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EXCLUSIF : Les nymphes de mister Sawyer

Courant mai, j’ai reçu une enveloppe postée par mon ami Bernard Dalmas, dont le contenu était pour le moins inattendu. Six modèles originaux de nymphes montés par Frank Sawyer lui même le 21 novembre 1976. Ces nymphes appartenaient au père de Bernard. Conservées dans une boite à mouche à l’abri de la lumière, elles sont restées en excellent état.
Tout le monde connaît la pheasant tail, la killer bug ou encore la grey goose. Tout le monde sait qu’il s’agit de trois créations du célèbre pêcheur et garde pêche anglais Frank Sawyer, mais peu d’entre nous ont eu la chance de posséder quelques modèles originaux montés par le maître de la pêche à la nymphe moderne. C’est rien de dire que j’étais ému par ce très beau cadeau. Comme tout le monde, j’ai vu des dizaines, pour ne pas dire des centaines de pheasant tail, copies d’un modèle original que tout le monde croît imiter parfaitement. Et pourtant, aucune y compris ma version ne ressemble à celles montées par Sawyer ! La finesse du montage est impressionnante. Le corps est très fin alors que le thorax est un ovale parfait. Aucun doute sur le fait que Sawyer, comme Skues, était un fin observateur. Cet homme de terrain passait sa vie au bord de l’eau pour pêcher ou en tant que garde pêche sur le haut Avon. Sa pheasant tail évoque immanquablement une larve d’éphémère, et plus précisément d’olive et de “iron blue” selon l’auteur.
Les méthodes de montage
La plus célèbre de toutes les nymphes se monte avec un fil de cuivre qui sert à la fois de leste et de fil de montage. L’hameçon utilisé par Sawyer dans les années 1970 est probablement un Partridge en fer forgé plutôt fin pour l’époque. Sa forme est des plus standards. Les modèles en ma possession sont montés en tailles 18, 16 et un petit 12. Avec Cyril et Florent Bailly, nous avons essayé tous les trois de monter des pheasant tail à la façon de mister Sawyer, par simple curiosité. Nous n’y sommes pas parvenus pour la bonne et simple raison que les herls de plume de queue de faisan dont nous disposions étaient trop courts. Pour obtenir le parfait ovale du thorax de sa nymphe, Sawyer rabat les herls quatre fois. Il faut savoir que dans la campagne anglaise du milieu du siècle dernier, le sport national était la chasse au faisan en battue. Les anglais ont toujours été les champions de l’élevage de cet oiseau originaire d’Asie. Nul doute que Sawyer savait où se procurer des plumes d’une qualité exceptionnelle. Les plumes des faisans que l’on trouve actuellement dans le commerce proviennent d’animaux dégénérés, élevés de façon intensive, qui risquent tout autant le pare-choc de voiture
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