouches vent arrière ou de travers
au lieu de lutter contre. Pour les
pêcheurs débutants, la barque peut
être l’occasion de s’essayer à la
pêche avec un train de deux ou
trois mouches, à condition de bien
bloquer son lancer arrière et d’ou-
vrir largement sa boucle sur le lan-
cer avant en visant vers le ciel.
Lorsque le vent est établi et ride le
plan d’eau, les poissons actifs, à la
recherche de nourriture, ont plutôt
tendance à le remonter. Lancer le
vent dans le dos permet alors de
poser la mouche en premier vers
des poissons qui remontent vers
vous. C’est beaucoup plus produc-
tif que de poser derrière des pois-
sons qui vont s’éloigner de vous
sans avoir vu vos mouches, ou
dessus, car vous les aurez alors aler-
tés en les couvrant avec le bas de
ligne ou, pire, avec la soie.
Pour bien pêcher à deux le vent
dans le dos, il vaut mieux accrocher
le bateau à l’ancre par le côté et
pêcher assis à califourchon sur les
bancs. Sur un bateau accroché par
la pointe, la pêche sera bien moins
confortable et productive. Il se peut
toutefois que l’action du vent, sur
une soie posée en plein travers de ce
dernier, génère une animation inté-
ressante du train de mouches. Mais
cette animation n’est généralement
pas la plus intéressante, surtout si le
vent est fort.
Respecter son collègue
de pêche
La pêche en barque à deux nécessi-
te une certaine discipline si l’on ne
veut pas risquer des emmêlages
sévères, voire la casse d’une canne.
Un moucheur habitué à pêcher en
barque attendra toujours que son
collègue ait fini de lancer pour rele-
ver sa canne et relancer. Il lancera
canne verticale au-dessus de sa tête
et non canne couchée au-dessus de
celle de son voisin. Le pêcheur le
moins aguerri se placera de façon
que sa soie passe au-dessus de l’eau
plutôt que par-dessus la tête de son
voisin. En barque, il est vivement
recommandé de porter une cas-
quette et des lunettes; pour éviter
un accident si l’on prend une
mouche du voisin dans le visage.
L’alternance des lancers est primor-
diale, une certaine courtoisie est
alors de mise, on ne cherchera pas
à griller le tour du voisin en
ramenant précipitamment pour
relancer avant lui. Rien n’est plus
gênant en barque qu’un collègue de
pêche qui bouge sans arrêt, qui fait
du bruit et qui lève sa canne quand
vous lancez.
Etre un tant soit peu ordonné
En barque l’espace est réduit, il
convient donc de ne pas trop étaler
de matériel. La soie, l’épuisette
peuvent se prendre dedans et il faut
pouvoir se déplacer. Si un objet
tombe à l’eau, il est en général
perdu. Le matériel nécessaire devra
être disposé à portée de main pour
y accéder sans être obligé de systé-
matiquement se lever.
Pêcher en dérive
La pêche à la mouche en barque
dérivante permet de prospecter une
étendue d’eau plus importante. La
barque va vers les poissons. Il n’est
donc pas nécessaire de faire de
longs lancers pour les trouver. Un
bas de ligne long est par contre un
avantage, puisqu’il permet d’éviter
de les effaroucher.
Les barques à clins irlandaises
longues, lourdes et quillées, déri-
vent parfaitement perpendiculaires
au vent et ne nécessitent pas forcé-
ment d’ancre flottante. Cette der-
nière ne sert avec ces bateaux qu’à
ralentir la vitesse de dérive. Peu uti-
lisée en Irlande, l’ancre flottante est
systématiquement utilisée sur les
grands réservoirs anglais.
Pour les embarcations plus
modestes, au fond généralement
plat, que nous utilisons sur nos
plans d’eau, l’ancre flottante
Matériel
Méthode
Expertise
Comment
permet de ralentir mais aussi de sta-
biliser la dérive. Elle cale le bateau
perpendiculaire au vent. La fixation
de cette ancre doit être placée au
bon endroit sur le bateau pour
éviter qu’il ne s’oriente de travers.
Une astuce consiste à emmener
avec soi un serre-joint pour régler
précisément le point d’accrochage
de l’ancre. Ce dernier s’adaptera à
la plupart des formes de coques et,
s’il est choisi avec des protections
en plastique, ne leur laissera aucune
trace.
L’ancre flottante
C’est un morceau de toile, percé ou
non en son centre, dont les 4 angles
sont accrochés à un bout de cor-
don. Les 4 cordons sont ensuite
rassemblés pour former un para-
chute sommaire. Dans l’eau ce
parachute se gonfle et oppose toute
sa surface à la force de dérive pro-
voquée par la poussée du vent sur le
bateau. Lorsqu’on relève l’ancre
flottante sur une barque relative-
ment légère, c’est le bateau qui
revient vers l’ancre et non l’inverse.
Très utilisées au Royaume-Uni, ces
ancres sont faciles à trouver là-bas.
Elles font le plus souvent 25 pieds
carrés ou 2,32 mètres carrés, ce qui
correspond à un carré de 1,5 mètre
de côté, car une règle internationale
définit leur taille pour la compéti-
tion. Tous les bateaux en compéti-
tion dérivent ainsi sensiblement à
la même vitesse (à taille égale).
La pose de l’ancre
Pour un maximum d’efficacité, la
pêche en dérive demande une
bonne coordination entre les équi-
piers. Il convient en fin de dérive
de relever ses cannes en même
temps sur proposition d’un des
pêcheurs et des les poser après avoir
accroché les mouches pour qu’elles
ne risquent pas de retourner à l’eau.
L’un s’occupe de l’ancre, l’autre du
moteur. Pour relever l’ancre, il faut
tirer dessus jusqu’à pouvoir saisir
un des quatre cordons. A ce
moment-là elle vient comme un
drap, sans aucune résistance, au
lieu de peser un poids considé-
rable. Si la dérive est courte, l’équi-
pier peut garder l’ancre à la main
au-dessus de l’eau pour la reposer
rapidement. Sinon il la range soi-
gneusement sans l’emmêler et sans
rentrer trop d’eau dans le bateau.
Pour poser l’ancre efficacement, il
convient d’arriver lancé, légère-
ment en amont de la dérive proje-
tée et si possible dans l’axe de cette
dernière. On lance ou on lâche
alors l’ancre, qui, si tout va bien,
accroche l’eau rapidement et se
gonfle en disparaissant sous l’eau.
Elle oblige alors le bateau à décrire
un demi-cercle (un peu comme un
chien au bout d’une laisse) pour se
placer perpendiculairement aux
lignes de vent. Lorsqu’on pêche sur
un grand lac anglais, dans un vent
fort, la berge battue des vagues jus-
qu’à la dernière seconde, à la
recherche des poissons qui la lon-
gent, la rigueur et la coordination
des équipiers doivent être dignes
de celle exigée dans une régate de
voile, pour ne pas finir échoué.
Prendre correctement
une dérive
Si un secteur du plan d’eau est pro-
ductif et qu’on en est sorti, il
convient de se replacer. Pour cela on
évite de traverser directement la
zone de pêche et on prend le temps
de la contourner, suffisamment lar-
gement, surtout si l’on utilise un
moteur thermique.
La pratique des micro-dérives peut
être envisagée si le poste de pêche
est très précis, une cassure par
exemple. On ne perdra pas de
temps en amont en arrivant lancé et
pas trop en aval en attendant de
s’être juste suffisamment éloigné du
point chaud pour ne pas alerter les
poissons en redémarrant. Un bon
rodage dans l’exécution des gestes
permet alors d’être très efficace.
On évite de se replacer devant ou
trop près d’un bateau qui dérive
déjà ou de traverser sa dérive au
moteur. On passe derrière.
Toutes ces recommandations
pourraient s’appliquer de la même
façon, en mer, à la pêche du bar,
ancre flottante en moins.
La pêche des lignes de vent
Si vous ne connaissez pas un plan
d’eau et que le vent est suffisam-
ment fort pour créer des couloirs
ou des lignes de vent, pêchez-les, il
y aura forcément des poissons en
maraude dedans, le nez vers
l’amont du courant créé. Ces
lignes de vent se matérialisent par
une concentration de bulles et
d’objets divers : plumes, brins
d’herbiers, feuilles… mais aussi
insectes aquatiques.
Pour pêcher une ligne de vent, on
place le bateau dedans pour la
pêcher en vent arrière. On peut la
pêcher en vent de travers si l’on
s’en écarte légèrement, mais on
veille toujours à passer ses
mouches sous les bulles.
La technique de Greg décrite dans
ce numéro de la revue est alors très
efficace.
La pose d’une ancre
flottante demande
de faire quelques
essais pour voir
comment se comporte
le bateau. Il est
souvent préférable
d’en poser deux
pour plus de stabilité
dans les dérives.
Une partie de
pêche avec Greg
Gregory Hoarau est un ancien compétiteur mouche. Il pêche de façon assi-
due de nombreux réservoirs de l’Hexagone ou du Royaume-Uni, au gré
notamment de ses déplacements professionnels. Il se promène toujours avec
de quoi pêcher à la mouche, et s’intéresse à tout ce qui porte des écailles. Il
a toujours aimé pêcher les réservoirs en “petites mouches” et n’y pratique
plus que cette pêche. Je souhaitais depuis longtemps qu’il puisse nous faire
partager cette technique qu’il maîtrise particulièrement bien. Nous nous
sommes retrouvés sur un nouveau réservoir, à Recques-sur-Course, dans le
Pas-de-Calais, pour une partie de pêche.
Par Philippe Collet
Matériel
Méthode
Expertise
Comment
Pêcher
u bord d’un réservoir,
ne demandez pas à
Greg de vous sortir
un streamer, il n’en
aura probablement
pas avec lui. Il utilise pourtant cette
technique pour pêcher les carnas-
siers ou les poissons marins. Il a
d’ailleurs souvent dans sa voiture
une boîte de streamers à brochet et
le matériel dédié à cette technique
qu’il pratique volontiers quand
l’occasion se présente.
Leurrer les truites de réservoir au
streamer ne l’intéresse pas. Il cible
les plans d’eau où les poissons sont
habitués à consommer régulière-
ment des insectes aquatiques et
apprécie d’autant plus la pêche que
les poissons actifs sont difficiles et
sélectifs. Dans ces conditions, il est
un des rares à bien tirer son épingle
du jeu et ce, sans pêcher avec des fil
arachnéens.
Son équipement réservoir tient
dans une petite besace ceinture et
est limité au minimum. Ses nom-
breuses années d’expérience l’ont
amené à éliminer tout matériel
superflu et à ne garder que le maté-
riel parfaitement adapté.
Quatre boîtes à mouches, garnies
de modèles de chironomes,
hoppers, nymphes, émergentes…
largement validés lui suffisent pour
faire face à de nombreuses situa-
tions. Quelques bobines de fluoro-
carbone, une pince écrase-ardillon,
un coupe-fil avec aiguille, un
ket-
chum release
(genre de dégorgeoir
adapté à la pêche à la mouche)
pour extraire, sans dommage pour
les poissons, les mouches engamées
trop profondément, une épuisette
à long manche complètent son
équipement.
Sa canne est une Loomis GLX clas-
sique en deux brins de 10 pieds
pour soie de 6 équilibrée d’un
moulinet Danielsson garni d’une
soie Triangle Taper Lee Wulff flot-
tante de 6.
Il emporte avec lui une bobine de
rechange garnie d’une soie intermé-
diaire lente, là encore une Triangle
Taper de taille 6, pour pratiquer sa
technique, de la même façon,
quand les poissons se tiennent plus
profond (les jours ensoleillés
notamment). Ajoutons à tout cela
quelques polyleaders intermédiaires
rapides (bas de lignes dégressifs réa-
lisés dans un matériau identique à
celui d’une soie) de 1,5 mètre.
La base de sa technique, qui vise à
leurrer des poissons résidents qui se
nourrissent, est de tout mettre en
œuvre pour rendre pêchant, le plus
vite possible, un train de deux ou
trois mouches. Pour cela il faut le
poser correctement et veiller à
noyer le fil rapidement. La frontière
entre la réussite et l’échec est mince
et tient à de petits détails que nous
avons essayé de bien lister avec
Greg pour vous les retranscrire ici.
Au passage, la discussion passion-
nante que nous avons eue, jusque
tard dans la soirée, dans une
brasserie proche du réservoir à
Montreuil-sur-Mer, la moitié de
la table encombrée de boîtes à
mouches et de notes, a dû paraître
totalement surréaliste aux autres
clients de l’établissement.
Les mouches
Greg a quelques mouches de base,
très efficaces, qu’il a longuement
validées et auxquelles il croit, quoi
qu’il arrive. Ces artificielles sont
déclinées en séries de cinq ou six
imitations identiques pour ne pas
être démuni, après quelques casses,
s’il a trouvé la mouche qui marche.
Comme nous le verrons plus
loin, il monte différents types
d’imitations :
– des mouches noyées destinées
tout d’abord à flotter, puis
patouiller dans le film de la sur-
face avant de couler sous la trac-
tion du fil (bécasse oreille de
lièvre, purple pennel royale,
bécasse royale).
Ses nombreuses années d’expérience l’ont amené
à éliminer tout matériel superflu et à ne garder
que le matériel parfaitement adapté.
Une boîte bien remplie
de séries de cinq ou six
mouches identiques.
– des nymphes légèrement lestées
comme la pearly pheasant tail ou
la saint-philbert
– des chironomes.
Il monte ses mouches sur des
hameçons à pointe pioche Tiemco
100 SP BL pour les nymphes, les
noyées et parfois les chironomes, et
Tiemco 2499 SP BL pour les chi-
ronomes. Ces hameçons, de par la
forme de leur pointe, pénètrent très
facilement à la touche, même à tra-
vers le cartilage de la mâchoire des
truites, et ne nécessitent pour ainsi
dire pas de ferrage. Ce dernier doit
en effet être proscrit car il est géné-
rateur de casses. Il est remplacé par
un relevé de la canne permettant de
simplement prendre contact avec le
poisson.
Le bas de ligne
La soie est prolongée d’un polylea-
der de 1,50 m suivi de 20 cm de
20 centièmes, 60 à 70 cm de
18 centièmes, une première poten-
ce de 10 à 15 cm en 16 centièmes,
1,20 à 1,50 m de 16 centièmes, une
deuxième potence de la même
longueur que la précédente en
14 centièmes, 1,80 m à 2,30 m de
14 centièmes. Le bas de ligne
mesure donc, après le polyleader,
de 3,80 m à 4,70 m. La version la
plus courte permet de cibler les
poissons aperçus sous la surface ou
ayant gobé, en anticipant leur tra-
jectoire. La version la plus longue
permet de pêcher l’eau en barque
dérivante ou ancrée, le vent dans
le dos.
A deux mouches, le bas de ligne est
constitué de 20 cm de 20 cen-
tièmes, 1 m de 18 centièmes, une
potence de 10 à 15 cm en 18,
16 ou 14 centièmes suivie de
2,50 m de fil du même diamètre.
Greg apprécie la soie Triangle taper
pour sa capacité à pousser et
déployer ces longs bas de ligne.
Bien qu’assez courte (27 mètres),
La combinaison des diamètres 20,
18, 16 et 14 est la plus fine. Elle
peut être plus solide si la pêche est
moins difficile ou les poissons trop
violents : 20, 18 et 16 ou 20, 18.
Lorsqu’il pêche en Angleterre, Greg
est rapidement contraint de réaliser
le montage le plus solide, car les
casses sont quasiment systéma-
tiques avec des fils plus fins.
Matériel
Méthode
Expertise
Comment
pêcher
La vieille ballastière
Ce nouveau réservoir se situe à Recques-
sur-Course, près du Touquet-Paris-Plage,
dans le Pas-de-Calais. Nous l’avions
décrit en page 14 du précédent numéro
de la revue. Il a ouvert ses portes à la mi-
septembre après un second rempoisson-
nement de rentrée. Nous avons pu y
prendre des poissons issus d’un premier
rempoissonnement d’essai du mois de mai et bien sûr de nombreux poissons frais, trop
récents dans le plan d’eau pour vraiment valoriser la technique de Greg.
Ce plan d’eau permet la survie des salmonidés en période estivale, ce qui est un gage
de qualité. Il abrite une grande variété d’invertébrés aquatiques propres à rendre la
pêche passionnante. Les abords ont été aménagés et entretenus pendant l’été pour per-
mettre de pratiquer la pêche du bord. Des barques sont proposées à la location. Il s’agit
de modèles Aquapêches 3,70 m de chez Jeanneau, à motorisation électrique. Elles sont
vastes, stables et bien équipées. Un local pour les pêcheurs avec sanitaires est en cours
d’aménagement dans une petite maison située à proximité immédiate du plan d’eau.
