Montage : de l’influence de la phosphorescence

C’est un domaine oublié des monteurs et des pêcheurs et pourtant, dans certains cas, la phosphorescence peut faire la différence, notamment avec les espèces lucifuges comme la truite de mer ou le sandre.

A l’heure où de plus en plus de monteurs/pêcheurs ont recours aux lampes à UV pour réaliser des nymphes au rendu plus vrai que nature, rares sont ceux qui s’intéressent à la phosphorescence des matériaux de montage. Les produits sont rares et se résument à des bandelettes, plus rarement des fils et du vernis. Cela permet tout de même de faire quelques essais, qui dans certains cas, donnent des résultats encourageants. C’est le cas avec les truites de mer. Ces poissons lucifuges se réfugient dans les fosses la journée pour n’en sortir qu’à la nuit tombée pour changer de poste et continuer leur migration vers l’amont. Les pêcheurs aux leurres utilisent le Tackle House K-Ten, un poisson-nageur phosphorescent qui donne de bons résultats. Il faut savoir que la pêche nocturne de la truite de mer est une affaire de spécialistes et que ces pêcheurs utilisent très peu de modèles de leurres (surtout des Rapala CD 7). Alors, pourquoi ne pas étendre cette fantaisie lumineuse à nos mouches ? Pour la pêche de nuit, l’intérêt est évident, mais dans une eau chargée et un temps couvert, ça mérite également d’être essayé, aussi bien avec les nymphes qu’avec les mouches noyées. Les truites voient très bien nos mouches la nuit (dans la limite de l’heure légale), où par une eau un peu chargée. La phosphorescence n’est en fait qu’une couleur supplémentaire, plus lumineuse que les autres. Les sandres se font parfois prendre avec des leurres souples phosphorescents à la tombée de la nuit et pourtant, un sandre n’a aucun problème de visibilité dans ce qui nous paraît, avec nos yeux d’humains, être la nuit totale… Une petite touche de vernis ou de tinsel phosphorescent suffit à rendre un modèle de mouche différent des autres. Et cela reste possible sans modifier la formule de montage de vos modèles préférés. Hormis pour la pêche de la truite de mer et du sandre, deux animaux qui ont un rapport particulier avec la pénombre, je n’ai aucune expérience sur les autres espèces. Qu’en est-il du saumon, de la truite sauvage ou des ombres au coup du soir ? A vous de tenter quelques approches avec parcimonie.

Par petites touches

Le vernis phosphorescent présente l’avantage de pouvoir être apposé sur une tête de mouche, un corps de gammare ou un corps de mouche noyée. Le tinsel synthétique phosphorescent permet surtout de faire des corps de petites mouches ou peut-être ajouté par deux ou trois brins dans une aile de streamer ou de mouche à salmonidé migrateur. Enfin, le Glo Bright Multi Yarn, polypropylène en bobine, est parfait pour faire des thorax de mouches noyées, de nymphes ou des corps de streamers. La vénérable maison Veniard propose ce produit très facile à travailler en 16 coloris. L’avantage est double avec un matériau qui garde sa couleur normale en plein jour (en profite pour se recharger !) et devient phosphorescent la nuit.

 

 

Commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *