Le comportement alimentaire truites et des ombres de la haute Loue : une approche isotopique

Sur le principe bien connu de “vous êtes ce que vous mangez”, la science parvient à savoir quel a été le régime alimentaire des animaux, et donc des poissons durant leur vie, en étudiant leur signature isotopique, c’est-à-dire leur signature carbone. Une étude a été menée sur la haute Loue par l’Université de Savoie-Mont-Blanc, la Fédération de pêche du Doubs et le laboratoire Scimabio Interface afin d’en savoir plus sur la compétition alimentaire entre truites et ombres par exemple, sur les types d’habitats qui ont la préférence des poissons lorsqu’ils s’alimentent, et bouscule au passage quelques idées reçues qui animent parfois de façon houleuse les assemblées générales d’AAPPMA.

Les isotopes stables du carbone (13C) et de l’azote (15N) informent de la composition chimique des tissus des organismes aquatiques et peuvent varier en fonction de leur habitat, de leur état physiologique, mais surtout en fonction de leur nourriture. Un consommateur va tendre à présenter des com- positions isotopiques proches de celles de ses proies. Et si deux poissons consomment des proies ayant diverses signatures isotopiques, ceux-ci auront, eux aussi, des compositions isotopiques variées mettant en évidence des différences de régimes alimentaires. Cette propriété fait des isotopes stables des marqueurs très utilisés pour connaître les caractéristiques alimentaires des poissons, se distinguant des analyses de contenus stomacaux par la prise en compte à long terme du comportement alimentaire (il faut le temps que les tissus “s’imprègnent” de la valeur isotopique des proies suite au renouvellement des tissus ou à la croissance de l’individu) et par la possibilité de gracier les individus étudiés (environ 1mg de nageoire ou d’écaille suffit pour réaliser une analyse isotopique).

La biologie et l’écologie de la truite fario et de l’ombre commun ont été très largement décrites au cours du 20e siècle. Leurs habitudes alimentaires ont fait l’objet de nombreuses descriptions mais la comparaison de leurs comportements alimentaires dans un même écosystème est plus rare (l’ombre commun étant présent dans peu de cours d’eau relativement à la truite fario).

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