Le tarif de base est de 40 euros la journée, 28 euros la demi-journée, 10 euros la jour-
née enfant (entre 10 et 16 ans, accompagnant un pêcheur). Le tarif clubs ou groupes (à
partir de 5 personnes), licenciés FFPML, cartes de fidélité (10 cartes), s’élève à 36 euros
la journée et 25 euros la demi-journée. La location de barques à 20 euros la journée,
14 euros la demi-journée.
Pour plus de renseignements et pour réserver, il faut appeler le garde, Philippe Mionnet
(qui habite au bord du plan d’eau), au 06 76 22 68 23. Un site Internet a été mis en
ligne www.lavieilleballastiere.fr qui apporte toutes les précisions nécessaires.
cette soie lui permet de placer
régulièrement sa mouche de pointe
à 30 mètres. Pour ne pas emmêler
les plus longs de ses bas de ligne,
Greg pêche souvent en barque, le
vent dans le dos ou de côté. Il
shoote alors une boucle assez large
vers le ciel pour que le train de
mouches soit porté par le vent et se
déploie bien en ligne. Du bord,
avec un vent de face, il passe à
deux mouches et serre plus sa
boucle.
Ancrer le montage
Les mouches sont réparties sur le
bas de ligne de différentes façons.
Le premier montage est constitué
d’une nymphe légèrement lestée
en pointe, d’un chironome en
deuxième potence, d’une mouche
noyée en première potence (potence
vers la soie). Il permet de couler
rapidement le fil et d’ancrer l’en-
semble, tiré d’un côté par le poly-
leader intermédiaire, qui prolonge
la soie et coule instantanément, et
de l’autre par la mouche de pointe
et le chironome.
Le deuxième montage se compose
d’une noyée assez volumineuse en
pointe et d’un chironome sur
chaque potence. Dans les deux cas,
le fil, du fluorocarbone choisi pour
sa raideur et sa forte densité, dispa-
raît rapidement sous la surface, se
soustrayant à la vue des poissons,
tiré par le polyleader et les
nymphes ou les chironomes. Posé
bien en ligne, le montage coule
rapidement sans mou ni cassure.
La mouche noyée flotte un certain
temps, pêchant comme une
mouche sèche, puis se noie pro-
gressivement en faisant un sillage
des plus attractifs. Le premier
montage permet l’exploration
d’une profondeur supérieure. La
mouche noyée flottant pouvant
faire office de bouchon ou d’indi-
cateur de touche quelques instants.
Le second montage pêche dans les
10 à 50 premiers centimètres sous
la surface. La mouche noyée
contribue, surtout si elle est volu-
mineuse, à maintenir les chiro-
nomes à faible profondeur.
A deux mouches le principe est le
même, il suffit simplement de reti-
rer un chironome sur chacun des
montages décrits précédemment.
En coulant rapidement, le train de
mouches reste bien en ligne sur
près de 5 à 6 mètres. Il n’y a pas de
perte de distance. Seule la soie est
prise par la dérive de surface. Au
moindre contact du poisson avec
une mouche, ce dernier, qui est le
plus souvent en mouvement, ne
peut que se piquer, un peu à la
façon d’une truite sur un train
de mouches noyées en rivière.
L’ancrage rapide du montage est la
clef de la réussite. La rapidité avec
laquelle le fil se noie permet aussi
de leurrer des poissons attirés par
l’impact des mouches qui n’auront
pas le temps de voir le trait du fil
sur l’eau.
Avec cette méthode, Greg n’a pas
besoin de dégraisser son fluorocar-
bone. Il ne graisse pas sa mouche
noyée qui après chaque lancer
flotte ainsi seulement quelques
secondes avant de s’engluer puis de
couler. Ces différentes phases sem-
blent avoir un impact particulier
sur les poissons, auxquels elles font
parfois perdre toute méfiance. Le
poser doit être le plus propre pos-
sible, quitte à raccourcir le lancer,
pour permettre au train de
mouches de pêcher tendu. Après
chaque posé correctement effectué,
il convient de maintenir le train
de mouches statique quelques
secondes. Ce moment où la
mouche noyée flotte encore et les
chironomes et les nymphes cou-
lent dans un plan vertical est parti-
culièrement prenant, surtout si
La rapidité avec laquelle le fil se noie permet
aussi de leurrer des poissons attirés par l’impact
des mouches qui n’auront pas le temps de voir
le trait du fil sur l’eau.
Prospection d’une berge.
Le sens du vent,
accumulateur de
nourriture pour les
truites, est très important.
l’on a posé à proximité d’un pois-
son sans l’affoler.
En début de pêche le polyleader
peut flotter, surtout s’il est neuf.
Une fois mouillé quelque temps, il
coule instantanément. Une petite
astuce de compétiteur consiste à
mouiller ses soies intermédiaires
préalablement pour qu’elles cou-
lent ensuite directement dès le pre-
mier lancer.
Jouer de la guitare
L’animation du train de mouches
peut être réalisée de façon classique
en tricotant la soie plus ou moins
lentement, ou à la façon de Greg en
jouant de la guitare. Il s’agit de tri-
coter ou puller (tirées amples) avec
une main et de faire vibrer, en
même temps, le doigt (index ou
majeur) de l’autre main sur lequel
repose la soie. Pour les pêches en
barque dérivante, lorsque les
dérives sont rapides, le contact avec
les mouches ne peut être maintenu
qu’en pullant rapidement la soie.
Le tricotage n’est alors plus pos-
sible, l’animation des mouches
peut toutefois être réalisée en quasi-
sur-place grâce à cette astuce. De la
même façon si l’on pêche du bord,
un tricotage lent ne permet que de
maintenir le contact avec les
mouches en résorbant les plis de la
soie, qui revient systématiquement
vers le pêcheur.
Quelles que soient les conditions,
cette pratique, qui a priori deman-
de un peu d’entraînement et un
travail de coordination, permet
d’ajouter une animation continue
ou ponctuelle pour donner plus de
vie aux mouches, sans réellement
les accélérer. Je n’avais encore
jamais vu cette animation, Greg a
l’air d’avoir trouvé là quelque chose
d’intéressant.
Le lift
La longue canne de 10 pieds per-
met d’animer un long train de
mouches en phase finale de rame-
ner, sur le lift. Cette remontée du
bas de ligne, soustrayant les
mouches une par une de l’élément
liquide, est une phase importante
de l’animation. Bien exécutée, en
accélérant la montée des mouches
vers la surface et en les faisant sau-
tiller l’une après l’autre lorsqu’elles
ont atteint cette dernière, elle
permet de prendre de nombreux
poissons, que ce soit du bord ou en
barque.
Une grande canne permet aussi,
avec de longs bas de ligne, de
mettre plus facilement à l’épuisette
les poissons pris sur la mouche de
pointe sans emmêler la première
mouche de potence dans l’anneau
de tête de la canne. Il conviendra
toutefois de prévoir une épuisette
dotée d’un grand manche.
Cette technique est totalement
transposable sur les plans d’eau
d’Irlande ou d’Ecosse, peuplés de
poissons sauvages. Sa maîtrise per-
met de ne pas être ridicule lors-
qu’on aborde ces étendues d’eau
vastes et inconnues.
Il s’agit de tricoter ou puller (tirées amples) avec une
main et de faire vibrer, en même temps, le doigt la soie.
Greg a une façon
très particulière
d’animer un train
de mouches.
On ne parle plus
véritablement
d’animation mais
plutôt de vibrations !
Matériel
Méthode
Expertise
Comment
Les mouches de Greg sont très soignées. Il joue beaucoup sur le rapport imitatif/
incitatif, par l’adjonction à un modèle de base très naturel d’une tête orange,
de joues barrées de perle, de joues en jungle cock ou d’un cerclage brillant.
Quelques modèles de mouches efficaces
La purple pennel royale
Cette mouche pêche sous l’eau. D’après Greg,
elle est redoutable durant les mois froids,
de décembre à mars.
Hameçon :
TMC 100 SP BL
en taille 14 ou 16.
Fil de montage :
8/0 noir.
Cerques :
fibres de plume de crête de faisan doré.
Corps :
dubbing de phoque ou Antron
de couleur claret.
Cerclage :
tinsel rond en cuivre fin de couleur or.
Joues :
deux pointes de plumes de jungle coq.
Collerette :
hackle mou de poule noir.
La pearly pheasant tail
Hameçon :
TMC 100 SP BL en taille 14 ou 16.
Fil de montage :
8/0 noir.
Cerques :
fibres de pelles de coq Pardo Encendido.
Corps :
3 fibres de plume de queue de faisan choisies
bicolores et placées de telle façon qu’une fois tournées le
corps soit lui-même bicolore.
Cerclage :
tinsel rond en cuivre fin de couleur or.
Thorax :
six tours de plomb fin recouverts d’un herl
de paon teinté rouge.
Sac alaire :
reste des fibres de Pardo et 3 fibres de
plume de queue de faisan rabattues.
Joues :
tinsel holographique perle moyen. Rabattu vers
l’avant puis vers l’arrière, avant de former
définitivement la tête, pour un montage solide.
Gorge :
fibres de plume de queue de faisan prélevées
dans la partie molle du bas de la plume. Pour monter
la gorge, Greg tourne l’étau pour retourner la mouche.
Une fois la gorge fixée, il lui donne l’aspect d’une
demi-collerette en faisant rouler les fibres sous l’ongle
de son pouce.
La bécasse oreille de lièvre
Hameçon :
TMC 100 SP BL en taille 14 ou 16.
Fil de montage :
8/0 orange ou claret.
Cerques :
fibres de pelles de coq Pardo Encendido,
montées assez longues.
Corps :
dubbing fin d’oreille de lièvre ou d’écureuil
Cerclage :
tinsel rond en cuivre très fin de couleur or.
Collerette :
plume de bécasse soigneusement
sélectionnée fixée par sa base (où l’on garde quelques
fibres duveteuses) puis enroulée soigneusement vers la
tête de la mouche. Cette plume doit venir recouvrir
la base des cerques une fois rabattue.
Le chironome rouge
Hameçon :
TMC 2499 SP BL en taille
12 ou 14. Greg trouve ces hameçons
intéressants car leur œillet droit donne,
d’après lui, une allure plus réaliste à
l’imitation dans l’eau.
Fil de montage :
8/0 orange et noir.
Corps :
tinsel holographique rouge
recouvrant un sous-corps en fil de montage
orange pour préserver son éclat.
Cerclage :
un herl de paon ébarbé
naturel, enroulé en spires espacées et
rehaussé d’un morceau de fil de montage
noir 6/0.
Thorax :
fil de montage noir 8/0.
Joues :
biot d’oie orange rabattu vers
l’avant.
Sac alaire :
un tinsel perle moyen puis un
tinsel holographique rouge rabattu vers
l’avant, pour laisser apparaître, selon les
angles, des reflets rouges ou perle. Le rouge
se trouve sous le perle.
La mouche est ensuite vernie à l’aide d’un
vernis épais gloss pour lui donner sa patine
finale.
De la même façon Greg monte un
chironome noir. En remplaçant le tinsel
holographique rouge recouvrant le corps
par un matériau noir.
La noyée claret
Hameçon :
TMC 100 SP BL
en taille 14 ou 16.
Fil de montage :
8/0 orange fluo.
Tag :
tinsel holographique rouge tourné
sur la courbure.
Corps :
un herl de paon teinté rouge
tourné.
Cerclage :
un morceau de cristal flash
perle tourné par-dessus le herl.
Joues :
un brin de tinsel holographique
rouge rabattu vers l’avant, par-dessus le
reste du herl tourné.
Collerette :
un hackle mou de poule de
couleur claret.
La bécasse royale
Cette petite mouche très efficace s’inspire
des divers modèles précédemment décrits.
Hameçon :
TMC 100 SP BL
en taille 14 ou 16.
Fil de montage :
8/0 orange fluo.
Cerques :
fibres de plume de crête de
faisan doré.
Corps :
3 fibres de plumes de queue de
faisan tournées.
Cerclage :
tinsel rond en cuivre fin
couleur or.
Thorax :
un herl de paon teinté rouge.
Collerette :
hackle de bécasse tourné par
la base.
Matériel
Méthode
Expertise
Comment
La saint-philbert
Cette mouche montée par Philippe Dolivet, qui nous réussissait à nos débuts en réservoir sur le plan d’eau de Saint-Philbert-sur-Risle, n’a pas pris une
ride. C’est toujours une mouche très prenante, qui n’a jamais quitté la boîte de Greg.
Hameçon :
TMC 100 SP BL en taille 14 ou 16.
Fil de montage :
8/0 claret.
Cerques :
fibres de plume de perdrix blanches pointillées de noir.
Corps :
3 fibres de plume de queue de pigeon ramier (gris cendré).
Cerclage :
un brin de cristal flash perle.
Thorax :
six tours de plomb fin recouverts d’un herl de paon teinté rouge tourné.
Sac alaire :
reste des fibres de pigeon rabattues.
Gorge :
fibres de plume de perdrix.
Greg achète aussi quelques mouches en Irlande ou en Angleterre, en atteste la “cruncher”, qui avait été l’objet d’un article complet dans le numéro 73 de
la revue.
Matériel
Méthode
Expertise
Comment
Pêcher
Sept valeurs sûres
pour le réservoir
Les modèles que nous vous proposons pour ce numéro sont particulière-
ment efficaces dans la plupart des réservoirs français. Ils permettent aux
monteurs de mouches débutants de se familiariser avec les étapes de mon-
tages spécifiques à ce type de mouches, tout en découvrant des modèles
d’une grande utilité pour la pêche de la truite arc-en-ciel en lac.
Par Jean-Marc Theusseret
Chironome vernis
Les chironomes constituent l’essentiel du menu des truites en réservoir. Leur imitation est des plus faciles. Là encore, le mariage
des couleurs est très important. Ce modèle comprend un corps orange vif, mais le cerclage est réalisé en tinsel rouge holo-
graphique pour un rendu à mi-chemin entre l’imitation et le leurre.
Etapes de montage
1.
Fixer à la courbure le tinsel rouge après avoir commencé un enroulement de fil de montage.
2.
Enrouler le tinsel pour réaliser un cerclage du corps. Ne pas couper l’excédent.
3.
Toujours avec le fil de montage, former le thorax.
4.
A l’aide du fil de montage, rabattre le tinsel sur le thorax (un aller-retour) en réalisant
une fausse clef juste derrière l’œillet avec le tinsel.
5.
Réaliser la même opération sur l’autre face du thorax. Pour cela, un étau rotatif
est très pratique.
6.
Vernir la mouche en réalisant plusieurs couches. Une seule avec de la colle époxy.
Matériaux
Hameçon caddis n° 14 ou 12.
Fil de montage orange vif gros diamètre.
Tinsel plat rouge holographique.
Vernis transparent ou colle époxy deux composants.
Shipman noir
Une très bonne imitation du chironome émergent. Un modèle incontournable pour toutes les phases d’alimentation sur de
petites mouches en réservoir.
Matériaux
Hameçon standard n° 16 ou 14.
Microfibres grises.
Dubbing noir de substitut de poils
de phoque.
Tinsel plat doré ou argenté.
Etapes de montage
Recouvrir la hampe de l’hameçon avec le fil de montage et réaliser un petit tag à la courbure avec une mèche
de microfibres.
Continuer l’enroulement pour recouvrir la mèche de microfibres sur toute la hampe. Ne pas couper l’excédent.
Réaliser une boucle à dubbing. Y insérer une pincée de fibres de substitut de poils de phoque noir.
4.
A l’aide d’un twister, torsader la boucle pour obtenir un dubbing homogène.
Enrouler le dubbing pour former un corps régulier. Le cercler avec le tinsel. Couper les deux mèches de
microfibres en laissant 3 ou 4 mm.
Sparkler
Quand rien ne va, cette mouche-leurre peut sauver bien des bredouilles. A monter en plusieurs teintes. S’accommode bien
des récupérations rapides par tirées relâchées ou en continu (roly-pully).
Etapes de montage
1.
Démarrer un enroulement de fil de montage juste derrière la tête de la mouche pour faire un arrêtoir
qui permet de placer la bille.
2.
Reprendre un enroulement de fil de montage à l’arrière du corps, puis former une boucle à dubbing,
dans laquelle seront placées des fibres inégales de lure flash.
3.
A l’aide d’un twister, torsader le dubbing.
Enrouler le dubbing pour former le corps. Avec une aiguille, ordonner les fibres.
5.
