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Ma truite dans les bras d’un autre !

Avec le no-kill se pose le problème de l’adultère halieutique. Votre truite peut passer par les bras d’un autre, à votre insu, il faut le savoir. Alors que je venais de lire l’histoire de la truite de Jean-Christian, le hasard a fait que, tout en visitant la version française du site islandais du Lax-A Angling Club, une photo d’une truite de la Varma, un cours d’eau à truites de mer du sud du pays a attiré mon attention. En effet, ce poisson à une malformation à la mâchoire supérieure. Immédiatement, la prise d’une truite semblable sur la même rivière me revint à l’esprit. J’ai retrouvé cette photo qui figure également sur le site du Lax-A Angling Club. En comparant la pigmentation sur l’opercule aucun doute (par chance, les deux photos ont été prises du même côté). J’ai pris cette truite en 2004 et elle fut reprise quelques années plus tard, sans savoir exactement quand. En fin de saison, les truites de mer se colorent et ressemblent beaucoup aux farios. Mais la truite en question semble plutôt être une fario sédentaire de taille très respectable prise en pêchant la truite de mer. S’il s’agissait d’une truite de mer, cela voudrait dire qu’elle aurait survécu à la reproduction (les poissons migrateurs se fatiguent beaucoup lors de la fraie) et à un ou plusieurs séjours en mer. Ce genre d’aventure doit arriver plus souvent qu’on ne le pense, mais comme on ne photographie généralement que les plus gros poissons, nous n’avons aucun moyen de le savoir concernant les plus petites. Sur la basse rivière d’Ain, la truite de 81 cm (mesurée un peu vite) prise par Frédéric Zanella fut reprise un an plus tard, mesurée à 88 cm ! J’ai la certitude que dans chaque rivière, c’est toujours les mêmes poissons qui collaborent avec les pêcheurs. Les pêches électriques d’inventaire révèlent la présence de poissons que les pêcheurs ne voient ou ne ratent jamais. Sur ces parcours, notamment ceux qui sont en no-kill, les poissons vulnérables sont toujours les mêmes. Est-ce lié à la génétique ? Au mode d’alimentation ou de chasse différent d’un poisson à l’autre ? Le mystère reste entier.
A gauche, “ma” truite de la Varma en 2004 et à droite “ma” truite dans les bras d’un inconnu. Peut-être n’est-il pas le seul d’ailleurs à l’avoir “tripotée” !
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