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Huit jours dans le delta du Danube, au pays des becs dans l’eau

1 300 ha de petits lacs reliés par des canaux au milieu de 312 000 ha d’une nature d’un autre âge, voilà, au coeur du delta du Danube, l’un des meilleurs coins à brochet d’Europe. Gaël Even vous raconte pourquoi.
Attention sauvage. Pour se jeter dans la mer Noire, le Danube qui vient de traverser dix pays d’Europe et recueillir les confidences de quatre parmi les plus prestigieuses des capitales (Vienne, Bratislava, Budapest, Belgrade) de ce vieux continent très civilisé, retrouve un peu de son identité originelle.
Son delta, presque aussi grand que celui de la Volga, a la taille d’un département français. Un département fait d’eau, de roseaux, de houblons sauvages, de lierres et de clématites. Une des plus belles zones humides de la planète et la deuxième réserve d’eau douce d’Europe.
Les bouches du Danube que se disputent encore aujourd’hui Roumains et Ukrainiens, comme autrefois l’Empire ottoman et la sainte Russie, sont un de ces endroits de notre monde en souffrance où la biodiversité joue les prolongations : 1 200 variétés de plantes, 300 espèces d’oiseaux, 45 de poissons et 40 000 de bipèdes, sans compter les chats sauvages et les chiens énots, peuplent ce joyau du Patrimoine mondial de l’humanité où les bateaux devaient être capables de ramener des esturgeons atteignant la tonne.
Car dans les années 1930, le delta fut le premier producteur mondial de caviar en même temps qu’un des premiers lieux d’exploitation durable des ressources naturelles, ce, grâce aux rois de Roumanie Carol 1er et Ferdinand qui en avaient confié la gestion à Grigore Antipa, un biologiste disciple de Ernst Haeckel, le fondateur de l’écologie.
Le delta résista même aux aménageurs staliniens qui en voulant le transformer en polders, faillirent le tuer, envoyant au Goulag les scientifiques qui s’opposaient à leur projet. Depuis 1991 et la mise en place d’une réserve de biosphère de 5 762 km2, heureusement le Danube et son delta revivent.
C’est tout au bout de ce système complexe, dans le Sud-Ouest, où des îlots de végétation dérivent à la façon des icebergs, que le centre de pêche Holbina Trei Bibani et son hôtel quatre étoiles accueillent les pêcheurs de brochets. Gaël Even y revenait cette année pour la deuxième fois. Notre vice-champion du monde de pêche au leurre, pourtant expert en « power fishing », n’ayant eu le temps, l’année dernière, de prospec
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