Avec une petite broche métallique, brosser les fibres vers l’arrière. Nœud final.
Matériaux
Hameçon standard n° 10 ou 8.
Fil de montage en kevlar roux.
Fibres de lure flash jaunes (plusieurs
teintes possibles).
Bille dorée de 5 mm (facultative).
Matériel
Méthode
Expertise
Comment
Pêcher
Blob
Surprenant petit streamer massif qui a trouvé sa place dans les boîtes des meilleurs compétiteurs. Le panel de teintes possibles
est infini. A monter sur un hameçon à hampe courte.
Etapes de montage
1.
Sur la hampe de l’hameçon, commencer l’enroulement d’un fil de montage orange vif.
2.
Fixer à la courbure de l’hameçon une petite pincée de fibres courtes de marabou orange ainsi que
quatre ou cinq fibres de cristal flash.
3.
Fixer cette fois la chenille “fritz” au début du corps de la mouche.
4.
Enrouler la chenille pour former le corps. Réalisez la tête et faire le nœud final.
Matériaux
Hameçon fort de fer, hampe courte
n° 12 ou 10.
Fil de montage 6/0 roux.
Marabou orange.
Fibres transparentes de cristal flash.
Chenille “fritz” orange.
Pheasant tail orange egg
Une adaptationde la célèbre Pheasant tail, bien connue outre-Manche. Se monte également en version jaune chartreux.
Le Glo Brite donne à la mouche une densité proche de celle de l’eau. Une mouche “suspending” en quelque sorte !
Matériaux
Hameçon caddis n° 12 à 8.
Fil de montage 8/0 brun et orange.
Quill de queue de faisan commun.
Glo Brite orange vif.
Hackle gris fumé foncé à fibres longues.
Tinsel plat doré.
Etapes de montage
Avec le fil de montage, fixer par la pointe les quills de faisan à la courbure de l’hameçon, ainsi
qu’un brin de tinsel plat doré.
2.
Enrouler les quills de faisan pour former le corps.
3.
Enrouler le tinsel de façon espacée.
Avec un fil de montage orange (qui remplace le noir), préparer une boucle à dubbing.
Dans la boucle, insérer une mèche de Glo Brite orange vif et torsader la boucle.
Enrouler le bubbing pour former une boule au niveau du thorax de la mouche.
Placer le hackle gris fumé (le choisir à longues fibres).
Enrouler le hackle sur deux tours et faire le nœud final.
Matériel
Méthode
Expertise
Comment
Pêcher
Modèle type Viva
La couleur noire associée au vert chartreux donne un tandem redoutable. Inspirée de la célèbre Viva, cette mouche
peut s’utiliser avec une soie flottante, intermédiaire ou plongeante. Une version casquée et cerclée est également possible.
Matériaux
Hameçon hampe standard n° 14 à 8.
Fil de montage 8/0 noir.
Polypropylène vert chartreux.
Tinsel doré.
Dubbing de substitut de poils
de phoque.
Hackle de coq ou de poule noir.
Casque doré ou bille dorée 3 à 5 mm.
Etapes de montage
1.
Fixer le brin de polypropylène avec le fil de montage et réaliser un tag à la courbure de l’hameçon.
2.
Préparer une boucle à dubbing avec le fil de montage et à l’aide d’un “twister”. Y insérer une
pincée de substitut de poils de phoque.
3.
Torsader la boucle à l’aide du twister.
4.
Enrouler le dubbing pour réaliser le corps.
5.
Par le pied, fixer le hackle noir, face supérieure tournée vers vous.
6.
Enrouler le hackle sur trois tours seulement. Rabattre les fibres vers l’arrière en réalisant le nœud
final avec le fil de montage. La mouche est terminée.
7.
Version cerclée d’un épais tinsel doré et d’un casque doré.
Le tour de main
Réaliser une collerette mariant
hackle de coq et CDC
C’est une étape classique, dirons-nous, une étape incontournable que tout
monteur de mouches artificielles doit pouvoir réaliser sans problème.Rien de
bien compliqué, à condition de procéder dans le bon ordre de placement
et d’enroulement.
1.
Commencer par placer la plume de CDC par la pointe, face supérieure
vers soi.
2.
Placer maintenant le hackle mais cette fois par le pied, après avoir
enlevé le duvet.
3.
Enrouler le hackle en premier en réalisant 6 ou 7 tours.
4.
Enrouler la plume de CDC en suivant le plus possible l’enroulement
du hackle de coq (espacement similaire entre chaque tour).
5.
Bloquer la plume avec le fil de montage, couper l’excédent et réaliser
le nœud final. A l’aide d’une aiguille, ordonner les fibres.
6.
Couper les fibres de CDC aux ciseaux fins, sans couper celles de coq.
La mouche est terminée.
La Bidoz Nymph
Nouveau corps en tungstène pour le montage des nymphes d’éphémères,
dont il reprend la forme du thorax et de l’abdomen, avec un trou central
qui permet la fixation dans l’axe de l’hameçon. La Bidoz Nymph permet
toutefois la fixation de nombreux matériaux, comme, par exemple, un
cerclage de l’abdomen, un thorax en dubbing ou en hackle. Une gorge
située au-dessus du thorax permet de faire passer le matériau servant
au cerclage du corps, ce qui permet d’ajouter une touche de couleur.
Disponible en cinq tailles pour hameçons n° 18 à 10.
www.bidoz.com
Moulinet Devaux “large arbor” Elite 4/6
Moulinet réalisé en aluminium aéronautique et acier inoxydable
tous temps. Frein central à disque haute puissance, avec réglage
micrométrique très sensible. Bobine “large arbor” 30 mm de
largeur montée avec deux roulements à aiguilles (diamètre 86 mm).
Inversion droitier/gaucher très aisée.
Poids : 155 g. Soies 4, 5 et 6. 50 m de backing 30 lbs.
Prix conseillé : 125 euros.
Existe aussi le modèle Elite 6/8.
Vente en magasins spécialisés.
Fumoir et pochette range-bas de ligne
Il n’est jamais trop tard pour ranger vos différents bas de ligne. Etui en nylon Cordura, fermeture en velcro.
Dix pochettes individuelles en plastique à l’intérieur. Format : 13 cm x 9,5 cm. Couleur : bleu.
Prix : 19,90
euros + 6,90 euros
de frais d’envoi Colissimo. Fumoir en acier inox, dimensions : 40 x 25 x 12,5 cm. Ce petit
appareil permet de fumer facilement, et en peu de temps, poissons ou viandes. L’ensemble contient : 1 bac inox avec
couvercle, 2 grilles (34 x 24 cm),
1 support avec 2 brûleurs, 1 protège-
gouttes ovale, 1 sachet de sciure.
Prix : 78 euros + 6,90 euros
frais d’envoi Colissimo ;franco à partir
de 80 euros d’achat.
Streaamer EURL Marsalin,
28500 Vert-en-Drouais.
Tél. : 02 37 82 95 29.
www.streamerflyfishing.com
SHOPPING
Mouche
Comment
Matériel
Méthode
Expertise
Pêcher
Sous-vêtements isolants Simms
La célèbre marque américaine de vêtements et de bagagerie pour les pêcheurs
à la mouche se devait de proposer des sous-vêtements de qualité. On sait
en effet à quel point le confort est important en hiver. On trouve donc
une combinaison polaire respirante permettant une bonne mobilité.
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la transpiration, une poche zippée, de grands étriers.
Prix conseillé :
99 euros.
Deux ensembles (haut et bas) : Waderwick Fleece (polaire) et
Waderwick Crew, sont là pour assurer l’isolation du haut du corps. Le
Waderwick Crew est un sous-vêtement dont le rôle est de garder le corps au sec.
Sa fonction est donc très importante pour rester bien protégé du froid.
Prix conseillés : Waderwick Fleece, haut : 48 euros, bas :
39 euros.
Waderwick
Crew, haut :
44 euros
, bas :
43 euros.
Ces sous-vêtements sont disponibles en tailles S, M, L, XL et XXL.
www.ardent-peche.com
Vous aurez peut-être remarqué de drôles de pêcheurs affublés d’un bras-
sard numéroté qui arpentent les rues des villes canne à la main. Lancées
l’année dernière, les compétitions de pêche aux leurres urbaines sont
aujourd’hui en plein essor, avec douze dates en 2008. David Pierron, le
coordinateur national du Street Fishing Tour à l’Association française des
compétiteurs de pêche aux leurres (AFCPL), nous en dit en peu plus et fait
le point sur ce concept nouveau en France.
Propos recueillis par Philippe Boisson
Street-fishing,
la pêche dans la rue !
Matériel
Méthode
Expertise
Comment
Pêcher
Pêches sportives : Comment est né
le concept des compétitions urbaines,
dites Street Fishing ?
David Pierron :
Il y a une dizaine
d’années, de jeunes citadins, pas-
onnés de skat
eboard, de rap… et
de pêche, ont revisité les standards
de not
re loi
r. Le St
reet
pêche aux leurres du bord en mi
urbain) venait de naître le long des
quais de Paris, Toulouse ou
Strasbourg. Ça, c’est pour la ten-
dance. La première compétition
urbaine a eu lieu en 2006 à
Chartes, suivie en 2007 par
les opens de Choisy-le-Roi,
rasbourg, ou encore Péri
gueux.
Mais il est clair que la médiati
sa-
on fai
e aut
our de l’open St
reet
Fishing de Strasbourg, l’an passé, a
accéléré le mouvement.
P. S. : Le moins que l’on puisse dire,
c’est que la formule plaît beaucoup
aux j
eunes. Qu’est-
ce qui les attire ?
D. P. :
Ces derni
ères années, les
compétitions de pêche aux carnas-
siers ont apporté un nouveau
souffle à la pêche sport
ve. Les plus
sensibles à la médiatisation faite
autour de ces événements sont
naturellement les jeunes. Mais l’in-
vestissement que nécessitent les
compétitions bateau n’est pas vrai-
ment en relation avec leur bourse.
C’est pourquoi l’AFCPL a développé
rcui
reet
ng à moi
ndre
coût : la première compétition est
accessi
ble à t
ous. Résult
, cet
année, la moyenne d’âge des part
pant
29 ans, soi
plut
des
Les Street Fishing sont nés
d’un concept urbain inspiré
tout autant du rap que
des souvenir de gosses où
beaucoup d’entre nous
partaient pêcher en vélo
non loin du foyer familial.
Ces compétitions ont très vite
rencontré un vif succès.
En termes d’image, le
principe est simple :
les pêcheurs ne se cachent
plus dans la nature, mais
pratiquent leur activité
au cœur des villes, comme
ci-contre à Strasbourg devant
le Parlement européen.
“Plutôt que multiplier les dates à outrance,
je suis partisan d’améliorer la qualité de nos opens.
C’est ainsi qu’on tirera la pêche vers le haut.”
jeunes actifs que des ados. Il y a
ceux qui viennent participer aux
opens pour l’ambiance conviviale
régnant dans la communauté.
Cert
ns vi
met
re un pi
dans la compétition. D’autres, en
revanche, sont
ment
là pour en
découdre. Parmi
eux, peut
re un
futur Gaël, Laurent ou Samir !
P. S. : Cela représente combien de
compétiteurs en France cette année ?
D. P. :
La saison n’est pas encore
terminée
(ndrl : au moment de l’in-
terview),
mais nous avons déjà
dépassé les 200 compét
eurs. On
devrait arriver à 240 participants
pour environ 450 participations
entre pêche et culture urbaine,
nous espérions bien intéresser les
médias.
Libération, Le Nouvel
Observateur, Le Parisien,
France 24,
la TSR en
prime time,
Canada, RFI, entre autres, ont
répondu présent
s. C’est
un début
En t
cas, le but
déjà at
le Street Fishing rajeunit la pêche !
P. S. : Tu es le coordinateur du Street
Fishing Tour à l’AFCPL
, en quoi
consiste ce rôle ?
D. P. :
Cette année, pour la première
saison, en collaboration avec les
organi
sat
eurs locaux, i
l a déjà fallu
mettre sur pied un règlement
nat
onal, un cahi
er des charges et
aux opens. Sincèrement, c’est au-
delà de nos espérances pour une
première saison.
S : Et le public sur les épreuves,
comment répond-il ?
D. P. :
Lors des épreuves, c’est
variable. A Strasbourg, ville touris-
tique, les passants se montrent
plut
curi
eux. A
Besançon, au
contraire, le public ne nous a mon-
ré que peu d’i
érêt
. Peut
re à
cause d’une proximité immédiate
de la nat
ure et
de la relat
ve rura-
lité de cette ville. En revanche, côté
grand publi
c, c’est
de la part
des
médi
as générali
es que nous avons
été gâtés. En accentuant le contraste
Matériel
Méthode
Expertise
Comment
Pas besoin de bateau
pour participer à une
compétition de pêche
aux leurres ! En ville les
parcours sont très bien
peuplés en carnassiers et,
bien souvent, ces zones
sont délaissées des
pêcheurs.
des outils. Ça n’a pas été une
mince affaire ! Au quotidien, il
s’agit surtout d’assurer l’affrète-
ment du matériel entre les opens,
de récupérer les résultats et publier
les comptes rendus, les communi-
qués de presse. Choyer les journa-
listes, ça prend du temps ! A l’heu-
re où je te parle, on commence à
préparer la saison 2009. C’est
reparti !
P. S. : La multiplication des dates ne
risque-t-elle pas de tuer le concept
même de ce genre d’événement,
comme on a pu le constater avec les
salons… et les magazines de pêche ?
D. P. :
En 2008, l’AFCPL Street
Fishing Tour a compté 12 dates,
espacées entre avril et novembre. A
mon avis, plus serait trop ! Plutôt
que multiplier les dates à outrance,
je sui
s part
san d’améli
orer la qua-
lité de nos opens. C’est ainsi qu’on
rera la pêche vers le haut
. La
compét
on pour la compét
non merci ! Mais, d’un autre côté,
l faut
aussi
répondre aux at
des nouveaux arrivants qui partout
en France souhai
accéder à la
compétition à moindres frais. Pour
l’A
FCPL, c’est
un vect
eur de déve-
loppement et de vulgarisation. Ça
demande d’avantage de travail,
c’est pourquoi il faut rester
concentré. Pour 2009, l’ami
Ci-contre David Pierron,
coordinateur des Street
Fishing au sein de
l’AFCPL. David est
technicien à la Fédération
départementale de pêche
et de protection des milieux
aquatiques du Bas-Rhin.
(petit message de la
rédaction puisqu’on parle
d’image de la pêche : on a
mal pour cette perche tenue
ainsi…).
Tchouk (Guillaume Le Garrec)
vient me prêter main forte. On ne
sera pas trop de deux !
P. S. : Quels sont les ingrédients pour
faire un bon open Street Fishing ?
J’imagine que ce n’est pas envisa-
geable partout ?
D. P. :
Ça dépend simplement dans
quel esprit on organise un open :
faire pour faire, ou pour bien faire !
L’idéal pour un open Street Fishing
serait un parcours urbain très acces-
sible et suffisamment long. Le par-
cours, un plan d’eau, un canal ou
une rivière peu profonde, devrait
accuei
r une belle densi
é de bro-
s, de perches ou de bass. Ce
n’est
pas amusant
un open avec
10 poissons pris ! Il faudrait égale-
ment disposer d’infrastructures
(salles), d’une équipe de bénévoles
motivés et de bons contacts locaux !
Organiser l’open dans le cadre
d’une manifestation de plus grande
ampleur serait la cerise sur le
gâteau !
P. S. : Quelles seront les tendances
et les nouveautés pour l’année
prochaine ?
D. P. :
Actuellement
(ndrl : fin sep-
tembre),
tout n’est encore qu’à l’état
de projet
. Il va falloi
r consult
er les
organisateurs locaux. En 2009,
nous allons t
ravai
ller à l’améli
ora-
on globale de nos opens et
de la
communi
cat
on aut
our du St
reet
Fishing. A première vue, on
devrait aussi bénéficier d’une
meilleure répartition géogra-
phique. Enfin, le Street Fishing
Tour croisera certainement le che-
min du circuit bateau. D’une
manière générale, il faut aussi s’at-
tendre à une consolidation du cir-
cuit avec l’émergence et la confir-
mation des talents éclos en 2008.
P. S. : Par où commencera le Tour
D. P. :
Je n’en sais encore rien,
quement
dans un dépar-
tement où l’ouverture carnassiers
ant
pée. Cert
nement
, en Ile-
de-
France, donc ! Ce qui
cer-
tain, en revanche, c’est que le
reet
ng Tour aura la remi
des prix spectaculaire qu’il mérite,
à l’occasi
on du Salon de Clermont
Ce sera aussi l’occasion pour les
champions de la discipline de
transmettre leur savoir pendant les
nombreuses animations. Cette
année encore, les organi
sat
eurs ont
é le bassi
n à l’A
“En 2009, nous allons travailler à l’amélioration
globale de nos opens et de la communication
autour du Street Fishing.”
