Ces cours d’eau qui chauffent nos foyers…

Alors que la COP21 et ses discussions relatives aux énergies propres viennent de s’achever, il semble intéressant de parler des centrales hydroélectriques fonctionnant par éclusées. En effet, ce mode de production d’énergie renouvelable, en artificialisant drastiquement le régime hydrologique des cours d’eau, n’est pas sans conséquences sur leur intégrité et leurs communautés biologiques. En quoi consiste-t-il et quels impacts génère-t-il ? Et surtout, peut-on les réduire efficacement ?

La production d’électricité à partir de l’énergie hydraulique des cours d’eau est apparue à la fin du 19e siècle, époque à partir de laquelle les premières turbines ont progressivement remplacé les roues à eau et les meules. Après 1945, l’essor de l’industrie et de la démographie, ainsi que le développement des lignes ferroviaires, ont par la suite favorisé le construction de multiples aménagements hydroélectriques. Aujourd’hui, la part de l’énergie hydraulique représente environ 15% de l’électricité française, avec une capacité de l’ordre de 25 Giga Watts installés. Cela positionne cette énergie renouvelable comme la deuxième source d’énergie en France, toutefois assez loin derrière le nucléaire. En Suisse, elle représente près de 56 % de l’énergie produite. Dans ces deux pays, elle devrait par ailleurs s’accroître dans les prochaines années, puisque leur stratégie énergétique prévoit une augmentation de leurs capacités de production en hydroélectricité.

Différents types de production hydroélectrique

L’élément essentiel pour produire de l’électricité à partir de l’énergie hydraulique est ce que l’on appelle la hauteur de chute. Elle correspond à la différence d’altitude entre le prélèvement de l’eau et le lieu où elle est turbinée. Plus l’eau tombe de haut, plus elle prend de la vitesse et acquiert de la puissance, qui peut être transformée en électricité grâce aux turbines et alternateurs. A partir de ce principe relativement simple, différents modes de production d’énergie hydraulique sont distingués. Si tous recherchent la hauteur de chute la plus importante, la quantité de débit disponible dans le cours d’eau va influencer par ailleurs les caractéristiques des aménagements, leur fonctionnement et leur finalité. Pour simplifier un peu les choses, on peut distinguer tout d’abord les aménagements dits “au fil de l’eau”. Ces installations ne disposent pas d’une capacité de stockage de l’eau et leur production est ainsi principale ment liée au débit instantané du cours d’eau. Ils fonctionnent en continu et alimentent ainsi le réseau électrique en permanence, en énergie dite de base. Ces aménagements sont représentés principalement par de petites installations appelées micro-centrales. Elles sont assez nombreuses (environ 2000 recensées) et leur production unitaire reste modeste. Seuls les aménagements les plus importants, implantés sur les plus grands cours d’eau comme le Rhône, le Rhin, la Garonne ou encore la Dordogne, sont en capacité d’assurer un niveau de production réellement significatif et intéressant.

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