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Boîte à nymphes, de la logique sinon rien !

Une des clefs de la pêche à la nymphe “au fil” ou « à vue” se conçoit à terre, notamment durant l’inter saison. Si vous voulez progresser dans cette pratique exigeante, profitez-en pour apporter de la logique dans vos boîtes à nymphes.
Quand l’occasion se présente, j’aime jeter un oeil curieux dans la boîte à nymphes des pêcheurs qui croisent ma route. Durant les toutes premières secondes, cet oeil capte en premier lieu la teinte générale, puis les couleurs les plus colorées l’attirent naturellement. Ensuite je regarde la cohérence des modèles et des tailles. C’est en général ce qui permet de savoir en moins de dix secondes si le pêcheur qui m’ouvre son “livre” à nymphes est un bon monteur (parfois un peu trop), un pêcheur-monteur plus pêcheur que monteur ou quelqu’un qui achète ses nymphes. Bien entendu, ce dernier cas saute aux yeux. Les rangées semblent incomplètes. Il manque les déclinaisons, c’est-à-dire les modèles complémentaires si utiles en cas de refus. Pourquoi monter ou acheter plusieurs centaines de nymphes si ce n’est pour contrer tous les problèmes qu’on sera amené à rencontrer ? A quoi bon avoir 500 nymphes dans ses boîtes si on est incapable de proposer trois modèles de taille et de poids identiques mais de teintes différentes pour pallier l’indifférence ou le refus ? Parfois, c’est une infime différence de poids qui débloque la situation. Au final, face au seul poisson pris dans cet exemple théorique, on se retrouve avec la nécessité d’être en mesure de pouvoir proposer au moins deux lestages et trois teintes. Et comme tous les postes sont différents, on en revient à décliner chaque modèle en quatre lestages et entre trois et cinq tailles d’hameçons. C’est pour cette raison que je n’aime pas multiplier les modèles, car cela implique au final des milliers de nymphes.
Pour la truite, je n’en ai que six ou sept au maximum. Il faut comprendre qu’une nymphe comme ma Fressane, une imitation de trichoptère dans les tailles 16, 14 et 12 ne pourra jamais m’aider lorsque que je bute sur une truite en alerte dans 20 cm d’eau au mois d’août. C’est pourquoi certaines imitations, comme un gammare ou une pheasant-tail à tête orange fluo, sont indispensables mais dans certaines conditions seulement. Ces nymphes ne sont complémentaires que des modèles qui se montent dans les mêmes tailles. A l’inverse, une pheasant- tail, modèle ultra généraliste est totalement déclinable de l’hameçon de 24 au 10. Il existe aussi dans mes boîtes quelques bizarreries que je n’ai jamais montées autrement que d’une seule et unique façon, lestage compris. Tous les ans, je me dis qu’il faudrait décliner, mais j’ignore pourquoi je n’ai jamais franchi le pas. Le pêcheur le plus rigoureux à la fois dans les déclinaisons et dans le plus faible nombre de modèles était Norbert Morillas. Nous avons consacré un article dans notre dernier numéro à sa pheasant-tail très particulière. Il existe aussi des grands pêcheurs à la nymphe qui ne montent pas leurs mouches. J’avoue que je ne comprendrai jamais comment ils peuvent pratiquer ainsi et j’espère qu’ils ne regrettent pas trop tous les poissons qu’ils ont dû laisser derrière eux faute de munitions adaptées !
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