Matériel
Méthode
Expertise
Comment
Les Street Fishing
se déroulent par équipe
de deux au tirage au sort,
ce qui permet aux
pêcheurs d’apprendre à
mieux se connaître.
L’ambiance est
généralement excellente
sur les épreuves.
SHOPPING
Leurre
Comment
Matériel
Méthode
Expertise
Pêcher
Moteur électrique avant Minn Kota
Power Drive V2 55 lbs –
Chargeur Minn Kota MK 110 PE
Leader incontesté du marché du moteur électrique
pour la pêche, Minn Kota propose depuis quelques
mois la seconde version de son modèle Power Drive,
un moteur avant à commande au pied.
Le modèle 55 lbs de poussée est muni de la fonction
Autopilot. Elle permet, grâce à un système de
boussole et de microprocesseur, de garder un cap
automatiquement, malgré la présence de vent
et de courant. En pratique (pêche en verticale et
“power fishing”), cette fonction est redoutable
d’efficacité. Fini la corvée de correction permanente
de trajectoire, place à la pêche sans contrainte !
Il suffit de viser un cap avec la tête du moteur,
d’appuyer sur un simple bouton, et le tour est joué.
La pédale de commande au pied est réactive
et dispose d’un mode continu ou momentané.
La progressivité du variateur est parfaite.
Le système Maximizer permet une excellente
gestion de la batterie, car seule l’énergie nécessaire
est utilisée (la batterie ne se décharge pas de façon
constante, mais en fonction de la demande).
Un produit qui ne suscite que des éloges,
hormis l’étanchéité de la pédale, qui mérite
d’être protégée en cas de pluie.
Prix public conseillé :
1 290 euros.
De son côté, le chargeur de batterie MK 110 PE
a lui aussi séduit de nombreux utilisateurs.
Ce chargeur progressif tient compte du niveau
de charge de la batterie. L’intensité de la charge
diminue au fur et à mesure que la batterie
se charge. Fini les batteries qui terminent en
ébullition et qui sont endommagées en cas d’oubli.
Pour un prix conseillé d’environ
100 euros
c’est le chargeur idéal du moment.
En vente en magasins spécialisés pêche
et nautisme.
Astucit prend la distribution de Xzoga
Après Do-It, Mustad, Quarrow, Strike Pro, Falcon et
Fujiyama, Astucit prend en charge la distribution de
la marque japonaise Xzoga. Le Teamxzoga® est
constitué de f
abricants de cannes et de pêcheurs
experts, possédant plus de vingt ans d’expérience dans
l’industrie de la pêche sportive, utilisant des cannes
de très hautes qualités combinées au concept de
fabrication V9, donnant naissance à la marque
zoga®. Avec le SS concept (
Super Slim Super
Srong), le Teamxzoga® a créé une gamme de cannes
totalement nouvelle aux diamètres de blanks super f
ins
et aux parois ultra renforcées. En plus des cannes,
Xzoga® propose des produits clés que sont les fils et
tresses : Jigging PE, Taka PE, Shogun PE,
100 % Fluoro Carbon, Camo Leader et Taka SK.
En vente dans les magasins spécialisés.
Canne verticale Prologic Savagear Vertical Optimizer (monobrin)
S’il est possible de pêcher à la verticale avec de nombreuses cannes f
aites
pour pêcher aux leurres, l’essai d’une canne spécifique nous oblige rapidement à
reconnaître que c’est tout de même plus agréable, plus ef
icace. Prologic ne s’est pas
trompé en proposant ce modèle monobrin de 1,83 cm pour une puissance de 10-30 g.
L’action progressive est très appropriée à ce type de pêche, particulièrement la f
ibre
qui compose cette canne, qui autorise un excellent ressenti du travail du leurre.
Munie d’une poignée courte, d’anneaux spécif
iques, d’un f
aible poids, la Vertical
Optimizer est un f
leuret que l’on peut utiliser des heures durant sans f
atigue.
Un produit bien pensé qui, de plus, bénéf
icie d’un très bon rapport qualité/prix.
Prix conseillé :
79 euros
Fonction Autopilot placée
sur la tête du moteur.
Chargeur de batterie
MK 110 PE.
’écrevisse est le plus gros
crustacé de nos eaux
douces. Même si elle
n’est plus que rarement
indigène (voir encadré),
elle est bien présente dans nos
rivières, fleuves, étangs et lacs, et
occupe souvent une bonne place
dans le régime alimentaire de nom-
breux poissons.
Vous avez certainement déjà eu
l’occasion de pêcher des perches à
l’estomac rempli d’un ou plusieurs
de ces crustacés soigneusement
repliés ou des brochets au ventre
déformé donnant, au toucher, l’im-
pression que le poisson a ingurgité
quelques cailloux. Vous avez aussi
pu observer des carpes en train de
fouiller le pied des berges d’un
étang en mettant des coups de
boutoir dans la végétation, à la
recherche de cette précieuse
friandise.
Un pêcheur de truite rencontré au
bord d’une petite rivière envahie
d’écrevisses signal me rapportait
récemment qu’il trouvait régulière-
ment des restes de petites écrevisses
dans l’estomac des quelques truites
Pêcher avec
des imitations
d’écrevisse
Matériel
Méthode
Expertise
Comment
Pêcher
Il existe aujourd’hui sur le marché une importante palette de leurres
imitant avec plus ou moins de réalisme des écrevisses. Le développement
important des populations de ce crustacé dans la plupart de nos eaux
doit nous inciter à utiliser ces leurres de façon plus régulière. Les pois-
sons, carnassiers ou non, mettent plus souvent qu’on ne le pense à leur
menu cette source de protéines relativement facile à capturer.
Par Philippe Collet
Modèle suggestif, la Big Claw chez Riverside
coupée et montée sur une tête sabot.
de 30-35 cm (des belles pour la
rivière) qu’il gardait chaque année.
L’écrevisse est régulièrement
consommée par de nombreux pois-
sons, dont les carnassiers, les plus
recherchés : brochets, perches,
sandres, black-bass, silures… En
posséder quelques imitations de
diverses tailles dans ses boîtes peut
toujours être utile, notamment
lorsque les poissons se fixent sur ce
type de proie.
Une nage caractéristique…
Lorsqu’elle n’est pas inquiétée,
l’écrevisse se déplace lentement en
marchant. En cas de panique, elle
s’enfuit en marche arrière, en bat-
tant violemment de son abdomen
segmenté terminé par un appen-
dice aplati, l’uropode, qui lui sert
de “nageoire”. Ses pinces sont alors
allongées vers l’avant et s’effacent
derrière le thorax. Entre chaque
battement, son abdomen se replie
pour former un arrondi et un
ensemble très hydrodynamique en
forme de goutte d’eau. Cette nage
de fuite caractéristique est consti-
tuée d’une succession d’impulsions,
dont le rythme va en s’accélérant.
Elle se termine par une descente
planante vers le fond lorsque l’écre-
visse a pris suffisamment de dis-
tance par rapport au danger.
Acculée, elle fait face, pinces
ouvertes et pointées vers l’intrus.
… dont découle l’animation
La plupart des modèles de leurres
commercialisés permettent d’imiter
cette fuite. L’écrevisse est accrochée
à la ligne par la pointe de l’abdo-
men, pinces en avant. Sur une trac-
tion, elle se déplace à reculons, les
pinces se resserrant. Lors des poses,
les pinces s’écartent de nouveau
imitant à merveille l’animal vivant.
La flottaison des pinces de certains
modèles leur permet en plus de se
redresser à l’arrêt et d’être encore
plus réaliste, rappelant au préda-
teur l’attitude désespérée de l’écre-
visse lui faisant face.
L’animation de base est donc
constituée d’une alternance de
tirées, d’environ 20 à 50 cm, à
peine entrecoupées, pour produire
une animation linéaire, suivies
d’arrêts plus ou moins longs per-
mettant au leurre de rejoindre le
fond en planant et de s’y poser
pinces orientées vers le haut.
La prospection d’une berge depuis
un bateau ou la rive opposée (en
canal par exemple) est payante en
lançant au ras du bord et en tirant
le leurre par saccades au-dessus
d’une zone plus profonde. On
essaie alors d’imiter une écrevisse
affolée sortant d’une cache sous
berge et fuyant sans défense en
pleine eau. Elle est alors relative-
ment irrésistible pour le prédateur
embusqué en dessous, sur la cassu-
re souvent proche. Lorsque vous
connaissez les postes prospectés,
pêchez concentré en vous mettant
dans la peau d’une pauvre écrevisse
sans défense fuyant de la berge et se
fourrant dans la gueule du loup.
Vous serez tôt ou tard sanctionné
par une touche bien résonnante ou
un déplacement latéral de votre fil.
Des animations plus tradition-
nelles, en faisant sautiller le leurre
ou en le traînant sur le fond pour
décoller un nuage de sédiments,
peuvent être efficaces. Dans tous
les cas le fil doit rester tendu lors
des relâchés car la touche se produit
souvent à la descente.
N’hésitez pas à marquer des arrêts,
l’écrevisse posée au fond en position
Dans tous les cas, le fil doit rester tendu lors
des relâchés car la touche se produit très souvent
à la descente du leurre.
La dominance des écrevisses exotiques
Les principales écrevisses indigènes françaises sont Astacus astacus, “écrevisse à pattes
rouges” et Austropotamobius pallipes, “écrevisse à pattes blanches”. La première vit
dans les eaux calmes à stagnantes de bonne qualité, le deuxième dans les eaux lim-
pides et fraîches aux fonds de graviers.
Ces espèces deviennent de plus en plus rares, car elles sont sensibles aux pollutions et
à la destruction de leur habitat. Elles sont encore présentes dans des milieux préservés
et dans certaines têtes de bassin isolées.
Leur déclin, provoqué par les diverses atteintes à leur milieu, a été accéléré par l’intro-
duction empirique d’écrevisses exotiques, redoutables concurrentes, le plus souvent
bien moins sensibles aux pollutions, plus agressives et prolifiques et surtout porteuses
saines de maladies fongiques contagieuses jusque-là inconnues des autochtones (peste
de l’écrevisse).
Les espèces exotiques rencontrées sont, par ordre de taille, Orconectes limosus, l’écre-
visse américaine banale, Procambarus clarkii, l’écrevisse rouge de Louisiane,
Pacifastacus leniusculus, l’écrevisse du Pacifique ou écrevisse signal (américaine),
Astacus Leptodactylus, écrevisse à pattes grêles ou écrevisse turque.
L’écrevisse la mieux implantée, que ce soit en lac ou en rivière, en milieu pollué ou non,
est certainement Orconectes limosus, c’est aussi la plus petite et celle que l’on retrouvele
plus souvent dans les contenus stomacaux des poissons.
Les écrevisses américaines citées précédemment sont considérées comme des espèces
pouvant provoquer des déséquilibres biologiques, leur détention vivante et leur intro-
duction sont interdites.
Pacifastacus leniusculus
l’écrevisse “signal” en train
de marcher sur le fond.
de défense reste pêchante, surtout
si la matière dont elle est constituée
est suffisamment souple pour
vibrer un tant soit peu.
Les modèles et les montages
Selon les postes et leur encombre-
ment, vous pêcherez avec des écre-
visses armées d’une tête plombée
ou en montage texan lesté ou non.
Les têtes plombées football permet-
tent le maintien d’une écrevisse aux
pinces flottantes dans la position
idéale en lui permettant de remon-
Les modèles peuvent être très imi-
tatifs, comme les Yabbies, les
Crawbug chez Yum, les écrevisses
Storm Rattle Hot Craw Tube, et
prévus pour être armés d’une tête
plombée. Dans les modèles plus
suggestifs, on trouve notamment
les Big Claw chez Riverside, les
Craw chez Gary Yamamoto puis
diverses créatures comme la Talon
Worm chez River 2 Sea, l’Ultravib
Speed Craw chez Zoom et des
modèles plus dépouillés encore
comme la Sabertail chez Berkley
(cette liste n’est bien sûr pas
exhaustive et est loin d’être
complète).
Tous ces modèles suggestifs peu-
vent être montés sur têtes plom-
bées, en raccourcissant si néces-
saire leur corps pour mieux centrer
l’hameçon. Ils peuvent aussi être
montés en texan pour explorer des
herbiers pas trop denses, des bois
noyés ou des fonds rocheux.
Nombre d’entre eux s’associent
aussi très bien avec des jigs, dont
les nombreuses fibres mobiles
ajoutent de la vie au leurre souple
en apportant une pulsation sup-
plémentaire lors des alternances
tirées/relâchés. Ces jigs peuvent
être munis ou non d’une brosse
anti-accroche pour l’exploration
des postes encombrés. Avec les jigs,
on peut associer divers trailers sug-
gérant de façon très lointaine les
deux pinces d’une écrevisse.
Associée à un jig, la Sabertail
Berkley, par exemple, peut donner
une nage d’ensemble très imitative
de l’écrevisse, bien que le leurre ne
ressemble pas réellement à grand-
chose hors de l’eau.
Un dernier modèle se détache du
lot par l’animation encore diffé-
rente qu’il permet. Il s’agit de la
Dynagone chez Imakatsu. Montée
avec un petit insert de lestage et un
hameçon wide gape, l’hameçon
placé “à l’envers”, l’œillet entre les
pinces et non au bout de l’abdo-
men, cette créature peut planer en
marche arrière sur plusieurs mètres
à condition que le pêcheur relâche
du fil et l’accompagne sans la bri-
der. Cette particularité permet
d’explorer des postes normalement
inaccessibles comme des berges
creuses, des branches basses bai-
gnantes… Si le leurre ressemble à
s’y méprendre à une écrevisse pla-
nant à la descente, il ne ressemble
plus à ce crustacé lors des tractions,
mais reste tout de même très
attractif. Une vidéo très démons-
trative est visible sur le site du
fabricant : www.imakatsu.co.jp
ter pinces en l’air sans risquer de
basculer latéralement. Une tête
sabot sera moins stable latérale-
ment mais permettra aux leurres
non flottants de ne pas rester collés
au fond.
Certains modèles d’écrevisses
comme la Stand’n Yabbie ou la
Super Yabbie chez River 2 Sea sont
moulés sur une tête sabot et livrées
prêts à pêcher. La Super Yabbie est
dotée d’une brosse anti-accroche
qui permet de pêcher les postes
encombrés.
Matériel
Méthode
Expertise
Comment
pêcher
Surveiller sa tresse à
la descente après
une animation saccadée
permet de détecter
des touches que
l’on n’aurait pas perçues
dans le poignet.
La prospection verticale
précise des moindres
irrégularités de la berge.
Ici, le bord d’un ouvrage
sur un canal peut
réserver de bonnes
surprises.
Un barbeau de la rivière
proche s’est prêté au jeu
alors que les carnassiers
du canal étaient
boudeurs.
Les répliques d’écrevisse les plus parfaites hors de l’eau ne sont pas forcément les plus
réalistes en dessous. La bonne imitation de certains comportements et formes géné-
rales du crustacé doit à mon avis être privilégiée, même si les poissons qui craquent
pour ces leurres y voient peut-être tout autre chose. Mais le tout n’est-il pas d’abord
que nous, pêcheurs, y croyons ?
De l’imitation exacte…
Stand’n Yabbie River2Sea
posée sur le fond et
plaquée par le courant.
Notez les pinces creuses
remplies d’air et
le mouvement attractif
des antennes.
Stand’n Yabbie à l’attitude
plus vraie que nature dans
le courant. La taille modeste
de ce modèle en fait un
leurre polyvalent.
Modèle Storm Rattle Hot Craw Tube
monté sur une tête plombée football.
Les perches raffolent des écrevisses.
Cette perchette n’a pas hésité face
à ce leurre consistant.
Matériel
Méthode
Expertise
Comment
Haut :
La créature Talon
Worm chez River2Sea
en montage texan pour
prospecter les postes
encombrés. Bien appuyer
son ferrage pour faire
ressortir le fer de
l’hameçon.
Ci-contre:
Le modèle de
Craw 5’ Gary Yamamoto.
Bas :
La Crawbug chez
Yum montée sur une tête
plombée football de 14 g.
Le corps massif de cette
écrevisse est creux et s’écrase
à la touche, favorisant
le ferrage. Un bon modèle
pour le brochet ou le
sandre, par exemple, un
peu gros pour la perche.
