L’équation du gobage

Les truites ratent rarement leurs proies flottantes qui dérivent parfois à vive allure dans un courant tourmenté. Pour se faire, elle doivent prendre en compte plusieurs facteurs comme la distance, la vitesse, la trajectoire pour finalement se lancer pour arriver pile au bon moment. Cette conjonction de paramètres, Laurent Chaunier nous l’explique en la comparant à un joueur de baseball qui tente d’intercepter une balle ou à un faucon qui croise le vol d’un oiseau proie.

Un éphémère happé en surface par une truite est toujours un spectacle exaltant pour le pêcheur. Il est le résultat d’une succession d’évènements qui a déclenché, puis maintenu, la coordination des capacités sensorielles du poisson, principalement sa vue, avec la maitrise de sa trajectoire nage. En contrôlant sa position relative par rapport à l’insecte en dérive libre, la truite est arrivée à s’en saisir. La méthode de résolution d’un problème aussi complexe, sans accès à sa modélisation formelle, est une heuristique*. Mise en oeuvre par la truite pour l’interception de sa proie en surface, elle est basée sur le même principe de l’adaptation intuitive de la course d’un joueur de base-ball cherchant à attraper une balle au vol, ou de l’algorithme de guidage d’un missile à tête chercheuse. Elle lui a permis une action efficace et rapide, sans moyen de calcul important. Nous proposons d’en examiner la séquence étape par étape.

 

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