Hydrobiologie. Le nouveau discours de la méthode

Arnaud Caudron répond à Philippe Boisson

Une nouvelle génération d’hydrobiologistes est en train de faire évoluer l’analyse des milieux et de leur transformation sous l’effet du réchauffement climatique et des nouvelles agressions qu’il provoque. A l’image d’Arnaud Caudron, directeur du cabinet d’études Scimabio-Interface, ces scientifiques traquent les milliers de paramètres qui mesurent l’efficacité des alevinages, la dérive génétique des populations, l’efficience d’un habitat, l’évolution thermique d’un cours d’eau, l’effet des micropolluants sur le vivant, l’impact de l’agriculture sur un cours d’eau en utilisant des outils complémentaires aux méthodes traditionnelles et surtout en renforçant l’interface science-gestion, car bien souvent les études ne profitent pas aux gestionnaires ni même aux milieux. Interview.

Arnaud Caudron, comment peut-on être pêcheur et scientifique ?

Je peux dire que c’est mon parcours de pêcheur qui a influencé mon parcours professionnel et m’a amené à suivre des études scientifiques. J’ai découvert la pêche à la mouche à 18 ans (grâce à mon frère qui m’avait dit : si t’as ton bac, je te paie un stage de pêche en Lozère avec Jean-Louis Poirot, forcément ça motive !). Cette technique est tout de suite devenue une évidence pour moi, elle rassemble tout ce que j’aime dans la pêche : la préparation minutieuse avec le montage des mouches, la recherche de poissons en activité et l’attente des éclosions au bord de l’eau, la nécessité d’être concentré et attentif, et de prendre du temps pour observer les moindres signes d’activité.

Je pense que le fait de passer du temps à la pêche et de grandir au contact de la nature a progressivement alimenté ma curiosité scientifique, et c’est donc assez logiquement que j’ai suivi un parcours scientifique. Déjà, à l’école primaire, je voulais travailler « sur les poissons des rivières »… et c’est cette idée un peu primaire qui a finalement guidé mon parcours. D’où des études universitaires en biologie avec systématiquement des stages sur les truites dans des laboratoires de recherche, puis une thèse en biologie de la conservation sur la problématique de la diversité génétique des populations de truites et les effets des repeuplements.

Professionnellement, ma passion pour la pêche m’a conduit à travailler dans plusieurs collectivités piscicoles

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