Fiche Leurre
Conseils d’animation
Le Maria Miss Carna est un leurre de surface conçu pour être ramené en par
petites impulsions qui le font zigzaguer à droite et à gauche (action dite walking
the dog). Comme avec tous les leurres de la famille des stickbaits, il est important
de bien marquer les temps d’arrêts après chaque impulsion et de détendre la ban
nière, si l’on veut éviter de brider le leurre dans ces déplacements latéraux. Par mer
formée, le Miss Carna, pourra régulièrement se trouver sous l’eau momentané
ment, situation où il reste très efficace. Il est relativement facile à animer contrai
rement à d’autres modèles plus difficiles à bien faire nager.
es spinners baits sont de redoutables leurres pour prendre des
brochets. Ces leurres bénéficient en France d’une excellente
réputation. Pour autant la plupart des modèles ne permettent
pas de pêcher sous plus de trois ou quatre mètres d’eau. Pour com-
bler ce manque, Damiki propose le Charade, un spinner de 28 g,
de forme compacte et dense à la fois. L’idée était de garder une taille
standard pour un poids plus important. La qualité de fabrication est
au rendez-vous, avec des palettes qui tournent parfaitement à toutes
les vitesses de progression du leurre et une jupe bien fournie. Son
poids important n’est pas un handicap une fois en pêche. Le leurre
ne “tire” en effet pas trop sur la canne. Une réussite pour un leurre
indispensable partout où il faut pêcher en profondeur. Un “hame-
çon chance” est le bienvenu car celui en place est franchement sous
dimensionné.
e leurre étrange appartient à la famille des “créatures”, puisque,
contrairement aux apparences, il n’imite pas spécifiquement
une écrevisse (on fait beaucoup mieux dans ce domaine !).
Polyvalent, le Flipping Hog proposé par Gary Yamamoto peut s’utili-
ser en montage texan ou carolina, mais aussi sur une tête jig avec ou
sans pattes en caoutchouc (rubber legs). Le montage sans leste à un
hameçon texan à hampe courbe (wide gape) est également possible
puisque comme tous les leurres Gary Yamamoto, le Flapping Hog est
salé à 45 %, ce qui lui permet de couler lentement mais sûrement. Bien
entendu, ce leurre très utilisé aux Etats-Unis a été imaginé pour pêcher
le black-bass. Il fait savoir qu’il donne également de très bons résultats
sur les perches en utilisation jig.
Conseils d’animation
Que dire de la récupération du Damiki Charade 28 g, sinon rappeler les principes
de base d’utilisation de ce type de leurre ? Les spinners baits sont conçus pour être
récupérés en moulinant lentement de façon régulière. Le seul moment qui
demande un peu d’attention concerne la descente du leurre à la profondeur de
pêche. Utilisé en lacs, la descente du Charade 28 g doit être accompagnée fil
presque tendu pour déceler les touches à la descente, fréquentes le long des
tombants. Car il ne faut pas oublier que le leurre pêche dès lors qu’il descend
naturellement vers le fond.
Conseils d’animation
Gary Yamamoto est l’auteur de plusieurs best-sellers et non des moindres comme
le Senko ou le Ika. Sa gamme compte peu de modèles, mais ceux qui y figurent
ne sont pas là par hasard. Le Flapping Hog est un leurre qui doit vivre autant
lorsqu’il est presque arrêté que lorsqu’il se déplace par à-coups. Pour cela, il est
muni de multiples appendices qui jouent – par paires – dans tous les registres de
mobilité. La meilleure façon de le découvrir est de l’utiliser non lesté, ce qui permet
de comprendre sa façon si particulière de se mouvoir, notamment lorsqu’il est
presque à l’arrêt.
• Fiche technique
Poids :
28 g environ (existe aussi en version 14 g).
Prix conseillé :
14,90 euros.
En vente dans les magasins spécialisés.
• Fiche technique
Longueur :
10 cm.
Prix conseillé :
8,50 euros les 7 leurres.
En vente en magasins spécialisés. Cinq coloris. Renseignements et liste des points
de vente : www.luckycraft.fr
Gary Yamamoto Flapping Hog
Spinner Bait Damiki Charade 28 g
Le livre
événement
En exclusivité pour les lecteurs de
Pêches sportives
Après une carrière déjà longue de pêcheur à la mouche et
d’observateur de la vie aquatique, j’ai été véritablement
conquis par l’ouvrage
Entomologie für Fliegenfischer,
de
W. Reisinger, E. Bauernfeind & E. Loidl. Trois pêcheurs à la
mouche autrichiens, deux d’entre eux étant d’éminents
entomologistes et le troisième monteur de mouches
professionnel, ont uni leurs efforts et leurs compétences pour
produire ce qui constitue un événement majeur dans ce
domaine.
Les trois ordres d’insectes aquatiques les plus importants pour
le pêcheur à la mouche – Ephéméroptères, Trichoptères et
Plécoptères – sont étudiés en détail. Le lecteur découvrira une
diversité insoupçonnée dans la biologie et le comportement
des espèces qu’il côtoie au bord de l’eau.
Les informations concernant la biologie, et en particulier
l’émergence, amènent à repenser le problème de leur imitation
et conduisent à des modèles véritablement innovants.
Ce livre est empreint d’un amour profond de la nature, du
souci de la préservation du patrimoine naturel et du respect
de la rivière et de ses habitants. Il nous transmet une
philosophie et une éthique. S’il peut guider le pêcheur à la
mouche sur la voie du succès, il lui enseigne aussi que le plaisir
de la pêche ne se limite pas à la prise du poisson mais qu’il
s’enrichit grandement de l’observation et de la contemplation
de la vie de la rivière.
Michel Hivet
Format : 280 x 230 mm – 250 pages – 500 photos couleurs
Le Guide
entomologique
du pêcheur
à la mouche
la littérature halieutique
de W. Reisinger, E. Bauernfeind et E. Loidl
traduit de l’allemand par M. Hivet
Prix de lancement
au lieu de 79
69

Oui,
je désire recevoir
Le Guide entomologique du pêcheur
à la mouche
au prix franco de 69
Bulletin de commande à renvoyer à :
Pêches sportives,service commandes, 11 rue de Milan, 75009 Paris.
VOTRE MODE DE PAIEMENT AU CHOIX
Par chèque à l’ordre de
Pêches sportives
joint à la commande
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expire en :
Date :
Signature (obligatoire) :
Nom : ……………………………………….. Prénom : ………………………………………………………..
Adresse : ………………………………………………………………………………………………………………
Code Postal : ………………………………….. Ville :………………………………………………………..
66
Matériel
Méthode
Expertise
Pêcher
OU
TOPS
Pêches sportives
LES
de
Mexique p. 66
Norvège
p. 84 et 85
Russie p. 83
Pologne p. 72
Islande p. 80
Nouvelle-
Calédonie
p. 76
iel et mer se confondent
et s’unissent pour effa-
cer l’horizon uniformé-
ment gris. Suivant les
conseils de Dick qui
vient de vérifier les prévisions météo,
nous nous équipons pour affronter
l’orage tandis que les
lanchas
, qui
jouent à saute-mouton au-dessus de
la mer bien formée, nous emmènent
vers les flats. Cela fait déjà trois jours
que nous traînons dans la baie de
l’Ascension et, bien que les condi-
tions ne soient pas trop mauvaises
nous n’avons pas eu la chance d’atta-
quer convenablement un seul permit.
Bien sûr, nous nous sommes défoulés
sur les bonefishs, mais un sentiment
de frustration commence à nous
envahir. Ce ne sont pas les conditions
climatiques désastreuses de l’année
dernière qui pourraient expliquer
notre bredouille, cette année nous
avons pu croiser du regard de nom-
Pour Kathleen et Jean-Pierre Piccin, réussir à leurrer des
permits (
Trachinotus falcatus
) semblait il y a peu encore une
utopie, tant ce poisson les a, par le passé, fait tourner en bour-
rique. Mais, l’an dernier, la réussite a été au rendez-vous, et
le bonheur fut immense !
Par Kathleen et Jean-Pierre Piccin
Mexique
Sacré permit !
C’était sans compter sur Eole qui a voulu être de la fête et, tandis
qu’on essayait de lancer, nous a appris pourquoi la vitesse du vent
se mesure en nœuds !
67
breux permits, mais ils se sont rapide-
ment fondus dans le bleu des
Caraïbes. Nous en avons surpris en
bateau, les avons poursuivis à grandes
enjambées, à pas de loup, et parfois
presque à la nage, mais à chaque fois
sans succès.
Hier, jour de mon anniversaire et jour
de Pâques, dans une mer très agitée,
nous avons péniblement passé deux
caps et parcouru une soixantaine de
kilomètres pour pêcher la zone très
peu fréquentée de Sancti Spiritus.
Autant de coïncidences durant la
semaine sainte ne pouvaient être
qu’un signe de destin, mais c’était sans
compter sur Eole qui a voulu être de
la fête et, tandis qu’on essayait de lan-
cer, nous a appris pourquoi la vitesse
du vent se mesure en nœuds ! Dans
l’immense baie inchangée depuis sa
découverte par Christophe Colomb,
où l’air du large et les nuages s’engouf-
frent, tant bien que mal, pendant plu-
sieurs heures nous avons couru der-
rière quelques
palometa
qui ont
continué à nous snober !
A présent, sans trop d’entrain, recro-
quevillé et emmitouflé dans ma
capuche, je pense à ce que me disait
Carlos, un de mes guides de l’an der-
nier : “Le vent n’est pas gênant !
Même s’il y a de belles vagues sur le
flat, on peut quand même repérer
quelques tailings. En revanche, sans
soleil c’est une tout autre histoire…”
Sans hésitation, telle une flèche, notre
bateau se dirige vers un
cayo,
qui
abrite du vent, un magnifique miroir
où comme par enchantement de
timides rayons du soleil semblent
faire un pied de nez aux météoro-
logues. A peine le temps de nous
ébrouer et de prendre nos cannes,
prêtes de la veille, que déjà Jonathan
murmure
“agua nerviosa”,
en mon-
trant du doigt une cinquantaine de
permits en train de déjeuner bruyam-
ment dans quelques centimètres
d’eau. Tandis que je sors le matériel
vidéo tout en m’interrogeant si je ne
rêve pas, j’entends comme une explo-
sion et le doux chant d’un moulinet.
Un permit vient d’être ferré et, pre-
nant peur, tout le banc s’éloigne à vive
La réussite à la pêche à la mouche du permit dépend d’un grand nombre de facteurs, comme le vent,
la lumière, les phases d’activités des poissons, etc. L’importance du guidage est également primordiale.
C’est ce qui fait à la fois son charme et sa difficulté. La prise de ce poisson n’est donc jamais garantie
et les échecs ont souvent lieu très près du but. Ci-dessus, le fameux Merkin Crab, censé imiter un blue
crab qui se laisse descendre en planant pour échapper à la vue du prédateur.
68
printemps
été
dans le monde
OU
Pêcher
69
Kathleen Piccin n’est pas peu fière ! Elle l’a eu son permit !
Jean-Pierre se devait de prendre également son premier lingot
d’argent, ce qui fut fait peu après…
Le Mexique est sans doute le pays qui offre les meilleures
opportunités pour la pêche de ce poisson. Les paysages sont
magnifiques, comme cette plage avec au loin les ruines mayas
de Tulum qui sont proches de Punta Allen.
70
printemps
été
dans le monde
OU
Pêcher
Ci-contre, on mesure d’un simple coup d’œil
l’importance du guidage, de la connaissance
du terrain, des marées et des pièges que
réservent les flats mexicains…
allure vers des eaux plus profondes.
Après avoir d’abord joué au bolide
pour rejoindre ses compères et se sen-
tant à la traîne, de toutes ses forces le
poisson réussit… à tirer des sourires
à Kathleen. Ce n’est qu’à une cen-
taine de mètres qu’il semble contrarié
par le frein bien serré du moulinet,
mais il poursuit son bonhomme de
chemin encore une quarantaine de
mètres, vidant dangereusement le
backing. En basculant la canne d’un
côté puis de l’autre, Kathleen com-
mence à le déséquilibrer et, comme
elle sait si bien le faire, lui fait tourner
la tête. Après avoir subi un tel manège
durant une vingtaine de minutes, le
permit se met à battre de l’aile mais ne
paraît jamais tout à fait épuisé. Enfin,
entre nos mains, lors de l’explosion de
joie, incrédule, il semble écarquiller
d’étonnement son œil déjà énorme !
Il y avait si longtemps que nous avions
projeté de pêcher ce poisson mythique
et si longtemps attendu cet instant !
Combien de fois ils étaient venus voir
nos imitations de crabes, parfois en les
suivant presque jusqu’à nos pieds, et
combien de fois ils les avaient refusées
au dernier moment, en leur faisant
parfois de petites bises du bout de
leurs lèvres pulpeuses. Après quelques
photos de cet élégant médaillon d’ar-
gent miroitant au soleil, nous le
remettons dans son écrin turquoise et
le laissons filer vers le large et vers nos
meilleurs souvenirs.
Tout en rejoignant le bateau afin
d’essayer de retrouver le banc, Charly
nous indique du doigt un bel aileron
noir et pointu qui brise les vague-
lettes. Aussitôt, je prends mon maté-
riel et le suis dans la direction indi-
quée, d’abord rapidement puis avec
discrétion au fur et à mesure que
nous nous rapprochons du poisson.
Il est à présent à une trentaine de
mètres, grignotant tranquillement
son petit déjeuner. On se rapproche
de 5 ou 6 mètres. Il change de table
pour déguster, plus loin, une autre
friandise. Nous avançons encore,
tandis qu’il refait la même chose…
Cela fait une centaine de mètres qu’il
71
nous promène sans que nous puis-
sions lui prendre un centimètre. Son
itinéraire étant parallèle au rivage,
Jonathan a l’excellente idée de me
proposer de rejoindre la plage et de
courir pour le dépasser et couper sa
trajectoire. Aussitôt dit, aussitôt fait,
et la stratégie marche à merveille.
Nous le voyons arriver dans 50 centi-
mètres d’eau, tranquille. Je lance plu-
sieurs mètres devant lui mon crabe
qui, sur le fond sablonneux blanc, ne
peut passer inaperçu. Il approche
puis fait un crochet en s’éloignant du
leurre. Je dois relancer. Je ramène
doucement ma ligne et accroche un
corail. Si près du but, vais-je encore
gâcher cette opportunité ? J’incline la
canne sur le côté, tire délicatement
et, par chance, décroche ma mouche.
Je dois me presser car dans quelques
secondes le permit sera hors de por-
tée. Sans difficulté, le vent m’étant
pour une fois favorable, j’envoie mon
crabe au-delà des 20 mètres, juste
devant mon poisson, puis l’anime
lentement. Léger toc, ferrage, gros
bouillon à la surface de l’eau, démar-
rage foudroyant, tout se précipite à
une telle vitesse que je me contente
de lever la canne. Après de longues
minutes à la limite de la rupture,
envolés les départs à tire-d’aile, enfin
je parviens à retrouver mes repères, à
le fatiguer et le ramener près de
Jonathan, qui s’en saisit. Tandis que
nous crions de joie, levé vers le ciel tel
un trophée, sa queue semble faire le
“V” de la victoire en l’honneur de
toute l’équipe. Enfin !
Guide pratique
Où dormir
En arrivant à Cancun il est possible de dormir sur place, mais si on désire être plus tran-
quille et prendre un peu de repos avant la pêche nous conseillons d’aller jusqu’à Tulum
et de louer, à des prix très raisonnables, une cabane sur la plage.
www.ecotulum.com
Séjour pêche
Pour le séjour pêche à Punta Allen, il est possible une fois sur place de louer un appar-
tement et de faire appel à un des nombreux guides de pêche. Dans ce cas, il est indis-
pensable de parler un peu l’espagnol et d’avoir assez de temps.
Pour ceux qui souhaitent un séjour organisé de grande qualité, le Palometa Club
conviendra parfaitement. Situé au bord de la plage, au cœur du village Punta Allen, il
est le seul qui permette d’apprécier, le soir, l’ambiance mexicaine.
www.palometaclub.com
E-mail : [email protected]
72
printemps
été
dans le monde
OU
Pêcher
n petit retour en
arrière s’impose pour
planter le décor.
Malgré l’opposition
de certains pêcheurs
locaux qui voyaient d’un mauvais œil
l’arrivée de pêcheurs étrangers, la
fédération de pêche polonaise met-
tait en place en 2001 un véritable
programme touristique sur un secteur
La San, rivière du sud-est de la Pologne, est sortie de l’anonymat depuis qu’un parcours no-kill
de six kilomètres a été créé, il y a six ans. Depuis, de nombreux pêcheurs européens fréquentent
assidûment ce “spot” très bien peuplé en ombres; mais aussi en truites. Qu’en est-il de ce par-
cours situé juste en aval d’un grand barrage, six ans après sa commercialisation ?
Par Jérôme Gaillard
de la rivière San à l’aval immédiat du
barrage de Solina, dans la région de
Lesko, près de la frontière ukrai-
nienne. Cette région est touchée par
un taux de chômage de plus de 40 %.
Le tourisme pêche permettait de
relancer une activité économique
dans la vallée pour les hôtels, les
guides de pêche, l’artisanat local et les
marchands d’articles de pêche.
Le profil de la San, avec ses 100
mètres de large et sa faible profon-
deur autorisant un wading facile,
permet de pratiquer toutes les tech-
niques de pêche à la mouche pour
leurrer les truites ou les gros ombres
et ainsi d’attirer tous les types de
pêcheurs.
Autre avantage important, la rivière
n’impose pas de matériel spécifique.
Pologne
Le parcours no-kill
de la San six ans après
73
Une bonne canne de 9 à 10 pieds qui
supporte une soie WF n° 4 ou 5 fait
parfaitement l’affaire. Un pantalon
de pêche sur un bon collant respi-
rant, des chaussures avec ou sans clous
antidérapants qui tiennent bien les
chevilles, et vous voilà équipé. L’eau
peut être très froide (6 à 8 °C) car le
parcours débute au pied du barrage. Si
l’eau est haute, un bâton de wading
peut être très utile pour progresser
dans la rivière. Un gilet de couleur dis-
crète et une épuisette dotée d’un
grand tamis sont conseillés. Une cas-
quette et des bonnes lunettes polari-
santes sont aussi indispensables.
Malheureusement, la qualité du
milieu, fortement perturbé par les
différences de températures engen-
drées par le barrage, limitait la capa-
cité de reproduction des salmonidés
présents, malgré un habitat calcaire
riche en concrétions calcaires (tufs) et
en graviers. C’est donc à grands ren-
forts d’alevinages réalisés par les res-
ponsables locaux que le secteur
devint très rapidement surpeuplé en
truites et ombres qui, au fil des
années, sont devenus de forts beaux
poissons dépassant pour certains les
50 centimètres. Depuis, la société de
pêche a investi dans une pisciculture
et préfère maintenant soutenir les
populations en effectuant chaque
printemps des lâchers de truitelles et
d’ombrets issus de parents vivant
dans la rivière. Le fait de constater
que la reproduction est presque nulle
en aval des barrages a permis aux res-
ponsables d’obtenir l’ouverture de la
pêche toute l’année. Mais, hormis
quelques belles journées ensoleillées
en hiver, la meilleure saison se déroule
de la mi-avril à la fin octobre. Juin,
juillet et août restent, malgré les
orages fréquents, les meilleurs mois
pour profiter de belles journées au
bord de la San. Les éclosions de bae-
tidés, de caénidés et de chironomes
sont très nombreuses tout au long de
l’année. De ce fait, la San compte
parmi les meilleurs parcours d’Europe
pour la pêche à la mouche sèche.
Concernant les techniques de pêche,
comme toujours avec des poissons
très sollicités, il faut impérativement
soigner la présentation des mouches.
Un bas de ligne de 5 à 6 mètres muni
d’une pointe de 1,50 m au minimum
en 12 ou 10/100 est indispensable
pour attaquer correctement les plus
beaux poissons. Mais, autre avantage,
la recherche des poissons est assez
simple vu la quantité présente. Les
pêcheurs habitués à la Dordogne, à la
basse rivière d’Ain, au Doubs ou au
haut Rhône ne seront pas perdus sur
la San. Ils sauront localiser rapide-
ment les veines profondes où se tien-
nent les ombres et les bordures plus
sombres où montent les grosses
truites. On peut certains jours, dans
une seule veine et sans changer de
place, prendre à la mouche sèche plu-
sieurs gros ombres dépassant le kilo.
La taille des insectes présents dans les
eaux de la San impose l’emploi de
petites mouches montées sur des
hameçons de 16 à 20, sauf pour les
coups du soir où les sedges en che-
vreuil sur des hameçons de 10 ou
12 feront bien l’affaire. Veillez à faire
attention à bien écraser vos ardillons,
car les quatre gardes embauchés par la
société de pêche ne plaisantent pas
avec le règlement, et c’est tant mieux!
Faites attention aussi aux grosses
branches immergées de couleur rou-
geâtre, c’est sûrement l’un des
huchons qui peuplent le parcours qui
se tient posté là. Ils sont mordeurs sur
des streamers assez gros, hameçons
n° 2, bien plombés en tête et de la
couleur d’un vairon.
La richesse du secteur, la qualité des
poissons ainsi que l’organisation du
championnat d’Europe de pêche à la
mouche en 2005 ont attiré les médias
de la presse nationale et européenne.
Depuis, la fréquentation a véritable-
ment explosé, et on croise maintenant
des moucheurs venus de toute l’Europe
pour se frotter aux poissons de la San.
Et, cerise sur le gâteau pour les respon-
sables, la Fédération internationale des
pêches sportives (FIPS) vient de don-
ner à la Pologne l’organisation des pro-
chains Championnats du monde
2010, qui auront lieu sur la San.
Quelles conclusions peut-on
tirer de cette initiative locale ?
Avec de la volonté et contre tous les
a priori,
les Polonais ont su tirer parti
de cette portion de rivière considérée
comme morte par les scientifiques.
Un bas de ligne de 5 à 6 mètres muni d’une pointe de 1,50 m
au minimum en 12 ou 10/100 est indispensable pour attaquer
correctement les plus beaux poissons.
printemps
été
dans le monde
Pêcher
74
Grâce à la pêche à la mouche, ils ont
créé une activité qui rapporte directe-
ment à la collectivité locale environ
un million d’euros chaque année,
répartis entre la restauration, les nui-
tées, les locations de véhicules, les
permis de pêche, etc. Ils ont pu aussi
créer quatre postes de garde-pêche à
plein temps. La communication faite
autour du parcours a dynamisé le tou-
risme local (visite des églises ortho-
doxes, balades sur le lac…).
Qu’attendons-nous pour en
faire de même chez nous ?
L’exemple de la San nous démontre
qu’il est possible de développer un
tourisme pêche de qualité sur un par-
cours qui semblait condamné, faute
de reproduction naturelle. Bien
entendu, ce type de projet n’a pas sa
place sur les cours d’eau où demeu-
rent des populations sauvages, mais il
existe dans notre pays des cas simi-
laires au parcours de la San, où pêche
et production d’électricité pourraient
faire bon ménage. Ces parcours, tota-
lement délaissés actuellement,
n’attendent que la volonté des fédéra-
tions départementales et des
AAPPMA.
Merci à Gérard Bottos, propriétaire
de l’agence Contact Polska, qui est
installé en Pologne depuis plus de dix
ans. Il organise votre voyage au
départ des principales villes euro-
péennes, car la barrière de la langue
est un réel obstacle pour se
débrouiller dans le pays. De plus,
Gérard emploie quatre guides de
pêche locaux qui connaissent parfai-
tement la rivière. Ils parlent tous l’an-
glais et sont là pour vous accompa-
gner sur les différents parcours. Ils
pourront vous aider à prendre vos
premiers poissons. Leur gentillesse,
leur discrétion, plus les conseils et les
bonnes mouches qu’ils préconisent
les rendent vite aussi indispensables
que des gillies écossais.
Ombres, truites et huchons, tel est le “grand slam”
de la San. C’est avant tout pour les ombres que
les pêcheurs étrangers fréquentent la rivière. En
haut à droite, Gérard Botos, qui est à l’origine de
la création du parcours.
Nouvelle-Calédonie
Les bonefishs
d’outre-France
En quelques années, les eaux de Nouvelle-Calédonie sont devenues aussi réputées que celles de
Cuba, des Bahamas ou de Floride pour les amateurs de pêches sportives. S’il ne faut pas abu-
ser des comparaisons, force est de reconnaître que l’île et ses nombreuses dépendances ont de quoi
séduire les pêcheurs les plus exigeants. Les bonefishs ont la réputation d’afficher une taille
moyenne élevée. Nous vous proposons donc en images un petit avant-goût de ce paradis.
Par Jean-Marc Theusseret. Photos Richard Bertin.
printemps
été
dans le monde
OU
Pêcher
76
n Nouvelle-Calédonie, les
pêches sportives et notam-
ment celle du bonefish à la
mouche semblent avoir été
oubliées par les auteurs
halieutiques des différentes publica-
tions éditées dans le monde. Il est
cependant un fait certain que la
Nouvelle-Calédonie possède, notam-
ment dans sa région extrême nord,
d’immenses “flats”, des tombants et
passes de récifs où abondent des popu-
lations de poissons de sport. La pêche à
la mouche du bonefish
(Albula glosson-
data)
en fait partie car le milieu est très
favorable à cette espèce. Les “bones” ne
sont pas observés en “schools” impor-
tantes mais le plus souvent par deux ou
trois individus solitaires (notamment les
gros spécimens). Le poids moyen des
prises se situe autour de 5 à 7 lbs, mais
les poissons de 10 lbs ne sont pas rares.
Les pêcheurs mélanésiens évoquent
même la capture à la ligne franche ou
dans les mailles de leurs filets de prises
record dépassant le mètre et accusant
15 à 17 lbs ! La pêche se pratique guidée,
en “wading”, après dépose en bateau. Le
matériel utilisé doit être adapté aux
conditions météorologiques (vent) et à la
puissance des poissons : canne pour soies
n° 9 ou 10, moulinet large arbor, etc.
Les pêcheurs peuvent emporter une
canne pour soie n° 10 ou 12, qui servira
à pêcher les tazard, carangue, milkfish,
mékoua, espadon voilier, skip jack,
wahoo, permit, thonidés, tarpon de
l’océan Indien, etc. D’autres techniques
de pêches comme le popper, le jig, la
traîne, le lancer léger ou la traîne côtière
et hauturière donnent d’excellents
résultats avec les carangues Ignobilis, les
thons à dents de chien, les tazards, les
marlins, les maï-maï, les thons… Les
spots de pêche du Nord ne sont situés
qu’à cinq minutes de bateau pour les
plus proches et vingt-cinq minutes
pour les plus éloignés. Les guides locaux
formés et expérimentés depuis quinze
années vous indiqueront précisément
les poissons en les “pointant” sous l’eau.
En eau douce, de nombreux black-bass
se pêchent dans le lac de Yate, à une
heure et demie de Nouméa.
Transferts : depuis Nouméa, il faut
compter environ cinq heures et demie
de route pour rejoindre le lodge. Deux
fois par semaine, une liaison aérienne
domestique effectue le trajet Nouméa –
Magenta – Koumac (une heure de vol)
et Koumac – le lodge (une heure de
route). Possibilité de transfert par avion
privé (Nouméa – Malabou) ou par héli-
coptère (renseignements sur demande).
L’hébergement : en bungalow ou en
“tente safari” (une seule unité en exploi-
tation actuellement). Le lodge com-
prend quatre bungalows de quatre
places maximum et une tente safari de
luxe. Tous les hébergements possèdent
des sanitaires privatifs. A trente minutes
du lodge, le Malabou Beach Hôtel***
offre un hébergement de 35 bungalows
(climatisés) confortables.
Les trois repas sont inclus dans les pac-
kages proposés. Le dîner : cerf ou
cochon à la broche, ou poisson ou pla-
teau de fruits de mer (langouste, crabe
de palétuvier), cocktail apéritif et vin
servi à table. Le déjeuner est pris sur un
îlot sous forme de pique-nique. Les
packages comprennent : l’hébergement
en pension complète, les transferts rou-
tiers, les journées de pêche guidées.
New Caledonia Fishing Safaris
Fishing & Hunting Safaris,
Richard Bertin, manager
BP 2231, 98846 Nouméa Cedex.
New Caledonia.
Tél./Fax : +687 25 1940.
Mobile : +687 78 6200.
E-mail : [email protected]
www.fishinpeace.com com
La pêche du bonefish sur les flats de Nouvelle-Calédonie n’est pas très différente de celle pratiquée
ailleurs. Les guides de New Caledonia Fishing Safaris connaissent parfaitement les habitudes
des poissons et vous mettent régulièrement sur des “bons coups” !
printemps
été
dans le monde
Pêcher
78
Des hauts fonds (flats) à perte de vue et des décors somptueux, c’est ce qu’offre la Nouvelle-Calédonie aux pêcheurs sportifs. La taille moyenne
des bonefishs locaux est plus élevée que dans la plupart des autres destinations autour du monde où l’on trouve ce poisson, comme en témoigne cette
lettre de Peter Morse, photographe et écrivain australien grand amateur de la pêche à la mouche en mer.
80
printemps
été
dans le monde
OU
Pêcher
Islande
Alors que 2007 avait été, en nombre
de captures, la meilleure année depuis
plus de soixante ans que le bureau des
pêcheries de Reykjavik tient des sta-
tistiques rivière par rivière, 2008 est
encore meilleure. Cela paraît
incroyable, tant les résultats de l’an-
née dernière constituaient déjà, pour
de nombreuses rivières, des records
absolus de captures. Ainsi les deux
Ranga qui, en 2007, totalisaient plus
de 14 000 saumons en sont à
quelques jours de la fermeture déjà à
près de 19 000, dont 12 500 pour la
seule West Ranga. La petite
Midfjardara, malgré une sécheresse
pénalisante entre le 15 juillet et le
15 août, atteint néanmoins le score
de 1 716 saumons, la Langa 2 962, la
Nordura 3 308, la Grimsa 2 057, la
Thvera 2 825, la Vididalsa 1 413,
la Vatndalsa 1 020. Dernière venue
dans la liste du “top ten” des rivières
islandaises, la Tungufljot, qui ne fer-
mera que le 15 octobre, avait déjà
dépassé les 2 000 prises à la fin sep-
tembre. Et cette grande rivière n’a été
cette année pêchée que par quatre
cannes quotidiennes. Cette rivière du
sud de l’Islande, qui coule à proxi-
mité du petit village de Geysir (loca-
lité qui a donné leur nom aux gey-
sers), offre cette année le meilleur
rapport du nombre de saumons par
canne. Rappelons que cette rivière,
Saumon atlantique
Le retour
des grands ?
Alors qu’en Ecosse (exception faite de la Dee, qui a connu de très bonnes semaines, et peut-être de
la Tweed dans les semaines à venir) comme en Irlande, les remontées de saumons sont restées très
décevantes, les rivières russes, islandaises et dans une moindre mesure norvégiennes, pour rester de
ce côté-ci de l’Atlantique, ont enregistré des scores de captures record. Resterait-il donc quelques
zones d’engraissement océaniques que la flotte minotière (pour la farine de poissons) danoise n’au-
rait pas encore écumées et que les saumons sauvages se seraient réappropriés ? Ou alors le réchauf-
fement des températures moyennes, constaté depuis sept ou huit ans dans l’Atlantique Nord, expli-
querait-il que dans ces rivières subarctiques (péninsule de Kola et Alta) de nombreux et gros
saumons, comme on pensait qu’il n’en existait plus, pointent à nouveau le bout de leur nez ?
Par Pierre Affre
gérée par l’Angling Club Lax-A sur le
modèle des Ranga, ne connaissait il y
a cinq ans que des remontées
annuelles de quelques dizaines de
saumons et ne figurait même pas sur
la liste des rivières à saumons islan-
daises. En outre, sur la Tungufljot,
plusieurs saumons de plus de
20 livres ont été capturés, tués et
pesés. Un poisson mesuré à 1,06 m et
évalué autour de 14 kg a été capturé
dans l’échelle. Pour avoir eu la chance
d’y pêcher les trois premiers jours de
septembre, je puis assurer que le
nombre de saumons que j’ai vu sau-
ter dans les pools du canyon et en
aval de la cascade Faxi était absolu-
ment incroyable, même si du fait
d’un refroidissement brutal de l’eau
(le matin à 8h, mon thermomètre
affichait 4 °C) ils n’étaient guère
mordeurs. Ce n’est qu’en fin d’après-
midi, vers 6h, quand l’eau atteignait
les 7 °C ou 8 °C, que les choses
sérieuses ont commencé. Le dernier
matin, dans le petit pool reposoir du
milieu du canyon, mon ami Peter a
repéré une vingtaine de poissons qui
pesaient tous entre 10 et au moins
25 livres, pour le plus grand.
Malheureusement, même en fin de
matinée, l’eau n’était qu’à 5 °C et les
poissons avaient le nez en bas et ne
s’intéressaient absolument pas à nos
mouches, même lestées et présentées
amont en nymphe à vue. La
Tungufljot est une des plus longues
rivières d’Islande, qui prend sa source
dans des montagnes proches du
Vatnajökull, et cette année, fin août
début septembre, un anticyclone
bien installé sur le sud de l’île, avec
un immense ciel étoilé, faisait toutes
les nuits tomber la température à
– 7ou – 8 °C dans la montagne. En
juillet et août, des pluies régulières et
un ciel nuageux avaient au contraire
maintenu les températures de l’eau
dans une fourchette beaucoup plus
favorable de 7 °C à 10 °C. Des scores
Ci-dessus : le magnifique cayon de la Vestura en
Islande, une des trois rivières qui forment la
Midfjardara. On peut voir sur cette photo deux
poissons de belle taille en tête de pool. Ci-contre,
un 16 kg de la Kola tout blanc ! Les grands
saumons semblaient de retour cette année.
printemps
été
dans le monde
OU
Pêcher
82
de 20 poissons par canne (dont seu-
lement une moitié de grilses) ont
alors été enregistrés sur la Tungufljot.
Rappelons que sur cette rivière,
comme sur les Rangas, les pêcheurs
ne sont pas incités à relâcher les sau-
mons capturés (gestion en
sea-ran-
ching
) et il y eut à partir du début
août tellement de saumons conservés
sur ces trois rivières que la pourtant
industrielle fumerie de Reykjavik ne
put faire face à la demande des
pêcheurs islandais et des touristes,
qui amenaient leurs prises pour les
échanger contre du saumon fumé.
Mais, même en Islande, au cours
d’une année record, au saumon, la
bredouille est toujours possible. J’en
veux pour preuve les deux derniers
jours d’août, au cours desquels je n’ai
pas eu une montée sur mes petits “rif-
fling tube” sur la fameuse Laxa in
Asum, où seulement deux cannes
sont autorisées à pêcher sur plus de
30 kilomètres de parcours et une cen-
taine de pools répertoriés. La semaine
auparavant, il se prenait en moyenne
10 saumons (grilses pour la plupart)
par canne et par jour, dans une rivière
très basse depuis la mi-juillet
(comme toutes les rivières du nord de
l’île), mais dont tous les pools un peu
profonds regorgeaient de saumons.
Et puis la pluie très forte et tant
attendue est arrivée deux jours avant
nous, sur la Asum, avec pour résultat
une petite crue qui a fait grimper,
dans la nuit, tous les saumons qui
attendaient le coup d’eau vers le lac
de l’amont. Et comme une certaine-
ment mauvaise lune n’a pas fait ren-
trer de nouveaux arrivants dans la
rivière, les pools pendant les quelques
jours qui ont suivi étaient littérale-
ment vides. Le dernier matin, pour
en avoir le cœur net, j’ai demandé au
– très bon – guide Hekli de prendre
sa canne et de pêcher, me contentant
de le suivre avec la caméra. De 9h à
13h, et alors qu’un ciel couvert augu-
rait pourtant de tirées prévisibles, il
Même sur les Ranga islandaises (la branche ouest et la branche est), des poissons d’une quinzaine
de livres étaient courants cette saison. La reproduction naturelle du saumon est compromise depuis
la dernière éruption volcanique, qui a eu lieu il y a une vingtaine d’années sur ces rivières.
Les populations actuelles sont issues du “farm ranching” et cela fonctionne parfaitement bien.
83
ne fit monter aucun saumon, pour la
simple raison qu’il n’y en avait pas
dans la rivière.
Nous nous vengeâmes sur la
Midfjardara voisine où, avec Peter,
nous capturâmes 28 poissons en trois
jours. Mais là encore la fête était
finie, car l’avant-veille, alors que jus-
tement nous étions sur la Asum, Arni
Baldursson devant les caméras de la
télévision danoise avait fait monter
en
direct live
47 poissons sur ses
hitchs
dans une matinée. Pour ceux qui
connaissent les parcours de la
Midfjardara, cela s’est passé dans le
splendide canyon de la Vestura (une
des trois rivières qui forment la
Midfjardara), juste après que le coup
d’eau là aussi tant attendu eut amené
des poissons frais dans la rivière et
réveillé ceux qui y étaient depuis
quelques semaines.
ussie
Là encore que de superlatifs, cet été.
Exception faite de la Yokanga qui n’a
pas été à la hauteur de sa réputation,
pratiquement toutes les grandes
rivières de la côte nord de la pénin-
sule de Kola ont enregistrés des scores
record. La Ponoï et ses affluents, tout
d’abord, où plus de 10 000 saumons
ont été capturés en trois mois. Mais
surtout la Kola qui, après un début
laborieux (avec un hiver qui s’est pro-
longé à Mourmansk jusqu’au
10 juin), s’est réveillée à partir du
20 juin avec des scores incroyables de
nombreux et gros saumons. Au Kola
camp, 14 cannes ont capturé
146 saumons dont 27 de plus de
10 kg la troisième semaine de juin,
160 saumons dont 15 de plus de
10 kg la semaine suivante, 276 sau-
mons dont encore 12de plus de
10 kg la première semaine de juillet
et, score record pour cette rivière,
512 saumons dont encore une
vingtaine de plus de 10 kg et deux de
plus de 15 kg la deuxième semaine de
juillet. Mais le meilleur rapport
nombre de saumons par canne a été
réalisé au cours de la dernière semaine
de juillet, où seulement quatre
pêcheurs ont capturé 206 saumons
dont encore pas mal de gros “blancs”
sur les parcours du Kola camp. Pour y
avoir pêché et filmé (pour la chaîne
Seasons) la dernière semaine de juin
et la première de juillet, il faut recon-
naître que cette année les conditions
météo ont été (sauf deux journées de
grand soleil) assez favorables à la
pêche. Temps couvert, vent du sud ou
sud-ouest et petites pluies, surtout la
nuit, qui ont maintenu les niveaux
d’eau à leur optimum. Je voudrais ici
signaler la performance de François
Desvoys, pêcheur de la Sée et de la
Sélune, qui y a pris 11 saumons dans
une seule journée avec du matériel
qu’on lui avait prêté, Air France ayant
égaré tous ses bagages entre Paris et
Saint-Pétersbourg. Un autre bon sau-
monier français, Dominique Dufau
du gave d’Oloron, y a pris trois sau-
mons de plus de 10kg, dont un
splendide 12 kg tout blanc, et a perdu
sur la Kitsa (affluent de la Kola), après
une bagarre de plus de quarante
minutes, et alors qu’il commençait à
y croire, un poisson estimé de près
– décroché sous la canne – à 18 ou
La dernière semaine de mai, un saumon de 32 kg a été capturé
au lancer sur le parcours public de la Kola, et plusieurs poissons
de 20 kg y ont également été signalés.
printemps
été
dans le monde
OU
Pêcher
20 kg. La plupart des saumons de la
Kola ont été pris en juin et en juillet
sur des cascades et des déclinaisons
de ce modèle. Les fameux Junction
pool (où la Kitsa rejoint la Kola),
Serious pool et Monica ont, cette
année encore, été des valeurs sûres.
Mais les parcours de l’amont
Reindeer (le renne) et Bear (l’ours)
ont une fois sur deux assuré des bin-
gos. Enfin, à partir de la fin juin,
l’immense Home pool en dessous du
lodge a été très régulièrement consis-
tant.
La dernière semaine de mai, un sau-
mon de 32 kg a été capturé au lancer
sur le parcours public de la Kola, et
plusieurs poissons de 20 kg y ont éga-
lement été signalés. Sur la Varzina, au
cours de la troisième semaine de juin,
Arni Baldursson avec son coéquipier
Serge Dompierre, pêcheur québécois
de renom, ont capturé 26 saumons
d’un poids compris entre 9 et 16 kg.
Norvège
Là encore, des bonnes nouvelles qui
confirment les premiers bons résul-
tats depuis vingt ans, déja enregistrés
l’été dernier. L’arrêt de la pêche au
filet dans de nombreux fjords, dont
ceux de la Namsen et de la Gaula,
semble bien être à l’origine de cette
embellie norvégienne. Sur l’immense
Namsen, au cours des deux premières
semaines de juin, 20 tonnes de sau-
mons (sur la Namsen, l’habitude
était et reste de compter en tonnes)
ont été capturés sportivement. En les
estimant à 7 kg de moyenne, cela fait
approximativement 3 000 saumons
capturés par, il est vrai, sûrement plus
de 200 pêcheurs qui se partagent les
parcours de ce fleuve. La Gaula a éga-
lement connu une année comme on
les avait presque oubliées en
Norvège, avec de gros poissons. Un
peu plus de 500 saumons, dont de
nombreux 10 kg et plus, ont été cap-
turés sur les parcours de la Gaula du
Norvegian Fly Fishing Club, au
cours de la saison.
Mais c’est surtout l’Alta qui encore,
cette année, passe tous les records
avec une dizaine de saumons captu-
rés de plus de 40 livres et quatre de
plus de 50 livres. Dans le fjord de
cette rivière, un saumon de 82 livres
(soit environ 38 kg) a été capturé au
filet en juin, pour finir au fumoir.
Pierre Affre accompagnera en 2009 deux
groupes de huit pêcheurs sur la rivière
Kola : du 26 juin au 3 juillet et du 3 juillet
au 11 juillet.
Renseignements : 01 43 26 05 04 ou
e-mail [email protected]
Alors qu’on les croyait disparus pour cause
de surpêche, de pollution et de disparition
des zones de grossissement, les gros saumons
de trois et quatre années de mer remontent
à nouveau certaines rivières de Russie, de
Norvège et, dans une moindre, mesure d’Islande.
’est pas grand “saumonier”
qui veut ! et je ne le suis pas.
Il faut pour cela des dizaines
d’années de pratique et de baroud sur
les rivières à saumons du monde, qui
procurent l’expérience, la connais-
sance et la maîtrise technique. Je fré-
quente quelques-uns de ces spécia-
listes. Ils ne sont pas avares de
conseils et j’enregistre. Je les vois
pêcher dans une sorte de calme impa-
tient stupéfiant et j’analyse leur ges-
tuelle. Je m’entête et je progresse !
C’est en Norvège que j’ai vraiment
commencé à pêcher le saumon il y a
quelques années et, si je n’ai pas encore
acquis le savoir des grands, au moins
j’ai suffisamment pratiqué de rivières
de ce pays pour me faire une idée de
leur qualité.
Les rivières de Norvège, en tout cas
celles que je connais, ont ceci de com-
mun qu’elles évoluent toutes dans un
environnement impressionnant de
beauté, chaque fois différent, tantôt
sauvage, tantôt majestueux : gorges
profondes, chutes impressionnantes,
coulant au milieu de montagnes encore
enneigées en août, lovées dans les
plaines du centre. Il est difficile d’éta-
blir une hiérarchie dans ce domaine,
même si je peux avoir quelques préfé-
rences très personnelles.
C’est tout près du cap Nord que j’ai pris
mes premiers saumons norvégiens : la
Laxselv chez Nils, 30 kilomètres de par-
cours public et 300 mètres de parcours
privé avec un seul pool, mais quel pool !
Rivière tardive – la bonne période com-
mence début juillet – qui renferme de
gros saumons, pas très nombreux mais
gros. Pour l’anecdote, j’avais pris ce
jour-là un saumon de 7 kg canne à une
main shooting head soie 8. Très fier, je
dis à Nils : j’ai pris un gros saumon, il
me répond que ce n’est pas un gros c’est
un petit pour ici. On a transigé pour un
“gros-petit”. Le pool est situé à
quelques encablures du fjord
Porsanger, l’effet de marée se fait sentir
quelques centaines de mètres plus aval
et les saumons s’y baignent à marée
montante. Au bout du fjord, il y a le
mythique cap Nord, à l’exact opposé
du cap de Bonne-Espérance.
Toujours dans la zone arctique, voici la
Malsev qui roule ses larges flots dans un
paysage tourmenté. L’imposante chute
de Malfossen stoppe momentanément
les saumons dans leur remontée par les
échelles. Belle rivière mais beaucoup de
monde et dans l’eau des ombres en
pagaïe qui n’hésitent pas à se jeter sur
les grosses “tube fly’’ La bonne saison
commence début juillet jusqu’à mi-
août.
Et puis la Beiar. On y arrive par l’aéro-
port de Bodo. La route qui y mène
passe devant le fameux Maelstrom.
Avec la Beiar on ne s’ennuie pas :
quand les saumons ne sont plus très
actifs il y a les grosses truites de mer, qui
ont fait sa réputation. J’aime bien la
Beiar, peut-être parce que la première
fois que je l’ai pêchée je n’avais pas les
pieds dans l’eau depuis plus d’un quart
d’heure que j’accrochai un beau pois-
son qui a fait plier ma canne et s’est
Mes rivières de Norvège et moi
Le pont Eiffel sur la Namsen, une rivière à gros
saumons, comme la plupart des grandes rivières
norvégiennes.
printemps
été
dans le monde
OU
Pêcher
décroché dans les secondes suivantes.
Un rêve en somme. Oui, j’aime bien la
Beiar, elle est facile à pêcher à la mouche
et c’est beau et c’est tranquille. Mais ce
sont les rivières du centre de la Norvège
qui sont les plus productives, avec la
Namsen, la Gaula, l’Orkla la Stjordal,
mais aussi maintenant la Verdal. Les
pêcheurs anglais ont été les premiers à
pêcher la haute Namsen, au début du
siècle dernier. A Grong, il y a le fameux
Fiskumfall, où même le moins bon des
pêcheurs de saumons fera des miracles.
Pierre, de Moulins, la pratique depuis
vingt ans. Il y a son rocher, celui où il se
place régulièrement pour aborder le
pool dans de bonnes conditions. Le
rocher a pris son nom, on l’appelle là-
bas la “Peter’s stone”. Pierre m’a guidé
sur la Namsen et m’y a enseigné la
pêche du saumon vers l’amont en rame-
nant la mouche plus rapidement que la
vitesse du courant. Surprenant de voir
le saumon se retourner et se précipiter
sur le leurre, et quelle émotion !
Technique finlandaise, paraît-il.
J’ai pêché la Verdal, où les propriétaires
riverains ont formé la Vuku, association
offrant 16 kilomètres de parcours très
diversifiés essentiellement privés. Le
système de rotation permet sur une
semaine de pêcher l’essentiel des
meilleurs pools et, ici, l’accompagne-
ment d’un guide de pêche est nécessaire
pour s’assurer une partie de pêche pro-
ductive, sauf à se scotcher sur le par-
cours public du Bridge pool, au demeu-
rant excellent. C’est peut-être parce
qu’elle était précédée de sa réputation
que je suis tombé amoureux de la
Gaula, au point d’y louer un parcours et
son lodge pour la saison de pêche. Mais
d’autres pêcheurs ont eu aussi leur part
de plaisir : Ludovic, Marc, Albert,
Daniel, David, Vincent. En juillet, le
poids moyen des prises est de l’ordre de
5,5 kg. Le plus gros sorti par Ludovic
en 2007 mesurait 1,10 mètre pour
13 kg. La très bonne période s’étend du
15 juin à fin juillet. Ensuite on tombe
dans le domaine de l’aléatoire, puis la
fin du mois d’août peut réserver de
bonnes surprises, comme c’est déjà
arrivé.
J’ai peu pêché le sud de la Norvège sauf
la Suldal, près de Stavanger, où Marc
Sourdot m’a guidé pendant quelques
jours. Quelle rivière ! La pêche n’y ouvre
que le 15 juillet pour fermer fin sep-
tembre. La plupart des parcours dont je
parle sont privés. La Norvège, riche en
rivières, offre également de nombreux
parcours publics ou privés non com-
mercialisés où il suffit de l’autorisation
du propriétaire pour y pêcher. Si vous
fréquentez la Norvège pendant
quelques années, vous trouverez quel-
quefois de petites merveilles mais aussi
des déceptions sévères.
Et comme l’a écrit un pêcheur :
“That’s
fishing.”
Claude Gatti
www.gattifishingtours.com
Rapide bilan de l’année 2008 en Norvège
En préalable, il faut rappeler que 2007 n’avait pas été une année brillante, glo-
balement, le nombre de prises avait bien baissé et faisait suite à une année 2006
difficile à cause d’une grosse sècheresse, d’un manque d’eau et d’un hiver insuf-
fisamment neigeux pour la mise en eau des rivières. Ajoutez à cela la présence
dominante de saumons moyens – entre 3 et 7 kg –, au détriment des gros sau-
mons. Cette situation a conduit les autorités à proposer des mesures de protec-
tion qui n’étaient pas du goût de tous, mais qui ont eu semble-t-il de bons effets
sur la saison 2008. Les principales mesures visaient la suppression des pêches
aux filets dans quelques fjords bénéficiant aux rivières du Sud ainsi que dans
la partie intérieure du fjord de Trondheim bénéficiant à la Stjordal et à la
Verdal, le recul de vingt jours du début des pêches professionnelles et la limita-
tion du nombre de jours de ces pêches dans la semaine. Et pour la pêche touris-
tique : la mise en place de quotas – trois par semaine et dixpar saison – pour
les rivières les plus favorisées comme la Gaula, l’Orkla et la Namsen, et surtout
l’arrêt de la pêche pour la journée en cas de conservation du premier saumon
pris. Du coup, cette année, on a pu constater que 30 % des captures ont été
remises à l’eau, ce qui est tout à fait exceptionnel. En 2008, l’été a été chaud,
sans affecter le niveau normal des rivières et surtout, bonne nouvelle, les gros
saumons étaient de retour. Ce retour était constaté dès l’ouverture. Ensuite, les
six premières semaines de la saison ont été excellentes, en particulier sur les
rivières du Centre. Sur les rivières de l’Arctique, la saison n’a pas été mauvaise
et c’est la Beiar qui marque des points en enregistrant une longue série de prises
de saumons de plus de 10 kg sur le parcours géré par Bert. Les plus gros sau-
mons enregistrés sur les rivières du centre de la Norvège en 2008 : Orkla 23 kg,
Gaula 22,2 kg, Namsen 20,5 kg, Stjordal 15 kg, Verdal 15 kg. Cette année,
comme souvent, la palme revient à l’inaccessible Alta, en Arctique, avec un sau-
mon de 26,5 kg pris, tenez-vous bien, par un adolescent de 16 ans !
Le journal des détaillants
Des nouvelles des régions à travers le point de vue des détaillants en articles
de pêche pour vous tenir informé du déroulement de la saison.
ÎLE-DE-FRANCE
Des Poissons
Si Grands
Richard Puteau
Paris
“Sur la région parisienne, c’est
le début de la saison de pêche
en réservoir qui commence,
après l’accalmie de l’été sur ces
plans d’eau. Idem pour la
pêche des carnassiers et dans
une bien moindre mesure pour
celle de l’ombre en seconde catégorie sur l’Huisne, l’Iton et la
Seine. Les pêcheurs de bars sur les cotes normandes et bre-
tonnes comptent beaucoup sur l’arrivée des gros poissons, après
un été difficile, notamment pour les pêcheurs pratiquant depuis
le bord. La pêche du bar aux leurres souples se généralise pour
les pêches profondes, mais pas uniquement. Pour les pêcheurs à
la mouche parisiens, la fin de saison se fait pour beaucoup à
l’étranger, notamment en Autriche et en Slovénie, où tradition-
nellement les rivières alpines sont au mieux de leur forme.
L’automne est donc très attendu par les pêcheurs de la capitale,
quelles que soient la technique pratiquée et l’espèce recherchée.
Plus tard dans l’hiver, certains pêcheurs en mer partiront pour
Madagascar et en Afrique, pour profiter du soleil et des pêches de
gros poissons.” Rappelons que Des Poissons Si Grands, mouche,
leurre et mer constitue désormais une seule et même boutique
au 160 rue de Grenelle, 75007 Paris (voir coordonnées complètes
à la fin de la rubrique).
HAUTES-ALPES
Thib’eau Pêche
Thibeau Guilpain
Briançon
“Nous avons connu une excel-
lente fin de saison sur les lacs
de montagne. Les pêcheurs à
toutes techniques se sont
régalés. Cela n’est pas le fruit
du hasard, mais le résultat de
cinq années de gestion par la
Fédération départementale et
des AAPPMA, avec un alevinage bien réalisé et suivi. Il faut
savoir que ces lacs se situent à plus de 2 000 mètres d’altitude
pour la plupart. Ce sont donc des milieux aux conditions clima-
tiques rudes. Néanmoins, les alevins grandissent bien et des
truites de 30 à 35 cm sont prises très couramment. En rivière, la
saison ne restera pas dans les annales en raison de précipita-
tions importantes et régulières, y compris l’été. Septembre fut
bien meilleur, ce qui a sauvé la saison de nombreux pêcheurs,
notamment pour ceux qui pêchaient à la mouche. La pêche du
brochet sur le lac de Serre-Ponçon a été exceptionnelle, cette
année, avec de très nombreux poissons pris dont la taille était
comprise entre 60 et 80 cm.” Le magasin de Thibault Guilpain a
été agrandi en début d’année pour accueillir plus de matériel et
de vêtements spécialisés. Par ailleurs, le site Internet
www.harvey-fly.com permet toujours de commander les
fameux hameçons tchèques Knapek et les mouches irlandaises
Harvey.
ISÈRE
La Pêchomanie
Avenir Pêche
Grenoble
Donimique Piton
“Les pêcheurs de la région ont
pu bénéficier d’une fin de sai-
son avec de bons niveaux
d’eau sur l’Isère, qui n’était
pas trop haute. Cela fut très
favorable et il s’est pris de très
belles truites. Sur le Guiers, on
assiste à une recrudescence des populations d’ombres. Le Drac
est quant à lui toujours aussi capricieux. Les pêcheurs doivent
composer avec les lâchers de barrage et les pluies ! Mais, là
aussi, la pêche est bonne lorsque les niveaux sont bas.
Beaucoup de pêcheurs redécouvrent ce cours d’eau qui n’inté-
ressait plus personne ou presque il y a une vingtaine d’années,
preuve que la qualité de l’eau s’est améliorée.”
RHÔNE
Le pêcheur
de la Cité
Villeurbanne
Michel Goux
“L’interdiction de consommer
le poisson sur le Rhône et ses
dépendances, qui est en
vigueur depuis deux ans pour
cause de pollution aux PCB, se
traduit par des populations de
poissons en expansion. Il me
semble important d’insister sur ce fait, car nous le constatons
tous les jours. La nette baisse des prélèvements (arrêt des
pêches par les professionnels) se fait nettement sentir.
Actuellement, il se prend beaucoup de brochets dans le Rhône,
mais surtout au Grand Large, pièce d’eau qui communique
avec le canal de Jonage. Des pêcheurs prennent régulièrement
de gros brochets, y compris au streamer ! On assiste également
à de belles pêches de perches. Les sandres, quant à eux, sont
surtout pêchés par des spécialistes de ces poissons, qui restent
généralement très discrets sur la réussite de leurs parties de
pêche ! A noter la prise de deux silures de taille exceptionnelle
par le même pêcheur et dans la même journée : 2,41 et
2,43 m !
En ce qui concerne la pêche de la truite, la fermeture s’est
déroulée avec des conditions hydrologiques favorables en
Savoie et en Isère, notamment sur le Guiers.
Il y aura beaucoup de nouveautés mouche et leurre, dès
décembre, au Pêcheur de la Cité.”
AIN
Au Thymallus
Gérald Garcia
Priay
“Nous avons eu moins de
crues sur la basse rivière d’Ain
que l’an passé, tout en ayant
suffisamment d’eau et pas de
canicule. Ces conditions per-
mettent d’observer une densi-
té d’ombre qui redevient inté-
ressante, même si ce n’est
qu’un début. Il s’est pris plus de 300 ombres par les 30 équipes
de deux pêcheurs qui étaient inscrites à la Coupe d’automne
récemment. On note également un nombre non négligeable de
grosses truites prises à la mouche ou au leurre, dont le poids
est compris entre 3,5 et 5,5 kilos.
L’Albarine semble d’une part en baisse de fréquentation, mais
également en baisse de poissons. A voir si cette tendance se
confirmera l’année prochaine. La pêche des carnassiers fut glo-
balement irrégulière sur le lac du Bourget malgré la prise de
quelques très beaux brochets. Idem pour le barrage de
l’Allement.” Le Thymallus propose les bateaux en aluminium de
marque Marine, d’un rapport qualité-prix remarquable. On y
trouve également les excellents leurres japonais Smith.
http://le.thymallus.free.fr
HAUTE-SAVOIE
Le Rond dans l’eau
Philippe Lecellier
Fillinges
“Les pêcheurs ont pu profiter
de la fermeture au 12 octobre.
Et, comme c’est souvent le cas,
certaines rivières, comme
l’Arve (qui se jette dans le
Rhône en Suisse), n’auront été
pêchables à la mouche qu’une
dizaine de journées en fin de
saison ! Cette rivière glacière s’est révélée intéressante pour la
pêche de l’ombre, notamment à la mouche sèche.
Globalement, la saison fut assez irrégulière avec des niveaux
d’eau qui ont beaucoup varié. Je voudrais profiter de ces
quelques lignes pour rappeler aux pêcheurs qu’en fin d’année
auront lieu les élections dans les AAPPMA et que c’est le
moment de s’investir dans la vie associative, car il y a beaucoup
à faire pour nos rivières. Le Salon des Pêches sportives de la
Roche-Sur-Foron aura lieu les 4 et 5 avril 2009 au parc des
expositions.” www.salonpechesportives.com
BOUCHES-
DU-RHÔNE
Pêche&Horizon
Georges Dubiton
Marseille
“La pleine saison de la pêche
aux calamars commence au
large de Marseille. Cet été, de
grosses sérioles ont été prises
aux jigs, alors que la pêche du
denti fut beaucoup plus aléa-
toire dans notre région (la
pêche de ce poisson fut bien meilleure en Corse). La pêche de
la truite en rivière a été soumise à de fortes pluies au printemps
et durant l’été. Pour nous, la saison réservoir commence. Nous
recevrons début novembre deux champions de monde de mon-
tage de mouche : Henri Testanier et Albert Dallest, pour une
journée de démonstration (NDLR : la date n’est pas encore fixée
à l’heure où nous écrivons ces lignes). Nous tenons à signaler
que Pêche & Horizon devient le distributeur officiel des turluttes
japonaises Yamashita pour la pêche du calamar.”
DOUBS
Territoire Pêche
Besançon – Vesoul
Damien Penaque
“La fermeture de la pêche de la
truite s’est bien passée sur le
Doubs franco-suisse. Elle a eu
lieu comme chaque année le
30 septembre. Le niveau de la
rivière était relativement bas
(très bas le dimanche). Les
pêcheurs à la nymphe ont pu pratiquer leurs techniques princi-
palement sur les ombres. Les éclosions étaient très éparses
avec des poissons qui montaient rarement en surface plusieurs
fois au même endroit. Côté carnassiers, nous sommes dans une
excellente période pour la pêche du brochet, surtout sur
l’Ognon, où il se prend de nombreux poissons. A signaler deux
prises exceptionnelles : deux brochets de respectivement
1,19 et 1,23 m ! Sur le Doubs, les résultats sont moins specta-
culaires, sauf avec les perches, qui elles aussi sont prises de fré-
nésie ces derniers jours. Les sandres restent très discrets sur les
deux rivières.” Territoire Pêche Besançon annonce une grande
braderie avec des prix baissés de – 20% sur l’ensemble du
magasin de Besançon (jusqu’à – 40% sur certains produits)
avant l’inventaire, qui aura lieu le 15 novembre.”
Nouveaux magasins
Europêche
Les magasins labellisés
Europêche compte depuis
peu six nouvelles enseignes :
1.
Europêche Territoire Pêche
M. Chaignat et Pénaque
ZAC de l’Oasis, 70000 Pusey
Tél. : 03 84 68 98 01.
2.
Europêche Eden Pêche
M. Khau van Kien et Fauque, KM 4 RN 113 , 30320 Bouillargues
Tél. : 04 66 21 73 42.
3.
Europêche Au Royaume de la Pêche
M. Lailler, 6351, avenue du Dr Jean-Nogues, RN 113,
Lieudit Las Pradine, 47550 Boe. Tél. : 05 53 68 25 00.
4.
Europêche Aquapesca SARL Gidec
M. Navarro, 4, rue des Périoles, 31120 Roques-sur-Garonne.
Tél. : 05 61 51 69 69.
5.
Europêche Les Sémailles
M. Penel, 45 rue de Provence, Lieudit Faysse,
07800 Charmes-sur-Rhône. Tél. : 04 75 55 10 03.
6.
Europêche Libourne
M. Arnaud, 3, rue de l’Industrie, 33500 Libourne.
• Au Fil de l’eau
M. Lemaux
7 et 9, rue de Brest, 29600 Morlaix
Tél. :
02 98 63 38 80.
• Au Thymallus
M. Garcia Gerald
Priay, 01160 Priay
Tél. :
04 74 35 40 06.
• AV FLY
M. Debeuf
3, rue de la Légère-Eau
1420 Braine l’Alleud, Belgique
Tél. :
(00 32) 475 415 833
• Cabane du Pêcheur
M. Weiffkopf
Fbg du Jura 31, Bienne 2502, Suisse
Tél. :
(00 41) 323 22 32 20.
• Des Poissons Si Grands
M. Debris
160, rue de Grenelle, 75007 Paris
Tél. :
01 45 51 88 39.
• Espace-Nature
M. Arino
ZI du Borguet, 12400 Vabre-l’Abbaye
Tél. :
05 65 99 11 79.
• Ets Boileau
M. Boileau
11 av. G. Dumas, 87000 Limoges
Tél. :
05 55 34 29 83.
• Europêche 34
47, rue St-Exupéry
ZC Fréjorgues Ouest, 34130 Mauguio
Tél. :
04 67 15 53 30
• Europêche 76,
M. Crochemore,
117 B, route du Havre,
76000 Rouen
Tél: 02 32 10 10 92.
Fax: 02 32 10 11 03
• Europêche Bergerac
Bonnefond Ouest
Avenue du Général-de-Gaulle
24100 Bergerac
Tél. :
05 53 61 86 45.
• Europêche sport loisirs
Riera Pêche
261, avenue du Languedoc
66000 Perpignan
Tél. :
04 68 61 33 76.
• Freddy pêche passion
Place de la Gare, 07260 Joyeuse
Tél. :
04 75 36 20 15.
• La cabane du Pêcheur
Vincent Thierry
ZA de La Chapelle
89470 Moneteau
Tél.-fax : 03 86 42 94 98
• La Chipotte
23 et 25, rue du Jura
25470 Goumois
Tél. :
03 81 44 26 38.
• La Maison de la Mouche
Albert Bigarre
6, Pont de Vyles, B-4570 Vyle-Tharoul
Tél. : + 32 854 137 32.
• Le Rond dans l’eau
M. Lecellier
Pt de Fillinges, 74250 Fillinges
Tél. :
04 50 31 11 91.
• Lou Pescadou
Résidence Carrerot
Place Mendès-France
64400 Oloron-Ste-Marie
Tél. :
05 59 39 71 05.
• Maison de la mouche
M. Dubois
1, bd Henri IV, 75004 Paris
Tél. :
01 43 54 60 46.
Moulin sauvage
M. Labbat –
3, rue Marx Dormoy,
51260 St-Just-Sauvage
Tél. :
03 26 81 24 70.
Nautic-Pêche
Remi Rinaldo et Christophe Lefèvre
39, avenue Gambetta, 23000 Gueret
Tél. :
05 55 51 90 40.
• Europêche Chasse Passion
M. Aguer
41, rue Elysée-Coustère
64270 Salies-de-Béarn
Tél./fax : 05 59 38 12 56.
• Pêche et Horizon
15, allée Turcat-Mery, 13008 Marseille
Tél. :
04 91 80 02 16.
• Pêche et Loisirs
Marguerite et Philippe Koehler
52, route de Neuf-Brisach –
1, rue de la Lauch, 68000 Colmar.
Tél. : 03 89 24 30 05.
Fax : 03 89 41 53 91.
• Pêcheur de la cité
M. Goux
7, rue Galilée, 69100 Villeurbanne
Tél. :
04 78 53 73 74.
• Pêchomanie
Avenir Pêche
129-131, av Léon-Blum,
38100 Grenoble.
Tél. :
04 76 40 30 10.
• Royal pêche
M. Rivero
Ronde 45 CP 3242
La Chaux de Fond 2303,
Suisse.
Tél. :
(00 41) 329 68 33 08.
• Territoire Pêche
1, rue Salines,
25480 Ecole-Valentin
Tél. :
03 81 88 06 47.
• Thibault-Pêche
M. Guilpain
18, av. du 159
RIA
05100 Briançon
Tél. :
04 92 21 36 09.
• Tout pour la pêche
M. Martel
9, rue Georges-V
03500 St Pourcain s/Sioule
Tél. :
04 70 45 53 21.
Les détaillants qui distribuent
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